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 SolidaritéMon 3 Jan 2011
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[ < thémas Anthropologie, Livres, Intelligence collective & Foi | archivage automatique du billet sur le grand Don Richardson ]

Le groupe. Eh oui. Qu'est-ce qu'on peut en dire ? Le pire (un groupe génère des normes, des inerties, du rejet). Le meilleur aussi. (Et surtout.) En vrac : de la protection, du partage, du lien, de l'efficacité (travail, amélioration du quotidien), des racines.

Tout le monde peut le constater.

Et puis vivre le groupe, vivre le socius — quand il est chaleureux —, c'est une bénédiction.

Qu'est-ce que l'anthropologue et missionnaire brésilien Ronaldo Lidório peut dire de tout ça ?

Mille choses évidemment.

Son travail chez les Konkomba d'Afrique de l'Ouest (Ghana, nord du Togo) est une réjouissance. Je ressors à peine de son Ils ont osé défier le bois sacré.

Il dit avant tout que l'homme a besoin de repères. Et s'en fabrique. Avec un système de rites, ici cruels (sacrifices humains). Avec des croyances qui pèsent. Avec des tabous. Avec un système de régulation spirituelle qui découle de la terreur.

Il y a heureusement deux points que je vois avec lumière. Le premier, c'est que l'amour (qui est un risque), ça paye. Je vous laisse découvrir en quoi. Le second est plus social. Lidório aime le discernement, il est honnête. Quand quelque chose est une gangue ténébreuse, qui colle à la vie des gens, il le dit. Quand quelque chose est neutre ou bon, il le dit aussi. Là, ça touche à la marche du groupe.

Regardons.

Il existe, et c'est là que j'en viens, un mécanisme social chez les Konkomba qui attire l'attention. Quand un groupe hostile se présente (comme souvent dans les peuples traditionnels, où la notion de territoire — au sens large — peut tout à coup surgir), eh bien les Konkomba ont un truc à eux.

Un truc en deux temps.

Tout d'abord, ils ont — dans la peau — un contenu de formation. Tout homme est connaisseur. Capable, qu'il est, de se défendre : qu'il porte des armes ou non. Caste ? Guerriers spécialistes ? Certes non : des hommes. Et même les vieux participent puisque l'anthropologue explique qu'ils ravitaillent. Ils sont utiles (provisions, matériel). Tout le monde est... compétent.

Deuxièmement, ils ont un cri. Un cri de ralliement. Si le danger arrive (individu, groupe malveillant), toute personne a un cri, que le collègue le plus proche (et quelle que soit la distance) reproduit. Et ainsi de suite. Tout homme arrête son travail et se précipite vers le crieur le plus proche, et tutti quanti, jusqu'à la source : c'est un réseau qui afflue. Qui fonctionne à la vitesse du son... et des jambes. (Lidório précise combien les Konkomba courent vite.)

Résultat : des hommes accourent, convergent et forment très vite, sur place, un bloc en alerte. Un bloc fin prêt.

Effet massif. Effet dissuasif. Effet dynamique. Et intervention si le besoin se confirme.

Apologie de la guerre ? Surtout pas. Lidório aime la paix (et même plus que ça — lisez bien). Il dit juste que l'idée, dans son principe, est pragmatique. Et moi, je vous soumets ça. Un groupe compétent, qui court, qui fait masse critique est un groupe qui fonctionne.

Ajoutez-y maintenant : 1. la sagesse (les Konkomba chrétiens refusent la guerre), 2. la foi, qui construit, qui dépasse, qui creuse le sillon d'un fleuve existentiel.

Vous avez là une panacée, à l'échelon groupal. Avec, en plus, des racines individuelles fortes. Des choix de coeur.

Excellente année à chacune et à chacun d'entre vous.

God bless...
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[ Les Konkomba, une étude (ancienne) de Jean-Claude Froelich | la solidarité — un peu plus loin avec Serge Moscovici et son modèle des Minorités persuasives (voir le paramètre qui touche à la solidarité groupale) ]


 Richardson of a...Wed 20 May 2009
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[ < thémas Anthropologie, Livres, Paradigmes, Émergence & Complexité | Share/Save/Bookmark | archivage automatique du billet sur l'agressivité groupale, le Triangle dramatique, le recours à un Mobilisateur-moins, ainsi que des trucs sur le leadership ou sur la civilisation telle que l'envisagent René Girard et André Bonnard | réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]


Pff, waow, etc. Ouais...


On le voit. À l'évolution linéaire des choses, comme une courbe qui croît, comme une globalité qui progresse, eh bien les sciences sociales et humaines préfèrent désormais le modèle du paradoxe ou du tissu [1]. Le monde ? Imprévisible et capricieux, tout juste bon à scénariser - Et encore. Modèle de joyeuse transversalité [2], où tout communique, où tout s'inter-contamine (capillarité), s'effiloche mutuellement (dominos, ruptures, cascades), où des choses enfin, en friction les unes avec les autres, en bref où des choses émergent. Viennent à la vie. Liées au flux, liées aux rencontres, aux sympathies [3] (procréation). Ces choses ? Idées ou faits. Ressentis, pensées, formes de vie. (Phénomènes.) Qu'on ait prévu tout ça... ou non. C'est réaliste et c'est proche de la vie, de sa façon d'innover, de bondir, de fabriquer, de combiner, de rejaillir partout. Comme un creuset magmatique. Comme un réseau de neurones. Un tissu d'étoiles. Ou comme un arbre gorgé de sève. Certes : puissant, continu, vif et sourd.

(Grosse théma là-dessus.)

Ok.

Dans le registre des ovnis, il y a un homme de poids. Que peu de gens lisent. Pourtant, son L'Éternité dans leur coeur (1981, Regal Books) est une bombe. Une stimulation fraîche et passionnante. Le champ : anthropologie et questions transculturelles (cross-cultural) (religions, représentations, identification de piliers, de principes humains communs - les « cages flexibles »). En France, ce type de recherches - fût-il empirique et simple à lire - reçoit des faveurs confidentielles. Témoin, l'accueil timoré des travaux à ciel ouvert antiparadigmatiques (pionniers, libres, perturbants, anti-consensuels) de Rupert Sheldrake, de Jeremy Narby, voire d'Alexandro Jodorowsky (savoirs traditionnels). Ces chantiers ? Résolument protéïformes et transversaux. Sacrément stimulants.

Que dire de Don Richardson ? Son travail, fondé sur les observations de plusieurs générations de missionnaires (dizaines de sources), développe des perspectives hallucinantes. Forcément riches. Et religieusement incorrectes. (Quel plaisir !)




Don Richardson
(c) Don Richardson & Carol Joyce



Je continue ici ? Non, je préfère vous recommander chaudement le bouquin. Et vous proposer de commenter à l'envi.

Excellente fin de semaine.

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[1] Côté francophone, cf. Joël de Rosnay ou Edgar Morin. C'est Reda Benkirane qui, de mon point de vue, fait l'état des lieux le plus avancé. Voir, en outre, et côté anglophone, l'étonnant Max Sandor.

[2] Je rappelle que l'érudition transversale était une vertu à la Renaissance (Jean Pic de la Mirandole, ici, ou Giulio Camillo, ). Comme le dit le sociologue François Dubet, l'hyperspécialisation occidentale (de même que l'organisation individualiste de la recherche - cf. Institutions), en clair toutes ces travées resserrées (quoique sérieuses et porteuses de fruits) contribuent à brouiller le corpus de connaissances tout autant qu'à l'enrichir... de chapelles. C'est particulièrement vrai pour l'homme, décortiqué médicalement, socialement, psychologiquement, économiquement, géographiquement, religieusement, etc. En ce siècle de défis (Edward de Bono le rappelle ô combien), il existe heureusement des initiatives, typiquement ouvertes, typiquement moriniennes, telles que celle-ci.

[3] Métaphore du fleuve, via Héraclite (IVe et Ve s. av. J.-C.). Cf. Fragments, pdf.

[ La religion ? On se souvient de la fascination que provoquaient au XXe siècle les travaux du grand spécialiste (et francophone) d'origine roumaine, Mircea Eliade (1907-1986) - Le meilleur panorama éliadien est peut-être celui du Cahier de L'Herne n° 33 (1978, pdf) ]


 Le bonheur, une fin en soi - 1e partieTue 7 Oct 2008
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[ < thémas Psychologie & Bénéfices secondaires | catégorie Management | this post in English | archivage automatique du billet sur l'art de discerner vers qui déléguer des prérogatives, des honneurs, des remontées de bretelles, des angoisses | billet interactif, bandeau de titre cliquable | 2e partie > ]

Tout un courant. Prometteur : en croissance, depuis sûrement une quinzaine d'années. Je veux parler de la psychologie positive. Son objet ? Envisager l'individu comme une machine (un système) à aller bien. Par opposition à l'angle classique, psychopathologique, qui prend le genre humain (et l'étudie) par ses troubles. Ce qui ressemble à la charrue qui grille une politesse aux bœufs.

Chez l'homme, la téléologie (caractérisation des finalités de la vie, de la direction des efforts), en clair la téléologie s'oriente d'elle-même à la hausse : tout pousse l'individu à aller bien. Comme un programme en lui, fondé sur des constantes (les invariants). C'est donc légitime que la psychologie positive cherche à identifier les ressorts positifs. Et les questionne.

Commençons. Et parlons du psychisme versant sombre. On le sait, les bénéfices secondaires sont des installations intermédiaires (parfois durables), où le psychisme tire un suc, profite d'un relatif état de confort. Comme le dit la théorie des jeux, les gains sont optimaux - et c'est agréable - sitôt qu'ils excèdent les efforts demandés (engagés). L'intériorité, et sa formidable économie, peuvent alors « planter les sardines ». S'installer. S'endormir. Et souffrir, quand l'opportunité de rester comme ça se termine - car tout passe. Focalisé sur son acquis, le psychisme peut négliger, auto-censurer, voire nier le désir, cette saine poussée vers la procréation, l'inventivité, l'ethos authentique, la félicité. Ici, l'homéostasie pèse, étouffe et fabrique un ressenti morbide. La transformation, régime intrinsèque de la vie, patine et s'arrête.

Blam.

La téléologie envisage certes cette force (ambiguë) qui trouve les meilleurs compromis, les meilleurs rapports qualité/prix. Car coûteuse est la vie. Et limitée dans le temps.

Bien sûr.

Pour autant, la téléologie fait des visées de long terme, qui transcendent les états de satisfaction intermédiaires. Elle se projette dans une réalisation du potentiel humain. Sur le terme, et au quotidien (eccéité, intensité, joie d'être soi-même, plaisir du vivre-ensemble, disponibilité, profit de ce qui se présente). Tout ça en simultané. Tout ça dans une profondeur du ressenti qui confine à l'éternel présent. (À l'éternité.)

Au bonheur.




Fig 1. - L'homme, une architecture vivante ?



Tout ça pour quoi ? Pour dire que la psychologie positive s'approprie un champ longtemps réservé à la philosophie, à la mystique, aux institutions symboliques et idéologiques (sociales, religieuses, politiques).

Ce champ ? Celui de l'épanouissement. Vaste et profond. Mobile. Paradigmatique au possible (perméable à l'idéologie). Et pourtant vierge et natif : universel. Anthropologique. Au cœur énergétique de l'homme. Certes l'homme est-il singulier. Certes la feuille du chêne - quoiqu'unique - ressemble aux autres feuilles de l'arbre.

Ouais.

Psychologie positive ? Une affaire à suivre...

(Mmh.) Des idées ?
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[ L'excellente contribution de Jean Heutte | la psychologie positive s'intéresse à l'individu qui va bien et - par l'investigation - (re)découvre les vertus qui favorisent un bien-être durable | la téléologie (fait humain, élan vital, aménagement psychique en continu) mêle sûrement les forces d'homéostasie et d'entropie tout autant, sinon plus étroitement, que les pulsions de vie (état d'alerte, voire de conquête et d'épanchement) et les pulsions de mort (relâchement) | pour savoir ce qui va mal, il est intéressant de se demander ce qu'aller bien veut dire (aller bien, par exemple en PCM, c'est obtenir des sensations ciblées) ou, plus prosaïquement, quels sont les besoins humains et comment ils se mélangent (allant à l'infini) dans chaque individu ; de la même manière qu'il y a des milliers de façons pour les mêmes sortes d'atomes de former des combinaisons, réactives et mobiles (complexes) | la psychologie positive ressemble à une anthropologie, elle-même proche de la recherche des besoins (qui définissent une nature) | curieux matérialisme, qui considère l'homme comme une combinaison d'atomes, plus ou moins animés d'un principe de complexification (grotesque, si on en croit Stephen J. Gould et sa mise en valeur des bactéries, stationnaires à l'extrême) - l'homme peut tout autant se vivre comme une flamme, comme une intentionnalité, une Gestalt sensible et poétique (capable de faire des symboles, d'expérimenter des ressentis), une perception en mouvement, une recherche de transcendance, une envie de synthèse totalisante, etc. | trouver un référentiel de ce qui va bien, c'est sortir du regard réducteur (sociocentré) avec lequel on examine ce qui va mal - c'est, encore et surtout, une façon d'utiliser le cerveau dans son plein potentiel, cerveau qui fonctionne avec des affirmations, des choses positives, dites et désignées (et non leur contradiction, leur symétrique, cette apophasie à la petite semaine) | le représentant le plus connu de la psychologie positive est Martin E.P. Seligman, suivi de Mihaly Csikszentmihalyi ; il y a aussi - selon moi - les grands thérapeutes humanistes (optimistes pragmatiques) tels qu'Abraham Maslow, Milton Erickson, Alexandro Jodorowsky, Georges Romey, etc. | Seligman, histoire d'un déclic | le Positive Psychology Center | mmh, les belles photos d'/ivan | Tiens, que pensez-vous de l'écopsychologie ? ]


 Besoins, une synthèseMon 9 Jun 2008
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[ < thémas Besoins et Psychologie | catégorie Coaching | archivage automatique du billet sur Crème de violette 7.0 (mars 2008) | interagissez avec ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

En matière d'hommes, faut-il distinguer les besoins des attentes ? Bien sûr. Je le crois. Là où les attentes convoquent quelque chose de très personnel (le désir) et de caractérisé (entretien, sondage, enquête-qualité), les besoins eux se rattachent à quelque chose de naturel. De général. De brut (de sourd). D'anthropologique. Souhaiter manger un chou à la crème le mercredi à 13 h, à la sortie du bureau, c'est une chose. Avoir le besoin de se nourrir pour entretenir la vie est un besoin.

Abraham Maslow (1908-1970) fait pssshht. Quoiqu'intéressant (voire brillant), son modèle s'accomode à toutes les sauces barbecue, de manière stéréotypée, pré-digérée, abusive (Maslow aurait sûrement désavoué [*] la pyramide qu'on lui attribue).

Je propose qu'on donne la parole à René A. Spitz, à Jacques Salomé, à Taibi Kahler, à Jean Monbourquette et à Georges Romey. Les deux derniers prolongent admirablement Éric Berne et Carl G. Jung. Au final, un croisement de tous ces faisceaux se révèle fécond.

Plongée.

Pour le psychanalyste Spitz, le petit d'homme a besoin d'interactions avec son milieu humain. Sans quoi, on l'a vu mille fois, il dépérit. En renfort de quoi Berne précise que ces signes de reconnaissance - tellement vitaux - sont des contenus vécus comme des coups (métaphoriquement : règles, cadrages, confrontations au désir de l'Autre) ou des caresses (permissions, acceptations, félicitations). Et c'est une nécessité pour se sentir vivant. Pas forcément heureux (réglages oblige) mais vivant. La communication interpersonnelle est un maillage de ça, coulée permanente et complexe (réactive, mobile) de ces échanges, de ces strokes. Les strokes sont les aliments de base du ressenti de soi dans le monde, dans un environnement avant tout humain. Et si possible aimant (ferme et permissif, doté de répondant).

Avançons.

Pour Salomé, les besoins boivent à la source des strokes. À quoi il rajoute une composante philosophique (placement de soi dans une globalité intelligible) et écologique (confort et actes de garantie de la vie). Besoins, en conséquence, de se sentir en prise avec : une survie possible ; une protection, un respect, une interaction émanant des autres ; une distance aux autres, pleinement acceptée, porteuse de liberté et de style personnel (agir de son propre chef, déployer un ethos, une façon typique d'être au monde) ; un repli reconstituant ou un repos méditatif possibles (besoin de retrait, dirait Berne) ; une synthèse personnelle et une représentation cohérente et totalisante du monde (système explicatif ouvert, utile et apaisé).




Interview with Eva Ivanova -
(c) A. Novelli, amenove @ Flickr.com



Dès les années 1980, un des partisans de Berne, rapidement pressenti pour modéliser les comportements en milieu confiné-stressant (domaine aérospatial), bref Kahler détermine six grands besoins subjectifs. Champs concernés ? Psychologique, affectif, philosophique et moral, intellectuel. Beau modèle. Et complet. Les besoins : l'excitation (liée à l'action, au risque) ; les interactions fréquentes et les changements (prétextes à créativité) ; le calme et la connexion paisible à soi ; le sentiment d'être accepté en tant que personne ; ou en tant que contributeur direct à un travail ; ou en tant que personne-guide, engagée, valable pour ses opinions ou prises de position.

Romey, le psychothérapeute français le plus néo-jungien qui soit (mâtiné de l'érudition de Gilbert Durand quant aux figures récurrentes peuplant l'imaginaire, plus cette notion d'empreinte nerveuse qui découle d'Arthur Janov), en clair Romey estime que l'homme a besoin - au préalable - d'un regard parental positif (reconnaissance de l'existence et de la valeur de soi), nécessaire à l'autonomie. Il y a aussi ce besoin d'exercer sa volonté et son emprise personnelle sur les choses (Animus), en interaction avec cette vague instinctive, totalisante, ouverte et naturelle que constitue l'Anima, partie ronde et femelle de l'âme.

Intégration d'une confiance initiale ; exercice de la volonté de puissance ; de la réceptivité.

Romey va même plus loin. Quid des besoins de maintien et de dépassement de soi (pulsions) ? Ils dialoguent dans le creuset intime de la psyché, aboutissant par paliers à des formes de soi plus abouties, plus complètes, réconciliées avec le monde. Un mouvement pour consolider et conserver ce qui est bâti, un autre pour intégrer la différence, courir et réaliser des percées nouvelles. Le travail alchimique de ces deux ressorts (forces dialogiques dirait Edgar Morin) - en conflit énergétique ou en symbiose intime (cf. procréation) - c'est une façon d'accoucher de soi dans des versions augmentées. Évoluer, c'est à la fois maintenir et accueillir, dans une ronde harmonieuse et subtile. Très profonde. Voire coûteuse (notion de travail puissant, de negrido).

Monbourquette conclut avec brio (comme d'habitude). Le prêtre et psychanalyste estime, au regard de tout, que l'homme a besoin de se sentir comme une personne pleine et cohérente. C'est également, dit-il, être soi-même. Et aimer. Et se sentir aimé.

Je vous laisse le soin de conclure.

Excellente semaine à tous.
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[*] Maslow, en grande intelligence, a seulement listé les besoins humains. Quel bouffre les a hiérarchisés sous forme de pyramide ? N'importe quel garagiste ou cordonnier de centre ville sait que le cortex humain sait faire passer - en cas de choix ferme - les options morales avant la survie écologique. Cf., par ex., Jean Moulin (1899-1943) dans sa démarche de sacrifice.

[ L'attente a un ou plusieurs objets - Le désir, lui, tient son tonus de l'objet fuyant : est-elle vérouillée que sa cible s'enfuit déjà ]


 Communication interpersonnelleTue 4 Mar 2008
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[ < théma Communication | catégorie Management-Sc. Humaines | archivage automatique du billet sur l'effet Nathan | mots-clés, permalien, commentaires ]

Ce que nous avons en commun. Voilà ce qu'il faut regarder. Et ça, étymologiquement, c'est la racine du verbe communiquer. Communiquer, c'est être et puis c'est faire comme un humain, comme un humain au sens large. Nous avons un bagage et des besoins et des potentialités communes. C'est propre à l'espèce. Nous les utilisons à plus ou moins bon escient, avec plus ou moins de naturel ou de finesse. Nous utilisons ce bagage (ce langage, cette fonction, cette activité) avec - au final - plus ou moins de succès. En clair c'est bon ou c'est mauvais. Et d'emblée, si on veut parler de cette communication (de ce ressort humain), il y a deux angles à prendre.

Il faut distinguer la communication naturelle de la communication apprise. C'est l'objet d'un point A, puis d'un B. Je dédie les quelques lignes qui viennent à mes étudiants. C'est parti :

A. La communication, pour un humain, c'est naturel. C'est un ensemble de faits aussi anodins (et aussi indispensables) que manger, dormir, éliminer des déchets ou procréer. C'est vital. Celui qui existe (qui se sort de lui-même pour interagir avec autrui), bref celui qui existe... communique. On ne peut pas ne pas communiquer, rappelait le grand Paul Watzlawick. Et d'un, c'est inconscient (revoir Sigmund Freud et son travail sur cet inconscient qui s'invite dans nos moindres faits et gestes). Et de deux, c'est involontaire (cf. Boris Cyrulnik et son fameux bain sémiotique, cette mer de signaux physicochimiques que notre corps, que nos hormones, que nos mécanismes de régulation produisent en continu). De trois, communiquer est indispensable à la survie nerveuse (cf. René Arped Spitz et sa mise en évidence de l'hospitalisme ou bien le point sur la Grèce antique et son ostracisme délibéré - qualifié en droit français de harcèlement moral).

De cette communication naturelle sort un faisceau de choses. Bien communiquer, c'est naturel. C'est faire quelque chose avec son cœur (nul besoin de singer l'autre, comme certains apprentis PNL-istes, qui se synchronisent maladroitement). C'est souvent se mettre au diapason : donner à l'autre du temps, de la place, un droit à être. (Une chaise, dirait le psychiatre Patrick Çabal). Alors vient l'empathie, cette capacité naturelle à nous mettre en phase les uns avec les autres. À haut niveau, la communication se transforme en communion. La relation (ce qui relie) a lieu. Un attachement partagé se produit : ça coule.

Mais il y a un mais.

B. Dans les situations de mécommunication, un hic est là, qui sape une relation. Ou la tue dans l'oeuf. Ou la transforme en cauchemar. Tout le monde se souvient du syndrôme Apollo. Mêlez des gens trop semblables ou trop ressemblants : la mayonnaise tourne au vinaigre. La molécule s'écroule, tout le monde s'enfonce dans une logique d'échec. Toujours inutile, souvent douloureuse (mal communiquer use ou fait mal, tout comme mal dormir ou mal manger).

Des remèdes sont là, qui expliquent et soignent. Des courants de sciences humaines reprennent les choses à zéro. Vous avez bien sûr la psychanalyse de Freud, qui raconte comment la vie intrapsychique et plus généralement le lien aux autres est conflictuel (crises, rapports de force, fascinations, rejets). En cela, la mimesis de René Girard montre combien l'homme contient des ferments de cahots et de violence (revoir aussi ce trait du psychologue Edward de Bono, qui considère le conflit comme la rencontre d'intérêts que les gens croient divergents - alors ils ont peur et s'échauffent). Vous avez aussi les apports de Carl Gustav Jung, qui - tel un médecin-philosophe de l'Antiquité - distingue les gens par dominantes de caractère (tempéraments), et qui parallèlement relève deux grandes forces psychiques (Animus, l'intellect ou le Surmoi ; Anima, l'instinct, la libido libre - appétit de vie - ou le Ça ou l'état Enfant du PAE). Revoir ici Georges Romey.

Il faut évidemment saluer le pionnier Kurt Lewin, ainsi que Jacob Levy Moreno, qui - à l'instar de Paul Watzlawick, Gregory Bateson ou Ray Birdwhistell - voient dans la communication quelque chose de dynamique, de pluriel, de changeant. De complexe, dirait Edgar Morin.

C'est un peu comme la météo : soleil ou temps gris. Parfois les deux dans la même journée. Toujours en continuation de ce qui s'est produit juste avant. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, disait Héraclite.

Yes.

Dans les années 1950, Eric Berne diffuse son Analyse transactionnelle (AT). La communication devient un ensemble de transactions fines (processus, feedbacks, ajustements ou rétroactions de l'univers cybernétique). Les échanges ? Des flux constatables : des processus. Chaque échange - même d'une microseconde - a sa valeur, sa fonction, son intensité (revoir les mouvements du PAE). Selon ce que les gens éprouvent, une incidence a bien lieu sur lesdits processus. C'est fait : on peut intervenir sur la communication, pendant, et en amont. On peut améliorer les choses. S'ensuit le travail de la PNL, qui - dix ou vingt ans plus tard - met l'accent sur le cerveau. Nous avons des systèmes nerveux typés, dotés de préférences (hémisphère gauche ou droit - on retrouve l'idée chez Blaise Pascal -, prédilection pour certains des 5 sens, pour certains prédicats du langage).

Des règles pour bien communiquer voient le jour : bien s'entendre, produire des impacts positifs (influencer, qui est différent de manipuler). Influencer c'est produire un effet profitable à tous (compréhension, cohérence, libre adhésion). C'est produire un gagnant-gagnant.

L'idée se répand que nous sommes tous pareils (en recherche de faits communicationnels, pour vivre, notamment dans le regard de l'autre). Nous sommes tous comme ça, mais avec des particularités personnelles. Des différences. Aller chercher ses strokes, (signes que nous sommes vivants), c'est bien. Trouver ou dispenser celles auxquelles le collègue est sensible, c'est une autre affaire. L'un a besoin de structurer sa pensée, l'autre de mouvement, encore un autre de calme ou d'émotion paisible. Tout le monde a faim, dans le monde. Mais pas des mêmes plats.

C'est là que l'Ennéagramme est intéressant. Et, peut-être plus encore, la Process Communication (PCM) de Taibi Kahler.

Si je n'ai pas les bonnes strokes, un scénario noir (conduit par les drivers, ces petites voix, ces saboteurs inconscients, ces injonctions ou incitations au pire), bref ce pis aller envahit mon cerveau. Et ma vie. Je fais tout pour obtenir mes stimulations, ma nourriture à moi. Je le fais... coûte que coûte.

Et attention la casse. Je m'use ou me fais du mal. Je détruis la relation. L'autre est impacté.

Voilà donc. Tous pareils. Tous différents. Tous violents. Tous compatibles, avec tact.

Communiquer, c'est ça.

Être humains, c'est tout ça.

C'est tout ça notamment.
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[ Revoir les systèmes | revoir les jeux psychologiques | nous avons, peu ou prou, les mêmes besoins, mais – subjectivité oblige – des attentes fort différentes | repérer ce que nous avons en commun (peur d'être désemparés, seuls, vulnérables à la mort, donc sujétion aux strokes - aux signaux, aux conditionnements - qui confirment dans le regard-miroir de l'autre que nous existons individuellement et sommes amenés à perdurer), eh bien reconnaître ce bagage c'est une chose - reconnaître l'unicité d'autrui, c'en est une autre | reconnaître le commun et l'unique, chez soi, chez les autres, bref éprouver la nature humaine, c'est ça communiquer | c'est connaître la part de besoins (l'hygiène du management), c'est connaître la part d'attentes (la valeur), chez soi, chez les autres | cette connaissance est naturelle et culturelle : elle est innée, elle est acquise, elle est en perpétuel enrichissement | le langage, c'est quand un cerveau interprète une mer de signes : il lui attribue une signification ]  Read More


 Pré-décision et décisionMon 7 Jan 2008
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Exceptionnellement, ce billet, de même que les mots et expressions-clés qui - du seul fait de l'auteur - s'y rattachent, sont (c), merci


Dans les sciences humaines d'expression francophone [1], qui fait autorité comme Anne Ancelin Schützenberger ?

Son expertise ? J'en vois trois majeures : 1. dettes inconscientes (l'attachement aux ancêtres - charnels ou symboliques, en tout cas porteurs d'une justification de la vie et d'un système de références - bref, cet attachement favorise chez l'individu une culpabilité latente à l'idée de réussir des percées d'émancipation, d'où des pressions inconscientes d'autosabotage, pour « rester comme » ou, par exemple, « changer sans changer »), 2. tâches inachevées (attachement excessif à ce que la vie a pu interrompre, ressassement psychologique, comme pour terminer - digérer - les actions figées par le temps, cf. effet Zeigarnik), 3. somatisations symboliques (le corps devient traduction et caisse de résonnance de vérités, pourtant porteuses de sens, pourtant étouffées), bref des mal-à-dits façon Françoise Dolto.

Le cursus ? Cette quasi-nonagénaire pétrie de terrain est une des élèves de Jacob Levy Moreno, le père de la cartographie socioémotionnelle et du psychodrame (regardez), de Dolto bien sûr, et aussi de Ronald Lippit et Leon Festinger, assistants de recherche du grand Kurt Lewin, pilier de la psychologie moderne.

Mmh, la classe.

Elle incarne une référence mondiale en matière de dynamique de groupe [2], versant thérapie : c'est dire si elle a voix au chapitre.

Et que dit-elle du processus de décision personnelle ?

Elle dit bien sûr qu'il baigne dans un système individu-interactions groupales (représentations, influences réciproques). Elle dit, encore et surtout, que la décision personnelle relève de deux degrés d'implication. C'est dans ce livre.

Il y a tout d'abord la déclaration d'intention. C'est un peu l'incantation, le « je veux » scandé par la bouche, voire traduit par le corps (acte symbolique posé, par exemple : je veux faire du footing, je mets mes baskets devant la porte). C'est, vous l'avez compris, la pré-décision, telle que la définit Lewin.

Il y a son corrolaire profond : la décision. Celle-ci engage les actes en vrai, elle opère quelque chose. Allez je sors, je fais trente minutes de footing dans le jardin public devant chez moi. Vous mesurez toute la distance entre l'un et l'autre des degrés d'implication.

La décision découle de la prise de conscience peut-être (identification d'un problème, assurance qu'un de mes actes peut faire basculer la donne, sélection de cet acte, démarche volontaire de mise en mouvement). Elle provient encore et surtout d'une vraie dynamique de changement, souvent dépensière en énergie. Et puis aussi anxiogène (c'est instinctif). Nous sommes en plein changement 2. Il y a tout un monde entre comprendre et réaliser. Entre réaliser et faire.

La décision, alors ? Redoutée. Et puis l'inconnu, vous savez comme moi que...

Ben oui : agir c'est forcément passer à l'étape d'après. La vie est une enfilade de seuils.

Vivre est un risque... (Et c'est tellement bon !)

Ouaip.

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[1] Alexandro Jodorowsky, bien distinct d'Ancelin Schützenberger, forme lui aussi ce front protéïforme de réappropriation de la clinique humaine. Mouvance francophone certes, et beaucoup anglophone aussi. Regardons ça : clinique mêlant psychisme et corps (psychosomatique), communication et inconscient (anthropologie de Palo Alto), destin individuel et conditionnements groupaux, voire familiaux (psychosociologie, systémique et psychogénéalogie d'inspiration psychanalytique). Il y a là un feu épistémologique que le XXe siècle ambitieux a bien voulu alimenter, séchant sur pied l'ethnocentrisme et l'étroite idéologie du positivisme. Je veux rendre hommage à tout ce magma pénétrant, à tous ces transversaux ou spécialistes géniaux et féconds : Gaston Bachelard et Gilbert Durand, Françoise Dolto, Gregory Bateson, Paul Watzlawick et Ray Birdwhistell, Ludwig Wittgenstein (plus tôt), Alfred Korzybski, Edgar Morin ou Joël de Rosnay (actifs plus que jamais), Mircea Eliade (tellement plus intéressant que Lévy-Strauss et son affreux structuralisme), Alfred Withehead, et plus récemment Georges Devereux, Tobie Nathan et Isabelle Stenger. Je veux encore saluer Georges Romey, l'éternel étonné, l'acharné de travail, le découvreur de symboles. Et puis clore, catégorie borderline, avec Rupert Sheldrake et Jeremy Narby. Nous nageons en pleine post-modernité, finie la notion de progrès, ce carcan mental d'augmentation de tout et de son contraire. La relativisation des portées de la pensée rationnaliste occidentale (Antonio Damasio, dans une certaine mesure Edward de Bono), couplée d'un retour aux racines (parfois ténues) de la perception (bain sémiotique) voire de la fulgurance (intuition, présence à soi, intensité au monde et eccéité), font à présent du monde un vaste complexus marin, un tissage aquatique et multidimensionnel enthousiasmant. Jouissance permanente que tout ça.

[2] Beaucoup de consultants se servent de la dynamique de groupe avec plus ou moins de bonheur (c'est souvent très moyen). Leur angle : la performance d'un groupe professionnel. Bien souvent, bof.

[ Aider la personne à passer à l'acte, tout le doigté, toute la mise en tension et la facilitation du coaching | dettes inconscientes, l'histoire du clan Kennedy, par Bernard Gensane | Anne Ancelin Schützenberger, interview sur le site du Cairn | le destin, c'est ce contre quoi luttent, par exemple, la psychanalyse - et en philosophie, le marxisme (hum, hum), il y a là une volonté prométhéenne d'affranchissement (s'arracher de sa condition, est-ce vraiment devenir libre, uh ?) | ressasser (rejouer constamment le film), c'est vouloir accomplir par la tête ce que le corps a laissé de côté (pour autant, la tête est toujours plus aérienne, donc futile et usante, qu'un corps qui marque durablement la matière et le cours - même imaginaire - du monde) - c'est là toute la puissance de l'incarnation (voir danse, théâtre, katas d'arts martiaux, gestes de l'artisanat, pélerinages avec les jambes, actes psychomagiques, chant traditionnel choral (si physique - cf. conditions d'émergence de la quintina), performances, doctrine de l'Incarnation, etc.) | sur le risque - vivre, c'est mourir tous les jours puisque la réplication des cellules (multiplication, renouvellement cyclique) se fait à partir de copies, puis de copies de copies, etc. | mourir de vieillesse, c'est mal répliquer la version n-1 (celle juste avant la fatale) | se décider en logique floue ]


 Systémique... ta mère - 8e partieThu 20 Jul 2006
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[ << Bonne marche des systèmes - 7e partie ] Logiques circulaires - 8e partie [ Guépard, chats et loups - suite | Changements de niveau 2, une application directe de la synergie - 9e partie >> ]

C'est fou. C'est comme si les gens avaient inconsciemment une interprétation circulaire des choses. Vous savez, à l'instar des Anciens, qui lisaient le monde comme une ronde : les cycles saisonniers, la progression en spirale, qui est une redite permanente à plus haut niveau, etc. La 'cage flexible', la structure des choses ressemble, vue du psychisme, à un cercle où l'énergie s'engouffre, arrive à un paroxysme et amorce à nouveau sa boucle, selon le même circuit. Vous avez remarqué ? Un exemple : imaginairement, il y a du bien dans l'excès de mal. Bizarre. Je me mets dans la panade jusqu'au bout, parcours la totalité de ce serpent infernal qui se mord la queue puis ré-amorce avec sa propre tête. Et je vais mieux. Un peu comme une pulsion de vie salutaire, issue des rangs de la mort. Pareil pour les réjouissances : trop de plaisir embraye circulairement sur quelque chose de confit puis de moisi. Le psychisme serait-il saisonnier, calqué sur une cadence analogue à celle de la Nature ? Est-ce que les gens cherchent un point de bascule [*] quelque part au bout d'un cycle ?

Et pourquoi pas. Faites le test, observez. Vous verrez que pour se sentir bien, beaucoup de gens - et en particulier des employés - attendent que l'excès de stress produise un relâchement et 'reboucle' sur une logique de satisfaction.

Intriguant... Bonne nuit à tous.
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[*] Lire ce que Taibi Kahler dit des phases de vie. Il est des moments où l'on cherche à satisfaire nos attentes (obtention de strokes, à brève échéance, et atteinte de la félicité sur le long terme) selon un autre programme. Tout change. Il faut dire que les systèmes (dont nous sommes) sont équifinalisés : ils changent en permanence leur fusil d'épaule, de tactique. Qu'importe le flacon...

[ Ouroboros | seuils de bascule | << Seul le changement est durable >>, Percy Bysshe Shelley (1792-1822) | changer | Changer ou améliorer ? ]  Read More


 Les indispensables - 8e partieFri 31 Mar 2006
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[ << Éthique en boîte - 7e partie ] Les indispensables - 8e partie [ Ethique et jeux psychologiques - 9e partie >> ]

À mes élèves du Cefire - Un récapitulatif des quinze indispensables à lire, à dévorer :


Communication

8/9
Gérard Collignon, Comment leur dire - InterEditions
[ intérêt *** | simplicité *** | bon marché ** ]

7/9
Bruno Dusollier, Comprendre et pratiquer la Process communication (PCM) - InterEditions
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]

6/9
Jacques Salomé, Pour ne plus vivre sur la planète Taire - Albin Michel
[ intérêt ** | simplicité *** | bon marché * ]

8/9
Christiane Grau et Alain Metral, Aider à retrouver un emploi, La PNL au service de la réinsertion - Jouvence, coll. Trois Fontaines
[ intérêt ** | simplicité *** | bon marché *** ]

7/9
Richard Bandler & John Grinder, Les Secrets de la communication, Les techniques de la PNL - Les Editions de l'homme
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]


Management et dynamique de groupe

8/9
Kenneth Blanchard & Spencer Johnson, Le Manager minute - Editions d'organisation
[ intérêt *** | simplicité *** | bon marché ** ]

7/9
Dominique Tissier, Management situationnel - Insep consulting
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]

7/9
Roger Mucchielli, La Dynamique des groupes, Processus d'influence et de changement dans la vie affective des groupes - ESF éditeur, coll. Séminaires Mucchielli
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]


Sciences humaines et épistémologie

7/9
Joël de Rosnay, Le Macroscope - Points, coll. Essais
[ intérêt ** | simplicité ** | bon marché *** ]

9/9
Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe - Points, coll. Essais
[ intérêt *** | simplicité *** | bon marché *** ]


Métaphysique

8/9
Alexandro Jodorowsky, L'Echelle des anges : un art de penser - suivi de 'Image de l'âme' - Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché *** ]


Anthropologie et psychologie

7/9
René Girard, Les Origines de la culture - Desclée de Brouwer
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]

8/9
Jean Monbourquette, Apprivoiser son ombre - Bayard
[ intérêt *** | simplicité *** | bon marché ** ]

8/9
Boris Cyrulnik, Les Nourritures affectives - Odile Jacob
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché *** ]

6/9
Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l'imaginaire - Dunod
[ intérêt *** | simplicité * | bon marché ** ]

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[ Éthique, tout le cours - part. 1, 2, 3, 4, 5 | complexité, mini-panorama | management, un ferme aperçu | profils en dynamique de groupe ]


 Structure anthropologique du réseau - 7e partieMon 27 Mar 2006
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[ << Minimum syndical - 6e partie ] De l'utilité des réseaux - 7e partie [ Chérie, on s'fait une soirée meet-up ou meet-down ? - 8e partie >> ]

Contenu de l'alliance

Conclure une alliance, c'est aussi accepter de rentrer dans une logique d'échanges économiques et également matrimoniaux.

Ethnologue japonais Junichi Ushiyama (filmographie) - Emission Les Yanomami, France 5

Preuve qu'en anthropologie, l'économie, la paix et les amours forment un triptyque. Celui de la concorde durable, de l'échange librement consenti, du gagnant-gagnant. Bref de l'écologie humaine à long terme, nécessairement [*] synergétique.
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[*] Nouveau - pour obtenir le sens d'un mot, dans ce blog (ex. synergétique), double-cliquez sur ce mot. Merci Webster !

[ Les territoires | René Girard et la violence civilisatrice | Le don, simple ciment social ? | le symbole cristallise les initiatives collectives humaines ]  Read More


 L'entreprise névrosée - 3e partieFri 10 Mar 2006
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[ << 2e partie - Quand le collectif parle (et s'impose) à chacun ] L'entreprise névrosée - 3e partie [ La névrose de groupe, un conflit entre nécessaires puissance de maintien et pulsion d'évolution | Michel Crozier et le jeu bureaucratique à la française - 4e partie >> ]


Sociologue Eugène Enriquez - Une presque plongée dans Léviathan


Est-ce que la psychanalyse explique tout de l'entreprise ? Non. Certes met-elle en jeu les tensions - agressives et érotiques - qui se jouent. Pour autant, il faut convoquer la dynamique de groupe pour tout comprendre, je veux dire pour savoir comment les forces s'organisent [1] concrètement. Voire aborder l'anthropologie, étude (entre autres) des territoires, donc des prérogatives de chacun. Autant dire des alliances et des guerres qui en découlent (cf. pouvoir). Je suis en train de me replonger dans le brillantissime René Girard, anthropologue français dont je recommande - pour commencer - la lecture du fraichement paru Les Origines de la culture, dialogue simple et fécond entre universitaires. Que dire ? Oui la violence parcourt les groupes. L'issue : trouver un bouc émissaire, chargé de libérer les tensions et de porter ce lourd héritage humain, ce signe que la concorde (le savoir aimer et travailler de Freud) exige un prix à payer. (Vilaine condition [2] que celle des groupes.) Un décharge-misère ? C'est le rôle du mobilisateur négatif, pour le psychanalyste et consultant Yves Enrègle (cf. Assurancetourix du Village gaulois). Le groupe, c'est tout cela. Et le pire, vous savez ? Ce ne sont pas les tensions de haut niveau, qui ensanglantent des chefs au cuir déjà épais. Ce sont les bassesses des échelons intermédiaires. Là, la guerre se fait à l'arme blanche : les places du 'mieux'- par opposition à 'cette base fangeuse d'où l'on vient et qui nous fait horreur' - sont peut-être les plus chères. Gare aux petits chefs, les leaders spontanés - autocrates en puissance - mal cadrés donc en chasse permanente. Un jeu de massacre, accentué par l'incertitude à pouvoir conserver sa place (voir les chaises de chacun, chères au psychiatre toulousain Patrick Çabal).

Mais le trophée de la violence revient d'emblée aux choses larvées, qui frappent en silence, qui minent. Vous savez, les pesanteurs internes, les boulets, les croix inter et auto-imposées. Dans un entretien d'avril 1991, donné à Sciences humaines, le sociologue et expert en psychanalyse des organisations Eugène Enriquez dresse un lucide bilan du fait humain en entreprise :

Sciences humaines : - Pourriez-vous donner un exemple de ce que signifie une analyse de groupe ou d'organisation ?

Eugène Enriquez : - Dans certaines organisations, on observe des gens qui se comportent comme des morts vivants. Ils préfèrent, malgré tous les dysfonctionnements qui assaillent l'organisation, se cacher la réalité et refuser d'affronter les difficultés. On peut voir des organisations qui préfèrent, parce que cela les rassure [3], maintenir une répétition mortifère [4] de ce qui se fait plutôt que d'envisager autre chose (par peur que tout ne s'écroule). Il y a aussi des organisations qui développent un stress professionnel tendant à briser, à casser les individus.

>> A l'inverse, on observe des institutions où prévaut le consensus, où l'on refuse le conflit et donc le dévoilement de certains problèmes par peur de briser l'harmonie interne. Il y aura donc refoulement de la parole libre, refoulement de l'agressivité...



Fig. 1 - Eugène Enriquez


SH : - En matière de management participatif [cf. les différents styles, plus ou moins opportuns - part. 1, 2 et 3], l'analyste constate-t-il de réelles modifications de pouvoir dans l'entreprise depuis vingt ans ?

EE : - L'idée du management participatif est en réalité une très vieille idée : elle date d'après-guerre [cf. Kurt Lewin]. Elle a mis du temps à s'imposer. En 1956, lorsque je parlais de participation, de consultation, je me suis entendu reprocher de vouloir installer des soviets ! Maintenant, on peut dire qu'il y a des soviets partout ! Ils s'appellent cercles de qualité, groupes d'expression, groupes de projet, groupes ad hoc... Il y a un changement en ce sens que l'on commence à mettre en place des idées proposées par les psychosociologues dès les années 1940. Personnellement, je ne pense pas beaucoup de bien de ces méthodes dans la mesure où la participation est exigée. Michel Crozier avait bien dit dans Le Phénomène bureaucratique que les gens voulaient des compensations à l'investissement en termes d'argent, de prestige [5]. Dans une certaine mesure, il est vrai que la personnalité des cadres ou des ouvriers est plus prise en compte ; ceux-ci se sentent plus valorisés lorsqu'ils ont de nouvelles responsabilités. Mais en même temps, jamais il n'y a eu un tel contrôle sur la pensée et la psyché des individus. Jamais ne s'est autant manifestée la volonté d'emprise de l'organisation sur l'individu. L'organisation tend à prendre l'individu au piège de ses propres désirs.

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[1] Description des interactions par Robert Freed Bales et cartographie socioémotionnelle par Jacob Levy Moreno, par exemple.

[2] L'égrégore, archétype du groupe en tant que structure énergétique aboutie, vérouillée, pourrait influencer les mentalités individuelles. Bien souvent pour le pire (ex. : figures mystiques collectives qui engluent les parties-prenantes du Premier Conflit mondial - cf. Gustave Le Bon).

[3] Puissante homéostasie - cf. Edgar Morin.

[4] Lire La Répétition des scénarios de vie du psychiatre Jean Cottraux (voir ses typologies de personnalité).

[5] Voir, en complément, la notion de valence. Chacun donne à un phénomène donné une valeur de motivation qui est subjective.

[ Autres gourous | psychanalyse d'entreprise | management et cartographie des enjeux éthiques, outils d'équité, de volontarisme et de liberté | Qualiconsult présente Michel Crozier | Eugème Enriquez, membre du Laboratoire de changement social, adossé à Paris VII | Enriquez, synthèse d'ouvrage par le Groupe de recherche en médiation des savoirs | revue Changement social | Girard et Enriquez, même combat ? | Dynamique de groupe, article interactif du grand Didier Anzieu ; Systémique, article de l'incontournable Jean-Louis Le Moigne - excellentes ressources du site de psychiatrie et de pathologies sociales ACpsy | dynamique de groupe, fondements | manifestations de l'homéostasie selon le pédagogue André de Peretti (site exhaustif) | Freud et la dynamique de groupe, article essentiel de Claude Pigott | Thomas Hobbes) et le cauchemar de Léviathan - introduction à l'anthropologie politique (pdf) | Hobbe's resources ]


 Le territoire et son ombre - 1e partieFri 21 Oct 2005
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Le médisant est quelqu'un qui se sent menacé


L'anthropologie le clame depuis toujours : l'homme n'est que culture et lectures du monde. Cultures ? Oui. Cultures et territoires. Le territoire est un terrain, une maison, un statut, un conjoint, une voix au chapitre quelque part. Et puis un équilibre [1]. (Sécurité.) Et qu'est-ce qui menace le territoire d'autrui ? La réputation, bien sûr. Cassez l'image de quelqu'un, il apparaîtra nu, désemparé, normal. (Banal.) Illégitime ? Pourquoi pas. Le doute est terrible : le crédit, l'adhésion, la confiance fondent alors comme neige dans un vase d'argent [2]. Enlevez à quelqu'un son aura et vous le dépouillez de son territoire. La prérogative de monsieur vole en éclats. La médisance est une arme : celui qui vous soupçonne de médire (à tort ou à raison) inconsciemment se battra pour son territoire. Et vous attaquera. Par derrière. Comment ? En médisant, évidemment. (Travail de sape.) C'est aussi vieux que le monde. Aussi normal. Et aussi cruel, parfois.
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[1] Cf. l'homéostasie, tentative de posture (effort) visant à satisfaire des besoins (impératifs) : 1. en utilisant un minimum d'énergie, 2. en répondant (a minima - sur le court terme) aux exigences environnementales (le monde). L'homéostasie est un rapport qualité / prix. Ou, pour être rigoureux : résultats / énergie dépensée. Ses lois sont étudiées par la psychologie sociale - et son pendant micro, la dynamique de groupe. L'éthique s'y intéresse tout autant, avec en tête l'idée d'en saisir tous les enjeux. Pour tout le monde : d'une part pour ceux à qui elle profite et d'autre part, pour ceux qu'elle exclut. Tout système est homéostatique.

[2] L'expression (cf. Mu, le Maître et les Magiciennes) est d'Ejo Takata, le maître zen de l'inclassable et lumineux Alejandro Jodorowsky (interview), psychothérapeute et artiste d'origine chilienne.

[ Prêter attention aux chaises | les systèmes, en clair | en affaires, rester pragmatique ]  Read More