Certes, un expert c'est utile. Un expert diagnostique et conseille. Voire met la main à la pâte pour manager le plan d'actions. Accessoirement il forme, pour faire passer son expertise aux pivots de l'entreprise. Soit. Mais en quoi, sitôt que le facteur humain est fortement convoqué, l'expert doit-il être un étranger ? Je m'explique : en quoi doit-il venir de l'extérieur ?
Beaucoup diront qu'il a un regard neuf, l'expert : théoriquement objectif. Bref, neutre. Regardons cela de plus près. Neuf ? Oui et non, comme tout le monde, l'expert peut être influencé (en bien comme en mal) par ses expériences passées : son 'bagage' est peut-être un atout, il est parfois un poids. Comme tout être humain, l'expert se construit des attentes, inconsciemment, c'est comme s'il s'attendait à ce que... Sauf que parfois : rien. Il faut changer son fusil d'épaule. Tout change. Objectif, l'expert ? Bof. Il analyse des données humaines, tout en étant lui-même un humain. L'on pressent, depuis la physique quantique (mais dès l'Antiquité même, avec la pratique traditionnelle alchimique), que l'opérateur influe sur sa matière. Et prend, en retour, des 'charges'. (Ce n'est pas la psychanalyse, ni même la psychosociologie et son analyse des profils affectifs et des besoins de chacun, qui nous contrediront.) Des 'charges' nous disions. Emotionnelles, donc impliquantes. Seul le recul méthodologique isole l'expert et le rend opérationnel à haut niveau. Un bémol toutefois : dans une mission humaine (elles le sont toutes !), il est facile de fendiller la glace. Se produisent tellement de mécanismes de transfert psychologique, d'attributions affectives de part et d'autre : restez froid, l'on vous calquera l'image d'un frigo insensible. Un peu comme si vous étiez un pion de la Direction. Ou un consultant cravate-portable-transparents, fort peu impliqué. Donc fort coûteux (pour ce qu'il réalise). Même la Direction vous en voudra - très indirectement, s'entend. (C'est dans la prise de commande ultérieure que l'agenda du consultant criera certainement famine.) Par ailleurs, le consultant est-il neutre ? Comment voulez-vous que quelqu'un qui vit de la commande d'un état-major (bref de la Direction) dise tout ce qui - selon lui - fait sens ? Comme si l'idée de séduction restait sagement enfermée dans l'attaché case du visiteur. Redescendons sur Terre : le conseil, c'est de la vente. Parfois (très souvent) noble. C'est-à-dire en phase avec les attentes du donneurs d'ordres. Parfois, fort orientée. Quelques consultants (hum hum...) se risquent à flatter. C'est une affaire de seuil bien sûr, mais la flagornerie est un vilain défaut. Qui, à terme, se détecte. Et se sanctionne avec mépris, car interprétée comme l'usage des faibles en direction des grands.
Eh oui, tout cela existe. Vlan. Un consultant se pèse, se jauge, se mesure, se teste et se renvoie... au besoin. Ou s'adopte avec passion, si vous trouvez la bonne personne. Un consultant, c'est comme un bon médecin ou un bon garagiste. Ou encore un chouette notaire. C'est précieux.
A notre stade, en quoi pouvons-nous dire qu'un expert représente un 'plus' certain ? Par son expertise, certes. Par sa pédagogie, bien sûr. Mais encore ? Un expert - bon ou mauvais - est extérieur à la hiérarchie (attention, chers dirigeants, ne prenez pas des amis consultants chez vous - les employés le vivraient mal). Il vient d'ailleurs, il est déconnecté de la 'mare aux canards', du lieu de pouvoir, des ententes tacites, des manoeuvres et des enjeux psychosociologiques quotidiens. (Qui sont normaux, je vous rassure.) Les atouts de l'étranger sont nombreux : il peut TRA-VAIL-LER. Est-ce à dire que les managers internes se tournent les pouces ? Non. Cela veut dire qu'un consultant digne de ce nom peut rencontrer, animer, questionner, écouter d'une oreille bienveillante. C'est un fait : vous ne parlerez pas à votre supérieur - responsable de votre promotion ou de votre enfermement dans un placard - comme à un professionnel extérieur. En atelier, en jeu de rôle, en entretien, vous serez plus à l'aise. Un consultant travaille sous le chapeautage moral d'un secret professionnel. S'il l'outrepasse, c'est un individu court d'esprit. Car son fonds de commerce, au sens digne du terme, est quasi tout entier situé là...
[ Image (c) Torill Mortensten | ces corrélats (optique d'autoformation) ont de plus en plus de succès, je vous invite encore une fois à les mettre à profit - | changer, saga en 4 épisodes | changer sans changer | ce que nous sommes tous | guider ]
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