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Le couple. Un beau moteur. Oh certes, votre collègue évoque le sien volontiers : Quel bonheur ! ou Quelle plaie !, c'est selon. Et c'est normal. Essentiel, voilà ce qu'est le couple. À trop vouloir être pros, coupés de tout, nous autres travaillomanes, de surcroît perfectionnistes, nous asséchons quotidiennement nos racines. Cultivant uniquement les feuilles. Le grand perdant ? L'essentiel. Mouais. Visée salutaire, pour nous tous : un travail bien envisagé (tout est là). Travailler, je le rappelle, c'est fait pour être heureux. Ça sert à ça. Et seulement à ça : générer de l'argent. Pour soi, pour son conjoint, sa famille, sa communauté, sa famille étendue [1]. C'est même le cœur du propos de Steve Covey, gourou du tri des choses à faire. Covey signale qu'un couple est un fondement. Surtout dans nos sociétés pressées. Le couple ? Matière à s'épanouir, à se tenir motivé (en mouvement). À réaliser des projets : c'est concret. Émotionnellement, le couple nourrit, stimule, donne envie de se dépasser. (Le travail ? Il est fait pour autre chose.) Témoin, la théma sur les strokes et le regard.
Il est temps de mettre un coup de loupe, on y va ?
Les Anglo-Saxons, vous le savez, sont friands des patterns, modèles comportementaux (structures) et séquences-types qui en découlent. Ce matin, je veux vous en confier un : dites-moi s'il fait sens.
Paul a trois enfants [2]. Il travaille et rentre à 19 h le soir. Sa femme Sophie prépare le repas, Paul met la main à la pâte, un œil sur la télé, motif à détente. Il se sent entre deux eaux, fatigué, heureux, en « recharge de batteries » [3]. En quelque sorte, il « flotte ». Puis vient le moment du bain des mômes. Ensuite Sophie et lui les couchent, il y a l'histoire, le baiser, la lumière à éteindre. Et c'est reparti pour du neuf : le couple s'aménage sa plage. Télé, discussions, farniente, projets, câlins. Le lecteur de DVD affiche 23 h 30, voire 1 h du mat'. Eh oui : passer du temps ensemble, c'est occuper 2 à 4 h de sa soirée. Obligé. Puis sommeil (bien mérité). Puis France inter, foutu radio-réveil, c'est reparti pour la corrida. La pendule affiche 6 ou 7 h, informations, café, douche, habits, lever des enfants, déjeuner, anoraks, départ. C'est long, les enfants traînent (ils râlent), la montre égrène les minutes par poignées de cinq. Vite, vite, le temps file, la fatigue engourdit. L'affolement guette. Cris. Et retard. Prises de bec, reproches : Paul arrive au travail fatigué. Son couple a besoin de temps, son couple a des enfants, son couple fait ce qu'il peut. Le temps est un tyran. Paul en a marre, cette vie lui pèse. (Il fait ce qu'il peut.) Mais compresser le temps de soirée, c'est capituler : Paul veut profiter de son couple. Et de ses enfants. (Mais parler devient difficile.) Ce rythme de vie érode, accuse, met à mal. Les strokes se font rares. Les reproches ? Ils s'accumulent et Paul se sent moins aimé. Les soutiens d'hier font défaut. (Paul dévisse.) La performance au boulot, ça a un coût, la revivre c'est soi, c'est too much.
Pure fiction ? Je connais ce cas très fort. C'est celui des gens de ma génération. C'est celui de beaucoup de monde.
Le temps est assassin.
Le couple dépend du temps. Donc des priorités qu'on se fixe [5].
Je finis en rappelant l'à-propos de Françoise Dolto : les enfants s'adaptent. Le couple est le muscle et le squelette de la vie familiale. Les parents (et leurs fragiles aménagements) prévalent. De cette manière, les enfants apprennent la Loi, le principe de réalité, la socialisation du désir. Ils se bâtissent en respectant l'intimité parentale (corps, temps, lieux). Passant leur désir en second, ils se civilisent, développent leur Moi [4] et apprennent à vivre. À penser aux autres.
C'est, en outre, le grand Charlie T. Jones qui dit ceci : le plus grand cadeau qu'un individu puisse faire à ses enfants, c'est d'aimer le conjoint. Structuration et sécurité de fond.
Au lit, les mioches ! On se lève (on vous lève) plus tôt. Et demain sera plus calme.
Be seeing you ;)
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[1] Terme occidental. Les peuples traditionnels voient la famille, unité sociale de base, comme un groupe de 15 à 50 personnes. Notre format parents-enfants, diminué de la présence des vieux ? Formule interprétée - ailleurs - comme étriquée. Un mystère culturel pour beaucoup de peuples...
[2] Prénoms fictifs.
[3] Relire l'intéressant Management de décembre 2007.
[4] La psychanalyste Christiane Olivier parle des ces étapes salutaires pour les enfants : apprendre à couler sa libido dans la réalité matérielle, sociale et culturelle du monde. Dans le monde, en clair. C'est exactement ce que dit Dolto (par ailleurs mère stricte et particulièrement structurée). Je comprends mal pourquoi Olivier la voue aux gémonies. Haine de la dérive ? Dolto pourtant, comme beaucoup de grands, est innocente des cohortes d'irresponsables qui l'ont si mal appliquée. Et si mal lue.
[5] Pourquoi prendre du boulot chez soi ? Quelqu'un que j'aime, à l'hiver de sa vie, alors qu'il savait gérer à la fois une vingtaine de chantiers internationaux et nationaux, m'a confié regretter deux choses. La première est technique. La deuxième touche aux priorités : le manque de temps avec ses proches. Ça, quand tout s'envole, c'est quelque chose qui a du poids.
[ Celui qui réussit sa vie sait sûrement ce qui compte, il sait - l'esprit ouvert - concrétiser les potentiels, les talents, il est disponible à la vie, aux changements. Il sait donner de l'importance (temps, énergie, argent) à l'essentiel. Il sait en outre prendre les choses avec philosophie - relire les blagues sur le vieil homme dans le si puissant Cabaret mystique. ]
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Autorité, expertise, pouvoir, motivation
Bien sûr que votre autorité met les autres en mouvement (littéralement motive) : une théma sur l'autorité vous le prouve.
Partons pour l'Afrique, après quoi nous envisageons comment une simple bague mobilise [1] la trajectoire d'autrui, c'est parti.
En Afrique de l'ouest - le saviez-vous ? - les chefs traditionnels [2], qui rythment un réseau social gigantesque, portent des lunettes. Jour et nuit. Des lunettes noires. C'est parce que l'autorité (ici surnaturelle) leur vient des yeux : leurs yeux foudroient. C'est ce qu'on leur prête et c'est ce qu'ils entretiennent. L'autorité vient des yeux. Et l'autorité a un fondement surnaturel - un Occidental dirait irrationnel (ou inconscient). Quoi d'autre ? L'autorité est puissante et fragile : imaginez que le bonhomme perde un oeil, ou la vue. La castration est tout près.
Allons en Grèce à présent. L'Antiquité bat son plein : y foisonnent les histoires religieuses, qui vont devenir les grands mythes de nos civilisations. Vous vous souvenez tous du titan Prométhée, Celui-qui-a-un-temps-de-pensée-d'avance, qui joue avec les dieux. Il fait de l'intérêt pour l'homme, ce petit être fragile, le fondement de sa vie. Au risque de braver les lois célestes. Il blouse une première fois le panthéon, en redirigeant vers l'homme - et par astuce - les meilleures pièces de viande d'un sacrifice. Premier carton rouge. Et quand les divinités courroucées, Zeus en tête [3], décident de punir son indépendance d'esprit, il paie le prix fort. Rappelez-vous le rocher où il est enchaîné, et puis l'aigle. Cet affreux tortionnaire vient lui manger tous les matins... le foie. Qui repousse, évidemment. Le cercle est sans fin.
Heureusement, Hercule [4] décoche à cet oiseau de malheur une flèche mortelle. Bon débarras. Et que croyez-vous que Prométhé fasse ? Il prélève de la chaîne du supplice, enracinée dans le rocher, un anneau. Puis un morceau du rocher lui-même, qu'il enchasse dans l'anneau. Il se fait... une bague. Eh bien moi, il me semble que sa bague d'épreuve, sa bague de castration et de souffrance, c'est un attribut de pouvoir. Prométhée, conscient et plus que conscient, de la dispersion qu'il y a à vivre sans limites (les dieux - ici forces de la contingence - le lui ont bien rappelé), eh bien ce Prométhée aguerri sait à présent où sont ses limites, il sait où est son terrain de jeu concret. Et en connaisseur, il peut maintenant ruser de plus belle. Ou plutôt agir. Il est dans le long terme : sa trajectoire peut en amener plus d'un sur les chemins de la réalisation de quelque chose. Prométhée est un connaisseur, un ancien audacieux, un sûrement toujours-amoureux-de-l'homme et un être accompli. Je crois que sa bague, symbole de l'expérience (ici douloureuse) est un symbole d'autorité. Si Prométhée parle, il est crédible. Il est suivi. Il "fonctionne".
C'est sa bague qui nous le dit.
Alors, d'un côté les yeux (le pouvoir) et de l'autre la bague (l'expérience, le passage par le feu). Nous parlons d'autorité, je crois qu'une boucle est bouclée.
A vous : souhaitez-vous commenter ?
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[1] L'autorité c'est cela. C'est : 1. mobiliser les gens (suspendre le cours de ce qu'ils font et focaliser leur attention sur ce que vous faites ou dites), 2. les mettre en mouvement selon des ressorts qu'ils ont à l'intérieur d'eux-mêmes. Voyez donc.
[2] Au Burkina Faso, notamment.
[3] Le Zeus de Maurice Druon (1918 - ) est un manager hors pair. Regardez.
[4] Hercule, ce drôle de lateral thinker, qui vient astucieusement à bout de ses épreuves.
< Superbe Orfeu Negro (Marcel Camus, 1959), la musique
[ Profils de gens, chefs ou autres | l'autorité, c'est la signification (à distinguer de la démonstration réelle) d'un pouvoir, l'autorité est une symbolisation constante | bagues traditionnelles à la cire perdue | la bague des cardinaux, une autorité spirituelle, une actualisation de la fonction G (guidage, vision) du consultant Yves Enrègle | pour rappel, c'est le dieu Wotan qui dispose seulement d'un oeil, l'autre est crevé ]
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[ Les intellectuels se mouillent - 4e partie ] Faire bouger une entreprise publique ? - 5e partie
Ah, l'entreprise publique ! Comment faire bouger la bête ? C'est la question qu'aborde un habitué du dialogue public-privé. Gilles Martin, HEC 1981, est consultant en management et amélioration de la performance. Son univers ? Celui des sphères publique et privée où, dans un cas comme dans l'autre, les paties-prenantes doutent de l'institution en général, tant dans sa mission (et dans ses moyens de réussite) que dans ses promesses de carrière et de bon traitement des ouailles. Bienvenue dans l'économie des années 2000 !
Pour ce blogueur participatif, il y a un chef d'entreprise publique qui a résolument voix au chapitre : c'est Jean-Paul Bailly. Ce patron des 280 000 employés [1] de la vénérable institution jaune et bleue incarne une percée dans l'univers réputé figé (à tort ou à raison) de la fonction publique.
Fig. 1 - Jean-Paul Bailly
La tactique du président de La Poste ? Comme dans tout système, un faisceau de lasers [2] qui pointe sur la masse protéïforme du milieu, de ses habitudes, de ses réactions et de ses attentes. Il anime cinq résolutions, cinq clés d'entrée, que je vous propose de découvrir ici.
Reparlons de Gilles Martin. Lisez donc sa contribution à la question Qu'est-ce qu'un bon manager ? Et puis ce qu'il pense de l'autorité, à la lumière du chantre du management "sans leadership", Ronald A. Heifetz. C'est là.
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[1] C'est la taille de la ville de Nantes.
[2] Traiter un problème en milieu complexe (vivant, changeant, interconnecté, soumis à des effets de seuil, de masse critique - voir ici), c'est certes : 1. coordonner simultanément plusieurs mesures différentes (en termes d'angles), mais aussi 2. écouter les soubressauts en direct (comme dans la dynamique de groupe), 3. modéliser toutes les étapes psychosociologiques du changement et s'y tenir au regard de ce qui se passe, 4. prévoir des plans de remplacement en permanence. Un peu comme dans une bataille militaire, où la poigne a pour puissants corollaires l'écoute attentive du terrain et la connaissance des hommes, ici et en face.
[ Image (c) Archquo, Nouvel Obs | Qu'est-ce que qu'un bon manager ? - proposition de synthèse | question que complète (et questionne malicieusement), avec son talent habituel, Alain Fernandez, versant management de projet | très chic | France telecom est peut-être le plus gros investisseur public en R&D ; quant à EDF-GDF, en pleine mutation, c'était - jusqu'à présent - le plus gros demandeur français de formations en management, informations tenues de deux experts (innovation industrielle & management) ] Read More
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[ << 1e partie ] Gens à poigne - 2e partie
Intéressant. J'apprends dans Le Figaro que des apprentis managers de la prestigieuse HEC font un stage de commandement auprès de la fine fleur militaire française (école de Saint-Cyr). Ce qui me pousse à vous interroger. Dites-moi. Le leadership, pour vous, c'est essentiellement :
1. du commandement ?
2. du charisme ?
3. les deux ?
4. aucun des deux, c'est-à-dire autre chose ?
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[ Théma leadership | management et fermeté | modèle de meneur légitime et suivi | la validation likertienne, un mythe ? | management adaptatif (situationnel) | le bon manager | modèle du manager culturel | manager éthique, la saga | manager équilibré, garant à la fois des prérogatives (territoires et chaises de chacun) et du souffle vital issu du changement | le leader est plus qu'un animateur de ressources humaines (ce qui est déjà beaucoup), il est un personnage-clé du pouvoir, à l'aise avec la notion de hiérarchie, d'honneur et de persévérance (lire évidemment Taibi Kahler), il sait en outre arbitrer et déjouer les jeux de demande d'affection, de chantage ou d'hostilité larvée | testez et améliorez votre leadership ] Read More
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Je vous recompose la chaîne [*] qui m'a amené à cette excellente ressource sur Stanley Milgram (1933-1984), l'un des piliers de la psychosociologie moderne :
Dorian(e) Purple -> L'Arbre des possibles -> Psychobranche -> Milgram, S. - Soumission à l'autorité, 1974 [pdf]
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[*] Electrique.
[ Fabuleux Led Zep | excellents... Dread Zep | Absara.com, leadership, management et pouvoir | AC/DC et la haute tension - yiiiha ] Read More
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