Bien sûr : Autobahn est un hommage au précurseur que fut le groupe allemand Kraftwerk, capable d'inventer un son et d'amener de l'émotion dans de la technique (tout un programme). Il y a surtout le renvoi direct au mot d'autoroute. L'autoroute est une voie rapide et finalement simple, partagée de beaucoup, pointant vers un mieux. Un horizon de travail, ou un horizon de loisirs. Une voie appropriable par les individus motorisés (motivés, mis en mouvement) que nous sommes tous.
Je récapitule : ce qui est pionnier, ce qui est rapide, ce qui est facilité (par des experts qui vous déblaient cette grande voie), ce qui est commun et individuel, comme une trajectoire.
Nous vous aidons à trouver votre voie d'accomplissement... rapide. Je dis bien la vôtre.
24 Jan 2008 @ 20:58 by calculman : Ying et Yang
Autobahn est aussi un groupe qui a contribué fortement à l'émergence d'une musique déshumanisée, en utilisant massivement des machines , des boucles automatiques etc...une musique où la main de l'homme ne met plus les pieds, une musique prévisible, sans spontanéité.
Les autoroutes sont aussi des routes simplificatrices, uniformisantes , qui réduisent la richesse et les possibilités du monde à deux bandes, les paysages et les particularités culturelles à de stupides et standards panneaux bruns, où l'on ne peut se nourrir, (s'alimenter) que d'un sandwich triangulaire emballé sous plastique par un industriel. Elles pointent vers le prochain péage, tout à fait identique au péage où l'on est rentré. Elles ne sont utilisables que par des individus enfermés dans leur bagnole , semblables à quelques millions d'autres, au design difficilement discernable de celle du voisin, à une vitesse pareillement régulée sans intervention du conducteur/passager . Elles sont interdites au tracteur ( puissant, déterminé, utile, terrestre) , au vélo (libre, générateur d'inattendu, fusion d'un effort personnel et d'une destination) et ne parlons pas du voilier que l'on y trouve que castré, son mât rabattu, entravé plutôt deux fois qu'une car il doit rester à la traîne, à la remorque loin de son rôle d'explorateur, découvreur, pointeur vers l'inconnu ( ah ! la Santa Maria, la Pinta, la Niña !)
Voilà c'était à la manière de ...j'ai comme un coup de blues aujourd'hui ( je parle de la musique, capable d'introduire un peu d'électricité dans l'émotion : au hasard : J.B Lenoir, Elmore James ou Etta James , Healing Game de Van Morrison) Je vois les bouteilles à moitié vides ....
Hahaha : quelle énergie (si, si) ! Et quelle plume ! Pour les entreprises, avoir une autoroute alors que la vie leur impose des méandres, c'est la joie de pouvoir avancer vite. (Enfin.) Et d'aller à bon port. Ou de partir en vacances (c'est aussi ça la productivité). Passer du fatras à la voie claire, c'est de l'or. La toute première idée pour la coopérative, c'était de montrer des engins de déblayage qui taillent une route rapide et enfin large dans un amas d'incertitudes : faciliter la vie. Dégager des voies de circulation pour les structures encombrées par les choses à faire.
Quant à Kraftwerk, ils ont su faire chanter, crépiter, presque danser les machines, il faut le voir comme ça. Une époque où régnaient le pétrole, les bandes magnétiques et l'amiante a su faire éclore cette poésie numérique, inspiratrice de toute l'actuelle (et durable) électropop. Depeche Mode, et sa passion, est un fruit de Kraftwerk.