Un véritable « must », dont les entreprises ne veulent plus se priver. C'est en ces termes que la coach Nathalie Evrard-Steinberg parle de son activité et de celle de ses confrères. Gagnons ensemble le dossier que Pharmaceutiques.com, portail de biotechnologie, lui consacre. Quel regard cette experte porte-t-elle sur le coaching ? Quelles sont les grandes lignes de son discours ?
Derrière le mot - de coaching -, rappelle Nathalie Evrard-Steinberg, se cachent bien des façons de faire, toutes sortes de prix et surtout - beaucoup - de dérives. Pour faire clair, il convient de rappeler d'où vient le coaching et quelles sont ses particularités.
1/7 - L'origine
Au tout départ, dans le domaine sportif, l'entraîneur enseignait une façon de faire à son poulain, lui indiquant l'orthodoxie des gestes et des pratiques à succès. Le ballon de football se brosse comme cela, avec ce mouvement du pied. C'est l'expert ' métier ' qui parlait. De plus, il motivait son protégé, usant de son charisme d'ancien champion et de sa force de persuasion. Qu'est-ce qui a bien pu changer, dans la discipline ?
Chacun de nous dispose d’un potentiel physique et intellectuel et de motivations dont nous sommes plus ou moins bon utilisateur. Un coach - quel que soit le métier de son interlocuteur - doit donc révéler et développer ce potentiel en utilisant les motivations de fond de la personne coachée. Il faut, estime Nathalie Evrard-Steinberg appuyer là où cela fait du bien pour que tout fonctionne mieux.
Décryptage des leviers de motivation : le coach semble tout avoir du psychologue. Thérapeutique en moins. Recherche de résultats - donc de performance - en plus. La distinction est importante.
(c) Ausport.gov.au
2/7 - L'entreprise
En entreprise aussi, l'idée de performance humaine bat son plein. A quoi il faut désormais rajouter la recherche de mieux-être. C'est bien connu : mieux je me sens, plus mes résultats augmentent. D'où cette combinaison de réussite personnelle et professionnelle. Pour un manager, se faire coacher, explique la spécialiste, revient à clarifier et mettre en œuvre une vision stratégique. C’est comprendre ses objectifs, les priorités qui en découlent et le périmètre de responsabilité réel. C’est aussi envisager les ajustements personnels à conduire, conformément à sa personnalité. Quelques mots-clés : connaissance de soi, autonomie, performance, clarté - y compris avec sa hiérarchie. Je travaille mieux quand un dialogue avec les autres est possible.
3/7 - La vocation
A l'instar de l'instituteur ou du médecin, le coach est un humaniste, résolument optimiste. L'humilité doit également prévaloir. Sur cette base qui à mon sens est un prérequis obligatoire, il faut y mettre une approche ou plusieurs approches, une bonne culture générale et de l’éthique. Le tableau est complet.
Or, que produit la crise ? De la part des entreprises, déboussolées par la faillite du tout-financier, un engouement pour le coaching, qui replace l'humain au coeur de la richesse. De la part de leurs prestataires - quels qu'ils soient - un opportunisme débridé. Les offres affluent. Ces offres tiennent par une demande désormais ouverte à l'homme, moteur du changement, source véritable de créativité. Un humanisme de circonstance, un tantinet attentiste. Cette tendance, renchérit Nathalie Evrard-Steinberg, se nourrit d'un début de siècle tourné vers l’épanouissement individuel. Où est-ce que le bât blesse alors ?
(c) Ldl.co.uk
4/7 - Les dérives
Hélas, l'amalgame a bonne presse. Les entreprises d'aujourd'hui étalent tout un panel d'approches, plus ou moins voisines du coaching. Approches centrées sur la personne (personnalistes), approches comportementalistes - focalisées sur les réactions à une stimulation donnée - et, pour finir, thérapies brèves, fondées sur le recours aux émotions, de type analyse transactionnelle et programmation neurolinguistique. Cette dernière a d'ailleurs le mérite d'être bien connue des cadres et de produire de bons résultats.
Mais attention, prévient Nathalie Evrard-Steinberg, se faire coacher n’est pas neutre tout d’abord par l’investissement-temps qu’il suppose et ensuite par les coûts qu’il engendre. De plus, l'éthique du donneur d'ordres est impérative : il doit proposer un choix de coaches, privilégier le volontariat du coaché, ne pas influencer et insister sur le sens de la responsabilité humaine. Toute personne n’est en effet pas ' coachable '.
5/7 - Les limites du coaching
Pour certaines personnes, exit le coaching. C'est la psychothérapie qui s'impose. Et naturellement, l'entreprise outrepasse ses droits si elle met son nez là-dedans. Enfin, poursuit l'experte, se rappeler qu’un coaching mal pratiqué peut être dangereux ! La manipulation, la fragilisation et la mise en danger psychiques sont les écueils les plus sensibles.
6/7 - Les outils du coach
Le coach est une personne qui doit avoir pratiqué un travail sur elle-même et faire l’objet d’une supervision. Comme en psychanalyse. La trousse à outils du coach comprend : a) de la neutralité bienveillante, b) une capacité à créer une relation fluide avec le coaché, c) de la vigilance à l'égard des possibles transfert et contre-transfert, bien connus des psychanalystes.
7/7 - Conclusion
Pour toutes ces raisons, il faut écarter le coaching dit ' flash '. Rappelons que l'humain est complexe et que tout aventurier de la relation intersubjective s'expose à une incertitude parfaitement normale. Une fois encore, l'humilité est de rigueur.
Pour terminer, Nathalie Evrard-Steinberg livre un tableau des contextes où le coaching trouve son sens : changement de fonction, équipe qui grossit, passage à vide, perte de confiance en soi, prise de décision importante, accompagnement du changement (fusion, acquisition, arrivée d’une nouvelle direction générale, réorientation sectorielle, etc.), re-motivation d’une équipe.
Preuve qu'il ne faut pas louper le coach...
[ Coaching et méthodologie GROW ]
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