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 Seul avec tous - 13e partieWed 13 May 2009
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Manager quand ça pète


Qu'est-ce qu'un bon manager ? (Mmh.) Faut-il passer par les champs de bataille pour répondre à ça ? Faut-il envisager les éternels rapports de force ? La nature conquérante et violente [1] de l'homme ? L'Histoire coloniale ? l'Histoire de France ?

Moi, je dis oui. Car, dans la vie, tout est management. (Et tout est jeu.) Ben oui : tout est friction, tout est compréhension de l'autre (en théorie). Et tout est motivation : mise en mouvement de soi et d'autrui, en contexte tendu. Cf. vie et travail, version dynamique.

Regardons ça.

Le contexte ? France culture. J'allume, ce matin, la radio. Et là, le journaliste Emmanuel Laurentin [2], producteur et animateur de La Fabrique de l'Histoire, donne la parole à des descendants. Il s'agit de la famille du général Alain Fauveau, qui témoigne de la vie de son ancêtre : Charles de Berterèche de Menditte [3], militaire et homme d'honneur.

Menditte est officier dans le Haut Tonkin (actuel Vietnam) entre 1895 et 1897.

Outre les anecdotes ébouriffantes, l'homme apparaît comme un manager : il en a le profil et les pratiques. C'est ce que pense sa famille, avec ce propos incroyable :

Charles de Menditte était ce qu'on nommerait maintenant un manager, qui faisait passer ses hommes avant tout. Il était comptable [ responsable, nda ] de la vie de chacun. Un vrai manager fait passer l'intérêt de ses hommes avant tout. Et surtout avant lui-même. Contrairement au carriériste, qui est un individualiste. Le manager, lui, prend des risques personnels pour les autres. Et garde leur bien-être en tête, à tout moment.

Je trouve ça inspirateur. Et bien pensé.

Vos réactions ?
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[1] Revoir le grand René Girard.

[2] Menditte, le parcours (pdf).

[3] Menditte et ses carnets : quelques extraits (pdf). Il s'agit, cette fois-ci pour la Première Guerre mondiale, du récit d'un homme de terrain, passé par le feu.

[ Voir aussi Roger J. Morneau, ancien vendeur d'encarts publicitaires en BtoB pour une grande compagnie canadienne d'édition d'annuaires-papier - Il explique préférer le terrain, en contact avec ceux qui peuvent avoir besoin de lui, aux promesses d'une promotion personnelle, pourtant alléchante (responsable régional des ventes) ]  Read More


 Deux temps, trois mouvementsTue 21 Apr 2009
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François Dubet


En deux temps. Je les aime comme ça les billets de blog. Vous savez ? Un fil directeur, qui introduit, et puis un cœur de sujet juste après : parfois en phase (dans la droite continuation), parfois différent. Comme une bifurcation. Vient alors une histoire, un rythme - oui - un truc en deux temps. L'un installe et l'autre dit.

C'est vrai que les derniers billets de ce blog ont des accents très perso. Je l'assume. Écrire des billets, c'est ouvrir quelque chose. Une boîte à choses (et c'est open). Une âme, un vécu... Souvent dans l'instant. Aux contributions pro, viennent contraster (compléter ?) des éléments perso : certitudes, doutes, expériences. Des pointillés forts. Ou bien le tiers-élément d'une tresse à trois brins : 1. le pro, 2. le perso dit (ici écrit), 3. le perso secret (le vrai, diffus, induit, invisible - comme un tempérament, comme un nuage humide, personnel, qui nimbe les écrits).

Ouais.

Je reprends un instant cette histoire de propos en deux temps. Puis passe, avec vous, à François Dubet, sociologue français.

Parlons des Simpsons. La série animée. (Hilarante.) L'art de ses nombreux scénaristes, c'est de couper l'épisode en deux temps, deux histoires. Que dire ? Narration bien faite. Et rebondissement central, qui fait une charnière immédiate. Alors vient un rythme, ok. L'histoire se tord, se dynamise, prend une posture. Un souffle.

Direction France culture à présent. (C'est le second point). Et chapeau bas. Dans son rendez-vous du mardi, de 11 h à 12 h, le journaliste Sylvain Bourmeau (blog, émission La Suite dans les idées) reçoit des personnages-piliers en sciences sociales et humaines. Son invité d'aujourd'hui : le sociologue méridional François Dubet, spécialiste de l'exclusion. Sa contribution d'aujourd'hui confirme un rôle, une pensée à part, stimulante. Qu'en dire ? Les grilles de lecture, selon lui, se plongent dans l'idéologie du XXe siècle. L'épreuve des faits dépasse, malmène et désarçonne donc ces anciennes (quoique vivaces) façons de lire le monde, de l'analyser (voir théma Paradigmes). L'idéologie donne une logique interne : une forme. Une limite...

Or, le monde a changé.

Le monde riche (le nôtre, celui du Nord) change à grands pas. Les institutions classiques ont du mal à suivre. Elles sont en crise. Leur côté rassurant, prépondérant, modérateur, répartiteur (en clair central) s'efface. Et le doute arrive. Regardons ça : la pratique religieuse perd du terrain, l'école absorbe mal la détresse culturelle, l'université isole au lieu d'introduire au choc (et aux attentes) du monde du travail, l'entreprise détruit ses propres emplois (elle est cannibale), les travailleurs sociaux peinent à tisser des références, des pratiques, des liens salutaires, les intellectuels lorgnent tantôt vers les idéologies (forcément réductrices, forcément croupies) tantôt vers le succès personnel lénifiant, pauvre et bien-pensant (carrière, reconnaissance, appétit pour les choses évidentes), les familles deviennent de simples noyaux, souvent monoparentaux, parfois marqués de la chute du père (divorce, chômage, mal à se projeter, à être un individu socioprofessionnel tenace, donc porteur d'une image de structuration, de légitimité, de sagesse - recul, enseignement - et d'autorité ; cf. Nom-du-Père - Lacan -, et cf. Animus).

La lose, en clair.

La perte des repères...

Augmentée d'un moteur ferme et à présent général : l'individualisme à tout va. Quand mon tissu va mal, et que son rôle signifiant part en toupie, je m'appuie sur moi-même. Fini le religare : mes liens, qui pourtant me définissent, s'effilochent. L'Autre devient un rien, un point d'interrogation, voire un porteur de microbes.

De sorte, et c'est là que je veux en venir, la déroutinisation s'installe. Ce qui faisait le code du vivre-ensemble perd en substance. Il se vide. Les modes de communication s'individualisent, donc perdent en efficacité générale. Et comme tout s'évanouit, j'échoue. Je doute. Je bataille. Porteur de moi et de moi seul (survie, accrochage délibéré). Moi seul avec - ou contre - le monde, c'est une croisade perdue.

L'Autre devient un moyen ou, pire, un obstacle. Il n'est plus lui.

Et moi sans lui, je deviens une soustraction. Une peine à être.

Dubet parle du sentiment d'échec. C'est le signal qu'un processus s'arrête. Au lieu d'attribuer à ce tissu de crise mes ralentissements, mes tentatives, mes arrêts dans le milieu (voir Attribution), je crois que l'échec est mon résultat. Ma chose. Mon fruit. Si le reste est maigre, c'est que moi je suis (et je me le dois) être fort. C'est-à-dire opérant. Mais comme c'est sociologiquement infondé, je me heurte à moi. Je crois que tout est de mon fait.

Je déprime. Et perds plus encore le lien avec autrui.

Que dire ? C'est intelligent, c'est réaliste. Je range Dubet parmi les pragmatiques.

Revenons-en à la déroutinisation, qu'il faut rattacher aux thémas Rituels et Besoins de structurer (de maîtriser) le cours du temps. J'en termine ici. Pour communiquer (trouver ce que les autres et moi avons en commun : attentes, envies, projets), je dois passer par des rituels. Des routines. Des garanties. Des clés. Ces processus amènent la paix sociale : si je sais comment pacifier un rapport (les rituels rassurent et montrent que l'on a le même référentiel que l'interlocuteur), eh bien si je possède ça, je me débrouille. Je sais rassurer l'autre et rentrer dans un lien. Il me reconnaît comme un pair.

Si mon trousseau comportemental est vide de clés - ou pire, doté d'une abondance de cultures différentes, segmentées, morcelées, microscopiques (pontillistes, pour paraphraser Dubet), autant dire spécifiques et individualistes -, je me perds. Je perds en lien. Je perds en assurance. Je me perds moi. Je m'éparpille. Et prends des coups (rejet, éviction).

Je m'attribue l'échec. En ligne de mire ? La violence : faite à moi-même, faite aux autres.

J'en finis : je veux rappeler combien, dans sa sagesse, le docteur Berne soulignait l'intérêt d'être superficiel. D'avoir les codes. C'est une dynamique sociale, tournée vers autrui, futile et utile. Constructive, en clair. Naturelle.

L'individualisme est une impasse. La peur de souffrir (maîtrise et prudence excessives) ? Un beau leurre. Le risque : une nécessité, consubstantielle à la vie.

Car il faut bien vivre. (Bon sang.) Et vivre, ça se fait ensemble.

Vous êtes ici chez vous : je vous souhaite une excellente semaine.

Be seeing you.

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[ Bande-son de mes dernières semaines : Charlie Winston, beatnik à souhait (The less I have, the more I'm a happy man... - Ouais, et un hobo, c'est un vagabond de la Grande Dépression, années 1930) | hobos, langage visuel ]


 Ethique - 12e partieFri 5 Oct 2007
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[ < 11e partie ] [ Catégorie Economie-Sc. sociales | permalien | commentaires | 13e partie > ]

Comme l'affirme sur France culture le sociologue John Elster (podcast), la norme, le « il faut » forgé au contact des groupes, trouve trois expressions distinctes :

1. la norme sociale, réplique du comportement que vous percevez et copiez (plus ou moins consciemment) d'un groupe - cf. René Girard ;

2. la norme semi-morale, active sitôt qu'un regard externe vous appréhende ;

3. la norme morale, issue de vos réflexion et sensibilité propres.

[ Normes et valeurs ]


 Repères économiques - 10e partieThu 22 Mar 2007
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[ << En France, l'équivalent de Chicago est inscrit à l'Assedic ] Classe économique [ 11e partie > ]


Amis d'l'économie, bonjour !


Terre-à-terre. Voilà ce qu'est Olivier Pastré, chroniqueur des Matins d'Ali Baddou (France culture). Son champ : l'économie. Pastré est à la fois professeur de cette même discipline à Paris 8, président de la banque d'affaires tunisiennes IMM Bank et expert auprès du think tank français Le Cercle des économistes (dernière publication).

Son travail radiophonique est remarquable. Le bonhomme est synthétique et franc du collier. De plus, il organise son propos. Points noirs, points forts de l'objet étudié, pistes d'amélioration : c'est fluide et complet.

Je suis un grand fan de France culture, qui propose de beaux angles le matin (plus tard, c'est variable). Les invités y sont multiples (merci Ali Baddou), l'information, continue (zéro pub), les chroniqueurs ont du tempérament. Tout ce qu'il faut pour se lever du bon pied. Et apprendre des trucs.

Cette semaine, Pastré dit des choses essentielles. Sur l'Europe. Et sur les jeunes, dont je suis (je sais en outre que beaucoup de trentenaires lisent ce blog).

Je vous ai mis le contenu en ligne. Et m'éclipse en patins de feutre pour vous laisser ouïr :



[ Pour enregistrer le son radiophonique du Net, voici quelques technos (légales puisque les contenus sont avant tout diffusés sur le medium hertzien) : 1. CamStudio pour la saisie, 2. MediaCoder pour la conversion du fichier en AVI_optimisé (compression à 90 %), 3. une quelconque plateforme vidéo en ligne pour la mise à profit collective | archivage automatique - aujourd'hui, c'est l'article sur les valeurs qui s'y colle ]


 Marque et stratégie, positionner une offre - 6e partieTue 27 Feb 2007
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[ << Saga des couteaux Laguiole - 5e partie ] Marque et stratégie, positionner une offre - 6e partie [ Les trois qualités du stratège - 7e partie >> ]

Citation

Une marque vient avant tout parler de l'investissement technologique que fait une entreprise - Jean-Marie Dru, ancien HEC, 60 ans, patron de l'agence de publicité TBWA-France, auteur de La Publicité autrement et invité des Matins d'Ali Baddou (France culture, archives)

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[ Pêle-mêle - Dans vingt ans, l'économie de la Chine sera quatorze à quinze fois plus forte que la nôtre, assure Jean-Marie Dru | Ce sont d'abord les produits qui font le succès d'une entreprise | En marketing, toute offre contestataire et anticonformiste est une nouvelle offre, une innovation | Il y a en France un débat récurrent sur l'économie de marché alors que c'est un fait mondial, c'est comme l'Internet : dire qu'on est pour ou contre n'a pas de sens, je répète que c'est un fait | La seule chose à faire, en économie de marché, c'est d'une part de gagner la compétition et d'autre part de réguler les excès | le disruption ou l'art de briser les conventions pour redessiner un marché à son avantage | le cas désopilant de Low Stratéus ]

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 Confiance en soi - 4e partieSun 25 Feb 2007
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[ << Le regard des autres, selon Anna Freud | Le regard sur soi - 3e partie ] Confiance en soi - 4e partie [ Le courage est une liberté face à l'autocritique - 5e partie >> ]


Regard, signe de Caïn et racines de la motivation profonde


Consideration, ça c'est le terme anglais. Un excellent terme : englobant, évocateur, précis. Prenons son sens, qui a peu ou prou les mêmes attributions en français. La considération, c'est central : considérer quelqu'un c'est poser un regard sur lui. C'est montrer qu'il existe. A lui, aux autres, à moi (trois dimensions).

Pour rappel, le management de la motivation met en mouvement des parties-prenantes, des travailleurs. Comment ? En activant les ressorts qu'ils ont en eux (ce qui les rend humains et en même temps uniques) et en fournissant quotidiennement la clarté des visées et aussi le bonne ambiance collective de sécurité et d'émulation (aller loin, aller ensemble, dépasser les blocages naturels, tranquillement). Fournir les moyens intellectuels et socioémotionnels de la réussite.

Le management de la motivation est un management de la considération. Considérer, c'est stroker (marquer l'autre d'un signe), c'est montrer une attention [1], c'est démontrer, c'est donc prouver qu'il existe. Si donc j'existe, je peux me projeter dans le temps, estime le collaborateur. Il y a une place (une chaise) pour moi, je peux me mettre en mouvement, je peux agir (ici, exister, me mettre en dehors de moi) : je peux travailler, produire un fruit.

Je peux travailler si l'on me considère. Je peux travailler si l'on me regarde, je peux travailler si l'on me dit ce qu'il faut faire. Un bon manager respecte mon expertise dès que j'en ai une, me laisse de l'espace quand j'en ai besoin, m'aide quand je le demande. Je peux travailler quand quelqu'un de bienveillant me rappelle ce qu'il faut éviter, à temps, et me félicite à chaque fois que je réussis quelque chose. Même des choses petites. Il me stroke (système de signalement et d'ancrage) de bonnes choses.

Considérer quelqu'un, c'est lui fournir un ou plusieurs éléments de tout ça, en fonction de sa mâturité. Pour ça, Kenneth Blanchard a mille fois raison. D'une part pour le primat qu'il accorde [2] au contact individualisé (réprimandes-minutes, félicitations-minutes). D'autre part pour le régime communicationnel (intellectuel et émotionnel) qu'il différencie selon les besoins du travailleur en marche, du travailleur qui gagne en mâturité. A chaque personne [3], un régime différent. Pour seulement une minute par jour et par personne, rappelle le gourou du management. Investir dans l'humain, voilà la plus utile des façons de gagner le défi de la rentabilité durable.

Blanchard est puissant. Le regard du manager (du motivateur) est un regard de discernement. C'est aussi un regard d'encouragement : vous êtes capable du mieux, je vous le montre en reconnaissant vos réussites successives. Le regard du manager suscite un beau regard intérieur : un regard de tranquille lucidité, un regard de capacité, un regard d'amour propre, de sain respect de soi (par opposition au harassant perfectionnisme).

Je termine sur le magnifique travail de Jean-Marc Dupeux, aumônier général des prisons (bulletin audio) et fournisseur de regards bienveillants. Même un détenu (frappé, à tort ou à raison, d'ostracisme) peut changer son regard sur lui-même. Et donner ensuite le meilleur de lui-même.

Un bel espoir pour les équipes humaines.

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[1] Un tel signe est une protection. Cf. le signe de Caïn. Selon la Bible, Dieu protège et apaise, par opposition à l'accusation permanente, qui frappe, sape et détruit. Voir ceci. (Mmh, l'article de Wikipedia est bourré d'erreurs.)

[2] L'on sait, grâce à Michel Crozier, combien le manager français rechigne à rencontrer ses sbires.

[3] En outre, le consultant Bruno Dusollier explique à merveille quelle langue parler au profil psychologique que vous avez en face de vous.

[ Le regard est un discernement (A qui vais-je donner quoi ?), le regard sur l'autre est de toute façon un signe de reconnaissance, ce type de regard (s'il est bienveillant) amorce chez lui un amour propre tout à fait salutaire au travail, à nouveau le discernement fera de belles choses : la boucle est bouclée | communication - ce qui fait changer une personne | le psychothérapeute Georges Romey estime que la présence d'un regard parental (vrai ou supposé) chez l'enfant détermine une partie de sa future capacité à réussir (viser quelque chose de conforme à ses envies et puis l'atteindre) | le regard est un faisceau de vecteurs, qui bâtit un relief singulier : le regard parental, le regard ainsi construit chez l'enfant, les actualisations que font sur cette matière, dans ce système, le regard (supposé ou réel) des autres | l'oeil et la bague | symboles ]  Read More


 Repères économiques - 8e partieThu 8 Feb 2007
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[ << Dominique Wolton sur France culture | La France accueille les relocalisés - 7e partie ] Il y a un aimant en Afrique - 8e partie [ Dette publique et patrons de France - 9e partie >> ]

Tout le monde connaît mon intérêt pour l'Afrique. Certes ma famille directe y sauve des vies [1]. Encore et surtout, avec d'autres, je crois que l'Afrique (énormément grâce aux femmes) est un des grands leviers de poussée du XXIe siècle. Il suffit de lire [2] tout ce qui s'y passe pour vibrer, pour adhérer, pour partager les pulsions de vie, l'espoir d'un ensemble économique qui se réveille.

Alors bien sûr, quand j'entends le journaliste Ali Baddou passer un relai au très sérieux Lionel Zinsou, j'aiguise mon attention et puis j'exulte :

<< L'Afrique est, tout de suite après l'Asie, le continent qui affiche la meilleure croissance mondiale. >>

Lionel Zinsou, associé-gérant au sein de la banque d'affaires Rotschild & Cie

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[1] Une aide à échelle humaine, au Burkina Faso.

[2] Cf. le réjouissant et pragmatique 80 Hommes pour changer le monde.

[ Enregistrer France culture depuis le Net | où l'on apprend, de Zinsou même, qu'une banque d'affaires permet (mesure l'attrait, optimise les biais techniques qui permettent les transactions), bref facilite les acquisitions d'entreprises par d'autres entreprises | la première fois que je suis allé au Burkina, ce qui m'a le plus frappé, confie mon père, c'est l'extrême jeunesse de la population | en ce moment, Wen Jiabao, le premier ministre chinois, rend visite aux nations africaines que son pays investit industriellement et commercialement | en novembre dernier, il avait déjà prédit que le volume transactionnel entre Afrique et Chine atteindrait sûrement 77,5 milliards d'euros en 2010, soit un triplement sous 5 ans | remettons les choses en perspective : 77,5 milliards d'euros, c'est le montant des retraites que les Français ont touché en 2006 | Absara planche, depuis l'année dernière, sur une offre de management à destination de solides points-relais en Afrique francophone ]


 Ecrire pour un public - 3e partieFri 26 Jan 2007
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[ << Joël de Rosnay sur France culture | Journalistes et hommes de com' - 2e partie ] Ecrire pour un public - 3e partie


Information, communication, com'


Chers amis,

Je fais un détour radiophonique par le spécialiste de la communication, Dominique Wolton. Après quoi je me penche à nouveau (et sûrement même pendant le week-end) sur la micro-enquête, merci de vos pertinents avis.

Parlons communication. Et écoutons Wolton, qui est très clair :

<< L'information, c'est un message. La communication ? Une relation [1]. Quant à la com', c'est les paillettes. >>

Dominique Wolton [2], invité des excellents Matins d'Ali Baddou (France culture), le 26 janvier 2007

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[1] Dominique Wolton explique que pour réussir cette relation, il y a négociation entre parties-prenantes. Ce que j'en pense ? Eh bien, l'émetteur doit fait mouche chez celui qui l'écoute. Il doit l'intéresser au sujet et créer un impact (intellectuel, émotionnel - bref, sur le cerveau), voire amorcer une influence, une coloration des représentations et/ou des actes de son partenaire. Alors oui, il recherche des percées séduisantes, des compromis, des angles. Cf. la notion classique de dialogue (représentation du monde à deux, deux parties-prenantes opposables ou - au contraire - capables d'une rencontre, voire d'un partage). C'est toute l'ambivalence du nombre deux (puissant archétype).

[2] Spécialiste de la communication, directeur de recherche au CNRS, directeur du laboratoire « Information, communication et enjeux scientifiques », directeur de la revue Hermès.

[ Comment enregistrer France culture à partir du Net | il y a dans la notion de relation quelque chose en rapport avec le tissu, le complexus dynamique, et aussi quelque chose en rapport avec le bain sémiotique | mmh, parlons aussi des rapports de force et des transferts d'énergie (libidineuse ou agressive), qui constituent les groupes - cf. Freud et sa dynamique de groupe | bouclons sur les beautés de la communauté Flickr, je veux parler notamment des dessinateurs sur carnet Moleskine ]  Read More


 Le sens, dans la complexité - 5e partieWed 26 Apr 2006
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[ << Complexité - 4e partie ] Le sens, dans la complexité - 5e partie [ Intelligence collective - 6e partie >> ]

<< Le chaos produit toujours de l'ordre. >>

Raoul Ruiz, metteur en scène d'origine chilienne, réalisateur du film Klimt - entendu aujourd'hui sur France culture (fichier ici, facilement enregistrable)

[ Le chaos peut avoir un sens, globalement et sur des échelles très longues, si l'on croit que le Réel (vaste système en vie profonde, bruissante ou sourde, intense, massive) tend vers une finalité pré-établie (et/ou construite voire ajustée en cours de route) - cf. Spinoza et l'idée de félicité comme fin en soi, ou bien Epictète, qui estime que les dieux ont créé tous les hommes afin qu'ils soient heureux ; ils ne sont malheureux que par leur faute. Dans cette optique, le chaos lui-même a une signification et une direction : les phénomènes se déploient pour tendre vers une harmonie durable. Un apaisement à un degré supérieur (évolution, stabilisation, puis jouissance ou alors placidité voire sentiment 'océanique' - selon que l'on se sent plutôt Occidental ou Oriental) | complexité | sur le Réel et sur le monde, lire Alejandro Jodorowsky, un vrai métaphysicien constructiviste, dans la ligne (indirecte) de Gregory Bateson ou Paul Watzlawick | Spinoza, quelques angles | culture et sens | le symbole, outil à attraper du sens | le sens est un logos, un classement des choses, ou alors une fulgurance qui fait évoluer par accoups : changements d'état de conscience ]  Read More


 Systémique... ta mère - 3e partieThu 19 Jan 2006
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[ << Parcours concentré - 2e partie ] Un pape de la systémique investit les médias - 3e partie [ Dominique Wolton chez Ali Baddou | Le complexe précède le simple - 4e partie >> ]

Un seul pape ? Non, il y a cinq papes (et une papesse), un peu comme au Moyen Age où le Saint Siège avait tendance à faire des petits, notamment entre Avignon et Rome. Mais dans ce qui nous occupe, il reste trois sommités, trois aventuriers féconds et forts. Les autres constellent un panthéon, parlons-en. Le premier d'entre eux passed away comme le disent si pudiquement les anglophones : l'immense Kurt Lewin (né en 1890) nous a quittés en 1948. Puis le brillant Norbert Wiener (né en 1894), mort en 1964. Le troisième ? Le grand Henri Laborit (né en 1914), qui a rejoint les Champs-Elysées de la biologie il y a douze ans. Restent à la fois l'érudit (et simplissime) Edgar Morin (né en 1921), auteur d'une somme épistémologique gravée en lettres d'or, la flamboyante et touche-à-tout Anne Ancelin Schützenberger et - enfin - le sublime Joël de Rosnay (né en 1937). Arrêtons-nous sur cet être à part. L'actualité des médias s'en empare. Ce qui est bien la moindre des choses puisque Rosnay lui-même les avait investis, en tant que tissus vivants, pourvoyeurs de nouvelles visions de l'information, de l'homme et de leur place conjointe dans le monde. Une véritable poussée philosophique (un nouvel âge de représentations, de façons d'appréhender le réel) a eu lieu : un paradigme nouveau vient désormais baigner les choses. En bon systémicien, passionné de champs qui se croisent, se pénètrent et interagissent les uns sur les autres, Joël de Rosnay fait à nouveau oeuvre de visionnaire. Plus que jamais, j'ai envie de m'attarder sur sa révolte du proNétariat...

Rosnay ? Un bonhomme qui a du discernement sur ce grand accouchement collectif que nous vivons. Voilà une trajectoire humaine utile. Mieux encore : Rosnay est un gourou.

Pour écouter celui-ci (toujours aussi limpide !), je vous recommande de : 1. vous brancher sur l'indispensable site de France culture et rallier vite fait Les Matins de Nicolas Demorand, 2. mettre la main sur l'archive de ce jour même, 3. dégoter le format audio de l'émission consacrée à Rosnay [ram], 4. rapatrier le lecteur gratuit Real player, ainsi que le programme Internet Radio Tuner (IRT), lui aussi gratuit, 5. télécharger en parallèle le fichier lame.dll et le déplacer jusqu'au répertoire d'IRT (ajout par glisser-déposer), 6. lire le flux RAM de l'émission avec Real player et convertir simultanément ledit flux en MP3, en calant IRT sur 'enregistrement'. C'est lui qui fait la conversion.

So what? Le kif absolu...

[ Joël de Rosnay, sa page | son blog | interview par Loïc Le Meur ]



[ Hommage de Rosnay à Laborit | Hellinger et la cohésion groupale | barre latérale ~ systémique, complexité ]  Read More