Blog Management & Organisation, depuis 2004

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Lionel,
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 Pour la playaWed 24 Jun 2009
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[ < thémas Consultant & Bouquins | archivage automatique du billet sur Belleville et le fin' amor médiéval ]


Chaîne de cellulose


Pour l'entreprise, vos auteurs préférés, c'est qui ? (Pour l'entreprise ou pour le plaisir, voire la plage : c'est selon.) Je vous en indique 25 - pour ma part -, vous en indiquez autant que vous souhaitez, en commentaire. (Ou sur Disqus.) Vous voulez bien, en faisant suivre : comme une chaîne ?

Let's go :)

Mes indispensables :

Robert Axelrod - Comment réussir dans un monde d'égoïstes [ #Théorie des jeux ]

Kenneth Blanchard & Spencer Johnson - Le Manager Minute [ #Management #Motivation ]

Clay Christensen - The Disruptive Innovation Model [ #Stratégie ]

Sylvain Darnil & Mathieu Le Roux - 80 Hommes pour changer le monde [ #Ethique #Economie #XXIe siècle ]

Edward de Bono - Conflits, comment les résoudre & Réfléchir vite et bien (ici) [ #Communication #Dynamique de groupe ]

Stephen R. Covey - Priorité aux priorités [ #Organisation ]

Patrice Dubourg - La Process Com, découvrir et pratiquer [ #Communication #Dynamique de groupe ]

Milton H. Erickson - Ma Voix t'accompagnera [ #Communication #Cerveau ]

Alain Fernandez - L'Essentiel du tableau de bord [ #Stratégie #Qualité #Pilotage ]

Richard Fisch, Paul Watzlawick, John H Weakland - Changements [ #Communication #Sciences humaines ]

Alain Fustec & Bernard Marois - Valoriser le capital immatériel de l'entreprise [ #Stratégie ]

Nicolas Humeau - L'Abécédaire des managers et consultants [ #Conseil ]

Pierre Mercklé - Sociologie des réseaux sociaux [ #Réseaux #Théorie des jeux ]

Jean Monbourquette - Apprivoiser son ombre [ #Communication #Sciences humaines ]

Edgar Morin - Introduction à la pensée complexe [ #Sciences humaines #Complexité #XXIe siècle ]

Michael E. Porter - How Competitive Force shape strategy (Harvard Business Review) [ #Stratégie ]

Joël de Rosnay - Le Macroscope [ #Complexité #XXIe siècle ]

Dominique Tissier, Joëlle Levy Berger & Etienne Verne (d'après Kenneth Blanchard & Paul Hersey) - Management situationnel, vers l'autonomie et la responsabilisation [ #Management #Motivation ]  Read More


 Strip teasingTue 23 Jun 2009
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[ < thémas Interview, Marketing & Publicité | archivage automatique du billet sur Peter Watson, les Arabes, la tour jungienne de Bollingen et... les falafels ]


Sang neuf !


Et il en faut. Ouais : de la nouveauté, bon sang. Nous rentrons dans l'été (et réciproquement). Mille choses. Et puis l'actualité de ces dernières semaines a été terrible (cf. Neda). Que dire encore ? Facebook et Twitter (en plus de Toulrezo) me grisent. Et vous ? La vitesse des flux et la facilité des montages techniques (des modalités) vous y frottent la peau. Vous submergeant doucement. (Un chouette bain vibrant et frais, on dirait.) C'est fluide et vif : mercurien, dirait Alan Moore.

Ok [*].

Parlons de Julien Berthomieu. Cet étudiant-entreprenaute dispose d'un sens affuté : il comprend le Net, le décrypte, l'analyse et s'en amuse.

(Je le connais bien.)

Je le consulte pour lui demander ce qu'est, à ses yeux, une bonne compagne de teasing. (Une excellente.) Il me répond dans la foulée, je le laisse parler.

C'est juste là :

Julien : - Définition de teasing selon le Mercator, 8e édition, p. 489 : « Procédé publicitaire consistant à faire une campagne publicitaire en deux temps. La première phase (teasing) vise à intriguer le consommateur en lui cachant la marque qui est révélée dans un deuxième temps (phase de découverte). »

» Campagne publicitaire « en deux temps » donc. Deux temps. Oui, mais quelle durée pour le teasing ? Un jour, une semaine, un mois ? Difficile de théoriser la chose. Une semaine parait être l’idéal. Tout dépend du dispositif mis en place et de la viralité de la campagne. L’exemple de l’interactivité de la campagne K3654s montre bien que le timing n’est pas important si la révélation est bien préparée : le nombre de vues de la vidéo définira lui-même la date. 3654 vues exactement. Interactif oui, mais certainement faussé par des utilisateurs qui verront plusieurs fois la vidéo...

» On se souvient en 1981 de la campagne de l’afficheur Avenir, avec Myriam, Demain, j’enlève le haut. Demain donc. Un jour. Pas plus. Efficace. Pourquoi ? La visibilité était suffisante.

» Selon les budgets alloués à la campagne, il est possible ou non de pousser le dispositif entre la phase de teasing et celle de la révélation. La durée variera donc en fonction de ces dispositifs et de la possibilité d’assurer un suivi et une mise à jour (Twitter, groupe Facebook). Ainsi donc de créer une mini communauté autour de l’évènement.

» Quelques conseils, mon humble avis :

1. Le teasing ne s’auto-suffit pas. Il faut le pousser, cela permet une durée plus longue entre le teaser et le reveal [dénouement, ndlr]. Pensez à impliquer la cible dès la première étape ;

2. Arriver à en dire suffisamment pour créer l’envie et l’impatience sans divulguer trop d’informations. Ne pas trop promettre pour ne pas décevoir : l’évènement doit être à la hauteur des attentes ;

3. Une campagne de teasing n’est donc pas toujours nécessaire. Teasing ou pas teasing ? La vraie question est surtout de savoir si nous avons un réel message à faire passer, plutôt que de simplement tenter de faire un buzz grâce à la campagne (et de s’assurer un bad buzz... aïe !..). Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette (Confucius). Une campagne « simple » se révèlera plus efficace qu’une phase de révélations décevantes. »

Un grand merci, Julien : très aimable :)

Et bienvenue dans ces pages !

__


[*] Au fait, je vais mieux. Je vous dirai.

[ Tiens, Myriam est à vendre ?!? ]


 Sweet homeSat 6 Jun 2009
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[ < théma Vie | archivage automatique du billet sur Lionel, tour d'horizon | billet interactif, commentez en cliquant sur le bandeau de son titre ]

Home... De savoir que beaucoup de grandes villes le projetaient en même temps sur grand écran, je me suis senti partie prenante de ce monde. De cette génération. Là, de cette humanité. Quitter le nombril et regarder plus haut, ensemble, tous ensemble. Comme si nous décidions d'un destin général. Comme si nous étions des hommes.

Terrible ce film. Et intelligent : encourageant. Mobilisateur.


[ Home, le site, le film, la carte, le Twitter, le Facebook ]



Qu'est-ce qu'on attend ? demande Arthus-Bertrand. Allons-y, alors. Beaucoup de belles choses sont à faire.

Vaillance, imagination, intelligence. Voilà, définitivement, les armes du XXIe siècle.

Changer ? Oui, peut-être (sûrement). Vivre surtout. Et avancer. Beaucoup de solutions sont faisables. Et réalistes.

Un raz-de-marée de conscience devrait venir : j'y crois beaucoup.

Marquant, ce film. Et tourné vers la vie.

Vivons.

__


[ Pour l'énergie, sortir du sous-sol et regarder vers le ciel : un message du film | du ciel, oui, vient l'énergie : je me souviens d'un voyage en Turquie (2003) : là-bas, beaucoup de maisons (même modestes) ont un chauffe-eau solaire en bon état, correct et bon marché, voir lucho73 | les déserts, une réserve gigantesque de kw : merci, Electron-economy.org, pour le lien vers le diaporama d'Objectif terre | autre élément, les PC verts d'une entreprise du Tarn, Ashelvea ]  Read More


 Vrac de presqu'été - 18e partieFri 5 Jun 2009
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[ < 17e partie | thémas Absara, Coopération, Vrac, Zoodo & Jeux | billet interactif, commentez en cliquant sur le bandeau de son titre ]


La poooorte !


Mille choses... Vous vous en doutez. Bon, par étapes. (Ok.) Je vous dis plusieurs trucs, qui vont venir comme une grappe [1] : on y va ?

1. Crème de violette, pour commencer. Que dire ? Au ralenti. Dans l'institution avec qui nous travaillons parfois, je sens une pause, comme un ronron. À l'envie d'innover, que nous aimions, nous voyons se substituer des choses... classiques. (Du calme.) À nous de convaincre ? ou de faire autre chose à la place (c'est-à-dire ailleurs) ? À voir. La bonne nouvelle, c'est qu'Absara fait des choses exportables. Transportables. Si c'est en lien avec le territoire, évidemment, c'est mieux. Pour autant, apporter des pratiques innovantes, de la vivacité, du format ouvert et producteur de valeur, ça peut se faire ailleurs.

(La vie est un torrent.)

2. Toulrezo.biz, ensuite. Absara prend une coloration internationale. Le groupe est en lien avec les réseaux économiques de plusieurs grandes villes. Tendance à venir : après l'intra pur et dur (qu'il fallait historiquement charpenter), les synergies inter-territoriales. Toulouse, évidemment, c'est bien. Mais Toulouse en circuit fermé... c'est fermé. La vocation de notre groupe, c'est d'ouvrir. Alors ça a du sens de cultiver les amitiés transfrontalières (mon père appellerait ça l'heterogenesis - c'est la synergie). L'économie, l'homme et l'action, c'est - en 2009 - mondial. Les connexions ? Quelque chose de dynamique et de normal.

Dans le même ordre d'idées, nous vous proposons de rejoindre la communauté Facebook d'Absara. Il existe aussi le groupe Toulrezo. Et, pour les amateurs de microbloguage en temps réel, il y a désormais le Twibe (Twitter, versant mini-réseau) pour Absara et Toulrezo : c'est ici.

Oui.

3. Ce blog, aussi. (Ouais.) Que jespère plus simple et plus intuitif. Les icônes remplacent les menus d'antan (certains me disent aimer). De plus, les liens montrent avec plus de force la relation entre Absara (communauté d'innovation en pratiques d'affaires), Crème de violette (un produit), et Toulrezo (à la fois produit et réseau).

Voilà.

4. Parlons de jeux maintenant. C'est quoi ? Les jeux viennent toujours parler d'intérêts. Et de territoires, fussent-ils virtuels (de jouissance - revoir besoins). Le grand Edward de Bono (voir théma) le dit clairement : à première vue, les intérêts des uns divergent de ceux des autres. Ils ont une nature polémique [2]. Les vues divergent. Mais, la bonne nouvelle, c'est que les vues, ça peut se changer. Ça peut s'associer (elles se ressemblent souvent). Edgar Morin le martelle depuis longtemps : en Occident, les pensées trient et divisent. La pensée dialectique, héritée des Grecs, fâche plus qu'elle assemble. Là où j'ai besoin de forces avec moi, je démobilise. Je vexe. Travailler devient dur. La communauté (force groupale), je l'effrite. Cf. syndrome Apollo.

Sortie : la pensée dialogique, qui combine, ressent, étudie au calme et mobilise les forces, les vues, les gens. Je m'appuie sur les autres. Et je convoque à peu près tout ce qui existe.

Là, je comprends.

Là, j'agis.

Les jeux sont un fait humain. Le plus gros, peut-être. C'est la friction de vues. À découvert, de manière tacite ou encore larvée, ou encore dans le secret de l'inconscient ou des quartiers généraux d'équipes. Les jeux ? Une discipline aussi. Qui étudie, eh bien, les jeux. Mots-clés : coopération, défection, intrigue, stratégie, Robert Axelrod, scénarios, gagnant-gagnant, donnant-donnant, Tragédie des communs, tactique, dynamique de groupe.

Oui.

5. Tout ça pour quoi ? Pour vous parler de la porte. C'est celle d'un établissement scolaire. Je vois ça, ce matin, et ça m'interroge. Vous savez ? Le sas est sécurisé et les gens se tiennent mutuellement la porte (question de politesse, cf. rituel). Si on pose les choses à plat, tout le monde (mettons 25 personnes) passent 30 secondes à tenir la porte à la personne d'après. Regardons les fruits : je perds 30 secondes, c'est-à-dire 0,5 minute multipliée par 22 jours ouvrés, multipliés par 11 mois de l'année. Je dépense à l'année 121 minutes à tenir la porte à quelqu'un de différent de moi. Soit 2 h et 1 minute. Que dire ? C'est grosso modo ce que dépensent annuellement 25 personnes. Le package ? Une cinquantaine d'heures en tout. De sorte que le collectif passe à l'année 50 heures à s'inter-servir, prenant pour cela 30 secondes par jour et par personne. Le gain ? Quand on me tient la porte, je gagne, voyons voir... les 10 secondes du digicode, les 5 secondes de l'ouverture de la porte (qui est lourde), les 3 de celle d'après, avec la manoeuvre de tout mon matos (3 secondes de plus). Bilan : je gagne 21 secondes.

Plusieurs seuils (c'est le cas de le dire) :

| Combien de fois est-ce que je tiens la porte ? combien de fois me la tient-on, à l'année ?

| Quel impact cette porte tenue a-t-elle sur mon moral et donc sur l'entame de ma productivité journalière ? voire sur ma collaboration éventuelle - et plus poussée - avec la communauté de ces teneurs de porte ?

| Combien de fois à l'année, par exemple sous la pluie, le fait qu'on me tienne la porte me délivre-t-il un gain supérieur aux 30 secondes (porte tenue plus longtemps, mise à l'abri rapide, etc.) ?

On le voit : si les rituels et la coopération émergent d'une situation groupale, c'est que - sur le long terme - ce que je perds, eh bien c'est comme avec les assurances : je le récupère amplement. C'est comme avec les mutuelles.

M'est avis que c'est positif. (M'est avis en outre que la question de la productivité d'une équipe se considère toujours à l'aune des jeux, de la communication, du management.)

Allez, je termine. Et puisqu'on évoque ces histoires de coopération, d'entraide - voire quand c'est plus spontané d'empathie -, c'est le moment de reparler de Zoodo. L'ONG familiale anime à présent deux centres de formation : alphabétisation de personnes handicapées à Ouagadougou, artisanat d'art et tourisme équitable à Bobo-Dioulasso. Et il y a, en plus d'un nombre croissant de familles (19 salariés, désormais), un gamin boiteux et un gamin aveugle. Je veux dire qu'ils peuvent espérer (nous allons tout faire pour), en clair ils vont pouvoir s'appuyer sur Zoodo. Oui. Mon père et ma belle-mère, de retour de Ouagadougou, sont passés nous voir mercredi et jeudi. Fatigue. Et troubles physiques (là-bas, il faisait 48°). Mais sérénité. C'est une bénédiction de recueillir, chaque année, les primeurs de leur voyage, là, en direct.


Agrandir le plan


Mes pensées vont à eux.

Une excellente fin de semaine à tous :)

__


[1] Notion durandienne. Et une belle, que j'aime (très moderne). Revoir d'ailleurs l'important apport de la psychologie des profondeurs d'expression francophone (Charles Baudoin, Gilbert Durand, Georges Romey) aux sciences cognitives (cf. entre autres cerveau ou encore pensée latérale voire cartographie mentale).

[2] La polémique (importation de ferments de guerre, de division - cf. diabolos), est tellement culturelle que l'immense René Girard voit dans le conflit l'unique et bien triste moyen de bâtir des civilisations. Structurer, c'est se jalouser, c'est s'opposer... et c'est bien bête. Voilà un vieux réflexe. La cité devient le refuge contre la violence, mais elle provient de la violence. Et l'entretient parfois. (Souvent.) Cf. facteur Caïn.

[ Coopération, histoire de la carte grise | ah, rien à voir : salutations, Shirley ]


 Toulrezo.biz fait peau neuve - 11e partieMon 25 May 2009
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[ < 10e partie | théma Toulrezo | archivage automatique du billet sur le regard positif | commentez en cliquant sur le bandeau du titre ]

Voici la toute nouvelle version :



 Dynamique de groupe - 11e partieThu 21 May 2009
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[ < 10e partie | thémas Profils, Yves Enrègle et Dynamique de groupe | Share/Save/Bookmark | archivage automatique du billet sur entrepreneuriat, pragmatisme et frustration | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre pour commenter ]


Réunir des opposés, vérifier la tolérance (ouverture joyeuse) qu'ils ont à travailler ensemble




Yves Enrègle, psychanalyste,
consultant en performance humaine et dynamique de groupe -
université d'été du groupe de gestion privée Financière de l'échiquier (2008)


 Richardson of a...Wed 20 May 2009
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[ < thémas Anthropologie, Livres, Paradigmes, Émergence & Complexité | Share/Save/Bookmark | archivage automatique du billet sur l'agressivité groupale, le Triangle dramatique, le recours à un Mobilisateur-moins, ainsi que des trucs sur le leadership ou sur la civilisation telle que l'envisagent René Girard et André Bonnard | réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]


Pff, waow, etc. Ouais...


On le voit. À l'évolution linéaire des choses, comme une courbe qui croît, comme une globalité qui progresse, eh bien les sciences sociales et humaines préfèrent désormais le modèle du paradoxe ou du tissu [1]. Le monde ? Imprévisible et capricieux, tout juste bon à scénariser - Et encore. Modèle de joyeuse transversalité [2], où tout communique, où tout s'inter-contamine (capillarité), s'effiloche mutuellement (dominos, ruptures, cascades), où des choses enfin, en friction les unes avec les autres, en bref où des choses émergent. Viennent à la vie. Liées au flux, liées aux rencontres, aux sympathies [3] (procréation). Ces choses ? Idées ou faits. Ressentis, pensées, formes de vie. (Phénomènes.) Qu'on ait prévu tout ça... ou non. C'est réaliste et c'est proche de la vie, de sa façon d'innover, de bondir, de fabriquer, de combiner, de rejaillir partout. Comme un creuset magmatique. Comme un réseau de neurones. Un tissu d'étoiles. Ou comme un arbre gorgé de sève. Certes : puissant, continu, vif et sourd.

(Grosse théma là-dessus.)

Ok.

Dans le registre des ovnis, il y a un homme de poids. Que peu de gens lisent. Pourtant, son L'Éternité dans leur coeur (1981, Regal Books) est une bombe. Une stimulation fraîche et passionnante. Le champ : anthropologie et questions transculturelles (cross-cultural) (religions, représentations, identification de piliers, de principes humains communs - les « cages flexibles »). En France, ce type de recherches - fût-il empirique et simple à lire - reçoit des faveurs confidentielles. Témoin, l'accueil timoré des travaux à ciel ouvert antiparadigmatiques (pionniers, libres, perturbants, anti-consensuels) de Rupert Sheldrake, de Jeremy Narby, voire d'Alexandro Jodorowsky (savoirs traditionnels). Ces chantiers ? Résolument protéïformes et transversaux. Sacrément stimulants.

Que dire de Don Richardson ? Son travail, fondé sur les observations de plusieurs générations de missionnaires (dizaines de sources), développe des perspectives hallucinantes. Forcément riches. Et religieusement incorrectes. (Quel plaisir !)




Don Richardson
(c) Don Richardson & Carol Joyce



Je continue ici ? Non, je préfère vous recommander chaudement le bouquin. Et vous proposer de commenter à l'envi.

Excellente fin de semaine.

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[1] Côté francophone, cf. Joël de Rosnay ou Edgar Morin. C'est Reda Benkirane qui, de mon point de vue, fait l'état des lieux le plus avancé. Voir, en outre, et côté anglophone, l'étonnant Max Sandor.

[2] Je rappelle que l'érudition transversale était une vertu à la Renaissance (Jean Pic de la Mirandole, ici, ou Giulio Camillo, ). Comme le dit le sociologue François Dubet, l'hyperspécialisation occidentale (de même que l'organisation individualiste de la recherche - cf. Institutions), en clair toutes ces travées resserrées (quoique sérieuses et porteuses de fruits) contribuent à brouiller le corpus de connaissances tout autant qu'à l'enrichir... de chapelles. C'est particulièrement vrai pour l'homme, décortiqué médicalement, socialement, psychologiquement, économiquement, géographiquement, religieusement, etc. En ce siècle de défis (Edward de Bono le rappelle ô combien), il existe heureusement des initiatives, typiquement ouvertes, typiquement moriniennes, telles que celle-ci.

[3] Métaphore du fleuve, via Héraclite (IVe et Ve s. av. J.-C.). Cf. Fragments, pdf.

[ La religion ? On se souvient de la fascination que provoquaient au XXe siècle les travaux du grand spécialiste (et francophone) d'origine roumaine, Mircea Eliade (1907-1986) - Le meilleur panorama éliadien est peut-être celui du Cahier de L'Herne n° 33 (1978, pdf) ]


 Roulette me downTue 19 May 2009
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Réaliser, c'est bien ; vérifier que ça touche la personne-cible, c'est mieux -
Et savoir d'emblée ce qui la touche, c'est l'excellence



Le dentiste ? Brr, me confie un ami. L'idée d'y aller me paralyse. Que le praticien à la roulette soit un as le laisse froid. Que son travail confine à l'orfèvrerie : pareil. Ce que je veux, confirme-t-il, c'est que, dans ma bouche, ses doigts s'invitent avec une graaaande douceur. Comprenez : de manière légère, comme un vent doux et frais. Car ce qui fait peur, eh bien c'est la douleur. (Ça rime.)

Et c'est fréquent.

Ce qui conduit à une idée simple et familière des qualiticiens. Il y a certes la qualité réalisée. Ici, la capacité à bien traiter les dents : de manière saine et experte. Et c'est une chose (la guérison). La seconde, on le voit bien, c'est la perception de l'acte livré. Un dentiste excellent ? Peut-être. Mais un dentiste qui laisse les sensations intactes, ça, ça vaut de l'or.

Ce qu'il fait, le dentiste, c'est la base. Comment c'est vécu, c'est la qualité... perçue. On retrousse tout et on se met dans le fauteuil du patient : c'est son ressenti qui compte. Les diplômes ? La réputation ? L'équipement ? Tout ça, c'est de l'hygiène, de l'indispensable (évidemment : le dentiste est un praticien sérieux, chevronné). C'est la base absolue. Examinons maintenant la valeur, voire la valence (effort motivant, centré sur le client, qui ressent et retient une plus-value subjective). C'est ce qui délivre le gros de la prestation. C'est ce qui donne sa couleur réelle à l'ensemble. À son souvenir.




Fig. 1 - Une dentiste rassurante,
dixit soy_outlook @ Flickr.com



Constat patent. Beaucoup de professionnels mettent l'accent sur le socle-métier : avantage concret 1, avantages 2, 3, etc. Une liste de choses entendues, bonnes mais normales. Déterminantes. Et pour autant... pauvres.

Je m'explique : une qualité réalisée, c'est le socle [*]. La perception de tout ça, c'est le reste de la pyramide, c'est le plus (obligatoirement en sus du socle), le plus important pour coiffer l'existant.

La qualité perçue ? Le combat réel du professionnel. Le souci extrême, la valeur ajoutée (normalement).

C'est ce qui fait le succès commercial, l'adéquation aux attentes humaines.

Ça mérite une couronne.

Fût-elle dentaire...




Fig. 2 -Allez, un résumé optique


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[*] C'est le navrant : Nul besoin de féliciter mes troupes, qui font ce que je leur demande, 'sont payées pour ça. Cf. le manager démotivateur de troupes.

[ Qualité perçue, ici dans la dentisterie, voir Le Fil dentaire de mai 2008 (p. 53, pdf) | l'excellence, kesako ? | images insolites ]  Read More


 Et pour vous ? - 14e partieTue 19 May 2009
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10 questions courtes


Des grilles. Il en existe de multiples pour cartographier la motivation (souvent, une trentaine de questions suffit - cf. théma). Motivation ? D'une entreprise, d'une équipe, d'un individu : c'est de ça qu'on parle. Et plusieurs critères sont parlants - Vous connaissez ça :)

Nous sommes mardi, je vous propose aujourd'hui un court sondage, simplissime, pour donner à ce blog votre couleur personnelle.

On y va ?




Excellente semaine - Au plaisir !


 Seul avec tous - 13e partieWed 13 May 2009
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Manager quand ça pète


Qu'est-ce qu'un bon manager ? (Mmh.) Faut-il passer par les champs de bataille pour répondre à ça ? Faut-il envisager les éternels rapports de force ? La nature conquérante et violente [1] de l'homme ? L'Histoire coloniale ? l'Histoire de France ?

Moi, je dis oui. Car, dans la vie, tout est management. (Et tout est jeu.) Ben oui : tout est friction, tout est compréhension de l'autre (en théorie). Et tout est motivation : mise en mouvement de soi et d'autrui, en contexte tendu. Cf. vie et travail, version dynamique.

Regardons ça.

Le contexte ? France culture. J'allume, ce matin, la radio. Et là, le journaliste Emmanuel Laurentin [2], producteur et animateur de La Fabrique de l'Histoire, donne la parole à des descendants. Il s'agit de la famille du général Alain Fauveau, qui témoigne de la vie de son ancêtre : Charles de Berterèche de Menditte [3], militaire et homme d'honneur.

Menditte est officier dans le Haut Tonkin (actuel Vietnam) entre 1895 et 1897.

Outre les anecdotes ébouriffantes, l'homme apparaît comme un manager : il en a le profil et les pratiques. C'est ce que pense sa famille, avec ce propos incroyable :

Charles de Menditte était ce qu'on nommerait maintenant un manager, qui faisait passer ses hommes avant tout. Il était comptable [ responsable, nda ] de la vie de chacun. Un vrai manager fait passer l'intérêt de ses hommes avant tout. Et surtout avant lui-même. Contrairement au carriériste, qui est un individualiste. Le manager, lui, prend des risques personnels pour les autres. Et garde leur bien-être en tête, à tout moment.

Je trouve ça inspirateur. Et bien pensé.

Vos réactions ?
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[1] Revoir le grand René Girard.

[2] Menditte, le parcours (pdf).

[3] Menditte et ses carnets : quelques extraits (pdf). Il s'agit, cette fois-ci pour la Première Guerre mondiale, du récit d'un homme de terrain, passé par le feu.

[ Voir aussi Roger J. Morneau, ancien vendeur d'encarts publicitaires en BtoB pour une grande compagnie canadienne d'édition d'annuaires-papier - Il explique préférer le terrain, en contact avec ceux qui peuvent avoir besoin de lui, aux promesses d'une promotion personnelle, pourtant alléchante (responsable régional des ventes) ]  Read More


 Poiscaille - 9e partieTue 28 Apr 2009
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[ < 8e partie | thémas Innovation & Stratégie | Share/Save/Bookmark | archivage automatique du tableau de bord stratégique (.xls) et de la démo vidéo qui l'explique | vos commentaires ]


Ça sent la friture


Tête de hareng. Vous, porteur d'activité innovante : c'est comme ça qu'ils vous appellent. Eux, les gros poissons. Vous ? Les éperlans. Graine de friture, là, dans la poêle. (Ça croustille.)

Quels sont les 3 moments où ils vous observent ? pour vous placer en mode gastrique ?

Les requins vous scrutent, vous analysent, vous passent aux rayons x. Il y a le premier temps : c'est quand vous innovez, sur le papier. Témoin, une simple analyse de vos comptes. Ou du secteur que vous investissez (cf. analyse sectorielle). La R&D vous prend tout votre temps, tout votre argent. C'est comme un mouvement d'eau, que le prédateur sent. Vous faites un remous (dépenses, publications, chargés de prospection), qu'il interprète comme un frémissement, comme une amorce de nouveau marché.

Ça lui éveille un sens.

Il y a ensuite le moment précis où vous commencez à atteindre le ROI. Moment 2. Vous devenez bien sexy. Pourquoi ? 1. Vous démontrez que votre innovation et votre acharnement rapportent un peu, 2. vous êtes terriblement bon marché, pour un temps. Une offre (avantageuse) est possible : le requin achète la bleusaille, qui a bien travaillé (bien peiné) - grâces soient rendues au pionnier, au sherpa que vous êtes, félicitations distinguées [*].

Dernier moment, numéro 3 : c'est quand vous obtenez de bon gros clients (vous êtes rentable). Ou bien plein de petits clients, bien fidèles. Vous avez décollé. Là, vous êtes plus cher à acheter, mais la bonne nouvelle, c'est que vous êtes livré avec votre portefeuille-clients, bien bourré. Le requin achète un tout-en-un : 1. la techno, 2. le produit déjà placé sur le marché (distribué, positionné), 3. une image de marque dont il se fiche (ou pas - la sienne est plus forte, quoique connotée plus requin), 4. un package de clients verrouillés (le coût psychologique à vous quitter leur pèse : ils restent là).

Revoir ça.

Revoir surtout sa stratégie. Histoire de bien passer les 3 caps. Ou de revendre quand ça vous chante. C'est-à-dire à bon escient.

Be seeing you.
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[*] Revoir points 5 & 7.


 Démotiva-singesMon 27 Apr 2009
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[ < thémas Singes, Animaux, Organisation & Démotivation | Share/Save/Bookmark | archivage automatique du billet sur un secteur vert performant | vos commentaires ]

Sont nazes. Vous savez ? Les petits singes. Il y a ceux qui sont drôles : les j'ai-rien-vu, rien-entendu, rien-dit (sont marrants, sont visuels), et il y a ceux des consultants. Sont comme la pyramide de Maslow : gros bulshit (mal embouché, mal ficelé, systématique). Combines, poncifs d'entreprise, la lose.

(Sic.)

De sorte (et c'est mon droit) que j'ai envie de prendre ce symbole des singes pour aborder un truc nouveau.

Et si les singes, on en faisait quelque chose de neuf ? Et si on s'en servait pour qualifier la création d'entreprise, et les points critiques liés à l'humain ? au facteur communicationnel ? à la démotivation ? (C'est crucial.)

Let's go.




Singe d'une nuit d'été


Premier démotiva-singe, c'est le fou-fou : à la création. Tout le monde s'active, il y a du taf, il faut tout faire. Premier singe, donc : la dispersion. Et là, les profils les plus organisés (cf. O d'Enrègle [1] ou Travaillomane de Kahler), eh bien ils grincent des dents : J'aimerais, disent-ils, qu'on s'oganise un peu mieux. Premier gap, premier point critique. Tension qui vient. L'enthousiasme ? Il est ok. C'est juste que ça commence à monter. Petit gap, mais retour solide à la réalité. L'état de grâce prend un coup de canif dans le contrat de coolitude. Car l'équipe c'est ça : des gens qui signalent, des gens qui envoient des messages de (brusque) retour au sol. On ramasse. Premières déceptions [2].

Le deuxième ? Quand le premier client fait faux bond : là, c'est le gérant, les commerciaux, l'ensemble de l'équipe qui trinque. Déconvenue : le second démotiva-singe emporte une banane. Et prive tout le monde du fruit. Re-lose. C'est le singe carotteur.

Troisième bestiole, quand le plan de commandes monte en charge : tout s'affole, doublement des heures de travail. C'est agréable et pour autant, ça fatigue. Ce client de derrière les fagots, il faut le livrer pour hier. Pas prévu, bienvenu, ok, mais claquant. Stressant. Singe porteur de bagages. Singe traîne-savates, qui râle.

J'en ajoute un dernier : le démotiva-singe de la sècheresse. Les rapports sont secs et tendus, comme un climat d'août où le ciel se couvre, lentement, sûrement. Ça va péter comme un orage. Le manque de reconnaissance (cf. strokes) a bien usé tout le monde. Le taf m'a tueR. L'ambiance a une couleur de couteau qui luit.

Un vrai zoo.

Que faire alors ? Eh bien des sociogrammes rapides (comme des plans de match de foot, plans tactiques), des plannings stratégiques (rétroplannings scorés), du scoring pur et dur.

Histoire d'anticiper les points critiques. Histoire de prévoir les grimaces.

C'est simple et ça maintient les troupes.

Onk-onk, j'ai envie d'dire.

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[1] Modèle du Village gaulois.

[2] Cf. théma Team building.  Read More


 Nu - 2e partieThu 23 Apr 2009
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L'innovation est un sport de combat


Je les hais. Et celle-ci plus que les autres. Les épreuves ? Elles balayent tout. (Les grandes, j'entends.) Mais même les petites : elles sapent ce qu'on sait, comment on s'est construit, ce qu'on recherche. Car c'est bien ça : les épreuves sont un enlèvement de ce qui nous rassure et nous fait jouir. Prenons une personnalité (le docteur Kahler explique sa construction très bien). Elle a des traits distincts. Dans la façon dont nous nous présentons au monde [1]. Dans la façon dont les figures d'autorité [2] nous élèvent (parents, fratrie, institutions). Dans la façon, enfin, dont nous vivons les choses et en tirons de la satisfaction : événements, tournures, expériences de confort [3] et de plaisir.

Ça nous modèle.

De sorte qu'un style émerge et se façonne. Untel lira, emmagasinera, interprètera et animera le monde à sa façon. Tel autre d'une autre. Ça fabrique des préférences (qui sont des façons de se placer, de jouir, de croire) et des limitations.

C'est là que je veux en venir.

L'épreuve pousse aux limites. Elle pousse à ce qui marchait un temps. Dans une aire donnée, connue, petite. Retirez-moi ce que j'investis, ce(ux) que j'aime, ce qui me rend heureux - dans ma façon d'être, selon mon tempérament [4] : je panique. Mon GPS patine. Tout devient flou, mes priorités se mélangent. Ce qui me semblait solide (moi, en fait, et mes représentations), tout ça s'effondre.

De là, deux attitudes. Soit je cherche à tout prix ce qui me rassure et me fonde (mes nourritures affectives, mes repères - en version coûte que coûte), soit j'innove : je cherche la légèreté, le zapping, le flux qu'on m'offre. Et je l'éprouve, pour vivre de nouvelles sensations [5]. Ou encore j'innove en vrai : je cherche ce que la vie contient de plus solide. Il y a du changement 2 dans l'air [6]. Et c'est stressant.

Pour les petites épreuves, je peux zapper. Pour les grandes, comme celle-ci, j'approfondis. Ou plutôt j'innove dans la profondeur : je cherche des certitudes plus solides encore. Des dynamiques plus basses, plus fondamentales. Plus vraies (au sens de valables) que ce que j'ai été.

Je bâtis ma maison, ma vie, sur le roc. Ou plutôt ma tente... Ou mon sac de couchage.

Quand je suis comme ça, les autres fréquences sourdes me parviennent : le cœur des éprouvés me parle. Non pas que je les recherche (je les fuis : mon empathie me les fait redouter - mon orgueil les rejette, comme autant de facteurs [7] déstabilisants). Et pourtant ! Ce sont leurs paroles qui disent la vérité : l'homme est fait pour éprouver. Du plaisir, qui est bon en soi, mais endort (la certitude repaît). Du plaisir, et des éboulements.

Moment de changer.

Moment de rechercher la Vie. Celle qui est plus vraie, plus forte, plus stable que moi.

Celle qui fonde, en profondeur, les bases de ce monde aimé.

Celle qui, enfin, motive. Même si elle dépouille, oblige à marcher à vif, oblige à traverser le ronron de la raison.

No choice. Et pourtant quelle grâce !

Si je ne souffrais pas, je serais statique. Et sûr de moi. Mon ventre serait plein.

Quelle bénédiction qu'il soit vide.

(Mais quelle épreuve, mes amis.)

Merci à tous les anges humains (en grec, les messagers) qui me soutiennent. Vous vous reconnaitrez : vos vies, vos sincérités, les risques que vous prenez sont un phare. Pour moi. Et à terme, je l'espère, pour les gens que je soutiendrai par mon témoignage.

Tout ce que je savais sur la vie est faux. (J'étais dans l'erreur.)

C'est très bien : je prends. Ça me dirige.

(Je m'étais paumé...)

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[1] Les enfants indirects de Françoise Dolto - comme Boris Cyrulnik - parlent d'un bain symbolique, de représentations, de paroles, d'investissements divers, de croyances et d'inconscient dans lequel le fœtus croît. Et s'édifie, de manière innée (c'est un pétrissage parental, littéralement avant la naissance).

[2] Sur l'éducation, voir théma Renforcements. Le Bravo ! et le Tu me déçois ! font le meilleur et le pire. Dans le registre intelligent, par exemple au travail, revoir l'encourageant Manager-minute.

[3] Le confort, c'est le sentiment de sécurité.

[4] Cf. Profils.

[5] Les process communicants parlent de changement de phase, d'exploration (a priori fructueuse) des autres étages de la personnalité. Ces ressources endormies regorgent, après tout, de trésors d'aventure, de satisfactions, de sensations nouvelles.

[6] Cf. métamorphose, ce phénomène que les géants de Palo Alto ont si bien étudié. (Leur probable plus grande réussite.)

[7] Ce sont les ferments du changement, qui bousculent et menacent l'équilibre d'un système. Relire Max Sandor.  Read More


 Deux temps, trois mouvementsTue 21 Apr 2009
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François Dubet


En deux temps. Je les aime comme ça les billets de blog. Vous savez ? Un fil directeur, qui introduit, et puis un cœur de sujet juste après : parfois en phase (dans la droite continuation), parfois différent. Comme une bifurcation. Vient alors une histoire, un rythme - oui - un truc en deux temps. L'un installe et l'autre dit.

C'est vrai que les derniers billets de ce blog ont des accents très perso. Je l'assume. Écrire des billets, c'est ouvrir quelque chose. Une boîte à choses (et c'est open). Une âme, un vécu... Souvent dans l'instant. Aux contributions pro, viennent contraster (compléter ?) des éléments perso : certitudes, doutes, expériences. Des pointillés forts. Ou bien le tiers-élément d'une tresse à trois brins : 1. le pro, 2. le perso dit (ici écrit), 3. le perso secret (le vrai, diffus, induit, invisible - comme un tempérament, comme un nuage humide, personnel, qui nimbe les écrits).

Ouais.

Je reprends un instant cette histoire de propos en deux temps. Puis passe, avec vous, à François Dubet, sociologue français.

Parlons des Simpsons. La série animée. (Hilarante.) L'art de ses nombreux scénaristes, c'est de couper l'épisode en deux temps, deux histoires. Que dire ? Narration bien faite. Et rebondissement central, qui fait une charnière immédiate. Alors vient un rythme, ok. L'histoire se tord, se dynamise, prend une posture. Un souffle.

Direction France culture à présent. (C'est le second point). Et chapeau bas. Dans son rendez-vous du mardi, de 11 h à 12 h, le journaliste Sylvain Bourmeau (blog, émission La Suite dans les idées) reçoit des personnages-piliers en sciences sociales et humaines. Son invité d'aujourd'hui : le sociologue méridional François Dubet, spécialiste de l'exclusion. Sa contribution d'aujourd'hui confirme un rôle, une pensée à part, stimulante. Qu'en dire ? Les grilles de lecture, selon lui, se plongent dans l'idéologie du XXe siècle. L'épreuve des faits dépasse, malmène et désarçonne donc ces anciennes (quoique vivaces) façons de lire le monde, de l'analyser (voir théma Paradigmes). L'idéologie donne une logique interne : une forme. Une limite...

Or, le monde a changé.

Le monde riche (le nôtre, celui du Nord) change à grands pas. Les institutions classiques ont du mal à suivre. Elles sont en crise. Leur côté rassurant, prépondérant, modérateur, répartiteur (en clair central) s'efface. Et le doute arrive. Regardons ça : la pratique religieuse perd du terrain, l'école absorbe mal la détresse culturelle, l'université isole au lieu d'introduire au choc (et aux attentes) du monde du travail, l'entreprise détruit ses propres emplois (elle est cannibale), les travailleurs sociaux peinent à tisser des références, des pratiques, des liens salutaires, les intellectuels lorgnent tantôt vers les idéologies (forcément réductrices, forcément croupies) tantôt vers le succès personnel lénifiant, pauvre et bien-pensant (carrière, reconnaissance, appétit pour les choses évidentes), les familles deviennent de simples noyaux, souvent monoparentaux, parfois marqués de la chute du père (divorce, chômage, mal à se projeter, à être un individu socioprofessionnel tenace, donc porteur d'une image de structuration, de légitimité, de sagesse - recul, enseignement - et d'autorité ; cf. Nom-du-Père - Lacan -, et cf. Animus).

La lose, en clair.

La perte des repères...

Augmentée d'un moteur ferme et à présent général : l'individualisme à tout va. Quand mon tissu va mal, et que son rôle signifiant part en toupie, je m'appuie sur moi-même. Fini le religare : mes liens, qui pourtant me définissent, s'effilochent. L'Autre devient un rien, un point d'interrogation, voire un porteur de microbes.

De sorte, et c'est là que je veux en venir, la déroutinisation s'installe. Ce qui faisait le code du vivre-ensemble perd en substance. Il se vide. Les modes de communication s'individualisent, donc perdent en efficacité générale. Et comme tout s'évanouit, j'échoue. Je doute. Je bataille. Porteur de moi et de moi seul (survie, accrochage délibéré). Moi seul avec - ou contre - le monde, c'est une croisade perdue.

L'Autre devient un moyen ou, pire, un obstacle. Il n'est plus lui.

Et moi sans lui, je deviens une soustraction. Une peine à être.

Dubet parle du sentiment d'échec. C'est le signal qu'un processus s'arrête. Au lieu d'attribuer à ce tissu de crise mes ralentissements, mes tentatives, mes arrêts dans le milieu (voir Attribution), je crois que l'échec est mon résultat. Ma chose. Mon fruit. Si le reste est maigre, c'est que moi je suis (et je me le dois) être fort. C'est-à-dire opérant. Mais comme c'est sociologiquement infondé, je me heurte à moi. Je crois que tout est de mon fait.

Je déprime. Et perds plus encore le lien avec autrui.

Que dire ? C'est intelligent, c'est réaliste. Je range Dubet parmi les pragmatiques.

Revenons-en à la déroutinisation, qu'il faut rattacher aux thémas Rituels et Besoins de structurer (de maîtriser) le cours du temps. J'en termine ici. Pour communiquer (trouver ce que les autres et moi avons en commun : attentes, envies, projets), je dois passer par des rituels. Des routines. Des garanties. Des clés. Ces processus amènent la paix sociale : si je sais comment pacifier un rapport (les rituels rassurent et montrent que l'on a le même référentiel que l'interlocuteur), eh bien si je possède ça, je me débrouille. Je sais rassurer l'autre et rentrer dans un lien. Il me reconnaît comme un pair.

Si mon trousseau comportemental est vide de clés - ou pire, doté d'une abondance de cultures différentes, segmentées, morcelées, microscopiques (pontillistes, pour paraphraser Dubet), autant dire spécifiques et individualistes -, je me perds. Je perds en lien. Je perds en assurance. Je me perds moi. Je m'éparpille. Et prends des coups (rejet, éviction).

Je m'attribue l'échec. En ligne de mire ? La violence : faite à moi-même, faite aux autres.

J'en finis : je veux rappeler combien, dans sa sagesse, le docteur Berne soulignait l'intérêt d'être superficiel. D'avoir les codes. C'est une dynamique sociale, tournée vers autrui, futile et utile. Constructive, en clair. Naturelle.

L'individualisme est une impasse. La peur de souffrir (maîtrise et prudence excessives) ? Un beau leurre. Le risque : une nécessité, consubstantielle à la vie.

Car il faut bien vivre. (Bon sang.) Et vivre, ça se fait ensemble.

Vous êtes ici chez vous : je vous souhaite une excellente semaine.

Be seeing you.

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[ Bande-son de mes dernières semaines : Charlie Winston, beatnik à souhait (The less I have, the more I'm a happy man... - Ouais, et un hobo, c'est un vagabond de la Grande Dépression, années 1930) | hobos, langage visuel ]


 Nu - 1e partieThu 16 Apr 2009
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Hérode érodé - Absalom abrasé


Et je fais quoi, là ? Rien. Quand la tempête se déchaîne, quand mon tissu se déchire et quand tout s'écroule, je me mets - après réflexion - là. Là, c'est dans l'économie de moi. Dans le calme.

Le moi ? Ses peurs ? ses envies ? son vent ? sa bave éparpillée ? Un moi qui s'épluche, qui va à l'économie de lui-même. (C'est davantage ça.) Qui teste tout et comme tout échoue, c'est un moi qui se confie. Et ouvre ses bras. Et s'offre. Un moi qui s'ouvre. Et face au vent ? Même chose.

Multiplier les gestes ? les opérations de contrôle ? de séduction ? d'entretien de ce qui sent le sapin ? Laisse tomber.

Tout fait silence, avec mal, et tout écoute. (Tout se dépouille.) Tout se calme. Là, dans l'épreuve... Dans la perte de soi. Dans la marche forcée vers autre chose. Une nouveauté qui accouche.

Et ça casse mes ligaments.

Quand quelqu'un se casse - tel qu'il se connaissait, ou se pensait fort -, c'est qu'il faut changer. Moi, ce vent terrible m'arrache les peaux. Il décape mes muscles. Il érode mes tendons. Et masse mes viscères.

Alors quoi ? Je m'offre, après avoir lutté. Comme un Jacob, qui en plus s'asseoit dans la cendre.

La tempête rugit, défait, emporte ? Ok. Opération démembrement. Mise en pièce. Mise à mort. Traversée du lac de feu. Des doutes glacés. Du souffle sec. Des escarbilles qui brûlent.

Résister, c'est raisonner comme avant. C'est rester vieux. C'est animer le vieil homme. C'est le nourrir comme une peau de carpe, vide, grasse et fripée.

Alors quoi ?

C'est de nouveauté que j'ai besoin. La vie fait ça. Résister, c'est valoriser ce qui a mené à l'échec. S'ouvrir, c'est devenir nouveau.

S'offrir, se confier, rester cool avec les flancs battus, rester faible - et ouvert - c'est ça être fort.

C'est faire confiance.

Quand tout fout le camp...

Ouais.

Je garde mes fondamentaux (amour de mes aimé(e)s). Et fonce dans le rien : méfie-toi brouillard, je suis pire que toi. En beaucoup plus aveugle. En plus ignorant encore. En plus loser... Plus acculé. (Déterminé.)

Alors fais-toi plaisir. Et dis à ton copain le vent qui hurle de décharner plus encore. Restera le centre. La vie, la vraie. Qui attend d'exploser. Et de rebâtir, en émergeant.

Faire un.

Faire un avec le vent. Et rester cool.

Est-ce que j'y arrive ? Non. (Par moi-même, non - Évidemment.) Mais je marche. Et un jour j'y serai. Où ça ? Nulle part, justement, c'est-à-dire partout. Dans la joie, donc. Ailleurs qu'ici, en fait. Je marcherai dans l'eau vive.

Crois-le si tu veux, j'ai confiance. Alors, vent, fais-toi plaisir.

Et continue à éroder : fais-toi du bien.

C'est moi qui en profite.
__

[ Ps. 22 ]


 Amour, foi, risque et vieTue 7 Apr 2009
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À Nadia


La Guérison des souvenirs est un ouvrage lumineux. Les auteurs : Dennis et Matthew Linn [1], théologiens américains spécialistes de la relation d'aide [2]. De cet ouvrage, je peux dire mille choses.

Je peux dire qu'à chaque fois que je traverse une épreuve majeure, comme il y a dix ans pile - et comme maintenant -, ce bouquin m'aide à grandir. Sa vision du monde, de l'identité humaine, du rapport à Dieu et aux autres est riche et trempée de pragmatisme.

Il y a dans ce livre une sagesse. Quelque chose qui communique un état, des connaissances, une foi revigorée, normalisée, adulte et pleine.

Une envie.

Un carnet près de ma table de nuit me permet, depuis des années, de noter des idées, des avancées, des choses personnelles. Et hier, comme rarement, j'ai rempli ce carnet. De choses que j'ai comprises. Sur les protections psychologiques, sur le fait d'assumer, de vivre avec des risques, de travailler pleinement, de localiser les idoles [3] qui remplissent un vide.

Un vide en moi.

Charles, bien souvent, parle d'une relation spirituelle dès le début cassée. Dès la conception. Il y a un manque existentiel bien antérieur [4] aux bains intra-utérins pourtant remplis de doute, à la naissance qui morcèle, au sevrage du sein qui isole. Un besoin encore plus radical, plus ancré, de trouver du réconfort, de la mise en mouvement, du soutien, de l'acceptation de soi. Du sens.

C'est inné.

Ouais...

Et les idoles sont de faux dieux : ce sont des béquilles, qui aident à tromper la peur et à déléguer à d'autres autorités - réelles ou fictives - ce qui normalement nous revient : aimer et travailler, pour paraphraser Freud. Surtout, nous assumer. Vivre par et pour nous. Et avancer. Et aimer en vrai. C'est là le propre de la vraie liberté de jouir, d'être un être autonome, pourrait dire Romey. Autonome, inter-relié (façon Gandhi), conscient, donc adulte et aimant.

Sûr.

Merci à Nadia, hier, pour sa fine intelligence. Et son partage d'expérience, sa tolérance, sa gentillesse gratuite.

Cette nana a tout compris de tout.

Merci à l'Esquinade aussi, pour l'accueil fréquent de mes joies, de mes peines.

Merci enfin à Celui qui donne, soutient, anime et est la vie : Esaïe 40 : 25-31 m'a fait grand bien [5].

Je termine en vous souhaitant de belles et bonnes journées à venir. La parole est à Dennis et Matt Linn (op. cit.), signalant un passage du Ne crains pas de l'humaniste chrétien Jean Vanier :

« J'ai appris plus sur l'Évangile, avec les handicapés, les écrasés et les blessés par la société, qu'avec les sages et les bien-pensants. Par leur croissance, leur capacité à accepter et leur modestie, les personnes blessées m'ont appris à accepter mes faiblesses sans prétendre être fort ou capable. Les handicapés m'ont montré combien je suis handicapé, combien tous nous sommes handicapés. Ils m'ont rappelé que nous sommes tous faibles et destinés à mourir et que ces réalités sont celles qui nous effraient le plus [...]. On dit à un alcoolique qu'il faut arrêter de boire, que c'est mauvais pour sa santé. Mais il n'a pas besoin qu'on le lui dise : il a vomi toute la journée. Il n'a pas besoin qu'on vienne lui apprendre la loi, il la connaît. Ce qu'il veut, c'est trouver quelqu'un qui lui donne la force et le goût de vivre. Ce n'est pas parce que vous dites à quelqu'un qu'il ne faut pas voler qu'il ne le fera pas. Ce dont il a besoin c'est de pouvoir s'appuyer sur quelqu'un qui lui insuffle la vie et le courage, qui lui apporte l'amour et la paix. »

__


[1] Ces deux frères de sang sont jésuites de formation. Matthew l'est toujours. Dennis, lui, a épousé Sheila. Tous pratiquent un christianisme de terrain (sûrement le seul valable) : ils font des conférences, pratiquent l'entraide, le partage et l'amour. Leurs ateliers se centrent sur le pardon : tout, chez eux, est intense, modeste et réel. Leurs pas - compatissants et fermes - les ont, entre autres, conduits jusqu'en Hongrie, 2e pays au monde pour le suicide. Ils sont connus aussi pour leur travail auprès des personnes divorcées, souvent en fort besoin de guérison intérieure.

[2] Voir aussi le grand Jean Monbourquette.

[3] Idoles : images, projections, reflets, fantasmes. Ce sont des rituels, des passe-temps, des croyances investies, des forces (augmentées de l'habitude) que l'on nourrit dans l'espoir d'obtenir soutien, réconfort, épanouissement (cf. bénéfices secondaires). Or, à l'arrivée, la livraison de l'idole, c'est la torsion de la vue, la fainéantise, la duperie, la fatigue, la répétition morbide. On se trompe soi-même. L'idole est le fruit du péché, ce manque-à-vivre qui en appelle à quelque chose qui nous surpasse, nous nourrit (confort, sensations, énergie), nous protège... en apparence. L'idole est une représentation, une coquille qu'on remplit d'attentes et de projections multiples. Il faut relire les récits de voyage de l'orientaliste Alexandra David-Néel. La grande aventurière explique comment certains peuples chargent une statue vide (idole, ici orientale) : ils la préparent, la chérissent, lui adressent des demandes, lui remettent leur confiance (foi). Ainsi l'objet recueille-t-il les énergies psychiques de tous et se remplit-il magiquement (spirituellement), pour venir rayonner et influer sur le quotidien de ses adorateurs. Voir théma Égregore. Voir les dangers de l'infantilisme spirituel (fascination, sujétion, dévoiement, perte du sens de la vie, tourmente intérieure, utilisation de la fine pointe de l'âme pour une orientation voilée, impasse énergétique absolue).

[4] Et tant pis pour Jacques Lacan. La perte du paradis, de l'unité, de la fusion placide avec un Tout s'envisagent ici avant même la formation du fœtus. Ce qui, au passage, s'accorde assez bien avec l'idée de Françoise Dolto que le fait humain (sa condition) s'enracine à l'avance dans l'inconscient des parents, qui rêvent d'un enfant et déjà l'engendrent symboliquement, lui faisant une peau et des viscères toutes d'inconscient tissées, pétries (l'enfant naît et croît déjà dans le cœur des parents, pourrait-elle dire). Idée proche de celle de l'Adam biblique : avant même que je sois, la trace d'Adam (le fait humain par excellence), cette marque venait déjà me remplir de sens (signifiants parentaux, croyances, attentes inconscientes, culture humaine)... et de vide. Le vide ? Le lien cassé, dont j'hérite en même temps : je suis - dès la matrice - marqué du sceau de la perte. Spirituellement envieux... mais paumé. Ma vie me sert à (re)trouver le chemin. Et à l'arpenter dans la grâce. L'esprit d'aventure. La confiance. La liberté. La réconciliation. La complétude. L'erreur. Le mouvement. Le risque.

[5] Voir, en ligne, un morceau d'Esaïe, version Bible Bayard. Bayard ? Une magnifique traduction, quoiqu'intégrant des livres traditionnels secondaires (compilation hellénistique puis catholique), dès le début extérieurs à la Bible - Cf. apocryphes.  Read More


 Absara - 92e partieThu 2 Apr 2009
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Internet, versant pro


Absara s'adapte. Idée-maîtresse, vous vous en souvenez : rapidité, pragmatisme, valeur ajoutée, intensité, magie. C'est le coeur du travail. Vous permettre d'éprouver tout cela à la fois, en vous le servant sur un plateau, lors de formats dédiés.

Oui.

Sept, maintenant. C'est le nombre de soirées de speed consulting que nous vous avons proposées. Cf. Crème de violette.

Tout s'adapte, je vous l'ai dit. Et tout, pour les entreprises, se centre à présent sur la vente. Vendre, c'est assurer les mois à venir, en ces temps de besoin de clarté. De besoin de visibilité. Nous le comprenons. Et nous l'intégrons très fort.

Justement : Absara, qui propose habituellement des consultants de haut vol, propose à présent des prestataires divers, des partenaires qui donnent des choses en plus. Des entreprises qui, nous l'avons testé, génèrent ou facilitent la vente.

Nous avons un nouveau partenaire, qui est une agence de communication toulousaine. Cette agence, entre autres, réalise des sites Internet de bon niveau (c'est important).

Pour Absara, et tous ses professionnels affiliés, ce partenaire accepte de réaliser des sites-test à l'essai. Sites aux couleurs de l'entreprise. Avec fonctionnalités complètes (conception, charte, e-mails, hébergement, etc.). Ainsi les professionnels peuvent-ils voir, directement sur écran, ce que donne un site vraiment professionnel (site d'agence), avec leurs attentes à eux. Un site :

| inspiré de l'actuel et amélioré - si les intéressés en ont déjà un,
| futur, avec des nouveautés - s'ils sont curieux de voir ce qu'une version avancée peut donner,
| possible... un jour - s'ils comptent à un moment donné faire réaliser le leur, selon les canons du genre (professionnalisme).

C'est inédit.

Les résultats sont excellents.

Be seeing you : je vous tiens au courant, pour cette offre réservée.

M'est avis que Crème de violette 8.0 va vous aider à vendre. Avec sites-tests à la clé.

Du concret.


 Motivation - 12e partieMon 23 Mar 2009
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Sept classiques en entreprise


Et c'est reparti. Contexte : une soirée chez des voisins (ambiance personnelle). Et toujours la même question, pour le coup très pro : C'est quoi motiver ?

Je réponds par l'opposé : démotiver, c'est couper l'envie de bien faire, c'est saper l'envie de s'impliquer. C'est démobiliser, par les actes et par les propos (souvent juste par le ton).

Il y a une théma pour ça.

Encore et surtout, comme dans la soirée, je dis que démotiver, c'est :

1. Manager seulement par e-mail (ambiguïté et confusion des propos ; interactions figées, délayées dans le temps ; côté charnel et strokes minuscules [*] ; côté impersonnel, protocolaire et bâclé en revanche très fort), c'est le mail-management, froid, technique et... très en vogue,

2. Mobiliser ses collaborateurs tous de la même manière (par exemple de manière exclusivement cérébrale), c'est le management-tous pareils, lointain héritier de la pédagogie-tous pareils, prétendument équitable (en vérité maladroite, rigide et monobloc),

3. Répéter les consignes d'une seule et même manière, quitte à aller dans l'infiniment petit (croyance selon laquelle les détails précisent, vendent et renforcent un propos ; mythe du rabâchage comme moyen de faire adhérer), c'est le management-perroquet ou - pire - le management-je répète pour ceux qui n'ont pas compris,

4. Signaler seulement les erreurs, c'est le management-pas confiance ou management-je t'ai eu, et oublier les progrès, considérés comme normaux donc secondaires,

5. Imposer un coach (par exemple un ami du big boss) aux collaborateurs sentis comme faibles, c'est le management intrusif,

6. Dévaloriser un collaborateur au lieu de lui dire ce qu'il faut améliorer, c'est le management sardonique,

7. Négliger le management et croire que les gens le font très bien tous seuls, c'est peut-être le plus dangereux, qui fait naître une multitude de poches de management parallèles, où des petits chefs font appliquer leurs propres règles, parfois tacites (donc anxiogènes), parfois arbitraires, souvent proches de la jungle (les assertifs croquent les introvertis) - c'est le management-sans management voire management-débrouillez-vous (avec son corolaire pas le temps, sous entendu « pour ça »).

En conséquence de quoi, manager c'est adapter les ordres, les objectifs, les félicitations, les encouragements, les délégations, le ton des échanges.

Manager, c'est mobiliser les individus. C'est connaître ce qui les stimule en propre, pour couler ces aspirations puissantes dans une activité au jour le jour.

C'est s'adapter. C'est prendre un peu de temps.

C'est faire du bien...

Any comment?

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[*] Par ordre croissant d'intérêt pour le collaborateur, il y a l'inexistant management fantôme (un manager... absent) ; le faible e-mail du boss ; le très correct coup de fil (déjà un peu plus sensoriel, donc adressé, donc intense, donc mémorisable) ; l'intéressant entretien informel, fût-il entre deux portes au calme ; le valorisant face à face avec regard chaleureux, amicale pression de l'épaule ou de la main. (Avec tact, discernement, respect.)

[ À la suite du grand Ken Blanchard, tout bon manager doit pouvoir dire que manager, ça prend une minute par jour et par personne, soit 40 minutes pour une PME d'autant d'individus : un scoring correct de ses activités permet au boss de dégager du temps pour ça - c'est vital ]  Read More


 Des émotions pour se décider - 3e partieWed 11 Mar 2009
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Éprouver, c'est déjà s'impliquer


Eh oui. À la base de notre style, de notre façon (si personnelle) de nous placer dans le monde et d'interagir constamment avec lui, il y a le cerveau. Si on étudie la bête, si on se penche sur ses échanges avec le système nerveux [*], les organes (perception, action) et les événements du monde, on a tout - ou presque - du fait humain.

C'est passionnant.

Plus passionnantes encore, les avancées des deux dernières décennies. Le neurologue américain Antonio Damasio, on le sait, fait figure de référent.

Je me saisis du Nouvel Observateur de cette semaine (n° 2313, dossier Voyage au centre du cerveau) et vous soumets quelques phrases, tirées de la plume du journaliste scientifique Michel de Pracontal :

Au sujet d'Elliott, un blessé du cerveau, opérationnel avec l'intellect mais incapable de prendre une décision simple, le docteur Damasio mettra longtemps à comprendre où réside le problème [...]. Le dysfonctionnement - d'Elliott - est de nature émotionnelle : il est incapable de choisir parce qu'il ne s'implique pas dans le choix. [...] Il apparaît qu'un cerveau purement « intellectuel » est incapable de prendre une décision sensée. [...] « La pensée est toujours reliée à la chair », résume Damasio. [...] En somme, il faut être quelqu'un pour être pleinement humain. Le neurologie de demain, estime Pracontal, sera celle de la personne.



(c) Mehdi & Bruno Dubois -
Le Nouvel Obs


La personne, au sens complet, se décide. Elle éprouve. Et c'est en éprouvant les choses qu'elle les connecte à son vécu. Ce vécu se colore, au fil de l'eau, de sensations (furtives, durables, conscientes ou non - cf. impressions fugaces, ou intuitions qui synthétisent le vécu). Elles prennent une valeur (agréable ou désagréable ; utile ou futile ; urgente ou secondaire ; toujours connectée à l'ensemble du vécu). C'est ce trajet permanent entre ressentis du présent, du passé, entre percepts, idées et sensations qui permet d'avancer.

De trancher.

Si je ressens que quelque chose m'est profitable ou non, je peux m'impliquer.

J'avance. Je risque. Je risque en live.

C'est plus (et c'est mieux) que du calcul : c'est la concertation d'un système tout entier, dynamique, à l'écoute.

Intelligent.

Avec tout ce qui me compose, je perçois, ressens, accumule, relie, grandis en expérience, arbitre, assume et progresse.

Je vis.

Se décider, c'est ça.

C'est vivre.

Je laisse la parole aux collègues et amis Marc Traverson, Olivier Piazza, Alain Fernandez et Laurent Ryckelynck. Et vous laisse à tous le soin de commenter, de témoigner, de prolonger, d'ouvrir.

Au plaisir !

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[*] Interprétation (revoir le modèle de l'attribution, cf. Klaus Scherer et Dan Sperber), hiérarchisation des données et priorisation, stockage, interconnection avec le réseau des expériences, actualisation-activation. Cf. Cognition. Mettre aussi à profit l'arc réactif du grand Charles Baudoin.

[ Michel de Pracontal publie des essais de vulgarisation et des romans mâtinés de science (interview) | le cerveau, quelques belles conférences en ligne gratuites | autre sujet - Aider une entreprise (une équipe) à se décider, c'est favoriser le scoring de ses activités, c'est concevoir avec elle un planning des actions à mener, profitables, mesurables, potentiellement rectifiables : en tout cas claires et caractérisées (identification des processus, de leurs pilotes, des parties-prenantes et du 3qo2cp dans l'espace, dans le temps, dans le budget, dans les attentes financières et les résultats attendus de qualité perçue - cf. planning, cf. objectifs) | c'est aussi écouter et intégrer les réactions, les freins, les poussées de motivation - en direct ]  Read More


 Indicateurs : précis, en petit nombre, éclairantsTue 3 Mar 2009
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Peu d'info sauve l'info (et son interprétation live)


C'est tout le propos d'Alain Fernandez : un bon tableau de bord est simple et resserré. On y voit peu de choses, qui frappent et aident à se décider.

Ce qui est simple est efficace. Ici, parlant.

L'image de la voiture a tout son sens. Regardez bien : le tableau de bord de 80 % des véhicules est facile et pertinent (vitesse, kilomètres parcourus, nombre de tours par minute du moteur, température de son huile).

Ce qui permet de savoir - en direct - si je dois accélérer ou ralentir (très court terme), faire voir mon bloc-moteur (court terme), ménager ma monture ou la pousser (court terme, moyen terme).

Oui.

Je me souviens d'hier. Déjeuner avec Adrien. Là, l'entrepreneur, féru de business intelligence et d'économétrie, me dit que son œil interroge deux ratios, qu'il creuse depuis longtemps.

Deux ratios qui renseignent sur la santé d'une entreprise. Regardez-les, aussitôt viennent les pistes :

1. La production stockée (mode de calcul). Elle indique les produits que l'entreprise a fabriqués (finis, semi-finis), qui restent en souffrance. C'est très proche de l'idée d'invendus, qui coûtent cher à produire, cher à stocker. Si une entreprise a accru sa production stockée de 12 % sur 1 an, c'est que 12 % lui restent sur les bras : son carnet de commande a chuté. Il a pu chuter de beaucoup : 12 % c'est la simple valeur de fabrication. Dans la réalité, ces 12 % s'augmentent d'une marge - ici manquante -, ils s'augmentent aussi du coût humain d'un moral qui se rétracte. Un invendu, ça fait mal aux gars de l'entreprise (regardez l'absentéïsme ou les arrêts-maladie, regardez aussi le coût sur le moral des fournisseurs, des partenaires commerciaux, des clients qui vous voient peiner, perdre votre magie, votre enthousiasme - cf. reportages sectoriels dans la presse voire bouche à oreille).

2. Le report à nouveau (calcul, exemple concret). Ratio, lui aussi, éclairant. Que fait l'entreprise ? En augmentant son report à nouveau, par exemple, de 8 % sur 1 an, elle montre que ses actionnaires renoncent un peu plus à prendre une part de dividendes. Ils choisissent, en cas de prudence (ou de pessimisme), de laisser une partie de ce qui leur revient pour préparer les lendemains, pour préserver l'entreprise.

Signe qu'un bât blesse.

Yep.

Souhaitant à tous une bonne poursuite de semaine, je vous cède la parole. Quelle est votre expérience des indicateurs ? Lesquels vous semblent correctement refléter la santé financière de l'entreprise ?

Au delà, de quoi nourrissez-vous vos tableaux de bord financiers ? stratégiques (rapports de force gagnants sur un marché donné) ? commerciaux (performances) ? managériaux (implication, moral des troupes) ? qualité (qualité réalisée en vrai, adéquation à la très subjective qualité perçue, chez vos clients - internes, externes) ?
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[ Qu'est-ce qu'un indicateur ? Le focus (très bien fait) d'Alain Fernandez ]


 Management situationnel - Doser intelligemment la pressionFri 20 Feb 2009
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Pro-action pour définir et encadrer, action pour renforcer les progrès et former les gens, réaction pour leur permettre d'exprimer leur autonomie et prendre des risques en connaissance


On s'en souvient : Kenneth Blanchard et Paul Hersey lancent une bombe. Nous sommes dans les années 1980. Blanchard et Hersey sont des psychologues américains, rodés à la pédagogie, l'art de s'adapter aux gens pour leur transmettre des choses, un savoir-faire (des connaissances), parfois un savoir-être (une disposition, une façon d'être). Le boulot de ces deux hommes donne à la mise en mouvement des personnes (la motivation) une coloration contextuelle. Croyez-le si vous voulez, c'est une révolution.

Coloration contextuelle ? Exactement comme quand on fait passer un savoir : on s'appuie ici sur le contexte des collaborateurs. Sur le contexte de ce qu'ils sont intrinsèquement, humainement (les envies, les talents), et aussi de ce qu'ils ressentent, perçoivent et interprètent du monde (leur place ici même, leur boîte et ses attentes, les demandes de leur patron, souvent du boss direct, celui qu'on voit, celui qui marque, celui qui stroke).

Parlons du contexte. Il y a celui de la boîte (valeurs, pratiques, ambitions, objectifs). Il y a, encore et surtout, celui des hommes : ce qu'ils savent faire et ce qu'ils ont envie de faire (le sachant ou non). En vrai. En live.

Entrent en jeu le style du manager, d'une part, la situation personnelle des équipiers d'autre part.

Il y a là un pragmatisme. Une prise en compte d'autrui.

De sorte que le manager, pour bien faire, s'adapte à ses troupes : son leadership (capacité de commandement, de décision, d'entraînement) se fait en contexte humain. Le manager agit selon la situation des managés. Nous sommes dans les bases du leadership situationnel. Le manager, plus que tout autre, est un caméléon : il sait donner la nourriture affective, comportementale, morale, intellectuelle qui convient à chacun. La nourriture qui garde actif, en confiance, en confort personnel.

C'est un gagnant-gagnant. Une collaboration. Fût-elle autoritaire, fût-elle négociatrice, fût-elle en lâcher-prise.

Si le collaborateur débute dans votre boîte (et même s'il a fait ses preuves ailleurs), en clair, s'il découvre ce qu'il doit faire chez vous et découvre encore ce qui le motive là dedans, dirigez-le, conseillent Blanchard et Hersey. Le collaborateur ? Vous le rassurez, il sait à quoi s'en tenir (clarté cognitive). Vous le guidez.

S'il a envie de s'impliquer et que ses connaissances techniques ont besoin de renforts (formation), expliquez-lui ce que vous attendez de lui : les recommendations-minute sont déterminantes. Expliquez-lui les choses. Et continuez à féliciter, à encourager ses progrès-terrain.

S'il devient techniquement bon et qu'il perd en implication (ce qui arrive par déception, par routine ou manque de projection), négociez les choses, cherchez à savoir plus encore ce qui l'anime, à quoi il fonctionne en vrai (leviers de motivation). Négociez, discutez, cherchez à comprendre. Avec bienveillance.

S'il sait vraiment bien faire les choses et qu'il a envie de les faire, mettez-vous en réaction, c'est un retrait qui lui libère de la place et tenez-vous prêt s'il vous sollicite. Déléguez, attendez-vous s'il le faut à récupérer les erreurs ou les déceptions (c'est un risque).

Les consultants Christiane Grau et Alain Métral expliquent ça très bien.

Je vois parfois des entreprises recruter de bons profils, des gens chevronnés. Ces gens débutent. Même s'ils sont bons ailleurs (ou sur un angle-métier précis), la sagesse recommande de les animer comme des débutants. Un temps. Alors là, commandez, indiquez, dirigez. Il l'ignore peut-être, votre collaborateur a besoin d'y voir clair. Or, la clarté, c'est la fermeté : fermeté de visions, d'attentes, de demandes précises. Ce qu'il fait bien, dites-le lui franchement. Ce qu'il fait mal, dites lui comment mieux le faire. Ensuite, il évolue.

Je vois, à l'inverse, d'autres entreprises garder la pression sur des gens qui savent, veulent, et le démontrent. Quel intérêt ? Économisez du temps et rendez-vous utiles à d'autres. C'est là qu'intervient le bienfait de la délégation. Imaginons : vous déléguez à Alain, qui est compétent-motivé, et il échoue. Regardez bien pourquoi. Au lieu de vous en vouloir d'avoir délégué, usez de discernement. Erreur de sa part ? simple oubli ? manque de confiance en soi ? négligence ? sabotage délibéré ? Avouez que c'est bien différent, avouez que c'est selon.

Allez, 'nuf said. Quelles sont vos expériences ? Que pensez-vous de ça ?

Dernier truc, le profil. La bonne attitude, c'est celle qui se met en phase et anime les tempéraments. Car un contexte, c'est encore et surtout des personnalités : certains ont des nourritures affectives (des besoins) qui diffèrent de celles du manager.

Un manager, c'est un animateur d'objectifs. C'est aussi quelqu'un qui passe du temps avec ses troupes. Et, comme tout bon pédagogue, veut les voir évoluer. Évoluer dans la sécurité. (Sereinement.) Pas dans le stress.

Le manager, c'est souvent (et c'est même une nécessité) celui que les employés voient.

C'est du taf.  Read More


 Ce que l'autre me coûte - Codes et territoires culturels, 4e partieFri 13 Feb 2009
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Hongrie-zonant


Toulouse. Et un groupe, là. Dans la rue. Gitans d'origine roumaine. C'est une famille qui discute. Ils parlent fort, c'est animé. Gestes, propos : tout est vivant.

Tout est « du Sud » (comme on dit chez moi).

J'ai souvenance du travail d'Edward Twitchell Hall, un grand. Le domaine ? Les territoires corporels, donc culturels (réglés par des codes : valeurs, conventions). Distance et espacement entre personnes... Qui varie selon les cultures. Yep. Il y a les Japonais, qui ont traditionnellement besoin d'espace. Si on prend les Tokyoïtes et si on considère le temps qu'ils passent dans le métro saturé, on souffre pour eux. Culture de réserve et de respect du champ corporel de l'autre (contacts réduits, réservés à l'intimité). Or, les Tokyyoïtes se touchent, se frôlent, se compriment dans le métro. Un bien pressant socius. Mon analyse, c'est qu'un nombre massif arrive au travail stressé. Voire vidé, en lutte, en besoin de retrait (cf. AT). Donc : perte de compétence et de confort.

Oui.

Je revois les Gitans. Et je pense à la Hongrie, ce pays qui - parfois - les comprend si mal. Ou si peu. Xénophobie, repli, complications.

Et, parallèlement, j'entends le silence hongrois. Croyez-le si vous voulez : Budapest, la grande, est calme. Écoutez bien, vous avez les klaxons. Bien sûr. Écoutez maintenant les gens : c'est de l'air. Ils sont silencieux comme l'air. C'est impressionnant, les gens qui utilisent leur mobile... murmurent. Le métro ? Calme. La kinesthésie (pratique du toucher, ancrages sensoriels, cf. PNL), discrète à l'extrême.

Tout vit dans du feutre.

Une prof de hongrois me disait que l'âme de son peuple (culture intrinsèque), c'était de l'engagement solide, du parler-peu, du parler-vrai. Comme une gravité. Comme un silence qui pèse. Et signifie.

Il y a les codes, bien sûr. Il y a aussi le bain sémiotique. Tout ce qui touche les Hongrois est affecté, c'est sérieux. Profond. Important. Passionné. Porteur. Médié par du subtil. (Donc du lourd.)

Il faut décrypter ça... C'est du travail.

C'est de l'habitude.

Alors, la communication, quand elle vient d'Europe occidentale ou de pays latins, certains Hongrois la vivent en heurt. Je repense aux hordes d'Anglais, pour l'occasion extravertis. À Budapest, des bus entiers viennent déverser de joyeux buveurs de bière (l'été, cf. festivals). Et, le reste du temps, beaucoup de clients de prostituées viennent siffler les filles, en terrasse.

Dur.

Je termine en pensant que les Gitans d'Europe centrale ont des codes. Comme tout peuple. Il y a du il-faut et de l'interdit.

Parler fort est permis. Exprimer ses émotions, interagir aussi.

En Hongrie, au Japon et chez les experts-comptables, ce serait (et c'est peut-être) mal vu.

Affaire de codes.

La culture humaine est un formidable lieu de rencontre. C'est aussi un lieu d'éviction de l'autre.

Le genre humain est un territoire, avec ses prérogatives et ses us (clés d'entrée, clés de sortie du champ collectif).

Ouais...
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[ Qu'ils soient micro ou ici macro, les groupes humains sont des organismes vivants, pétris d'homéostasie, parfois électrisés d'envies (ou de besoins) d'évolution (dynamiquement, c'est le trajet entropique) ; revoir Georges Romey et son formidable travail sur les pulsions - théma Changement | Ce billet est le 900e du blog, merci de votre fidélité ! ]  Read More


 Prendre soin des autresTue 10 Feb 2009
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Peu. Peu sont aussi touchants que Janusz Korczak (1878-1942). Des humanistes, des pédagogues ? Peu s'engagent comme lui, se dévouent [1], inspirent définitivement le genre humain.

Korczak... Ce pédiatre du ghetto de Varsovie, médecin de la misère, traverse le fracas nazi entouré d'une ribambelle de marmots, orphelins, qu'il aide, encourage, éduque et soigne. Fidèlement, généreusement, de manière construite (Korczak innove et modélise une pédagogie, intelligente et moderne). Puis vient l'enfer de la rafle. Quelqu'un intime au médecin de fuir. Mais il monte... L'homme accompagne ses petits protégés dans le convoi de la mort.

Il meurt à Treblinka (Pologne).

Il faut admirer cet homme. Digne, juste et humain. Il faut aussi lire son journal (posthume) du ghetto.

Korczak, en plus d'être un homme d'étude et de terrain (figure paternelle, éducateur, clinicien qui donc se penche [2] sur les cas personnels), Korczak est un penseur social et un métaphysicien de premier ordre.

Il se demande [3] pourquoi le collectif humain, si tant est qu'il évolue, se heurte systématiquement à la tentation de la violence massive. Comme pour accoucher de formes éthiques, organisées, fonctionnelles. L'épreuve est-elle obligatoire pour organiser la vie ? ramener l'homme social aux évidences ? le faire marcher ? D'ailleurs, l'homme - par sa cécité - a-t-il une destinée tragique, qui marque sa chair et engloutit fatalement ses enfants ?

Je veux dire combien Korczak, grand inspirateur, est nécessaire à tous.

__

[1] Pédagogie - Quelques pionniers féconds, nécessairement hors-système (cf. homéostasie et logique organique des institutions) : Rudolf Steiner (1861-1925), spiritualiste post-romantique, inclassable, original (voir citations) quoique pétri des préjugés de son temps ; Maria Montessori (1870-1952) et aussi Célestin Freinet (1896-1966) ou Françoise Dolto (1908-1988). Voir d'ailleurs la théma.

[2] La clinique, en grec, c'est l'art de se pencher au chevet, à l'écoute de la détresse et des moyens possibles de soulager. Il y a, infuse, l'idée d'étude et de soutien de la personne.

[3] Précédant, en cela, René Girard, anthropologue et philosophe de la civilisation. Citation de Korczak (Journal du ghetto) : « Le monde est-il une transformation continuelle du mal, ou bien avance-t-il vers un idéal en allant toujours plus haut et plus loin au milieu de ceux qui tombent ? ».

[ Droits des enfants, la lumineuse contribution de Korczak | Korczak est un pseudonyme (personnage romanesque et nom de plume), il se prononce Yonouss Kortchok | Korczak, l'hommage de Kurt Lewin (ici, théma Lewin) | sur la cécité de l'homme social, revoir le scénario noir - si fréquent - de la Tragédie des communs (Vaine pâture) | Apprentissage vicariant de Freinet, un modèle pour l'entreprise ? ]  Read More


 Pan-carte à jouerMon 9 Feb 2009
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Steak-frites, avec un os


Menu crise. Mes yeux font la focale : j'ai bien vu. C'est le message d'une pancarte, rue passante, restaurant. Ok, je m'arrête : un resto qui assume. Il dit ce qu'il fait, là, devant les yeux, en gros caractères blancs sur grand stand up noir (ici, ardoise de rue). La crise. (Ouais.) Alors, que penser ? Qu'est-ce que ça veut dire, stratégiquement ? en termes de positionnement ? Est-ce que ça a un sens de communiquer si cash ?

Bon, je regarde. Ce menu de crise, c'est un steak-frites avec café. Huit euros, tarification voisine de la valeur d'un ticket-resto. Rapport qualité-prix ? Correct pour du centre ville. Mais est-ce que ce mot de crise, prédicat noir (anxiogène, qui sape et enferme), est porteur ? Est-ce que ce mot si fort « place » l'établissement ? Surtout, est-ce qu'il fait plus ou mieux vendre ?

Dans cette démarche, reconnaissons la charge empathique. Je suis le restaurateur. Je montre une solidarité, un Je suis comme vous, en phase avec vous : sensible à votre contexte. Par conséquent je fais les choses pour vous et en fonction de vous. Il y a là un effet De Gaulle [1]. Deuxième manifestation, à rebrousse poil : Je montre ma volonté d'adaptation, je surfe. Sur quoi ? Ben, sur la crise, qui vous touche et me touche aussi, par ricochet. Message induit : Votre déprime m'affecte. Et mes revenus dépendent étroitement des vôtres, alors j'agis. Je continue : J'ai besoin de vous. Vos emplettes font mes emplois. Voilà le risque. (Il y a un os...)

La PNL, dans sa sagesse, envisage les mots noirs comme des fermetures. Des contrariétés. Des signaux de crispation, forcément vérouillants. Forcément risqués puisque les autres les interprètent (cf. bain sémiotique). Ils les intègrent : c'est inconscient (involontaire, eu égard aux frayages du système nerveux).

C'est communiquant, c'est porteur.

Alors, je conclus dans la foulée. Puis vous me direz comment vous voyez les choses. Empathie de l'offre : 8 / 10. Franchise et transparence : 7,5 / 10 (le message... est cash). Fond de la pensée : 3 / 10 (inquiétude latente). Congruence [2] et impact final : 4 / 10.

Reste l'adéquation au marché : 8 / 10. Adéquation qui peut, à tort ou à raison, s'interpréter comme de l'opportunisme. À cause de la maladresse d'une forme.

Voilà : 'nuf said.

Une suggestion de pancarte, en ce lundi ?

(Bonne semaine !)
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[1] Je vous ai compris (discours de De Gaulle - Alger, juin 1958). C'est Yves Enrègle qui commente (nous sommes dans les années 1990). De Gaulle, à ses yeux, produit ce jour-là un formidable effet-miroir : il délivre un puissant stroke. Voir, en corrélat, le remarquable Ich bin ein Berliner de Kennedy.

[2] Congruence : primat de la forme. En clair, ce que je veux dire et - surtout - comment je le dis. Il y a, dans les correspondances fond-forme, une énergie. Une cohérence, une adresse forte. Mettre à profit le courant PCM et cette question centrale de la nécessaire adaptation d'une forme : 1. à un fond, 2. à un interlocuteur précis (destinataire, forcément pétri de préférences - ou possibilités - communicationnelles propres).

[ Ah, les restos - Pour le plaisir, revoir Eat at Joe's, motif récurrent, surréaliste et drolatique, de l'univers de Jerky Turkey (Tex Avery) ]  Read More


 AudaceMon 2 Feb 2009
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[ < thémas Emergence & Dynamique de groupe | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur la psychologie positive et la recherche des constantes du bonheur | billet interactif, naviguez par mots-clés et postez vos commentaires en cliquant sur le bandeau de son titre ]

Tentons-le. Et surtout si c'est gros, et surtout si c'est dur. C'est le parti-pris du réalisateur français d'origine marocaine Mohamed Ulad Mohand. Son idée ? Le microcosme en live. Avec une caméra qui tourne. Cet homme d'art et de pellicules, sensible au conflit du Proche-Orient, veut faire une réplique, un laboratoire, un creuset humain, forcément viscéral, de l'entente interpersonnelle. Un travail à ciel ouvert. Quelque chose d'organique, fondé sur l'opposition [1] et donc le dialogue.

Entre frères ennemis (eh oui, si proches). Gros challenge...

Ingrédients : une équipe de jeunes Palestiniens, une équipe de jeunes Israéliens. Des ados, ensemble. L'idée ? Un espace clos, où les jeunes vivent côte à côte. Ils partagent les repas, les nuits, les projets, les coups de gueule. Ensemble, ils convoquent la culture, les envies qui divergent, les données-terrain (traumatiques) du conflit. Et donc produisent des accords. Accords de paix, négociations.

Ulad Mohand veut tester ça. Espérant, si le succès surgit, que l'exemple rejaillisse sur le macrocosme. Et en courbe la tendance, en vrai.

Une réplique (une carte) n'est pas le territoire [2], évidemment. Mais le territoire est forcément humain. Forcément chargé.

Ulad Mohand veut innover. Et prouver, en alchimiste de la donne humaine, que le petit peut influencer le grand. Le réel.

Projet fou. Donc sublime.

L'espoir, la vitalité [3], fraye et affleure.
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[1] Cf. synergie et approche dialogique entre parties-prenantes, façon Edgar Morin.

[2] Alfred Korzybski (1879-1950).

[3] Revoir les apports décisifs d'un Charles Baudouin (arc réactif).

[ Biographie de Mohamed Ulad Mohand sur Africultures ]


 Non merci !Thu 29 Jan 2009
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Pour quoi faire, hein ? Pourquoi promouvoir quelqu'un ? (Je vous pose la question.)

Regardons.

Le contexte ? Une croissanterie, à Toulouse. Et deux collègues d'une entreprise de services, qui commandent un café. Ils discutent :

- C'est vrai, quoi. Tu me dis leader, machin, etc. Mais moi, je me sens pas leader, tu vois ? Je suis pas leader. Non, ça, c'est pas pour moi, je te dis.

- Mais si !

- Mais non, je te dis !

Eeeeh oui. Diriger, c'est un levier de motivation en soi. C'est spécial. Certains leaders en tirent la substance, le suc motivationnel, la valorisation. (En même temps que les responsabilités, l'exposition, le risque - ça va avec.)

D'autres restent froids : pour eux, maîtriser l'univers connu comporte un plus grand sens. Partir à l'aventure ? Un tue-l'amour. Qui plus est dans une entreprise qui hésite à féliciter ses managers (souvent, ignore comment les sécuriser, les conforter, les renforcer positivement, façon Manager-Minute). Tout ça... fait peur.

Trop d'incertitudes. Manque de soutiens, manque de clarté cognitive. C'est un cauchemar, c'est fear factor.

Chef, moi ? Non merci. Expert à la rigueur. Valorisé par les collègues, capable de travailler hors du champ du boss, très bien. M'avancer ? semblait dire l'employé. Que nenni.

La faute à l'expectation : l'employé hésite sur les gratifications personnelles à tirer de tout ça [1].

Il connaît, en outre, les féroces remontées de bretelles [2] : son boss à lui les redoute. Et stresse [3] toutes ses équipes avec ça.

Be seeing you.

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[1] Relire Alain Fernandez, change manager convaincu (à raison) que ce qui rive ou bien motive un homme, c'est ce qu'il entrevoit des avancées (ou du recul) de sa carrière, de son salaire. J'ajoute à ça la catégorie sérénité (confort socio-émotionnel, pour les intimes). Cf. théma Paix ou Territoires.

[2] Pôvre discernement !

[3] Cf. analyse du psychothérapeute et coach Marc Traverson.

[ Motivation - Un peu plus loin avec Victor Vroom et Frederick Herzberg | démotiver | ce qui ressort du terrain, c'est que les entreprises françaises pensent motiver (mettre en mouvement) quasi exclusivement par la promotion et/ou le salaire - dans les faits, ça dépend juste des gens | intéressant Robert Wesley B (merci Marc) | monter en hiérarchie, pour certains profils, c'est anxiogène | témoin avisé, le P'tit D, à la motivation ce que le gaz sarin serait à la diplomatie ]  Read More


 Météore Mon 26 Jan 2009
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Si nous avions su... Si nous avions su - insouciants et légers - que la semaine passée, un ami mourrait, si vigoureux, si jeune, si plein de projets.

Et voilà que sa famille prend l'avion ce matin (7 h), pour aller voir le corps, recueillir (et donner) du soutien, connaître plus encore les causes de sa mort.

Mon coeur est avec eux, en ce moment même, dans cet avion qui fait le lien. Habituellement, l'avion rapproche les gens qui s'aiment. Là il va permettre de constater.

De constater que le corps de J. est brisé.

Comme nos coeurs...

Les mots me manquent.

Me viennent ceux de sa famille. Ceux du père, qui se dit brisé mais pas détruit. Il trouve même la force de dire des choses gorgées de vie, au bord du gouffre. Ceux de la mère, qui dit que nos proches sont à empoigner les mains ouvertes (ils ne nous appartiennent pas). Ceux d'une de ses soeurs (dédicace écrite) ou des amis (il y a un temps pour tout), qui pleurent, s'interrogent et constatent. Me revient aussi le violon de Zaza, présent à l'office.

Musique poignante...

J. était un météore, de ceux qui brûlent, qui s'engagent et vivent fort. De ceux qui questionnent, soutiennent et sont au monde. Avec un rapport direct et un éclat.

Que faire ?

Prier, panser les plaies. Et vivre. Forcément ébranlés. Forcément dans ce monde.

Vivre.

Et se souvenir.

Et marcher.

Si possible dans la confiance.

Un homme, nous dit le père de J., porte du fruit s'il meurt. Il y a là un accomplissement définitif : une réalisation.

Une vocation définitive (spirituelle).

C'est cet aspect définitif qui rend le temps si long. Peupler ce temps par de l'amour, voilà ce qui reste à faire. Et à vivre.

Car c'est peut-être ça, la vie. L'amour d'un couple, qui engendre. L'amour des liens, ensuite. L'amour qui persévère et repousse la mort. Et enfin, l'amour qui donne un sens. Qui rencontre la mort et se mêle alors à l'essentiel.

L'éternité, le rapport vrai.

Dieu, que c'est dur.

Mais je veux quand même, moi aussi au bord du gouffre, me joindre à la vie de cette famille que j'aime.

Et reparler d'espoir. L'espoir brille aujourd'hui. Dans le noir pour nous. Dans la pleine lumière pour J.

Je sais (par la foi) que ce beau fruit en donnera des milliers. Il nous le tarde à tous...
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[ Me reviennent les (très belles) paroles du père de J., sur JFK. Un président qui voit le mur de Berlin tomber. Il faut alors attendre quatre décennies, quelle qu'ait été la mort de Kennedy, pour en voir le fruit : mur qui tombe en vrai. Puis (autre propos) un industriel et homme de foi, dans le passé, qui perd son fils unique. Puis ses quatre filles, dans un naufrage. Il compose un cantique où il a l'audace (la foi) de dire que son âme est sereine (is well). Oui. Voir à travers, compter sur le coup d'après, la réalisation des choses. Où tout s'accomplit, donne un sens a posteriori. En attendant, il faut vivre. Et bien. Par respect pour les autres. Et pour soi. Et pour la Source de vie. C'est dur... Nous le ferons. Mais c'est dur. Ce lundi a un goût de déracinement. Là, tout à l'heure, j'ai re-parcouru André Frossard, qui a lui aussi conduit sa progéniture au cimetière, douleur parmi les douleurs. ]


 Se poserThu 22 Jan 2009
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Charles


Un pasteur. (Oui.) C'est quoi au juste ? Le mot veut dire berger [*], au sens de conducteur, de responsable, qui stimule, forme (fait grandir), rassure et soigne ses brebis. Le pasteur ? Un fruit du protestantisme, courant qui prône un retour individuel aux racines de la foi (Évangile : « bonne nouvelle » en grec). Le prostestantisme propose de prier Dieu et seulement Dieu (jamais un humain, fût-il saint c'est-à-dire exemplaire). Le protestantisme se passe de clergé et l'interprétation de la Bible est forcément individuelle (donc profonde) et libre (autonome). Seuls des gens versés dans les Écritures (ensemble inspiré, direct et complexe) peuvent, et souvent à l'issue d'études dédiées, dispenser des enseignements.

La Bible se lit, se médite et sert d'édification spirituelle et morale pour le croyant (réflexions, prière, discernement, consolation, encouragements, décisions).

Elle fait autorité.

Le pasteur, alors ? Un homme ou une femme. Versé(e), on l'a vu, dans les Écritures. Et expérimenté(e), connu(e) pour sa sagesse, souvent parent, donc marié(e), parfois titulaire d'un autre job. C'est l'assemblée des croyants (assemblée : ekklesia, église) qui élit le pasteur.

Pour son dévouement, son empathie, sa finesse spirituelle.

Il se déplace avec son conjoint pour réconforter, enseigner, visiter les croyants dans l'épreuve. Ou juste manger et partager un verre.

Charles est un bon pasteur et c'est le mien. Son implication, sa chaleur, son expérience, sa foi, son audace, font de lui un ami cher. Un conseiller spirituel charnel, honnête, inspiré, profond.

Que dire ?

C'est un travail qui se compte en années que de comprendre que Dieu n'a pas d'exigences pour le croyant. Finie la culpabilité, finis les rituels, finis superstition, religion, délire et infantilisme.

Les exigences ? Ce sont les humains qui (se) les imposent, pour coller au schéma parental, pour se défausser, pour juger, pour se rassurer. Ce que Dieu propose, ce sont des percées de bonheur, des voies d'évolution. D'accomplissement.

Un cheminement gratuit, au jour le jour. Dans la confiance mutuelle (contrat de cheminement, foi).

La grâce ? Un soulagement. Un privilège...

C'est ce que je comprends. Notamment quand je discute et partage des choses (très personnelles) avec Charles.

Comme cet après-midi.

(Voilà.)

Prenez soin de vous :)
__

[*] Eh oui. Si les États-Unis génèrent un modèle tel que le Manager-minute, c'est parce qu'il y a dans cette première économie mondiale une culture pastorale populaire, volontariste (I have a deam ; Yes we can ; A Maverick, le « franc-tireur », repompe intégrale du discours des églises). Le rapport au travail et aux travailleurs (le management) est un humanisme, un optimisme responsable, optimiste. Et pédagogue ! (Encourager, fournir des strokes, donner envie d'apprendre et de se dépasser.) C'est un des acquis du protestantisme économique, produit de la vie courante (travail, famille, implication et animation d'une communauté, d'un tissu social). Les églises, pleines le dimanche, sont des usines à management, des matrices et des filières à motivation : le pasteur en chaire est un mobilisateur. Personnage qui parle à la tête et aux tripes. C'est culturel, donc digéré dans la vie de tous les jours (habitudes, mentalité). Le pastorat ? Une fabrique en temps réel (une usine à ciel ouvert) de l'essentiel du management de ces trente dernières années. Une envie de plus et de mieux. Une ambition concrète, qui parle et engage le quotidien. Cf. Le Tremendous ou encore Kenneth Blanchard. Le management est une approche normale, populaire, naturelle, de tous les jours.


 Paris - 4e partieTue 20 Jan 2009
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[ < 3e partie | théma Paris | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur le couple | billet interactif, naviguez par mots-clés ou postez vos commentaires en cliquant sur le bandeau de son titre ]


Paname-A


Trois choses.

Il y a l'histoire des soldes, en premier. Vous savez ? Regardons les vêtements. Une étiquette indique à la fois le prix passé (rayé) et le prix actuel. De sorte que le prospect, en consultant ça, se figure tout de suite le gain. C'est le plus pour lui. La campagne commerciale devient claire et parlante : Je fais une économie de tant.

Un trait mental consiste à faire la même chose dans les services. Prenons un prestataire. Il facture des choses et génère un gain pour la boîte. Il suffit simplement, comme dans les soldes, qu'il décrive un passé (avec ses problèmes, avec les blocages qu'il produisait), qu'il indique dans la même proposition le mieux qu'il envisage. Un seul et même support pour ça. Un gain se fait alors jour, fondé sur la différence entre une réalité et son amélioration prévisible. Reste juste à indiquer les moyens d'y arriver, par exemple en entretien. ce sont les pistes. Viennent logiquement les questions, les préoccupations, les envies du client. À charge pour le bonhomme de montrer les voies réalistes : trajectoires mesurables.

C'est logique.

Je veux juste dire que le modèle des soldes et du gain (cf. étiquette) est simple et efficient (naturel). Je le conseille aux prestataires que je connais : hardi, guys, gardez la foi.

Le deuxième point, c'est ce clochard de la place de Clichy. Regardez-le et quelque chose (un détail) vous fend doublement le coeur. Il est assis dans le métro, sur les marches. Immobile. Atterré. Ce qu'il perçoit, ce sont les milliers de trajets bruissants, qui lui passent à côté, dessus, partout, sans jamais le rencontrer (sans le toucher). Regardez sa bibine de vin : biberon rougeâtre. Un vrai biberon, en plastique, de gamin. (Comme ma progéniture.) Cet homme tète et se rassure. Son lait maternel, c'est du vin-poison. Alors il se le colle aux lèvres et subit le monde avec. Il se donne un contact à lui-même. Il affronte la vie comme ça.

(Dieu...)

Ouais.

Troisième point ? Marc Traverson. L'auteur, coach et psychanalyste [*], spécialiste des relations dans l'entreprise, me reçoit dans le Ier arrondissement. Des échanges riches et intéressants. J'aime quand les visages du Net s'incarnent et s'animent.

Un des privilèges de Paris : recéler des talents au bout d'un ou deux métros.

La visite aux chouettes profils prend des contours de pèlerinage amical.

Sûr.

Allez, 'nuf said : parlez-nous donc de vous.

Au plaisir !
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[*] Merci, Marc, pour les livres ;)

[ Tiens, que pensez-vous du nouvel habillage du blog ? ]


 Paris - 3e partieMon 19 Jan 2009
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[ < 2e partie | théma Paris | catégorie Divers | billet interactif, par mots-clés et postez vos commentaires en cliquant sur le bandeau de son titre | 4e partie > ]


(Pa)Nam(e) au fromage


Voyons voir. Hier, soirée à L'Entrepôt. Troupe d'improvisation : Les Carafes [1]. Leur plage ? Les troisièmes dimanches du mois. Sur place (local à la fois théâtre, bar, ciné, resto), chapardage du joli flyer de l'intriguant Surnatural Orchestra :




Fig. 1 - Surnatural Orchestra



What else? Visite, il y a 3 jours de l'agence de relations-presse NDRP conseil, à Neuilly.

Pro.

Ah, aussi, je mets aujourd'hui, et jusqu'à mercredi, mon baluchon chez B-Graphik :




Fig. 2 - Barbara, graphiste B-Graphik



Ce matin, visite au très beau musée Gustave-Moreau.

Inspirateur. (Forcément.) Au point, comme me le recommande mon amie toulousaine Martine, que j'ai extirpé mon carnet de croquis pour saisir du cracrabouilla [2] d'impressions sur le vif :




Fig. 3 - Leda Vs Jupiter



Et puis visite à la belle galerie de quartier Empty Brains, où certaines oeuvres me rappellent Thierry Carrier, dont j'ai un tableau.

Je termine en vous parlant d'Olivier Piazza (rendez-vous place de Clichy, brasserie Wepler). Intelligent [3]. Comme dans son blog. Le consultant parisien travaille sur le changement : il touche des axes comme la diversité ou le handicap en entreprise. Par ailleurs, son intérêt pour les modèles ouverts et les personnages porteurs (cf. Obama, leader inspiré), de même que son travail comme professeur à HEC, font de lui un intervenant tant concret que cultivé. Témoin - notamment -, son intérêt appuyé pour Jodo ou la Spirale dynamique de Clare Graves.

Bonne semaine !

__

[1] L'excellent Manu, motion capturer dans le civil, puis Séverine - tiens, candidate en décembre dernier à Un Dîner presque parfait -, Kevin (leur prof de théâtre), une autre fille (mmh, Cathy ?) et un monsieur drôle et barbu, animateur à RTL2.

[2] Dixit ma descendance. L'est belle, la France !

[3] Olivier, le bouquin sur les haikus est Fourmis sans ombre. L'autre bouquin ? 80 Hommes pour sauver le monde. Quelques corrélats de tes approches ici, sur Torbert, Philips, Huntley, Loevinger. Et puis, encore et surtout, Flemming Funch. Ainsi que le décapant (!) Max Sandor.

[ Mmh, consultation du Comment avoir des idées créatives d'Edward de Bono : « Tout le monde [dans les entreprises, ndlr] devrait chercher à être créatif. [...] L'information est désormais un bien à la portée de tous. [...] La concurrence doit donc se faire sur la base de la création de valeur. » Création bien ficelée, s'entend. Et pourtant ! « Un homme marche dans la rue, commente de Bono. Soudain, un groupe de personnes s'approche de lui. On l'encercle, on s'empare de lui et on le ficelle. On lui tend ensuite un violon. Bien sûr, cet homme ficelé ne peut pas en jouer. Qu'allons-nous en conclure ? Que si l'homme était libéré de ses liens, il pourrait jouer du violon ? [...] Ce n'est pas parce qu'on tranchera la ficelle que l'homme deviendra violoniste. [...] Malheureusement [...] nous nous imaginons qu'en levant les inhibitions, on permet aux gens d'être créatifs ! [...] - Les - techniques [telles que le brainstorming] ne sont pas sans intérêt, mais elles reposent sur une approche très mauvaise », conclut l'expert international en pensée créatrice (cf. lateral thinking), notamment capable de guider les salariés d'une aciérie vers la génération de 21 000 idées en une après-midie ! | grosses performances aussi, nous dit de Bono, avec des enfants pourtant atteints de trisomie - classe (!) | tiens, là où je suis, on m'indique qu'il y a le grand illustrateur Bilal Bassal qui travaille à l'agence BrainSonic magic studio ]




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