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Moments sublimes
Deux : j'en vois deux. Deux principaux. Et des quoi ? Des catégories de moments. Moments bons : vous savez ? Où vous ressentez du bonheur (vous êtes heureux), cette complicité, ce beau lien vibrant, de vous aux autres, de vous au monde, de vous à vous. Bref... Tout alors est bon. Et l'intellect reste en dehors de tout ça. Là. C'est plus fort (c'est mieux) que l'interprétation. Ça englobe un moment (ou un état). Et juste ça se vit : en vrai, en simple.
En fort.
Deux, donc. Il y a les strokes et puis les optimums. Les deux sont des sensations, des vécus [1]. Des conforts personnels. Ou des griseries.
Les intellectualiser, dans un billet, les fait partir : comme des papillons. Pour autant, c'est bien de partager aussi.
L'un me revient. Ou plutôt, il est là : mieux qu'un souvenir.
On y va ?
Ça se situe la semaine dernière. Je consulte Twitter et la page d'un gazouilleur, Jit Uppal, affiche une citation qui me fait forte impression. Je vous la donne (les caractères en gras sont de mon fait) : Vous pouvez, dans la vie, obtenir ce que vous voulez si simplement vous aidez les autres à obtenir ce qu'ils désirent. Je trouve ce principe d'une grande sagesse. Tout est vrai, là dedans. Il y a là pour moi une clé. Ça me parle.
Et la citation ? Elle provient d'un grand bonhomme : l'entrepreneur, motivateur et conférencier Zig Ziglar, ami du regretté Tremendous. Il fait partie des gens que le grand (et successful) Ken Blanchard prend pour modèle en affaires. En affaires [2] et en style de vie (tous ces gens là sont protestants).
Un grand.
Puis passe le temps. Je me rends à Gaillac, pour vivre quelque chose d'important. J'emporte avec moi, notamment, l'indispensable The One Minute Entrepreneur. Auteur : Ken Blanchard. Éditeur (avec dédicace à la main [3]) : le Tremedous. Et citations multiples de Zig Ziglar. Je dors sur place. C'est la veille de mon combat. Dormir sur place ? Comme un général qui tâte le terrain, ici instinctivement. En repérant les lieux [4], dormir sur place permet de faire les rêves qui inspirent. Une chambre d'hôte, somptueuse. Et puis mes livres, qui portent conseil. Ce One Minute, tellement facile à lire, a des effets appaisants. Comme une voix.
Je m'endors.
Et me réveille, là, dans la nuit, dans ces draps doux. Avec le Tarn qui bruisse fraîchement en contre-bas. Et c'est, vous savez ? comme quand vous vous réveillez avec votre aimé(e). (Vous êtes un peu drogué(e) :) Le monde est bon. Plein, doux, serein. Je ressens de la confiance (façon Psaume 37).
Et un mot-clé me vient, comme une clé-de-voûte, ou un résumé personnel : « Zig Ziglar ».
Je me sens bien. Je me rendors.
Je vais tellement bien que le lendemain, je réussis mon pari (pourtant éprouvant).
J'ai appris une chose : les moments Z existent.
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[1] Relire Antonio Damasio (L'Erreur de Descartes). Il y explique le lien organique entre pensées et ressentis (émotions, sentiments). Pour lui, penser et ressentir sont des expériences (nerveuses) d'un même tenant, des vécus de même rang. Qui plus est nécessaires l'un à l'autre.
[2] Le style de vie, l'ethos, c'est ce qu'étudie l'éthique ou art de modéliser la façon dont le comportement se profile sous la pression. Pression des besoins intrinsèques, pression de soi (tensions intrapsychiques), pression des autres (cf. regard).
[3] J'ai de la chance.
[4] La PNL conseille ça. Investir un contexte, un lieu, en vrai. Avec le corps : en y allant au calme, avant le fracas. De là, s'ancrent les sensations positives (vous êtes encore au calme, voire en maîtrise, voire en liberté complète, mieux : en créativité) face à un défi qui va venir plus tard, dans le stress. L'expérience montre que votre calme a imprégné les lieux : mieux, que le lieu s'est déjà encarté dans votre esprit, sous de bons auspices. Avec des ressentis intéressants. Le revivre plus tard panache les choses. Les PNListes (et avant eux les ericksoniens) estiment que le cerveau, dans la mélange bon-mauvais, privilégie le positif. Un même contexte, déjà vécu en bon, prend une tournure qui sent bon votre essence, votre imprégnation. Vous le connaissez et l'avez déjà caressé dans le sens du poil. Façon Daniel.
[ À l'instar du Tremendous ou de Ziglar, mon grand-père aussi était un orateur d'exception | L'Entrepreneur Minute, désormais disponible en français | à propos du livre de Daniel, Wikipedia parfois m'affole ; j'aime ce grand work in progress, mais me sentir obligé de corriger l'article et de préciser que la lecture qu'en ont les Témoins de Jéhovah les regardent eux et eux seuls (et valent seulement pour eux - puisque beaucoup d'autres tendances en ont des visions différentes), eh bien ça m'affole - Help, les modérateurs, help ! ]
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Mardi dernier, notre parcours a mis le huit à l'honneur [1]. C'était la deuxième étape de notre cheminement en cinq parties. En ligne de mire : le changement culturel, résolument volontariste. Pour la circonstance, le psychosociologue John P. Kotter - épaulé du pasteur Peter Coutts - avait égrené les huit étapes de ce changement. Les voici : 1. décréter la rupture, 2. former un comité de pilotage vigoureux, 3. construire une "vision" identifiable [2], forcément avantageuse, 4. propager à tout prix cette nouvelle vision, 5. inciter les parties-prenantes à s'y investir corps et âme, 6. plannifier la célébration (rituels) des victoires-clés, 7. pérenniser les améliorations, en guettant les "retours de bâton" possibles, 8. enraciner les nouvelles avancées dans la matrice de l'entreprise. Je vous l'accorde, cela ressemble à une prise de pouvoir [3] : un projet frais vient évincer l'ancien. Les cultures se succèdent et ne se ressemblent pas [4]. Peut-être est-il temps de synthétiser ce que nous avons appris ? Pour cette troisième partie, l'Equation du changement sera donc opportune.
Avant tout, faisons les présentations. Il y a tout d'abord Richard F. Beckhard, célèbre pour la coloration humaniste qui domine ses conclusions de spécialiste en restructuration. Il est également connu pour le primat qu'il accorde à l'innovation en tant que facteur du changement. Puis, Reuben T. Harris, facilitateur du changement chez The Tom Peters Group. D'après Jaap de Jonge, notre guide dans la 1e partie, ces deux auteurs à succès (5) doivent beaucoup au professeur d'économie new-yorkais David Gleicher, véritable instigateur de l'Equation du changement. Au sens mathématique, il s'agit en fait d'une inégalité : elle mesure des seuils.
Dévoilons le modèle !
(c) Communitywordproject.org
3/5. Formule synthétique du changement
Besoin de rupture x Attractivité de la vision x Réussite de l'entame > Résistance au changement [6].
Si je sature totalement suite aux dysfonctionnements continus de mon entreprise, que je trouve la nouvelle idée fabuleuse et que les premiers changements sont éminemment prometteurs, mon tempérament conservateur s'inhibe [7]. Le plus dur est provisoirement (je dis bien provisoirement) contourné [8]. Tâche au comité de pilotage de me motiver, maintenant. Et de me donner, sur le long terme, les bonnes raisons de ne pas douter... [9] L'on dit bien : Chassez le naturel... [10]. Or, le naturel - pour moi - c'est le présent. Le plancher des vaches, bien stable : la routine.
Dans une organisation, indique Jaap de Jonge, pour - pouvoir - vaincre la résistance au changement, il est important de disposer de chacune des trois composantes de gauche (voir formule). Naturellement, si l'un des trois termes reçoit une valeur nulle, la résistance au changement prévaudra. C'est un rapport de force, qui permet d'évaluer les chances de succès de la nouvelle vision, finalité du processus de changement.
Pour conclure, permettez-moi de saisir mon bâton de conseil. Cette formule a le mérite d'être facile à mémoriser : sachez rester simples dans la quantification des termes. Notez-les de 0 à 3 (nul, un peu, beaucoup, extrêmement). Cela suffit.
En aide décisionnelle, la simplicité est une vertu précieuse...
~
[1] Consulter également l'approche en huit étapes de Harrison M. Trice et Janice M. Beyer, professeurs américains (respectivement :) de psychologie des organisations et de management.
[2] Cf. Ce qui est simple est efficace, célébre aphorisme de Marcel Dassault (1892-1986). Biographie ici.
[3] Mesurer, pour la forme, toute la distance conceptuelle qui sépare un tel système de celui de Rensis Likert.
[4] Voir la façon dont - historiquement - les minorités influencent la majorité. Cf. Serge Moscovici, Psychologie des minorités actives et Dissensions et consensus - Une théorie générale des décisions collectives.
[5] Cf. Organizational Transitions: managing complex change.
[6] Dissatisfaction x Vision x First Steps > Resistance to Change
[7] [ Gêne et frustration liées au statu-quo ] x [ pouvoir projectif (c-à-d clarté, positivité, caractère engageant) de la nouvelle vision ] x [ nature significative des premiers pas amorçant le processus de changement ] > [ résistance au changement ]
[8] L'impression intérieure est cruciale. De même, tout est-il affaire de seuils : si je suis seulement agacé, que la nouvelle idée me semble moyenne et que les premiers pas sont à peine corrects, je préfère évidemment rester dans le domaine du connu (le présent). L'idée de changement reste, à mes yeux, inquiétante.
[9] Voire - et c'est mieux ! - d'embrasser totalement le nouvel état de faits. Formulation qui demande, à tous, un degré de conviction (ou de véracité, si c'est vrai) supplémentaire. Pour juger, dans la "vente" d'une idée, de l'importance d'une projection formulée positivement, voir les 3P, selon Absara.
[10] D'où la vigilance recommandée - en étape 7 - par John P. Kotter (Huit Etapes du changement).
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