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« Je ne bâtis que pierres vives, ce sont hommes. »
Rabelais, Lettre de Gargantua à Pantagruel
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Un sacré changement. Voilà ce qui caractérise le tissu des réseaux. Pour faire un intéressant coup de loupe sur la Ville rose, il faut remonter à 2000. À l'époque, L'Express (n° 2580) voit dans la dynamique réticulée (oui, madame) un mouvement historique et cassoulet-flon flon. C'est cocasse : les formations de l'époque semblent porter le blazer industriel, l'équerre et le compas et presque la panoplie monocle et favoris.
Allons-y : clubs de grands comptes, militantisme politico-syndicaliste, mutuelles, écoles d'aéronautique, Lagardère ou Matra, Rotary.
C'est il y a seulement 8 ans.
Et qu'est-ce qui a pu changer ? Tout. Les réseaux actuels sortent au grand jour. Et communiquent. Pétris de nécessité (incertitude économique, besoin de qualifier des comme-soi, carrières, chômage massif) : les réseaux sont à présent 132. Grosse nouveauté : à tous les échelons, ils comportent des entrepreneurs, véritable maillon, catégorie socioprofessionnelle à eux seuls (services, hi-tech, etc.). En progression, qui plus est.
Pour les 30-40 ans, la vie de réseau est une deuxième nature. J'ai été abasourdi par la folie parisienne, en live : des meutes mal qualifiées de gens disjonctés. Un grand... pfff, un grand ch'ais pas quoi. L'avènement des réseaux sociaux du Net (Viaduc-Viadeo puis maintenant Facebook) a fait miroiter l'illusion d'une prospection à peu de frais. La fièvre meet-up est à son quasi paroxysme.
De sorte que cette fin de décennie croit dur comme fer que le meilleur moyen de prospecter, c'est d'avaler des petits fours en bredouillant un elevator pitch hasardeux (dans lequel tout le monde est consultant-bien-sûr), tout en fouillant pour retrouver ces foutues cartes de visite.
Mes coups de chapeau vont à ceux qui ont inventé quelque chose (il y en a 5 ou 10 %, gros ou petits - la bonne nouvelle, c'est qu'il y a désormais le choix et les modes relationnels sont plus simples).
Le réseau 2008 ? Un levier, paraît-il, pour rencontrer ses futurs clients, ou futurs associés (pour monter des offres plus pénétrantes), ou futurs clients issus de la sphère de vos futurs contacts.
Poudre aux yeux. Beaucoup, je dis bien beaucoup, désenchantent. Un principe de réalité commence à poindre.
Car le réseau, il vient juste amplifier une compétence, une offre ciblée, un choix stratégique aiguisé, modélisé, pensé, vécu. Il ne profitent qu'à ceux qui sont déjà en situation d'offre (pas en demande, fut-elle masquée en offre).
Penser qu'on y fait son marché ou que les clients affluent est une terrible perte de temps. Grincements de dents.
Le réseau, c'est simplement un moyen de ciseler ses produits, de travailler sa clarté, son extraversion, de veiller sur ce qui se fait. Et surtout de muscler son discernement stratégico-personnel : pas çui-là, pas celle-là, nan.
Le réseau ? Un moteur. À vous d'apporter l'essence.
2008 fera le tri. Certains des grands animateurs locaux vont s'attacher à une entreprise fixe, externe, alors s'éboulera le noyau motivationnel des équipes. Passages de relai crissants.
Les entreprises ? Beaucoup sont opportunistes. Peu surfent sur le gagnant-gagnant associatif. Relégué au statut de mythe pré-romantique...
2008, fin d'une époque. Et début d'un vrai boulot de fond. Probablement plus imaginatif, plus sincère, plus mobilisant que ce qui s'est fait ces cinq dernières années.
Beaucoup de choses à venir. Nous, nous nous mettons à la disposition de tous. Par goût. Et puis toutes les attentes sont dans la nature. Et tout a un sens sitôt qu'il y a du cœur, de la tripe, de la tête et des jambes. La vie, c'est ça. Perspectives ? Encore un an ou deux et il y aura plusieurs centaines de petites cellules de moins de 10 individus (niches bien vérouillées, voire friables), ou - à l'inverse - quelques nouveaux poids-lourds (ou poids-lours régénérés), agrégeant des entreprises membres de 5 ou 6 réseaux à la fois. Pff. Concentration à venir ?
Métamorphose, à coup sûr.
Et Toulrezo.biz aide à y voir clair : le ou les événements qui vous attendent chaque jour sont un signe de ce Big Bang qui vient, qui enfle et qui veut perdurer.
Le lien aux entreprises se fera par la nouveauté, le pragmatisme, le ciblage et la magie des sensations. La qualité des prestations. Et le management : l'animation.
God bless.
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