Allez, virez-moi ces rênes de Noël, faiseurs de crottin, et passons à des animaux plus exotiques et plus virils. Bienvenue aux bestioles d'Asie, qui font des arts martiaux comme je vous parle. Exactement ! Le kung fu - paru au VIe siècle sous sa mouture moderne - en compte quatre, emblématiques, qui rivalisent de force et d'adresse. Limite fourbes... De sorte que les stratèges s'emparent de ces archétypes, qui ne viennent pas de la brousse (Lee). Exit le Noël naïf, nous ne sommes pas des nonnes (chaku).
A écouter le maître australien de kung fu Robert Z, le système des cinq animaux du - monastère - Shaolin vit le jour sous la dynastie Ming, ce qui correspond peu ou prou à la période de notre Renaissance. Les cinq animaux sont le tigre (ou le lion), la panthère, la grue, le serpent et le dragon. Ce dernier n'étant que pur symbole, il condense les qualités des quatre autres. Ce sont donc les deux bêtes à poils, la bestiau à plumes et le porteur d'écailles qu'il faut ici retenir.
Ce système, précise le maître au nom peut-être le plus kitsch d'Australie, reposait - à l'origine - sur une métaphore simple et donc claire pour permettre aux moines et aux maîtres de saisir la nature complexe tout autant que les capacités de l'homme. L'on peut rattacher ce système à des problématiques stratégiques et martiales mais aussi, poursuit le maître, à l'idée de modèle pour les styles de comportement humains, l'interaction, la résolution de conflit, la formation.
Mieux que les rênes :
Le Tigre a tout d'un roi. Seul maître sur Terre, il respire l'honneur. Très simple, il est également honnête et donc prévisible. Son tempérament le pousse à l'action, à la simplicité, à la puissance. Dominant, fiable et instinctif, il fait preuve d'une intuition et d'une intensité émotionnelle tout bonnement félines ;
La Panthère déploie sa profonde intelligence pour intimider, influencer et gagner la partie. Mais elle écarte parfois les demies-teintes interpersonnelles au profit de la connaissance pure, intellectuelle. Elle adore relever les défis. Elle excelle dans le savoir et la rigueur ;
La Grue recherche l'harmonie, quoique sensible à l'amélioration continue. Elle a besoin de retrait pour réfléchir aux choses, calmement. Sous stress, elle peut céder aux mouvances du groupe ;
Le Serpent s'attache aux détails et fuit les surprises. Il délibère quand les choses lui semblent complètes et clairement caractérisées. Il est prudent.
(c) Gungfu.com
Robert Z, qui n'a décidément rien d'un gardien de zoo, conclut que les Tigres sont des concepteurs, les Panthères, des délibératrices, les Grues, des conciliatrices et les Serpents, des connaisseurs.
Quant aux Dragons, êtres parfaits qui peuplent les nuages, une minute, un mot, un enseignement - d'eux - vaudraient une vie entière de sagesse... Si vous en rencontrez un, pensez à vous munir d'un dictaphone.
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