Le moi et le monde [ 2e partie > ]
Le sociologue et philosophe Emile Durkheim (1858-1917) est un héritier direct du positivisme prévalant au XIXe siècle, qui pense le bonheur comme une notion post-religieuse : un progrès de la connaissance scientifique, rationnelle, capable d'expliquer le monde.
Ce fils de rabbin, qui s'use les yeux avec une bougie pour établir ses statistiques, attend à peine trente ans pour démontrer, d'abord dans Suicide et natalité, étude de statistique morale, puis neuf ans plus tard dans Le Suicide, essai de sociologie, que l'intimité du sujet (qui se suicide) est traversée de multiples influences sociales.
Fondant sa démarche sur le socle rigoureux de la statistique et de l'observation impartiale, il donne à la sociologie son statut de science.
Surtout, pour la première fois de l'histoire, l'on comprend que ce qu'il y a de plus intérieur (la psyché au sens psychologique) peut être contaminé par des catégories collectives, comme l'appartenance professionnelle ou la religion.
Toutes les sciences humaines s'en souviendront : l'intériorité est perméable aux facteurs sociaux. Durkheim est un pilier.
|
|