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Un planning bien fait s'adopte et se suit. Bien sûr. Car un planning bien fait, il épouse les individus, en tant qu'êtres de motivation : il découle d'un travail sur le temps peut-être, également beaucoup du management. La preuve.
Un consultant en économies de temps a toujours un solide bagage managérial.
Mais tout ça, c'est bien gentil. Aussi ergonomique, enthousiasmant et générateur de richesses soit-il, un planning se bafoue. Pourquoi ? Parce que la vie. L'organisme ou l'individu qui vous commande un planning stratégique (fondé sur les 20/80 réels), l'apprécie, s'y investit (un vrai bijou)... et le lâche. Même, et surtout, si l'outil est une claire réussite, simple, génératrice d'argent, de confort, de plaisir, d'adhésion.
Eh oui. Je vous ai parlé de management en amont, pour concevoir l'outil, un outil qui touche à l'ADN de l'entreprise, à son ergonomie, à ses impératifs, à ses ressorts individuels et groupaux. Il faut que la finesse managériale envisage ce que j'appelle aussi la sortie de route et la porte d'entrée.
Kesako ?
La sortie de route, c'est le tout-venant : ce sont les imprévus qui détournent l'opérateur ou son équipe du cours du planning, du chemin d'efficience. Il y en a de mille sortes, liés par exemple aux risques. Ou aux joies de la vie (j'ai marié ma fille, un ami me propose de m'associer avec lui en Espagne, etc.). Nous sommes dans la complexité, nature mouvante et interpénétrée de la vie. Il y a aussi des imprévus liés à des problèmes anciens, à des « cadavres dans le placard » (un Prud'hommes non signalé, qui vient phagocyter le temps).
Ok.
Tout ça fait qu'un consultant réaliste, qui a un temps d'avance, considère son outil comme un rail. Et un rail connaît toujours, par essence, des déraillements. Soyons pragmatiques.
Est-ce une raison pour pleurer ? Que nenni : le planning est un outil de long terme. Même si le client en voit les fruits très vite, le cercle vertueux de la génération de valeur développe toute sa force dans le temps. Est-ce à dire que les gens se lassent de votre outil ? Certes non, s'il est bien fait (personne ne se lasse d'une Cadillac ou d'un costume sur-mesure). Il faut juste envisager à quel point la vie, comme un tissu vivant, viendra détourner les collègues, à court ou à long terme.
Bien sûr devez-vous suivre l'évolution, les ajustements, le nécessaire coaching et service après-vente de l'outil.
Encore et surtout devez-vous, dès la conception, ou plutôt juste à sa fin, demander au client quelles sont ses portes d'entrée, ses moyens de retour s'il y a sortie de route.
Souvenez-vous du fils prodigue (ici). Cet individu, au départ plein de bonnes intentions (ou non), sort de la voie tracée. Pourquoi ? Peut-être, me diront les créatifs, parce qu'elle était beaucoup trop tracée. Beaucoup trop droite. Et c'est un fait. Mais quelles qu'aient été les raisons de la sortie de route (provoquées, subies, les deux), ce qui compte, c'est que le père, dans l'histoire, était sur le chemin. Le père, c'est l'amour, c'est l'indulgence, c'est le souci que tout va bien (bienveillance). Et le chemin, c'est la possibilité concrète de revenir. De revenir en vrai.
Quelqu'un qui sort du planning doit, grâce au consultant, connaître son ou ses chemins de retour (plusieurs, c'est encore mieux). Pour beaucoup de clients, revenir dans la trame de l'outil, c'est recommencer par une des tâches qui soit agréable (la préférée).
L'expérience montre que ce sont les perfectionnistes (et non pas les jouisseurs) qui ont le plus de mal à tenir un planning dans le temps. Les jouisseurs ont toujours un moyen agréable de se re-couler dans le flux, ils le font par l'excitation, la recherche de sensations, le plaisir de retrouver un sas personnel, apaisant, ou alors la joie de revenir dans le jeu, par un biais précis (lire mes mèls, m'asseoir à mon bureau, rencontrer tel client, à tel moment). Et vogue à nouveau le bateau : le pied regagne l'étrier.
Pour les perfectionnistes, c'est plus compliqué. Leur escapade leur vaut une culpabilité aiguë, voire un dénigrement dans le dedans : ils s'en veulent. Au lieu de réussir leur pari à 80 % (comme ils le devraient), ils sabordent la machine et refusent que le mois plannifié soit imparfait, qu'il soit souillé. Ils oublient juste que la perfection est un mirage (dangereux), que l'excellence - elle - est souhaitable, voulue, réaliste. De plus, il reste tout une année pour hisser les résultats. Tout est à nouveau possible [*]. Et à portée de main.
Ok ?
Bâtir un planning c'est tout ça : c'est soigner en amont le perfectionnisme. Et viser le plaisir, gage de durée, gage de retour.
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[*] Ce type de profil « se retape » avec une félicitation documentée, appuyée sur une réussite factuelle déjà remarquée. J'ai confiance en vous pour telle et telle raison stimule le moral.
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