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 Démotiva-singesMon 27 Apr 2009
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Sont nazes. Vous savez ? Les petits singes. Il y a ceux qui sont drôles : les j'ai-rien-vu, rien-entendu, rien-dit (sont marrants, sont visuels), et il y a ceux des consultants. Sont comme la pyramide de Maslow : gros bulshit (mal embouché, mal ficelé, systématique). Combines, poncifs d'entreprise, la lose.

(Sic.)

De sorte (et c'est mon droit) que j'ai envie de prendre ce symbole des singes pour aborder un truc nouveau.

Et si les singes, on en faisait quelque chose de neuf ? Et si on s'en servait pour qualifier la création d'entreprise, et les points critiques liés à l'humain ? au facteur communicationnel ? à la démotivation ? (C'est crucial.)

Let's go.




Singe d'une nuit d'été


Premier démotiva-singe, c'est le fou-fou : à la création. Tout le monde s'active, il y a du taf, il faut tout faire. Premier singe, donc : la dispersion. Et là, les profils les plus organisés (cf. O d'Enrègle [1] ou Travaillomane de Kahler), eh bien ils grincent des dents : J'aimerais, disent-ils, qu'on s'organise un peu mieux. Premier gap, premier point critique. Tension qui vient. L'enthousiasme ? Il est ok. C'est juste que ça commence à monter. Petit gap, mais retour solide à la réalité. L'état de grâce prend un coup de canif dans le contrat de coolitude. Car l'équipe c'est ça : des gens qui signalent, des gens qui envoient des messages de (brusque) retour au sol. On ramasse. Premières déceptions [2].

Le deuxième ? Quand le premier client fait faux bond : là, c'est le gérant, les commerciaux, l'ensemble de l'équipe qui trinque. Déconvenue : le second démotiva-singe emporte une banane. Et prive tout le monde du fruit. Re-lose. C'est le singe carotteur.

Troisième bestiole, quand le plan de commandes monte en charge : tout s'affole, doublement des heures de travail. C'est agréable et pour autant, ça fatigue. Ce client de derrière les fagots, il faut le livrer pour hier. Pas prévu, bienvenu, ok, mais claquant. Stressant. Singe porteur de bagages. Singe traîne-savates, qui râle.

J'en ajoute un dernier : le démotiva-singe de la sècheresse. Les rapports sont secs et tendus, comme un climat d'août où le ciel se couvre, lentement, sûrement. Ça va péter comme un orage. Le manque de reconnaissance (cf. strokes) a bien usé tout le monde. Le taf m'a tueR. L'ambiance a une couleur de couteau qui luit.

Un vrai zoo.

Que faire alors ? Eh bien des sociogrammes rapides (comme des plans de match de foot, plans tactiques), des plannings stratégiques (rétroplannings scorés), du scoring pur et dur.

Histoire d'anticiper les points critiques. Histoire de prévoir les grimaces.

C'est simple et ça maintient les troupes.

Onk-onk, j'ai envie d'dire.

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[1] Modèle du Village gaulois.

[2] Cf. théma Team building.  Read More


 Pandaloup - 2e partieThu 31 Jul 2008
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Loup !


Le loup. C'est, après le panda (et son ennemi le gros félin), un guide utile : voyons voir ce que l'animal à dents pointues nous dit des émotions, de ce qu'elles apportent, de leur vocation.

Il y a six émotions de base, un détour par le travail du prêtre et psychanalyste Jean Monbourquette nous permet, vous et moi, de voir ce que la dynamique du loup soulève. Gros contenus, juste après.

Bien sûr Antonio Damasio et Edward de Bono rappellent combien les émotions et combien les associations [1] entre idées et volitions (idées différentes, sensations, ressentis), bref ce que ces mélanges spontanés - ou pilotés - provoquent de fort. Pour la science actuelle (cf. cognition), c'est un fait. Le quotidien, par exemple en entreprise, est éloquent : une collaboration entre raison et intuition (entre hémisphères cérébraux) génère synergie, puissance, harmonie, dépassement de soi.

Pragmatisme et créativité sont là. Polyvalence humaine ? Son talent s'exprime à plein.

Dans l'indispensable Apprivoiser son Ombre, Monbourquette raconte cette légende de loup. Il y a un village, il y a saint François d'Assise (1182-1226), il y a ce traumatisme, qui lui fait vite appréhender la souffrance du village. Un loup, voilà ce que balbutient les habitants hagards. Un loup qui dévore, tapi près du village : il prend sa part d'humains, il met en pièces, il terrorise. Que fait saint François ? Prend-il une épée, ou une lance façon saint Georges ? Que nenni, le saint part à la rencontre du loup, le trouve et lui donne ce qui manque le plus aux saisons de misère : de la nourriture. Il rend la bête calme et docile, presqu'utile.

Eh oui.

Les appétits sont des manques : saint François s'adresse à la bête en lui donnant à manger (cf. parallèle avec les strokes). Sa sensibilité naturelle, son empathie, lui permet de comprendre la souffrance. La souffrance ? C'est ce qui tenaille et anime le loup. C'est bien ça : quand une bête réclame son dû, c'est qu'elle rappelle qu'une fonction vitale (épanouissement, écologie), bref qu'une fonction sourde et nécessaire passe à la trappe. Famine, détresse et violence : l'animal, comme dans la lame du Mat, devient instinct mordant la chair. Ce retour - ici animal - du refoulé confirme que : 1. nous avons un corps, une chair parcourue d'instincts, 2. c'est bien elle qui nous rend vivants donc en capacité, donc en mesure de ressentir et d'être heureux (le bonheur, c'est avec et dans le corps, avec et dans le cœur, avec et dans le système nerveux), 3. le corps, temple de l'âme (l'intériorité), se respecte et se bichonne, sachant que c'est ce même lieu, cette même réalité qui fournit l'énergie, la frustration, l'envie d'atteindre d'autres états, d'autres sensations, d'autres apaisements (cf. changement et reconfigurations systémiques). Le corps permet de changer. Sensible, violent, mortel, il rappelle la nécessité de vivre, d'atteindre, d'évoluer. Tout est en mouvement, tout est passager, le corps est un véhicule, profilé pour pousser (cf. pulsions). Le corps, instance hydraulique, sort du confort, le corps rappelle, le corps fait changer.

Comme un loup.

La frustration motive.




Fig. 1 - Le loup inattendu de la belle série Fables,
comics disponible en français



Les besoins ? Des moteurs. Les besoins de la chair sont énergie pure (mise en mouvement). Or l'énergie instinctive engloutit, submerge, anéantit - agent de chaos (cf. Ombre). Ou elle propulse, favorise, fraie ses propres chemins d'évolution - agent d'accomplissement.

Que faire alors ?

Lâcher la bête et attendre bien sagement que la dévastation convoque en retour les pulsions de vie, d'organisation, de civilisation ? C'est coûteux, c'est passif, c'est cynique et c'est lâche. Dégotter un bouc émissaire et convaincre son prédateur d'épargner le village ? C'est affreux, c'est la tendance que le dynamicien de groupe Yves Enrègle relève en entreprise. C'est ce que déplore, en outre, l'anthropologue des civilisations René Girard.

Que faire ?

Apprendre à la bête à sublimer ? à collaborer ? à investir l'énergie autrement ? à construire un Surmoi (idéaux de réalisation, déconnexion des besoins primaires) ? à construire un Moi (projection dans le monde des conséquences, dans le monde des humains, dans le monde du socius) ? C'est utopique. J'ajoute que c'est se bander les yeux face à Milosevic, c'est abandonner Srebrenica en espérant que l'éthique et le droit internationaux vont arrêter les loups de Mladic et Karadzic.

Criminel.

Qui fait l'ange, rappelle Pascal, fait la bête : vouloir moraliser (civiliser) l'animal, c'est ouvrir le champ à la désolation. Seul l'arrête un estomac comblé (le sien propre). Et malheur aux victimes.

Il reste une voie.

Cette voie, c'est celle de l'écoute. Saint François comprend la bête, on l'a vu. C'est la compassion qui veut ça. Et en tant que saint, il la voit comme créature de Dieu, comme utile et comme partie-prenante du Tout. Elle a sa dignité d'agent : ce qui est enfoui, hurlant, brut et cru fait aussi son travail.

Qui écoute la bête alimente son ange. Et augmente sa part d'humain. Les ressentis violents rappellent qu'il faut certes vivre et ressentir pour être heureux (revanche de l'Anima). Ils montrent aussi comment être heureux. Là c'est précieux.

Passons par les émotions (ou affects ou ressentis ou feelings en anglais).

Regardons ça. Un modèle général [2] nous dit qu'il y a :

| la colère,
| la joie,
| le dégoût,
| la peur,
| la tristesse,
| la surprise.

Émotions primaires. Certes leurs effets sont-ils agréables ou non. Durables ou pas. Ils sont dévastateurs ou profitables.




Fig. 2 - Intensité & durée supposées des affects,
en appui sur les travaux de Carroll E. Izard,
Christian Derbaix (modèle Lisa Q) ou encore Michel Tuan Pham (modèle Gaim) -
image (c) Coralie Duval



Un point de vue spirituel se fait jour, qui donne à l'homme une vocation beaucoup plus large que celle de la pure animalité : et si les émotions nous servaient ?

Interroger le pourquoi des émotions, en contournant le cliché évolutionniste, bref donner un sens inédit et moral à tout ça, peut se révéler dur peut-être, passionnant sûrement.

Témoin, le questionnement des enfants. Si pressant.

Si tout ou presque a un sens, et si tout ou presque est agent de dépassement, d'évolution, pour soi, pour les autres, pour le tissu dans lequel nous vivons, alors :

| la colère préfigure la reconnaissance et le respect de soi (tempérament, valeurs, priorités), en ça elle annonce le détachement par rapport aux figures parentales (autonomie),
| la joie favorise la spontanéité, l'espièglerie, le naturel,
| le dégoût augmente le discernement, la sagesse, la juste appréciation des choses,
| la peur facilite la prudence, elle mène à la lucidité puis - quand les débouchés sont prometteurs - au courage, à la volonté, à l'audace,
| la tristesse (expérience du deuil) enseigne le lâcher-prise, la réalité de la transformation permanente du monde (vie-mort), et donc - par contraste - la profondeur,
| la surprise, c'est plus compliqué, c'est peut être le maître intérieur (la cohérence de l'inconscient) qui encourage l'offre de soi au monde (confiance, bienveillance, curiosité, concentration, disponibilité pleine).

Quand la sensibilité s'exprime, c'est qu'elle dit qu'il faut la reconnaître, l'écouter, la regarder.

La chérir.

L'énergie de l'émotion sert un dessein spirituel. Comprise et surfée, elle permet de s'accomplir.
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[1] Les volitions, c'est l'ensemble des événements mentaux qui appellent une réaction ou - plus spécifiquement - une décision volontaire. Les bouddhistes regroupent tous ces schèmes nerveux sous l'appellation de sixième sens : un sens de saisie, d'épreuve, de ressenti des choses, internes ou venant de l'extérieur.

[2] Les études les plus connues sur les expressions du visage et l'affect qui les produit proviennent de Paul Ekman, Wallace V. Friesen et Phoebe C. Ellsworth (1972).

[ Damasio décortiqué | si quelque chose ou quelqu'un se sent frustré, il se sent tout de suite mieux si : 1. quelqu'un lui donne de la considération, par exemple en parlant la même langue de perception privilégiée du monde (cf. style ou langue intello-émotionnels), 2. cette personne, avec plus ou moins de délai, lui indique à quelles conditions de réciprocité elle peut collaborer avec lui, si toutefois cette collaboration est agréable ou utile aux deux à la fois (sinon, gare aux déséquilibres de dignité, gare à Karpman) | les émotions primaires, tableau récapitulatif des différents modèles | l'excellent mémoire de Coralie Duval sur le marketing et la réponse émotionnelle | les émotions que les jeunes enfants appréhendent le plus vite et le mieux sont, dans l'ordre : colère, joie, tristesse et peur (théorie de l'esprit, Marcelle Ricard) ]  Read More


 Pandaloup - 1e partieSun 27 Jul 2008
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[ < thémas Animaux, Spiritualité & Émotions | catégorie Management-Sc. humaines | archivage automatique du billet sur l'importance économique de l'Europe | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre | 2e partie > ]

Pourquoi ? Interrogation reine. C'est, en Occident, la porte d'entrée dans la vie. Chez nous, tout a (ou doit avoir) un sens, une explication. Pour le meilleur, la connaissance, porteuse de clarté, d'autonomie. Et pour le pire, l'intolérance et le conditionnement qui enferme (cf. paradigmes). L'intellect est un drôle de maître, qui guide et limite à la fois. Comme l'émotion, d'ailleurs. C'est seulement quand l'intellect est pur, innocent dirait Alexandro Jodorowsky (c'est-à-dire bien orienté, au service de la créativité personnelle et de l'ouverture au monde), bref c'est quand l'intellect est de cette qualité qu'il est porteur de positivité. Ce sont les bénéfices d'un Animus volontaire, structurateur, garant de la concrétisation des talents. L'Anima ? C'est quand elle s'écoute elle-même, se respecte et se combine à l'Animus qu'elle crée l'intuition, la profondeur naturelle, la fulgurance, l'intensité du ressenti. Tout ce qui vient du dedans et connecte et reçoit.

Ensemble, les deux procréent (cf. synergie), donnent un aboutissement, une réalisation à l'âme - nécessairement enfantine - que nous avons.

Une graine pousse.

Alors, dans nos pays, le pourquoi est important.

Vient ce pourquoi, le premier pourquoi, le pourquoi de l'enfance. C'est le pourquoi de ma progéniture [1], l'autre jour, au cinéma. Devant le dessin animé (étonnamment bon) de Kung Fu Panda.

- Pourquoi, Papa, il est méchant [2] le gros chat ?

Je réfléchis, bafouille, connecte mon ressenti à ce que je sais des sciences humaines (certains modèles abordent ça). Et finis par dire que je médite là dessus, c'est promis. Il fait chaud, nous buvons une granita (je suis pensif car je veux faire une réponse du cœur et non pas de la tête - une vraie, en somme). Puis je réponds que ce gros félin, il est méchant parce qu'il veut que son père le reconnaisse et alors lui permette d'être un individu autonome, comme quelqu'un qui se regarderait dans un miroir (cf. regard), quelqu'un capable d'accomplir son destin, de réaliser ses désirs. D'être heureux.



» Pourquoi ? fait encore la petite voix.

- Mmh, réponds-je. Nous sommes nombreux comme ça. Nous avons besoin de savoir que quelqu'un nous aime et veut qu'on soit heureux.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est une sécurité. On sait comme ça qu'en cas de problème, quelqu'un est là pour nous.

- Pourquoi ?

- Parce que nous avons peur d'être seuls et que la mort nous saisisse parce qu'on devient tout faibles. Et tout seuls.

- Pourquoi ?

- Parce que la mort, on sait pas bien ce que sait. Alors on croit comme ça que c'est pas bien, que ça fait mal, comme ça il y a quelque chose en nous qui est sûr de faire ce qu'il faut le moment venu. Et même avant. Comme si on se préparait à repousser la mort ou à lui faire face. Bref à faire ce qu'il faut. Au cas où. Parce que la mort, c'est quelque chose de sérieux, qui touche définitivement.

À suivre...
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[1] Les enfants sont des amoureux de sagesse, des philosophes dans ce qu'il y a de plus pur et de plus puissant. Leurs questions sont les vraies, les bonnes, celles qui font qu'on se trouve une place (un ethos) dans le monde. Leur répondre demande de se plonger dans ce que nous avons d'essentiel : l'innocence, l'expérience, la créativité. Un vrai bonheur, ces mômes... De vrais humains. Des moteurs spirituels, qui veulent capter l'essence du monde et en faire quelque chose de bien, qui ressemble à l'âme (à la vitalité plus ou moins organisée) qu'ils sentent palpiter au dedans d'eux.

[2] Tai Lung, léopard des neiges.

[ La méchanceté, ça pourrait être une férocité de vivre - Reconnaissez-moi, reconnaissez mes besoins -, une pulsion qui oublie les autres, qui écarte toute empathie, qui manque de cette connaissance essentielle que l'Autre et moi-même sommes liés par le regard et, plus généralement, par la condition humaine | le fin du fin, le Royaume des cieux, dit Jésus, est pour ceux qui ont un cœur comme les petits enfants | la peur de la mort, de l'éparpillement, de l'entropie est ce qui nourrit l'homéostasie, cette énergie qui bloque, fait corps et se défend contre les différences émanant de l'extérieur | tiens, dans les archives, une correspondance entre profils stratégiques et animaux emblématiques du kung fu ]


 Talk talk, qui est là ?Tue 24 Jul 2007
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C'est surprenant de voir ça : un consultant revient voir un client. Ok. Et là, au lieu d'indiquer les possibles - et souhaitables - ajustements-terrain (sorte de service après-vente), le client joue avec sa langouille. Vi. Je m'explique : il plaque celle-ci dans son palais (le sien propre) et reste muet... comme une carpe engourdie. Ou alors il l'agite, parle et re-parle comme une pie du Sud-Ouest. Vous demandez aimablement ce qui, au stade actuel, peut être amélioré (En quoi aujourd'hui puis-je vous aider ?) et le bonhomme continue son processus carpe ou pie. Mmh. Joli trait animalier, mais le côté arche de Noé vous déconcerte un tantinet : sans franche habitude, vous incarnez rapidement la poule cendrée qui interroge un propos systémique devant un peigne en corne extrudée (Attends, ils me proposent de venir et ce qui sort de leur bouche, c'est tout sauf une matière à travail ?).



Eh bien, c'est faux. D'abord parce que la relation qui vous unit à ces gens-là est souvent forte (ils vous ouvrent leur entreprise), ensuite parce que se taire ou faire son bavard sont des messages. L'un comme l'autre a grand sens, et souvent le même. Passent des flux entiers de choses. Comme un besoin de dire un truc important. Et c'est vrai : beaucoup des problèmes d'entreprise sont humains (stress, confusion mentale, surdétermination du quotidien, conflits de territoire, peur d'avancer, démobilisation des troupes, manque de confiance en soi). Et là, vous qui représentez un hors-l'entreprise frais, ferme et sain, comme une référence ou un repère, vous faites du bien. Vous êtes un symbole, vous incarnez un sumbolon. Soit une réunion de deux choses qui, quoique différentes, travaillent ensemble. Et fonctionnent. Vous représentez un pont communicationnel : vous voir (quite à vous parler-sans-vous-parler) fait du bien. Vous rassurez.

C'est fou ? Oui et non. Le temps de conseil peut aussi servir à ça : écouter, réagir. Moui.
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[ Image (c) Images.jupiterimages.com | tenez, des animaux qui communiquent | ah, et si Camille me lit : PNL ]


 Intelligence collective - 12e partieThu 28 Dec 2006
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[ < Intelligence animale | 11e partie ] Intelligence collective [ 13e partie > ]

Intelligence animale

Ésope (VIe s. av. J.-C.) et La Fontaine (XVIIe s. ap. J.-C.) ont un fier descendant. Boris Cyrulnik, brillant connaisseur des animaux, rappelle combien ceux-ci nous rendent synergétiques, donc intelligents (capables d'un mieux) : regardez. Je découvre aujourd'hui un conte pour enfants, Ensuite on fait miaou (Gebhartova), qui contient une sagesse animale fort bien fichue. Goûtez combien les animaux font de la PNL [1]. Regardez aussi combien le coq manie les strokes et les renforcements positifs [2]. Tout le monde ici se comprend, se respecte, partage points de vue et forces. Et à la fin, tout le monde a à boire. J'adore ce coq :

<< Un coq avait très soif. Il alla jusqu'au puits et descendit le seau. Puis il gonfla ses plumes, saisit la corde et se mit à tirer mais, une fois plein, le seau était trop lourd pour lui. Une oie passa par là. - Veux-tu que je te raconte une histoire ? lui dit le coq et il commença : Un coq avait très soif, il s'approcha du puits et descendit le seau... - Et ensuite ? demanda l'oie. - Ensuite, on fait coin-coin. Arriva un canard qui dit au coq : - Ce n'est pas une histoire. Tout le monde sait cancaner. - Et ensuite ? demanda l'oie. - Ensuite on fait miaou-miaou. Arriva un chat qui dit au coq : - Ce n'est pas une histoire. Tout le monde sait miauler. - Et ensuite ? demanda l'oie. - Ensuite on fait bêêêê-bêêêê-bêêêê. Arriva une chèvre qui dit : - Ce n'est pas une histoire. Tout le monde sait bêler. - Et ensuite ? demanda l'oie. - Ensuite ? dit le coq. Eh bien, le coq fit descendre le seau, mais il ne pouvait pas le remonter. Il attendit l'arrivée de l'oie, du canard, du chat et de la chèvre qui l'aidèrent à tirer le seau. Ensuite, tous les animaux purent se désaltérer. >>

120 Contes et Jeux pour chaque mois, Gebhartova - éd. Gründ


Fig. 1 - Travaux de James Jean,
illustrateur des couvertures du
comics "Fables" -
éd. Vertigo

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[1] La programmation neurolinguistique (PNL) signale qu'un succès communicationnel (gros impact, bonne relation ou grand confort socio-émotionnel), c'est quand l'émetteur parle la même langue que le récepteur. Pour que les cerveaux soient calibrés entre eux. C'est ce rapprochement formel que le consultant en management Hervé Gougeon qualifie de respect, chez l'autre, de sa façon de voir.

[2] Cf. positive flash exposure, façon Kenneth Blanchard.

[ James Jean, le blog | superbes Fables (comics) | animaux : l'utilité des prédateurs - le cas de l'atoll de Clipperton où, dans la mer, les requins viennent rabattre le menu poisson vers la surface, ainsi les oiseaux prennent-ils leur part de protéines, piquant de 10 mètres de haut et fendant l'eau à 70 km/h | lisez le commentaire à ce billet ]  Read More


 La bistourette des prés - suiteThu 5 Oct 2006
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Parlons chasse (pour rappel, je suis végétarien), profils et synergie. La chasse, d'abord. Un guerrier est un chasseur. Il calcule tout. C'est le contrôle. Une fois qu'il a terminé ses calculs, il agit. Il laisse aller. C'est l'abandon, nous dit l'étrange Carlos Castaneda. Il est facile d'y voir le lâcher prise, le "pilotage automatique", la fameuse inspiration, fruit - d'après Thomas Edison - de tant de transpiration en amont. Ou bien l'alternance entre cerveau gauche (calcul - esprit de géométrie, disait Pascal) et cerveau droit (siège de l'inspiration et de l'action synthétique - esprit de finesse). Cela vous parle ?

Ce que nous disent, en outre, les excellentes émisions TV sur les guépards, c'est que leur profil est tout sauf celui d'un chasseur. Le guépard est fin, rapide et fragile : il course sa proie comme l'éclair, au risque de mourir d'épuisement en cas d'échec. Son problème, c'est qu'il chasse seul. Eh oui. Prenez le chat : certes chasse-t-il en solitaire. Mais il est surtout bon pisteur, capable de se tapir longtemps. Résultat : quand il bondit, c'est pour faire mouche à cent pourcents, son énergie est bien (dé)pensée. Il y a aussi les loups, dont la chasse synergétique (inspiratice, à coup sûr, de bien des tactiques [*] humaines) est un must.

Que dire ? Ben ouais, y a le mauvais chasseur et le bon chasseur.



C'est hier, en déjeunant avec Guillaume et Sophie, que la métaphore des chasseurs m'est venue : 1. chasse en solo, désespérée, tous azimuts, 2. chasse en solo, patiente et resserée, 3. chasse à plusieurs, synergétique.

L'on trouve ici trois métiers : 1. le métier qui consiste à consumer une passion (si, c'est un métier, que beaucoup font avec sincérité et dévouement), tellement épuisant (à moins d'être sur un tout petit terrain de chasse, ou marché, limité par un "enclos" réglementaire ou démographique ou technologique), 2. le métier du marketing opérationnel, qui repère calmement les tendances et les attentes et qui - paf ! - leur fait correspondre une proposition en phase à cent pourcents, 3. le métier de partie-prenante (ou d'animateur) de groupe, avec des troupes spécialisées, rôdées à la synergie.

Guépard, chat ou loup, quoi.
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[*] La tactique est à bien détacher de la stratégie, les entreprises savent bien (hum, hum) cela. La stratégie, c'est une idée de conquête (ex. : les Francs ont l'idée de reconquérir [sic] le tombeau du Christ - pourtant vide d'après les Evangiles - en "surfant" sur la ferveur fanatisante et sur une certaine crise de la noblesse). Quant à la tactique, c'est le déploiement des outils (cling, cling) sur le terrain : faire ci, faire ça. Et bouger. Regardez :



[ Image (c) le grand Frank Frazetta | Alexandro Jodorowsky nous donne son impression de Carlos Castaneda | Blaise Pascal (1623-1662), le meilleur rempart contre l'esprit cartésien, tellement incapable de résoudre les problèmes complexes : le grand sociologue Edgar Morin rappelle que "dès le le XVIIe siècle, deux types de pensées se posaient. Celui de Descartes (qui a triomphé) disait :"Quand je vois un problème très compliqué [ndlr - mais c'est là l'essence de ce qui est compliqué, c'est divisible, alors que ce qui est complexe est à considérer avec tous ses liens, la relation entre les choses valant souvent autant que les choses elles-mêmes, ce qu'ignorait certainement Descartes], je divise ses difficultés en petites parties et une fois que je les ai toutes résolues, j'ai résolu le tout." Celui de Pascal disait : "Je ne peux pas comprendre le tout si je ne connais pas les parties et je ne peux pas comprendre les parties si je ne connais pas le tout", invitant à une pensée en navette. Pascal n'a malheureusement pas été entendu, ni même compris. La pensée complexe essaie en effet de voir ce qui lie les choses les unes aux autres, et non seulement la présence de parties dans le tout, mais aussi la présence du tout dans les parties." - c'est le principe de correspondance ou principe hologrammatique | autre thème - stratégie et SWOT | en tactique, lire Sun Tzu (gratuitement) | le chat, animal efficient | le "tout, vite et bien" - regardez | profils comportementaux - se frotter au tigre, à la panthère, à la grue, au serpent | savourer l'immense Frank Frazetta ou la superbe Claire Wendling ]  Read More


 Psychologie - 2e partieSat 16 Sep 2006
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[ << Psychologie - 1e partie ] Animer l'homme - 2e partie [ Intelligence bête | Comportements de chasse - 3e partie >> ]


L'intelligence collective pourraît bien venir... des bêtes


Etre une bécasse, une peau de vache, un requin, un jeune loup malin comme un singe... Les animaux, dans l'entreprise, ne sont pas à la fête. Et pourtant ! Leur meilleur défenseur, l'excellent Boris Cyrulnik, spécialiste des comportements humain et animal, les réhabilite en tant qu'inspirateurs. Il dit même que ce sont eux qui nous ont aidé à forger une humanité sociale. En les admirant, en les domestiquant, nous avons développé ce qui nous rend si spéciaux.

Ah oui ?

Regardez donc les loups. Ils chassent en plaçant sur les flancs les gros individus lourds, capables de terrasser par les dents. Par le milieu, ils font fuser les jeunes intrépides, légers, qui éreintent leurs cibles. Résultat : la trajectoire des proies, d'abord confuse, s'écrase ensuite sur le mur des gros tueurs, par côté (c'est se jeter dans la gueule du loup, commente Cyrulnik). Travail rôdé, intelligence synergétique affirmée, les loups sont des maîtres. Il est évident que les hommes les ont copiés, spécialisant les fonctions selon les talents de chacun (ou les atouts biologiques, concède Cyrulnik). Les butins de chasse ? Partagés en fonction de la vaillance et de la valeur contributive : la hiérarchie est née. Et avec elle, un découpage fonctionnel, qui devient peu à peu social : les statuts se font psycho-symboliques, ils deviennent fonctions de régulation. L'ordre culturel, ainsi que son infinie machine à idées, peuvent émerger. La transmission traditionnelle trace ensuite une multitude de sillons.



Fig. 1 - Boris Cyrulnik sur France 5 (vidéo)


Que dire des rennes, au nord de l'Europe ? Ces cervidés si précieux sont - tenez-vous bien - des amateurs d'urine humaine. Et alors ils suivent les hommes, l'urée représentant pour eux... une friandise. Ils la lèchent. Obligatoirement, une amitié inter-espèces naît : l'homme urine et le renne porte les lourds ballots de l'être qui marche debout. Mais il y a un prix, le renne est impossible à parquer, il faut donc le suivre. Le nomadisme vient de naître. Et avec lui, son luxuriant folklore [1].

Autre exemple ? Le cheval. Originellement chassé, ce merveilleux coureur se laisse monter (avec efforts) et l'homme élargit alors sa vision de l'espace. Tout devient surmontable. Les civilisations (cf. les Mongols, les Scythes ou les Arabes) rendront à l'équidé un fier hommage. Ils parviendront à bousculer les peuples, à s'installer, à dérober des ressources. Et donc à écrire l'histoire antique.

Autre apport du monde animal à nous : les outils. Bien sûr que le martin pêcheur perce l'eau comme un expert, bien sûr que le corps des animaux, si spécialisé [2], forme un arsenal précis. C'est une ressource imaginaire [3] et technique dont l'homme va s'emparer, par la réplication [4]. CQFD : tout devient possible...

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[1] Dévorez donc Arnold van Gennep (folkloriste). Ou le grand Mircea Eliade (surtout ceci).

[2] L'on dit de l'homme qu'il est un excellent généraliste : il sait tout faire correctement. Le poisson, à l'inverse, nage à merveille. Mais s'il s'agit de courir...

[3] A noter que l'anthropologue Gilbert Durand place l'imagination (onirique, artistique, etc.) devant l'inventivité technique. Ce qui, très indirectement, donne une belle étoffe aux célèbres mots d'Antoine Blondin : L'homme descend du songe. Propos en phase avec les découvertes d'un Jeremy Narby plus que fascinant (anthropologue). L'homme est avant tout un être de symboles et d'affectivité. Au fait, le saviez-vous ? René Descartes, champion présumé du cerveau gauche (technique, analytique), était un fervent admirateur des artistes (soulevé par Louis Pauwels et repris, à sa façon, par le bien inégal Henri Pena-Ruiz) : Il peut paraître étonnant que les pensées profondes se rencontrent plutôt dans les écrits des poètes que dans ceux des philosophes. La raison en est que les poètes ont écrit sous l'emprise de l'enthousiasme et de la force de l'imagination. Il y a en nous des semences de science comme en un silex des semences de feu ; les philosophes les extraient par raison, les poètes les arrachent par imagination : elles brillent encore davantage. Outre l'hommage à peine voilé aux alchimistes, extracteurs de principes, Descartes s'abandonne surtout aux joies de ce que Pascal nomme l'esprit de finesse, par opposition à l'esprit de géométrie. Preuve que le cerveau (est-il besoin de le rappeler) fait - et doit faire - les deux (analyse et/ou synthèse, calcul ou jaillissement créatif) à merveille. Cf. théma cerveau. Et détour conseillé par De Vinci.

[4] La mimesis interpelle. Depuis l'anthropologue René Girard, et le rôle civilisateur - fût-il tragique - qu'il lui confère, en passant par le psychologue Jacob Levy Moreno, la capacité de reproduire les choses est un ressort intriguant. Consulter en outre le périple des mèmes.

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 Bestioles de NoëlWed 22 Dec 2004
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Allez, virez-moi ces rênes de Noël, faiseurs de crottin, et passons à des animaux plus exotiques et plus virils. Bienvenue aux bestioles d'Asie, qui font des arts martiaux comme je vous parle. Exactement ! Le kung fu - paru au VIe siècle sous sa mouture moderne - en compte quatre, emblématiques, qui rivalisent de force et d'adresse. Limite fourbes... De sorte que les stratèges s'emparent de ces archétypes, qui ne viennent pas de la brousse (Lee). Exit le Noël naïf, nous ne sommes pas des nonnes (chaku).

A écouter le maître australien de kung fu Robert Z, le système des cinq animaux du - monastère - Shaolin vit le jour sous la dynastie Ming, ce qui correspond peu ou prou à la période de notre Renaissance. Les cinq animaux sont le tigre (ou le lion), la panthère, la grue, le serpent et le dragon. Ce dernier n'étant que pur symbole, il condense les qualités des quatre autres. Ce sont donc les deux bêtes à poils, la bestiau à plumes et le porteur d'écailles qu'il faut ici retenir.

Ce système, précise le maître au nom peut-être le plus kitsch d'Australie, reposait - à l'origine - sur une métaphore simple et donc claire pour permettre aux moines et aux maîtres de saisir la nature complexe tout autant que les capacités de l'homme. L'on peut rattacher ce système à des problématiques stratégiques et martiales mais aussi, poursuit le maître, à l'idée de modèle pour les styles de comportement humains, l'interaction, la résolution de conflit, la formation.

Mieux que les rênes :

Le Tigre a tout d'un roi. Seul maître sur Terre, il respire l'honneur. Très simple, il est également honnête et donc prévisible. Son tempérament le pousse à l'action, à la simplicité, à la puissance. Dominant, fiable et instinctif, il fait preuve d'une intuition et d'une intensité émotionnelle tout bonnement félines ;

La Panthère déploie sa profonde intelligence pour intimider, influencer et gagner la partie. Mais elle écarte parfois les demies-teintes interpersonnelles au profit de la connaissance pure, intellectuelle. Elle adore relever les défis. Elle excelle dans le savoir et la rigueur ;

La Grue recherche l'harmonie, quoique sensible à l'amélioration continue. Elle a besoin de retrait pour réfléchir aux choses, calmement. Sous stress, elle peut céder aux mouvances du groupe ;

Le Serpent s'attache aux détails et fuit les surprises. Il délibère quand les choses lui semblent complètes et clairement caractérisées. Il est prudent.


(c) Gungfu.com

Robert Z, qui n'a décidément rien d'un gardien de zoo, conclut que les Tigres sont des concepteurs, les Panthères, des délibératrices, les Grues, des conciliatrices et les Serpents, des connaisseurs.

Quant aux Dragons, êtres parfaits qui peuplent les nuages, une minute, un mot, un enseignement - d'eux - vaudraient une vie entière de sagesse... Si vous en rencontrez un, pensez à vous munir d'un dictaphone.


 Melting SWOTSun 5 Dec 2004
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Strengths, weaknesses, opportunities, threats : les Quatre Fantastiques de la stratégie. Unis comme... les quatre doigts de la main. Les francophones traduisent SWOT par FFOM : forces & faiblesses (facteurs internes), opportunités & menaces (facteurs externes). C'est un fait, pour mener sa barque, une entreprise doit savoir à quoi s'en tenir. Et surtout où aller. Le SWOT est un outil de diagnostic commode, qui favorise la prise de décision rationnelle. Quels sont mes atouts, face à quel contexte ? Où est-ce que le bât blesse ? N'en déplaise aux professionnels pompeux : le SWOT représente le coeur de la stratégie, cet art militaire qui consiste à réaliser une politique(*) en déployant... une tactique. Tour d'horizon de cet outil simplissime et puissant.

Donnez-moi un point d'appui, je soulèverai le monde. Archimède avait raison : un petit levier peut faire des miracles. Strengths, pour commencer. Listez vos forces : un chouette produit, des processus divinement maîtrisés, des équipes de tueurs, des approvisionnements fiables à l'extrême, une ambiance à tout casser... Besoin d'idées ? Mettez Ishikawa à profit : matières premières (approvisionnement), milieu physique, main d'oeuvre, méthodes de travail, machines, voire aussi management et marketing ! Weaknesses, les faiblesses. Cela se corse : la fragilité de l'ambiance, le manque de qualification, de vieux équipements, un management crispant, un manque de cohésion entre les services, une dépendance au cours des devises, une image en berne... Opportunities : c'est tout ce que le Ciel vous réserve de bon. Un contexte économique réjouissant, un marché sur-dopé, des prescripteurs amoureux de vos offres, des journalistes à vos pieds, un homme politique enthousiaste (cf. Bill Clinton avec Taibi Kahler), une tendance bienvenue du marché, un contexte écologique opportun, une technologie mûre et favorable... Threats. Aïe, c'est le pendant négatif. Tout ce que vous envisagez - logique et intuition à l'appui - dans le domaine des nuages noirs. Ce qui risque de vous tomber sur la tête. Un marché atone, des campagnes de presse assassines, un contexte psychosociologique déprimant, une législation qui vous fait un enfant dans le dos, des indicateurs macro-économiques au rouge, des attentats, une concurrence surgie de l'enfer, une avancée technologique qui vous fait soudainement blanchir les tempes...

Un conseil : faites un SWOT à trois échéances. Un premier terme à moins de six mois, un second de six mois à deux ans et un troisième au-delà de deux ans. Cela vous permet de déduire des caps successifs, pour piloter ensuite des actions adaptées.

Puis, faites le point, avec ou sans matrice. Sur quel type de marché (contexte) suis-je bon ? Quels dangers - à l'inverse - planent sur moi, sitôt que je présente telle ou telle faiblesse ? Où sont les affaires à générer pour quelqu'un comme moi ? Connais-toi toi-même, recommande le temple de Delphes. Et analyse ton terrain et les endroits où tu pourras passer, préconise Dédé le routier.

(*) La politique, c'est imposer son point de vue sur un environnement, un marché. Une tactique, c'est la traduction de cette volonté en actions sur le terrain. Alors que l'une réfléchit à la façon de soumettre une contrée tout entière, l'autre cherche à savoir ce qu'il y a juste derrière la colline.

[ Le SWOT avec Erwan Neau | profil stratégique et animaux du kung fu ! ]


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