conseiller personnel de dirigeants, depuis 2000 : management strategique & communication
Le propos du blog :
libre et direct, si possible en mode oral, tres souvent sur la vie et ce qui la rend delicieusement saillante, souvent aussi sur les modeles et outils d'efficience (interessants, concrets)
A signaler :
beaucoup de themas sur la performance personnelle et collective, beaucoup de liens
[ < 8e partie | théma Divorce | archivage automatique du billet sur les cons ]
Quatre. (Mh.) Quatre boules de cuir, ça c'est Nougaro. (Mouais.) Tout ce qui me rappelle la génération d'avant me laisse (et me rend)... froid. Le chaud, en revanche, le très chaud, c'est cette transmission. C'est cette chaîne. (Et tout ça.) C'est bien au même âge que celui de mon père que ma vie personnelle connaît cette horreur. Ce deuil de tout. Ce manque de sens. Cet arrêt. Et surtout cette mort. Il y a deux êtres : celle qui vit toujours. (Et qui semble aller bien, et c'est tant mieux.) Et il y a moi, avec elle. Ou sans elle. (Et ça, c'est un autre être — Et celui-là n'en finit pas de crever ; il lui faut jusqu'à cinq cauchemars par nuit pour étouffer. Ou pour comprendre. Ou respirer.)
Mouais.
Mon père ? Evidemment que j'en parle. (Et bien sûr que je l'aime [1].)
Quatre alors ? Et quoi ? Les quatre êtres d'Ezechiel (tiens, même ce nom me renvoie à mon ex, aux rencontres, aux souvenirs, aux ébauches, aux mentions, aux plaisirs, au passé, aux choses et au vécu). Mouais (third).
Le quatre, aussi, c'est les roues. Pour aller ailleurs. Ou pour aller mieux : pour rouler (comme un road trip, un autre souvenir — Putain). Pour faire, encore et surtout, comme le mec d'Iggy Pop :
Seule musique, pour ce billet, qui mette un minimum d'étoiles.
Le reste a un goût de cheveux qui s'entortillent dans le lavabo, autour de la bonde.
(Quelle vie. Lire ce truc, en plus, est rugueux.)
Et tout ça pour quoi ? uh ?
Pour quatre idées.
Elles me viennent de la discussion avec la compagne d'un ami, l'autre jour. Budapest. Un bar. Echanges. Stylos. Dessins. Bières. Et cette idée en quatre : Tu veux construire un couple ? (Le mien, mon second, vient lui aussi de mourir après deux mois, histoire avec un ange d'Europe centrale, aux cheveux corbeau et aux yeux fleur-d'azur.) Ouais. Tu veux qu'il marche ? uh ? Considère quatre choses :
1. Le pardon. Les deux amants qui se pardonnent (avant le coucher du soleil, comme dit mon père), en clair ils avancent. Pour eux, la valeur du couple et de la relation a plus de sens que celle des guerres et des valeurs. Plus de valeur qu'avoir raison. Pardonner, c'est marcher. C'est comprendre. C'est bouger. C'est faire quelque chose ;
2. Rester fidèle. Une frustration ? Oui et non. Si quelqu'un te plaît en journée, c'est le soir que tu concrétises ta tension du jour, agréablement, avec ton aimée. Et elle seule. En permanence. Pendant des années. Et si Dieu t'entend, ton aimée [2] comprend la source de ta tension et te bénit de ta consécration à elle. Et à elle seule ;
3. Quand l'un sent qu'il se détache, il le dit tout de suite à l'autre, de manière volontariste, directe, claire et simple à comprendre. L'idée : récupérer à deux : tant que c'est possible. Se donner toutes les chances. Se les donner à temps (très tôt) pour pouvoir gagner. Pour pouvoir se parler. Pour avoir le temps. Pour que l'autre améliore quelque chose. Pour que ça marche ;
4. Respecter les symboles. Comme les bagues, les contrats sur papier, les photos et leurs cadres. Si tu touches à ça, sur la colère, tu touches à l'autre. Il est des symboles qu'il faut garder. Chérir. Respecter.
Je peux développer mille années.
Et vous aussi.
Je peux aussi clore le chapitre pour le moment. Et vous proposer de bavarder sur Facebook. Ou en vrai. Ou de prier. J'en ai besoin. Vous aussi sûrement.
Battons-nous.
Emotionnels. Voilà ce que nous sommes [3]. Nous sommes des êtres relationnels.
Enterrons nos morts.
Allons bien.
Vivons.
Et faisons confiance à celui qui dresse des tables. Et allume des luminaires. Et enlève les toiles d'araignée. Pour faire entrer des harpes. Avec de l'amour. De la prairie. Des vallées. De beaux projets. Et des cris de joie d'enfants.
(J'y crois.)
A très vite.
(J'en ai envie.)
__
[1] Oh. (Waw.) Il faut que je vous parle d'un autre papa : le Papa. Celui du Canadien William Paul Young. Aimez son livre ou non. Considérez-le comme hérétique. Ou comme ébouriffant (mon option à moi). Un conseil : lisez-le. Et cherchez à voir. C'est surprenant...
[2] Signe alors d'intelligence. Capacité à voir chez l'autre sa fidélité. Son engagement. Sa probité. Son amour.
[3] Faisons les êtres humains ; qu'ils soient comme une image de nous, une image vraiment ressemblante ! (Genèse 1:26). Eh oui : nous sommes des êtres de contact, de relations, de reflets, d'approches, de vis-à-vis, de ressentis, d'interprétations, de face-à-face, de profondeur et de communication. Ca nous rend forts et vulnérables. Ca nous rend aussi idolâtres, adorateurs d'images et de symboles (numineux). De choses qui miroitent, hébètent et fascinent. Au lieu de foncer dans la relation, nous avançons dans le reflet. Au lieu de courir vers celui qui pulse la Genèse, nous cheminons vers de la poudre aux yeux. C'est parce que nous sommes comme ça : des êtres d'image, de connexion fond-forme (définition du symbole), extérieurs-intérieurs, avec des organes et avec une peau, avec du collectif et de l'intime. Nous aimons le monde. Nous aimons les choses. Et nous aimons les gens. (Relire René Spitz.)
[ Pourquoi une photo de l'actrice irlandaise Olga Wehrly ? Je la trouve belle. Et depuis deux jours, je sors d'un court métrage où elle joue. Elle est (provisoirement) mon éternel féminin — Hihihi. ]
[ < thémas Organisation & Cognition | archivage automatique du billet sur le bon moment pour lancer son site (Julien Berthomieu) ]
Hep, serveur ! dit le client à la terrasse du café. (Très bien.) Et que dit l'entreprise, elle, avec le-sien-de-serveur ? Uh ? L'endroit où elle stocke l'information, la sécurise, la rafraîchit pour l'utiliser ? Comme une armoire à vêtements, avec ses rangements : ses cases ?
Moi j'en dis — de tout ça — qu'il y a souvent... mieux que le serveur. Le système d'informations (SI, orienté décisions), ce sont les hommes et le wiki qui le génèrent. A eux deux : façon dont ça se joue. La combinaison fonctionnelle-émotionnelle au coeur de laquelle se prennent les décisions. Comment ça s'articule. (En vrai.) Tout ça.
Pour ceux qui pensent cerveau (et serveur — et c'est leur droit), l'arborescence (la façon dont ça se range), en clair tout ça se pense en amont. Proprement. Simplement.
Et il y a challenge.
Pourquoi ? La transversalité, m'sieurs-dames. On sait très bien qu'étiqueter, ranger, sécuriser, sortir, mettre à profit un document est une gabegie. Pourquoi ? Parce que "Client X, Segment Y, Relevé 2010-2011", en soi, ça appartient à plusieurs champs (ici, trois bien comme il faut). Or une société de services deale avec les diagonales : un dossier doit pouvoir se ranger de traviole, en s'enracinant dans plusieurs champs, plusieurs registres à chaque fois.
Alors on fait quoi ?
On fait simple. Et on repose à plat.
En trois niveaux de classements, qui sont des catégories logiques (des grandes — on prend de la hauteur). Et qui sont les questions que se posent les gens de l'entreprise :
Niveau 1 — Qui donc est-ce que cette information concerne : l'entreprise directement ? les parties-prenantes de son core business, qui fabriquent le service avec elle au quotidien ? une autre partie-prenante plus éloignée ? [3 possibilités.]
C'est la première question, le premier grand tiroir du cerveau-serveur. Ok ?
Niveau 2 — De quoi ça parle : du quotidien (activité, processus) ? ou de l'amélioration (qualité perçue, client final, innovation) ? [2 possibilités.]
Niveau 3, pour finir — Pourquoi, surtout à quoi sert la démarche : à se décider (document vif, tableau décisionnel, indicateurs de performance en live) ? ou à consulter quelque chose de statique (archive, trace) ? [2 possibilités.]
Voilà.
Il y a là les grandes questions : les grands tiroirs du serveur. Matrice à 3 x 2 x 2 rangements, soit 12.
Pour tout le reste, libre à chacun de sub-diviser.
L'expérience montre juste que ce qui se conçoit bien se range simplement. Le re-sortir, l'animer, l'utiliser devient facile.
__
[ Tableaux de bord, la théma | le grand monsieur dans le domaine : Alain Fernandez ]
[ < catégories Organisation & TQM | archivage du billet sur l'anti-organisation (passionnante) de Mark Forster ]
Voilà chose sûre : la qualité (et son management continu, le TQM), ça s'occupe de deux grand volets :
— l'efficience de l'entreprise (sa qualité réalisée, sa capacité à décider — en temps réel — de ce qui est utile à sa finalité : la pérennité financière ; plus la conformité en continu de son travail, en phase avec les attentes-clients, en phase avec ce qu'ils pensent et ce qu'ils disent ; en phase aussi avec les standards, l'excellence, l'état de l'art du secteur en matière de bonnes pratiques) ;
— la satisfaction qu'elle génère auprès de son client final, c'est-à-dire le nombre d'ambassadeurs de la marque, le nombre de promoteurs réels (cf. NPS — page 64 ; cf. aussi capital immatériel de l'entreprise — la force de la marque).
Qualité produite et qualité perçue (on connaît) : voilà qui est clair.
Dans le premier volet, il faut parler de tout l'intérêt que revêt le 5S des Japonais de Toyota.
Toyota (en plus de bien consulter ses clients) travaille de manière rationnelle.
Bon, le 5S, on peut en dire des caisses. (Deux mots : c'est fait pour alléger l'entreprise, pour bien ranger les bureaux, les ateliers, les serveurs informatiques et les cerveaux.) M'est bel et bien avis que l'acronyme Ordre, pour les francophones, a du sens.
Voici le mien :
— Optimiser en écartant l'inutile et le lourd (l'imbécile) ;
— Ranger l'utile par priorité d'utilisation (rendre la masse résiduelle intelligente, minime, simple, à portée de main) ;
[ < catégories Organisation & TQM | archivage automatique du billet sur la trahison, sur sa force, sur son impact ]
C'est quoi ? Uh ? Eh bien l'extrant c'est ce qui ressort d'une décision. Quand l'entreprise décide (ou réalise) quelque chose, des choses concrètes viennent à la suite. Ce résultat, les Anglo-Saxons l'appellent output et c'est quelque chose de tangible : un produit en général.
Parlons boulons : pour une usine, l'idée est simple. Si je fabrique (si je conçois) quelque chose, il me faut de la matière brute, qui rentre sur la chaîne de production, également des mécanismes (du travail, des outils, des humains, des méthodes — cf. 5M) et bien sûr des contraintes (cahier des charges, ce qu'il faut faire en vrai, compte tenu de la réalité, de ses limites et de ses promesses, c'est-à-dire des bons usages à obtenir en contexte réel). Ca ressemble à quelque chose de digestif : je mange et ça rentre, des choses se passent (ça travaille, selon des modèles biologiques, des standards, des fonctionnements optimaux) et j'ai de l'énergie à l'arrivée. (Et accessoirement de la kaki en hongrois.)
Dans les services ? Très proche. (Modèle digestif aussi.) Ce qui marche, c'est... la réflexion. La machine à faire : les cerveaux. L'activité est donc majoritairement... humaine.
L'organisation aide, dans ce contexte. Et fortement. C'est ce qui standardise les choses idiotes (et obligatoires à la fois). C'est ce qui libère des ressources (du temps, de l'envie humaine, de l'argent) pour faire ce que l'entreprise doit faire au final : satisfaire des gens. Se satisfaire elle, bien sûr (notion de pérennité). Encore et surtout, faire du bien à d'autres (donc verrouiller, fidéliser, faire plaisir, croître et faire croître).
Reprenons cette idée de réflexion. L'organisation est une activité qui rationalise les choses ; tant mieux.
Alors, qu'est-ce qui ressort ? Où est donc ici l'extrant ?
L'organisation engendre des choses, exactement comme une chaîne de montage. Ce que l'organisation engendre se décline en 5 choses :
1. Du temps (des plannings, c'est-à-dire une utilisation intelligente du temps ; le temps comme ressource, le temps comme outil) ;
2. De l'argent (des budgets, des attentes en matière de retombées, des objectifs chiffrés, un idéal en matière de rentrées — c'est cet idéal qui détermine ensuite le problème, le décalage possible entre ce qui se fixe au départ et ce qui se réalise en vrai) ;
3. Des actions humaines (des valeurs ajoutées tout le long : ce genre de visée, d'intention) ;
4. Des priorités : ce qui importe pour les finalités (pour ce qui compte) ;
5. Des documents : façons de faire (modes opératoires), fiches de non-conformités, fiches de cadrage des comités de pilotage (réunir ceux qui participent à l'activité de la boîte et donc que l'amélioration continue concerne), une amélioration aussi des éléments du wiki.
A quelque chose d'abstrait (le niveau de qualité des services) correspond un éventail d'extrants, bien concret.
[ < 7th part | Grief & Faith | automatic storage of worthy professional readings | 9e partie > ]
Vertigo. It's all about loss. Loss of everything that made you: identity, self-esteem, fatherhood, financial security, sex, collective and personal projects.
So: vertigo. (Grrr.)
Fig. 1 — NIN
And? Still this Kübler-Ross model. Everywhere. Just say Grief to anyone, you'll have this model in front of you.
Like steps:
Fig. 2 — From change manager Luc Galopin's resources
I don't believe in steps (childish and positivist s...). I believe in chaos. In complexity. In soul. In plasticity. In poetry. In red color. In fluid suns. In inner logics: The heart has its reasons of which reason knows nothing (Blaise Pascal). I do believe in group dynamics. (Sure.) But for individuals, this kind of model — to me — just turns into a ghost. An abstraction.
My personal grief has a spiral shape. Which is a no-shape stuff. A spiral jelly, a dynamic porridge, a cheese match, a misty fire. Or just different states, sometimes at the same time. Mixing. Or coming back, or going further. Or repeating themselves. Sometimes at a better level. Sometimes not. Just a daily shaking process.
Each time I feel a ray of light, or a deep darkness coming, everything collapses. And jumps from one step (from one feeling) to another, randomly (to a more comfortable zone I guess).
Confusion.
So? Nothing helps.
Because there are things that don't match together. First is time. Time, when you have a strong project (before the loss, before the grief), well time is a long term perspective. Providing structure and daily feedbacks.
But time is also a daily entity. When you're empty, it hurts. Because your gas engine just works... with air. With abstraction. With long term nothingness.
So?
Feeling alive is a good thing. With intelligent friends. Meeting girls (friends I said) is cool as well: it can help understand what kind of evil lurks in the heart of ladies. And then forgive it.
Time management is a mess when your russian mountains just suck off all your energy.
So, uh?
Grace.
And that's all.
Walking through sin, despair, doubts. With no promise. Nothing. Just a strong hand holding yours. Especially when you're a loser. When you cry every hour. When you even can't. Especially when you say: Ok Lord, I've loved this woman more than myself. And I don't want to get rid off what brought me happiness. So this is my treasure. My personal pride. My heart. My intimacy. I can give it to you. I'll never turn my back to it. Because her and I were the same soul. We shared the same blood. The same sexuality, the same dreams. So I keep it for me, in my best remembers. I just want to talk to you about this paradise. And allow you to come and sit down near it. And blow on it. With love, care and respect. This is my gift to you Lord. I've loved her more than you. You're too abstract. She was concrete and loving and warm and sexy. I give my soul sister to you. Because this story deserves it. My soul is in her heart. So this is my gift to you. I trust you. You can kick ass. You can go to a cross for me. Just blow up my spirit. Bless her. Bless me. Bless her boyfriend. Bless fucking life. Take my suffering. Sit down in my life, Jesus. Near my treasure. I wanna test yours. And coldly take this decision. Please just do it. Please.
Yep.
__
[ Useful and simple — Divorced guy Brian Dittmer's survival guide | sincere HelpGuide.org ]
[ < 6th part | this is all about Faith | automatic storage of my two years old reading list | 8the part > ]
Raw is the color of pepper skinless bodies
Of shouting hearts
Of yellow tears in wide basins
(Anonymous)
__
So what? Many things. Or just a couple, rather. Megyünk.
1. Grief. (Yeah.) That slaps the face. There is a bunch of f....n' books that talk about it. (F.... them.) I personally stay connected to Ed Underwood's. With highs and lows. With doubts. With (sometimes) rays of light. This guy has more than a heart.
And if I had courage, I'd also go back to Cloud and Townsend's one. (Asskickin' and tender.) Courage? Yep. Efficient book that reminds me the months-and-months when I took back my (sad) plane after time with the kiddies, in France, and... yes, with their gorgeous-and-yet-distant mother: S.
So... pain. Hopes that die like gyufák. Intense emotions. Intense... intents. Swampy, complex, humiliating and dark-and-golden ill context.
And it's all about her. (S.) And, for a decade now. Decade, that long? Sure. And... this morning again. (Rain.) Strange evening, yesterday. Strange morning now.
So, yesterday. By f....n' night. What happened? Long conversation with my friend I. (she and A. are warm and dedicated persons, that spent days and nights at my flat, when staying by my own was too heavy — Concrete help I call it). And? The personal feeling, yesterday, that something — in a mute mode —, was kind of blood-boiling in me.
Instincts.
Something that dealt with life, sex, death, decisions, spirituality. (Instincts.) Intuition. Forces. Mud. Unconscious. Crossroads, like an intimate melting pot. A potential. Energy. Like a mess. Like radioactive liquid granite. Like injured frogs. Like knives, chains, lymph, identity. Ok?
2. It just drove me to Jan Saudek. And Joel Peter Witkin. Spiritual and instinctive photographers.
(Humans.)
God loves sincerity, I'm sure.
He knows instincts as well, in their thickness.
These photographers, I used to consider them pillars in my instinctive world. Just before meeting lovely S. Just before being touched by her... feminity.
Just before love.
Love (hers) has gone. Bulls, photographers, darkness and pulsing forces drive me back to who I was, before her. When I thought I was myself. When, after my mother's death, I swore I would live through art.
[ < Thémas Argent & CRM | archivage automatique du billet qui précise ce qu'est, en publicité, une bonne campagne de teasing ]
Mouais. Je sors d'un entretien, là. (Entretien perso.) Commerçant : le genre d'homme qui travaille en vrai. Aux prises avec la pression, aux prises avec la banque. Aux prises aussi avec cette innovation ambiante, qui favorise les grandes boîtes, renouvelle les envies. Donc oxygène le marché. (Super.) Effet parallèle : l'innovation grèverait aussi les petites boîtes, qui se ringardisent aux yeux des clients.
Bon sens dans tout ça. (Je comprends.)
Et pourtant : réel ? uh ?
Regardons. Une boîte peut être honnête, avec un stock en bon état et des offres canon. L'innovation ? l'image ? Selon les secteurs. (Et seulement.)
L'image, en vrai, c'est encore et surtout... la valeur ajoutée. L'utilité intrinsèque : le service. Là, ça recommande (bouche à oreille). Là ça fait sens. Là le capital immatériel de la boîte (ses hommes, ses offres, comment tout ça se pense en continu — notion de procédés infalsifiables —, le carnet d'adresses à long terme, éventuellement le mode d'organisation et le système d'informations, qui standardise les choses moyen utiles), tout ça transparaît. L'innovation ? Mouais : dépend pour qui. L'utilité ? Gros intérêt.
Voilou.
Reste toujours cette histoire de tréso. Nerf de la guerre. Penser c'est bien. (Ok.) Faire face aux décalages de trésorerie, c'est tout aussi bien. C'est crucial. (Tous les travailleurs indépendants le disent.)
Deux mots là dessus : je suis dans le rouge quand ce qu'on me doit est plus fort que ce que je paye (et souvent dans l'urgence) à mes sous-traitants. Comment faire ?
Question de vitesse. Mes créanciers me réclament vite et fort : je paie souvent le jour-même, max dans la semaine (cas fréquent, qualité des relations oblige). Quid de mes clients ? Eux traînent. Donc c'est moi qui avance. Mon découvert, la banque me le fait payer... cher.
Mon conseil : société de recouvrement (en prendre une gentille, pour conserver une image normale ; une gentille tout autant que pragmatique — en mesure de graduer sa pression dans le temps, de manière tactique). Et négocier avec elle uniquement des success fees, une rémunération sur résultats. Un pourcentage honnête : bien en dessous de ces atroces 20 %, surtout s'il y a volume annuel (lancer un appel d'offres pour ça : y aller franco, se positionner en donneur d'ordres).
Et puis, second truc, le cash. C'est bien simple : rétrocéder 1 à 2 % aux clients porteurs de cash (évidemment solvables), c'est légal (cf. RRR). Et c'est utile. C'est la garantie d'avoir un flux liquide, vif, immédiat. Qui coiffe au poteau les délais des sous-traitants.
Qu'est-ce qui loupe ? hein ? Dans ma vie, ce qui loupe est évident : c'est ça. Parce que c'est de la foutue chair [1] : imagination, religions, rêves impossibles, mysticisme à trois francs, infantilisme à la gomme, paradoxes en cascade, délires divers, confusion, injonctions étouffantes du psychisme, particulièrement en période de deuil ou de surchauffe (foutue honte ; et foutus Tu dois).
Et la chair, c'est ça. La mienne à moi.
Il y a autre chose ? Un truc qui loupe encore ?
Mouais : d'après la Bible. Il y a la nature humaine, en tant que telle : y'a le sarx [2]. Et ça c'est universel.
Ce sarx ? Choix d'Adam (ce sol inerte qui, par l'amour et le modelage, vient à la vie) et d'Eve (vie, en hébreu). Tout le monde s'en souvient : les premiers humains choisissent de faire le business eux-mêmes (bienvenue au club). Et dans le libre arbitre, eh bien la grâce s'efface. Communication breakdown (cf. drame de Caïn et Abel). La vie disparaît. (Ouais.) Seule vient la conscience : la conscience du bien et du mal. Conscience plus que trouble (culpabilité, hyper-religiosité, absence criante d'empathie à l'égard du prochain — ce qui, d'ailleurs, se marie très bien avec l'obscurantisme).
Vrai bordel.
Voilà le coeur. Voilà le mien. Voilà où tout commence : nature humaine. Condition anthropologique. Constat de départ. Bon sens. Tutti quanti.
La vie, la vraie ? Nada. Juste un bordel.
Et alors, il faut en appeler à Dieu ? Oui et non. Le non, c'est quand on a la tentation (moi, c'est toutes les quatorze secondes) de regarder derrière le rideau :
Et ça, c'est super naze. (Un bordel.) Bordel qui prive de souffle, qui prive de liberté, qui prive de vie.
Mon ami David Ballantyne dit que s'imaginer pouvoir ployer la puissance, la vision, l'amour, la souveraineté bienveillante (et l'implication) de Dieu sous notre besoin de contrôler, de voir, de vérifier, en clair que tout ça mène à une (je le cite) certaine mort (revoir le cas emblématique de cet homme qui est fort par la chair). Cet esprit de maîtrise ? Une privation de vie pour le coeur, qui — lui — a besoin de sources vives, de clarté, de confiance et de grâce (communion réelle).
Ce que Dieu donne, je le confirme, change vraiment de ce qu'on Lui demande : j'en suis témoin.
Mais je préfère une vraie vie qui vient de Lui qu'une illusion. Qu'une douce et agréable conscience. Qu'un infantilisme. Qu'une bouche pleine de rapines. Que des mains dégueulasses avec une auréole au dessus du bulbe. Qu'un principe de désir plein de rêves bleus et de religiosités douçâtres. Qu'un bordel de pharisien. Que ce que tu veux...
Je suis incapable de supporter ce qu'Il me demande d'endurer. Mais je Le préfère à toute illusion : ce que j'aime, c'est son côté trash et paternel. Religieusement incorrect. Asskickin'. (Là ouais.)
Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. (Ca, ça pète.)
Alors je fais quoi ? Je suis sincère : Mon Dieu, ce que Tu me fais m'écoeure, c'est du niveau du premier ... [ censuré ] venu — Excuse-moi mais c'est Toi qui conseilles la sincérité.
Crois-le ou non, ça me soulage. (Parfois.)
Je sais, encore une fois, que Dieu vomit les tièdes.
Moi aussi : je maudis ma tiédeur.
Et moi aussi j'ignore tout de tout.
Je sais juste (quand la lucidité me fait le plaisir de demeurer dix minutes) que je veux Sa vie. Celle qui réchauffe comme un soleil. Ou donne la fraîcheur de la magnifique eau vive.
Le reste n'a qu'à se regarder les fesses. Et sans moi, les cocos. Sans moi.
(Moi je veux boire du frais.)
__
[1] & [2] Sarx en grec. Plus que le corps humain (ou une quelconque sensualité, ou encore les pulsions), cette chair est souvent celle... du coeur. Le coeur discerne mal où Dieu veut en venir. (Le coeur, c'est l'intériorité dans la Bible.) Plan de Dieu ? Impossible à saisir. Pourquoi ? Parce que le coeur a des attentes, une logique, une intelligence, des expériences et un vécu qui troublent tout. Le coeur est confus : La perfection n'est pas de ce monde, rappelle l'adage populaire.
Et qu'est-ce qui marche alors ? quand tout est fini ? Je parle ici de ce qui donne un sens à la famille. Son dynamisme et son amour : les buts qu'on se fixe. (Les projets.) La vie, quoi (tous les espoirs) — Donc ce qui la rend belle. Jouissive. Trépidante. Aimante. Sexy. Risquée. Complice. Profonde. Amusante.
Bien sûr, tous les donneurs de leçons — souvent bien intentionnés — te répliquent que tu restes un père quand ta femme te quitte. Ouais. C'est gentil. Ce que je dis : tu étais, tu restes et tu seras un père, de tout façon — Voilà où est la vérité.
Un père, ça reste. Même abattu, même triste et mort. Un père, c'est solide.
C'est juste que les gens oublient l'essentiel : ce qui donne la dynamique, c'est tout sauf les enfants. Les enfants, ils sont là : c'est un fait. Et pour tes enfants, tu peux te tuer.
C'est un fait aussi.
Est-ce pour autant que ce pour quoi tu peux te tuer constitue une dynamique, une envie, un but ?
Je dis non.
Ce qu'il faut, c'est l'amour (pour moi, c'est vide — et peut-être même que ça l'était avant ; je m'aimais surtout moi, on dirait). L'amour. Et la guérison.
Ce qu'il faut, c'est le pardon. Ce qu'il faut, c'est marcher. Même quand les jambes te font défaut. Même quand tu te demandes, tellement elles te font défaut, si des jambes, tu en as bien eu un jour.
Et puis c'est comme sourire : tu te demandes si sourire, tu as pu le faire un jour.
Ces saloperies de divorce, c'est ce qu'il y a de plus commun. Et dans ce qu'il y a de plus commun, c'est ce qui fait le plus de mal. Ton identité se détruit, ton coeur se sèche (ou se glace, c'est selon). Tu imagines ton ex (de manière très réaliste, parce que tu l'as aimée de toute ta fibre), eh bien tu la vois dans l'intimité avec son nouveau mec.
Tu cauchemardes. Tu dors mal. Tu engueules tout le monde à ton boulot.
Et tu pleures. C'est incroyable ce que tu peux pleurer.
Et tu supplies Dieu : tu écoutes tous les ragots mystiques, tu lis tous les bouquins, tu tentes sur ton coeur absent toutes les techniques spirituelles.
Et tout ça reste lettre morte ?
Pourquoi ?
Parce que ça n'existe pas.
Ce qui existe, c'est la souffrance. Même la foi est une erreur. Et un effort. Ce qui existe, c'est la grâce : c'est le don gratuit. La grâce, c'est ce que Dieu te donne (alors que tes yeux Le cherchent comme de l'eau dans un désert), eh bien ce qu'Il te donne, c'est ça : l'honnêteté de Lui dire tout ce que tu Lui reproches.
Et à quel point ton coeur est mort. Et à quel point tu te sens mal. Et à quel point tu ignores pourquoi Il permet ça. Lui qui peut tout...
Parmi toutes les idioties que j'ai lues ou tentées pour récupérer mon grand amour perdu (à qui j'ai tenu la main lors des accouchements, elle qui illuminait ma vie et éclairait mon corps et mon coeur), et puis pour diminuer cet enfer intérieur (qui rejaillit à l'extérieur), j'ai seulement trouvé deux choses.
La première, c'est ça, qui parle des vraies émotions. Et la deuxième, c'est ça.
(Je vous laisse découvrir.)
Le reste ? Du vide.
Je sais que cette grâce se laissera trouver. Je sais aussi que tout dépend de Celui qui la donne. Et que moi, là dedans, je vais juste affronter ma douleur. Et recevoir (peut-être).
Moi ? Je suis dans sa main. Comme dans une fournaise, qui me révèle la vanité de tout. Donc, sûrement, ce que Lui pense de tout ça. Donc, peut-être, ce qui fait sens dans cet enfer.
Et un jour... Je dis bien un jour... Mes yeux riront de nouveau.
(Peut-être.)
J'espère : quand je le peux...
La bonne nouvelle, c'est que Celui qui donne la grâce aime l'honnêteté.
Il l'aime plus que les idioties qu'on peut penser ou dire de Lui.
La tiédeur ? Il la vomit.
Il saura dire. Et Il est là.
__
[ Le divorce (ou la rupture au sens large), un triste phénomène de société, voir l'étude pour l'Europe (2006) de l'Institut national d'études démographiques (Ined) ]
Une start-up. C'est presque une entreprise. (Ouais.) Ce qui change, nous dit l'excellent Philippe Méda, ce sont les notions de temps, de partenariat, de profitabilité. Les visées en clair. Donc les actions qui en découlent. Donc les mentalités. Tout ça.
Quand ça frotte et que le changement pointe le bout de son nez, on fait comment avec le personnel ? Hein ? Les humains, c'est bien gentil, on les fait marcher vers quoi, on les anime avec quelle vision ? quelle organisation ? quelles pratiques ? quels actes ?
Tout le monde connaît le cas des start-ups qui s'écroulent. Rares sont celles qui se font racheter à coups de plus-values sexy. Rares sont celles qui — aussi — inscrivent leur métier dans le paysage durable des boîtes. En tant que PME. C'est de celles-là que je veux parler.
Et pour bien faire, j'en appelle au TQM. Le TQM, c'est quand l'entreprise décide de bien penser son utilité. Satisfaction-ci, satisfaction-là. Une entreprise, elle est surtout utile quand elle se demande à quoi elle sert. De là, deux finalités : 1. mon entreprise sert à payer des salaires, donc à survivre, donc à vivre, donc à chercher sa propre pérennité. En continu. (Ok.) C'est la rentabilité (plus de recettes que de dépenses, revoir Kenneth Blanchard) ; 2. mon entreprise sert à vendre un plus ou un mieux à des clients qui parfois savent ce qu'ils veulent (et comparent avec le marché), soit l'ignorent et se trouvent en flagrant délit de plaisir quand un commercial les rencontre et leur demande... où sont leurs envies.
Dans le premier cas, l'entreprise mène une stratégie. (C'est bien.) Dans le second, c'est très voisin, elle invente un marché. Tout ça, ça s'appelle gagner. Et gagner, ça se fait tôt dans le temps. Ca s'appelle... être utile : à soi, aux autres. Le plus tôt possible (j'insiste).
Il faut re-consulter Sam Walton pour voir que l'utilité, ça paye.
Don't be famous, be useful!
Fig. 1 — Doctrine de Cédric Giorgi, responsable-développement chez Seesmic
Très bien. Et le TQM, avec tout ça, en quoi il m'aide à transformer ma start-up fructueuse en gentille PME bon teint ?
Avec la roue de Deming, mes amis. Cette roue, il faut bien l'expliquer au personnel. Et, si on la décide, il faut la mettre en oeuvre très vite. Avec de bons résultats faciles, dès le début. Et le plaisir qui monte, qui monte, qui monte... Le plaisir d'être utiles. Là, tous ensemble.
Cette roue, je la transcris ici :
— [P]enser à ce qui peut être utile au client final, faire un cahier des charges succint (à quoi ça sert, à quoi ça ressemble, comment ça s'achète, en quoi c'est mieux que ce qui existe, en quoi ça crée une nouvelle accoutumance — forcément positive, etc.) ;
— [D]évelopper la solution (ou l'offre)-test qui va bien, auprès des bonnes personnes, avec des indicateurs et un timing intelligents ;
— [C]ontrôler le live : relever en continu les résultats, les remontées, les à-côtés, les choses annexes ;
— [A]dapter tout ça, en continu, bien réagir avec les actions correctives, capitaliser le savoir qui en résulte (en le stockant dans un wiki — voir plus bas), affiner la finalité quand elle est naze et recommencer à la [P]enser. Version plus ou mieux.
Mon savoir là dessus, c'est que la roue qui monte, ça plait à tous. (Et ça marche.) Ce qu'il faut simplement — c'est là la clé —, c'est une bonne cale. Vous savez ? C'est la notion de standard à l'anglo-saxonne :
Fig. 3 — La vraie bonne cale de roue, qui est pas là pour rigoler
Cette cale (cette démarche de capitalisation, de standardisation des bonnes pratiques), c'est ce qui permet au mouvement continu de la roue de se caler (au minimum), au maximum de continuer de gravir la montagne de l'inertie. Ou de la plainte. Ou de la peur.
De permettre d'avancer en vrai.
Cette cale, vous en faites ce que vous en voulez. Moi, l'expérience me montre qu'elle intègre : 1. la politique de management de la boîte (rendez-vous formels avec l'équipe, qui rassurent, qui clarifient, qui montrent), 2. la politique de formation continue des collègues (apprentissages en permanence, affûtage des compétences et de l'estime de soi), 3. le système de connaissances incrémentiel (le wiki interne), que l'équipe augmente, renseigne et améliore au quotidien.
[ < 21e partie | thémas Hongrie & Vie | archivage automatique du billet sur Yves Enrègle, la dynamique de groupe et la conciliation des profils contraires ]
Les milestones ça s'appelle. C'est-à-dire les bornes, qui marquent une fin. La fin d'un truc (en théorie fin heureuse, avec résultat). Fin, bien sûr, donc début d'autre chose. On le sait tous : avancer, dans la vie, c'est craquer sa vieille peau. Craquer son outre. Comme un lézard et sa mue, ici perpétuelle. Comme un croyant aussi : quelqu'un qui marche en vrai. (Espoir et foi : énergies ; cercles vertueux — Voilà.)
Ouais.
C'est bien ça. (Mh...)
Une milestone, ici en Hongrie. Et cette pierre, c'est moi qui la pose. D'abord je suis en léger burn-out car la start-up de santé où je travaille, qui fait le pont entre deux cultures, eh bien elle demande de l'énergie. (Tant mieux : travailler, c'est y aller fort.) Ensuite, je crois que c'est le moment : ça fait plus d'un an que je suis ici, à 2 000 km de l'Hexagone.
Au moment où je parle, je suis sur la place de la Liberté, à Budapest, à quelques encablures de chez moi. Où ça ? Ben, sous la (jolie) Tente de cristal, encore ici pour quelques semaines :
Fig. 1 — Rouh, que c'est long d'intégrer une image en HTML,
quand on a la forte habitude de poster sur Facebook :)
Anyway.
Beaucoup de choses émergent de mon expérience à Budapest.
Je vous dis ça comme ça :
— La barrière de la langue. Je recommande très fortement les cours de hongrois. Moi, maintenant, comme le temps me manque (cf. raisons du burn-out), je trouve difficile d'en prendre. Alors je les recommande avant de venir. Le magyar est une langue à part, un peu comme le basque en France : il faut la travailler. Comme ça, vous vous faites des amis... tout de suite. Il y a certes les multiples expatriés, tout aussi intéressants les uns que les autres. Pour autant, comprendre ce que les gens de la rue se disent et puis aussi demander un simple tàska (sac en plastique) dans un magasin, c'est intéressant, voire vite essentiel (cf. besoin anthropologique [1] de strokes) ;
— La barrière de la langue (twice). La Hongrie est le mauvais élève européen dans la pratique de l'anglais. Ici, tu veux parler anglais, tu tries tes contacts potentiels. L'idée ? Elargir l'assiette de gens à qui tu parles, donc Magyarul beszélsz [2] ;
— L'isolement en rapport avec la barrière de la langue (comique de répétition — Quoique) ;
— L'intérêt de se loger en colocation, pour animer les (très) longues soirées d'hiver puisque l'ensoleillement en Europe centrale passe en mode portion congrue environ six mois par an (comme le moral, comme les activités, comme la vitalité de la ville). Me reviennent les paroles d'un concitoyen très sérieux, qui aime la Hongrie ; son propos : ici, pour l'hiver, il te faut 5 ans pour prendre le pli (la sérotonine, pensez-en ce que vous en voulez, c'est une ressource à gérer quand on est Occidental, voire Méridional comme moi — Gros défi) ;
— Le smile management. Ça, c'est le choc. Les anciens pays socialistes se remettent à peine de cette éducation incroyable où sourire (tenez-vous bien) est un attribut petit-bourgeois, l'apanage des arrogants et décadents méchants de l'Ouest. Doctrine en béton. (Absolument.) La doctrine en question, si on regarde le passé ? Tout ce qui est privé (bonheur, intimité, sexualité, spiritualité), en clair tous ces trucs, à l'époque, ont mauvaise presse. De sorte que le bain culturel, de nos jours, contient toujours ces idioties de Reste sérieux, fige ton visage, injonction stupide, déroutante et contraignante ;
— La sexualité, tiens, parlons-en. Ici, les codes diffèrent du tout au tout. Les moeurs rappellent la movida espagnole : une explosion des carcans. Les filles ont des tenues légères, des regards insistants et — fort heureusement — une habitude de cette incroyable sécurité qui règne dans la rue (mâles occidentaux, prenez-en de la graine : ici, la fête est respectueuse, elle laisse la place au beau sexe, et renvoie dans les cordes ce sexisme dégueulasse — cf. burqa — qui parcourt l'inconscient collectif de nos grandes villes de l'Ouest) ;
— Budapest, pendant les six mois d'été, c'est la joie. Des festivals, des bistrots de plein air, une lumière abrasive : tout ici rend l'existence intense, profonde et marquante ;
— A contrario (six mois aussi), l'hiver est une plaie (on a compris) ;
— Budapest, également, c'est un gros chantier architectural, un patchwork déglingué que moi j'adore, si vif et si cinglé que c'en est jubilatoire, au fil des pas, ou du taxi (toujours bon marché si tu l'appelles avant en baragouinant distinctement quelques sons-clés de la langue de Shakespeare) ;
— Le travail, maintenant. Le capitalisme, ici, c'est... une catastrophe. Pourquoi ? Parce que l'entreprise (efficience et management), c'est un mystère absolu. Un point d'interrogation, terra incognita de l'espace. Le ROI ? Tu oublies tout de suite : la peur des crises et la dictature du Un forint, c'est un forint (monnaie locale), ça grève la projection, l'investissement, l'engagement dans le temps (la construction) propre à tout projet. Résultat : tu as des gens qui tirent la couverture à eux, qui font semblant (ou bien sont juste nuls en affaires), qui veulent te carotter, tirer de toi des choses. Et tout de suite. Quitte à saborder des partenariats pourtant profitables. Mon conseil : tu mets tout par écrit, dans un contrat bien carré. Le fairplay, c'est en option, crois-moi. Et si les gars en local te disent que tu es trop dur, trop unilatéral, trop "Français" (comprendre "exigeant"), tu leur réponds que tu es juste professionnel (et tu enchaînes en proposant de siroter une délicieuse kosher szilvapálinka ou un des réjouissants vins [3] que la Hongrie te propose) ;
— Le rapport au corps. On te tient à peine la porte, en t'affichant de surcroît un merveilleux poker face de derrière les fagots (moisis, les fagots). C'est bien ça : le collectif, longtemps sous la tutelle rythmée de cette cochonnerie de communisme, tout ça c'est du passé. Et, depuis, tout en prend pour son grade, y compris — par contamination — la dimension personnelle. Le corps, en clair. L'autonomie. L'autre [4]. La proxémie, c'est du grand n'importe-quoi. Tu trouves des gens qui bloquent les escalators avec leurs bagages, qui occupent tout un trottoir, qui tolèrent tout à fait l'agression sonore (90 db, mesure officielle de mon iPhone) des sirènes de la police, qui s'accommodent à merveille des corps grelottants des 20 000 SDF de la ville, etc.
Du grand n'importe-manteau (twice).
Qui t'envahit quand tu viens d'ailleurs.
Outre ça, burn-out ou pas, j'aime.
Je me sens mieux.
Mon équipe professionnelle, bi-culturelle, est un groupe d'anges.
Le racisme au quotidien ? L'immaturité citoyenne de ce pays, beaucoup trop vieux (faiseur de gueule, conservateur, nationaliste et chauvin), beaucoup trop jeune (seulement six élections libres) ? Tu en fais ton affaire.
Viens voir Budapest : tout est à y faire ;)
Mille choses à vivre ici.
Oublie un instant l'Europe de l'Ouest. Chatoyante, il est vrai. Et ramène-toi ici.
Budapest peut tout. Quand elle le souhaite.
Budapest ? Un sacré foutoir ;)
__
[1] L'anthropologie, de toute façon, moi je l'ai toujours vue comme l'étude des besoins, donc — par extension — du bonheur.
[2] Je mets tout le monde à l'aise : moi, je parle seulement une centaine de mots de magyar.
[3] C'est ici que j'ai bu les vins les meilleurs. Certains, entre 4 et 8 euros, rivalisent avec de très bons Bordeaux. Pour s'initier, je recommande le réjouissant Doblo wine bar.
[4] Voir le Visage, façon Lévinas. C'est-à-dire l'enchantement, l'étonnement, l'émulation, la chaleur (ou l'interrogation) d'être avec quelqu'un d'extérieur. De si naturel. De si vulnérable (notion du nudité). De si étrange, et de si proche. Cf. Empathie. Voir aussi le joli focus de Léon-Marc Levy ou ces quelques citations.
[ Trucs amusants : les boutiques. Petites épiceries de quartier, facilement ouvertes 24 h / 24. Les restos aussi, qui servent très tard. Et beaucoup sont corrects. ] Read More
Le groupe. Eh oui. Qu'est-ce qu'on peut en dire ? Le pire (un groupe génère des normes, des inerties, du rejet). Le meilleur aussi. (Et surtout.) En vrac : de la protection, du partage, du lien, de l'efficacité (travail, amélioration du quotidien), des racines.
Tout le monde peut le constater.
Et puis vivre le groupe, vivre le socius — quand il est chaleureux —, c'est une bénédiction.
Qu'est-ce que l'anthropologue et missionnaire brésilien Ronaldo Lidório peut dire de tout ça ?
Il dit avant tout que l'homme a besoin de repères. Et s'en fabrique. Avec un système de rites, ici cruels (sacrifices humains). Avec des croyances qui pèsent. Avec des tabous. Avec un système de régulation spirituelle qui découle de la terreur.
Il y a heureusement deux points que je vois avec lumière. Le premier, c'est que l'amour (qui est un risque), ça paye. Je vous laisse découvrir en quoi. Le second est plus social. Lidório aime le discernement, il est honnête. Quand quelque chose est une gangue ténébreuse, qui colle à la vie des gens, il le dit. Quand quelque chose est neutre ou bon, il le dit aussi. Là, ça touche à la marche du groupe.
Regardons.
Il existe, et c'est là que j'en viens, un mécanisme social chez les Konkomba qui attire l'attention. Quand un groupe hostile se présente (comme souvent dans les peuples traditionnels, où la notion de territoire — au sens large — peut tout à coup surgir), eh bien les Konkomba ont un truc à eux.
Un truc en deux temps.
Tout d'abord, ils ont — dans la peau — un contenu de formation. Tout homme est connaisseur. Capable, qu'il est, de se défendre : qu'il porte des armes ou non. Caste ? Guerriers spécialistes ? Certes non : des hommes. Et même les vieux participent puisque l'anthropologue explique qu'ils ravitaillent. Ils sont utiles (provisions, matériel). Tout le monde est... compétent.
Deuxièmement, ils ont un cri. Un cri de ralliement. Si le danger arrive (individu, groupe malveillant), toute personne a un cri, que le collègue le plus proche (et quelle que soit la distance) reproduit. Et ainsi de suite. Tout homme arrête son travail et se précipite vers le crieur le plus proche, et tutti quanti, jusqu'à la source : c'est un réseau qui afflue. Qui fonctionne à la vitesse du son... et des jambes. (Lidório précise combien les Konkomba courent vite.)
Résultat : des hommes accourent, convergent et forment très vite, sur place, un bloc en alerte. Un bloc fin prêt.
Effet massif. Effet dissuasif. Effet dynamique. Et intervention si le besoin se confirme.
Apologie de la guerre ? Surtout pas. Lidório aime la paix (et même plus que ça — lisez bien). Il dit juste que l'idée, dans son principe, est pragmatique. Et moi, je vous soumets ça. Un groupe compétent, qui court, qui fait masse critique est un groupe qui fonctionne.
Ajoutez-y maintenant : 1. la sagesse (les Konkomba chrétiens refusent la guerre), 2. la foi, qui construit, qui dépasse, qui creuse le sillon d'un fleuve existentiel.
Vous avez là une panacée, à l'échelon groupal. Avec, en plus, des racines individuelles fortes. Des choix de coeur.
Excellente année à chacune et à chacun d'entre vous.
God bless... __
[ Les Konkomba, une étude (ancienne) de Jean-Claude Froelich | la solidarité — un peu plus loin avec Serge Moscovici et son modèle des Minorités persuasives (voir le paramètre qui touche à la solidarité groupale) ]
« Les intolérants ? Bruyants, engagés [...]. Ils sont infatigables. »
Shimon Peres
__
Et toujours cette impression. Elle est là. Ok, c'est l'été : le soleil chauffe. Et la vie s'active : Budapest est belle. La vitalité pulse de partout. (D'accord.) Mais toujours ces gens. Vous les connaissez, l'Europe les connaît, l'Histoire les connaît.
J'ignore si c'est de gens qu'il faut parler ou bien d'autre chose. D'une puissance. Alors, court instant sur les gens, ok ? Regardez-les. Des groupes (quelques uns). Et toujours cette démonstration de puissance : ils ont des chemises brunes [1].
Les plus vieux, visage triste, avec des drapeaux. C'était il y a quelques jours, là. Qui convergeaient au centre ville. Avec des tenues militaires, des ventres gras, des rêves de chômeurs. Et les plus jeunes, aujourd'hui. Le N, le A, le Z et le I sur le torse. C'est vrai qu'il y a une minie Gay Pride quelque part par là : ça sent le coup de force.
Que fait la police ? Rendőrség amorphe ?
Je l'ignore. Ces choses me déconcertent. Comme me déconcerte une mouche sur une charogne. Ou sur une déjection. Il est des trucs qui dépassent. Ou donnent envie de partir. Ou de combattre. Ou de vomir. Ou de prier.
Ce qui me vient, c'est un référentiel plus haut, quelque chose qui m'apaise et me donne des percées. Des soulagements. Des explications. Du grain à moudre. Je repense à l'apôtre Paul, qui rappelle que le genre humain — sitôt qu'il se tourne où il faut — n'a pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.
Le fascime en est un.
Il est irrationnel, carnassier, manipulateur, larvé, violent.
Le chômage en masse de ces deux dernières années d'épreuves, ici, en Europe centrale, est une explication. L'autre explication : une adhésion numineuse [2] à un esprit méchant, à une envie d'en découdre. A une frustration [3].
Tout ça pour quoi ?
Tout ça pour parler d'un accouchement. Ce monde, ici, accouche de lui-même.
J'aime la Hongrie.
J'ai confiance.
Tout le monde préfère la vie à la mort.
La beauté à la laideur.
L'envie de se projeter.
__
Beauté, vraie vie — Ah, heureusement qu'il y a Vodku :)
[1] Revoir minorités persuasives et capacité d'une poignée à concrètement occuper le pavé, la scène et les esprits.
[3] Qui appelle toujours une demande de considération (via les strokes). Ou bien de la violence — cf. l'excellente analyse que dresse le policier Christophe Caupenne de la motivation des preneurs d'otages, en pleine recherche (sous stress) de bénéfices secondaires. Pour une réflexion sur la violence comme acte de fondation d'un groupe humain, il faut relire René Girard.
[ La patience, je trouve que c'est Nouwen qui en parle le mieux | racisme en Hongrie — Et encore, me dit Nico, tu verrais en Russie... ]
Discret, l'audit d'Etienne Lepoutre et Philippe Trouchaud (fin 2009). Et pourtant, passionnant (Europe, 270 entreprises). L'enquête est une étude PricewaterhouseCoopers, qui porte sur les champions du secteur marchand européen : de 200 millions à 3 milliards de chiffre d'affaires. Autant dire les référents. Les conclusions ? Riches. L'objet : ce que font ces entreprises pour être leaders. Ce qu'elles pratiquent. Il y a 4 enseignements, que relèvent les deux consultants en performance commerciale — Regardons ça.
Tout d'abord, l'optimisation du travail. Les entreprises leaders généralisent l'utilisation de systèmes d'informations (SI) qui rationalisent et simplifient la paperasse. Résultat : des managers commerciaux qui sortent le nez de l'administratif, pour faire à la place ce qui profite à l'entreprise. Soit manager des missions de vente, sur le terrain, à hauteur — et c'est une performance — de 65 % de leur temps.
1er enseignement : augmenter le temps-terrain des commerciaux.
Ensuite, il y a cette question de l'acquisition de nouvelles affaires. La prospection fait rage, et elle coûte cher. Autre élément : elle prend du temps. Le taux de transformation, au final, peut décevoir. L'idée simple : se doter des outils qui ramènent et trient les informations touchant aux potentiels dormants, dans les portefeuilles qui existent. En clair, pouvoir interroger la base de connaissances-clients, pour en déduire où sont les actions prioritaires à mener. Voilà qui vaut de l'or. 80 % des entreprises les mieux placées, analysent Lepoutre et Trouchaud, savent déterminer lesquels de leurs clients génèrent des marges confortables et développent, en outre, des demandes latentes — forcément solvables — pour d'autres produits du catalogue (ventes transversales). Il suffit de les cibler et de leur faire correspondre le canal de mise à profit (téléphone, face-à-face, Internet) qui leur permette d'acheter au mieux.
2e enseignement : mettre le paquet sur cette clientèle qui (solvable et accessible à moindre coût) génère déjà de la marge, en même temps qu'elle présente encore des besoins [1].
Parlons à présent d'organisation. L'entreprise « performe », estiment les consultants, si son management intègre les attentes du client à tous les échelons. L'entreprise devient une machine efficace, qui oriente (donc optimise) chacun de ses gestes en fonction de la finalité : toucher, satisfaire, encaisser ce qui émane de celui qui a le pouvoir de tout [2]. Intégrer ses remarques, organiser en conséquence. Bâtir une relation avec lui, initier des partenariats avec le client, notamment d'échange de données business — Voilà qui donne un sens et une valeur à la relation d'affaires.
Etienne Lepoutre, interview Actionco.fr
3e enseignement : proposer au client de s'interfacer avec l'entreprise, en bâtissant [3] des relations d'échanges et d'intérêts réciproques.
Dernier point, la rémunération des vendeurs. Les entreprises intelligentes la conditionnent à des résultats concrets. Dans les entreprises leaders, relèvent Lepoutre et Trouchaud, 75% des commerciaux estiment que les rémunérations et récompenses sont en rapport avec leurs contributions réelles. L'idée : ajouter au tableau de bord existant (nombre de clients et CA du portefeuille) une bonne dose de qualitatif (marge par client), soit un bonus pour la rentabilité du portefeuille.
4e enseignement : récompenser les individus sitôt qu'ils génèrent de la marge commerciale.
Conclusion : associez le client à la vie de l'entreprise, aidez vos commerciaux à passer le plus clair de leur temps dehors, fournissez-leur les supports (techniques, humains) pour analyser les atouts de leurs portefeuilles, récompensez-les quand ils en font des centres de profit.
Il y a là une clé. Qui passe par un bon système d'informations, certes. Qui passe encore et surtout par des méthodes simples et un encadrement pragmatique.
__
[1] Revoir matrice BCG, avec les clients stars : bourrés de potentiel et déjà rentables. Dans l'exemple présent, la sagesse dicte certes de noter (scorer) les clients selon leur place dans la matrice : 1. chiffre d'affaires actuel, 2. chiffre d'affaires potentiel (sur mêmes produits, sur produits connexes). Et aussi selon : 3. leur solvabilité, 4. la faiblesse des coûts commerciaux qu'ils engendrent (forces de vente, animation, etc.). Si prospection il y a, elle se fait elle aussi d'après cette grille.
[3] C'est l'interaction et le jeu clair d'une relation gagnant-gagnant.
[ Et hop, un moyen mnémotechnique — façon outil atomique — pour caractériser cette approche vertueuse : LIS-AME (la fleur des rois de France, la fine pointe de l'intériorité humaine), LIbérer le commercial, Scorer la clientèle pour prioriser les actions et aussi exploiter les bassins dormants, Associer le client à la démarche de succès continu, MargEr au sein des portefeuilles et récompenser en conséquence | thème connexe - Qu'est-ce qu'un progiciel de gestion intégrée (PGI) ? un progiciel de GRC avec un volet SFA ? ]
Comment manger ses concurrents ? Il y a une théma là-dessus.
Je vous renvoie, en outre, à la notion d'imagination, de projection du client dans un Et... si. Dans la lignée des meilleurs PNL-istes, Kofi Yamgnane fait ça très bien. Celui qui place l'esprit d'autrui dans une solution déjà là (fût-ce dans un futur potentiel), eh bien il prépare son interlocuteur à du mieux, à du mouvement, à du Mon esprit, du coup, travaille là-dessus : je m'y vois déjà.
En clair, j'y suis. C'est la capacité projective.
C'est puissant.
L'on dit que certains prisonniers de guerre (je songe à David Wilkerson) tiennent dans le temps, survivent et vivent, améliorent même leur condition sitôt qu'ils sont dans ce type de futur tout-de-suite-au-présent, de rêve éveillé, de solution tangible, d'espoir concret, de déjà-là. C'est de la foi, cette force morale qui déplace les montagnes. C'est du même acabit. Le cerveau, puissant autothérapeute, génère déjà son remède : premièrement il se soigne pour le passé, pourrait dire Georges Romey. Il panse ses traumatismes et compense les neurones blessés, en créant des circuits plus sereins. Mieux que tout, deuxièmement, il provoque et rend prêt : il conditionne au bonheur, à la saisie quand ça vient (cf. attitude). Le futur (*) advient.
Alors quoi ?
Croisons tout ça et parlons d'appels d'offres (on en revient à la concurrence).
Comment gagner ? Si je me sers de la puissance projective de mon donneur d'ordres, et que je sais que mille concurrents lorgnent sur le même marché, eh bien j'ai quelque chose à faire. Je m'arrange pour interagir, dans le cadre de la Loi, avec le client. Une communication fait l'affaire, histoire de caractériser le cahier des charges (spécifications). Puis je demande dans la foulée : Si vous me dites oui c'est parce que ma proposition de solution est plus "quoi" que la concurrence ? et moins "quoi" que la concurrence ?
Questions simples. Capacités projectives au maximum (solution déjà là). Marqueurs logiques forts ("plus", "moins"). Perspectives, ouvertures, cinéma intérieur : tout y est.
Et surtout, je dis bien surtout, vous résolvez l'histoire du Ch'ais pas trop : beaucoup d'offres, l'une dépasse d'une tête, trop de parasitages, trop d'offres et trop de confusion pour répondre ; c'est un fouillis, ça tranche, un truc ressort et c'est comme ça.
Là, on vous répond : quelque chose se passe en vrai.
Mon père. C'est maintenant à lui que je songe. Et pourquoi ? Je suis assis, là, je rembobine et me revois marchant tout à l'heure en train de penser à lui. Et à ce que j'aime chez lui. Un rapport avec le leadership ? Oui et non. Une grappe de choses [1] survient au sujet de mon père. Ce sont ses qualités qui me viennent facilement. (Pour le leadership, on voit après.)
Ses qualités. (Oui.) Je hiérarchise tout ça, je fais des blocs. Et me dis : Qu'est-ce que j'aime le plus chez mon père ? C'est évident, ce sont ses qualités morales. Le primat ? Je le mets, j'admets, sur des choses qui touchent au caractère, à l'attitude, à l'éthique des gens (placement de soi dans le monde [2] et comportement). Et mon père, il a ça : il est fidèle, dévoué, confiant. Il est intelligent et il est là. Il connaît sa place : il sait ce qu'il a à faire. Il y a là un lien avec la sagesse et avec la connaissance de soi : pourquoi je suis là. Pourquoi je persévère aussi. En quoi j'ai confiance [3].
Ensuite ? Ensuite il y a les qualités émotionnelles. C'est-à-dire l'empathie, la finesse, la compréhension de l'autre, la capacité à rire avec autrui quand il rit ou à pleurer quand il souffre. Ma mère, par exemple, avait ça.
Je termine. Les qualités intellectuelles. C'est savoir bien y voir. C'est savoir cerner : savoir ce qui relève du détail (verticalité) ou - au contraire - du régime général, du système, de la grande mécanique, du vaste tissu des choses (horizontalité). Savoir switcher de l'un à l'autre [4] : détails ou bien globalité mobile (articulations).
Un, la morale. Voilà mon palmarès. Deux, la gentillesse [5]. Trois, le discernement intellectuel : la bonne focale, la juste appréciation des interconnexions, des répercussions, des lois de cause à effet. J'ajoute, si possible dans le temps (cf. scénarisations, comme en stratégie).
Est-ce que je vais loin en disant qu'un bon leader (fût-il - regardez - économique, émotionnel ou organisationnel), eh bien qu'un bon leader il a tout ça ? et dans cet ordre là ?
__
[1] La grappe, c'est - à mes yeux - l'une des jolies trouvailles de la psychologie des profondeurs d'expression francophone. Vous savez ? Gilbert Durand ou Georges Romey. La grappe est, pour l'esprit humain, le mot qui désigne les bouquets de neurones qui s'agrègent autour d'une idée.
[2] Il y a toute une théma sur l'éthique... des affaires - look.
[4] Façon Blaise Pascal (esprits de finesse et de géométrie), Edgar Morin, Joël de Rosnay ou encore Edward De Bono. Mettre à profit les choses sur le cerveau.
[5] Me revient une expression du dessinateur Paul Renaud - Finesse (considération, diplomatie, prévenance) : capacité à ménager les susceptibilités.
[ Au sujet de la morale du leader, je vous mets le lien de Voiture-réalité (conversation) | photo, le travail sublime de Jon Madison | rouh, que c'est compliqué de taper avec un MacBook - Un avis là dessus ? ]
[ < 18e partie | thémas Leadership, Hongrie & Foi | archivage automatique du billet sur les Démotivasinges en stratégie et en management | 20e partie > ]
Le soleil revient
J'en vois deux. En ce moment, travail oblige, deux billets d'Absara.com me parlent. Je retourne à leurs idées, qui me sont utiles. Il y a GTE, avatar prêt à manger de Getting things done, et puis aussi les Démotivasinges. GTE, c'est ma cuisine mentale : c'est le restaurant imaginaire où je priorise... mes idées. Mes actions aussi (quand mon contexte le permet). Et Démotivasinges, c'est Dispersion, Faux-bond, Montée en charge et Sécheresse. En clair les périodes, les points de vigilance (stratégique et humaine) que j'anticipe pour les start-ups.
Alors quoi ?
Alors beaucoup. Beaucoup de choses sur le plan professionnel, forcément. Je travaille à présent au cœur de l'Europe, ce que l'auteure d'Histoire de Budapest appelle (pour réactivation) la Mitteleuropa. C'est pour moi un centre de vie. Un lieu qui pulse. Un pulsar balkano-danubien. Un volcan frais. Un... Waw! (cf. théma). Et là, tiens c'est marrant, un opérateur immobilier, spécialisé dans la négociation et le ré-aménagement d'immeubles professionnels, en clair S. (un Français), me montre à l'instant (ah, il s'en va) un truc propre à Budapest. Un plan. Plan de ré-aménagement d'un ensemble classé. Une rencontre entre la tradition féconde (bâtiment traditionnel) et la modernité... qui l'est tout autant. Féconde, ouverte et riche.
J'aime la France (évidemment). J'aime sa langue et sa culture. J'aime aussi le projet européen français, cette extraversion génétique. Tout ça je l'aime. Et en même temps j'aime le côté juvénile et ancien de Budapest. Vous savez ? Qui fait des remous. L'Europe des trente prochaines années, je la situe ici. Pourquoi ? Pourquoi pas.
Bien.
Qu'est-ce qui m'amène dans ce billet ? Deux choses encore. L'International church of Budapest (ICB - minisite direct et intelligent, bravo à Onestudio). Oui. L'ICB et son culte, là, ce matin. J'y vais, moyen convaincu, moyen ouvert. C'est loin de tout, à Óbuda. Et j'en tire de la paix, de ce culte. L'église a un positionnement particulier : fidéliser les résidents et, en même temps, accueillir les Budapestois de passage. Comme moi. En version anglophone. Et alors ? Après des semaines de doutes, de tristesse et de stress, je comprends une chose. C'est la vie spirituelle (quand elle est bonne) qui mène tout. S'ensuit la confiance. Donc la réussite, celle à long terme. Celle qui consiste à vivre en vrai, façon Jean10:10.
J'ai pleuré un bon tiers du culte, tiens.
(Soulagement.)
Je finis avec le leadership, histoire de boucler sur quelque chose de pro. (Avant ça, j'ajoute que la vraie Budapest m'est revenue : merci aux nombreux euro-, franco-, anthropophiles d'ici, je ferme la parenthèse). Alors, ok : leadership. Dites-moi comment c'est pour vous. Moi, les auteurs sur le leadership, j'en trouve rarement de bons [1]. Alors je me console, et je me récapitule soit les points saillants des modèles qui me semblent efficients. Soit je plonge le sujet dans mon quotidien. Dans ce que je ressens du travail.
Trois catégories me viennent.
Trois catégories de profils (ou de ressentis) du leader. Et peut-être trois architectures de jeux :
| leader économique, c'est celui qui vous envoie des signaux du type : C'est moi qui te paie ou te mets à la porte [2] ;
| leader technique : C'est moi qui t'aide ou t'alourdis les journées ;
| leader socio-émotionnel (psychologique) : C'est moi qui te motive ou te stresse dans ton confort, ton parcours, ton estime de toi.
[ < 13e partie | thémas Hongrie, Racisme & Pardon | archivage automatique du billet sur métamorphoses, ferments d'évolution façon Max Sandor et changements de phase ]
Rendez-moi Budapest
Mille font quatre. Phrase fétiche, ici à Budapest. La mienne, je veux dire : souvent (tout le temps) je me la répète. C'est mon convertisseur mental de monnaie. L'idée : 1000 forints font 4 euros, de là tout est clair. Je peux acheter des choses.
Je reste à Budapest un mois, travail oblige. Un mois ? Première tranche de multiples séjours. Au delà de ce premier du genre (longue période), eh bien ceux-ci vont durer quinze jours. Quinze jours ici, quinze jours en France, auprès de ma douce progéniture. Comme un balancier. Un mouvement permanent - comme je les aime (et j'espère que ça va durer) - entre deux pays, deux richesses, deux angles et deux battements, deux pôles de vie.
Une danse. (Danse dialogique.) Elle claudique ? Nan : fait marcher. Ça m'ébroue, ça anime. J'aime ces polarités. Ces animations plus-moins. Animus-Anima. Différences de potentiel électrique : stimulation continue.
Ouais.
Les pays...
Trucs à vivre. (Réalités.)
Parlons pays, mh. Et je veux re-saisir cette histoire de mille font quatre. 1000 font 4, ça évoque une valeur. Un poids. Un truc bancal et penché : 1000 d'un côté... pèsent 4 de l'autre. 4, c'est peu. Ça fait très peu. Je hais les comparaisons, qui m'évoquent l'odeur rance des vestiaires masculins.
Et les comparaisons, là, les géométries à l'emporte-pièce, je les ressens. Je veux parler du racisme.
Il y a un regard, chez certains : Tu es Français, tu vaux 4. Alors que nous, regarde, on vaut 1000. La France ? Objet de haine des nationalistes hongrois. (Nombreux.) Ici, le glamour ou la joie de vivre à la française génèrent des fantasmes noirs. Des poussées irrationnelles. Attention ! les Français veulent conquérir. (Brrr.) Ils sont arrogants. Napoléoniens. Colons. Egoïstes. Menteurs. Calculateurs. Irrascibles. Un peu comme... des ogres.
Les Hongrois frustrés (minoritaires) détestent l'Europe, se méfient des espaces, renvoient tout au territoire, à la mesure, au cordeau millimétré, à la terre et à cette idée moisie, lancinante, de grande Hongrie. J'ajoute qu'ils haïssent les juifs, les Gitans, les homos.
Ils souffrent.
Tout le monde les comprend. (Mouais, si on veut.)
C'est juste que leurs histoires de vieux empires (Autriche-Hongrie d'avant la Première Guerre), à l'heure de l'Europe, c'est à contre-courant. Leur extrême droite ? Elle fait vomir. Antisémitisme ? Une horreur : amalgame entre sphère économique, lobbies (réels ou supposés) et pouvoir d'achat. Une abomination. Francophobie ? Un monstre, rescapé de l'histoire. Haine de Georges Clémenceau ? que dire ? (Ch'ais pas.) Haine du présent, de l'Europe, de la vie, du futur ? Hélas oui.
Faut-il que la France (et les autres vainqueurs de 1918) demandent pardon ? Bien sûr. Nicolas Sarkozy, d'origine hongroise, peut faire ça. Bien sûr et en même temps, moi, ça me passe au dessus.
Pire : les amalgames, d'emblée, ça me scie les jambes. J'ai juste envie de rejeter tout ça. Et fort.
Ou de m'intéresser aux vraies personnes. Les vrais Hongrois. Ceux des poètes nationaux, de l'architecture, de la musique, des bars, de l’entreprise, de la palinka, de la rue, du pavé, du cosmopolitisme, de la beauté, de la discussion. Ceux de l'Europe. Ceux de la Hongrie : de la vraie.
Ceux pour qui 4 font 4. Et 1000, 1000. Ceux pour qui 2010, c’est 2010.
Ouais.
On est en 2010.
J'espère que cette neige va fondre. Il me tarde de revoir le soleil vif (et les vraies personnes) de Budapest.
Sortir de la comparaison, c'est s'engager en personne,
c'est donner aux qualités latentes la possibilité de s'exprimer enfin
Moïse ? Un de mes personnages préférés. Tout en doutes, au début : regardez, lorsque l'appel sur sa vie se fait majeur [ ndlr - épisode du buisson ardent ]. L'embarras de Moïse est manifeste. Parce qu'il a affaire au « connu » de sa vie, ce grand personnage... décline l'invitation. On dirait qu'il dit : « C'est pour quelqu'un d'autre que moi. » En l'occurrence son frère Aaron, d'après lui plus compétent [ plus extraverti, plus loquace ].
Face à l'appel, regrette Denis Morissette, la réaction de Moïse consiste à se mesurer au talent d'Aaron [...] Dans ce cas comme ailleurs, il y a une tendance humaine, éminemment malsaine : se comparer. [ Se voir par défaut. ] Il y a quelque sept milliards d'individus dans le monde, rappelle le spécialiste en relation d'aide, et vous trouverez tout le temps meilleur que vous. Ce qui importe, c'est de réussir personnellement : utiliser vos talents propres. Ce qui compte, estime le psychothérapeute, c'est de s'investir. Réaliser d'une part ce que vous avez, vous, d'autre part ce que vous possédez en germe. Avoir affaire au « connu » de sa vie force à se comparer, à voir les défauts, à trouver meilleur. Et donc à refuser l'offre [...]
À l'inverse, conclut Morissette, l'engagement fort [ courageux ] révèle les potentiels latents.
Denis Morissette, pasteur canadien, conférencier, spécialiste de la relation d'aide [2]
[ Que t'importe... - Jésus, Jean21:22 | s'inspirer mutuellement, ok - se comparer (pression stridente, à base de rivalités, d'inquiétudes et de creux), c'est mortifère à long terme | revoir René Girard et la jalousie - cf. défaillances, complexes et honte de soi (cf. Regard) | Et vous, qu'en dites-vous ? mmh ? | Burning Bush, earsaregood @ Flickr.com ]
C'est quoi ? Tout le monde en parle et ça mérite un coup de projecteur : la qualité c'est la démarche quotidienne qui permet aux personnes d'une boîte d'orienter les activités de ladite boîte vers le plus d'avantages (valeur ajoutée à chaque fois [1]). C'est le fameux Ça ramène quoi de plus ou de mieux, de manière rationnelle et en vrai ? Tout ça en continu [2], comme une machine biologique : un organisme vivant qui s'augmente (s'améliore) en permanence, au contact des gens. Et leur délivre du mieux, un mieux souple et progressif.
Oui.
Actes procurateurs de valeur ajoutée, sinon on chiffonne et on jette : on conserve uniquement ce qui amène un plus. Activités intéressantes, productrices de plus d'argent, de plus de commodité (service rendu), de plus de disponibilité (le temps), de plus de sécurité (clarté, repérage de soi, de l'entreprise, des enjeux), de plus d'implication, de plus de plaisir pour tous. La valeur ajoutée, eh bien c'est ça. C'est la satisfaction :
Alors ? Ouvrir en permanence une oreille permet de comprendre ce que les gens recherchent [3].
Et comment on y parvient ? 1. En écoutant toutes les personnes en prise avec le projet d'entreprise : clients finaux (qui paient, qui restent ou s'en vont à la concurrence), clients internes (salariés), fournisseurs, financiers, partenaires commerciaux, sous-traitants, journalistes et animateurs de communautés, institutions [4]. Il faut donc un système de boîte aux lettres (intranet, blog modéré, programme CRM ou ERP, simples Post-it en vrac, sondages, entretiens informels à la machine à café, etc.) : système qui permet les feedbacks en continu, les points de vue, les impressions. Les voilà ce qui me botte, les voilà ce que je kiffe moyen - et pourquoi.
De là, dans son retroplanning, 2. le manager, au fil de l'eau, prend l'initiative d'implémenter (d'attribuer à Untel ou tel autre) les actions à faire. Actions génératrices de valeur, de satisfaction. Ces actions sont soit correctives (elles améliorent quelque chose, que quelqu'un nous signale ou qu'on constate), soit préventives (elles anticipent une perte de fiabilité ou de valeur, que quelqu'un envisage à l'avance [5]). Dans tous les cas, ces actions se rattachent à un budget, à une satisfaction qu'on vise [6] - par exemple un meilleur chiffre d'affaires, également à une ligne de temps (durée, date-butoir), à une personne qui fait, à une personne qui contrôle que c'est bien fait, à une personne à qui on passe le relai quand c'est terminé et qui, par exemple, transforme l'essai ou transfère la chose pour la faire évoluer ailleurs.
Voilà.
On a bien deux choses : 1. repérer tout ce qui ramène de la satisfaction (à quelle hauteur, et pour qui), ôter tout le reste (émonder, simplifier, libérer du temps), écouter pour ça toutes les parties-prenantes, 2. placer dans un retroplanning les actions qui améliorent en continu la satisfaction des clients (internes, externes), vérifier que la démarche (par ex. : groupes-experts, ateliers) tourne en permanence. Vérifier que les budgets collent. Vérifier que les indices de satisfaction virent au vert [7].
J'ajoute un élément : encourager. C'est-à-dire féliciter façon Manager-minute tout ce qui avance. Et, comme le dit Thierry Gougeon, mesurer et afficher les résultats. Tout ce qui s'affiche, renchérit-il, s'améliore : c'est humain [8].
Comme une logique.
J'en termine. Les qualiticiens, habituellement, vous serinent avec la qualité désirée (demandée, par exemple via cahier des charges), la qualité effectivement produite (réalisée, sortie d'usine), la qualité ensuite livrée (packagée, mixée, mise à disposition avec le mode de délivrance et de consommation qui va bien), la qualité - enfin - que les clients perçoivent, à réception de l'action ou du produit.
Ces quatre qualités ont une importance... différente. La décisive, c'est celle qui délivre une satisfaction à l'arrivée. C'est subjectif et c'est comme ça. Je provoque un peu en disant qu'importe si votre produit est objectivement le meilleur. L'important, c'est que vos clients le ressentent comme tel. Dans leur quotidien. Au moment où ils le mettent à profit.
Et en la matière, les rapides et les pragmatiques font plus d'étincelles que les tâcherons perfectionnistes.
[ < 6e partie | archivage automatique du billet sur frères Linn, Jean Vannier, idoles et bénéfices secondaires | ici, théma Argent ]
...je vous le dis, même Salomon dans toute sa splendeur n'était pas vêtu comme l'un d'eux - Matthieu 6:28
Ça va, ça vient. Gonflé, le Nico. C'est ma première réaction, là, au téléphone. L'argent ? Un flux. Un fait. Quelque chose qui - juste - rentre et sort. Mouais. Le premier truc qui me vient, en quittant Nico, c'est le trait d'humour de mon père : L'argent, moi spontanément, j'en ai modérément besoin. C'est mon banquier qui, lui, m'en réclame. Alors, même acabit ? Nico-paroles : un trait d'esprit aussi ? Que nenni. Je réfléchis à tout ça, ou plutôt écoute ce que ça m'évoque et - dès le début - ça fait impact. Un truc, là dedans, me parle.
Un flux.
Ouais.
Un fait.
Aussi.
Quand il (me) manque, l'argent, il faut juste que je voie ça. Que je considère les choses en vrai. Que je travaille en conséquence. Pour gagner. Et quand il est là, le flouze, l'idée c'est d'en faire quelque chose. Comme un outil. Comme un fait. Une donnée : un truc. Truc qui fluctue. J'ai souvent vu des gens aisés risquer le coup, comprendre cette donnée : ils gagnent, ils perdent, c'est normal. Je veux dire qu'eux, quand ils perdent, il leur reste quelque chose. En clair, leurs fluctuations sont fortes. Ok. C'est juste leur solde, le là-où-ça-se-joue (comme une fourchette), qui reste en positif.
Effectivement.
L'a bien raison le Nico. Qui parle en vrai. Qui me connaît (fort bien). Il a mon mode d'emploi, Nico. Et moi le sien aussi. C'est ça l'amitié : connaissance et courage. Savoir comprendre et parler à l'autre. Et aussi lui dire ce qu'on pense.
C'est peut-être ça le respect.
L'amitié.
Ouais.
L'argent ? Ça va, ça vient. Simplement. Pas plus, pas moins. Un fait.
Mille choses (eh oui) : une foule de choses à vous dire. Alors, l'entame - Par quoi je commence ? Denis Morissette, ok. Ensuite, je vous parle de la qualité, chose différente.
1. Morissette, pasteur canadien francophone, est conférencier. Dans la voiture, quand les défis personnels m'assaillent (ou me stimulent), eh bien j'écoute deux de ses travaux touchant à la foi. Riches, profonds. Pragmatiques, etc. L'un porte sur Moïse, l'homme timide, l'homme trouble, l'homme qui marche. L'autre concerne la femme qui souffre d'un écoulement sanguin continu : femme hémoroïsse.
C'est intéressant : la foi de cette femme - pour Morissette - diffère de la simple demande ou de l'angélisme ou du mysticisme passif ou de l'infantilisme. C'est même l'opposé de tout ça. C'est une force en action.
Dans une conférence toulousaine sur Marc 5:25-34 (2008), le Canadien articule cette foi forte autour de sept pivots. Les quatre premiers sont internes, ils relèvent de la prise de conscience. Trois derniers ? Des actions, qui extravertissent. Des risques donc.
Regardons ça. La femme conduit son cœur selon sept étapes :
1. Entrevoir la solution (ici, Jésus, qui guérit : il y a un espoir, une amorce de Et si...), 2. taire l'abattement qui brouille, entrave, étouffe et décider sur cet appui de penser en vrai, en termes de percées, de solutions concrètes, 3. savoir clairement ce que l'intimité veut (la guérison, le salut, le mieux précis - notion de désir adulte, qui s'assume, se donne le droit, vise), 4. élaborer une tactique, planifier une mise en oeuvre (Si je fais ça...), 5. se frayer un chemin (quelles que soient les réactions sociales) en direction du mieux, 6. passer à l'action, s'approprier la guérison (ici, toucher le vêtement de Jésus), 7. persévérer, assumer son pragmatisme, sa conviction, son envie, sa confiance. Dans le temps, au fil des obstacles. Ou des encouragements. En clair des émotions, des retours, du vécu.
Oui.
Pour Morissette, la foi diffère des constats de départ (diagnostics rationnels, tristes et porteurs de doutes), elle diffère aussi du fil fluctuant des émotions, des cahots de l'âme.
Elle est à part. Elle provoque.
Marcher ? Courir ? Risquer ? S'approprier ? Avec peur peut-être (ou réalisme), avec courage à coup sûr : c'est l'engagement. Pas à pas. C'est la conquête : Ta foi t'a sauvée. Mieux que guérie : sauvée.
La foi marche à l'envers du monde : c'est croire puis voir ensuite. C'est prendre un risque : celui d'avancer, de confier, d'aller bien.
Comment gagner-gagner -
Synthèse des Rapoport-s de force
Re-parlons des cons. Ils le sont particulièrement ceux qui oublient autrui, le voient d'après leurs yeux, évacuent le fait qu'autrui soit différent : vivant. À part. Normal. Et là, sachant que la réponse est oui, est-ce que la théorie des jeux nous aide à y voir clair ?
(Pause.)
Allons-y, messieurs-dames.
La théorie des jeux, entre autres choses, emprunte à l'économie, à la biologie, à la psychologie (cf. théma psycho). La théorie des jeux, entre autres choses, se penche sur Mmh, je fais quoi ? sachant que je joue, comme bien souvent, une partie de poker avec quelqu'un. Cartes cachées. Avec ou sans flop. Alors, rapports de force ? Oui. Et recherche égoïste (court-termiste) - ou alors commune - d'un état stable voire gagnant. Gagnant-perdant, perdant-gagnant, perdant-perdant. Ou mieux : gagnant-gagnant. (Beaucoup mieux.)
Gagnant-gagnant, mécaniquement (au fil des parties, donc de la vie), découle de son petit frère : donnant-donnant (tit for tat). Qui est un programme. Historiquement, une émanation du biologiste et mathématicien d'origine russe Anatol Rapoport. Et dans la vie de tous les jours, un comportement-type, pour les intelligences artificielles, pour les colonies d'animaux, pour les humains, pour ce qu'on veut (vie en général).
Donnant-donnant, nous relate le grand Robert Axelrod, c'est quand un opérateur (un groupe ou bien vous) entame une partie (négociation, travail, discussion d'un contrat). Avec une idée simple à la clé :
1. Je commence en mode ok-ok (cf. Positions de vie). Si je joue en premier, je commence à tendre la main à l'autre (ex. : l'écouter, jouer le jeu, demeurer favorable),
2. Je persiste avec un bon esprit, s'il me re-tend la main le coup d'après, je fais pareil (donnant-donnant), et ainsi de suite,
3. S'il me tend un couteau, je lui en tends un aussi (donnant-donnant bis),
4. Dès qu'il se calme et re-tend la main, j'évacue volontairement son côté agressif et coopère à nouveau (gros challenge).
Look :
Fig . 1 - L'excellent boulot du cybernéticien Philippe Mathieu,
instigateur du projet Prison au Laboratoire d'informatique fondamentale de Lille
Ce qui peut faire dire que mon patron est un con s'il me tend au départ un couteau (1.), s'il me tend des couteaux aléatoires (2.), si je choisis de mieux faire et qu'il me tend à nouveau un couteau (4.).
Court-termiste. Un brin parano. Fierté mal placée ? raisonnements tordus ? rancune ?
Le couteau systématique, ou capricieux, c'est l'outil du con. Le couteau qui discerne (il sépare et trie), c'est l'outil du sage.
Regardons bien.
Si mon patron a du discernement, ce qui est le propre du bon manager, il me tend le couteau si et seulement si j'en tends un. Tous les autres moments, son ok-ok m'enseigne et me fait du bien. Il me renforce. Mieux : il me sécurise.
C'est le soupçon de l'autre qui m'insécurise donc me donne envie de montrer les dents. Au contraire, s'il sait (c'est tout un art) me saisir en flagrant délit de bonnes choses (voir Kenneth Blanchard), le patron me fait du bien. Me surprend. Me donne envie de grimper en compétences. De mieux faire. D'avancer.
C'est humain.
Reprenons donnant-donnant. Axelrod en tire des leçons. Pour lui, s'il est efficace, c'est que donnant-donnant :
1. Met sa foi dans l'autre et dans le jeu (c'est précieux la foi, c'est d'ailleurs du courage car ça annonce des claques possibles - je serre les fesses et me focalise sur les visées de long terme),
2. Observe et laisse l'autre jouer, délivre de la bienveillance donc bâtit sa réputation et sa légitimité (J'en ai le droit) en cas de riposte,
3. Discerne et rend les coups, donc corrige les cuistres et les outrecuidants (parce que les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les r'connaît), il les sort progressivement du jeu,
4. Se rend volontairement lisible, simple dit Axelrod, et persuasif. Compréhensible donc facile à suivre, à agréger parmi ses amis. Son mode d'emploi est clair. Sa relation ? Saine, rassurante. Sévère (capable de recadrages immédiats) et conciliante en cas de besoin (intervention du pardon).
Courageux ? Sage ? Exemplaire et capable de dépasser ?
Mmh.
L'a bien la pêche, ce donnant-donnant.
__
[ Anatol Rapoport, biographie | le bouquin d'Axelrod figure dans le carrousel de livres de la colonne de droite de ce blog | théorie des jeux, applications | animals | laboratoire LIFL - Regarder, dans le temps, l'efficacité de donnant-donnant (simulation) | grâce à Didier Müller, en savoir plus sur le comportement de 36 stratégies : Gentille, Méchante, Donnant-donnant, Méfiante, Rancunière, Easy-go, Per-ct, Per-tc, Per-cct, Per-ttc, Majo-mou, Majo-dur, Pas-mieux-mou, Pas-mieux-dur, Pas-5-mieux-mou, Pas-5-mieux-dur, Sondeur, Tft-dur, Tf2t-dur, Tf2t, Graduelle, Graduelle-tueuse, T-puis-per-ct, C-puis-per-cct, Per-ccctct, Per-cccct, Sondeur2, Sondeur3, Sondeur4, Sondeur-dur, Doubleur, Rancunier-mou, Pavlov, Tft-lent, Trois-tits-pour-un-tat et Lunatique - Et apprendre en jouant en ligne ] Read More
[ < 12e partie | thémas Vie & Hongrie | archivage automatique du billet sur les émotions, qui servent à se décider | 14e partie > ]
Oh no there she goes out in the sunshine
The sun is mine -
Soundgarden
Celui-là, ce billet, c'est ma promesse à moi. Et je tiens bon : bouffre de sujet de blog, tu en as mis du temps à venir. (Je te connais.) Ton trajet : la tête, le coeur et les mains, c'est long. Or, un jour quelqu'un a dit (un pasteur je crois) : Le plus long trajet, chez l'homme, c'est celui qui mène de la tête au coeur.
Mmh, super vrai.
Bien loin de la contre-culture (fût-elle managériale ou ce qu'on voudra), c'est de kulcs-culture que les mots qui viennent souhaitent parler.
Ils sussurent.
Les kulcs, ce sont les clés en hongrois. (Koultch.) Prétexte à parler de Hongrie, bien sûr. Prétexte, encore et surtout, à parler de la vie, vous savez ? Ce truc qui nous habite dès le sein de la mère et nous quitte, voyons voir... jamais. La vie est, la vie reste. (Ça vient du ventre et de la peau.) Quand François Mitterrand disait s'extasier devant la fleur qui parvient à pousser dans l'espace d'une fissure de pierre, moi ce qui me parle, ce sont les fleurs qui poussent. Ou pas. Il y a celles qui sortent et se comportent et interagissent. Il y a aussi celles du dedans : les potentielles. Et elles existent. Un praticien avisé comme Georges Romey les voit comme des pierres précieuses naturelles (par exemple dans une grotte). Elles existent, dans l'âme. Et fortement.
Des fleurs, des cristaux, des kulcs : nous y sommes.
Et cap Budapest. (Je vous ouvre la marche.) Une ville, c'est un être vivant. Elle a ses choses à elles, ses évidences, sa culture, ses mouvements (ses mystères). Et puis ses clés. Budapest, j'y suis retourné ce mois ci. (Mille choses, dont de la formation, des décisions stratégiques, Spectre - en vrai - et une table de poker semi-clandestine avec trous de cigarette dans le tapis : peut-être que je vous dirai.) Budapest ? J'y retourne encore en fin de mois. C'est une ville qui respire.
Les kulcs, en plus du Danube, eh bien je crois que c'est la vie. La vie de Budapest. Et puis celle des gens comme moi, qui veulent carresser la ville, rentrer dedans, se coller à sa peau folle et tranquille.
(Chaleur.)
Pour faire ça, il faut des kulcs. Budapest garde ses portes fermées. Beaucoup de ceux que je connais s'y enferment à double tour : appartements, locaux professionnels (vols, y compris quand l'occupant est là). Beaucoup de serrures physiques sont difficiles à ouvrir : tours de mains particuliers, patience, jeux de réflexion, tests de logique. (Vraiment : essayez d'ouvrir à la française, gros challenge.) Compliquées, les kulcs.
Alors croyez-le si vous voulez, pour un taurillon sanguin comme moi, c'est un travail. Travailler la serrure, avec les passants qui se croisent à côté, c'est un sport. Un sport qui vous travaille le coeur. Asseyez-vous dix secondes et laissez ces foutues kulcs vous parler. Il y a là quelque chose de sourd. Et ces foutues kulcs vont vous parler des vôtres : celles du coeur. Mon bon Lionel, qu'elles m'ont dit. (Façon hongroise, avec feutre et patine.) Mon bon Lionel, c'est à tes kulcs, c'est à toi de faire le travail. Alors nous nous ouvrons... seulement si nous voulons. Dure est Budapest. Belle aussi. (Compliquée.)
Alors, allez-y à la coule : acceptez cette leçon en laiton et laissez le coeur vous conduire les mains. La porte (discrète elle aussi) s'ouvre dans une odeur de poussière. Ou de scintillements d'eau (c'est comme on veut).
(Étoiles et terre noire.)
Bizarre, vous pensez ? Moi je dis que c'est la ville qui a commencé.
Pour ça, je l'aime. (Elle est folle.) C'est simple, calme et bizarre. Budapest est plus belle encore que sa féminité. Elle arrive à être plus humaine, et plus intime, que ce qu'on voudra. C'est un mystère. (Kulcs.) Le taurillon, qui voyait rouge, voit le reflet des étoiles. Qui, on le sait, habitent le fleuve.
Particulièrement le soir, quand le Danube est noir profond.
Noir comme la couleur qui cherche. Noir comme la couleur par excellence. Noir et terreau (nocturne). Comme le reflet de ce qui pousse en dedans.
Noir, écarlate, or. (Ouais.) Comme la lune ? Comme les kulcs en tout cas.
__
[ Skiz 'Spectre' Fernando, the biography | portrait masculin (c) Andre Kertesz ]
[ < 2e partie | thémas Foi, Peur, Stress intense & Motivation | archivage automatique du billet sur les indicateurs stratégiques | 4e partie > ]
Combattre à poil
- Ou comment je fais, dans la vie, quand c'est dead, mauribond, hors de portée
Comme un général. Un général avant la bataille, en reconnaissance du terrain : de la réalité. En vrai.
C'est ça.
1. Peut-être vous en souvenez-vous : pour dérouiller, moi, j'ai besoin de voir l'ennemi dans les yeux. Là. (L'ennemi : les lieux, le terrain, le contexte.) Je prépare la campagne. Et la vis.
Quitte, et c'est la clé, à vivre un parcours du combattant. Une mort. Une horreur.
Quitte à pleurer, quitte à me liquéfier.
Mais j'aime le voir, le toucher, le goûter, le digérer. Ce terrain, vous savez ? Cette montagne folle et démesurée. Cette impossibilité. Alors je la mesure, alors je la vis. Je la subis : me la mange dans la poire. (Et jusqu'au bout.) La montagne ? Je la laisse m'engloutir. (Elle est lourde.) Et l'enjeu me recouvre, me morcelle, me tue et me dit en vrai : Tu as bien raison, c'est impossible. (Ça sussure.) Alors je meurs - C'est douloureux, de mourir. Je meurs à mes illusions de toute-puissance. À mon manque de réalisme. À mon infantilisme. À ma candeur.
Qui s'éboulent.
J'aime (non, je déteste : c'est plutôt un besoin), en clair je passe par une mort pour conquérir. Sabre au clair. (Quand c'est désespéré, comme ça se produit parfois.)
Ce qui me fait peur, je le regarde. Je le touche. C'est comme un loup. Loup féroce, ultime, fantasmatique, qui met en pièces, ravage le ventre. Dans ce qu'il a de factuel ou de fantasmatique, justement, je laisse l'échec travailler en moi. Travailler librement. C'est éprouvant (éprouvant oui et non, je suis également spectateur du vécu ; je peux en sortir, m'y replonger, j'en suis libre). Et comme ça, ça se fait : le pire passe. Le pire se passe. Et il le fait avant. Il le fait en moi. Une fois pour toutes. En avant-première.
Ce pire, il avance sur le chemin, dans le terrain : j'ai l'impression de plonger dans la matière, ce matériau de l'action. Ce pire, il dit la vérité. La vérité, c'est que j'ai peur. Peur de mourir. Voir (ressentir) que j'ai peur d'échouer (de mourir), ça me fait vivre la douleur. Une fois vécue, la morsure folle est là. Pourquoi la redouter ? M'a déjà tué. Déjà digéré. (Ok, je la re-digère en retour.)
Garce d'épreuve.
Ça me fait entrevoir non pas le pire (si : échouer, c'est le pire), mais le possible, la limite, le fracas, la panique. Ce que tout en moi occulte et fuit. La réalité. Mieux : la vérité (le vécu intime, brut). La vérité de la mort. Vérité du chaos (boule au ventre) :
Fig. 1 - Un bon guerrier, il est déjà mort,
alors il est disponible à la vie, ici au combat [ Gladiator, Ridley Scott (2000) ]
En connaissant - par l'esprit [1] - ce que je risque en vrai, eh bien comme ça c'est fait : ça me communique le pire. Connaisseur de ça, j'enchaîne. Je renais. Je fighte. Je découpe. Je larde. (Terminé.) Action. Action forte. Confiance (confiance prudente : trempée de discernement). Courage, plutôt. Mmh, action (oui). Comme une force qui sort. Et qui connaît.
C'est ça.
Un mort n'a plus peur de mourir. Un mort s'en fout. Un mort peut tout. (Tout est accompli, déjà fait.) La résurrection, et son puissant cortège de floraisons (conscientes, inconscientes) parcourt et envahit le terrain : je deviens bon. Je suis bon. Je bondis. Je me surpasse.
Je vis.
Je parle évidemment là des grosses épreuves. Les rares.
Ces trois derniers jours, je les mets là-dedans. Catégorie plus-plus. Et deux livres m'ont tenu. Deux livres et un chant.
2. Les livres :
Le premier, c'est - toutes versions confondues - le recueil (et même l'écrit) le plus traduit au monde [2] et c'est de Josué, son sixième livre, que je compte ici parler.
Le second ? Une référence en matière de leadership. C'est un bouquin que Charles me fait passer, un don probable de la main du regretté Tremendous. Charles fait ça pour m'encourager. Lisez en particulier, je vous le conseille (en anglais simple et limpide) : How can a plane have an attitude? (p. 14).
Un régal.
Passons à Josué. Plusieurs passages enseignent la notion de combat spirituel [3]. Et il y en a un qui particulièrement me parle, il s'agit de celui de la colline (si !) aux Prépuces. Il parle (chap. 5) d'épées : Fabrique-toi des épées de silex, dit alors Yhwh à Josué, et retourne circoncire une deuxième fois les fils d'Israël. S'étant fabriqué des épées de silex, Josué circoncit les fils d'Israël sur la colinne aux Prépuces (traduction Bayard - autres versions, en ligne).
Plusieurs choses sortent de là. J'en vois une (et vous me direz) : un guerrier doit peut-être se laisser consacrer (ici, sens de la circoncision - voir en corrélat Galates 6:15 et Colossiens 2:11), il doit encore et surtout permettre à Dieu de l'éprouver par l'épée. Fût-elle une réplique, en silex, ou une préfiguration de celle qu'il doit utiliser. Il doit donc mourir (et ici dans sa virilité) pour pouvoir vivre au combat. Subir le tranchant (avec la peur qui va avec) pour ensuite le manier : être ensuite efficace. Immunisé.
En fait, c'est perdre pour gagner. C'est d'abord avoir peur pour ensuite :
| gagner en réalisme (en préparation) ;
| gagner en liberté (en disponibilité, en courage au combat).
Fig. 2 - To live is to die [ Metallica - And Justice for all, 1988 ]
Allez, j'en termine. Voilà le chant qui, depuis dimanche, me porte :
[2] Cette Bible Bayard est belle. Et bien écrite (simple). Pour autant, beaucoup d'autres traductions ont de la valeur. Il faut simplement faire attention : les versions catholiques comportent des apocryphes que même saint Jérôme (v. 340 - 420) déconseille. Ce sont des ajouts tardifs, forts différents (donc bien en dessous) de l'originalité, de l'essence et du souffle bibliques.
[3] Ceux qui, ici comme ailleurs, voient là un encouragement au combat physique sont des bouffres. De pauvres gens. Des violents (relire d'ailleurs le grand Girard). Des personnes ignorant tout de la Bible. Ils vivent dans le trouble. Ou pire, ils lisent (donc interprètent) avec des fantasmes de violence, des penchants malsains que tout à leurs yeux (je dis bien tout), justifie quand même. Lire, pour se recentrer : Luc 10:21 et 1 Jean 4:8. (Des classiques.)
Faible. (Évidemment.) Il est faible en communication (en mise en commun), celui qui frappe au lieu de parler [1] : celui qui agresse. Et il est faible en boxe aussi. En boxe !? (Bien sûr.) En boxe, est fragile celui qui abandonne sa garde pour frapper. Il devient vulnérable. C'est simple : si je vous donne un coup, c'est automatique. J'ouvre ma garde, pour libérer mes bras. Et donc c'est obligé, j'ouvre mon thorax et ma tête... à vos coups. Si donc vous êtes rapide : 1. vous esquivez mon coup, 2. vous en profitez, dans la fraction de seconde, pour m'assener un punch ravageur pile dans la zone que j'ouvre. C'est redoutable et surprenant. Ça marche aux réflexes ; c'est ce qu'on appelle un contre (counter) :
Fig. 1 - Counter-punch
Et alors ? Eh bien je quitte à l'instant une émission sur Arte, qui parle des réflexes (forcément décisifs) dans le sport de haut niveau. On raisonne là, tenez-vous bien, en dessous du 20e de seconde. Quand deux adversaires rivalisent de technique, c'est soit l'endurance, soit ici la fulgurance qui l'emporte (vitesse de diagnostic, vitesse d'exécution, vitesse de correction et d'ajustement). Témoin, ce génie de la boxe (20 combats, 18 victoires) qu'est Eagle 'Akakura' Kyowa. Une équipe japonaise de scientifiques se penche sur son cas. Eagle, de son vrai nom Den Junlaphan, ancien champion WBC des Minimumweights (poids-pailles), est un alien de la vitesse. Ou du réflexe. Comprenez que ce Japonais d'origine thaïlandaise peut descendre en dessous du traitement normal (biologique) de l'information. Il agit plus rapidement qu'un humain normal, qui passe par le cerveau. Son secret ? Eagle passe (inconsciemment) par le cervelet [2]. Incroyable. Incroyable et, semble-t-il, inédit :
Fig. 2 - Documentaire scientifique
du Japonais Tetsuji Miyagawa
Waow.
Croyez-le si vous voulez, et j'en termine, c'est en se douchant qu'Eagle vous fait du mal. Non qu'il vous jette du shampooing dans les yeux. C'est juste que ses yeux à lui, sous la douche, il les travaille (Fig. 2 - 8'43'') : il s'exerce.
Une étude de ses combats, à la caméra de haute précision, montre certes qu'il enchaîne des contres comme un virtuose [3], mais surtout qu'il garde en permanence les yeux ouverts. C’est normalement impossible puisque, par réflexe de protection, les yeux humains se ferment quand un coup semble venir. (Faites-en l’expérience.) C’est bien par la volonté et la tenacité qu’Eagle tient ce regard de tour de contrôle, qui fait la différence : sous la douche il se force, sous la pluie du pommeau, à garder les yeux ouverts.
C’est ce qu’on appelle un secret d’excellence : simple et redoutable.
Eagle est un cogneur intelligent. Et les yeux, eh bé [4] il vous poche les vôtres.
Fig. 3 - Eagle fly freeeee (désolé)
__
[1] Aah, la communication. Le psychiatre et psychanalyste français Boris Cyrulnik (je crois que c’est lui) rappelle que si un adulte dit à un petit garçon : Attention ! un loup rôde derrière la fenêtre, le marmot s'exclame qu'il va chercher un fusil pour le tuer. Quand vient le tour de la petite fille, elle dit : Un loup ? ah bon. Alors je sors et je vais discuter avec lui. [ Pause ] Tenez, au fait, une théma sur le loup.
[2] Le cervelet, c'est la banque du système nerveux. Qui emmagasine les informations et déclenche certains réflexes. On parle ici d'actions explosives et adaptées : Bam ! le cervelet coiffe au poteau... le cerveau.
[3] Eagle confie qu'il lui suffit, pendant le 1er round, d'assimiler en direct le mouvement des pieds (et le rythme) de son adversaire - annonciateur des coups - pour ensuite déployer (et pendant tout le match) les réflexes de contres inconsciemment. En pilotage automatique.
[4] Interjection méridionale. (Eh oui, pôvre.)
[ Le sous-titre, en gras, complète élegamment le titre de ce billet : ensemble, ils composent le nom d’un chanteur nord-américain | question bon goût, je vous préviens, j'aurais pu mettre en sous-titre Être contre, tout contre, façon Sacha Guitry (un humoriste que les Baby-boomers, ch'ais pas pourquoi, citent tout le temps) | We measured Eagle's reaction speed during a fight and found that he also reacts to incoming punches in less than 0.2 seconds (Reacting: brain and body miracle) | le contre, c'est - souvenez-vous - ce qui fait gagner le Manouche, ce boxeur clandestin que Brad Pitt incarne dans le fameux Snatch de Guy Ritchie (2000) – Attention, extrait à voir seulement (et pour le bien-être de l'histoire) si vous connaissez le film (dans ce cas, curseur plein pot sur 0' 48'') | en aimant aussi on s'expose, on ouvre les bras (revoir ça) ]
[ < thémas Vie & Optimums | archivage automatique du billet sur cette notion culturelle de territoire et sur Edward Twitchell Hall ]
Moments sublimes
Deux : j'en vois deux. Deux principaux. Et des quoi ? Des catégories de moments. Moments bons : vous savez ? Où vous ressentez du bonheur (vous êtes heureux), cette complicité, ce beau lien vibrant, de vous aux autres, de vous au monde, de vous à vous. Bref... Tout alors est bon. Et l'intellect reste en dehors de tout ça. Là. C'est plus fort (c'est mieux) que l'interprétation. Ça englobe un moment (ou un état). Et juste ça se vit : en vrai, en simple.
En fort.
Deux, donc. Il y a les strokes et puis les optimums. Les deux sont des sensations, des vécus [1]. Des conforts personnels. Ou des griseries.
Les intellectualiser, dans un billet, les fait partir : comme des papillons. Pour autant, c'est bien de partager aussi.
L'un me revient. Ou plutôt, il est là : mieux qu'un souvenir.
On y va ?
Ça se situe la semaine dernière. Je consulte Twitter et la page d'un gazouilleur, Jit Uppal, affiche une citation qui me fait forte impression. Je vous la donne (les caractères en gras sont de mon fait) : Vous pouvez, dans la vie, obtenir ce que vous voulez si simplement vous aidez les autres à obtenir ce qu'ils désirent. Je trouve ce principe d'une grande sagesse. Tout est vrai, là dedans. Il y a là pour moi une clé. Ça me parle.
Et la citation ? Elle provient d'un grand bonhomme : l'entrepreneur, motivateur et conférencier Zig Ziglar, ami du regretté Tremendous. Il fait partie des gens que le grand (et successful) Ken Blanchard prend pour modèle en affaires. En affaires [2] et en style de vie (tous ces gens là sont protestants).
Un grand.
Puis passe le temps. Je me rends à Gaillac, pour vivre quelque chose d'important. J'emporte avec moi, notamment, l'indispensable The One Minute Entrepreneur. Auteur : Ken Blanchard. Éditeur (avec dédicace à la main [3]) : le Tremedous. Et citations multiples de Zig Ziglar. Je dors sur place. C'est la veille de mon combat. Dormir sur place ? Comme un général qui tâte le terrain, ici instinctivement. En repérant les lieux [4], dormir sur place permet de faire les rêves qui inspirent. Une chambre d'hôte, somptueuse. Et puis mes livres, qui portent conseil. Ce One Minute, tellement facile à lire, a des effets appaisants. Comme une voix.
Je m'endors.
Et me réveille, là, dans la nuit, dans ces draps doux. Avec le Tarn qui bruisse fraîchement en contre-bas. Et c'est, vous savez ? comme quand vous vous réveillez avec votre aimé(e). (Vous êtes un peu drogué(e) :) Le monde est bon. Plein, doux, serein. Je ressens de la confiance (façon Psaume 37).
Et un mot-clé me vient, comme une clé-de-voûte, ou un résumé personnel : « Zig Ziglar ».
Je me sens bien. Je me rendors.
Je vais tellement bien que le lendemain, je réussis mon pari (pourtant éprouvant).
J'ai appris une chose : les moments Z existent.
__
[1] Relire Antonio Damasio (L'Erreur de Descartes). Il y explique le lien organique entre pensées et ressentis (émotions, sentiments). Pour lui, penser et ressentir sont des expériences (nerveuses) d'un même tenant, des vécus de même rang. Qui plus est nécessaires l'un à l'autre.
[2] Le style de vie, l'ethos, c'est ce qu'étudie l'éthique ou art de modéliser la façon dont le comportement se profile sous la pression. Pression des besoins intrinsèques, pression de soi (tensions intrapsychiques), pression des autres (cf. regard).
[3] J'ai de la chance.
[4] La PNL conseille ça. Investir un contexte, un lieu, en vrai. Avec le corps : en y allant au calme, avant le fracas. De là, s'ancrent les sensations positives (vous êtes encore au calme, voire en maîtrise, voire en liberté complète, mieux : en créativité) face à un défi qui va venir plus tard, dans le stress. L'expérience montre que votre calme a imprégné les lieux : mieux, que le lieu s'est déjà encarté dans votre esprit, sous de bons auspices. Avec des ressentis intéressants. Le revivre plus tard panache les choses. Les PNListes (et avant eux les ericksoniens) estiment que le cerveau, dans la mélange bon-mauvais, privilégie le positif. Un même contexte, déjà vécu en bon, prend une tournure qui sent bon votre essence, votre imprégnation. Vous le connaissez et l'avez déjà caressé dans le sens du poil. Façon Daniel.
[ À l'instar du Tremendous ou de Ziglar, mon grand-père aussi était un orateur d'exception | L'Entrepreneur Minute, désormais disponible en français | à propos du livre de Daniel, Wikipedia parfois m'affole ; j'aime ce grand work in progress, mais me sentir obligé de corriger l'article et de préciser que la lecture qu'en ont les Témoins de Jéhovah les regardent eux et eux seuls (et valent seulement pour eux - puisque beaucoup d'autres tendances en ont des visions différentes), eh bien ça m'affole - Help, les modérateurs, help ! ]
[ < thémas Musique et Toulouse | archivage automatique du billet sur la pédagogie, sur l'engagement personnel, sur la clinique et sur le mal : il évoque le grand Janusz Korczak médecin du ghetto de Varsovie, Rudolf Steiner, Maria Montessori, Célestin Freinet et l'apprentissage vicariant ]
Allez, venez Miller
C'est quoi l'été ? mhh ? soleil ? congès ? Ça dépend. Dépend des gens, de leur budget. Dépend du moral, dépend des engagements professionnels : tout ça.
Alors contexte : nous sommes hier, 19 h 30. Et un coup de fil de l'Olive : Ramène ta fraise, y'a Marcus Miller qui joue... au Bar basque. (Habituellement, bar à rugby de Toulouse.) Ton sérieux. J'en déduis que c'est vrai, j'enfourche mon vélo, pédale comme un cinglé, l'attache et vois l'Olive. Jardin fermé, qui jouxte le bar. Il y a des tables, etc. L'Olive me tend un bracelet bleu, que je mets.
Concert. Et c'est vrai : l'un des plus grands bassistes de l'époque est là. Tuerie totale. Il est à quelques mètres, chapeau pork pie, visage hors du temps (jeune, même s'il a joué avec Miles Davis - vidéo). Et puis plein air, murs ouverts en brique, cour citadine aérée pleine de cachet (façon Budapest), basse repiquée en façade et Roger Biwandu, batteur en accoustique. C'est juste exceptionnel, hallucinant, précis, groove et touchant :
Fig. 1 - 9 minutes de bonheur,
grâce à jonasgato
Beau.
Tout le monde applaudit à tout rompre.
Puis je rentre, plein d'étoiles.
Et me voilà...
On est mercredi.
Ouais.
Vendredi, ma famille part en vacances.
Et je reste là. À rêver d'une mer [*] qui viendrait ouvrir ma ville. D'un jazz qui viendrait la saisir. D'un bain d'étoiles, de vitesse et de lumières. De rondeur (ch'ais pas pourquoi).
À rêver d'Europe et du monde. À rêver d'aéroports et d'art. De vie, d'aventure et d'espaces. De langues, de projets, de choses dures à faire.
De XXIe siècle.
À rêver quoi. (Comme tout le monde.)
Bon sang, il joue bien Marcus.
Pour moi, c'est le meilleur bassiste du monde.
__
[*] Pour Laurent, la mer est un concept (une mentalité). Qui certes, quand elle est vraie, ouvre les pays : Espagne, Italie. Mais fontionne aussi... pour le Guatemala. (Ouais.)
[ vidéo : à 4'11, c'est bien l'Olive qu'on entend exulter comme un hippopotame | Marcus Miller (MM) à l'Espace du Bar basque, une date Fender (marque de guitares, d'amplis et de basses, qui propose un modèle MM) et Midi Music, célèbre magasin du Midi toulousain - l'annonce | showcase gratuit et de haut vol, ou comment renforcer la sympathie à l'égard d'une marque | MM joue le 2 août à Marciac, voir la publication de l'événement sur Facebook | son MySpace | contribución de un fan : La Vitrola | du streaming sur Goear.com | MM, devenir fan sur Facebook | MM, Stanley Clarke et Victor Wooten, vidéo ]
[ < thémas Efficience & Management du temps | archivage automatique du billet sur un resto, sa communication, la congruence... et Don Quichotte ]
Billet (c) - Merci
Blade Runner, ça vous parle ? Le film majeur de Ridley Scott (1982) exprime un regret, devenu mythique : J’ai vu tant de choses [...]. De grands navires en feu surgissant de l'épaule d’Orion. J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons cosmiques briller dans l’ombre de la Porte de Tannhaüser. Tous ces moments se perdront dans l’oubli, comme les larmes dans la pluie. [1].
Ce passage ? Dans ce que je connais, c'est ce qui m'évoque le plus le temps. Le temps qui file... Il y a plusieurs flux, je veux aujourd'hui parler du temps qui fait mal : il flétrit les choses et, comme dans le film, s'associe à la pluie. (Qui lave.) Ou aux larmes.
Tâchons d'en faire des larmes de joie. (Mouais.) Le temps est un outil : je prie ici qu'il nous apporte, à vous comme à moi, de grands moments de réalisation, de sérénité, de naturel, de joie.
(Big taf sur soi.)
Parlons de sept (beau nombre). Et faisons ressortir une motte de terre [2] : un truc.
Il y a, pour moi, sept sortes de temps. Plutôt : d'accomplissement du temps, de mâturité par rapport à ça. En clair, de degrés :
1. Tout louper, subir (temps de travail de degré 1 ou TT 1),
2. Parvenir, cette fois-ci, à régler les urgences (TT 2),
3. Accomplir TT 2 et - dans le même temps - boucler le tout-venant (TT 3),
4. Faire tout TT 3 en un temps moindre [3], et avec le temps qui reste (temps résiduel, TR), combler les retards (TR 1),
5. Réussir TR 1 et orienter à présent le TR vers ce qui est utile (constructif, prévoyant, agréable, épanouissant, reposant - TR 2),
6. Réaliser tout TR 2 et avoir, en plus, la liberté de pouvoir à l'avance lister les tâches utiles au TT (TR 3),
7. Maîtriser TR 2 et profiter, en TT, de la liberté de pouvoir lister les choses utiles... pour le TR (créativité, loisirs, repos, etc.). Ce qui confine au luxe. Nous avons là le stade TR 4.
Voilà.
Mille choses, évidemment, découlent de ça.
En premier lieu la nature des temps. On le voit : TT et TR sont à part. Tout simplement parce que, pour la plupart des gens, le jour, la semaine ou l'année comptent des temps séparés, qui alternent (Il y a un temps pour tout...). Ces deux temps ? Ils s'inter-nourrissent et c'est leur force. Ils se complètent. Particulièrement dans les hauts degrés : TR 2, 3 et 4. Il y a là une complémentarité, une synergie qui augmente. Il faut ici regarder les seuils quantitatifs (nombre d'heures). Le TR, d'abord nul (TT 1, 2 et 3), ensuite capable de « seulement » combler les retards (TT 4), pour enfin permettre d'organiser (optimiser, rendre plus utile) le TT, en bref ce TR apporte une qualité progressive au travail. Il y a un lien direct entre sa quantité (en heures) et - si le management est au rendez-vous - la bonne marche du collectif. Le TR est le résultat d'une bonne organisation, il est aussi le ferment qui va servir à l'améliorer. Donc une future cause. Comme une plus-value que l'on génère et que l'on ré-injecte en continu, pour alimenter la croissance : innovations, motivation, résultat net, etc.
Un collectif efficient peut, d'expérience, compter jusqu'à 20 % de tâches mûres dans son portefeuille d'activités, c'est-à-dire touchant à TR 1, 2, 3 et 4. Super-efficient ? Celles-ci se centrent sur TR 2 à 4, qui deviennent des activités de management (préparation, décisions, pro-action). Alors que les étapes TT sont des activités de gestion (réaction, suivi, ajustements).
On le sait tous : il faut de tout pour faire un ensemble riche, solide et plein de ressources. Les étapes TR sont certes décisives (elles fabriquent l'utilité, la valeur). Pour autant, les étapes de gestion (TT) sont nécessaires. Mieux : ce sont elles qui font face au quotidien, aux imprévus, à la vie (forcément brusque, changeante et floue). Elles sont le coeur du dispositif d'entreprise, forcément vital, forcément insuffisant dans une situation de compétition.
Quoi d'autre ?
Première étape pour ce billet, que je vous propose d'enrichir de vos commentaires.
Be seeing you.
__
[1] Script complet de Hampton Fancher et David Peoples [ En ]. Ce magnifique murmure de Roy Batty, chef des Réplicants, l'acteur Rutger Hauer l'aurait partiellement écrit.
[2] Je suis dans la théma de l'agriculture, en ce moment : look.
[3] C'est l'efficience : je fais ce que j'ai prévu. Et en plus, j'économise des hommes (nombre d'heures ou de minutes, potentiel de motivation), et/ou du temps de calendrier, et/ou de l'argent (budget). En clair, les ressources pour faire un travail.
[ Philip K. Dick (1928-1982) au cinéma | Rutger Hauer's memoirs | l'encyclopédie Blade Runner - mon conseil, l'histoire des tatouages ; par ailleurs, ceux qui découvrent à peine le film ont intérêt à retarder au maximum la lecture sur Rick Deckard (c'est mieux pour l'histoire) | belles photos rares | Sean Young, glamour... et drôle | beauté iconique, penchant vénéneux (fragile, tordu, vibrant), gigantesque potentiel (contrarié, enfoui, certainement lumineux - quasi rédemptoire) : autant de bonnes raisons pour voir un jour Sean Young encore une fois chez un très grand, comme par exemple David Lynch ? qu'en pensez-vous ? | pour entrer dans l'univers des screen used props ] Read More
[ < 2e partie | thémas Bouquins & Foi | archivage automatique du billet sur Mohamed Ulad Mohand, étonnant producteur TV ]
L'homme ne vivra pas que de business
(Anonyme)
La foi. Oui. La foi, la confiance, si différente de la religion (traditions). Tout ça dixit André Frossard (1915-1995).
L'auteur de Dieu existe, je L'ai rencontré, citant l'étrange Bernanos (1888-1948), rappelle que les convertis sont encombrants. Encombrants pour les institutions : religieuses, culturelles, sociales [1]. Les convertis ? Comme leur nom l'indique, ils transforment quelque chose : leur propre matière, eux-mêmes, leur coeur. Et ils attribuent ce changement fort (qui va jusqu'à baigner le monde, le reconfigurer à leurs yeux), eh bien ils l'attribuent à l'extérieur. À un agent qui les dépasse. En stature peut-être, encore et surtout en qualité : disponibilité, hauteur de vues, présence réelle au monde. Et, croyez-le si vous voulez, c'est un agent... qui les aime. C'est-à-dire qui prend le risque à leurs côtés. Et les soutient [2].
Le coeur, pour les convertis comme pour les autres, c'est la sensibilité, l'intimité qui perdure : c'est - pour citer l'Écclésiaste (et faire une boucle vers Don Richardson) - ce qui pressent l'éternité [3], cet état, ce vécu qui dépasse même la mort. Et ressemble donc à l'amour (voire se confond avec lui, ou procède d'une même source). L'éternité ? Le coeur la recherche, en mode actif ou par aspirations (plus ou moins conscientes, plus ou moins fructueuses - cf. recours aux idoles). Alors ce coeur, il va vers quoi ? Mmh ?
Le mien va vers ça, en dessous. Je veux dire que ces bouquins m'apportent des trésors :
Je leur ajoute La Croix et le Poignard (David Wilkerson), de même que The Incredible Power of prayer (anglais très simple à lire) de Roger J. Morneau. Reprenons Wilkerson (livre de ma fin d'adolescence) et ajoutons, côté témoignages, l'incroyable Miracle sur la rivière Kwai du vétéran Ernest Gordon (1917-2002), ouvert aux expériences les plus extrêmes. Une beigne. Digne de Papillon. Bouquin parallèle au film Le Pont de la rivière Kwai (mêmes faits).
Mention spéciale à Corrie ten Boom aussi. Son Dieu en enfer (The Hidding Place) - qui glace le sang - montre qu'on est loin (bien loin) de la guimauve. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment [4], après Ravensbrück, on peut trouver la force d'avancer ? (Bouquin sublime, bouquin ultime.) Le Rentrer chez soi d'Henri J.M. Nouwen [5] est un très beau condensé de théologie : logique, touchant et simple. On y comprend... tout. Il y a aussi, sur la question de la Trinité, le bel Évangile de Jean (individu qui a connu Jésus de son vivant), traduit par Jean-Yves Leloup. Une sage autorité (atypique, documentée) s'en dégage.
Le Business Unlimited de J. Gunnar Olson ? Affaires sans frontières, en français ? Il m'a « juste » aidé à vivre pendant 4 mois.
Allez, je finis avec L'Éternité dans leur coeur de Don Richardson. Livre-beigne aussi.
[1] Ce qui, anthropologiquement, participe du même socle, voire se maille dans les approches et se confond. Cf. idéal de transversalité, à l'instar de ce que font par exemple Edgar Morin, Boris Cyrulnik ou Joël de Rosnay.
[2] Dieu serait-Il Promoteur ? Persévérant ? Empathique ? Débat stérile, mais drôle et ouvert.
[3] Pour les chrétiens, la juste appréciation de l'éternité (sa juste canalisation, comme si c'était une aspiration, un besoin, voire une pulsion) passe par l'expérience, ici et maintenant (ou progressive), de la résurrection. Celle-ci donne sa pleine mesure à la vie. Elle lui fait passer un cran, la sort non pas de ses contingences (ici-bas, les épreuves et la frustration), mais de sa vanité. De son creux. De son à-quoi-bon. De sa solitude intrinsèque. Là, tout change : c'est beaucoup plus qu'un espoir, beaucoup plus que des modifications, c'est un royaume qui vient (comme dans le cas de Naaman ou de l'eunuque de Candace). Un nouvel ordre qui s'installe : une transformation (un réveil, cf. Degré 2). Qui ouvre au monde et au prochain (sorte d'horizontalité). Et qui ouvre à la Source de vie (verticalité stimulante). À l'explosion fraîche et vivante.
[4] Même si le contexte diffère du tout au tout, le pasteur palestinien Maron peut expliquer comment vivre. Le pardon personnel, en temps de guerre, il connaît bien.
[5] Nouwen exprime une lecture particulièrement proche de celle de Girard, pour qui la racine du mal humain, c'est la convoitise : jalouser l'autre. Ce mauvais Animus (peur de la perte) exerce un contrôle morbide sur autrui. (Revoir ce pauvre Abel.) Pour affaisser ce pouvoir (terme de Nouwen), Dieu choisit l'impuissance : il décide de détruire le leurre et sa logique... de l'intérieur.
[ Je suis protestant (2 % de la population française, l'un de ses berceaux, et 9 fois plus... en Corée du Sud), en même temps mes écrivains catholiques préférés sont Frossard et François Mauriac - de même que j'aime le photographe Joël Peter Witkin (eh oui - voici d'ailleurs mes photographes favoris, attention not safe for work, NSFW) | autre sujet - La grâce serait une synergie (rencontre, mélange énergétique) entre amour et liberté (Qu'en dites-vous ?) | l'amour, lui, pourrait être le carrefour vif entre contingences et liberté, c'est-à-dire risque volontaire (engagement) et dépassement de la mort (qui est repli, séparation, peur) : engagement, tiens, oui c'est ça - ou fidélité, ou attachement inconditionnel et confiance (Any idea, mmh ?) | who Nouwen was, video | Nouwen aidait les déficients mentaux | Corrie ten Boom, the museum | Ernest Gordon, personnage-choc pour le musicien Paul Adams | Bad Lieutenant, plus grand film sur la rédemption ? Interview de son réalisateur (inclassable) Abel Ferrara | j'en finis avec la convoitise - pour le pasteur toulousain Marc Sportiello (voir notamment ceci), la convoitise c'est la torsion (fantasmatique, cf. imagination ou cinéma intérieur - ou bien physique, avec passage à l'acte) du territoire, du droit, des prérogatives ou de l'objet de jouissance de quelqu'un (voir Ouriah - Urie le Hittite), c'est - dans la lignée de Girard - prendre à soi ce qui est à quelqu'un d'autre ; revoir les Chaises | la convoitise, c'est la même mécanique stratégique (de focalisation, de mise au point, d'investissement projectif, de ténacité désirante et active) que la foi, à ceci près que la foi se choisit un objet constructif, un agent d'extraversion : en dehors de soi | à présent, soyons fous avec un peu d'humour - j'aime, et vous ? ] Read More