[ << Le temps, c'est pour tes dents - 1e partie ] Tactique du cheval de Troie - 2e partie
Mmh, série frissons. Introduite par le P'tit D, côté collaborateurs, et Le Temps..., versant consultants et associés. Imaginons. Vous avez développé une technologie, par exemple, et vous tenez le rythme : tout vous sourit. Vous travaillez beaucoup. Vous travaillez comme deux ou trois forcenés. Dopés de surcroît. (D'ailleurs, votre femme vous quitte tellement vous êtes absent.) L'on vous propose alors une assistance, bien ficelée. Exemple : se charger de vos ressources humaines. Bien ! Tout semble au clair, votre interlocuteur paraît professionnel, aimable et 'transparent'. Le bonhomme est honnête et sérieux. La collaboration (le contrat) dure des mois et des mois, de sorte que le nom de votre partenaire est associé - directement (une marque, une mention) ou indirectement (bouche-à-oreilles) - à vos succès. Soit. Ok. Cela fait partie du deal. Seulement il a tellement été associé à cela, votre 'ami', qu'il a dit à tout le monde, depuis ses contacts professionnels, en passant par sa belle-soeur, son médecin, son garagiste et même son vendeur de pédiluve, que la belle entreprise s'est jouée en partie grâce à lui. En partie, vous noterez la spécificité sémantique. Re-soit. Votre entreprise prend encore de la masse (ainsi que votre notoriété), l'on murmure votre nom un peu partout. Sont montrés du doigt ceux qui hésitent plus d'une seconde à vous reconnaître. Un bonheur : la gloire avec un grand G. Et là, tout à coup, l'associé - le gentil gendre manucuré, bien propre et poli - vous demande un pourcentage ou une reconnaissance (genre lui vendre votre âme) ou bien encore de pacser avec lui ou - au hasard - de lui refiler la boîte et les clés de la BM avec. Fouchtra ! Vous lui volez dans les plumes et lui rappelez - sur un ton paternaliste sévère - à quel point le blanc-bec vous doit tout : l'aventure, c'est vous qui l'avez montée tout seul, dans votre garage. Avec votre vieux Mac, votre vieux pull, vos stylos rongés d'étudiant, le cache-nez de maman, l'argent de tonton et l'énergie de tous vos aïeuls, morts pour la France. Et là, deuxième grosse faute (la première était de vous recouvrir de travail, sans faire attention à ce petit ambitieux qui - dans votre dos - parlait surtout de lui et de ses triomphes personnels). Le clash est consommé : l'air courroucé, la demie-portion se drappe dans un orgueil de pacotille et vous lance un glacial (et très préparé) : Très bien, si c'est comme ça, je quitte le deal et monte ma structure à moi. Les yeux exorbités, vous lui hurlez : C'est ça, Duschmol, sans moi, tu n'est qu'une ombre de gaz ! Et là, le tête-à-claques se retourne et l'air putassier vous siffle : Nous en reparlerons. L'air est glacial. Une bourrasque souffle. Un ange passe lentement. Très lentement. Vous savez que vous avez perdu la partie : ce petit calculateur dispose désormais de tout un réseau plus, et c'est là le piège, de l'association d'une idée lumineuse - la vôtre - avec son nom. Le dupe c'est vous. Le salaud c'est lui. Un vrai parasite. Pire : un cheval de Troie. Qui était à l'intérieur du dispositif depuis le début. Un ver dans la pomme, qui va tirer la couverture à lui. Et merde... Game over.
Un conseil : le discernement est une arme. La vigilance aussi. La prochaine fois, vous passerez plus de temps avec les gens. Et un peu moins avec les idées. Triste et vrai. Coup de règle sur les doigts : ça fait mal...
[ Image (c) Magicxl.com | Un bon modèle économique, outre la protection industrielle de rigueur, c'est avant tout une situation : une idée originale (et/ou utile), un contexte socioéconomique ou culturel opportun, un réseau de clients et de fournisseurs qui - avec l'habitude - font confiance à votre rapport qualité/prix, une configuration humaine particulière. C'est, par définition, infalsifiable de l'extérieur ; mais si le hold-up se fait de l'intérieur... ]
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