Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Category: Absara - Divers

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 Patience - 20e partieSat 10 Jul 2010
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[ < 19e partie | archivage automatique du billet sur la qualité perçue | thémas Europe & Hongrie ]

« Les intolérants ? Bruyants, engagés [...]. Ils sont infatigables. »

Shimon Peres

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Et toujours cette impression. Elle est là. Ok, c'est l'été : le soleil chauffe. Et la vie s'active : Budapest est belle. La vitalité pulse de partout. (D'accord.) Mais toujours ces gens. Vous les connaissez, l'Europe les connaît, l'Histoire les connaît.

J'ignore si c'est de gens qu'il faut parler ou bien d'autre chose. D'une puissance. Alors, court instant sur les gens, ok ? Regardez-les. Des groupes (quelques uns). Et toujours cette démonstration de puissance : ils ont des chemises brunes [1].

Les plus vieux, visage triste, avec des drapeaux. C'était il y a quelques jours, là. Qui convergeaient au centre ville. Avec des tenues militaires, des ventres gras, des rêves de chômeurs. Et les plus jeunes, aujourd'hui. Le N, le A, le Z et le I sur le torse. C'est vrai qu'il y a une minie Gay Pride quelque part par là : ça sent le coup de force.

Que fait la police ? Rendőrség amorphe ?

Je l'ignore. Ces choses me déconcertent. Comme me déconcerte une mouche sur une charogne. Ou sur une déjection. Il est des trucs qui dépassent. Ou donnent envie de partir. Ou de combattre. Ou de vomir. Ou de prier.

Ce qui me vient, c'est un référentiel plus haut, quelque chose qui m'apaise et me donne des percées. Des soulagements. Des explications. Du grain à moudre. Je repense à l'apôtre Paul, qui rappelle que le genre humain — sitôt qu'il se tourne où il faut — n'a pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.

Le fascime en est un.

Il est irrationnel, carnassier, manipulateur, larvé, violent.

Le chômage en masse de ces deux dernières années d'épreuves, ici, en Europe centrale, est une explication. L'autre explication : une adhésion numineuse [2] à un esprit méchant, à une envie d'en découdre. A une frustration [3].

Tout ça pour quoi ?

Tout ça pour parler d'un accouchement. Ce monde, ici, accouche de lui-même.

J'aime la Hongrie.

J'ai confiance.

Tout le monde préfère la vie à la mort.

La beauté à la laideur.

L'envie de se projeter.

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Beauté, vraie vie — Ah, heureusement qu'il y a Vodku :)

[1] Revoir minorités persuasives et capacité d'une poignée à concrètement occuper le pavé, la scène et les esprits.

[2] Le terme est de Jung.

[3] Qui appelle toujours une demande de considération (via les strokes). Ou bien de la violence — cf. l'excellente analyse que dresse le policier Christophe Caupenne de la motivation des preneurs d'otages, en pleine recherche (sous stress) de bénéfices secondaires. Pour une réflexion sur la violence comme acte de fondation d'un groupe humain, il faut relire René Girard.

[ La patience, je trouve que c'est Nouwen qui en parle le mieux | racisme en Hongrie — Et encore, me dit Nico, tu verrais en Russie... ]

 Mille font quatre - 14e partieSun 14 Feb 2010
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[ < 13e partie | thémas Hongrie, Racisme & Pardon | archivage automatique du billet sur métamorphoses, ferments d'évolution façon Max Sandor et changements de phase ]


Rendez-moi Budapest


Mille font quatre. Phrase fétiche, ici à Budapest. La mienne, je veux dire : souvent (tout le temps) je me la répète. C'est mon convertisseur mental de monnaie. L'idée : 1000 forints font 4 euros, de là tout est clair. Je peux acheter des choses.

Je reste à Budapest un mois, travail oblige. Un mois ? Première tranche de multiples séjours. Au delà de ce premier du genre (longue période), eh bien ceux-ci vont durer quinze jours. Quinze jours ici, quinze jours en France, auprès de ma douce progéniture. Comme un balancier. Un mouvement permanent - comme je les aime (et j'espère que ça va durer) - entre deux pays, deux richesses, deux angles et deux battements, deux pôles de vie.

Une danse. (Danse dialogique.) Elle claudique ? Nan : fait marcher. Ça m'ébroue, ça anime. J'aime ces polarités. Ces animations plus-moins. Animus-Anima. Différences de potentiel électrique : stimulation continue.

Ouais.

Les pays...

Trucs à vivre. (Réalités.)

Parlons pays, mh. Et je veux re-saisir cette histoire de mille font quatre. 1000 font 4, ça évoque une valeur. Un poids. Un truc bancal et penché : 1000 d'un côté... pèsent 4 de l'autre. 4, c'est peu. Ça fait très peu. Je hais les comparaisons, qui m'évoquent l'odeur rance des vestiaires masculins.

Et les comparaisons, là, les géométries à l'emporte-pièce, je les ressens. Je veux parler du racisme.

Il y a un regard, chez certains : Tu es Français, tu vaux 4. Alors que nous, regarde, on vaut 1000. La France ? Objet de haine des nationalistes hongrois. (Nombreux.) Ici, le glamour ou la joie de vivre à la française génèrent des fantasmes noirs. Des poussées irrationnelles. Attention ! les Français veulent conquérir. (Brrr.) Ils sont arrogants. Napoléoniens. Colons. Egoïstes. Menteurs. Calculateurs. Irrascibles. Un peu comme... des ogres.

Les Hongrois frustrés (minoritaires) détestent l'Europe, se méfient des espaces, renvoient tout au territoire, à la mesure, au cordeau millimétré, à la terre et à cette idée moisie, lancinante, de grande Hongrie. J'ajoute qu'ils haïssent les juifs, les Gitans, les homos.

Ils souffrent.

Tout le monde les comprend. (Mouais, si on veut.)

C'est juste que leurs histoires de vieux empires (Autriche-Hongrie d'avant la Première Guerre), à l'heure de l'Europe, c'est à contre-courant. Leur extrême droite ? Elle fait vomir. Antisémitisme ? Une horreur : amalgame entre sphère économique, lobbies (réels ou supposés) et pouvoir d'achat. Une abomination. Francophobie ? Un monstre, rescapé de l'histoire. Haine de Georges Clémenceau ? que dire ? (Ch'ais pas.) Haine du présent, de l'Europe, de la vie, du futur ? Hélas oui.

Faut-il que la France (et les autres vainqueurs de 1918) demandent pardon ? Bien sûr. Nicolas Sarkozy, d'origine hongroise, peut faire ça. Bien sûr et en même temps, moi, ça me passe au dessus.

Pire : les amalgames, d'emblée, ça me scie les jambes. J'ai juste envie de rejeter tout ça. Et fort.

Ou de m'intéresser aux vraies personnes. Les vrais Hongrois. Ceux des poètes nationaux, de l'architecture, de la musique, des bars, de l’entreprise, de la palinka, de la rue, du pavé, du cosmopolitisme, de la beauté, de la discussion. Ceux de l'Europe. Ceux de la Hongrie : de la vraie.

Ceux pour qui 4 font 4. Et 1000, 1000. Ceux pour qui 2010, c’est 2010.

Ouais.

On est en 2010.

J'espère que cette neige va fondre. Il me tarde de revoir le soleil vif (et les vraies personnes) de Budapest.

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[ Traité de Trianon (1920), une cochonnerie il est vrai ]

Ma bande-son actuelle, qui me rappelle (ch'ais pas pourquoi) la maman de mes enfants :


 Voyez les lys des champs, ils ne tissent ni ne filent... - 7e partieMon 28 Dec 2009
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[ < 6e partie | archivage automatique du billet sur frères Linn, Jean Vannier, idoles et bénéfices secondaires | ici, théma Argent ]


...je vous le dis, même Salomon dans toute sa splendeur n'était pas vêtu comme l'un d'eux - Matthieu 6:28


Ça va, ça vient. Gonflé, le Nico. C'est ma première réaction, là, au téléphone. L'argent ? Un flux. Un fait. Quelque chose qui - juste - rentre et sort. Mouais. Le premier truc qui me vient, en quittant Nico, c'est le trait d'humour de mon père : L'argent, moi spontanément, j'en ai modérément besoin. C'est mon banquier qui, lui, m'en réclame. Alors, même acabit ? Nico-paroles : un trait d'esprit aussi ? Que nenni. Je réfléchis à tout ça, ou plutôt écoute ce que ça m'évoque et - dès le début - ça fait impact. Un truc, là dedans, me parle.

Un flux.

Ouais.

Un fait.

Aussi.

Quand il (me) manque, l'argent, il faut juste que je voie ça. Que je considère les choses en vrai. Que je travaille en conséquence. Pour gagner. Et quand il est là, le flouze, l'idée c'est d'en faire quelque chose. Comme un outil. Comme un fait. Une donnée : un truc. Truc qui fluctue. J'ai souvent vu des gens aisés risquer le coup, comprendre cette donnée : ils gagnent, ils perdent, c'est normal. Je veux dire qu'eux, quand ils perdent, il leur reste quelque chose. En clair, leurs fluctuations sont fortes. Ok. C'est juste leur solde, le là-où-ça-se-joue (comme une fourchette), qui reste en positif.

Effectivement.

L'a bien raison le Nico. Qui parle en vrai. Qui me connaît (fort bien). Il a mon mode d'emploi, Nico. Et moi le sien aussi. C'est ça l'amitié : connaissance et courage. Savoir comprendre et parler à l'autre. Et aussi lui dire ce qu'on pense.

C'est peut-être ça le respect.

L'amitié.

Ouais.

L'argent ? Ça va, ça vient. Simplement. Pas plus, pas moins. Un fait.

Tout sauf une idole - Ok.

Ouais...  Read More


 2010 choses - 4e partieFri 25 Dec 2009
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[ < 3e partie | thémas Foi & Risque ]

Or, il y avait une femme...

Distinguer, envisager, désirer, planifier, frayer, agir, persévérer


Mille choses (eh oui) : une foule de choses à vous dire. Alors, l'entame - Par quoi je commence ? Denis Morissette, ok. Ensuite, je vous parle de la qualité, chose différente.

1. Morissette, pasteur canadien francophone, est conférencier. Dans la voiture, quand les défis personnels m'assaillent (ou me stimulent), eh bien j'écoute deux de ses travaux touchant à la foi. Riches, profonds. Pragmatiques, etc. L'un porte sur Moïse, l'homme timide, l'homme trouble, l'homme qui marche. L'autre concerne la femme qui souffre d'un écoulement sanguin continu : femme hémoroïsse.

C'est intéressant : la foi de cette femme - pour Morissette - diffère de la simple demande ou de l'angélisme ou du mysticisme passif ou de l'infantilisme. C'est même l'opposé de tout ça. C'est une force en action.

Dans une conférence toulousaine sur Marc 5:25-34 (2008), le Canadien articule cette foi forte autour de sept pivots. Les quatre premiers sont internes, ils relèvent de la prise de conscience. Trois derniers ? Des actions, qui extravertissent. Des risques donc.

Regardons ça. La femme conduit son cœur selon sept étapes :

1. Entrevoir la solution (ici, Jésus, qui guérit : il y a un espoir, une amorce de Et si...), 2. taire l'abattement qui brouille, entrave, étouffe et décider sur cet appui de penser en vrai, en termes de percées, de solutions concrètes, 3. savoir clairement ce que l'intimité veut (la guérison, le salut, le mieux précis - notion de désir adulte, qui s'assume, se donne le droit, vise), 4. élaborer une tactique, planifier une mise en oeuvre (Si je fais ça...), 5. se frayer un chemin (quelles que soient les réactions sociales) en direction du mieux, 6. passer à l'action, s'approprier la guérison (ici, toucher le vêtement de Jésus), 7. persévérer, assumer son pragmatisme, sa conviction, son envie, sa confiance. Dans le temps, au fil des obstacles. Ou des encouragements. En clair des émotions, des retours, du vécu.

Oui.

Pour Morissette, la foi diffère des constats de départ (diagnostics rationnels, tristes et porteurs de doutes), elle diffère aussi du fil fluctuant des émotions, des cahots de l'âme.

Elle est à part. Elle provoque.

Marcher ? Courir ? Risquer ? S'approprier ? Avec peur peut-être (ou réalisme), avec courage à coup sûr : c'est l'engagement. Pas à pas. C'est la conquête : Ta foi t'a sauvée. Mieux que guérie : sauvée.

La foi marche à l'envers du monde : c'est croire puis voir ensuite. C'est prendre un risque : celui d'avancer, de confier, d'aller bien.

De vivre.

Alors bises à chacun d'entre vous. Et excellent Noël !

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[ La femme hémoroïsse (épisode) découle du cycle de conférences La vie - MP3 ]  Read More


 Budakulcs - 13e partieFri 9 Oct 2009
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[ < 12e partie | thémas Vie & Hongrie | archivage automatique du billet sur les émotions, qui servent à se décider | 14e partie > ]


Oh no there she goes out in the sunshine
The sun is mine
-
Soundgarden



Celui-là, ce billet, c'est ma promesse à moi. Et je tiens bon : bouffre de sujet de blog, tu en as mis du temps à venir. (Je te connais.) Ton trajet : la tête, le coeur et les mains, c'est long. Or, un jour quelqu'un a dit (un pasteur je crois) : Le plus long trajet, chez l'homme, c'est celui qui mène de la tête au coeur.

Mmh, super vrai.

Bien loin de la contre-culture (fût-elle managériale ou ce qu'on voudra), c'est de kulcs-culture que les mots qui viennent souhaitent parler.

Ils sussurent.

Les kulcs, ce sont les clés en hongrois. (Koultch.) Prétexte à parler de Hongrie, bien sûr. Prétexte, encore et surtout, à parler de la vie, vous savez ? Ce truc qui nous habite dès le sein de la mère et nous quitte, voyons voir... jamais. La vie est, la vie reste. (Ça vient du ventre et de la peau.) Quand François Mitterrand disait s'extasier devant la fleur qui parvient à pousser dans l'espace d'une fissure de pierre, moi ce qui me parle, ce sont les fleurs qui poussent. Ou pas. Il y a celles qui sortent et se comportent et interagissent. Il y a aussi celles du dedans : les potentielles. Et elles existent. Un praticien avisé comme Georges Romey les voit comme des pierres précieuses naturelles (par exemple dans une grotte). Elles existent, dans l'âme. Et fortement.







Des fleurs, des cristaux, des kulcs : nous y sommes.

Et cap Budapest. (Je vous ouvre la marche.) Une ville, c'est un être vivant. Elle a ses choses à elles, ses évidences, sa culture, ses mouvements (ses mystères). Et puis ses clés. Budapest, j'y suis retourné ce mois ci. (Mille choses, dont de la formation, des décisions stratégiques, Spectre - en vrai - et une table de poker semi-clandestine avec trous de cigarette dans le tapis : peut-être que je vous dirai.) Budapest ? J'y retourne encore en fin de mois. C'est une ville qui respire.

Les kulcs, en plus du Danube, eh bien je crois que c'est la vie. La vie de Budapest. Et puis celle des gens comme moi, qui veulent carresser la ville, rentrer dedans, se coller à sa peau folle et tranquille.

(Chaleur.)

Pour faire ça, il faut des kulcs. Budapest garde ses portes fermées. Beaucoup de ceux que je connais s'y enferment à double tour : appartements, locaux professionnels (vols, y compris quand l'occupant est là). Beaucoup de serrures physiques sont difficiles à ouvrir : tours de mains particuliers, patience, jeux de réflexion, tests de logique. (Vraiment : essayez d'ouvrir à la française, gros challenge.) Compliquées, les kulcs.

Alors croyez-le si vous voulez, pour un taurillon sanguin comme moi, c'est un travail. Travailler la serrure, avec les passants qui se croisent à côté, c'est un sport. Un sport qui vous travaille le coeur. Asseyez-vous dix secondes et laissez ces foutues kulcs vous parler. Il y a là quelque chose de sourd. Et ces foutues kulcs vont vous parler des vôtres : celles du coeur. Mon bon Lionel, qu'elles m'ont dit. (Façon hongroise, avec feutre et patine.) Mon bon Lionel, c'est à tes kulcs, c'est à toi de faire le travail. Alors nous nous ouvrons... seulement si nous voulons. Dure est Budapest. Belle aussi. (Compliquée.)

Alors, allez-y à la coule : acceptez cette leçon en laiton et laissez le coeur vous conduire les mains. La porte (discrète elle aussi) s'ouvre dans une odeur de poussière. Ou de scintillements d'eau (c'est comme on veut).

(Étoiles et terre noire.)

Bizarre, vous pensez ? Moi je dis que c'est la ville qui a commencé.

Pour ça, je l'aime. (Elle est folle.) C'est simple, calme et bizarre. Budapest est plus belle encore que sa féminité. Elle arrive à être plus humaine, et plus intime, que ce qu'on voudra. C'est un mystère. (Kulcs.) Le taurillon, qui voyait rouge, voit le reflet des étoiles. Qui, on le sait, habitent le fleuve.

Particulièrement le soir, quand le Danube est noir profond.

Noir comme la couleur qui cherche. Noir comme la couleur par excellence. Noir et terreau (nocturne). Comme le reflet de ce qui pousse en dedans.

Noir, écarlate, or. (Ouais.) Comme la lune ? Comme les kulcs en tout cas.

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[ Skiz 'Spectre' Fernando, the biography | portrait masculin (c) Andre Kertesz ]


 Marcus mit l'heureWed 29 Jul 2009
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[ < thémas Musique et Toulouse | archivage automatique du billet sur la pédagogie, sur l'engagement personnel, sur la clinique et sur le mal : il évoque le grand Janusz Korczak médecin du ghetto de Varsovie, Rudolf Steiner, Maria Montessori, Célestin Freinet et l'apprentissage vicariant ]


Allez, venez Miller


C'est quoi l'été ? mhh ? soleil ? congès ? Ça dépend. Dépend des gens, de leur budget. Dépend du moral, dépend des engagements professionnels : tout ça.

Alors contexte : nous sommes hier, 19 h 30. Et un coup de fil de l'Olive : Ramène ta fraise, y'a Marcus Miller qui joue... au Bar basque. (Habituellement, bar à rugby de Toulouse.) Ton sérieux. J'en déduis que c'est vrai, j'enfourche mon vélo, pédale comme un cinglé, l'attache et vois l'Olive. Jardin fermé, qui jouxte le bar. Il y a des tables, etc. L'Olive me tend un bracelet bleu, que je mets.

Concert. Et c'est vrai : l'un des plus grands bassistes de l'époque est là. Tuerie totale. Il est à quelques mètres, chapeau pork pie, visage hors du temps (jeune, même s'il a joué avec Miles Davis - vidéo). Et puis plein air, murs ouverts en brique, cour citadine aérée pleine de cachet (façon Budapest), basse repiquée en façade et Roger Biwandu, batteur en accoustique. C'est juste exceptionnel, hallucinant, précis, groove et touchant :




Fig. 1 - 9 minutes de bonheur,
grâce à jonasgato



Beau.

Tout le monde applaudit à tout rompre.

Puis je rentre, plein d'étoiles.

Et me voilà...

On est mercredi.

Ouais.

Vendredi, ma famille part en vacances.

Et je reste là. À rêver d'une mer [*] qui viendrait ouvrir ma ville. D'un jazz qui viendrait la saisir. D'un bain d'étoiles, de vitesse et de lumières. De rondeur (ch'ais pas pourquoi).

À rêver d'Europe et du monde. À rêver d'aéroports et d'art. De vie, d'aventure et d'espaces. De langues, de projets, de choses dures à faire.

De XXIe siècle.

À rêver quoi. (Comme tout le monde.)

Bon sang, il joue bien Marcus.

Pour moi, c'est le meilleur bassiste du monde.

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[*] Pour Laurent, la mer est un concept (une mentalité). Qui certes, quand elle est vraie, ouvre les pays : Espagne, Italie. Mais fontionne aussi... pour le Guatemala. (Ouais.)

[ vidéo : à 4'11, c'est bien l'Olive qu'on entend exulter comme un hippopotame | Marcus Miller (MM) à l'Espace du Bar basque, une date Fender (marque de guitares, d'amplis et de basses, qui propose un modèle MM) et Midi Music, célèbre magasin du Midi toulousain - l'annonce | showcase gratuit et de haut vol, ou comment renforcer la sympathie à l'égard d'une marque | MM joue le 2 août à Marciac, voir la publication de l'événement sur Facebook | son MySpace | contribución de un fan : La Vitrola | du streaming sur Goear.com | MM, devenir fan sur Facebook | MM, Stanley Clarke et Victor Wooten, vidéo ]


 Par foi, souvent - 3e partieFri 24 Jul 2009
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[ < 2e partie | thémas Bouquins & Foi | archivage automatique du billet sur Mohamed Ulad Mohand, étonnant producteur TV ]


L'homme ne vivra pas que de business

(Anonyme)


La foi. Oui. La foi, la confiance, si différente de la religion (traditions). Tout ça dixit André Frossard (1915-1995).

L'auteur de Dieu existe, je L'ai rencontré, citant l'étrange Bernanos (1888-1948), rappelle que les convertis sont encombrants. Encombrants pour les institutions : religieuses, culturelles, sociales [1]. Les convertis ? Comme leur nom l'indique, ils transforment quelque chose : leur propre matière, eux-mêmes, leur coeur. Et ils attribuent ce changement fort (qui va jusqu'à baigner le monde, le reconfigurer à leurs yeux), eh bien ils l'attribuent à l'extérieur. À un agent qui les dépasse. En stature peut-être, encore et surtout en qualité : disponibilité, hauteur de vues, présence réelle au monde. Et, croyez-le si vous voulez, c'est un agent... qui les aime. C'est-à-dire qui prend le risque à leurs côtés. Et les soutient [2].

Le coeur, pour les convertis comme pour les autres, c'est la sensibilité, l'intimité qui perdure : c'est - pour citer l'Écclésiaste (et faire une boucle vers Don Richardson) - ce qui pressent l'éternité [3], cet état, ce vécu qui dépasse même la mort. Et ressemble donc à l'amour (voire se confond avec lui, ou procède d'une même source). L'éternité ? Le coeur la recherche, en mode actif ou par aspirations (plus ou moins conscientes, plus ou moins fructueuses - cf. recours aux idoles). Alors ce coeur, il va vers quoi ? Mmh ?

Le mien va vers ça, en dessous. Je veux dire que ces bouquins m'apportent des trésors :



Je leur ajoute La Croix et le Poignard (David Wilkerson), de même que The Incredible Power of prayer (anglais très simple à lire) de Roger J. Morneau. Reprenons Wilkerson (livre de ma fin d'adolescence) et ajoutons, côté témoignages, l'incroyable Miracle sur la rivière Kwai du vétéran Ernest Gordon (1917-2002), ouvert aux expériences les plus extrêmes. Une beigne. Digne de Papillon. Bouquin parallèle au film Le Pont de la rivière Kwai (mêmes faits).

Mention spéciale à Corrie ten Boom aussi. Son Dieu en enfer (The Hidding Place) - qui glace le sang - montre qu'on est loin (bien loin) de la guimauve. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment [4], après Ravensbrück, on peut trouver la force d'avancer ? (Bouquin sublime, bouquin ultime.) Le Rentrer chez soi d'Henri J.M. Nouwen [5] est un très beau condensé de théologie : logique, touchant et simple. On y comprend... tout. Il y a aussi, sur la question de la Trinité, le bel Évangile de Jean (individu qui a connu Jésus de son vivant), traduit par Jean-Yves Leloup. Une sage autorité (atypique, documentée) s'en dégage.

Le Business Unlimited de J. Gunnar Olson ? Affaires sans frontières, en français ? Il m'a « juste » aidé à vivre pendant 4 mois.

Allez, je finis avec L'Éternité dans leur coeur de Don Richardson. Livre-beigne aussi.

Mais ça, vous le savez ;)

__

[1] Ce qui, anthropologiquement, participe du même socle, voire se maille dans les approches et se confond. Cf. idéal de transversalité, à l'instar de ce que font par exemple Edgar Morin, Boris Cyrulnik ou Joël de Rosnay.

[2] Dieu serait-Il Promoteur ? Persévérant ? Empathique ? Débat stérile, mais drôle et ouvert.

[3] Pour les chrétiens, la juste appréciation de l'éternité (sa juste canalisation, comme si c'était une aspiration, un besoin, voire une pulsion) passe par l'expérience, ici et maintenant (ou progressive), de la résurrection. Celle-ci donne sa pleine mesure à la vie. Elle lui fait passer un cran, la sort non pas de ses contingences (ici-bas, les épreuves et la frustration), mais de sa vanité. De son creux. De son à-quoi-bon. De sa solitude intrinsèque. Là, tout change : c'est beaucoup plus qu'un espoir, beaucoup plus que des modifications, c'est un royaume qui vient (comme dans le cas de Naaman ou de l'eunuque de Candace). Un nouvel ordre qui s'installe : une transformation (un réveil, cf. Degré 2). Qui ouvre au monde et au prochain (sorte d'horizontalité). Et qui ouvre à la Source de vie (verticalité stimulante). À l'explosion fraîche et vivante.

[4] Même si le contexte diffère du tout au tout, le pasteur palestinien Maron peut expliquer comment vivre. Le pardon personnel, en temps de guerre, il connaît bien.

[5] Nouwen exprime une lecture particulièrement proche de celle de Girard, pour qui la racine du mal humain, c'est la convoitise : jalouser l'autre. Ce mauvais Animus (peur de la perte) exerce un contrôle morbide sur autrui. (Revoir ce pauvre Abel.) Pour affaisser ce pouvoir (terme de Nouwen), Dieu choisit l'impuissance : il décide de détruire le leurre et sa logique... de l'intérieur.

[ Je suis protestant (2 % de la population française, l'un de ses berceaux, et 9 fois plus... en Corée du Sud), en même temps mes écrivains catholiques préférés sont Frossard et François Mauriac - de même que j'aime le photographe Joël Peter Witkin (eh oui - voici d'ailleurs mes photographes favoris, attention not safe for work, NSFW) | autre sujet - La grâce serait une synergie (rencontre, mélange énergétique) entre amour et liberté (Qu'en dites-vous ?) | l'amour, lui, pourrait être le carrefour vif entre contingences et liberté, c'est-à-dire risque volontaire (engagement) et dépassement de la mort (qui est repli, séparation, peur) : engagement, tiens, oui c'est ça - ou fidélité, ou attachement inconditionnel et confiance (Any idea, mmh ?) | who Nouwen was, video | Nouwen aidait les déficients mentaux | Corrie ten Boom, the museum | Ernest Gordon, personnage-choc pour le musicien Paul Adams | Bad Lieutenant, plus grand film sur la rédemption ? Interview de son réalisateur (inclassable) Abel Ferrara | j'en finis avec la convoitise - pour le pasteur toulousain Marc Sportiello (voir notamment ceci), la convoitise c'est la torsion (fantasmatique, cf. imagination ou cinéma intérieur - ou bien physique, avec passage à l'acte) du territoire, du droit, des prérogatives ou de l'objet de jouissance de quelqu'un (voir Ouriah - Urie le Hittite), c'est - dans la lignée de Girard - prendre à soi ce qui est à quelqu'un d'autre ; revoir les Chaises | la convoitise, c'est la même mécanique stratégique (de focalisation, de mise au point, d'investissement projectif, de ténacité désirante et active) que la foi, à ceci près que la foi se choisit un objet constructif, un agent d'extraversion : en dehors de soi | à présent, soyons fous avec un peu d'humour - j'aime, et vous ? ]  Read More


 Pour la playa - 2e partieThu 9 Jul 2009
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[ < 1e partie | théma Bouquins | archivage automatique du billet sur Gustave Moreau, sur l'excellent Olivier Piazza, sur la Spirale dynamique de Clare Graves et les apports de Torbert, Philips, Huntley, Loevinger - voir également une citation (parlante) de l'indispensable Comment avoir des idées créatives d'Edward de Bono | 3e partie > ]


Chaîne de cellulose... my mind


Les bookworms ou rats de bibliothèque se nourrissent de pages, d'encre et d'idées. Que dire ? C'est un bien, c'est un mal. Un bien parce que ça donne des idées et permet de cartographier des choses (l'analyse et l'acuité s'en ressentent). Un mal parce que ça ferme - ça enferme dans des modèles, les paradigmes, tellement connus de la philosophie des sciences et de la psychosociologie (cf. croyances, toujours limitatrices parce qu'elles sont des sécurités, des remèdes pour l'âme, des conforts à l'attention de nos besoins, et non des ressorts de la foi, qui est une ouverture et un risque).

Alors quoi ?

By the way, lire est bon. Et lire, ça se discute et ça se remue et ça s'applique après. Avec les collègues, les amis, soi-même. Ça se partage et ça s'enrichit. Ça voyage. Ça connecte, interconnecte et prépare des choses... qui émergent. (Avec le cerveau, les livres font des systèmes.)

Je me souviens de cette affiche. Vous savez ? Gérard Philippe : il dévore des bouquins. Faut-il le faire ? Il existe de bons (!) bouquins. Alors ceux-là oui, qui forment la pensée, la morale (placement de soi dans le flux de la vie, cf. ethos). Les idées, aussi. Ça fuse. Et puis le goût d'y aller. Lire ? Ça booste et encourage : des gens (les auteurs) viennent nous parler.

Est-ce que les bouquins remplacent la vie ? Nooo. L'expérience personnelle : ils l'enrichissent. Il faut les deux, vivre et lire.

Et puis ceux qui souhaitent lire et à la fois - pour le faire - manquent d'argent (ou de temps) hurlent : lire, c'est gagner quelque chose. (Parfois l'autonomie financière, la subsistance, la liberté de conscience et l'instruction.) Et puis, lire est un droit.

C'est le grand Tremendous, bibliovore devant l'Éternel [*], qui le rappelle : « Le vendeur moyen ne lit pas même un livre à l'année. C'est pour ça qu'il le reste. »

Alors soyons fous. Et ambitieux.

Ci-après, une recommandation de plus.

Pour la playa. Ou ce qu'on veut :




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[*] Plus grosse bibliothèque personnelle de management en langue anglaise !

[ Au fait, connaissez-vous Kindle ? | héhéhé - Les boucles de ceinture Reading is sexy de My Girl thursday | ça rappelle évidemment Silence is sexy d'Einstürzende Neubauten : ]


 Pour la playa - 1e partieWed 24 Jun 2009
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[ < thémas Consultant & Bouquins | archivage automatique du billet sur Belleville et le fin' amor médiéval | 2e partie > ]


Chaîne de cellulose


Pour l'entreprise, vos auteurs préférés, c'est qui ? (Pour l'entreprise ou pour le plaisir, voire la plage : c'est selon.) Je vous en indique 26 - pour ma part -, vous en indiquez autant que vous souhaitez, en commentaire. (Ou sur Disqus.) Vous voulez bien, en faisant suivre : comme une chaîne ?

Let's go :)

Mes indispensables :

Robert Axelrod - Comment réussir dans un monde d'égoïstes [ #Théorie des jeux ]

Kenneth Blanchard & Spencer Johnson - Le Manager Minute [ #Management #Motivation ]

Daniel Cohen - Trois Leçons sur la société post-industrielle [ #Économie #XXIe siècle ]

Clay Christensen - The Disruptive Innovation Model [ #Stratégie ]

Antonio R. Damasio - L'Erreur de Descartes [ #Communication #Cerveau #Émotions #XXIe siècle ]

Sylvain Darnil & Mathieu Le Roux - 80 Hommes pour changer le monde [ #Ethique #Economie #XXIe siècle ]

Edward de Bono - Conflits, comment les résoudre & Réfléchir vite et bien (ici) [ #Communication #Dynamique de groupe ]

Stephen R. Covey - Priorité aux priorités [ #Organisation ]

Patrice Dubourg - La Process Com, découvrir et pratiquer [ #Communication #Dynamique de groupe ]

Milton H. Erickson - Ma Voix t'accompagnera [ #Communication #Cerveau ]

Alain Fernandez - L'Essentiel du tableau de bord [ #Stratégie #Qualité #Pilotage ]

Richard Fisch, Paul Watzlawick, John H Weakland - Changements [ #Communication #Sciences humaines ]

Alain Fustec & Bernard Marois - Valoriser le capital immatériel de l'entreprise [ #Stratégie ]

Nicolas Humeau - L'Abécédaire des managers et consultants [ #Conseil ]

Pierre Mercklé - Sociologie des réseaux sociaux [ #Réseaux #Théorie des jeux ]

Jean Monbourquette - Apprivoiser son ombre [ #Communication #Sciences humaines ]

Edgar Morin - Introduction à la pensée complexe [ #Sciences humaines #Complexité #XXIe siècle ]

Michael E. Porter - How Competitive Force shape strategy (Harvard Business Review) [ #Stratégie ]

Joël de Rosnay - Le Macroscope [ #Complexité #XXIe siècle ]

Dominique Tissier, Joëlle Levy Berger & Etienne Verne (d'après Kenneth Blanchard & Paul Hersey) - Management situationnel, vers l'autonomie et la responsabilisation [ #Management #Motivation ]  Read More


 Sweet homeSat 6 Jun 2009
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[ < théma Vie | archivage automatique du billet sur Lionel, tour d'horizon | billet interactif, commentez en cliquant sur le bandeau de son titre ]

Home... De savoir que beaucoup de grandes villes le projetaient en même temps sur grand écran, je me suis senti partie prenante de ce monde. De cette génération. Là, de cette humanité. Quitter le nombril et regarder plus haut, ensemble, tous ensemble. Comme si nous décidions d'un destin général. Comme si nous étions des hommes.

Terrible ce film. Et intelligent : encourageant. Mobilisateur.


[ Home, le site, le film, la carte, le Twitter, le Facebook ]



Qu'est-ce qu'on attend ? demande Arthus-Bertrand. Allons-y, alors. Beaucoup de belles choses sont à faire.

Vaillance, imagination, intelligence. Voilà, définitivement, les armes du XXIe siècle.

Changer ? Oui, peut-être (sûrement). Vivre surtout. Et avancer. Beaucoup de solutions sont faisables. Et réalistes.

Un raz-de-marée de conscience devrait venir : j'y crois beaucoup.

Marquant, ce film. Et tourné vers la vie.

Vivons.

__


[ Pour l'énergie, sortir du sous-sol et regarder vers le ciel : un message du film | du ciel, oui, vient l'énergie : je me souviens d'un voyage en Turquie (2003) : là-bas, beaucoup de maisons (même modestes) ont un chauffe-eau solaire en bon état, correct et bon marché, voir lucho73 | les déserts, une réserve gigantesque de kw : merci, Electron-economy.org, pour le lien vers le diaporama d'Objectif terre | autre élément, les PC verts d'une entreprise du Tarn, Ashelvea ]  Read More


 Toulrezo.biz fait peau neuve - 11e partieMon 25 May 2009
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[ < 10e partie | théma Toulrezo | archivage automatique du billet sur le regard positif | commentez en cliquant sur le bandeau du titre ]

Voici la toute nouvelle version :



 Nu - 1e partieThu 16 Apr 2009
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[ < thémas Confiance & Changement | Share/Save/Bookmark | archivage automatique du billet sur la modélisation (par le docteur G.) d'un business rationnel : fiable et solide | commentez | 2e partie > ]


Hérode érodé - Absalom abrasé


Et je fais quoi, là ? Rien. Quand la tempête se déchaîne, quand mon tissu se déchire et quand tout s'écroule, je me mets - après réflexion - là. Là, c'est dans l'économie de moi. Dans le calme.

Le moi ? Ses peurs ? ses envies ? son vent ? sa bave éparpillée ? Un moi qui s'épluche, qui va à l'économie de lui-même. (C'est davantage ça.) Qui teste tout et comme tout échoue, c'est un moi qui se confie. Et ouvre ses bras. Et s'offre. Un moi qui s'ouvre. Et face au vent ? Même chose.

Multiplier les gestes ? les opérations de contrôle ? de séduction ? d'entretien de ce qui sent le sapin ? Laisse tomber.

Tout fait silence, avec mal, et tout écoute. (Tout se dépouille.) Tout se calme. Là, dans l'épreuve... Dans la perte de soi. Dans la marche forcée vers autre chose. Une nouveauté qui accouche.

Et ça casse mes ligaments.

Quand quelqu'un se casse - tel qu'il se connaissait, ou se pensait fort -, c'est qu'il faut changer. Moi, ce vent terrible m'arrache les peaux. Il décape mes muscles. Il érode mes tendons. Et masse mes viscères.

Alors quoi ? Je m'offre, après avoir lutté. Comme un Jacob, qui en plus s'asseoit dans la cendre.

La tempête rugit, défait, emporte ? Ok. Opération démembrement. Mise en pièce. Mise à mort. Traversée du lac de feu. Des doutes glacés. Du souffle sec. Des escarbilles qui brûlent.

Résister, c'est raisonner comme avant. C'est rester vieux. C'est animer le vieil homme. C'est le nourrir comme une peau de carpe, vide, grasse et fripée.

Alors quoi ?

C'est de nouveauté que j'ai besoin. La vie fait ça. Résister, c'est valoriser ce qui a mené à l'échec. S'ouvrir, c'est devenir nouveau.

S'offrir, se confier, rester cool avec les flancs battus, rester faible - et ouvert - c'est ça être fort.

C'est faire confiance.

Quand tout fout le camp...

Ouais.

Je garde mes fondamentaux (amour de mes aimé(e)s). Et fonce dans le rien : méfie-toi brouillard, je suis pire que toi. En beaucoup plus aveugle. En plus ignorant encore. En plus loser... Plus acculé. (Déterminé.)

Alors fais-toi plaisir. Et dis à ton copain le vent qui hurle de décharner plus encore. Restera le centre. La vie, la vraie. Qui attend d'exploser. Et de rebâtir, en émergeant.

Faire un.

Faire un avec le vent. Et rester cool.

Est-ce que j'y arrive ? Non. (Par moi-même, non - Évidemment.) Mais je marche. Et un jour j'y serai. Où ça ? Nulle part, justement, c'est-à-dire partout. Dans la joie, donc. Ailleurs qu'ici, en fait. Je marcherai dans l'eau vive.

Crois-le si tu veux, j'ai confiance. Alors, vent, fais-toi plaisir.

Et continue à éroder : fais-toi du bien.

C'est moi qui en profite.
__

[ Ps. 22 ]


 Amour, foi, risque et vieTue 7 Apr 2009
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[ < thémas Amour, Foi, Citations | archivage automatique du billet sur le stratégie, l'art de la narration, le cinéma intérieur et l'art d'envisager les choses par leur fin | Share/Save/Bookmark | vos commentaires ]


À Nadia


La Guérison des souvenirs est un ouvrage lumineux. Les auteurs : Dennis et Matthew Linn [1], théologiens américains spécialistes de la relation d'aide [2]. De cet ouvrage, je peux dire mille choses.

Je peux dire qu'à chaque fois que je traverse une épreuve majeure, comme il y a dix ans pile - et comme maintenant -, ce bouquin m'aide à grandir. Sa vision du monde, de l'identité humaine, du rapport à Dieu et aux autres est riche et trempée de pragmatisme.

Il y a dans ce livre une sagesse. Quelque chose qui communique un état, des connaissances, une foi revigorée, normalisée, adulte et pleine.

Une envie.

Un carnet près de ma table de nuit me permet, depuis des années, de noter des idées, des avancées, des choses personnelles. Et hier, comme rarement, j'ai rempli ce carnet. De choses que j'ai comprises. Sur les protections psychologiques, sur le fait d'assumer, de vivre avec des risques, de travailler pleinement, de localiser les idoles [3] qui remplissent un vide.

Un vide en moi.

Charles, bien souvent, parle d'une relation spirituelle dès le début cassée. Dès la conception. Il y a un manque existentiel bien antérieur [4] aux bains intra-utérins pourtant remplis de doute, à la naissance qui morcèle, au sevrage du sein qui isole. Un besoin encore plus radical, plus ancré, de trouver du réconfort, de la mise en mouvement, du soutien, de l'acceptation de soi. Du sens.

C'est inné.

Ouais...

Et les idoles sont de faux dieux : ce sont des béquilles, qui aident à tromper la peur et à déléguer à d'autres autorités - réelles ou fictives - ce qui normalement nous revient : aimer et travailler, pour paraphraser Freud. Surtout, nous assumer. Vivre par et pour nous. Et avancer. Et aimer en vrai. C'est là le propre de la vraie liberté de jouir, d'être un être autonome, pourrait dire Romey. Autonome, inter-relié (façon Gandhi), conscient, donc adulte et aimant.

Sûr.

Merci à Nadia, hier, pour sa fine intelligence. Et son partage d'expérience, sa tolérance, sa gentillesse gratuite.

Cette nana a tout compris de tout.

Merci à l'Esquinade aussi, pour l'accueil fréquent de mes joies, de mes peines.

Merci enfin à Celui qui donne, soutient, anime et est la vie : Esaïe 40 : 25-31 m'a fait grand bien [5].

Je termine en vous souhaitant de belles et bonnes journées à venir. La parole est à Dennis et Matt Linn (op. cit.), signalant un passage du Ne crains pas de l'humaniste chrétien Jean Vanier :

« J'ai appris plus sur l'Évangile, avec les handicapés, les écrasés et les blessés par la société, qu'avec les sages et les bien-pensants. Par leur croissance, leur capacité à accepter et leur modestie, les personnes blessées m'ont appris à accepter mes faiblesses sans prétendre être fort ou capable. Les handicapés m'ont montré combien je suis handicapé, combien tous nous sommes handicapés. Ils m'ont rappelé que nous sommes tous faibles et destinés à mourir et que ces réalités sont celles qui nous effraient le plus [...]. On dit à un alcoolique qu'il faut arrêter de boire, que c'est mauvais pour sa santé. Mais il n'a pas besoin qu'on le lui dise : il a vomi toute la journée. Il n'a pas besoin qu'on vienne lui apprendre la loi, il la connaît. Ce qu'il veut, c'est trouver quelqu'un qui lui donne la force et le goût de vivre. Ce n'est pas parce que vous dites à quelqu'un qu'il ne faut pas voler qu'il ne le fera pas. Ce dont il a besoin c'est de pouvoir s'appuyer sur quelqu'un qui lui insuffle la vie et le courage, qui lui apporte l'amour et la paix. »

__


[1] Ces deux frères de sang sont jésuites de formation. Matthew l'est toujours. Dennis, lui, a épousé Sheila. Tous pratiquent un christianisme de terrain (sûrement le seul valable) : ils font des conférences, pratiquent l'entraide, le partage et l'amour. Leurs ateliers se centrent sur le pardon : tout, chez eux, est intense, modeste et réel. Leurs pas - compatissants et fermes - les ont, entre autres, conduits jusqu'en Hongrie, 2e pays au monde pour le suicide. Ils sont connus aussi pour leur travail auprès des personnes divorcées, souvent en fort besoin de guérison intérieure.

[2] Voir aussi le grand Jean Monbourquette.

[3] Idoles : images, projections, reflets, fantasmes. Ce sont des rituels, des passe-temps, des croyances investies, des forces (augmentées de l'habitude) que l'on nourrit dans l'espoir d'obtenir soutien, réconfort, épanouissement (cf. bénéfices secondaires). Or, à l'arrivée, la livraison de l'idole, c'est la torsion de la vue, la fainéantise, la duperie, la fatigue, la répétition morbide. On se trompe soi-même. L'idole est le fruit du péché, ce manque-à-vivre qui en appelle à quelque chose qui nous surpasse, nous nourrit (confort, sensations, énergie), nous protège... en apparence. L'idole est une représentation, une coquille qu'on remplit d'attentes et de projections multiples. Il faut relire les récits de voyage de l'orientaliste Alexandra David-Néel. La grande aventurière explique comment certains peuples chargent une statue vide (idole, ici orientale) : ils la préparent, la chérissent, lui adressent des demandes, lui remettent leur confiance (foi). Ainsi l'objet recueille-t-il les énergies psychiques de tous et se remplit-il magiquement (spirituellement), pour venir rayonner et influer sur le quotidien de ses adorateurs. Voir théma Égregore. Voir les dangers de l'infantilisme spirituel (fascination, sujétion, dévoiement, perte du sens de la vie, tourmente intérieure, utilisation de la fine pointe de l'âme pour une orientation voilée, impasse énergétique absolue).

[4] Et tant pis pour Jacques Lacan. La perte du paradis, de l'unité, de la fusion placide avec un Tout s'envisagent ici avant même la formation du fœtus. Ce qui, au passage, s'accorde assez bien avec l'idée de Françoise Dolto que le fait humain (sa condition) s'enracine à l'avance dans l'inconscient des parents, qui rêvent d'un enfant et déjà l'engendrent symboliquement, lui faisant une peau et des viscères toutes d'inconscient tissées, pétries (l'enfant naît et croît déjà dans le cœur des parents, pourrait-elle dire). Idée proche de celle de l'Adam biblique : avant même que je sois, la trace d'Adam (le fait humain par excellence), cette marque venait déjà me remplir de sens (signifiants parentaux, croyances, attentes inconscientes, culture humaine)... et de vide. Le vide ? Le lien cassé, dont j'hérite en même temps : je suis - dès la matrice - marqué du sceau de la perte. Spirituellement envieux... mais paumé. Ma vie me sert à (re)trouver le chemin. Et à l'arpenter dans la grâce. L'esprit d'aventure. La confiance. La liberté. La réconciliation. La complétude. L'erreur. Le mouvement. Le risque.

[5] Voir, en ligne, un morceau d'Esaïe, version Bible Bayard. Bayard ? Une magnifique traduction, quoiqu'intégrant des livres traditionnels secondaires (compilation hellénistique puis catholique), dès le début extérieurs à la Bible - Cf. apocryphes.  Read More


 Absara - 92e partieThu 2 Apr 2009
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Internet, versant pro


Absara s'adapte. Idée-maîtresse, vous vous en souvenez : rapidité, pragmatisme, valeur ajoutée, intensité, magie. C'est le coeur du travail. Vous permettre d'éprouver tout cela à la fois, en vous le servant sur un plateau, lors de formats dédiés.

Oui.

Sept, maintenant. C'est le nombre de soirées de speed consulting que nous vous avons proposées. Cf. Crème de violette.

Tout s'adapte, je vous l'ai dit. Et tout, pour les entreprises, se centre à présent sur la vente. Vendre, c'est assurer les mois à venir, en ces temps de besoin de clarté. De besoin de visibilité. Nous le comprenons. Et nous l'intégrons très fort.

Justement : Absara, qui propose habituellement des consultants de haut vol, propose à présent des prestataires divers, des partenaires qui donnent des choses en plus. Des entreprises qui, nous l'avons testé, génèrent ou facilitent la vente.

Nous avons un nouveau partenaire, qui est une agence de communication toulousaine. Cette agence, entre autres, réalise des sites Internet de bon niveau (c'est important).

Pour Absara, et tous ses professionnels affiliés, ce partenaire accepte de réaliser des sites-test à l'essai. Sites aux couleurs de l'entreprise. Avec fonctionnalités complètes (conception, charte, e-mails, hébergement, etc.). Ainsi les professionnels peuvent-ils voir, directement sur écran, ce que donne un site vraiment professionnel (site d'agence), avec leurs attentes à eux. Un site :

| inspiré de l'actuel et amélioré - si les intéressés en ont déjà un,
| futur, avec des nouveautés - s'ils sont curieux de voir ce qu'une version avancée peut donner,
| possible... un jour - s'ils comptent à un moment donné faire réaliser le leur, selon les canons du genre (professionnalisme).

C'est inédit.

Les résultats sont excellents.

Be seeing you : je vous tiens au courant, pour cette offre réservée.

M'est avis que Crème de violette 8.0 va vous aider à vendre. Avec sites-tests à la clé.

Du concret.


 Prendre soin des autresTue 10 Feb 2009
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Peu. Peu sont aussi touchants que Janusz Korczak (1878-1942). Des humanistes, des pédagogues ? Peu s'engagent comme lui, se dévouent [1], inspirent définitivement le genre humain.

Korczak... Ce pédiatre du ghetto de Varsovie, médecin de la misère, traverse le fracas nazi entouré d'une ribambelle de marmots, orphelins, qu'il aide, encourage, éduque et soigne. Fidèlement, généreusement, de manière construite (Korczak innove et modélise une pédagogie, intelligente et moderne). Puis vient l'enfer de la rafle. Quelqu'un intime au médecin de fuir. Mais il monte... L'homme accompagne ses petits protégés dans le convoi de la mort.

Il meurt à Treblinka (Pologne).

Il faut admirer cet homme. Digne, juste et humain. Il faut aussi lire son journal (posthume) du ghetto.

Korczak, en plus d'être un homme d'étude et de terrain (figure paternelle, éducateur, clinicien qui donc se penche [2] sur les cas personnels), Korczak est un penseur social et un métaphysicien de premier ordre.

Il se demande [3] pourquoi le collectif humain, si tant est qu'il évolue, se heurte systématiquement à la tentation de la violence massive. Comme pour accoucher de formes éthiques, organisées, fonctionnelles. L'épreuve est-elle obligatoire pour organiser la vie ? ramener l'homme social aux évidences ? le faire marcher ? D'ailleurs, l'homme - par sa cécité - a-t-il une destinée tragique, qui marque sa chair et engloutit fatalement ses enfants ?

Je veux dire combien Korczak, grand inspirateur, est nécessaire à tous.

__

[1] Pédagogie - Quelques pionniers féconds, nécessairement hors-système (cf. homéostasie et logique organique des institutions) : Rudolf Steiner (1861-1925), spiritualiste post-romantique, inclassable, original (voir citations) quoique pétri des préjugés de son temps ; Maria Montessori (1870-1952) et aussi Célestin Freinet (1896-1966) ou Françoise Dolto (1908-1988). Voir d'ailleurs la théma.

[2] La clinique, en grec, c'est l'art de se pencher au chevet, à l'écoute de la détresse et des moyens possibles de soulager. Il y a, infuse, l'idée d'étude et de soutien de la personne.

[3] Précédant, en cela, René Girard, anthropologue et philosophe de la civilisation. Citation de Korczak (Journal du ghetto) : « Le monde est-il une transformation continuelle du mal, ou bien avance-t-il vers un idéal en allant toujours plus haut et plus loin au milieu de ceux qui tombent ? ».

[ Droits des enfants, la lumineuse contribution de Korczak | Korczak est un pseudonyme (personnage romanesque et nom de plume), il se prononce Yânouss Kortchâk | Korczak, l'hommage de Kurt Lewin (ici, théma Lewin) | sur la cécité de l'homme social, revoir le scénario noir - si fréquent - de la Tragédie des communs (Vaine pâture) | Apprentissage vicariant de Freinet, un modèle pour l'entreprise ? ]  Read More


 AudaceMon 2 Feb 2009
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Tentons-le. Et surtout si c'est gros, et surtout si c'est dur. C'est le parti-pris du réalisateur français d'origine marocaine Mohamed Ulad Mohand. Son idée ? Le microcosme en live. Avec une caméra qui tourne. Cet homme d'art et de pellicules, sensible au conflit du Proche-Orient, veut faire une réplique, un laboratoire, un creuset humain, forcément viscéral, de l'entente interpersonnelle. Un travail à ciel ouvert. Quelque chose d'organique, fondé sur l'opposition [1] et donc le dialogue.

Entre frères ennemis (eh oui, si proches). Gros challenge...

Ingrédients : une équipe de jeunes Palestiniens, une équipe de jeunes Israéliens. Des ados, ensemble. L'idée ? Un espace clos, où les jeunes vivent côte à côte. Ils partagent les repas, les nuits, les projets, les coups de gueule. Ensemble, ils convoquent la culture, les envies qui divergent, les données-terrain (traumatiques) du conflit. Et donc produisent des accords. Accords de paix, négociations.

Ulad Mohand veut tester ça. Espérant, si le succès surgit, que l'exemple rejaillisse sur le macrocosme. Et en courbe la tendance, en vrai.

Une réplique (une carte) n'est pas le territoire [2], évidemment. Mais le territoire est forcément humain. Forcément chargé.

Ulad Mohand veut innover. Et prouver, en alchimiste de la donne humaine, que le petit peut influencer le grand. Le réel.

Projet fou. Donc sublime.

L'espoir, la vitalité [3], fraye et affleure.
__

[1] Cf. synergie et approche dialogique entre parties-prenantes, façon Edgar Morin.

[2] Alfred Korzybski (1879-1950).

[3] Revoir les apports décisifs d'un Charles Baudouin (arc réactif).

[ Biographie de Mohamed Ulad Mohand sur Africultures ]


 Météore Mon 26 Jan 2009
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Si nous avions su... Si nous avions su - insouciants et légers - que la semaine passée, un ami mourrait, si vigoureux, si jeune, si plein de projets.

Et voilà que sa famille prend l'avion ce matin (7 h), pour aller voir le corps, recueillir (et donner) du soutien, connaître plus encore les causes de sa mort.

Mon coeur est avec eux, en ce moment même, dans cet avion qui fait le lien. Habituellement, l'avion rapproche les gens qui s'aiment. Là il va permettre de constater.

De constater que le corps de J. est brisé.

Comme nos coeurs...

Les mots me manquent.

Me viennent ceux de sa famille. Ceux du père, qui se dit brisé mais pas détruit. Il trouve même la force de dire des choses gorgées de vie, au bord du gouffre. Ceux de la mère, qui dit que nos proches sont à empoigner les mains ouvertes (ils ne nous appartiennent pas). Ceux d'une de ses soeurs (dédicace écrite) ou des amis (il y a un temps pour tout), qui pleurent, s'interrogent et constatent. Me revient aussi le violon de Zaza, présent à l'office.

Musique poignante...

J. était un météore, de ceux qui brûlent, qui s'engagent et vivent fort. De ceux qui questionnent, soutiennent et sont au monde. Avec un rapport direct et un éclat.

Que faire ?

Prier, panser les plaies. Et vivre. Forcément ébranlés. Forcément dans ce monde.

Vivre.

Et se souvenir.

Et marcher.

Si possible dans la confiance.

Un homme, nous dit le père de J., porte du fruit s'il meurt. Il y a là un accomplissement définitif : une réalisation.

Une vocation définitive (spirituelle).

C'est cet aspect définitif qui rend le temps si long. Peupler ce temps par de l'amour, voilà ce qui reste à faire. Et à vivre.

Car c'est peut-être ça, la vie. L'amour d'un couple, qui engendre. L'amour des liens, ensuite. L'amour qui persévère et repousse la mort. Et enfin, l'amour qui donne un sens. Qui rencontre la mort et se mêle alors à l'essentiel.

L'éternité, le rapport vrai.

Dieu, que c'est dur.

Mais je veux quand même, moi aussi au bord du gouffre, me joindre à la vie de cette famille que j'aime.

Et reparler d'espoir. L'espoir brille aujourd'hui. Dans le noir pour nous. Dans la pleine lumière pour J.

Je sais (par la foi) que ce beau fruit en donnera des milliers. Il nous le tarde à tous...
__

[ Me reviennent les (très belles) paroles du père de J., sur JFK. Un président qui voit le mur de Berlin tomber. Il faut alors attendre quatre décennies, quelle qu'ait été la mort de Kennedy, pour en voir le fruit : mur qui tombe en vrai. Puis (autre propos) un industriel et homme de foi, dans le passé, qui perd son fils unique. Puis ses quatre filles, dans un naufrage. Il compose un cantique où il a l'audace (la foi) de dire que son âme est sereine (is well). Oui. Voir à travers, compter sur le coup d'après, la réalisation des choses. Où tout s'accomplit, donne un sens a posteriori. En attendant, il faut vivre. Et bien. Par respect pour les autres. Et pour soi. Et pour la Source de vie. C'est dur... Nous le ferons. Mais c'est dur. Ce lundi a un goût de déracinement. Là, tout à l'heure, j'ai re-parcouru André Frossard, qui a lui aussi conduit sa progéniture au cimetière, douleur parmi les douleurs. ]


 Se poserThu 22 Jan 2009
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Charles


Un pasteur. (Oui.) C'est quoi au juste ? Le mot veut dire berger [*], au sens de conducteur, de responsable, qui stimule, forme (fait grandir), rassure et soigne ses brebis. Le pasteur ? Un fruit du protestantisme, courant qui prône un retour individuel aux racines de la foi (Évangile : « bonne nouvelle » en grec). Le prostestantisme propose de prier Dieu et seulement Dieu (jamais un humain, fût-il saint c'est-à-dire exemplaire). Le protestantisme se passe de clergé et l'interprétation de la Bible est forcément individuelle (donc profonde) et libre (autonome). Seuls des gens versés dans les Écritures (ensemble inspiré, direct et complexe) peuvent, et souvent à l'issue d'études dédiées, dispenser des enseignements.

La Bible se lit, se médite et sert d'édification spirituelle et morale pour le croyant (réflexions, prière, discernement, consolation, encouragements, décisions).

Elle fait autorité.

Le pasteur, alors ? Un homme ou une femme. Versé(e), on l'a vu, dans les Écritures. Et expérimenté(e), connu(e) pour sa sagesse, souvent parent, donc marié(e), parfois titulaire d'un autre job. C'est l'assemblée des croyants (assemblée : ekklesia, église) qui élit le pasteur.

Pour son dévouement, son empathie, sa finesse spirituelle.

Il se déplace avec son conjoint pour réconforter, enseigner, visiter les croyants dans l'épreuve. Ou juste manger et partager un verre.

Charles est un bon pasteur et c'est le mien. Son implication, sa chaleur, son expérience, sa foi, son audace, font de lui un ami cher. Un conseiller spirituel charnel, honnête, inspiré, profond.

Que dire ?

C'est un travail qui se compte en années que de comprendre que Dieu n'a pas d'exigences pour le croyant. Finie la culpabilité, finis les rituels, finis superstition, religion, délire et infantilisme.

Les exigences ? Ce sont les humains qui (se) les imposent, pour coller au schéma parental, pour se défausser, pour juger, pour se rassurer. Ce que Dieu propose, ce sont des percées de bonheur, des voies d'évolution. D'accomplissement.

Un cheminement gratuit, au jour le jour. Dans la confiance mutuelle (contrat de cheminement, foi).

La grâce ? Un soulagement. Un privilège...

C'est ce que je comprends. Notamment quand je discute et partage des choses (très personnelles) avec Charles.

Comme cet après-midi.

(Voilà.)

Prenez soin de vous :)
__

[*] Eh oui. Si les États-Unis génèrent un modèle tel que le Manager-minute, c'est parce qu'il y a dans cette première économie mondiale une culture pastorale populaire, volontariste (I have a deam ; Yes we can ; A Maverick, le « franc-tireur », repompe intégrale du discours des églises). Le rapport au travail et aux travailleurs (le management) est un humanisme, un optimisme responsable, optimiste. Et pédagogue ! (Encourager, fournir des strokes, donner envie d'apprendre et de se dépasser.) C'est un des acquis du protestantisme économique, produit de la vie courante (travail, famille, implication et animation d'une communauté, d'un tissu social). Les églises, pleines le dimanche, sont des usines à management, des matrices et des filières à motivation : le pasteur en chaire est un mobilisateur. Personnage qui parle à la tête et aux tripes. C'est culturel, donc digéré dans la vie de tous les jours (habitudes, mentalité). Le pastorat ? Une fabrique en temps réel (une usine à ciel ouvert) de l'essentiel du management de ces trente dernières années. Une envie de plus et de mieux. Une ambition concrète, qui parle et engage le quotidien. Cf. Le Tremendous ou encore Kenneth Blanchard. Le management est une approche normale, populaire, naturelle, de tous les jours.


 Paris - 4e partieTue 20 Jan 2009
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Paname-A


Trois choses.

Il y a l'histoire des soldes, en premier. Vous savez ? Regardons les vêtements. Une étiquette indique à la fois le prix passé (rayé) et le prix actuel. De sorte que le prospect, en consultant ça, se figure tout de suite le gain. C'est le plus pour lui. La campagne commerciale devient claire et parlante : Je fais une économie de tant.

Un trait mental consiste à faire la même chose dans les services. Prenons un prestataire. Il facture des choses et génère un gain pour la boîte. Il suffit simplement, comme dans les soldes, qu'il décrive un passé (avec ses problèmes, avec les blocages qu'il produisait), qu'il indique dans la même proposition le mieux qu'il envisage. Un seul et même support pour ça. Un gain se fait alors jour, fondé sur la différence entre une réalité et son amélioration prévisible. Reste juste à indiquer les moyens d'y arriver, par exemple en entretien. ce sont les pistes. Viennent logiquement les questions, les préoccupations, les envies du client. À charge pour le bonhomme de montrer les voies réalistes : trajectoires mesurables.

C'est logique.

Je veux juste dire que le modèle des soldes et du gain (cf. étiquette) est simple et efficient (naturel). Je le conseille aux prestataires que je connais : hardi, guys, gardez la foi.

Le deuxième point, c'est ce clochard de la place de Clichy. Regardez-le et quelque chose (un détail) vous fend doublement le coeur. Il est assis dans le métro, sur les marches. Immobile. Atterré. Ce qu'il perçoit, ce sont les milliers de trajets bruissants, qui lui passent à côté, dessus, partout, sans jamais le rencontrer (sans le toucher). Regardez sa bibine de vin : biberon rougeâtre. Un vrai biberon, en plastique, de gamin. (Comme ma progéniture.) Cet homme tète et se rassure. Son lait maternel, c'est du vin-poison. Alors il se le colle aux lèvres et subit le monde avec. Il se donne un contact à lui-même. Il affronte la vie comme ça.

(Dieu...)

Ouais.

Troisième point ? Marc Traverson. L'auteur, coach et psychanalyste [*], spécialiste des relations dans l'entreprise, me reçoit dans le Ier arrondissement. Des échanges riches et intéressants. J'aime quand les visages du Net s'incarnent et s'animent.

Un des privilèges de Paris : recéler des talents au bout d'un ou deux métros.

La visite aux chouettes profils prend des contours de pèlerinage amical.

Sûr.

Allez, 'nuf said : parlez-nous donc de vous.

Au plaisir !
__

[*] Merci, Marc, pour les livres ;)

[ Tiens, que pensez-vous du nouvel habillage du blog ? ]


 Paris - 3e partieMon 19 Jan 2009
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(Pa)Nam(e) au fromage


Voyons voir. Hier, soirée à L'Entrepôt. Troupe d'improvisation : Les Carafes [1]. Leur plage ? Les troisièmes dimanches du mois. Sur place (local à la fois théâtre, bar, ciné, resto), chapardage du joli flyer de l'intriguant Surnatural Orchestra :




Fig. 1 - Surnatural Orchestra



What else? Visite, il y a 3 jours de l'agence de relations-presse NDRP conseil, à Neuilly.

Pro.

Ah, aussi, je mets aujourd'hui, et jusqu'à mercredi, mon baluchon chez B-Graphik :




Fig. 2 - Barbara, graphiste B-Graphik



Ce matin, visite au très beau musée Gustave-Moreau.

Inspirateur. (Forcément.) Au point, comme me le recommande mon amie toulousaine Martine, que j'ai extirpé mon carnet de croquis pour saisir du cracrabouilla [2] d'impressions sur le vif :




Fig. 3 - Leda Vs Jupiter



Et puis visite à la belle galerie de quartier Empty Brains, où certaines oeuvres me rappellent Thierry Carrier, dont j'ai un tableau.

Je termine en vous parlant d'Olivier Piazza (rendez-vous place de Clichy, brasserie Wepler). Intelligent [3]. Comme dans son blog. Le consultant parisien travaille sur le changement : il touche des axes comme la diversité ou le handicap en entreprise. Par ailleurs, son intérêt pour les modèles ouverts et les personnages porteurs (cf. Obama, leader inspiré), de même que son travail comme professeur à HEC, font de lui un intervenant tant concret que cultivé. Témoin - notamment -, son intérêt appuyé pour Jodo ou la Spirale dynamique de Clare Graves.

Bonne semaine !

__

[1] L'excellent Manu, motion capturer dans le civil, puis Séverine - tiens, candidate en décembre dernier à Un Dîner presque parfait -, Kevin (leur prof de théâtre), une autre fille (mmh, Cathy ?) et un monsieur drôle et barbu, animateur à RTL2.

[2] Dixit ma descendance. L'est belle, la France !

[3] Olivier, le bouquin sur les haikus est Fourmis sans ombre. L'autre bouquin ? 80 Hommes pour sauver le monde. Quelques corrélats de tes approches ici, sur Torbert, Philips, Huntley, Loevinger. Et puis, encore et surtout, Flemming Funch. Ainsi que le décapant (!) Max Sandor.

[ Mmh, consultation du Comment avoir des idées créatives d'Edward de Bono : « Tout le monde [dans les entreprises, ndlr] devrait chercher à être créatif. [...] L'information est désormais un bien à la portée de tous. [...] La concurrence doit donc se faire sur la base de la création de valeur. » Création bien ficelée, s'entend. Et pourtant ! « Un homme marche dans la rue, commente de Bono. Soudain, un groupe de personnes s'approche de lui. On l'encercle, on s'empare de lui et on le ficelle. On lui tend ensuite un violon. Bien sûr, cet homme ficelé ne peut pas en jouer. Qu'allons-nous en conclure ? Que si l'homme était libéré de ses liens, il pourrait jouer du violon ? [...] Ce n'est pas parce qu'on tranchera la ficelle que l'homme deviendra violoniste. [...] Malheureusement [...] nous nous imaginons qu'en levant les inhibitions, on permet aux gens d'être créatifs ! [...] - Les - techniques [telles que le brainstorming] ne sont pas sans intérêt, mais elles reposent sur une approche très mauvaise », conclut l'expert international en pensée créatrice (cf. lateral thinking), notamment capable de guider les salariés d'une aciérie vers la génération de 21 000 idées en une après-midie ! | grosses performances aussi, nous dit de Bono, avec des enfants pourtant atteints de trisomie - classe (!) | tiens, là où je suis, on m'indique qu'il y a le grand illustrateur Bilal Bassal qui travaille à l'agence BrainSonic magic studio ]


 Paris - 2e partieSun 18 Jan 2009
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«C’est une erreur de ne pas croire et une faute de tout croire.»
Fernando de Rojas (extrait de
La Célestine)



La Forge, atelier d'artistes. Le quartier ? Belleville. Une fresque (une grande), là, sur le mur. Truc au pochoir, à la bombe, à la tripe. (Ça pète.) Il fait nuit, de la boue, fait froid (un peu). Et puis (après dîner au Kotto), soirée chez Marie, près de La Forge, avec les comédiens de l'école Erac. Ces étudiants jouent La Célestine de l'Espagnol Fernando de Rojas (fin XVe), théâtre de l'Aquarium, jusqu'au 1er février.




Fig. 1 - Texte annoté de la comédienne
Pauline Méreuze



Quoi d'autre ? Discussion professionnelle. Prise de participation dans le capital d'une entreprise. Plus quelques autres éléments salariaux.

Et rencontre (lors du déjeuner, plus tôt dans la journée) de la soeur et du beau-frère de mon collègue. Le beau-frère travaille dans l'architecture (spontanément nous parlons motivation - grand classique). La frangine ? Dans une ZEP. Institutrice. Gentille, calme et solide. Propos saisissants. Et félicitations : c'est par les enseignants investis que passe la République.

Sûr.

Dodo, après (fait nuit, dernier métro). Impertinent, simple et raffiné Fourmis sans ombre de Maurice Coyaud.

Et rêve (si !). Vous savez ? Il y a ces forces Animus et Anima. Je me sens rencontrer une âme féminine, aimante et éternelle. Touchante. Je lui parle, lui disant que mes rêves nocturnes la retrouvent - depuis des années - dans des femmes que j'ai connues, qui m'ont construit. Je pleure et la prends dans mes bras.




Fig. 2 - Dante,
ici guidé par la dame de son âme



Réveil, là, il y a quelques heures. Et souvenirs de la Béatrice de Dante. Ou des dames de la poésie courtoise, ces âmes qui parlent. Et vous guident. Et vous construisent. Et sont là, depuis toujours.

Pff.

Bon dimanche.

__

[ La Forge | le blog de Belleville, plus photos de la fresque (voir aussi tofz4u ou le blog de Thiasmine) | tiens, blog collectif sur le métro | Erac, le blog | amour courtois, le fin' amor des Occitans, teinté de mystique cathare (racines orientales) ]


 Business madrasa - 1e partieFri 16 Jan 2009
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[ < théma Livres | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur les PME qui exportent | billet interactif, naviguez par mots-clés et postez vos commentaires en cliquant sur le bandeau de son titre | 2e partie > ]


Falafels, falsafa


Pantin. Vous connaissez ? Nord-est de Paris, commune ouvrière, commune bobo. J'y dors, j'y reste quelques jours. Contexte : un loft refait, petit, cossu (lot d'un grand ensemble). Du goût dans tout ça. L'on m'y dit plein de choses. Une baignoire a fui, dans le passé. Un premier artisan a composé, pour ça, un devis de 2 000 € : nécessité de faire venir un moteur pour pomper, intervention et Ah, je suis en ligne avec mon patron... qui vous rassure : il vous fait une fleur (!) et vous accorde un paiement 3 fois sans frais. Surréaliste. Un second intervenant a, lui, indiqué que les frais grosso modo s'élèveraient à... 1 euro, prix d'un simple joint.

Fou.

Je dors avec deux chats. Mignons. Et partageurs de poils : ma tenue noire en témoigne.

Bonne nuit de sommeil. Puis un ou deux métros. Je suis à Belleville, quartier sino-maghrébin. Ch'uis dans un taxiphone-Internet. Voyons voir : boucheries halal, magasins de cuit-vapeurs chinois, vêtements bon marché. Beaucoup de vie à l'entour : circulation de gens, conversations sur mobiles, commerces de tout. Plus prostituées chinoises quadragénaires, maquillées (façon enfarinade visagière et rehaussement du trait des yeux, des lèvres, des pommettes rosies), avec mini-sac à main, parfois un sac en plastique avec légumes qui dépassent (courses locales).

Et puis un grand resto, Le Président. J'y déjeune (mmh, dans 30 minutes) avec mon collègue hongrois. (Ah non, ce sera un resto thaï.) Puis nous entrons en discussion, à 14 h, avec nos partenaires. Ou futurs.

À voir. Parce qu'une entreprise est un ensemble humain, commercial, financier - il faut bien tout discerner.

Dernier truc : la motivation. Une entreprise internationale - implantée dans la région - anime ses cadres. Il y a, en gros, les exécutants et les vrais chefs de projet. Les premiers sont jeunes et (relativement) motivés. Les seconds dirigent, délèguent, attendent. Les premiers font beaucoup de choses. Les seconds semblent rêver de la retraite. Il y a un clash. Tous les indicateurs motivationnels sont au rouge. Et la direction locale, apparemment dépassée, achète du conseil relationnel, sous forme de séminaires légers, fondés seulement sur du volontarisme (orientation exclusivement incentives). Une résistance est là, qui bouche - on dirait - le regard. Pourtant, quelques actions dans le coeur de l'entreprise feraient le plus grand bien : entretiens, relevé des leviers motivationnels, étude de la valence, sociogrammes, modélisation d'actions managériales à l'année (feuille d'objectifs, tableaux de bord décisionnels, félicitations-minute pour re-booster le moral).

Mais l'entreprise, comme tout un chacun, dispose d'un libre-arbitre. Et intervenir à ce stade de démotivation prend du temps, demande de gagner les confiances et consomme - à l'arrivée - une forte énergie humaine.

Du taf.

Je change un peu et vous indique un magnifique ouvrage (anglophone) de Peter Watson : Ideas, A History, From fire to Freud. C'est ce libre-arbitre qui m'interpelle. L'on trouve dans cette somme magnifique (et accessible) un joli focus sur la pensée musulmane. La justice de Dieu, versant musulman (Antiquité tardive), s'exerce si et seulement si l'humain est libre. Totalement libre.

S'exerce ensuite - et le christianisme développe superbement ça - la Grâce. L'amour.

Be seeing you.
__

[ Hier, dans l'idTGV (ouvert aux seules résas Internet), je me suis assoupi, songeant aux complexes culturels et architecturaux du monde musulman, du type social et intégratif (madrasa-mosquée-hammam, pour les ablutions) ; je devrais plutôt dire que ce sont les madrasas qui me sont venues, par invitation prégnante, à la faveur d'un demi-rêve ; un truc qui résonne et se travaille dessus - Ce motif, mêlé de ma fraîche lecture sur le libre-arbitre, plus une ou deux figures qui maintenant m'échappent, m'ont procuré un repos, un rafraîchissement cérébral, une synthèse psychique comparable à ce que les archétypes d'édifices, de centrations sur le Soi procurent en psychologie des profondeurs (cf. Carl Gustav Jung et sa tour de Bollingen ou Georges Romey, sur l'axe initiatique) | philosophes arabes | la falsafa, c'est le dialogue et la combinaison des philosophies grecque et musulmane - à l'instar des grandes synthèses de Maïmonide chez les juifs et de la scolastique catholique, mâtinées de philosophie classique | falsafa et monde contemporain, la belle contribution de Mustapha Cherif | intellect et sensibilité spirituelle, l'ultime synergie entre nos pôles cérébraux ? ]


 2009 chosesFri 9 Jan 2009
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[< théma Conseil | catégorie Divers | this post in English | archivage automatique du billet sur les Goldo | présent billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre pour naviguer par mots-clés et poster vos commentaires ]


J'aide les opérateurs (individuels ou collectifs) à :
- gagner en force et en clarté sur le marché,
- passer leurs caps de croissance à 2, 6, 12 ou 18 mois,
- mobiliser le plein potentiel de chacun (motivation) au quotidien,
- développer du temps libre (individuel ou collectif) pour ce qu'ils jugent intéressant.


__

Un tour actualisé de mes activités. Voilà ce que je vous propose, à l'orée de 9 ans de conseil aux entreprises (35 organismes). Après quoi, je vous invite à en dire le plus possible sur vous, par commentaire. Ainsi pouvons-nous, les uns et les autres, indiquer de quelles tendances personnelles nous allons pétrir l'année qui est là.

D'accord ?

C'est parti.

Depuis l'année 2000, je fais du conseil en :
| stratégie d'entreprise,
| cohésion d'équipes,
| efficacité du travail (scoring de tâches, gestion du changement, sociogrammes, leviers de motivation).

Depuis 2008 ? Orientation plus technique : je livre un système d'informations (SI commercial, SI qualité) dans le domaine de la santé et travaille - également - sur un projet technologique européen.

Questions projets, je mets en place des conférences d'un nouveau genre (interactives), qui ciblent les dirigeants dans plusieurs pays. Et étudie de près le marché (intéressant) du BTP d'entreprises.

Je dirige, pour finir, le réseau économique Absara et blogue sur Absara.com (9 000 à 45 000 connexions mensuelles).

Mes bases ? Formation Sup de co. Prolongée (depuis 10 grosses années) d'apports solides en :
| communication interpersonnelle,
| management de projet.

Passions : sciences humaines d'une part, application - d'autre part - du sens pratique. J'aime la transversalité en matière de technique et de situations humaines. Approches qui travaillent si bien ensemble !

L'idée : faire au mieux, avancer, comprendre et travailler. Pour le bien de tous.

À vous. Qui êtes-vous ? et que faites-vous ?

__

[ Comment je travaille : mode facturation ou contrats salariés de mission (prévoir des lettres de mission), contrats par exemple augmentés de primes pour résultats (cas par cas) | stratégie d'entreprise, voir théma dédiée | ressources du blog en team building | scoring par ici | apports du blog en sociogrammes (théma Cartographie), gestion du changement (théma Dynamique de groupe), leviers de motivation ]


 Noël avant l'heureWed 17 Dec 2008
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[ < théma Complexité | catégorie Sc. humaines | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]


Au départ des sciences humaines, la théologie


Un chewing gum. Mouais. Voilà ce que me semble être la blogosphère des consultants. Pile en ce moment. Truc mâché mou, qui a perdu son goût. (Bon sang, bloguer, c'est vivre.)

Pff.

Et puis tellement limité, tout ça : vous devez être joli, volontaire et en bonne santé. Mais si c'est pour conseiller ça, analyser ça, livrer ça, quel intérêt (si ce n'est la recherche de légèreté, rafraîchissante) de faire des billets pros ?

Je m'ennuie...

Non pas dans ce que je fais (je ne risque pas). Mais dans ce que je lis, sur la Toile.

Tenez, à de rares exceptions (merci Traverson, merci Piaza), peu de consultants creusent les options personnelles : les besoins psychologiques, le style (ethos), la façon d'être. Peu se penchent sur la conscience, l'extension des choix, le bonheur.

Peu d'ailleurs parlent d'eux-mêmes, de ce qu'ils aiment. En vrai.

Alors je mets le curseur en arrière et rembobine un peu. Il y a plusieurs années, l'excellent et dynamique Reda Benkirane (sociologue érudit, multisectoriel au possible, auteur du passionnant La Complexité, vertiges et promesses) me proposait de former une équipe sur le fécond lien entre management (art de mobiliser des hommes pour produire un résultat) et complexité (considération continue, en sciences et dans la vie de tous les jours, qu'un tissu, qu'un système, qu'une interconnexion communicante - volontaire ou non - nous relie jour et nuit). Tout ça, sous l'angle pragmatique du travail [*].

Quelle belle idée. Quel beau domaine, en plus.

Cette complexité, c'est une histoire éternelle. Éternelle comme le sont les choses qui parlent des liens. Vous savez ? Les relations. Et leur puissant aboutissement (et même origine) : l'amour. L'amour qui génère, mêle et rend possible.

Ouais.

Tout ça pour quoi ?

Pour dire que je traque (avide) la théologie en ligne. Oui. Je veux du XXIe siècle et de l'éternité : du dingue et stable. Du vivant, du complexe.

Qui dit, dans les blogs, qu'un concept comme la Trinité chrétienne relève de la complexité ? que c'est moderne ? que ça ouvre les portes pour comprendre beaucoup de choses ? pour réussir ? choisir ? avoir du succès ?

Qui dit que l'interprétation de ce qu'il y a de plus haut se fait en connexion avec ce qui se voit tous les jours ? et que ça marche ? et que ça fait sens ? et que c'est isomorphique de la vie ? du mouvement ? de la construction des choses ?

Regardons. Il y a une unité (Dieu). Il y a l'Incarnation : que ce soit en partie (par la paternité, comme un enfant reprend en lui le matériel de ses parents) ou en totalité (il se met en entier dedans), Dieu s'incarne. (Il y a le Saint Esprit aussi, qui préside à la Création du monde, etc.) Prenons donc Jésus, l'Incarnation. La complexité, et son idée par exemple de logique d'hologrammes (regardez), en clair le modèle complexe expose ça très bien.

Un fragment reflète une totalité. Mieux : elle l'incarne, elle l'est. Elle l'est comme un microcosme reprend le macrocosme qui la forme au départ.



La Trinité, icône d'Andreï Roublev (XVe s.)


Une reprise, une parenté. Que ce soit en totalité complète (copié-collé) ou bien en partie (essence, nature intime, investissement de la force), tout ça importe peu. Puisque qu'une partie condense le tout : c'est qualitatif. C'est architectural. C'est naturel. C'est amoureux.

Examiner un homme peut donc conduire à voir Dieu (qui fait les gens à son image). Mais il y a la barrière : le péché, l'erreur (manquer la cible, dit l'étymologie). C'est donc tout flou. En Jésus, c'est net à l'inverse : le Tout (Dieu) se voit très bien.

Tout ça pour quoi, je disais ?

Pour parler. Et puis, en même temps que ces lignes me permettent de répondre à mon ami Traverson, je vous renvoie la balle. Et vous souhaite de très bonnes fêtes, par anticipation.

Prenez soin de vous.
__

[*] Travail : rapport de force qui produit des choses. Des plus.

[ La Trinité, kesako ? ]


 Tu crois qu'il va revenir, Abel ?Tue 11 Nov 2008
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[ < théma Caïn & Abel | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur le pourquoi (questionnement), sur l'enfance et la vitalité philosophiques, sur le poids enfin du regard en éthique (façon de vivre, de se placer dans le monde et de choisir le sens et le poids de ses actes) | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]

Le grand absent. C'est lui le grand absent, c'est Abel. La guerre, ce propre de l'homme qui incarne ce qu'il a de plus sale (incapacité à s'entendre entre soi), cette horrible guerre nous le prend. La guerre, c'est la jalousie. Témoin, la Bible. Dans leur récit, les Écritures nous parlent d'Abel. Elles nous montrent la portée universelle du crime. (Le crime, c'est une attaque avec mobile, une attaque sous prétexte - contrairement à l'autodéfense, tournée vers le sursaut vital.) Caïn tue Abel car il veut confisquer l'amour (et le regard) de Dieu, par la violence. Pauvre fou. Caïn est un passionné, un tourmenté, un dingue. Il tue son frère et cet acte terrible, le grand René Girard en fait le fondement, le nœud matriciel violent, fracassant, où tout se joue. De ce chaos passionnel naît la civilisation (régulations, paradigmes, productions collectives concertées). Les constructions humaines sont violentes (elles violent), les édifications se font dans le sang.

Pauvre Abel ! Cette guerre de Quatorze-Dix-huit nous l'aura pris. Abel, c'était le gars dans son champ, le type avec son agriculture et avec son père et sa mère et ses frères, et ses sœurs et ses copains. Pauvre Abel. Abel c'était François et c'était aussi Franz (c'était également Ali, Gábor et tellement d'autres).

Abel (vrai prénom), c'était aussi l'oncle de ma grand-mère paternelle. C'était l'oncle de Georgette. C'était ce gars que le combat de 14-18 mena loin. Et son officier le porta disparu. Des documents l'attestent. Ce pauvre Abel, sorti de l'adolescence, ce pauvre Abel, il est parti loin de chez lui et il a fait un trou. Un trou familial : porté disparu se hurle et se chuchote (c'est le pire cri, celui des pierres - cf. Luc 19:40). Sa mère (grand-mère de ma grand-mère) en est morte de chagrin. Épuisée par l'absence et par les pleurs. Mais tu crois qu'il reviendra, Abel ? Pauvre Abel. Et pauvres deuils, même pas faits.

Un trou.

Et puis par hasard, il y a une poignée d'années, lors d'un voyage, Georgette a retrouvé la trace d'Abel. Comme ça. Abel était bien mort lors d'un assaut.

La grand-mère, la maman d'Abel, pouvait enfin vivre en paix. Et, depuis sa tombe, entamer son deuil.

Toutes les familles ont un Abel en elles. L'immense Anne Ancelin Schützenberger le clame.

Et vous voudriez qu'on arrête de parler de la guerre ? Qu'on désinfecte l'Histoire ? Vous avez vu les monuments aux morts dans nos campagnes ? tonnait mon grand-père dans ses discours sur la paysannerie. Pleins de noms de paysans, les grands oubliés, la chair à canon, la force vive et nourrissante du pays.

Honneur à vous, pauvres hires. Nos familles sont pleines d'Abel.

Et je veux parler ici de violence et de deuils certes, mais aussi d'humiliation.

Le besoin de se sentir fier est anthropologique et profond. Je pense aux familles de chez nous, bien sûr. Je pense aussi à celles de nos frères outre-rhénans. Et puis à tous les grands perdants (pauvre Hongrie). Humiliés.

Je pense aux fracas de l'Histoire, aux mutilations territoriales et culturelles, à l'érection des nations occidentales. Dans le sang. Les grands perdants ? Les civils de tout bord. À l'exception de l'Inde de 1947, pour l'occasion non-caïnique, convertie à la non-violence par un Gandhi inspiré.

Il y a aussi les Juifs, les Palestiniens (sous mandat britannique une partie du XXe siècle), les Gitans, les Africains et tellement d'autres.

L'humiliation, je disais. Pensons au monde arabo-musulman et aux poussées qu'il connaît ce siècle-ci.

Tout est le fruit de Caïn. Caïn le coléreux, le jaloux. Mais aussi Caïn l'illuminé.
__

[ Le manque de regard et la réprimande mal embouchée conduisent au syndrôme de l'assoiffé de vengeance | La figure d'Abel - Voir Neil Gaiman (le blog) et son magnifique travail sur les archétypes (théma) | Caïn et Abel, personnages récurrents de la saga Sandman de Gaiman (poster, merci Vulture) | autres dessins, et aussi chez Flooby | Le Nouvel Observateur (HS d'octobre-novembre 2008, n° 810 H) est une perle sur l'Histoire, lire notamment l'émouvant édito de Jean Daniel (son blog) | il y a, chez ma grand-mère, une boîte qui contient des photos de soldats de la guerre de Quatorze-Dix-huit | tenez, la dynamique de groupe, vrai labo à ciel ouvert de la violence, de ses régulations, des scénarios qui pendent au nez des parties-prenantes | l'Europe de 2008 est une zone de paix ]


 Acknowledgement - 12e partieThu 16 Oct 2008
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[ < 11e partie | thémas Hongrie & Intramotivation | catégorie Divers | this post in English | 13e partie > ]

Budapest à l'automne... L'ambiance y est calme et ici - comme d'habitude - les mouvements de l'âme sont plus profonds. De sorte que l'automne est davantage marqué qu'ailleurs. Plus terre à terre. Plus rentré en lui-même.

Difficile de penser au rayonnement, à l'extraversion, à la proposition : les stimulations se cherchent. Et je cherche.

(Obligé de rentrer en moi-même. De trouver mes propres appuis.)

Tout calmer. Trouver la densité fine, authentique, vraie. (Chut.)

Est-ce que John Coltrane me donne du lunaire, de l'introversion féconde ? Coltrane fait mieux : il m'affine, me synthétise, me met en place.

Il me concentre.

Allez, c'est dit : Coltrane est solaire.

Tellement délicat, tellement chaud.

Du bien (du vrai), voilà ce qu'il me fait.



__


[ Acknowledgement | le XO Bistro fait une excellente cuisine italienne ou hongroise (par ex. : épicée-sucrée, mon péché mignon) ; les desserts (les français) sont par contre à éviter - mon conseil, un (très) bon plat à 7 ou 8 €, plus un vin rouge légèrement perlé (bouquet de type fruits à coque), c'est tout (et c'est chouette) | bon service, à midi comme le soir (les deux testés) | dîner avec (notamment) un conférencier-conseil, expert en neuroéconomie et en organisation de centres de profit médicaux | demain, symposium sur l'état de l'art en technologies médicales | sac de voyage - j'ai oublié le touchant La Croix et le Poignard du pasteur David Wilkerson (années 1950-1960), mais j'ai pensé à embarquer Les Présocratiques d'Abel Jeannière, ok | hier, rencontre d'Axelle qui travaille dans les RH, du peintre François Joly, et de Demian, capitaine de tankers et de supertankers | ah, testé aussi - en sous-sol - le New Brooklyn, très bien le week-end ]


 Ouvrir l'OrientFri 10 Oct 2008
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[ < théma Musique | catégorie Divers | this post in English | archivage automatique du billet sur l'attitude (7 points) de ceux qui gagnent beaucoup d'argent | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]

Muslimgauze est un artiste à part. Ce type, Anglais d'origine, est mort très tôt, à 38 ans (1999). Gaze-Mousseline (muslingauze), terme textile pour des tissus d'Orient, s'est fait muslim dans son nom d'artiste autant que dans sa conversion personnelle. Fort discret, Bryn Jones était un inconditionnel de l'islam, de l'Orient, des sonorités du Levant, saisies sur le vif (flûtes, oud, voix, percussions). Il aimait les Arabes par dessus tout. Il aimait leur mode de vie, leur quotidien, leur condition. Une sorte de Lawrence d'Arabie musical, auteur de véritables carnets de route sonores (plus de 100 albums de son vivant). Mélange infatigable d'ethnographie improvisée et de musique d'avant-garde. Électronique. Subjective (comme sait l'être cette musique). Avec des assises intemporelles et des parcelles du monde contemporain (extraits radio, TV, etc.). Originalité. Dès les années 1980, et ce jusqu'à sa mort (infection parasitaire). Rimbaud brisé...

Son amour pour les Arabes et son romantisme authentique, naïf, lui ont fait faire des choses superbes. De longues plages riches. Climatiques. (Quasi cinématographiques.) Et des morceaux percussifs entêtants. Hypnotiques.

Mais les productions manquent parfois de moyens, d'unité. Le son ? Trop souvent bon-marché. Il y a aussi ce ver qui mange la datte, ce son aigre et acide, ces saturations qui trahissent l'inquiétude. (Le trouble ou la passion.) À la rondeur, l'artiste préfère souvent l'introduction de sons âpres. Il casse et concasse. Il fabrique - avec brio ou obsession dérangeante - le son de la musique illbient (mélange d'ambient et de sonorités névrotiques, épaisses, inattendues). Un grand. Certainement...

Côté personnel, sa passion pour la cause arabe, son indignation, son tempérament sensible et entier lui ont fait aimer les points de vue radicaux. L'intolérance. Les appels à la violence. (Indéfendables.)

Homme écorché...

Muslimgauze est un pionnier. Sa musique, pourtant inégale (mais inspiratrice), surpasse ses prises de position fixes.

De beaucoup.

[ Tolérance - La fondation Coexist permet de créer des liens entre les trois civilisations monothéistes ; elle appelle au bon sens et à la fraternité | la belle initiative de l'ONG Breaking the ice | Ah, le West-Eastern Divan Orchestra ! | Muslimgauze, le découvrir par les torrents (puis effacer, ou alors acheter) | c'est le musicien Pierre Bureau qui m'a fait découvrir l'illbient il y a une dizaine d'années (et notamment Spectre) | quelques sons illbient, en streaming | les conversions islamique et protestante évangélique sont les plus rapides du monothéisme : dans un cas comme dans l'autre, une simple prière ou profession de foi, si elle est sincère, suffit (islam : Il n'y a de Dieu qu'Allah et Muhammad est son prophète (3 secondes) ; protestantisme évangélique : Dieu, je reconnais mes errements devant Toi, je déclare croire au salut par Jésus mort et ressuscité pour moi et L'invite à venir maintenant dans mon cœur et dans ma vie (8 secondes) ]


 Les GoldoMon 22 Sep 2008
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C'est le café. C'est son odeur. Je me sens fatigué, c'est en buvant une troisième tasse de café ultra-dense que tout me revient. Je porte la tasse à ma bouche et là tout se déploie (il y a dix minutes). Tout ? Plutôt du petit format. De grandes sensations mais de l'intimité : du très personnel. C'est en ça que je dis petit. Et petit concerne mon âge aussi : je m'y revois (ou m'y sens, connecté par l'odeur du café). Une odeur... de doigts. Des gros doigts chauds, rassurants. C'est voisin de l'odeur du café, c'est une odeur, tendre, de cigarettes brunes : des Goldo.

Je dois avoir six ou neuf ans et mon père a cette odeur : des doigts de fumeur. (J'adore cette odeur, elle me rassure et m'émeut.) Odeur virile et protectrice. Quelle puissance, ces odeurs.

Mon père est un type à part. J'ai la trentaine aujourd'hui, je l'admire : il consacre sa retraite à Zóodo [*], sa promesse - devenue champs d'actions, devenue arbre chargé de fruits - d'aider son pote d'il y a longtemps (agriculteur du Burkina Faso, devenu père de beaucoup de mômes). Et mon père y parvient. Comme un bonhomme tranquille, qui fait les choses qui ont du sens. Son association comporte maintenant 160 membres et sauve régulièrement des vies. Le magazine Marianne l'a, lui et son épouse, montré sur le terrain (cf. théma). Le reporter a vu juste : le sérieux, la régularité, le pragmatisme de cette minuscule ONG qui déplace des montagnes. Simplement : comme si c'était normal.

L'odeur.

Comprenez que je me sente dans les années 1980. Cette odeur de Gauloises est une odeur d'homme à homme, de père à fils. (Complicité.) Il y a la voix de mon père aussi. Et sa tristesse de l'époque, et nos difficultés familiales. Mais j'aime (et j'ai toujours aimé) mon père. Et maintenant - en plus - avec les yeux du père que je suis devenu. La fonction ? C'est l'amour qui la permet. Mon père ? En plus du père, ou différemment je sais pas, j'aime l'homme qu'il est (avec ses doutes, son quotidien, son humanité normale, ses instants d'absence, sa foi).




Fig. 1 - Travail graphique de Jacno



Six ? huit ? neuf ans ? Je sais plus. Je me revois dans ma chambre, près de la sienne. Couché. La séparation d'avec ma mère a eu des effets sur nous deux. (J'aime ma mère aussi.) Papa (je crois que c'est lui) m'a offert un petit bouquin sur Le Bon Samaritain : brûlez-moi tous les bouquins du monde, mais gardez-moi celui-là. Ce truc m'a davantage remué les tripes, le cerveau, le cœur et le sang que n'importe quel ouvrage théorique, même (et surtout) des années après. Je m'endors avec ce livre et ma porte reste entrebâillée.

Dans la nuit, je sens la présence aimante de mon père, comme s'il me comprenait, comme quelqu'un qui vous borde ou vous regarde tendrement, par la porte (Étais-je triste ? Me voilà en paix. Étais-je serein ? Me voilà conforté.) Une chaleur rassurante - que je connais - me parle. Une chaleur sérieuse : de celles qui vous réchauffent l'âme.

Ça marque le cœur qui, maintenant, écrit ces mots.

Une virilité protectrice, informée. Elle me connaît (ça se sent). Discrète et appuyée, forte et tranquille : comme quand on aime.

Vous connaissez ça ?

Je parle de son passage à mon père le lendemain (Tu m'as dit quelque chose hier, dans la nuit ?). Non, me dit-il. Question à nouveau. Même réponse. Re-question. Pareil. Mon père est sérieux : il me répond honnêtement.

Puis l'épisode m'est sorti de la tête. Et j'ai grandi.

Il m'a fallu dix ou quinze ans pour faire un lien entre cette fameuse nuit et ce que je connais à présent de Dieu (personnellement, pas par le religare socio-traditionnel, superstitieux et lénifiant).

Le Bon Samaritain (le vrai) avait, cette nuit-là, la gentillesse d'un Père.

Je veux remercier le mien de ressembler si souvent, et depuis longtemps, à Celui qui me donne envie d'aimer mon prochain. De me dépasser. D'élever mes mômes. D'améliorer des trucs. De faire battre mon cœur. De vous écrire aujourd'hui.

Merci à vous deux, les papas ;)

Vous comprenez.

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[*] Vidéos ici. Zóodo, le blog.

[ 1 Samuel 3 | le Bon Samaritain | Mémorial de Blaise Pascal (Les Pensées) | au fait, ça fait longtemps que mon père ne fume plus ]


 Chasse à corpsSun 7 Sep 2008
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Un bel œil. Ouais. De beaux yeux, bien sûr. Et aussi, en interne, une façon de cadrer ses images, de ressentir, d'attraper les rapports de force d'une scène. Comme bien souvent, c'est gamine, en prenant sa famille en photo le dimanche, que ma compagne a musclé son œil. Comme des étincelles sortant, au départ, d'un marteau frustre. Et désormais, son quotidien - révélé sur papier - touche aux enfants, aux villes, aux routes, aux contrastes, aux sentiments et situations humains, aux identités. Son esthétique est tendue, équilibrée, typée.

En 2003, elle et moi dînons avec Joel Peter Witkin, à Toulouse. Je suis traducteur - au débotté -, elle est déjà ma compagne et le repas intimiste avec le géant de la photo peut se concevoir si et seulement si elle est là. Et elle l'est (Tu sais quoi ? Dépêche-toi : viens vite !!).




Fig. 1 - Une précaution : âmes sensibles s'abstenir,
reportage (c) Indies webTV & Le Garage



Witkin, photographe converti au catholicisme, rend la lumière de Dieu (son amour) en saisissant, en montrant, en agréant ce que l'homme abhorre, que Dieu regarde avec ouverture : les monstres, les marginaux, la folie, le rejet, les pervers, la faute.

La beauté sauvera, dévoilera, affranchira le monde. C'est une ouverture, c'est une bonté.

Parlons de von Glasow. C'est en montrant la beauté (le nu - rapport direct au ressenti, forme vivante des gens), c'est en montrant l'intimité - ici extravertie, proposée - que le réalisateur Niko von Glasow (cf. film Nobody's perfect) fait de la pureté, de l'efficience. Rendre un statut, une place humaine, un ethos, c'est dévoiler la beauté. L'esthétique ? Le vivant, essentiellement. Un élan spécifique, une vibration prise tel qu'elle est : sacrée, expressive, sincère, efficace. Assumée comme un mini-temple du monde.

Metropolis fait du bien. L'émission d'Arte, le sachant ou non, invite à absorber ce que les athlètes paralympiques ont à faire savoir. Et ont à vivre.

L'homme, c'est beau. Le corps, même cassé, ça fonctionne. (Parce que ça éprouve.)

La chair est belle : c'est un état, un mouvement, un être.

C'est la vie qui est là.

[ Un photographe que j'admire, Bruno Wagner (ancien site), encore un à qui je compte demander pardon | On aimerait tous transformer ses points faibles en quelque chose de beau : pouvoir en parler haut et fort. - Niko von Glasow | la famille Cranach (XVIe s.), amie de Martin Luther - Lucas Cranach père et fils, peintres protestants (source d'inspiration pour Witkin) ]


 Les chauves sourient - 11e partieSun 31 Aug 2008
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Joli challenge que se faire un plan Babel. Un de ces effets où les langues se mêlent. (Babel ? J'en parle après, pour parler de photos.) Ba-ba-ba-babab-Babel, comme le dit le fromage du (presque) même nom. Dans le registre mélange de langues, je propose l'héritage de Shakespeare et la sensibilité d'Attila József. Quoi de mieux, pour mettre leurs langues sous une seule et même espèce, que de se taper une bonne toile ?

Ouais. Le cinéma budapestois - c'est de lui qu'ils s'agit -, c'est la certitude de trouver un mini sanctuaire, un lieu respectable et respecté, chouette et beau. Classe, encore une fois. Je reviens du Corvin mozi, un de ces centres (ici moderne) où projection du septième art rime avec bouquins, CD, bar - dans un même endroit. Stimulant, as always. Populaire et « beau » de gamme [1].

C'est le Dark Knight en VO yankee, sous-titrée d'apports finno-ougriens, qui me pousse à deviser ce soir.




Fig. 1 - Complexe et bien fichu,
ce
blockbuster pour les plus de 16 ans


Les personnages ? Fouillés (tellement bien joués). Le scénario tient la route, en libre appui sur la BD-chef-d'œuve du grand Frank Miller, l'auteur qui a su faire passer une bande dessinée gentille et plon-plon (tant pis pour Bob Kane, le premier papa) au rang de production adulte. Noire et travaillée : crédible.




Fig. 2 - Nico et Lionel ou quand les chauves sourient,
mais que pour les intimes



Batman, donc. Mais c'est de Babel que je veux vous parler. Babel, c'est un volet du magnifique (et doté de wifi) Gozsdu Terasz, ce bar de traboule, ce bar de patio comme Budapest en propose de si bons. De si frais. (Et l'architecture, mes amis !)

Bourrés de photos d'artistes contemporains, les longs murs sous le ciel puissant. Avec cette exposition, le Goszdu Terasz propose des angles de vie, du noir et blanc, de la couleur. C'est ma compagne qui aimerait ça...

Je l'aime. Elle et notre progéniture me manquent [2]. Mais il y a une vie ici. Et du travail à la vraie mesure de tous ceux qui s'investissent. (C'est à dire à fond.)

Budapest ? Une ville de chauves-souris de lumière. Porteuses d'éclat. Et de vies où tout croît. Et se répand.

Be seeing you, gentille et dingue ville : on s'est trouvés, toi et moi.

Tu m'attendais.

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[1] Bon sang, faites comme moi, cherchez de beaux guillemets à la française, à copier-coller depuis Google, et vous trouvez - désormais en bonne place - une occurrence sur les guillemets... chinois. Bon sang, les temps changent. Effet nid d'oiseau, ou effet papillon ?

[2] En août, j'ai vu ma famille, en tout et pour tout, 4 jours. C'est peu.

[ Tout Batman (ou presque) | le justicier capé de Josh Millard | ce matin, alors que le qualiticien et contrôleur de gestion Ramzy dormait encore (et comme un bienheureux), je suis allé au petit marché de la Teleki László utca, marché de gens (très) modestes et de Roms | un gars torse nu, bronzé, jambe gauche amputée, y faisait des mots croisés dans son fauteuil roulant, un gars d'une soixantaine d'années | la chauve-souris, pour le grand Georges Romey, c'est l'archétype de l'inversion, du regard sincère au dedans, des contenus que l'inconscient dévoile | À Toulouse, et en France, qui dessine mieux les superhéros que Paul Renaud ? C'est d'ailleurs lui qui m'a fait découvrir les géants de la BD d'outre Atlantique | ah, aujourd'hui lundi, Hősök tere (Place des Héros, les patriarches magyars - mon roi tribal préféré est Huba, impressionnant avec son cheval augmenté de bois de cerf), expresso et pêche melba au café du Szépmûvészeti Múzeum, remontée à pinces (je recommande) d'Andrássy út puis halte au petit jardin du Musée d'arts asiatiques du riche opticien et collectionneur Ferenc Hopp (1833-1919), sorte de Georges Labit local | à propos de cultures traditionnelles d'Asie, c'est Max Sandor qui me signale par e-mail son ancêtre tibétologue Alexander Csoma de Kőrös (1784-1842) - la classe ! ]




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