Coup de théâtre ! [ Structurer le temps | Les masques - 2e partie >> ]
Entre cerveaux gauches et cerveaux droits, le divorce semblait prononcé. Esprits rigoureux et artistes parlent un langage bien différent, un peu comme si la mouette s'adressait au corbeau. Et pourtant ! Il existe un domaine où le ménage batifole avec bonheur : l'organisation. Le creuset de ce mariage de coeur et de raison ? Le théâtre ! Absara vous propose d'aborder un nouvel outil atomique, particulièrement efficace. Comme vous bouillez d'impatience, levons le rideau.
Le théâtre est d'un grand renfort, qui développe ses unités classiques. Souvenez-vous :
ua - unité d'action,
up - unité de personne(s),
ut - unité de temps,
ul - unité de lieu.
Que les organisateurs en prennent de la graine. Pour réussir un processus de négociation, par exemple, il convient de simplifier l'exercice au maximum. L'ennemi étant l'hydre à trois têtes : dispersion, accumulation, confusion.
C'est là que l'esprit des planches nous vient en aide :
ua - un objectif et un seul (focalisation),
up - un front avec un minimum de personnes (unicité des interlocuteurs),
ut - une plage continue de négociation (cohérence, façon 5C),
ul - un seul lieu (concentration).
En résumé : un seul objectif (c'est déjà bien !), à défendre auprès d'une personne (traiter une source unique d'objections, c'est déjà beaucoup), en une seule fois ('ce qui est simple est efficace'), dans un seul lieu, pour favoriser le rassemblement des esprits.
C'est ce qui s'appelle circonscrire la difficulté, 'saucissonner' la montagne en autant de petits morceaux digestibles à la fois.
Comment font ceux qui prétendent avaler... un avion Cessna 150 ? Par petits bouts, messieurs dames, de manière stratégique. A l'instar de Publius Horatius, célèbre Horace, qui prit le temps de tuer ses ennemis un par un. Là où la bravoure est d'argent, la sagesse (la détermination tout en mesure) est d'or.
René Descartes (1596-1650) recommandait de réduire un problème apparemment insoluble en ses plus petites unités logiques, pour les résoudre une par une. Et deux millénaires avant lui, le Bouddha invitait à voir une totalité comme un simple assemblage de choses plus petites, au départ mises ensemble de manière opportune : les agrégats. Enfin, au début de notre ère, le très sage Epictète (Ier s. ap. J.-C.) préconisait - en vue du bonheur - de maîtriser au maximum ce qui relève de nous (ex. : un seul objectif | ua) et d'écarter de nos efforts... tout le reste, par définition au service d'autrui, de la vie, du destin, du chaos volcanique.
Un processus a priori compliqué (facteurs techniques) voire complexe (facteurs humains) se profile ? Enfilez donc une casquette de metteur en scène. C'est aussi bien qu'un casque de chantier... Conseil d'ami : maîtrisez ce qui est en votre pouvoir. Quant au reste, dixit les stoïciens, rendez-le à la vie.
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