1. Les entreprises
Elles sont réactives, nos entreprises. C'est même ce qui les caractérise. Elles sont pragmatiques et tournées vers le gain d'argent, ce qui est sain. Le bémol ? Les querelles de personnes. Cartographier les relations et le socio-émotionnel en général est une gageure. Mettre les doigts dans ces histoires de rapports humains peut vous coûter... les doigts. (Aïe, les territoires.) Pourtant c'est dans l'humain que les entreprises ont à gagner : fidéliser, mobiliser, connaître et faire adhérer les troupes. L'union (mutualisation, synergie) fait l'efficience : elle mobilise les forces de chacun pour lui donner en retour la gratification qu'il attend (cf. strokes). Et chacun 'bosse'. L'union démultiplie les forces, tel un système gorgé de potentiels... compatibles. A condition de passer un peu de temps [*] là-dessus. Passons aux institutions.
2. Les institutions
Elles diffèrent complètement des entreprises. En quoi ? Elles sont fondées sur autre chose : l'argent n'y est plus souverain. Ce qui l'est, c'est la relation. La relation hiérarchique, bureaucratique, parachutée. Je m'explique : la verticalité domine. Des ingénieurs ou des stratèges conçoivent des choses, qui sont ensuite déclinées (déroulées) sur le terrain. Là où ce dernier avait voix au chapitre avec les entreprises, il passe souvent au rebut. La bonne nouvelle ? Il n'y en a pas. Si ce n'est la bonne volonté que les uns et les autres se donnent à produire des mouvements. Premier constat. Deuxièmement, les institutions - quand il s'agit de les rendre pragmatiques - freinent des quatre fers : l'homéostasie grippe les rouages. La verticalité est un credo, c'est une pensée magique, fédératrice, éternelle. Un peu comme un archétype. Ou une forme donnée a priori comme bonne. Et pourtant, l'on reconnaît un arbre à ses fruits. Là où la verticalité excelle en situation d'urgence (rapidité d'exécution, procédures pensées à l'avance, liens réduits à leur plus simple expression), elle devient un handicap quand il s'agit de vivre. C'est-à-dire de prendre des risques et de s'adapter. Bref, de faire un travail sain : de produire un plus ou un mieux.
Les institutions sont des squelettes. Les entreprises ? Des muscles. Il manque une moëlle épinière faite de gens. Des gens soucieux de résultats.
Je cherche l'homme, disait Diogène. Outre la lanterne, espérons que le philosophe ait emporté quelques provisions pour la route...
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[*] Une minute, dirait Kenneth Blanchard.
[ Le territoire et son ombre ]
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