Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Category: Economie - Sc. sociales

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 Deux temps, trois mouvementsTue 21 Apr 2009
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François Dubet


En deux temps. Je les aime comme ça les billets de blog. Vous savez ? Un fil directeur, qui introduit, et puis un cœur de sujet juste après : parfois en phase (dans la droite continuation), parfois différent. Comme une bifurcation. Vient alors une histoire, un rythme - oui - un truc en deux temps. L'un installe et l'autre dit.

C'est vrai que les derniers billets de ce blog ont des accents très perso. Je l'assume. Écrire des billets, c'est ouvrir quelque chose. Une boîte à choses (et c'est open). Une âme, un vécu... Souvent dans l'instant. Aux contributions pro, viennent contraster (compléter ?) des éléments perso : certitudes, doutes, expériences. Des pointillés forts. Ou bien le tiers-élément d'une tresse à trois brins : 1. le pro, 2. le perso dit (ici écrit), 3. le perso secret (le vrai, diffus, induit, invisible - comme un tempérament, comme un nuage humide, personnel, qui nimbe les écrits).

Ouais.

Je reprends un instant cette histoire de propos en deux temps. Puis passe, avec vous, à François Dubet, sociologue français.

Parlons des Simpsons. La série animée. (Hilarante.) L'art de ses nombreux scénaristes, c'est de couper l'épisode en deux temps, deux histoires. Que dire ? Narration bien faite. Et rebondissement central, qui fait une charnière immédiate. Alors vient un rythme, ok. L'histoire se tord, se dynamise, prend une posture. Un souffle.

Direction France culture à présent. (C'est le second point). Et chapeau bas. Dans son rendez-vous du mardi, de 11 h à 12 h, le journaliste Sylvain Bourmeau (blog, émission La Suite dans les idées) reçoit des personnages-piliers en sciences sociales et humaines. Son invité d'aujourd'hui : le sociologue méridional François Dubet, spécialiste de l'exclusion. Sa contribution d'aujourd'hui confirme un rôle, une pensée à part, stimulante. Qu'en dire ? Les grilles de lecture, selon lui, se plongent dans l'idéologie du XXe siècle. L'épreuve des faits dépasse, malmène et désarçonne donc ces anciennes (quoique vivaces) façons de lire le monde, de l'analyser (voir théma Paradigmes). L'idéologie donne une logique interne : une forme. Une limite...

Or, le monde a changé.

Le monde riche (le nôtre, celui du Nord) change à grands pas. Les institutions classiques ont du mal à suivre. Elles sont en crise. Leur côté rassurant, prépondérant, modérateur, répartiteur (en clair central) s'efface. Et le doute arrive. Regardons ça : la pratique religieuse perd du terrain, l'école absorbe mal la détresse culturelle, l'université isole au lieu d'introduire au choc (et aux attentes) du monde du travail, l'entreprise détruit ses propres emplois (elle est cannibale), les travailleurs sociaux peinent à tisser des références, des pratiques, des liens salutaires, les intellectuels lorgnent tantôt vers les idéologies (forcément réductrices, forcément croupies) tantôt vers le succès personnel lénifiant, pauvre et bien-pensant (carrière, reconnaissance, appétit pour les choses évidentes), les familles deviennent de simples noyaux, souvent monoparentaux, parfois marqués de la chute du père (divorce, chômage, mal à se projeter, à être un individu socioprofessionnel tenace, donc porteur d'une image de structuration, de légitimité, de sagesse - recul, enseignement - et d'autorité ; cf. Nom-du-Père - Lacan -, et cf. Animus).

La lose, en clair.

La perte des repères...

Augmentée d'un moteur ferme et à présent général : l'individualisme à tout va. Quand mon tissu va mal, et que son rôle signifiant part en toupie, je m'appuie sur moi-même. Fini le religare : mes liens, qui pourtant me définissent, s'effilochent. L'Autre devient un rien, un point d'interrogation, voire un porteur de microbes.

De sorte, et c'est là que je veux en venir, la déroutinisation s'installe. Ce qui faisait le code du vivre-ensemble perd en substance. Il se vide. Les modes de communication s'individualisent, donc perdent en efficacité générale. Et comme tout s'évanouit, j'échoue. Je doute. Je bataille. Porteur de moi et de moi seul (survie, accrochage délibéré). Moi seul avec - ou contre - le monde, c'est une croisade perdue.

L'Autre devient un moyen ou, pire, un obstacle. Il n'est plus lui.

Et moi sans lui, je deviens une soustraction. Une peine à être.

Dubet parle du sentiment d'échec. C'est le signal qu'un processus s'arrête. Au lieu d'attribuer à ce tissu de crise mes ralentissements, mes tentatives, mes arrêts dans le milieu (voir Attribution), je crois que l'échec est mon résultat. Ma chose. Mon fruit. Si le reste est maigre, c'est que moi je suis (et je me le dois) être fort. C'est-à-dire opérant. Mais comme c'est sociologiquement infondé, je me heurte à moi. Je crois que tout est de mon fait.

Je déprime. Et perds plus encore le lien avec autrui.

Que dire ? C'est intelligent, c'est réaliste. Je range Dubet parmi les pragmatiques.

Revenons-en à la déroutinisation, qu'il faut rattacher aux thémas Rituels et Besoins de structurer (de maîtriser) le cours du temps. J'en termine ici. Pour communiquer (trouver ce que les autres et moi avons en commun : attentes, envies, projets), je dois passer par des rituels. Des routines. Des garanties. Des clés. Ces processus amènent la paix sociale : si je sais comment pacifier un rapport (les rituels rassurent et montrent que l'on a le même référentiel que l'interlocuteur), eh bien si je possède ça, je me débrouille. Je sais rassurer l'autre et rentrer dans un lien. Il me reconnaît comme un pair.

Si mon trousseau comportemental est vide de clés - ou pire, doté d'une abondance de cultures différentes, segmentées, morcelées, microscopiques (pontillistes, pour paraphraser Dubet), autant dire spécifiques et individualistes -, je me perds. Je perds en lien. Je perds en assurance. Je me perds moi. Je m'éparpille. Et prends des coups (rejet, éviction).

Je m'attribue l'échec. En ligne de mire ? La violence : faite à moi-même, faite aux autres.

J'en finis : je veux rappeler combien, dans sa sagesse, le docteur Berne soulignait l'intérêt d'être superficiel. D'avoir les codes. C'est une dynamique sociale, tournée vers autrui, futile et utile. Constructive, en clair. Naturelle.

L'individualisme est une impasse. La peur de souffrir (maîtrise et prudence excessives) ? Un beau leurre. Le risque : une nécessité, consubstantielle à la vie.

Car il faut bien vivre. (Bon sang.) Et vivre, ça se fait ensemble.

Vous êtes ici chez vous : je vous souhaite une excellente semaine.

Be seeing you.

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[ Bande-son de mes dernières semaines : Charlie Winston, beatnik à souhait (The less I have, the more I'm a happy man... - Ouais, et un hobo, c'est un vagabond de la Grande Dépression, années 1930) | hobos, langage visuel ]


 Un certain secteur vert est au vertTue 25 Nov 2008
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[ < thémas Crise & Gagnant-Gagnant | catégorie Économie | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]


Supplément d'âme, et de performance


Clic. C'est le bruit de la souris et c'est le terme consacré pour désigner les transactions sur le Net. Brick and mortar ? C'est le briques et béton du vocable anglophone, comprenez les magasins physiques, « en dur ». Regardons les poids lourds : côté clic ; côté « dur ».

En clic, chez les mastodontes, la cadence des ventes est traditionnellement décoiffante. Sur des campagnes-flash très ciblées, C-Discount affiche des pics d'environ 200 ventes par minute. Gros scores, liés à la fulgurance du Net en tant que moyen technique. Côté « dur », un numéro un sectoriel comme Orpi, avec 1 400 agences immobilières, déclare 3 ventes à la minute. Là aussi, s'il est toujours vrai, c'est un joli chiffre.

Parlons de mon chouchou. Il travaille dans le « dur ». Le panier-client moyen ? Quelques euros. Mais la cadence, mes amis, la cadence : 14 ventes à la minute. Mesurez l'ampleur [1].

Je vous le donne en mille, Alter Éco fait du bien. Son patron, ancien HEC, le dit sur son blog : L'objectif d'Alter Éco est de défendre l'idée d'un commerce plus juste grâce à l'outil économique et - grâce - au marché. Tristan Lecomte avoue promouvoir une forte culture de l'audit et de l'efficacité [2]. Nous voulons, explique-t-il, être le plus performant possible pour participer au développement du mouvement sur le long terme.

Long terme. Une expression que l'on associe, en ce moment, à la crise. Exploitant les ressources économiques, écologiques et humaines du business globalement utile, Alter Éco trace une (grosse) voie. Celle de la croissance.

Au sens plein...
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[1] Données 2006.

[2] Avec le cabinet PriceWaterHouseCoopers. Cf. blog de Tristan Lecomte.

[ Le capitalisme gagnant-gagnant, modèle économique en essor ? | revoir Mondragón | 80 Hommes, également | revoir aussi le management des hommes (le vrai), en Occident lié au protestantisme économique (qui est un humanisme) ou au mouvement coopératif, pragmatique et inspiré, tel que le développait mon grand-père | l'entrepreneuriat selon Tristan Lecomte | question gouvernance et pratiques managériales, il y a l'observatoire Great Places to work | autre sujet - l'immobilier, toute une crise (blog) | Crise, faut-il transformer les 3 piliers (merci House Mouse et Marie Phoenix) que seraient l'administration du capital (gouvernance, utilisation du profit), la R&D (compétitivité, création de nouveaux marchés), le recours aux matières premières (optimisation, innovation) ? dans le contexte mondial ? ]


 Plaidoyer pour un humanisme économique, performant, gorgé de vieThu 9 Oct 2008
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[ < thémas Subprimes, Défection (théorie des jeux) & Argent | catégorie Économie | this post in English | billet interactif, bandeau de titre cliquable ]

Tout ça, c'est comme jouer, estime l'experte en mathématique financière Nicole El Karoui, présente aux Matins, ce jour-même sur France culture. Le problème avec l'activité économique, c'est qu'elle génère de l'argent. Et cet argent, quand on le touche, on a envie de faire comme dans un casino : le jouer. Il brûle les doigts. Le jouer ? Pour en obtenir plus. L'argent s'auto-génère. (C'est l'idée.) Argent augmenté de lui-même. Ou diminué, comme en ce moment.

Le marché de l'argent, tout le monde le sait, obéit aux mêmes lois que les marchés de l'économie classique. Mais il y a comme une membrane entre virtualité et réalité. L'économie de tous les jours concerne un objet physique - améliorateur du quotidien ou porteur de rêve - ou un service perceptible, dont on peut jouir. Exemples : textile, voiture d'occasion, heures de ménage, ingénierie informatique, etc. Liste infinie.

Et plus on demande une chose, plus cette chose devient désirable : son prix augmente. Les demandeurs, jusqu'à un certain point, acceptent de donner plus pour poser la main dessus. Et ceux qui offrent sont heureux : maintenir leur niveau de production (quand ils le décident, comme les producteurs de pétrole), ça maintient la rareté du bien. Ils font la moue, décidant de céder aux plus offrants. Avec un rapport de force favorable, ils augmentent leurs revenus.

Voilà, basiquement, comment les acteurs économiques s'y prennent pour augmenter mécaniquement les prix. En économie classique, on l'a vu. En économie financière c'est surtout la demande qui nourrit la vague de désir. En outre, l'argent [1] est plus volatil que les biens et services. Il s'en détache et prend une grande autonomie. Les transactions, il est vrai, sont fluides : un ordinateur de part et d'autre, une connexion, un arbitre plus ou moins vigilant, le tour est joué. Le système est comme ça. Il incarne un ordre social, symbolique et factuel, que tout entretient.

De sorte que l'échange a lieu. Façon live. De l'argent contre de l'argent : on mise sur la valeur présumée d'un paquet d'argent. (On mise avec... de l'argent.) Lui-même moyen et fin, il permet de juger (d'apprécier) et aussi de rentrer dans le circuit. De le grossir. De le rendre finalement consanguin. L'argent ? Moyen et fin d'un système vivant, où tout se contamine, en petit comité (opérateurs pointus).

Une mare, avec sa propre météo.

Résultat ? Des bulles. Celles du champagne quand le système croît en logique interne (il enfle). Il est plus vif que le marché traditionnel, dont il est l'excroissance et avec lequel il conserve seulement des points d'ancrage. On l'a vu. Tout monte et tout gonfle, généralement vite. Et tout a une fin : la bulle (symbole de fragilité, de paroxysme) explose. Les valeurs liées ? Elles décrochent. Un principe de réalité saisit les fêtards : les valeurs sont trop fortes ; elles sont virtuelles. Complètement en dehors des services rendus (facturés et payés) de l'économie classique, utilitariste, quotidienne.

Une gueule de bois débute.

Comme on commence à vendre, on continue à vendre. La valeur, fruit d'une demande qui touche à sa limite et d'une offre qui se met tout à coup à brader - pour encaisser l'argent et se retirer avant de mourir -, eh bien cette valeur baisse. Puis elle dévisse quand le vent de panique touche le gros des opérateurs de cette petite flaque systémique, où tout est lié (rumeurs, amplifications, passions humaines).

La bulle fait mal.

Je me souviens de celle de 2001. Des supports de presse écrite me commandaient des panoramas, des articles ciblés. Le marché financier (alors fort loin du marché réel, de celui des utilités-terrain, des factures encaissées en vrai, des fidélisations-client), ce marché grossissait, fort de lui-même.

Un ou deux avertis - pris de vertige [2] - s'en sont alors retirés, entraînant une panique (Waw, tu as vu ? Telle référence encaisse et s'en va : ça augure quoi ?). Les start-ups de l'époque sont devenues des start-downs : les fleurons de l'économie numérique ont vécu un réel décapage à l'acide. Résultat ? Les financements. Ceux qui injectent de l'argent dans le capital des entreprises ont pris peur (Et si ça s'écroule après ?). Les entreprises ont dû se développer sans cash. Ou mourir. Re-descente sur terre, peut-être. Tri par le vide, c'est sûr. Ralentissement économique et coup de frein, c'est certain.

C'est en ça que les financeurs font du mal ou du bien. C'est-à-dire majoritairement les banques.

Alors imaginez quand la crise vient d'eux...

L'Amérique, coutumière du Emprunter plus pour consommer plus, a usé et resucé le concept. Le banquier parie sur la solvabilité de son client. Il spécule, misant sur l'augmentation des capacités de sa cible. Or la cible - mal préparée à la compétition mondiale (cf. ouvriers, petits employés) - peine à joindre les deux bouts, elle décroche. Le banquier, déconcerté, mange son chapeau. Dès qu'un client vient le voir, il se méfie à outrance : les entreprises peuvent se rhabiller. Les acheteurs de logements aussi. Les opérateurs économiques investissent mal ou peu, perdent en compétitivité, en perspectives, en croissance - et dégraissent les postes et la masse salariale. De leur côté, les propriétaires de logements ont du mal à acheter autre chose, faute de prêts, ils doivent en plus baisser les prix du bien, pour coller à la crise. Et vendre.

Tout baisse.

Pour saisir ce que les groupes ont de systémique et de contaminant, mettre à profit la théorie des jeux. Les tendances groupales nous sauveront (écologie, synergies, benchmarking, tolérance et pragmatisme). Ou nous tueront (égoïsme effréné, soif de sécurité, obligation de moyens, mauvais arbitrages, idéologie, angoisse de tout et de son contraire).

Ce siècle-ci, et bien plus que dans l'économie, doit affronter ça. Se concerter ou mourir.

Je veux ici dire que les spéculateurs, quoique proches de l'économie classique (ils la suivent, l'anticipent et - malheureusement - l'influencent), sont aussi étrangers à l'économie réelle que le sont entre eux aéronautique et ikebana.

Certes l'État a-t-il un rôle : régulation, justice sociale, facilitation du libéralisme (cet accès autonome, et éclairé, à la connaissance, aux soins, à l'expression culturelle, politique et religieuse, au travail).

L'individu, lui aussi, a son mot à dire.

Le consommateur est roi [3] : choisir de donner son argent à des opérateurs minables, c'est dommage. Le placer, ou consommer, chez des gens responsables (producteurs bio, fonds de pension éthiques, PME locales, campus intégratifs, agents de développement des pays du Sud, opérateurs en R&D), ça c'est de notre ressort.

Tout est possible.

C'est ça la finalité du truc : faire du bien aux hommes. Générer de l'argent (et même beaucoup) pour ça. Pour sa communauté. Pour innover. Pour tirer les accidentés du bourbier. Pour jouir du temps terrestre avec les siens.

Pourtant optimiste (et confiant), je finis avec un trait de bile. Plus que ces quelques incompétents qui partent avec un golden parachute indécent, j'ai l'œil noir pour les spéculateurs qui, voyant le marché désenfler, se sont mis à jouer avec... les marchés du sol. L'Afrique a subi ce cynique déplacement, directement sur ses productions vitales (matières premières, denrées vivrières). Le coton, déjà mis à mal par les subventions américaines. Le cacao. Les productions agricoles, le marché des métaux. Tout ça a enflé comme une grenouille, privant les locaux des fruits de leur propre travail.

Tout est devenu cher pour eux.

La spéculation sur les médicaments (sorte d'actuariat sur les niches de malades à venir), ça, ça me crispe aussi. Le vol des molécules traditionnelles, patrimoine de beaucoup de peuples. Le saccage de la connaissance...

L'économie, la vraie, c'est heureusement tout autre chose.

Ce qui est triste c'est que la spéculation l'influence.

Gardons la foi.

(Et consommons responsables.)

Mieux : investissons dans ce qui le mérite.

Après tout, l'argent, c'est ce qu'on en fait.

Be seeing you.

__


[1] Ce côté vif et frondeur, quasi insolent, l'argent le porte en lui depuis les origines. Les pièces de métal résistent au temps (les quartiers de bœuf, beaucoup moins), il est plus léger que les biens qu'il désigne, de surcroît quand les billets viennent symboliser des tas de pièces métalliques. Il passe facilement de mains en mains, il peut même donner la fièvre. Accumulation, spéculation (paris fumeux, déconnexion des appuis matériels, ouverture aux passions humaines). Quand viennent les transactions électroniques (cartes bancaires, virements par fax, via le Net ou le mobile ou la salle de marché), l'argent se fait concept. Il devient potentiel. Il perd tout, ou presque, de son substrat de symbole d'un truc réel. Il s'évapore et brûle les mains. Comme un vif-argent, ce métal fluide, mystérieux (connecté à l'intimité cachée) et capricieux que préside le dieu Mercure. L'Hermès farceur, autonome et rapide. Qui fait son passe-passe et joue des tours.

[2] Un simple ratio (c'est du bon sens) devrait permettre de savoir où un marché donné - quel qu'il soit - en est de sa bulle. Une fois visualisée la concentration, la densité et la dépendance des parties-prenantes sur une surface donnée, en clair le degré d'interdépendance (hypercomplexité) entre les opérateurs, il faut ramener la valeur financière constatée sur la valeur économique et stratégique des entreprises, seuls vrais indicateurs en somme (cf. les marges commerciales, le taux d'endettement, l'indépendance par rapport aux fournisseurs ou à la donne technologique). En clair : valeur spéculative / valeur réelle.

[3] Revoir Sam Walton.

[ Mamon est la personnification de l'appétit des choses, de la possession matérielle (Matthieu 6:24) | j'ajoute que Mercure, patron des échanges, campe la vivacité qui soit innove et change une donne (un paradigme), soit blouse les parties-prenantes | revoir l'ambivalence du Trickster | j'entends, dans le débat sur le Grenelle de l'environnement, que pour 1 euro réel, 30 euros virtuels s'échangeraient | Là où les guerres ou l'écologie laissent pantois, la crise va-t-elle souder (et faire grandir) l'Europe ? Quid de la discrète et pragmatique Chine ? | avec ses déboires en Afghanistan et en Irak, avec la montée des pays émergents et cette crise, l'Amérique ressemble à un empire sur le déclin | cette crise du capitalisme ressemble à à d'autres crises, consubstantielles au modèle, mais en plus grand car les places de marché et les relations interbancaires sont historiquement à leur plus haut degré de connectivité (force... et vulnérabilité, on le voit) | Cette crise ressemble à une crise de la valeur ajoutée : quel gain réel la spéculation apporte-t-elle ? Sur quoi la valeur se fonde-t-elle ? Si c'est sur la prévision continuelle du volume des transactions, ça connaît une limite ; si c'est sur un échange de bons procédés (création de commodité), ça fait davantage sens | le capitalisme s'en remettra (pour le meilleur ou pour le pire selon le point de vue), une fois la purge terminée - mais les changements (interconnexion oblige) pourraient être sociaux, spirituels ou politiques (paradigmatiques) ; à suivre | c'est peut-être dans les pays du Sud que les changements seront le plus perceptibles, à voir | relire Edgar Morin et sa fine analyse du monde actuel, dans Une politique de civilisation (1997, entretien) ]


 ExtraversionWed 24 Sep 2008
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« En France, moins de 5 % des PME exportent » -
Alain di Crescenzo, président de Destination international (JdE, juin 2008)
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[ Richesse nationale (entendu récemment) - À présent, les États-Unis, dans le PIB mondial, génèrent seulement 20 % ; la Chine, 15 % ; l'Union européenne pèse, elle, 14 % (pourtant, notre surface à 27 constitue le 2e ensemble humain de la planète) | passionnant IDH ]


 Vrac-télé (retour en France)Tue 2 Sep 2008
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« Le libéralisme ? Les décideurs politiques s'en contentent quand l'économie va bien. En temps de crise, généralement - et c'est pragmatique - leurs faveurs vont au modèle de John Maynard Keynes [intervention décomplexée de l'État, nda]. »

Philippe Frémeaux, directeur de la rédaction d'Alternatives économiques (magazine C dans l'air, France 5)

[ « L'Espagne et l'Allemagne ont su, pendant les années de croissance, remplir leurs caisses. Résultat : ils peuvent à présent financer leurs politiques. Nous ? Non. [...] Quant à L'ISF, l'Espagne socialiste l'a supprimé. Par ailleurs, en Espagne, 100 € publics dépensés ont un poids beaucoup plus fort que nos 80 € résiduels. » Emmanuel Lechypre, rédacteur en chef de L'Expansion | « En France, au-delà de 4 000 € nets par mois, vous êtes considéré comme riche. » Jacques Marseille, professeur d’histoire économique à Paris-I | les profs d'économie de mes années-lycées (1990's) étaient politisés : Alter éco était leur unique source à penser - la bonne nouvelle, c'est que c'est une excellente revue, fine et autonome | rien à voir - j'aime bien ce truc ]


 Tendances et remèdesWed 9 Jul 2008
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Un effort continu. Peut-être faut-il parler de l'économie comme ça, comme d'une adaptation quotidienne, complexe, des hommes à leurs besoins. Dans un environnement vivant (ressources - limitées -, nécessité de les transformer, idée de répartition, mise à profit des biens, entretien du milieu d'émergence ou de production des denrées et des biens).

C'est sûr.

Peut-être faut-il encore aborder les flations, véritables jauges de ce qui se passe, de ce qui se produit quand tout l'ensemble chauffe. Ou se refroidit.

Vient alors l'idée de récession. Et c'est officiel.

Après les États-Unis, qui l'avoue du bout des lèvres, l'Europe occidentale le murmure : le pouvoir d'achat stagne ou se resserre. La demande patine. Et avec elle, les carnets de commande des entreprises. Donc les projections de production, donc l'emploi à terme, donc le pouvoir d'achat des familles (salariées ou non). Donc l'impôt, donc les moyens d'action publique. Et parallèlement, c'est l'épargne qui tousse (consommation future, retraite privée - pouvoir d'achat à venir). Avec elle, la consommation fait d'ores et déjà du sur-place.

Et pourquoi donc ?

Le pétrole - façon 2008 - est un brasier. Parlons en premier lieu de lui. Un brasier, c'est ça, qui enflamme avec lui les coûts de production, les coûts de logistique, l'ensemble des coûts intermédiaires. En trente années de crise, le monde s'est à peine sorti des chocs pétroliers des années 1970 - souvenez-vous. Bad news : le choc actuel est plus soudain, plus massif, plus englobant (touchant l'ensemble des pays - ajoutons à cela le tarissement des ressources agricoles disponibles, qui affame le Sud).

Que faire ?

Il y a aussi cette crise financière.

Tournons à présent nos regards vers le sommet. Je veux parler de la première puissance économique. Un hors-série dédié (juillet 2008) fait retranscrire au Monde 2 le propos lucide et direct de l'Américain Jeffrey Madrick. Il est directeur du Centre d'analyse des politiques économiques de l'université New School (Côte Est).

Ambiance de re-descente sur terre. Il y a un crash.

« Que le cataclysme ait commencé par la finance, analyse-t-il, n'est pas surprenant. [...] Tout le boom des acquisitions de biens, mais aussi de l'investissement, était fondé sur le crédit – et un crédit peu coûteux. Quand j'ai acheté un appartement à New York, se souvient Madrick, l'organisme prêteur ne m'a quasiment demandé aucun document justificatif ! Tant que l'on a pu continuer d'emprunter, le déni s'est poursuivi. Le jour où cela a pris fin, le système s'est effondré. [...] L'effet dominos s'est enclenché. [...] La crise a touché les particuliers [...] mais aussi les entreprises, qui fonctionnaient sur le même modèle d'endettement. Resserrement du crédit égale moins d'investissement, égale moins d'emploi [cf. principe de l'économiste et ex-chancelier allemand Helmut Schmidt, nda]. Quand on perd son emploi, aux États-Unis, on perd aussi, très souvent, son assurance pour l'appartement, sa pension, son assurance-santé », déplore l'économiste.

Un vrai film d'horreur.

Origine ? « Jusqu'en 2006, on a connu une phase longue de croissance importante, de profits records. La productivité augmentait. Normalement, cette dernière est le fondement de la croissance et de la hausse des revenus, explique l'économiste. Or là, le pouvoir d'achat moyen a stagné. Pour beaucoup, il a régressé. On n'avait jamais connu cela auparavant. [...] Du temps de - Bill - Clinton, l'économie a pu [...] bénéficier des dividendes de la paix, après la fin de la Guerre froide, et du boom technologique. Les marchés et l'immobilier ont commencé à beaucoup prospérer. [...] Mais Clinton a fondamentalement poursuivi la ligne de ses prédécesseurs, regrette Madrick : c'était une économie d'accès aux biens beaucoup plus que de croissance des revenus. » Priorité : lutter contre l'inflation, protéger les profits financiers.

La donne a changé. L'inflation désormais galope.

« Le travailleur moyen gagne moins [...] que son père il y a trente ans, reprend l'expert. Et ceux qui n'ont pas fait d'études supérieures, beaucoup moins. Parmi ceux qui sont sortis de l'université, seuls les détenteurs d'un diplôme élevé font beaucoup mieux que les autres ». Résultat : « La part des dettes personnelles est devenue énorme.

[...] Nous sommes, conclut Madrick, dans la pire situation économique depuis le début des années 1990. »

C'est dire.

Que faire ? Je re-pose la question, que j'adresse aux entreprises. Comment se développer ?

Crochet furtif par la quatrième ville de France, où je regarde beaucoup la télé. Dans un entretien au Club économique du grand Toulouse (TLT - site en panne), un observateur de l'immobilier déclare : « Actuellement, dans notre pays, le budget mensuel des ménages souffre - par rapport aux années passées - d'une baisse de 150 à 200 €. »

Atmosphère dépressionnaire. Alors, les entreprises, que faire ?



J'ai cinq éléments, en appui direct sur les démarches que donnent à voir certaines des structures que je connais. En période de repli, il y a grosso modo cinq stratégies :

1. Faire de la pointe - Une entreprise qui développe un savoir-faire ou un produit cinq étoiles (a fortiori unique en son genre), bref cette entreprise consolide son patrimoine immatériel, sa spécificité, son angle ou son diamant aigu, son potentiel de pénétration ;

2. Toucher des niches, par définition beaucoup plus « micro » et donc typiques et donc modélisables ou prévisibles (maîtrisables, en termes de domination, de vérouillage, de marges - cf. David Vs Goliath), bref plus tranquillisantes que ce grand marché en repli ;

3. Adopter une stratégie discount (politique d'optimisation des circuits de coûts, prix finaux très bas) - Cette politique répond aux nouveaux besoins des (grandissants) nouveaux modestes, qui - en outre - s'assument de plus en plus comme tels (cf. dîners en ville où fusent des propos sur les méfaits de l'inflation) ; attention toutefois : une image de marque, c'est sacré, or le discount est au glamour ce que le déodorant du marché de la gare est au Chanel Numéro cinq ;

5. Investir le luxe - Ah là : oui ; l'image de marque prévaut (attention toutefois au prix du ticket d'entrée sur le marché concerné), de plus la stratégie s'enfle d'un charisme durable et conquérant ; les marges sont souvent confortables et l'autre bonne nouvelle, c'est que le luxe (forcément différenciateur - sinon ce n'est pas du luxe), bref le sommet du panier se porte à merveille pendant les crises ; la frustration et la volonté de se démarquer du troupeau en peine sont de formidables ressorts ;

5. Développer son volet international - Ça permet premièrement de toucher les marchés (encore) émergents ; deuxièmement, de mettre ses œufs dans différents paniers, en émulation les uns avec les autres (il est toujours temps de tout transférer là où l'herbe est la plus verte - dynamique des vases communicants).

Je vous quitte ici : je révise mon hongrois.

Be seeing you!

[ Image (c) Tom Q @ Flickr.com ]  Read More


 FlationsWed 4 Jun 2008
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Économie par ci, économie par là. Journaux, TV, Net... L'économie, dans son objet, mérite un tour de focale. Une ou deux précisions. Une base ? Reprenons la base parmi les bases. L'économie c'est tout ce qui touche à la transformation de ressources en richesses. Richesses plus ou moins porteuses de gains pour tous (producteurs et cibles - on dit offre et demande, avec des tas de partenaires et d'opposants partout). Produire et transformer et stocker et optimiser et vendre, c'est un travail d'équipe. Plus ou moins serein. Plus ou moins tendu. Dynamique ? Presque toujours. Les richesses passent ensuite de mains en mains. Jusqu'à l'usure. Ou la saturation. Du boulot... Rapports de force en prévision (coopérations, bien sûr, et surtout jeux).

Et il y a des notions-clés.

Les trois flations notamment. L'inflation, c'est quand une demande dépasse les capacités de l'offre, les stocks disponibles, les carnets d'approvisionnement. C'est bon signe : il existe un marché dynamique, désireux (et en capacité) d'acheter. Alors les prix s'emballent : l'offre vend ses faibles unités aux plus riches. Ce qui est rare est cher... Vous connaissez la suite.

La déflation, c'est quand un marché - doté de prix trop forts (emballements divers, spéculations) - bref, un marché se corrige de lui-même : les prix se mettent à coller à nouveau à une réalité. Ambiance atterrissage...

La stagflation, c'est autre chose : c'est quand les prix s'emballent alors que la demande perd ses moyens d'achat. Grands prix pour des marchés atones, sur le déclin. Un casse-tête. Souvent le signe que produire est devenu cher. Et acheter, devenu compliqué. En ligne de mire : un pouvoir d'achat qui s'effrite. Offre et demande sont impactées.

Be seeing you...


 Benchmarking nationalFri 23 May 2008
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[ < thémas benchmarking et France | catégorie Economie-Sc. sociales | archivage automatique du billet sur les voix mentales | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

Un pays est-il une entreprise ? Pff, non. Et pourtant : les entreprises, autrement plus prosaïques que les forces, la culture et les humanités qui composent un pays - et surtout le nôtre -, bref, les boîtes, elles y arrivent. Un, à se vendre. Deux, à gérer leur flouze. Trois, à s'adapter à la vie. Vous savez, ce principe de réalité dont parle la psychanalyse et que les Français, Persévérants au possible (sensibles aux grands principes), se figurent si mal.

J'aime [1] mon pays (Blaise Pascal, Jean Moulin, Monet & Schuman, Edgar Morin). Je dis simplement qu'il faut y aller maintenant. Cette génération de l'Après-Guerre nous pèse, qui proteste, ralentit, freine et bataille pour ses prérogatives.

Le salut passe à coup sûr par un benchmarking, une étude systématique et une adaptation de ce que tellement réussissent sous d'autres latitudes. Ligne de mire ? L'Europe du Nord : libérale, sociale, intelligente, harmonieuse et bien fichue. On a le droit d'y travailler, de s'y développer, de partager, d'agir, d'avancer : de vivre. Et de bien vivre. En harmonie avec autrui, c'est décisif. Pragmatisme (solutions), sens du travail (courage, allant), individualisme (liberté) et sens des responsabilités collectives (civisme, autodiscipline).

Donnant la parole à Robert Rochefort, directeur du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc - interview à Metro le 30 avril 2008), je hurle avec lui :

Au lieu de toujours se comparer au passé et aux Trente Glorieuses [2], on ferait mieux de regarder ce qui se fait aujourd'hui, ailleurs, pour lutter contre les mêmes problèmes conjoncturels. Nous sommes trop autocentrés, pas assez ouverts à la comparaison.

Comme beaucoup de Français, je trouve que le travail est plus naturel ailleurs. Je trouve, en parallèle, que la protection sociale, la culture et l'art de vivre chez nous sont uniques. Et nécessaires : je les adule.

J'aime le monde et j'aime la France. J'aime la vie. J'aime le mouvement.

Ouais.

Français, étrangers, comment vivez-vous votre pays ?
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[1] J'aime aussi ce que la France compte de métis (Giacomo Casanova, Alexandro Jodorowsky).

[2] Grosso modo les années 1940 à 1970. Période de reconstruction du pays et de modernisation industrielle (productivité alors bénéfique à l'emploi), en même temps qu'un relatif isolement international (je veux dire par rapport à maintenant). Période faste, de plein-emploi, donc de finances par l'impôt fortes, donc d'actions publiques possibles. Truc serein. Une parenthèse dans l'Histoire.


 Europa, mon amour - 6e partieSun 18 May 2008
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[ < 5e partie | théma Europe | catégorie Économie | archivage automatique du billet sur le dialogue et sur cette rencontre entre information et relation, qui - pour Manolina - forme la catégorie « communication » | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

« L'Europe, avec 21 % du PIB mondial, est la première puissance économique de la planète. Devant les États-Unis, qui totalisent "seulement" 17 %. - Or - le couple franco-allemand [1] pèse à lui seul 40 % du PIB de la zone euro. [...] Il faut à présent une armée européenne commune et consistante, pour passer au premier rang décisionnaire mondial, notamment en matière de diplomatie et d'économie [2], où nous avons nos visions à promouvoir. »

Jean-Dominique Giuliani, consultant en échanges internationaux et président de la fondation Robert Schuman - RTL, C'est arrivé demain, Dominique Souchier (podcast)
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[1] Pour une majorité d'économistes, l'Allemagne est notre pays jumeau, tant pour l'économie (et ses performances) que pour la composition et les tendances dynamiques de sa société.

[2] L'actuelle présidence de la République française se dit favorable à une armée commune, capable de peser dans le monde et de s'affranchir de l'Otan. L'émancipation prend un tour de plus en plus concret.

[ Sur quelles bases repose l'Eurocorps ? ]


 Emploi du tempsWed 16 Jan 2008
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[ < théma Emploi | catégorie Économie | archivage automatique du billet sur la foi en l'autre | permalien, mots-clés & commentaires ]

En ce moment, ça discute entre partenaires sociaux. Ligne de mire : la modernisation du marché du travail, en faisant la part belle à un concept issu des économies scandinaves, la flexisécurité.

Une attente lourde.

Employeurs et salariés, découvrez les nouveaux contrats et modalités de travail, avec Florent Hirel, dirigeant de 31000emloi.

C'est ici.

[ Compte-rendu des Echos ]


 Non madame, PIB n'est pas le nom d'un biscuit salé pour l'apéritifMon 7 Jan 2008
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[ < Théma France | archivage automatique de la contribution (importante) sur le planning en tant que levier de motivation ] AddThis Social Bookmark Button [ Catégorie Économie | permalien, mots-clés et commentaires ]

En seulement quelques années, le PIB de la France est passé du 4e... au 14e rang modial.

Bertrand Monthubert, mathématicien à Toulouse, président du collectif Sauvons la recherche
(interview sur Radio classique ce lundi 7 janvier au matin - mmh, 6 h je crois)

[ Pour que l'emploi progresse, il faut que la croissance du PIB soit supérieure à la croissance de la productivité du travail, estime le portail Educnet, or - j'ajoute - la productivité du travail française est une des meilleures au monde (devant l'Allemagne et même les États-Unis) | contraste - le temps improductif en France, le focus du Journal du Net | mmh, la productivité (mal managée, mal récompensée) est une source de distress | améliorer tout ça, ici ]


 Sois poli(e) si t'es pas joli(e) - 15e partieThu 6 Dec 2007
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[ < 14e partie | archivage automatique du billet sur les 6 degrés de séparation ] AddThis Social Bookmark Button [ Catégorie Économie | permalien, mots-clés et commentaires ]

Ah, les noms : de vraies marques. Un court séjour à l'Inpi vous fait voir à quel point les bonnes idées sont déjà prises. Compte tenu du bruissement informatif permanent (contamination positive, effet-dominos en continu, complexité), 2008 sera l'année du challenge. Trouver un nom, trouver sa marque, va relever de la gageure. Et c'est bien : exister, en environnement commercial, demande une originalité, un plus, et surtout un mieux. Exister, c'est se sortir de soi.

S'extravertir, quand beaucoup parlent, c'est nécessairement trouver un angle, un ton, un style. Quelque chose de typique (identifiable, comme le son du bébé manchot sur la banquise qui interpelle, parmi mille, sa mère et elle seule). Quelque chose de typique, ok, et un apport significatif aux clients : améliorer l'existant ou innover pour faciliter, au final, la vie de ses contemporains.




Fig. 1 - La mondialisation, un processus ancien -
Ici, la Route de la soie, remontant à l'Antiquité romaine,
lisez le passionnant blog du chercheur T. Matthew Ciolek



Pour comprendre cette logique, pluriséculaire, accrue par la modernité (exploration des terres, des idées, des statuts humains) et répandue via les moyens de connaissance et de conquête [1] actuels (avion, téléphone, voiture, architectures managériales et documentaires normées et accessibles à distance), il suffit juste de lever le Net et le nez. Il suffit aussi de relire Adam Smith et Mike Porter, le père - en dehors de Jean-Baptiste Colbert - de l'avantage concurrentiel.

Ok.

Les idées forment une noosphère qui nous baigne, autant que l'air [2]. Tout est dans l'air. C'est dans l'air du temps, c'est dans la peau, j't'ai dans la peau, l'air de rien, de pas y toucher.

Mouais.

J'ai grande considération pour l'excellent consultant-coach Patrick Tardivon, qui dit Vous pouvez prendre mes idées, j'en aurai d'autres. À l'instar de Flemming Funch, ce type a tout compris du XXIe siècle. Face à la vague, qui vous carotte des choses et qui grossit des courants émis par les uns et par les autres, il vaut mieux apprendre à surfer : produire et lacher prise. La propriété ? C'est has been. C'est d'ailleurs le principe du copyleft, qui contraint l'émetteur à la production par le haut, à la créativité permanente, au dépassement de soi.

Yes.

Mais ça m'ennuie toujours quand on prend sans signaler. Faites-vous plaisir, ok. Mais citez les sources. Quand on se sert, on dit merci.

Sinon c'est bouffrerie : la prochaine fois, je dégomme. Version massif.
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[1] Investigation, veille et benchmarking.

[2] Il faut saluer le formidable esprit de synthèse du philosophe Pierre Teilhard de Chardin, à l'origine du concept d'enjeu du Point Omega (noosphère).

[ Absara, fan de Silicon Sentier, par exemple, et de l'esprit OpenCoffee club - honneur aux pionniers | respect symbolique du droit d'aînesse, sinon c'est mètis à deux balles | bravo à ceux qui inventent - ce n'est pas la propriété qui est has been, c'est de s'approprier des mérites, sans les risques, et de faire son cake après | envisager, sans pour autant verser dans la mémétique, à quel point modèles et systèmes sont autonomes et nous échappent ]  Read More


 Energie - 14e partieFri 9 Nov 2007
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[ < 13e partie ] AddThis Social Bookmark Button [ Catégorie Économie | mots-clés, permalien, commentaires | 15e partie > ]

Parlons d'énergie, fossile ou renouvelable, cette énergie qui projette l'homme dans l'espace et contracte ses délais, dilate ses rêves, remplit son assiette et soigne ses angoisses. Cette énergie, du moins celle de l'ère industrielle, elle pollue et préoccupe. Elle déclenche des guerres. Cette énergie, les pays émergents la réclament et c'est nouveau. Mieux (ou pire), ils la consomment en masse.

Il y avait bien du monde. Et je vous les cite un à un : il y avait Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, Jean-François Giannesini, consultant pétrolier, Emmanuel Lechypre, rédacteur en chef de L'Expansion et Yves Paccalet, écrivain-philosophe, auteur d'un essai sur l'énergie. C'était mardi dernier dans C dans l'air sur France 5. Ce même jour il y a avait aussi à la radio, dans Les Grands Débats de BFM, Patrick Behm, président d'Enercoop, François Carlier, directeur adjoint des études et de la communication chez UFC-Que choisir, Pierre Papon, physicien-expert en énergie, Serge Pierre, consultant en stratégie d’entreprise, Philippe Perdrix, journaliste à Jeune Afrique et Gabriel Sonier, avocat en droit des affaires, bref tous ces gens-là pour dire des choses sensées. Et simples.

J'ai bien retenu deux traits saillants, que je vous relaie. Vous me direz ce que ça soulève en vous :

Le Japon, qui a plus que donné des signes de bien-être et de progrès, a pourtant réduit sa consommation énergétique, en 10 ans, de 10 %. Autre chose ? Depuis deux mois, c'est officiel, les pays émergents consomment autant de pétrole que ceux du Nord.

Gosh...  Read More


 Ethique - 12e partieFri 5 Oct 2007
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[ < 11e partie ] [ Catégorie Economie-Sc. sociales | permalien | commentaires | 13e partie > ]

Comme l'affirme sur France culture le sociologue John Elster (podcast), la norme, le « il faut » forgé au contact des groupes, trouve trois expressions distinctes :

1. la norme sociale, réplique du comportement que vous percevez et copiez (plus ou moins consciemment) d'un groupe - cf. René Girard ;

2. la norme semi-morale, active sitôt qu'un regard externe vous appréhende ;

3. la norme morale, issue de vos réflexion et sensibilité propres.

[ Normes et valeurs ]


 Independance day - 13e partieMon 17 Sep 2007
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[ < 12e partie ] [ Catégorie Économie | mots-clés, permalien, commentaires ] Independance day [ 14e partie > ]

Cette série de billets sur l'économie continue. Après quoi, je compte revenir au cœur du blog : sciences humaines, efficience et rencontres « nouvelle génération ». Que dire ? L'intervenant que je suis prend du champ en ce moment et questionne un ou deux ressorts plus généraux. L'entreprise, pour une fois, je la quitte un peu et je regarde les choses comme un ensemble, façon « macro ». C'est que j'ai chaussé des lunettes plus globales. Ou que j'écoute davantage les bulletins éco, je sais pas.

Anyway. Twitter m'amène à consulter le très bon Mots & co du concepteur-rédacteur Mickaël.

Et savez-vous ce que cet auteur relève ?

Qu'une structure d'indépendant(s) sur cinq compte embaucher sous bon délai. De sorte que la prochaine fois que vous cherchez un job, recommande Mickaël, lâchez les Pages jaunes et allez voir l'indépendant le plus proche !

C'est court et intéressant, c'est documenté, c'est ici.

[ Rhôôu, je reviens de 3 jours à l'océan - avec une partie de ma progéniture -, il y avait un de ces soleils ! ]


 La coupe est-elle pleine ? - 12e partieThu 13 Sep 2007
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[ < 11e partie ] [ Catégorie Économie | mots-clés, permalien, commentaires ] La coupe est-elle pleine ? [ 13e partie > ]

Au revoir, elevator pitch. De l'ascenseur, nous passons à l'ensemble qui le contient : l'immeuble ou la maison.

Ah l'immobilier ! Certes la crise des subprimes vient-elle d'outre Atlantique : c'est d'accord. Pour autant, il y a - en France - des tas de régions chères, où le marché reste et restera le même. Je le crois profondément. Une ville attirante, où les travailleurs continuent d'affluer pour s'installer (solde de population positif), eh bien cette aire est une mine d'or permanente. Au pire les prix vont-ils stagner un peu (et encore). Au mieux, les vendeurs vont-ils viser d'autres profils, plus élevés : je le crois davantage. Et donc, en théorie, tout peut rester cher. Pour longtemps.

Pour autant, il y a peut-être saturation. Je veux parler des ménages et de leurs moyens. Et alors, stagnation possible puisque les vendeurs touchent essentiellement - hors investisseurs - les familles (demandeurs de T3 minimum).

Je doute qu'un ménage moyen puisse rembourser, par exemple, plus de 800 à 1 200 € par mois : le marché peu à peu les exclut. La saturation vient sûrement du fait qu'un butoir mensuel est atteint. Regardons de près.

Voyons. Imaginons que vous ayez un capital de départ. Il vous faut emprunter :

120 000 € à 5 % pendant 10 ans ; vous remboursez mensuellement 1 300 €. Pareil à 15 ans : 950 €. À 20 ans : 800 €. Et à 25 ans : 700 € / mois.

Continuons : 150 000 € à 5 % pendant 10 ans ; vous remboursez mensuellement 1 600 €. À 15 ans : 1 200 €. À 20 : 1 000 €. À 25 : 900 €.

Maintenant, 200 000 pendant 10 ans : 2 100 € ; pendant 15 : 1 600 € ; pendant 20 : 1 300 ; pendant 25 : 1 200 €.

On augmente. 250 000 à 10 ans : 2 700 € ; à 15 : 2 000 € ; à 20 : 1 700 € ; à 25 : 1 500 €.

350 000 : 3 700 ; 2 800 ; 2 300 et 2 000 €. Et 400 000 : 4 200 ; 3 200 ; 2 700 et 2 400 € - là, c'est beaucoup.

En termes de seuils, je constate qu'un ménage moyen peut emprunter de 100 000 € à 250 000 €, sur différentes durées. Que dire ? Tout dépend de son capital de départ. S'il a un capital de 10 000, de 30 000, de 50 000 ou de 100 000 € (s'il vient de vendre son précédent bien par exemple), cela veut dire qu'il peut espérer acheter un bien oscillant entre 110 000 € et grosso modo 350 000 €.

Ce qui, selon que le m² coûte 2 000 ou 3 200 €, équivaut à :

[ 2 000 € le m²] : 1 T2 de 55 m² pour environ 1 000 € de mensualités ou 1 T4 de 100 m² pour env. 1 500 €.

[ 3 200 € le m² ] : 1 T3-T4 de 80 m² pour env. 2 000 € / mois ou 1 grand T4 de 110 m² pour env. 3 500 €.

Conclusion ? C'est vrai que se loger revient beaucoup plus cher qu'il y a 5 ans. Mon propre appart coûtait 1 200 € le m² (j'avais, il faut le dire, beaucoup marchandé). Sa valeur, maintenant : 3 000 € le m². J'en suis content mais c'est beaucoup trop. Jamais, en 2007, je ne pourrais faire vivre les miens dans mon quartier et ma superficie actuels.

Si mes évaluations tiennent debout, les vendeurs vont devoir considérer que les familles (cf. T3 ou T4) peuvent se permettre de dire oui à « seulement » 2 000 € le m², 2 500 maxi.

Peut-être les quartiers à 3 200 € le m² vont-ils baisser de 25 % en, mettons, 4 ans. Peut-être, encore et surtout, qu'ils vont attirer de plus gros cadres encore...

Dans une ville dynamique, j'opte pour le choix 2. Et vous ?

[ Simulateur en ligne | si les propriétaires des biens qui ont explosé sont modestes et qu'ils ont profité du boom sur ce premier bien pour y loger des locataires aisés et de leurs économies pour acheter un second bien, ils sont obligés - en cas d'incident de paiement - de supporter une grosse charge de coûts | il leur faut un réservoir de cadres ou de professions libérales, capables de payer une caution, parfois 1 000 € de loyer plus quelque 200 € de taxes et charges ]


 Régimes spécieux - 11e partieThu 13 Sep 2007
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[ < 10e partie ] [ Catégorie Économie | mots-clés, permalien, commentaires ] Régimes spécieux [ 12e partie > ]

L'a bon dos la République : l'Égalité de la devise semble partie faire un tour du monde par les Bahamas [1]. Pour la génération X ou Y, avoir une retraite par répartition relève de la croyance aux Walkyries, au Dahut, à la Montagne dorée, à Dora l'exploratrice, au syndicalisme gagnant-gagnant, aux places en crèche. Le tout cumulé.

Bon, entre deux insomnies par suite de progéniture encore engluée dans le rythme échevelé de feues les vacances, j'écoute le matin - selon que je change de pièce - France culture et BFM [2]. Et quoi ? Il y avait encore un petit 15 % des invités pour dire que ce qui est dit est dit : les régimes spéciaux sont contractuels donc figés, vérouillés. Et la réalité, bon sang ? Y a-t-il quelqu'un pour comprendre qu'elle est mobile et fluide ? que la vie bouge ? que tout ce qui respire change, interagit, s'adapte et génère ?

Amateurs d'adrénaline, faitez-vous des wiiz-wiiiz grâce à ce simulateur de pensions, que j'avais gardé pour la soif. L'est ici, c'est la maison qui régale.




Fig. 1 - À l'opposé, un bon Fantômas...
et ça repart


La solution ? Investir dans la pierre. C'est-à-dire disposer d'un CDI rassurant pour la banquier, repérer les affaires et pousser la porte du type qui incarne le bon sens près de chez vous. La retraite, pour ma génération, c'est nous qu'on-se-la-fait.

Je vous indique le lien vers Les Matins de France culture, présentement consacrés aux retraites. Invités : Raphaël Hadas-Lebel, président du Comité d'orientation des retraites et Bernard Brunhes, vice-président de BPI, cabinet RH. C'est... beaucoup plus calme que Fantômas, c'est .

Be seeing you.
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[1] Je pense même qu'à ce stade, elle parvient à pied par la Chine.

[2] J'ai dû faire partie des premiers à plébisciter la radio de l'économie. Puis, les pubs intempestives m'ont mangé la tête, comme dirait Cizia Zykë. À la suite de quoi, après des années, j'y reviens : je trouve que les réclames lénifiantes sur les warrants (prononcer « varan ») s'y font désormais plus rares. Et les Pouet-pouet asset-management sont plus espacés.

[ Âge-limite (moyenne) du départ en retraite dans l'Hexagone : 57 ans | très bon blog : Non à la dette !! | comment enregistrer une radio du Net : d'abord aller sur son site et trouver l'archive-son toute fraîche qui vous intéresse, ensuite... | truc de consultant - comment changer une donne groupale, par définition visqueuse (contraire de fluide), grâce à Pierre Moscovici et David Gleicher : exercez-vous ]


 Europa, mon amour - 5e partieMon 25 Jun 2007
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[ 4e partie ] Europa, mon amour [ 6e partie > ]

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À la suite des traités de Rome (1957), de Mäastricht (1992), d'Amsterdam (1996) et de Nice (2000), le traité fonctionnel de 2007 (ou mini-traité) entre en application mi-2009.

Ce nouveau traité, A. BO, journaliste au Figaro, le condense ici :

Finie la présidence tournante, par pays tous les 6 mois [ndlr - qui engendre une succession de parti-pris nationaux], « un président stable du Conseil européen sera élu par ses pairs » pour 30 mois.

Le titre de « ministre » des Affaires étrangères est supprimé. Il est remplacé par celui de « haut-représentant pour la Politique étrangère et la Sécurité ». En 2009, il sera en même temps numéro deux [ndlr - vice-président] de la Commission, il disposera d'un service diplomatique propre (service pour l'action extérieure).

La Commission européenne comptera, à partir de 2014, un nombre de commissaires égal à 18 [ndlr - 2/3 du nombre d'États membres]. « Les pays seront représentés sur la base d'une rotation égalitaire. »

Coopérations renforcées : elles sont facilitées et étendues aux domaines judiciaires et policiers. En ligne de mire : la création d'un parquet européen.

Énergie : « La solidarité doit s'appliquer, si de graves difficultés d'approvisionnement surviennent, notamment pour les produits énergétiques. Les traités garantiront la solidarité énergétique entre États membres. »

« L'Union doit promouvoir au plan international des mesures destinées à lutter contre les changements climatiques. Elle dispose d'une nouvelle base juridique pour agir au niveau européen. »

Les symboles (drapeau, hymne, devise) ne figurent plus dans les traités, même si ces derniers continueront à exister. Les expressions « loi » et « loi-cadre européenne » sont abandonnées au profit de règlements, directives, décisions.

La charte des droits fondamentaux ne sera plus reprise in extenso. Un article y fera référence. Son caractère juridiquement contraignant est maintenu. Londres bénéficie d'une dérogation à son application [ndlr - Tsssss]. La Pologne a obtenu la garantie [ndlr - anti-avortement] que la charte « ne porte atteinte en aucune manière au droit des États de légiférer dans le domaine de la moralité publique, du droit de la famille, de la protection de la dignité humaine, de l'intégrité humaine physique et morale ».

Les Parlements nationaux pourront demander à la Commission européenne de réexaminer une proposition s'ils jugent qu'elle empiète trop sur les compétences nationales. Si la Commission ne les suit pas, ils pourront demander aux États membres de la bloquer.

La concurrence libre et non faussée disparaît des « objectifs de l'UE » tels que définis par la Constitution. Un protocole a été ajouté précisant que le marché intérieur nécessitait « un système où la concurrence n'est pas faussée ».

Services publics : un protocole souligne leur « rôle essentiel » et « la grande marge de manœuvre » des États membres dans « la fourniture, la mise en service et l'organisation » des services publics.  Read More


 Les coopérations qui marchent le mieux, palmarès - 7e partieTue 1 May 2007
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[ < Aide-toi, le Ciel t'aidera - 6e partie ] Les coopérations qui marchent le mieux, palmarès - 7e partie [ Stratégie des parties d'un système, exemple vidéo - 8e partie > ]


Je t'aime, moi non plus


Au revoir Dominique Wolton, au revoir distinction entre message, relation et paillettes. Attaquons-nous à la coopération.

Avant cela, jetons un coup d'œil au fait humain, je veux parler de la racine de ce que nous sommes en tant que « parlêtres » (Jacques Lacan). Communiquer, besoin fondamental (sinon hospitalisme, prévient René Spitz), bref communiquer comprend trois sens. Le premier, c'est se mettre en phase avec les sensations de quelqu'un, c'est le comprendre et faciliter l'échange avec lui. Dans le meilleur des cas, une osmose a lieu. Le second sens, c'est libérer une tension, donner corps à un jaillissement intérieur, une poussée libératoire (quoique problématique). Le troisième sens, c'est faire impact : c'est optimiser une idée (l'« aiguiser ») et ancrer cette idée dans le cerveau de l'autre. La PNL, et par exemple la condensation grand public que j'en fais dans le 5C-4P, en parlent clairement. De même que Serge Moscovici et ses idées (et conduites) provocatrices d'adhésion, revoir les minorités persuasives.

Faisons les malins. Mais si deux parties-prenantes ne communiquent pas, qu'est-ce qui se passe ? Imaginez que chacun des acteurs ait un intérêt à défendre, un intérêt égocentrique, un peu comme le conçoit l'économiste Adam Smith. Qu'arrive-t-il alors ? Qu'arrive-t-il a fortiori si les personnes concernées ont « la pression » ?

Il est intéressant de voir comment se conduisent des spationautes stressés, saturés les uns des autres, comme dans une capsule spatiale. C'est le syndrôme Apollo, il faut des psychologues de la trempe de Taibi Kahler ou de Meredith Belbin pour envisager des sorties de crise valables. Imaginons maintenant que deux voleurs soient au commissariat, les menottes au poignet. Particularité ? Ils sont dans deux pièces séparées et ignorent ce que l'autre va dire, soit pour « faire bloc » et jouer la solidarité, soit pour « sauver sa peau », tel un égoïste. Il est évident que nous allons pénétrer dans la théorie des jeux, ces conduites qui ignorent tout de l'autre et de ses réactions, pour se focaliser sur la résolution d'un problème où cet autre y est pour beaucoup dans votre salut personnel. Et où vous y êtes pour beaucoup dans le sien propre. Et partant, dans celui... des deux.

Quittons quelques instants le commissariat. C'est l'informaticien Robert Axelrod qui campe le mieux les choses. Dans son nécessaire Comment réussir dans un monde d'égoïstes - Théorie du comportement coopératif, il explique comment la guerre de 1914-1918 a pu soulever la question des jeux. Entendons par jeux les interactions entre parties-prenantes, qui ignorent tout de l'éthique (art de se comporter) et des réactions live de l'autre. Un peu comme dans les tranchées. L'exemple est patent : l'armée allemande patauge dans la boue, de même que les Alliés, en face. La petite histoire retient de ces situations de crise, où tout peut basculer en permanence, qu'elles ont débouché sur des coopérations tacites. Qu'est-ce à dire ? S'il en avaient la possibilité (période de relative indépendance quant à l'état-major), les soldats d'une tranchée ou de l'autre trouvaient le moyen de manifester leur calme aux autres. Par des signaux discrets. Lâcheté ? Que nenni. Survie collective : Je t'indique que nous sommes calmes chez nous. La réaction de l'autre est soit Nous aussi... Soufflons un peu, soit une décision immédiate d'attaquer. Pour anéantir ces ennemis imprudents. Que pensez-vous qu'il arriva ? La paix, bien sûr. La recherche de concorde, autant qu'elle a dépendu des soldats eux-mêmes, a prévalu.



L'exemple est fascinant et, si l'on revient aux deux voleurs menottés dans les deux pièces, il faut bien dire que les comportements de l'un et de l'autre forgent des issues différentes :

| Antoine protège Benoît, simultanément Benoît protège Antoine => meubles sauvés, tout le monde prend une peine symbolique [3 points ; 3 points],

| A protège B tandis que B accuse A (ou bien l'inverse), pour se protéger => le délateur avisé ressort plus blanc que neige [0 point ; 5 point],

| A et B s'inter-accusent => tout le monde plonge, avec une petite remise de peine pour dénonciation [1 point ; 1 point].

Nous sommes en plein Dilemme du prisonnier, qui dit que le mieux, c'est de faire bloc avec l'autre, évidemment. Mais c'est loin d'être gagné, car - après tout - qu'est-ce qui me garantit que l'autre a ma noblesse ? Il peut très bien me trahir, ce qui est à son relatif avantage.



Il faut alors se pencher sur les stratégies, les règles qui président, consciemment ou non, aux décision, précise Axelrod. Ces stratégies se déclinent en 37 attitudes possibles (ou patterns), laissons à Jean-Paul Delahaye, Philippe Mathieu et Bruno Beaufils, docteurs en informatique, le soin d'en décrire les 15 plus communes :

| Gentille (stratégie), coopère toujours ;
| Méchante, trahit toujours ;
| Méfiante, commence par trahir puis reproduit ce que l'adversaire joue ;
| Donnant_Donnant, commence par coopérer puis reproduit ce que l'adversaire joue ;
| Rancunière, coopère tant que l'autre coopère, sitôt que ce dernier trahit, elle trahit toujours ;
| Majo_mou, reproduit le coup majoritaire chez l'autre ; en cas d'égalité, coopère ;
| Majo_dur, reproduit le coup majoritaire chez l'autre ; en cas d'égalité, trahit ;
| Per_ct, réalise en continu la séquence [collaboration - trahison] ;
| Per_ttc, [trahit, trahit, puis coopère] ;
| Per_cct, [coopère, coopère, puis trahit] ;
| Pavlov, coopère et continue sur cette voie si le coup de l'un et de l'autre, quel qu'il soit, est identique ;
| Tf2t, coopère sauf si l'adversaire a trahi deux fois de suite ;
| Tft_dur, coopère sauf si l'adversaire a trahi au moins une fois dans les deux derniers coups ;
| Tft_lent, joue [c,c], et répète le coup précédent ou copie le coup de l'adversaire se ce dernier le joue deux fois de suite ;
| Lunatique, joue tout le temps de manière aléatoire.

Evidemment, c'est passionnant, d'autant que vous pouvez rejouer le Dilemme du prisonnier au moyen de toutes ces stratégies... en même temps. Et compter les points (Vous vous souvenez ? 0, 1, 3 ou 5.).

Une stratégie se détache par sa fiabilité. Je vous laisse deviner laquelle, en faisant faire les calculs (quasi instantanés) à un programme en ligne, depuis votre navigateur. C'est extraordinaire et c'est ici.

Pff, no comment, j'exulte.

[ Introduisez un seul traître dans une enceinte pacifique et regardez son travail de sape | l'excellent travail du Toulousain Sébastien Konieczny | le point de départ de cet article, un commentaire du consultant Michel Vaugrante | hiver 1914, fiche du film Joyeux Noël (2005), bande-annonce, interview du réalisateur Christian Carion, soutenir l'association Noël14 | Live and let die (vidéo), l'écho musical de Paul McCartney au Live and let live des soldats fraternels des tranchées | animation informatique - Un autre superbe applet Java, celui de Craig Reynolds ]  Read More


 Repères économiques - 10e partieThu 22 Mar 2007
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[ << En France, l'équivalent de Chicago est inscrit à l'Assedic ] Classe économique [ 11e partie > ]


Amis d'l'économie, bonjour !


Terre-à-terre. Voilà ce qu'est Olivier Pastré, chroniqueur des Matins d'Ali Baddou (France culture). Son champ : l'économie. Pastré est à la fois professeur de cette même discipline à Paris 8, président de la banque d'affaires tunisiennes IMM Bank et expert auprès du think tank français Le Cercle des économistes (dernière publication).

Son travail radiophonique est remarquable. Le bonhomme est synthétique et franc du collier. De plus, il organise son propos. Points noirs, points forts de l'objet étudié, pistes d'amélioration : c'est fluide et complet.

Je suis un grand fan de France culture, qui propose de beaux angles le matin (plus tard, c'est variable). Les invités y sont multiples (merci Ali Baddou), l'information, continue (zéro pub), les chroniqueurs ont du tempérament. Tout ce qu'il faut pour se lever du bon pied. Et apprendre des trucs.

Cette semaine, Pastré dit des choses essentielles. Sur l'Europe. Et sur les jeunes, dont je suis (je sais en outre que beaucoup de trentenaires lisent ce blog).

Je vous ai mis le contenu en ligne. Et m'éclipse en patins de feutre pour vous laisser ouïr :



[ Pour enregistrer le son radiophonique du Net, voici quelques technos (légales puisque les contenus sont avant tout diffusés sur le medium hertzien) : 1. CamStudio pour la saisie, 2. MediaCoder pour la conversion du fichier en AVI_optimisé (compression à 90 %), 3. une quelconque plateforme vidéo en ligne pour la mise à profit collective | archivage automatique - aujourd'hui, c'est l'article sur les valeurs qui s'y colle ]


 Repères économiques - 9e partieWed 14 Feb 2007
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[ << Repères économiques en Afrique - 8e partie ] Repères économiques - 9e partie [ L'Europe et puis la génération économiquement sacrifiée des trentenaires - 10e partie >> ]


Patrons, vitalité, dette publique


Je repense au 20/80 et à ce qu'en dit le consultant Jean-Luc Watine. Dans la même ligne, c'est Laurence Parisot, présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef) qui estime - en bonne diplômée de sociologie, certainement ouverte à la complexité - que de petits changements impactent beaucoup de choses en aval.

En changeant seulement quelques éléments, dit-elle sur France culture ce 14 février, on obtient beaucoup de solutions de déploiement, par exemple pour la France. Par ailleurs, si on parle d'économie, elle rappelle que le déficit de l'Etat continuant à progresser sur son rythme habituel, l'année 2015 verra le budget national intégralement dévolu au remboursement de la dette, notre taux d'endettement sera de... 100 %.

Mmh, c'est dans 8 ans. Un endettement de 100 %, c'est un frémissement glacial : les recettes de l'Etat, au lieu de servir aux écoles, aux hôpitaux, aux actions sociales, à l'Europe, à l'écologie, à la recherche et aux entreprises, serviront simplement à rembourser ce que nous dépensons si mal depuis 20 ans.

A voir, le blog sur le livre blanc de Florence Parisot, Besoin d'air.

Et puis ceci :



[ Enregistrer France culture depuis le Net | poids économique - Le Medef, signale Florence Parisot, dispose d'un budget inférieur à celui de l'association de consommateurs UFC-Que choisir | le Medef a donc beaucoup plus d'influence que de moyens financiers | quelques infos sur notre tissu national : seulement 2 % des entreprises hexagonales comptent plus de 500 salariés | dans les 30 pays les plus avancés, ces grands groupes regroupent moins d'un employé sur trois (source OCDE) | les PME françaises de 1 à 249 employés généreraient 60 % de la valeur ajoutée française (2002) | PME, les chiffres (2002) | en France, il y a autant de salariés qui produisent ou vendent des choses aux entreprises (secteur BtoB, 3,3 millions de personnes - c'est la taille de Chicago) que de chômeurs officiels, cf. emploi salarié des secteurs marchands (2005) | si la monnaie reste fixe et figée (enlevons l'inflation), le montant de services que facturent les entreprises, les cabinets et les indépendants aux entreprises, en 10 ans, a progressé de 60 % (2005) | Carrefour, La Poste et Sodhexo alliance emploient plus d'1 million de salariés, et c'est - dans l'ordre - Total, Carrefour et PSA Peugeot Citroën qui affichent les meilleurs chiffres d'affaires (250 milliards d'euros pour ces seuls 3 - c'est ce qu'a perçu l'Urssaf l'année dernière, c'est aussi - à la même période - le volume des échanges par carte bancaire sur les sites français d'e-commerce), regardons les résultats nets : le tiercé de la rentabilité donne ici Total, Sanofi-Aventis et Renault (2006) | Total, la cinquième compagnie mondiale a annoncé ce matin un bénéfice de près de 12,6 milliards d'euros en 2006. Un record absolu pour une entreprise française, estime Le Figaro (14 février 2007) | lire aussi Le Blog finance | Total et l'Erika (l'impact écologique, humain, économique), Total et AZF, Total et la pollution maritime ]  Read More


 Repères économiques - 8e partieThu 8 Feb 2007
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[ << Dominique Wolton sur France culture | La France accueille les relocalisés - 7e partie ] Il y a un aimant en Afrique - 8e partie [ Dette publique et patrons de France - 9e partie >> ]

Tout le monde connaît mon intérêt pour l'Afrique. Certes ma famille directe y sauve des vies [1]. Encore et surtout, avec d'autres, je crois que l'Afrique (énormément grâce aux femmes) est un des grands leviers de poussée du XXIe siècle. Il suffit de lire [2] tout ce qui s'y passe pour vibrer, pour adhérer, pour partager les pulsions de vie, l'espoir d'un ensemble économique qui se réveille.

Alors bien sûr, quand j'entends le journaliste Ali Baddou passer un relai au très sérieux Lionel Zinsou, j'aiguise mon attention et puis j'exulte :

<< L'Afrique est, tout de suite après l'Asie, le continent qui affiche la meilleure croissance mondiale. >>

Lionel Zinsou, associé-gérant au sein de la banque d'affaires Rotschild & Cie

__

[1] Une aide à échelle humaine, au Burkina Faso.

[2] Cf. le réjouissant et pragmatique 80 Hommes pour changer le monde.

[ Enregistrer France culture depuis le Net | où l'on apprend, de Zinsou même, qu'une banque d'affaires permet (mesure l'attrait, optimise les biais techniques qui permettent les transactions), bref facilite les acquisitions d'entreprises par d'autres entreprises | la première fois que je suis allé au Burkina, ce qui m'a le plus frappé, confie mon père, c'est l'extrême jeunesse de la population | en ce moment, Wen Jiabao, le premier ministre chinois, rend visite aux nations africaines que son pays investit industriellement et commercialement | en novembre dernier, il avait déjà prédit que le volume transactionnel entre Afrique et Chine atteindrait sûrement 77,5 milliards d'euros en 2010, soit un triplement sous 5 ans | remettons les choses en perspective : 77,5 milliards d'euros, c'est le montant des retraites que les Français ont touché en 2006 | Absara planche, depuis l'année dernière, sur une offre de management à destination de solides points-relais en Afrique francophone ]


 Relocaliser - 7e partieWed 7 Feb 2007
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[ << Théma économie | délocalisations | Repères économiques - 6e partie ] Relocaliser pour gagner de l'argent - 7e partie [ L'économie... en Afrique - 8e partie >> ]


Retour au bercail des industries boomerang


Regard en arrière : oui, c'est le 10e article sur la systémique qui nous dit au revoir. Quoi d'autre ? Il y a deux billets en suspens, Motiver ses troupes (6e partie) et Le Temps c'est du talent (9e partie). Dès que c'est possible, je donne un tour définitif à tout ça, promis.

Parlons relocalisation. C'est l'inverse de partir : les industriels reviennent en France. L'édition du 7 février du journal de France 2 (20 h) fait un très beau focus sur les lignes de production françaises, qui déchantent de l'Asie et reviennent au sol natal. Eclairage.

Les ateliers chinois nous ont fait gagner 20 % de frais de production. Mais cette marge, le transport des marchandises nous l'a confisquée. A présent, en France, il nous suffit de gagner localement 10 % de productivité pour - au final - empocher un bénéfice d'autant.

Un directeur de chez Samas, fabricant hexagonal de meubles

[ Délocalisations, un mal si puissant ? | la France et les esprits chagrins | l'Hexagone, une grande économie ]


 Repères économiques - 6e partieWed 22 Nov 2006
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[ << Panorama - 5e partie | Le management a l'âge de ses artères ] Repères économiques - 6e partie [ Relocaliser - 7e partie >> ]

Les vrais enjeux du « papy boom »

En France, entre 2002 et 2015, << plus de 500 000 personnes devraient quitter le monde du travail chaque année, c’est un fait établi qui génère autant d’espoirs (baisse du chômage des jeunes) que d’inquiétudes (perte de compétences). >>

Jean-Marc Moret, manager accompagnateur chez Emma - RH demain, excellent blog



[ Insee, les chiffres ]


 Repères économiques - 5e partieThu 2 Nov 2006
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[ << Economique post-industrielle, l'éclairage de Daniel Cohen - 4e partie ] Repères économiques - 5e partie [ Modélisation des départs en retraite d'ici 2015 - 6e partie >> ]

Panorama

Prenons toutes les entreprises implantées en France.

55 % d'entre elles ont un capital majoritairement d'origine étrangère (fonds de pension anglosaxons). Par ailleurs, c'est de leurs propres bons de commande que proviennent 70 % des produits chinois présents dans l'Hexagone. Quant aux baby-boomers qui les quittent pour des raisons de retraite, ils consomment progressivement 3 fois plus de soins de santé que quand ils étaient en poste [ndlr - j'ajoute que leurs 2 dernières années de vie coûtent plus cher que l'ensemble de la vie écoulée].

Patrick Artus, économiste à l'antenne des Matins de France culture, auteur de Politique économique de droite, politique économique de gauche, 15 € env.

[ Quelques articles centrés sur les retraites ]


 Economie post-industrielle - suiteSun 8 Oct 2006
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[ << Les intellectuels se mouillent - 3e partie | délocalisations | emploi - 5e partie | Angus Madison, citation ] Economie post-industrielle - suite [ Repères économoques - 5e partie >> ]


Décryptage


<< La révolution financière des années 1980 change les principes d'organisation des firmes. Un actionnaire n'a nullement besoin qu'une même entreprise fabrique à la fois des maillots de bain et des parapluies. Il lui suffit, pour diversifier son risque, de détenir une action de l'une et de l'autre. Dans un renversement copernicien des fondements mêmes du salariat, ce sont désormais les salariés qui subissent les risques, et les actionnaires qui s'en protègent. >>

Daniel Cohen, économiste, auteur de l'excellent Trois Leçons sur la société post-industrielle





[ Macroéconomie | interview à TV5Monde ]


 Les intellectuels se mouillent - 3e partieWed 13 Sep 2006
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[ << Innovation - 2e partie ] Les intellectuels se mouillent - 3e partie [ Changement institutionnel à La Poste | Economie post-industrielle, décryptage - 4e partie >> ]

Lu dans le train, hier, un dossier sur les PME, dans Le Monde [*]. Passionnant. L'on y trouvait d'ailleurs un point de vue, très poil à gratter, de Philippe Trouvé, chercheur en sciences de gestion. L'idée ? La relance par les PME est un mythe fort coûteux. Témoin, les efforts démesurés de l'Etat pour dynamiser le tissu qu'elles composent. Pour autant, d'après le chercheur affilié à l'Ecole supérieure de commerce de Dijon, les patrons des PME ne sont pas des fines mouches en matière d'innovation ou d'aptitude à l'amélioration continue des processus. Bien moins, certainement, que les patrons des grands groupes, frottés à la concurrence de haut vol. Potentiellement plus souples. Mmh, un peu comme des havanes Partagas ?

De son côté, Joseph Stiglitz [page], prix Nobel d'économie interrogé par Libération, estime que la mondialisation - en l'état atuel - porte un sérieux préjudice à l'innovation et à la valorisation collective du savoir. La faute à qui ? A la propriété intellectuelle la plus cadenassée qui soit. Au bout d'un moment, les brevets sont comme des champs de mine où la circulation intellectuelle devient impossible. Contre la stagnation des connaissances, la France devrait pousser plus avant son programme diététique d'ingestion de fibres : ch'uis sûr que nos Hexagonaux feraient de belles choses.


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[*] Si quelqu'un possède le (très bon) numéro d'hier, merci de me le faire savoir. J'ai égaré le mien chez un couple d'amis. Ce numéro parlait par ailleurs de la démographie mondiale en 2050, brrr.  Read More


 Emploi fictif - 5e partieWed 14 Jun 2006
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[ << Flex-sécurité - 4e partie ] Emploi fictif - 5e partie [ Economie post-industrielle, décryptage - 6e partie >> ]

<< En cumulant tout ce que l'action publique déploie [*], un chômeur en France coûte en moyenne 30 000 euros à l'Etat. [ndlr - Au regard des résultats], il vaudrait mieux que ce dernier lui remette directement la somme et lui propose d'acheter son employeur avec. >>

Jacques Marseille, économiste
__

[*] Les aides directes et indirectes. Incluse, la perfusion étatique de l'Assedic.

[ 30 000 euros, c'est le salaire mensuel du fonctionnaire le mieux payé de France | ou le prix d'une Audi A4 ]  Read More


 Optimisme - 3e partieMon 17 Apr 2006
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[ << Délocalisations - 2e partie ] Marre de la haine de soi - 3e partie [ Société post-industrielle, décryptage - 4e partie >> ]

Marre d'entendre tout et son contraire sur le prétendu déclin de l'Europe. L'Europe est un continent luxuriant : c'est un foyer de fraîcheur [1]. Les Droits de l'Homme y sont institutionnels. La mondialisation, un fléau ? Mais non, c'est le commerce déséquilibré, l'ethocentrisme et le piétinement de l'écologie qui grèvent tout. (Dramatiquement, d'ailleurs.) C'est-à-dire cet héritage décati de néopositivisme (ou plutôt de technique idôlatrique [2], coupée de l'homme et du vivant). Voilà ce qui me pose problème. Parlons de la mondialisation, cette planétarisation qu'évoque le grand Edgar Morin [3]. Oui, c'est ancien. Le mouvement même de l'humanité accouche de cela depuis des lustres [4]. Alors ne me parlez plus de pseudo-plaie et encore moins de donne nouvelle. La mondialisation, c'est une affaire vieille et c'est tant mieux. C'est le journaliste Eric Le Boucher, dans la livraison du 15 avril du Monde, qui l'indique : l'économiste anglais Angus Maddison [5], doté de quatre-vingts beaux printemps, envisage l'économie-monde depuis... l'empire romain. Les résultats de son interrogation ? A contre-courant de tout. Et le journaliste, une fois son carnet noirci, de détacher les deux grandes lignes-forces découlant de Maddison : 1. La désindustrialisation n'est pas la fin de l'histoire, 2. il faut repousser à toute force ce retour dans l'idéologie actuelle des idées mercantilistes anticommerce qui veulent qu'au fond les ressources soient limitées et qu'un pays ne puisse s'enrichir qu'aux dépens d'un autres. Bref que si Chine et Inde se développent, nous y perdrons forcément. L'avenir est noir, négatif, moins de richesses, moins de social, moins de tout. Nos enfants vivront plus mal que nous, etc. Tout cela est faux !

Dont acte.
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[1] L'indice de développement humain (IDH, données 2002) y est particulièrement fort.

[2] C'est Louis Pauwels et Jacques Bergier (cf. Planète - ici) qu'il faut remettre à profit.

[3] Lire La Violence du monde, co-écrit avec le controversé Jean Baudrillard [En]. L'avis du blog L'Ombre d'un doute.

[4] La Renaissance au moins.

[5] Une Interprétation quantitative de l'économie mondiale de l'an 1 à 2030, éd. OCDE. Un extrait [pdf].

[ Angus Maddison, article de L'Observateur OCDE (2001) | université économique néerlandaise de Groningen, la page de Maddison ]  Read More


 Délocalisations - 2e partieWed 15 Mar 2006
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[ << Par personne, l'Etat reçoit 12 € et en reverse 14 ] Délocalisations - 2e partie [ Relocaliser en France | Angus Maddison - 3e partie >> ]

C'est le géographe Jean-Christophe Victor, du Dessous des cartes, l'excellente émission d'Arte, qui le dit : la délocalisation représente seulement 10 % des destructions d'emploi en France. Qu'est-ce à dire ? Ce sont davantage les restructurations qui sont féroces : en termes de destructions, elles pèsent... 16 %. Imaginons un atelier de 6 ouvriers sur une année : l'un d'entre eux - toutes choses égales par ailleurs - prend la porte à cause du jeu de la productivité et des divers rachats d'entreprise. Que dire d'autre ? Certes l'Union européenne, avec ses salaires bruts moyens de 14 € de l'heure, fait figure de paradis doré. Surtout si l'on jette toutes les heures un coup oeil au portefeuille des ouvriers d'à-côté. Le turc y reçoit à peine de quoi payer un ou deux cafés (2,60 €). Le marocain ? Un journal quotidien (1,80 €). Le chinois ou l'indien... un croissant (moins d'1 €). Le constat est là.

Pour autant, les atouts européens sont nets, particulièrement en France, paraît-il : les infrastructures, le téléphone, la recherche et le niveau d'instruction y sont de bonne qualité.

Par ailleurs, vous savez quoi ? Le Japon et les Etats-Unis rémunèrent leurs ouvriers bien plus que nous autres en Europe. Regardons : 26 € bruts de l'heure au pays de l'Oncle Sam. Côté nippon, c'est 20 €.

Compte tenu de ce qui se passe ailleurs, l'avenir de l'Europe est palpable. Tout est possible.

[ Europe et création d'emplois | seulement 1 000 licenciements en France tous les ans : une politique publique mal ficelée | France - la relation clientèle enjambe la Méditerranée ]  Read More




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