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Les pieds dans le tapis ou comment échouer avant même d'essayer. L'humain connaît bien ça : comment ne pas faire les choses et rester dans sa condition, quelle qu'elle soit. Ce comportement nous lèse et nous cloue là où nous sommes, souvent bien loin de l'objet de nos rêves. Il y a, à mon sens, trois façons de stagner, donc d'échouer :
1. Ai-je bien le droit ? Là ce sont les gens qui se sentent illégitimes. Je me souviens de quelqu'un qui n'osait pas, c'était il y a quelques années. Il se demandait tout le temps s'il avait le droit. Un jour une banque lui propose spontanément un poste avantageux car le bonhomme est très, très doué. Et lui - tenez-vous bien - il refuse, d'entrée de jeu. Au risque de vexer son patron. Il répond même : Je dois commencer à la base pour atteindre ce que vous me proposez. Voilà comment se mettre en dessous de son potentiel, comment ce type de modestie peut cacher une peur de souffler la place à quelqu'un, bref d'être un tyran. Cet homme avait peur de ne pas avoir la légitimité et donc de faire du mal.
2. La peur de ne pas être à la hauteur. Ca, c'est terrible, et tellement répandu. Vous avez les compétences, l'on vous propose quelque chose de bien et vous prétextez ne pas avoir les épaules. Où est la projection en avant ? la prise de risque ? la vie ? l'essai ? Vous vous sabordez avant même d'essayer. C'est la peur de l'échec (et de la déception) qui est ici en jeu.
3. La peur de la vie. L'on se sent accablé par la vie, en permanence "castré", maudit, rejeté par les choses. Le sentiment d'être légitime existe (j'ai le droit de faire ça, de prétendre à ça, d'être heureux), les compétences sont campées et assumées (j'ai les épaules pour ça) mais une horrible fatalité plane : De toute façon quelque chose ou quelqu'un me mettra des bâtons dans les roues, je suis toujours gêné par quelque chose. Ce sentiment-là est terrible car il puise sa force dans le désespoir et dans les peines de la vie. Il faut ici agir non sur l'estime de soi mais sur la capacité à vivre, envers et contre tout. Voire même dans la sérénité. Car vivre, c'est automatiquement s'exposer, certes aux rivalités et à la fatalité d'être pris dans des événements, mais aussi au simple plaisir... de vivre. Et d'éprouver.
De là, trois mécanismes de permission sont possibles : 1. mon cher Moi-même, apprécie d'avoir une place, apprécie les cadeaux qu'on te fait, apprécie la surface que les connaisseurs t'accordent, en plus tu peux faire le bien autour de toi et promouvoir ensuite ceux qui méritent d'évoluer, tu contribues à la justice des "petits" ; 2 tu vas réussir puisque tu connais tes forces et tes faiblesses, tu as tout d'un "grand" qui s'améliore en permanence, et ça, c'est le privilège des "nobles" et de ceux qui font avancer les projets... en vrai ; 3. la vie t'adore, elle a besoin de ton intensité, de ton truc à toi, tu vas petit à petit gagner l'estime des choses et des gens. Tu te vois déjà les entraîner à ta suite, à la conquête de quelque chose ? La vie est un risque, mais qu'est-ce qu'elle est belle ! Tu vas vivre, et vivre en abondance : tes impulsions sont nécessaires à ce monde.
En conclusion. Il y a trois façons d'échouer : je ne mérite pas, je ne peux pas, l'on me veut du mal. Il y a aussi trois percées formidables : 1. je vais faire le bien, 2. je vais réussir car j'ai l'étoffe d'un grand, 3. je vais vivre intensément ma voie, la vie est folle... mais tellement jouissive.
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