Le cerveau, potentiel méconnu ? - 1e partie [ 2e partie - Antonio R. Damasio >> ]
Pour Dominique-Anne Michel, journaliste à L'Expansion, le management laisse au cerveau la part congrue des enjeux courants. Tout au plus cette formidable ressource n'est-elle que partiellement exploitée, tant vers les clients qu'en interne.
L’idéologie de la raison, précise la journaliste, nous a longtemps fait croire que la décision – celle de l’actionnaire, du salarié ou du client – était le seul produit du raisonnement conscient. Voilà notre tort : favoriser l'idéologie de "l’intérêt bien compris", comme le fait par exemple l'organisation scientifique du travail (OST), modèle d'organisation fondé exclusivement sur la raison.
Preuve de cette méconnaissance patente : les entrepreneurs continuent de communiquer sur les caractéristiques objectives des produits. Pourtant, d'après Gerald Zaltam, docteur en sociologie et professeur d'administration des affaires à l'université d'Harvard, le cerveau utilise essentiellement des contenus inconscients, sensoriels et mémoriels pour percevoir produits, marques et autres campagnes commerciales. Pour ce grand spécialiste des comportements de consommation, les avantages rationnels du produit passent... au second plan. Il faut s'y faire : le client est complexe, à la fois rationnel et irrationnel. C'est même la part irrationnelle qui domine ses penchants.
Dans ce courant de ré-examen du potentiel humain, Christine Cayol tient une place à part. Pour cette ancienne philosophe, fondatrice du cabinet de gestion du changement Synthesis, il faut remettre l'intelligence sensible au cœur de l'action. Le rationnalisme sclérose le management. Trouver des solutions nouvelles passe par un nouveau principe : faire des liens entre l'art et l'action, entre la culture et les situations concrètes pour renouveler son regard et sa pratique. La culture humaine, ainsi que les arts, redeviennent essentiels. L'homme est sollicité dans son ensemble.
Le management retrouverait là sa pleine dimension de pratique humaine : par des hommes, pour des hommes.
Attention toutefois aux excès. Le coaching tous azimuts constitue parfois le coup de balancier déstabilisateur, notamment pour les personnels débutants, en phase d'apprentissage sur une tâche. Trop de "cerveau droit" hypothèque les structures.
Si utiliser tout son cerveau, c'est de l'argent, le faire au bon moment - avec les bonnes personnes - c'est tout bonnement de l'or. L'analyse des contextes est primordiale.
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