Blog Management & Organisation, depuis 2004: Contrôle, entêtement, pétage de plomb - 4e partie

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 Contrôle, entêtement, pétage de plomb - 4e partieSat 17 Feb 2007
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Y'a pas qu'Airbus, les amis


Tiens, Münchhausen se fait la malle. Mais parlons à nouveau des patrons. Vous vous souvenez peut-être de Sydney Finkelstein. Ce prof américain de management est l'auteur - il y a trois ans - de Quand les grands patrons se plantent, un panorama des cafouillages humains dans de pourtant grands ensembles. La surprise, à l'époque, c'était de voir de tels pétages de plomb dans des organisations théoriquement rôdées à la rationnalité, à la justesse, au calcul, à la maîtrise des choses. L'analyse révèle à quel point le tempérament d'un patron peut flamber une entreprise. Dans sa livraison de septembre 2004, le magazine L'Entreprise liste, à la suite de Finkelstein, les facteurs personnels à risque. En clair, l'entreprise part en toupie sitôt qu'un patron :

1. veut dominer son environnement et pense que la meilleure des attitudes est de rester rigide (au lieu de résolu),

2. confond son propre intérêt avec celui de l'entreprise (aura personnelle, salaire excessif),

3. sait tout sur tout et tranche un problème complexe en une seconde,

4. compte sur le soutien absolu de ses fans et lamine quiconque émet un doute,

5. aime à briller dans les médias et jouit de cette confusion d'image entre l'entreprise et lui-même,

6. envisage les gros obstacles - y compris récurrents - comme de simples revers de fortune,

7. utilise à foison, quelle que soit la donne, les recettes qui ont jadis fait son succès.



[ Trop de rationnalité, parfois, conduit à des échappées irrationnelles complètes | le neuropsychiatre Antonio Damasio explique que la rationnalité absolue est un leurre, le cerveau combinant constamment concepts et affects - c'est d'ailleurs là sa force | patrons étranges - certains de ces traits figurent dans Le P'tit D | Mais alors, qu'est-ce qu'un bon stratège ? | et un bon manager ? | pourquoi, en général, l'individu juge mieux les autres que lui-même | troublant - la mission d'une assistante, en 2007, consiste à endiguer la folie des grandeurs | Le risque patronal, un sujet pour l'Amdec ? ]



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18 Feb 2007 @ 13:20 by Lionel : Airbus et le management
Streiff pointe les problèmes de gouvernance chez Airbus

PARIS (Reuters) - Christian Streiff, le président démissionnaire d'Airbus, déclare dans un entretien au Figaro à paraître mardi [ndlr - le 10 octobre 2006] que la gouvernance du groupe ne permettait pas la réussite de son plan d'économies annoncé début octobre, tout en estimant que l'avionneur est victime de problèmes de doublons et de structures.

« Je suis arrivé progressivement à la conviction que le mode de gouvernement d'entreprise d'Airbus ne permettait pas la réussite de mon plan », indique-t-il.

« Ce n'est pas un problème d'hommes - il n'y en avait pas entre [le coprésident d'EADS (EAD)] Thomas Enders et moi - mais un problème de structure, de doublons, du fait de la position particulière des coprésidents qui détiennent le pouvoir hiérarchique sur les filiales. Ce qui instaure de facto une double commande à la tête d'Airbus », ajoute-t-il.

« En d'autres termes, il faut remettre Airbus aux commandes de son propre avion et non pas le piloter via EADS », déclare encore Christian Streiff, en soulignant qu'« une équipe installée à Hambourg est responsable, entre autres, de deux morceaux du fuselage. C'est bien là que nous avons des problèmes et que se trouve le maillon faible ».

L'ex-président d'Airbus estime en outre que le groupe « doit devenir une véritable société européenne intégrée avant d'envisager sa fusion avec EADS (EAD) ».

© Reuters, 9 octobre 2006
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EADS entre dans la crise la plus grave de son histoire

L'un des principaux actionnaires du groupe, Arnaud Lagardère, affirme qu'il ignorait tout des difficultés d'Airbus.

La crise éclate au grand jour chez EADS. Après l'annonce d'un nouveau retard de livraison de l'A 380, qui a provoqué une chute de 26,3% du titre en Bourse mercredi, Arnaud Lagardère, coprésident du conseil d'administration du géant franco-allemand de l'aéronautique et de la défense, a reconnu dans une interview au Monde : « Nous faisons face à une crise majeure », et « nous allons répondre tant sur le plan industriel qu'humain ». Avec son homologue allemand Manfred Bischoff, Arnaud Lagardère va demander au conseil d'administration d'EADS un audit sur les dysfonctionnements chez Airbus. En ligne de mire, Gustav Humbert, président de l'avionneur, mais aussi Noël Forgeard, coprésident d'EADS.

Arnaud Lagardère affirme n'avoir été au courant des difficultés du groupe que « très récemment ». Et de détailler : « En mai, nous avons posé la question au patron d'Airbus Gustav Humbert et à ses équipes sur un éventuel retard de programmes. Sa réponse a été : nous n'avons aucune information qui puisse nous permettre de conclure qu'il y aura un décalage de livraison. » La précision est importante : c'est début avril que les deux principaux actionnaires d'EADS, en l'occurrence le groupe Lagardère et DaimlerChrysler, ont annoncé la cession de 7,5% du capital de la maison mère d'Airbus.

Noël Forgeard déstabilisé

Au siège allemand EADS à Munich, la version des faits diffère quelque peu. « Airbus avait informé dès mi-avril EADS qu'un retard des livraisons n'était pas à exclure, sans pouvoir donner d'explications plus concrètes », indique un porte-parole. D'ailleurs, c'est précisément à cette date que la direction d'Airbus a lancé une enquête, dont le résultat a mis le feu aux poudres en début de semaine.

La confusion sur les dates, ajoutée à une cession contestée en mars de stock-options par Noël Forgeard, met en exergue un problème de communication et d'organisation au sein du groupe. « Manifestement, il y a un double problème de management dans cette entreprise, commente un analyste. Il semble d'abord n'y avoir aucune communication entre les dirigeants d'Airbus et ceux d'EADS. Ensuite, les Français et les Allemands ne semblent pas plus capables de travailler ensemble. »

Même si Arnaud Lagardère se défend de vouloir « surréagir et faire tomber des têtes pour faire plaisir au marché », la crise est telle que la question semble clairement posée du maintien de Noël Forgeard comme coprésident exécutif d'EADS. Pour mémoire, il a pris ses fonctions il y a un an à peine, au terme d'une violente « guerre des chefs » qui l'avait opposé à son prédécesseur Philippe Camus. Des noms commencent même à circuler pour le cas où Noël Forgeard devait être remplacé. A commencer par celui de Louis Gallois, président de la SNCF, qui fut président d'Aérospatiale. Ou encore, celui de Fabrice Brégier, président d'Eurocopter.

Chez les analystes, la défiance est totale, à tel point que certains d'entre eux ont instauré ce qu'ils appellent une « décote psychologique » sur le titre (lire ci-dessous). « Il y a un mois, explique l'un d'entre eux, les dirigeants d'EADS nous assuraient que s'il devait y avoir quelques mois de retard dans la livraison des A 380, cela n'aurait aucune incidence financière. C'était faux et ils le savaient. » Effectivement, la direction d'EADS évalue désormais le coût des retards à 2 milliards d'euros sur le résultat d'exploitation dans les quatre ans à venir.

« Tout le monde savait »

Les salariés expriment également leur inquiétude. Car, au sein d'Airbus, les retards de livraison d'EADS ne sont pas une nouveauté. « Ici, tout le monde savait depuis des mois qu'on ne pourrait pas livrer 25 appareils comme prévu l'an prochain », explique Thierry Villequez, délégué CFE-CGC d'Airbus. La CGT, qui estime qu'il est « hors de question que les directions retournent la situation contre les salariés », s'interroge sur la confiance et la crédibilité à accorder à la direction d'EADS. Selon ce syndicat, « le retard de l'A 380 était prévisible face aux cycles d'études et de production très courts et aux nouvelles exigences des compagnies aériennes en terme d'aménagement commercial ». Le plan d'économies mis en oeuvre par la direction a « accentué la désorganisation de ce nouveau programme », remarque-t-il.

L'un des principaux actionnaires du groupe, Arnaud Lagardère, affirme qu'il ignorait tout des difficultés d'Airbus.

© Le Figaro, rubrique Entreprises, 16 juin 2006  



19 Feb 2007 @ 09:54 by Lionel : Power 8, le plan d'EADS

Le PDG d'EADS, Louis Gallois, dévoilera demain les règles du jeu du plan de restructuration baptisé « Power 8 », où 10 000 emplois risquent d'être supprimés.

Jour J demain [ndlr - 20 février 2007] pour EADS et une bonne partie des salariés du groupe. Lors d'un comité au siège toulousain, le coprésident d'EADS et PDG d'Airbus présentera aux représentants de 55 000 salariés les détails concernant le plan de restructuration « Power 8 ». Suppression d'emplois et cession d'usines devraient faire partie des (mauvaises) nouvelles de la journée. Selon les Echos, ce plan, qui vise à économiser 5 milliards d'euros d'ici à 2010 puis 2 milliards par an, ne fait pas dans la dentelle : de 10 000 à 12 000 emplois pourraient en effet être supprimés, dont rien que 3 000 ou 4 000 à la fois en France et en Allemagne.

Toutefois, ces réductions d'effectifs ne concerneront pas seulement les salariés d'Airbus, mais également les sous-traitants travaillant pour le constructeur européen. Ce qui est déjà craint depuis longtemps a donc toutes les chances d'être confirmé demain. Annoncé en grandes pompes en octobre dernier à la suite des pertes engendrées par le retard du programme A 380, « Power 8 » vise à améliorer le résultat d'exploitation de 2,1 milliards d'euros à partir de cette même date.

Un très large champ d'action

Alors que certaines mesures sont déjà mises en place comme le gel des embauches ou encore le non-renouvellement des CDD, d'autres seront effectives dès demain, comme le regroupement de certains services administratifs et une répartition des taches entre les différents pays du consortium, à hauteur de 35 % pour la France, 35 % pour l'Allemagne, 20 % pour le Royaume-Uni et 10 % pour l'Espagne. La Grande-Bretagne, par exemple, conserverait la production des ailes des avions tandis que l'Allemagne devrait se voir confier la production des A320 de la prochaine génération.

Louis Gallois devrait également annoncer la cession de trois des seize sites en Europe, parmi lesquelles l'usine française de Méaulte ainsi que celles en Allemagne de Varel et de Nordenham. D'après des sources de La Tribune, les sites d'Hambourg, de Saint-Nazaire et de Toulouse ne devraient pas être menacés.

© Le Figaro, rubrique Actubourse, 19 février 2007  



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