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Numéro un ou deux ? Allez, je reste dans la thématique biblique : je connais surtout Caïn et Abel (ici) pour s'intéresser à ça. Et s'inquiéter de savoir qui est un, de savoir qui est deux. Rajoutez à la rigueur Absalom... qui a mal fini.
René Girard est un bon guide pour comprendre à quel point mimétisme (cf. mimesis), jalousie, territoires, inquiétude et rang (place [1] et conquête), bref à quel point toutes ces modalités sont une seule et même chose. Et que c'est le ressort de bien des conduites.
Je me remémore aussi une conversation avec mon grand-père Marcel Bruel, tellement expérimenté quant à la dynamique de groupe. Il disait qu'un bon second charpentait et solidifiait les choses. C'est, en plus, un généraliste, un touche-à-tout, technique et émotionnel. De sorte que numéro deux, c'est bien. Autant que numéro un.
En outre, à l'en croire, l'orientation définitive d'un homme (accouchement intellectuel [2], moral et socioprofessionnel de lui-même) n'a de sens qu'au sein d'une équipe.
Oui.
Et le point commun que je retire de tout ça, du pionnier-défricheur et du concrétisateur-améliorant, c'est que les deux sont des créatifs (guide pour l'un et pragmatique pour l'autre). Et les deux sont des leaders, des gens proactifs, en proposition permanente de quelque chose.
En ferme capacité.
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[1] Tout cela diffère de la saine ambition : envie de faire des choses, de se sortir de soi (exister). C'est-à-dire de s'extravertir. Le blog d'Emmanuel Ferraguti a malheureusement disparu, mais son bref commentaire de l'entreprise (au sens de mettre et de conserver la main sur quelque chose) est superbe de réalisme. Comme d'hab'.
[2] Un homme est un être engagé. Ce qu'il fait de sa tête, de ses tripes, de son coeur, de ses jambes et de ses mains est un seul et même accomplissement de lui-même. Qu'est-ce que j'aimerais trouver des gens qui pensent ça, eux aussi !
[ Sur le rôle du guide, revoir Yves Enrègle et William Torbert | je connais bien cette distinction entre numéro un et numéros deux, entre leader (visionnaire ou stratège) et manager-animateur de troupes, mais j'y souscris peu : les réalités sont plus mélangées que ça, de sorte qu'un chef, un motivateur, un visionnaire, un boss, bref tous ces aspects-là sont des qualités (clarté cognitive, garantie d'équité, capacités socio-émotionnelles d'entraînement - regardez), des modalités qui sont aussitôt traduites et ressenties par la base (ou les ailes) comme des stimulations ou non, comme du pouvoir ou pas, comme du danger ou de l'opportunité, c'est à peu près tout (et tellement d'ailleurs) de ce qu'il faut en savoir ]
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