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C'est agréable. C'est agréable de conserver l'inertie de semaine, je veux parler du lever-tôt, pour se reveiller le week-end comme une fleur. Humeur bonne, sourires familiaux, temps devant soi.
Que dire ? Quelques mots sur le sommeil : j'aimerais voir des blogs parler de rêves. Après tout c'est la voie royale, quite à lire quelqu'un (je veux parler d'une vraie personne), autant le faire en vrai.
Beaucoup de blogueurs se servent de leur support pour faire des revues de presse, dévoiler des scoops sectoriels (sortie de tel appareil), parler de leurs réussites professionnelles, montrer leur compétence dans un domaine (CV ou plaquette), raconter l'éclosion de leur boîte ou aborder une passion et échanger avec d'autres aficionados, dans un cercle précis.
Très peu, à mon sens, innovent quant à la langue (sauf Joël Ronez). Très peu dévoilent un contenu personnel, identitaire, ouvert (sauf Flemming Funch). J'en vois moins encore faire des travaux de recherche à ciel ouvert (à part Dave Pollard). Limitation des risques oblige, notamment en matière de carrière ou de relation-clientèle.
Je le comprends.
Certes, les blogs intimistes ferment-ils plus qu'ils n'ouvrent : les dimensions intérieures appellent souvent une confidentialité étroite. De sorte que ça fait oui tout de suite ou alors non ; vraiment. C'est vrai.
Mais un rêve de temps en temps ; je plaide pour une connexion directe au ressenti des gens : quelque chose de drôle, de saugrenu, de stimulant, touchant, créatif. De personnel. Comme un ADN, comme un brin de personnalité qui peut féconder l'imagination du lecteur. Ou lui parler en direct, comme une connexion live.
En clair, j'aimerais voir des Qui suis-je ? en portrait chinois, peints de l'intérieur. Vous savez ? Il y a ces techniques de dessin qui commencent par une ligne, un contour, et puis remplissent ensuite la forme, en plongeant vers le dedans. Et puis il y a cette école qui fait l'inverse : on remplit un centre, qui se répand dans un intérieur pour venir ensuite border un contour, une butée imaginaire. J'aime mieux ça : c'est plus réaliste.
Oui.
Mon rêve de juste-avant-le-réveil, c'était dans une grande pièce de lycée, fraîchement repeinte. Une gigantesque antichambre : plafonds hauts, vide, quelques copains. (Le lycée, c'est - pour moi - l'endroit et la période des grands enjeux, des grands appuis affectifs.) Dans cette grande pièce, je me dis que c'est le moment de déballer ce qui m'a toujours pesé. Je suis avec des amis. L'écho de la pièce, et son emplacement dans ce centre nerveux de mon adolescence, en font le lieu pour crier. Chose que je fais (je me souviens encore de la mélodie), me vient ce que je ressens comme des drivers ou plutôt des programmes liés au Parasite, façon Don Miguel Ruiz. Des choses qui conditionnent la vie, la civilisent peut-être, mais la limitent aussi. Vous savez ? Bref, je hurle avec l'écho, ça s'amplifie. Et ce qui vient ce sont des ordres : des fais ça-empêche-toi de, et tutti quanti.
C'est la première fois que ces programmes-là me viennent, se nomment, passent par ma bouche et font sens à ce point : j'ai tout noté dans un carnet.
Vous connaissez ça ?
Je passe de Charybde en Scylla (ou vais du psychisme au Net) et vous présente maintenant André Larané. (Nous allons parler de profils psychologiques.) Ce journaliste freelance est aussi l'éditeur du gigantesque portail historique Herodote.net [1], le plus consulté de France. L'homme a tout juste sorti (2006) une Chronologie universelle, quelque chose de vif pour comprendre les fils directeurs, les articulations, les seuils de bascule (cf. complexité) et les grandes passions humaines. C'est là que je veux en venir.
Le trait, forcément rapide, est particulièrement fin : les passions sont un moteur [2]. À tel point même qu'elles dessinent des profils précis : profils de peuples, profils de catégories, profils d'influenceurs (ça, c'est moi qui le rajoute).
Je vous les cite : amour, dépassement de soi, création, curiosité, soif de dignité ou de reconnaissance, appétit de pouvoir, etc.
C'est tellement vrai que j'ajoute la contribution de Larané dans le Panorama des profils. Les passions font émerger des tempéraments, des profils, qui forment des comportements, qui se frottent à d'autres : des modèles avec caps sont possibles.
Excellent week-end.
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Ce que crier veut dire - ici, Mike Patton :
[1] Voyez-y notamment le parallèle entre le président de la République actuel et Valéry Giscard-d'Estaing, ou encore le commentaire sur Les Très Riches Heures du duc de Berry (voir aussi le diaporama en Flash).
[2] En matière de profilage psychosociologique, une observation minutieuse fait de grandes choses. Les médecins-philosophes de l'Antiquité connaissaient ça, de même que les écrivans de tout temps. Revoir Jean de La Bruyère, fin XVIIe, ou - par exemple - Hubert Selby, mort en 2004.
[ Entendu il y a quelques mois sur France culture (Alain Finkelkraut) : Les spécialistes du monde contemporain feraient bien de faire un peu moins de sociologie et un peu plus d'Histoire ]
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Des stagiaires me demandent la différence fondamentale entre le journalisme professionnel (encarté - cf. carte de presse), l'animation écrite d'un blog, l'écriture publicitaire et le journalisme amateur. Mmh, plongeons dans cet univers dense et mouvant.
Parlons d'abord des cibles. Les journalistes, professionnels ou amateurs, ainsi que les animateurs de blog, s'adressent à des citoyens, par exemple identifiés dans une catégorie socioprofessionnelle (les utilisateurs de jeux vidéo, les Américains francophones, les dirigeants de PMI en Alsace). L'on parle alors de lectorat, de lecteurs. Y a-t-il des visées économiques dans cette écriture ? Oui et non. Mais plutôt non. Savoir ce que les lecteurs vont acheter (et en quelles quantités), c'est davantage l'affaire des personnes en charge du marketing ou de la régie publicitaire (qui placent des encarts dans les espaces dédiés). Ils vérifient quel public viser et quels annonceurs démarcher, une fois l'identité (la vocation, la coloration) du support bien établie. J'ajoute que l'impact commercial de tel ou tel élément du journal (économiquement ou politiquement correct), c'est l'affaire des actionnaires, plus rarement du rédacteur en chef et encore moins de celui qui - en bout de chaîne - écrit. Dans un journal, un journaliste garde sa liberté d'opinion, son droit d'écrire ou non quelque chose de complaisant. Une clause de conscience le protège. C'est tout l'esprit des Lumières qui se condense ici, actualisé depuis 1971 par la fameuse Déclaration de Munich. Ecrire est un droit de l'homme. Bien sûr, ce droit fondamental s'accompagne d'obligations (de responsabilités) précises : notamment de respecter la vie privée d'autrui, de prouver ce que l'on dit, d'accorder un solide droit de réponse.
Le blogueur-citoyen est soumis à cela, bien sûr (il touche des gens). Que dire d'autre ? La politique marketing et commerciale de son support est beaucoup plus libre : il se met "la pression" qu'il veut. Tout en garantissant (voir ci-dessus) les droits fondamentaux des gens à qui il s'adresse : ils sont tout autant citoyens que lui. Pour autant, est-ce que son information se doit d'être vérifiée, comme dans la presse encartée ? Bien sûr. Mais dans la pratique, le checking (recoupage a priori systématique dans les grandes rédactions) est beaucoup plus aléatoire. Il est souvent inexistant. Comme dans une partie de la presse amateur, d'ailleurs. Mon avis ? J'adore cette presse, vive et colorée. Elle recèle de vrais talents. Elle est potentiellement fiable. Tout repose sur les qualités de la personne qui écrit.
Parlons maintenant des publirédacteurs, ces professionnels de l'écriture publicitaire. Ils diffusent leurs écrits dans des supports dédiés (plaquettes, catalogues, newsletters à vocation commerciale) ou des media journalistiques classiques. Un Communication ou Communiqué (plus rarement, Publirédactionnel) étiquette alors leur production : c'est la Loi. Le citoyen doit savoir que ce matériel est commercial : en dépit des apparences (ambiguïté volontaire), l'écrit vante beaucoup plus qu'il n'informe. C'est sa raison d'être. Les publirédacteurs obéissent au service du marketing, qui est le centre névralgique de l'activité. Leur travail intègre les connaissances-clients glanées en continu par les études de marché. Le lecteur est une cible. L'impact des écrits se mesure dans des tableaux de bord commerciaux. La performance est ici commerciale, qu'il y ait "efficacité" intellectuelle et artistique... ou non.
Est-ce que tous ces registres de la communication se mêlent ? Parfois. L'on sait très bien qu'un support, quel qu'il soit, tient seulement par la publicité (cf., côté blogs, les régies publicitaires, qui alimentent le fonctionnement de la plateforme technique). Mais c'est la presse classique que l'on fustige dans ce cas-là (un actionnaire gênant vous entrave). C'est pour cela que les organes traditionnels souffrent de discrédit (TNS Sofres, 2004) : on leur reproche leur partialité et leur hypocrisie commerciale. Pour autant, il y a d'excellents journaux classiques.
A l'opposé, il y a des blogs vaseux. Moi, par exemple, je déteste ceux d'experts qui confondent billets d'expression et palmarès des missions remportées. De riches CV, d'accord. D'authentiques tableaux de chasse, très bien. Mais des angles maigres, pédagogiquement pauvres.
Comme Henri Michaux, j'estime que celui qui ne m'apprend rien : zéro !
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[1] C'est tout le décryptage que fait l'éthique des affaires. Cf. finalité publique ou privée.
[2] Quand une récession frappe une économie nationale, ce sont les journalistes qui en souffrent puisque les annonceurs se raréfient. Les rédactions sont à la peine.
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