« Les intolérants ? Bruyants, engagés [...]. Ils sont infatigables. »
Shimon Peres
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Et toujours cette impression. Elle est là. Ok, c'est l'été : le soleil chauffe. Et la vie s'active : Budapest est belle. La vitalité pulse de partout. (D'accord.) Mais toujours ces gens. Vous les connaissez, l'Europe les connaît, l'Histoire les connaît.
J'ignore si c'est de gens qu'il faut parler ou bien d'autre chose. D'une puissance. Alors, court instant sur les gens, ok ? Regardez-les. Des groupes (quelques uns). Et toujours cette démonstration de puissance : ils ont des chemises brunes [1].
Les plus vieux, visage triste, avec des drapeaux. C'était il y a quelques jours, là. Qui convergeaient au centre ville. Avec des tenues militaires, des ventres gras, des rêves de chômeurs. Et les plus jeunes, aujourd'hui. Le N, le A, le Z et le I sur le torse. C'est vrai qu'il y a une minie Gay Pride quelque part par là : ça sent le coup de force.
Que fait la police ? Rendőrség amorphe ?
Je l'ignore. Ces choses me déconcertent. Comme me déconcerte une mouche sur une charogne. Ou sur une déjection. Il est des trucs qui dépassent. Ou donnent envie de partir. Ou de combattre. Ou de vomir. Ou de prier.
Ce qui me vient, c'est un référentiel plus haut, quelque chose qui m'apaise et me donne des percées. Des soulagements. Des explications. Du grain à moudre. Je repense à l'apôtre Paul, qui rappelle que le genre humain — sitôt qu'il se tourne où il faut — n'a pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.
Le fascime en est un.
Il est irrationnel, carnassier, manipulateur, larvé, violent.
Le chômage en masse de ces deux dernières années d'épreuves, ici, en Europe centrale, est une explication. L'autre explication : une adhésion numineuse [2] à un esprit méchant, à une envie d'en découdre. A une frustration [3].
Tout ça pour quoi ?
Tout ça pour parler d'un accouchement. Ce monde, ici, accouche de lui-même.
J'aime la Hongrie.
J'ai confiance.
Tout le monde préfère la vie à la mort.
La beauté à la laideur.
L'envie de se projeter.
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Beauté, vraie vie — Ah, heureusement qu'il y a Vodku :)
[1] Revoir minorités persuasives et capacité d'une poignée à concrètement occuper le pavé, la scène et les esprits.
[3] Qui appelle toujours une demande de considération (via les strokes). Ou bien de la violence — cf. l'excellente analyse que dresse le policier Christophe Caupenne de la motivation des preneurs d'otages, en pleine recherche (sous stress) de bénéfices secondaires. Pour une réflexion sur la violence comme acte de fondation d'un groupe humain, il faut relire René Girard.
[ La patience, je trouve que c'est Nouwen qui en parle le mieux | racisme en Hongrie — Et encore, me dit Nico, tu verrais en Russie... ]