Blog Management & Organisation, depuis 2004: Management situationnel - Doser intelligemment la pression

Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux

 Management situationnel - Doser intelligemment la pressionFri 20 Feb 2009
2 comments
picture

[ < thémas Management situationnel & Blanchard | catégorie Management | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre pour poster vos réactions et naviguer par mots-clés ]


Pro-action pour définir et encadrer, action pour renforcer les progrès et former les gens, réaction pour leur permettre d'exprimer leur autonomie et prendre des risques en connaissance


On s'en souvient : Kenneth Blanchard et Paul Hersey lancent une bombe. Nous sommes dans les années 1980. Blanchard et Hersey sont des psychologues américains, rodés à la pédagogie, l'art de s'adapter aux gens pour leur transmettre des choses, un savoir-faire (des connaissances), parfois un savoir-être (une disposition, une façon d'être). Le boulot de ces deux hommes donne à la mise en mouvement des personnes (la motivation) une coloration contextuelle. Croyez-le si vous voulez, c'est une révolution.

Coloration contextuelle ? Exactement comme quand on fait passer un savoir : on s'appuie ici sur le contexte des collaborateurs. Sur le contexte de ce qu'ils sont intrinsèquement, humainement (les envies, les talents), et aussi de ce qu'ils ressentent, perçoivent et interprètent du monde (leur place ici même, leur boîte et ses attentes, les demandes de leur patron, souvent du boss direct, celui qu'on voit, celui qui marque, celui qui stroke).

Parlons du contexte. Il y a celui de la boîte (valeurs, pratiques, ambitions, objectifs). Il y a, encore et surtout, celui des hommes : ce qu'ils savent faire et ce qu'ils ont envie de faire (le sachant ou non). En vrai. En live.

Entrent en jeu le style du manager, d'une part, la situation personnelle des équipiers d'autre part.

Il y a là un pragmatisme. Une prise en compte d'autrui.

De sorte que le manager, pour bien faire, s'adapte à ses troupes : son leadership (capacité de commandement, de décision, d'entraînement) se fait en contexte humain. Le manager agit selon la situation des managés. Nous sommes dans les bases du leadership situationnel. Le manager, plus que tout autre, est un caméléon : il sait donner la nourriture affective, comportementale, morale, intellectuelle qui convient à chacun. La nourriture qui garde actif, en confiance, en confort personnel.

C'est un gagnant-gagnant. Une collaboration. Fût-elle autoritaire, fût-elle négociatrice, fût-elle en lâcher-prise.

Si le collaborateur débute dans votre boîte (et même s'il a fait ses preuves ailleurs), en clair, s'il découvre ce qu'il doit faire chez vous et découvre encore ce qui le motive là dedans, dirigez-le, conseillent Blanchard et Hersey. Le collaborateur ? Vous le rassurez, il sait à quoi s'en tenir (clarté cognitive). Vous le guidez.

S'il a envie de s'impliquer et que ses connaissances techniques ont besoin de renforts (formation), expliquez-lui ce que vous attendez de lui : les recommendations-minute sont déterminantes. Expliquez-lui les choses. Et continuez à féliciter, à encourager ses progrès-terrain.

S'il devient techniquement bon et qu'il perd en implication (ce qui arrive par déception, par routine ou manque de projection), négociez les choses, cherchez à savoir plus encore ce qui l'anime, à quoi il fonctionne en vrai (leviers de motivation). Négociez, discutez, cherchez à comprendre. Avec bienveillance.

S'il sait vraiment bien faire les choses et qu'il a envie de les faire, mettez-vous en réaction, c'est un retrait qui lui libère de la place et tenez-vous prêt s'il vous sollicite. Déléguez, attendez-vous s'il le faut à récupérer les erreurs ou les déceptions (c'est un risque).

Les consultants Christiane Grau et Alain Métral expliquent ça très bien.

Je vois parfois des entreprises recruter de bons profils, des gens chevronnés. Ces gens débutent. Même s'ils sont bons ailleurs (ou sur un angle-métier précis), la sagesse recommande de les animer comme des débutants. Un temps. Alors là, commandez, indiquez, dirigez. Il l'ignore peut-être, votre collaborateur a besoin d'y voir clair. Or, la clarté, c'est la fermeté : fermeté de visions, d'attentes, de demandes précises. Ce qu'il fait bien, dites-le lui franchement. Ce qu'il fait mal, dites lui comment mieux le faire. Ensuite, il évolue.

Je vois, à l'inverse, d'autres entreprises garder la pression sur des gens qui savent, veulent, et le démontrent. Quel intérêt ? Économisez du temps et rendez-vous utiles à d'autres. C'est là qu'intervient le bienfait de la délégation. Imaginons : vous déléguez à Alain, qui est compétent-motivé, et il échoue. Regardez bien pourquoi. Au lieu de vous en vouloir d'avoir délégué, usez de discernement. Erreur de sa part ? simple oubli ? manque de confiance en soi ? négligence ? sabotage délibéré ? Avouez que c'est bien différent, avouez que c'est selon.

Allez, 'nuf said. Quelles sont vos expériences ? Que pensez-vous de ça ?

Dernier truc, le profil. La bonne attitude, c'est celle qui se met en phase et anime les tempéraments. Car un contexte, c'est encore et surtout des personnalités : certains ont des nourritures affectives (des besoins) qui diffèrent de celles du manager.

Un manager, c'est un animateur d'objectifs. C'est aussi quelqu'un qui passe du temps avec ses troupes. Et, comme tout bon pédagogue, veut les voir évoluer. Évoluer dans la sécurité. (Sereinement.) Pas dans le stress.

Le manager, c'est souvent (et c'est même une nécessité) celui que les employés voient.

C'est du taf.


[< Back] [Blog Management & Organisation, depuis 2004]

Category:   Tags: , , , , ,


2 comments

26 Feb 2009 @ 10:17 by Marc Traverson : Belle synthèse !
Merci Lionel pour ouvrir autant de portes/liens dans ton papier. J'aime particulièrement l'accent mis sur le pragmatisme. Me semble que c'est une valeur en hausse. Parce qu'il n'y a pas de pragmatisme sans 1) de l'écoute et 2) de la créativité. Bonne continuation à toi.  


26 Feb 2009 @ 10:32 by Lionel : Manager, c'est adapter les strokes

Je te retourne le compliment, Marc. Ton billet sur les strokes est clair et pertinent. J'en rappelle le lien : [link] - très bonne synthèse.

En outre, je souscris pleinement à ton commentaire : fixer et atteindre des objectifs dans leur contexte (le pragmatisme), c'est écouter tout ce qui se présente (personnes, chiffres) et c'est créer sur cette base. S'adapter en continu. Avec autorité (résolution, exemplarité). C'est aussi être serein, le plus possible. C'est à dire ok-ok (je peux faire des choses positives, les contextes et les gens aussi).

Au plaisir, cher Marc.

J'envisage de revenir à la Capitale : je te dirai.

Bien à toi,

Lionel  



Your Name:
Your URL: (or email)
Subject:       
Comment:
For verification, please type the word you see on the left:


Other articles tagged as ""
Tue 24 Jun 2008: 2D : discerner et déléguer... peut-être
Sun 20 Apr 2008: La motivation, ça vaut de Laure
Sun 20 May 2007: L'ABC du discernement - 7e partie
Sun 25 Feb 2007: Confiance en soi - 4e partie
Sun 29 Oct 2006: Faire bouger une entreprise publique ? - 5e partie
Tue 29 Aug 2006: Les mains dans le cambouis - suite
Sun 6 Aug 2006: Blog on the rocks
Thu 20 Jul 2006: Druon, la tête de lion et les puissants - suite
Fri 28 Apr 2006: Profils projetés - 12e partie
Fri 31 Mar 2006: Les indispensables - 8e partie


Other articles tagged as ""
Tue 19 May 2009: Roulette me down - 1e partie
Fri 20 Feb 2009: Management situationnel - Doser intelligemment la pression
Thu 24 Jan 2008: Profils - 16e partie
Mon 13 Dec 2004: Profils - 1e partie


Other articles tagged as ""
Tue 19 May 2009: Roulette me down - 1e partie
Fri 20 Feb 2009: Management situationnel - Doser intelligemment la pression


Other articles tagged as ""
Mon 13 Dec 2004: Profils - 1e partie


Other articles tagged as ""
Fri 20 Feb 2009: Management situationnel - Doser intelligemment la pression


Other articles tagged as ""
Tue 24 Jun 2008: 2D : discerner et déléguer... peut-être
Fri 28 Dec 2007: Y mettre du sien
Thu 12 Apr 2007: Psychanalyse et management - 5e partie
Tue 13 Feb 2007: Contrôle et sensibilité - 3e partie
Sun 19 Mar 2006: Malchance du débutant - 2e partie
Mon 7 Nov 2005: Hersey et Blanchard à l'assaut de la banlieue française
Thu 9 Sep 2004: Motivation du personnel - 3e partie | Apologie de la souplesse
Wed 8 Sep 2004: Motivation du personnel - 1e partie


Other articles in
Wed 17 Mar 2010: Un (bon) boss pour bosser - 15e partie
Sun 28 Feb 2010: Vrac de fin d'hiver - 19e partie
Mon 12 Oct 2009: Jouer à l'uni-con - 2e partie
Sat 29 Aug 2009: Eagle... - 2e partie
Fri 7 Aug 2009: Moments Z
Thu 23 Jul 2009: Con-texte - 1e partie
Mon 13 Jul 2009: Échelle de Jacob – Une école qui dérouille
Fri 5 Jun 2009: Vrac de presqu'été - 18e partie
Thu 21 May 2009: Dynamique de groupe - 11e partie
Wed 20 May 2009: Richardson of a...


[< Back] [Blog Management & Organisation, depuis 2004] [PermaLink]?