Le boîtier Systecomm - 1e partie [ Lundi soir - 2e partie >> ]
Je me souviens.
1994 : le grand public découvre que les ordinateurs relaient de l'information. Par le téléphone en plus ? Un miracle. Je m'essaie au Net, sur l'ordinateur de l'école. Je communique même une adresse URL, mal recopiée, dans mon mémoire de fin d'études. A l'époque, ça fait bien, c'est branché. Passe le temps. Puis, à Toulouse, je m'attarde sur le PC de ma compagne. La Toile est jubilatoire. Vraiment. Adolescent, j'avais écrit une nouvelle [1] sur le boîtier Systecomm, sorte de modem fantasmé avant l'heure.
Pour moi, c'est le décollage.
Quelque cinq ans plus tard, l'installateur est chez moi. Je fais partie de la première vague d'abonnés ADSL de la Ville rose. (Vous êtes peu nombreux, me confirme le bonhomme en tripotant la prise murale.) Quelques jours plus tôt, Sylvie m'a dit qu'un de ses clients se servait de cette 'petite bombe' pour piloter son portefeuille boursier. Rapidité, fiabilité, rich media luxuriant. Bingo, j'ai dit. Sauf que, je l'ignore, l'opérateur historique est l'entité commerciale la plus calamiteuse qui soit. (Un monolithe imbu de lui-même.)
En 2003, je fais la connaissance de Flemming. Premier choc : le social networking (réseautage par centres d'intérêt), ça marche. Lui et moi échangeons sur Ryze. Je fais également la connaissance d'une brillante assyriologue, désormais en passe de devenir LA gourou de la communication politique Outre-Atlantique [2]. Un bonheur. Je rencontre aussi sur Ryze des juifs et des Arabes qui échangent des points de vue courtois : le numérique humanise les gens. C'est le paradis.
Deux ans auparavant, j'ai découvert la musique. Le fleuve. L'abondance. Mais Audiogalaxy est mort et le monde du MP3 pleure Napster : que reste-t-il ?
Je reviens à Flemming. Le deuxième choc, c'est le blog. Mister Thirty-million-emails me dévoile l'Eldorado de la communication numérique. La démocratie effective. LE truc.
Puis, 2004 s'écoule et je découvre l'étonnant Plazes, qu'un ami de Flemming a co-créé. La géolocalisation bat son plein. Les communautés germanophones, particulièrement motivées, affluent.
Et c'est au tour des tags [3] d'entrer en scène. Ces petits mots-clés qui s'attachent à tout me permettent de mettre en ligne des photos... et de les indexer. Merci Flickr.
Terminons. Aujourd'hui, grâce à Jacques Froissant, je découvre l'excellent Imeem [4]. Je redeviens ado. Je fonce avec mon boîtier Systecomm...
Pour tout ça, je vous remercie un par un, chers amis du Net.
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[1] Recueil aujourd'hui perdu. Ce n'est que plus tard que je découvre des écrivains tels que William Gibson et K. W. Jeter.
[2] LeeAundra Temescu a écrit un billet pour Absara.com.
[3] L'un des champs de recherche de mon ami dano-américain.
[4] Imeem est un logiciel de réseautage communautaire, d'échange peer-to-peer, de blogging et de messagerie instantanée. En discutant aujourd'hui avec l'un de ses co-fondateurs, j'ai indiqué qu'il manquait peut-être la géolocalisation, façon Plazes. Peut-être le feront-ils, qui sait ?
[ Parlons aussi de la déferlante historique du libre | pensées chaleureuses pour Nanou_clonée, belle âme du Net | Imeem, selon Rodrigo A. Sepúlveda Schulz | Rodrigo, capital-risqueur et consultant hi-tech ]
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