Un intervenant en prise avec le fait humain connaît bien le team building, animation (et observation - voire recrutement) d'une équipe de travail. Il s'agit tant à la fois d'un état d'esprit, d'une façon de travailler (réactivité, interventions ponctuelles), que d'une collection d'outils. Quels outils ? Des outils de management, qui mobilisent la composante intellectuelle et (surtout !) émotionnelle [*] des gens. Avant toute chose, quelques gourous sont à relire : Kurt Lewin, Meredith Belbin et Taibi Kahler, pour les plus connus ou les plus opérants.
Maintenant, qu'est-ce qu'un consultant en management doit vous dire ? S'il met un pied dans le team building, il doit vous en informer. Que celui (celle) qui touche à la configuration psychosociologique de votre groupe - même en séances de travail, même en simulations - vous l'indique. Un groupe, c'est une boîte noire, c'est une molécule dynamique fort complexe. Qui demande - à la base - beaucoup d'énergie à ses parties-prenantes. Un édifice, même pathologique, est une pièce d'architecture. Tout maître d'oeuvre doit agir avec précautions. Et avec votre accord.
Passons à un second fait. Le team building, c'est éprouvant. L'équipe, en prise avec ses émotions, peut - au bout de quelques heures - se sentir hors-service, claquée, vannée, vidée, inutile, triste, incapable, à l'abandon, perdue. Un peu comme une minie-dépression... passagère. Un peu comme un nageur intense qui sort de l'eau : ses jambes sont en coton. C'est normal. Boire un café, changer de climat peuvent être salutaires.
Dernier point, essentiel. Le team building, c'est quelque chose de particulier, qui agit sur et dans la complexité interindividuelle. Autant dire dans une zone dense et réactive. Et profonde. Et importante. Le consultant doit vous informer que cette pratique - bien faite - peut provoquer des retours en arrière passagers, comme si le groupe, intrinsèquement peureux du changement, régressait jusqu'à la situation antérieure, lisible et fort connue. Donc rassurante. Ce 'coup de reins' est normal : je pense qu'il est réflexe. Attendez-vous donc à un absentéïsme provisoire, à des crises de larmes, à de la suspission, à des sentiments plus ou moins partagés de rejet, à une peur (ouverte ou larvée) de l'inconnu, à une agressivité certaine. Tout séisme (ici émotionnel) provoque une réplique. C'est une affaire de jours. Tout au plus de semaines. Courage ! Courage et discernement.
De manière générale, sachez être gentil(le) et généreux(se) : les strokes sont un carburant précieux pour tous. Besoin de vous en convaincre à nouveau ? Relisez donc le Manager minute. Simple et concret.
Keep the faith. Pour le bien de tous, restez aux manettes : tout navire a besoin d'un(e) capitaine. Surtout dans la tempête...
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[*] Les partisans d'Eric Berne vous diront qu'au sein de la structuration Parent-Adulte-Enfant, c'est ce dernier état qui renferme le plus d'énergie. Et donc de potentialités quotidiennes. L'Enfant est un moteur émotionnel tant explosif que puissant. Fort utile, pour le coup (quoique culturellement délaissé en Europe occidentale). Utile en termes de motivation de la personne.
[ Images (c) Creativity-engineering.com, Teamtechnology.co.uk | la motivation - ou l'état général - d'une équipe, cela se détecte et se cartographie ]
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