[ < 3e partie | théma Marcel Bruel ] [ Catégorie Divers | permalien, mots-clés et commentaires ]
Passer une année, c'est accueillir la vie : 2008 est là. Et c'est une belle venue. Ce sera mon année, celle des gens que j'aime, et puis l'année aussi d'Absara, de sa reconnaissance. 2008 sera aussi l'année sans Marcel. Mon grand-père était mon inspirateur, au même titre que les grands hommes de l'Antiquité ou du XXe siècle (visionnaires, mobilisateurs). Qu'est-ce qui m'a touché chez lui ? Tout. Son engagement titanesque, sa stature de bâtisseur, son autorité, son énergie, son bouillonnement d'idées. Et son affection bien sûr (nous étions très proches). Normal de voir, en novembre dernier, tous les officiels à ses obsèques. Plus étonnant : la foule de petites gens, terrassée par la nouvelle - Cet homme m'avait tellement aidé. Des anonymes...
Marcel avait la puissance (et l'influence) et le cœur.
Mais c'est du tribun que je veux vous parler aujourd'hui.
Qui en France, au XXe siècle, a su parler autant, aussi bien, de manière aussi inspirée ? Je me souviens des amorces de notes, sur papier volant, qu'il préparait avant un discours (il les laissait dans sa poche). Déferlaient alors le flot volcanique, magnétique, et l'empathie charnelle : cet homme était habité.
Qui savait attraper par les tripes [*] 45 000 âmes à la fois ? en direct ?
Marcel était un grand. Et la vraie vie c'est ça : c'est vibrer, c'est être. C'est incarner ses convictions.
C'est entraîner.
Viennent alors le fleuve. Et la construction.
God bless...
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[*] Rodez, place du foirail, septembre 1957. Discours de 4 heures de temps, face notamment aux factions poujadistes, pour l'occasion déculottées. Il faut aussi compter sur Saint-Brieuc en 1965-1966, toute la journée (vidé, aphone, Marcel Bruel a dit plus tard Si j'étais tombé dans le caniveau, je ne me serais pas relevé - imaginez la dépense nerveuse). Le préfet de l'époque a salué la prise en main de Marcel sur tous les paysans venus en découdre (barres de fer, etc.). S'ensuivra quelque chose de plus calme et d'ancré : la loi sur l'élevage de 1966.
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