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Chaîne de cellulose... my mind
Les bookworms ou rats de bibliothèque se nourrissent de pages, d'encre et d'idées. Que dire ? C'est un bien, c'est un mal. Un bien parce que ça donne des idées et permet de cartographier des choses (l'analyse et l'acuité s'en ressentent). Un mal parce que ça ferme - ça enferme dans des modèles, les paradigmes, tellement connus de la philosophie des sciences et de la psychosociologie (cf. croyances, toujours limitatrices parce qu'elles sont des sécurités, des remèdes pour l'âme, des conforts à l'attention de nos besoins, et non des ressorts de la foi, qui est une ouverture et un risque).
Alors quoi ?
By the way, lire est bon. Et lire, ça se discute et ça se remue et ça s'applique après. Avec les collègues, les amis, soi-même. Ça se partage et ça s'enrichit. Ça voyage. Ça connecte, interconnecte et prépare des choses... qui émergent. (Avec le cerveau, les livres font des systèmes.)
Je me souviens de cette affiche. Vous savez ? Gérard Philippe : il dévore des bouquins. Faut-il le faire ? Il existe de bons (!) bouquins. Alors ceux-là oui, qui forment la pensée, la morale (placement de soi dans le flux de la vie, cf. ethos). Les idées, aussi. Ça fuse. Et puis le goût d'y aller. Lire ? Ça booste et encourage : des gens (les auteurs) viennent nous parler.
Est-ce que les bouquins remplacent la vie ? Nooo. L'expérience personnelle : ils l'enrichissent. Il faut les deux, vivre et lire.
Et puis ceux qui souhaitent lire et à la fois - pour le faire - manquent d'argent (ou de temps) hurlent : lire, c'est gagner quelque chose. (Parfois l'autonomie financière, la subsistance, la liberté de conscience et l'instruction.) Et puis, lire est un droit.
C'est le grand Tremendous, bibliovore devant l'Éternel [*], qui le rappelle : « Le vendeur moyen ne lit pas même un livre à l'année. C'est pour ça qu'il le reste. »
Alors soyons fous. Et ambitieux.
Ci-après, une recommandation de plus.
Pour la playa. Ou ce qu'on veut :
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[*] Plus grosse bibliothèque personnelle de management en langue anglaise !
[ Au fait, connaissez-vous Kindle ? | héhéhé - Les boucles de ceinture Reading is sexy de My Girl thursday | ça rappelle évidemment Silence is sexy d'Einstürzende Neubauten : ]
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Chaîne de cellulose
Pour l'entreprise, vos auteurs préférés, c'est qui ? (Pour l'entreprise ou pour le plaisir, voire la plage : c'est selon.) Je vous en indique 26 - pour ma part -, vous en indiquez autant que vous souhaitez, en commentaire. (Ou sur Disqus.) Vous voulez bien, en faisant suivre : comme une chaîne ?
Let's go :)
Mes indispensables :
Robert Axelrod - Comment réussir dans un monde d'égoïstes [ #Théorie des jeux ]
Kenneth Blanchard & Spencer Johnson - Le Manager Minute [ #Management #Motivation ]
Daniel Cohen - Trois Leçons sur la société post-industrielle [ #Économie #XXIe siècle ]
Clay Christensen - The Disruptive Innovation Model [ #Stratégie ]
Antonio R. Damasio - L'Erreur de Descartes [ #Communication #Cerveau #Émotions #XXIe siècle ]
Sylvain Darnil & Mathieu Le Roux - 80 Hommes pour changer le monde [ #Ethique #Economie #XXIe siècle ]
Edward de Bono - Conflits, comment les résoudre & Réfléchir vite et bien (ici) [ #Communication #Dynamique de groupe ]
Stephen R. Covey - Priorité aux priorités [ #Organisation ]
Patrice Dubourg - La Process Com, découvrir et pratiquer [ #Communication #Dynamique de groupe ]
Milton H. Erickson - Ma Voix t'accompagnera [ #Communication #Cerveau ]
Alain Fernandez - L'Essentiel du tableau de bord [ #Stratégie #Qualité #Pilotage ]
Richard Fisch, Paul Watzlawick, John H Weakland - Changements [ #Communication #Sciences humaines ]
Alain Fustec & Bernard Marois - Valoriser le capital immatériel de l'entreprise [ #Stratégie ]
Nicolas Humeau - L'Abécédaire des managers et consultants [ #Conseil ]
Pierre Mercklé - Sociologie des réseaux sociaux [ #Réseaux #Théorie des jeux ]
Jean Monbourquette - Apprivoiser son ombre [ #Communication #Sciences humaines ]
Edgar Morin - Introduction à la pensée complexe [ #Sciences humaines #Complexité #XXIe siècle ]
Michael E. Porter - How Competitive Force shape strategy (Harvard Business Review) [ #Stratégie ]
Joël de Rosnay - Le Macroscope [ #Complexité #XXIe siècle ]
Dominique Tissier, Joëlle Levy Berger & Etienne Verne (d'après Kenneth Blanchard & Paul Hersey) - Management situationnel, vers l'autonomie et la responsabilisation [ #Management #Motivation ] Read More
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Aimer l'argent
Le Tremendous. Un grand. Un grand qui a brûlé sa (pleine et longue) vie dans l'enthousiasme, le travail, le dévouement. Ce géant du protestantisme économique [1] mérite son surnom d'extraordinaire. Il est, en outre, le guide amical, intellectuel et spirituel du tout aussi grand Kenneth Blanchard. Deux gourous. Niveau suprême...
Que dit Blanchard ? Le père du Manager-Minute sort en ce moment même un One Minute Entrepreneur, bréviaire de l'entrepreneur intelligent [2]. C'est le Tremendous, sous l'amicale poussée de Charles, qui me l'a dédicacé, en pré-copie. Une avant-première. Et quel honneur pour moi !
Blanchard y parle d'argent, bien sûr. Il développe mille choses. Longues à dire ici... Pour autant, je veux vous confier quatre bases.
Je pars déjeuner et vous tiens informés, d'accord ?
Ci-fait. Reparlons des quatre atomes de base :
1. Veiller à ce que les recettes, d'emblée, dépassent les dépenses [nda, business plan dès le départ dans le vert],
2. Se faire systématiquement payer en temps et en heure [garder une trésorerie positive, donc saine],
3. Associer et soigner ses clients, qui sont ceux qui nous paient,
4.Prendre soin de ses collaborateurs, qui sont ceux qui satisfont les clients en live, donc garantissent les rentrées d'argent.
Classe et direct. Celui qui comprend ces simples choses comprend tout : il y a là le cœur du business, tellement compliqué, tellement tordu par les gens !
Travailler, c'est simplement viser de l'argent. Et l'aimer. Donc aimer les paiements. Donc aimer la satisfaction-clients (les gens du dedans, qui font tourner la boîte, les gens du dehors, qui donnent l'argent contre un service).
Travailler, c'est juste ça.
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[1] Humanisme économique. Prise en compte de l'humain, en finalité et tout au long de la démarche d'entreprendre. Dans le protestantisme, l'argent est une bénédiction. Comme le salut s'obtient par la confiance, la foi (cf. Épître aux Romains), les œuvres servent juste à faire le bien, à donner travail et dignité à tous, à occuper son temps terrestre dans une attitude de service et de fidélité à Dieu, à sa famille, à soi, aux autres, à la vie. Le management moderne - en Occident - est une invention protestante. Management au sens noble : pragmatisme, honnêteté, rapport naturel au travail et aux gens. Je veux, en outre, saluer l'initiative vertueuse du catholique José María Arizmendiarreta ou, dans l'agriculture, de mon grand-père Marcel Bruel.
[2] Co-écrit avec Don Hutson, PDG de US Learning et conférencier (public speaker) de renom, et également Ethan Willis, PDG du cabinet californien Prosper, Inc., désigné entrepreneur de l'année 2005 par Ernst & Young.
[ Quel type d'entrepreneur êtes-vous ? Estrengths.com - Free assesment here, until the end of June ] Read More
[ < 10e partie ] Vrac de l'automne [ Catégorie Absara-Divers | mots-clés, permalien, commentaires | 12e partie > ]
J'hésite aujourd'hui entre quatre sujets. Alors j'aborde les quatre, liés ou disjoints, et les appelle A, B, C, D : on y va ?
A. La refonte de Toulrezo.biz. L'annuaire compte à présent 117 réseaux économiques. (Toulouse est dotée.) L'ergonomie de cette plateforme événementielle est désormais plus simple, allez-y.
B. Le pied-de-page de ceci me donne envie de vous communiquer les ouvrages que mes sept années de boulonnage retiennent comme efficients. Dieu sait qu'il y a des livres, Dieu sait que j'en lis, Dieu sait que vous en lisez aussi, Dieu sait que le tri digestif et l'application ensuite sur le terrain sont des tamis rigoureux.
Laissez-moi par conséquent vous proposer neuf ouvrages (180 € en tout), qui aident à comprendre les hommes et l'entreprise humaine. En vrai. Et surtout à s'en faire des amis tous les jours : Comment leur dire, Le Macroscope, Introduction à la pensée complexe, Les Rêves et leurs symboles, Le Manager-Minute, Priorité aux priorités, Comment réussir dans un monde d'égoïstes, Dessine-moi l'intelligence, L'Avantage concurrentiel. Les auteurs ? Gérard Collignon, Joël de Rosnay, Edgar Morin, Georges Romey, Kenneth Blanchard (et co-auteurs), Steve Covey, Robert Axelrod, Tony Buzan (et co-auteur), Michael Porter. Tous sont indiqués, développés, commentés dans Absara.com : ici.
Vous avez là une (et même ma) trousse à outils : modèles concrets, idées vivifiantes, gestion des tenants et des aboutissants d'une boîte et de ses hommes. Mieux que mille âneries. Manuels multiples, resserés, suprêmes... À raison d'un ou deux par mois, vous êtes au top (c'est la classe) pour le printemps 2008.
C. Je m'apprête à changer de locaux. Je quitte un appartement devenu trop petit (quoiqu'accueillant, bien situé, sain) et discute dès demain d'un local dans le quartier Arènes-Toec : j'espère que le deal est bon. Mes heures à Absara enflent, je suis papa, je dois refaire du sport, je veux réorganiser mon portefeuille d'offres (vraisemblablement cours et puis formation-conseil en gestion des plannings et motivation). Bref, refaire un scoring stratégique sur ce qui compose mon travail. Nouveau challenge, nouveaux locaux : c'est raccord. Et si tout va bien, je vous reçois même là-bas, après aménagement.
D. À cette occasion, je fais un bilan. J'ai accompagné, depuis le début (et hors Absara) 30 structures, les plus rentables étant pour moi les grands comptes ou les centres de formation, qui commandent de longs modules et souvent reconduisent. Je vous décompose ça :
20 % des structures que j'ai accompagnées ou que j'accompagne (50 % sont des grands comptes et 50 % des centres de formation), bref ces appuis génèrent 78 % de ma production totale en jours (40 journées en solo et par an, hors Absara qui pèse autant, hors temps masqué en préparation ou autoformation bien sûr). Les missions ? 83 % (respectivement 50 % et 33 %) relèvent de la formation et de l'audit, les 27 % restants vont à l'accompagnement : coaching ou team building. Typologie des missions : 84 % des besoins présentés (soit dans l'ordre 65 % et 19 %) concernent la stratégie commerciale (marketing, CRM) et le management des RH (motivation-leadership, communication interpersonnelle). Les 16 % supplémentaires touchent à l'organisation et à la qualité (résolution de problèmes, cartographie des activités ou des processus).
Voilà le cœur de mon business. Je vous parle de ce qui me fait le plus, le plus simplement ou le mieux vivre. Sachant que je peux (et veux) faire beaucoup mieux.
Si je dézoome, les structures en fait se répartissent comme suit : 24 % de grands comptes, 17 et 17 % de PME et de libéraux-cadres (catégorie pour moi homogène), 14 et 14 % de centres de formation (1 réseau national, plusieurs écoles de gestion) et d'associations ; 10 %, enfin, sont des start-ups et 3 % des artisans.
Mon profil ? Corporate et centres de formation, avec un matelas de PME et une pointe de hi-tech. Comme quoi c'est important de regarder tout ça.
[ L'Avantage concurrentiel, résumé | Porter's page | oh, et puis 380 félicitations à Airbus ! bravo, bravo ] Read More
[ < 1e partie ] L'avocat du diable [ 3e partie > ]
L'avocat du diable
Adios l'article sur l'Aiguille. (Ah non, il est encore en bas...) Bref, nous parlons aujourd'hui de team building, construction des conditions pour qu'un groupe fonctionne. Ou re-fonctionne.
Je vous campe le décor. Ch'uis dans un café, attendant à proximité le rendez-vous avec la directrice d'une école pour une partie de ma progéniture. Je discute de ladite école avec le personnel : C'est comment ? L'on me répond, et tout, et tout. Arrivent les collaborateurs d'un cabinet d'avocats établi à l'entour. C'est la pause-café. J'imagine qu'ils vont se détendre ou bien se libérer. C'est la libération qui l'emporte. Et ô combien : les discussions fusent, des cris aussi. Le contexte est tendu. (Incroyab'.) D'un côté : le staff d'avocats associés. De l'autre : un pool d'assistantes, usé par un persistant "mauvais climat". Je regarde, j'écoute. (Nous sommes dans un bar.) Je me dis en même temps : Bon sang, ces deux clans-là, ces deux univers ont besoin de team building.
Je vous explique.
Quand vous avez deux équipes à cran, avec une différence socioculturelle, une différence de reconnaissance ou de prestige (lire Caïn), la rivalité s'installe. Une sorte de parano flotte. La collaboration devient un champ de tir et abondent alors les mécanismes de sociocentrisme (repli sur sa propre famille, sur son semblable, par besoin de concorde et d'acceptation, par peur naturelle de l'autre-qui-blesse).
Que faire ? Il faut jouer avec ce sociocentrisme (solidarité), le faire travailler, et rendre à nouveau possibles les relations intergroupales. Là où il y avait un caractère morbide, il faut permettre à la vie, à ce qu'il y a de plus sain, de frayer à nouveau sa voie. Le team building est là, qui permet au manager de (re)bâtir des relations de travail entre individus et groupes. Bien sûr si le chef était un manager solide, impliqué, motivant, constructeur de visées claires, la zizanie resterait larvaire. Le problème, c'est que les excellents managers sont rares (je rassure tout le monde, les très bons épiciers aussi) et comme ils sont rares - ou qu'ils n'ont pas le temps d'être bons -, il faut souvent guérir un mal déjà bien mûr. Souvent, le mal, bien cristallisé, fait des ravages. J'invite les intéressés à revisiter les contributions sur le leadership et la névrose groupale, c'est meu-meu.
Je vous ai parlé de sociocentrisme. Faites appel à un intervenant extérieur, quelqu'un de neutre aux yeux de tous. Là, le consultant (souvent en communication interpersonnelle ou en management) sépare les équipes et les place dans deux pièces éloignées, insonorisées. Les équipes font bien sûr bloc.
Le consultant va voir l'équipe A, dans la pièce A. Pendant ce temps, l'équipe B cogite et c'est normal. Aux A il dit : - Je veux que vous me disiez tout ce que vous détestez chez les B. Allez-y, lâchez-vous, je vous donne du temps pour ça. Je veux juste que vous restiez dans cette pièce, au bout d'une heure et trente minutes, tous les griefs (fondés, infondés, peut m'importe) seront couchées là-dessus, j'écris tout à la volée, dit-il en montrant un tas de feuilles A4. Je vous écoute, qu'est-ce que vous n'aimez pas chez eux ? demande-t-il. Là, la glace se fendille et un premier interlocuteur assène un premier coup : - Ce sont des blaireaux, le Bernard, par exemple, est un arriviste arrogant, etc.
C'est gagné ! C'est le défouloir. Le consultant note tout, reformule fréquemment pour optimiser sa prise de notes (fous rires de l'assemblée, qui jubile de sa propre haine). Il note tout, je dis bien tout, au mot près. C'est du travail, il faut être concentré et endurant.
Puis, il laisse l'équipe A, vidée (tout a été dit, puis confirmé, sinon on continue encore et on valide, etc.). Le processus prend fin, les feuilles vont dans une pochette confidentielle que le consultant scelle du secret professionnel. Le bonhomme va voir l'équipe B et dit : - Si vous saviez tout le mal qu'ils ont dit de vous [ndlr - le consultant garde un secret absolu sur les contenus, les émetteurs, les cibles]. Alors je compte sur vous pour vous lâcher, reprend-il. Il faut y aller franco : dites-moi tout, etc.
Rebelotte. Les piques fusent, s'enrichissent mutuellement, le sociocentrisme est à l'oeuvre : tout le monde forme un tampon d'hostilité à l'égard des "autres". Même chose, le consultant note tout. Et expérimente jusqu'au dernier soubressaut de haine, le torrent s'asséchant peu à peu.
L'étape finie (les B sont maintenant "secs"), le bonhomme retourne aux A puis leur dit que les B ont été durs et en même temps... tendres. - De quoi ? dit le leader le plus virulent. - Oui, complète le consultant. Ils ont dit des choses très dures et j'ai senti en même temps du respect professionnel pour vous, une sorte de considération un peu maladroite.
Et là, c'est la surprise, le consultant propose sur le champ de faire le travail inverse : >> Je voudrais que vous m'indiquiez les toutes petites choses que vous tolérez, voire même appréciez chez eux.
La timidité prévaut. Quelques remarques se formulent du bout des lèvres et, petit à petit, une sorte de regret se forme : - Ouais, c'est vrai que Dédé de la compta arrive toujours à l'heure. Et sa mine austère, je crois que des fois, c'est de la fatigue.
C'est gagné, la pompe inverse s'amorce. Les feuilles A4 se remplissent, les propos se complètent, etc. Le consultant valide et termine. Il prend tous les écrits avec lui, symboliquement scellés. Et il fait la même chose avec les B, leur disant que les A les ont trouvés ceci, cela et encore cela (là, pour la première fois, de mémoire, il cite des fragments entiers, sans les noms). Silence de l'équipe : les autres sont des humains, eux aussi soumis à des passions, eux aussi capables de reconnaître nos propres qualités. Re-silence.
L'effet de symétrie se déroule jusqu'au bout. Les B font le même travail.
Puis le consultant réunit dans une même pièce les A et les B, leur lit à présent - collectivement et en vrac - les compliments des deux équipes à l'égard de l'autre. Il faut, à ce stade, que le consultant prenne les feuilles de reproches, les chiffonne l'une après l'autre en disant : - Tous vos griefs, je les connais par coeur, vous les avez tous dits. Je considère que c'est maintenant du passé, je ne veux plus en entendre parler. Je vais vous relire les compliments généraux et vous allez vous isoler dans votre tête, au calme. Je vais dire lentement ces choses et vous allez tous les intégrer.
Sitôt la séance finie, l'expert invite les protagonistes à boire un café ensemble, au calme. Il leur demande d'ancrer dans leur peau (par exemple en se pressant leur propre poignet ou leur propre bras) l'ambiance de calme qui règne alors, cette drôle d'ambiance un peu cotonneuse et si facile à vivre (la décharge émotionnelle fait un effet de repos bien mérité). Puis il s'en va. L'expérience montre que les gens recréent du lien, un lien mesuré, poli, constructeur.
Au moment de quitter l'entreprise, le bonhomme retourne dans le bureau de la direction, rassure tout le monde et prévient : >> Beaucoup de choses ont bougé aujourd'hui. Préparez-vous à ce qu'il y ait, comme avec les séismes, des répliques. Comptez une période de trouble d'à peu près trois semaines. De grosses disputes, comme pour s'enflammer avant de mourir, vont ressurgir. C'est transitoire. C'est le baroud d'honneur des fiertés, des mécanismes du passé (cf. résistances).
Peu de consultants parlent de ces répliques. Elles sont importantes et méconnues, quoique normales.
Voilà, je voulais vous parler de ce team building depuis longtemps. C'est quelque chose de puissant.
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[ Le diabolos, c'est celui qui apporte la zizanie, qui divise, tandis que LE satan (en hébreu, nom commun), c'est l'adversaire ou l'accusateur, celui qui vous crible au tribunal | la division, c'est une forme de dégradation d'un état de cohésion, c'est tout à fait similaire au second principe de la thermodynamique, déjà abordé ici quant à la dynamique de groupe | le remède, c'est cette expansion d'énergie - contrôlée par un méthodologue -, cela s'apparente au coït, qui projette de l'énergie, sature puis purifie les sensations... et libère | cette catharsis est constructrice d'une envie d'aller mieux, de plus elle apporte les premiers pas (cf. Gleicher) qui - de strokes en strokes - donnent envie de progresser, cf. renforcements positifs (cf. Blanchard, cf. Skinner) ] Read More
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Regard, signe de Caïn et racines de la motivation profonde
Consideration, ça c'est le terme anglais. Un excellent terme : englobant, évocateur, précis. Prenons son sens, qui a peu ou prou les mêmes attributions en français. La considération, c'est central : considérer quelqu'un c'est poser un regard sur lui. C'est montrer qu'il existe. A lui, aux autres, à moi (trois dimensions).
Pour rappel, le management de la motivation met en mouvement des parties-prenantes, des travailleurs. Comment ? En activant les ressorts qu'ils ont en eux (ce qui les rend humains et en même temps uniques) et en fournissant quotidiennement la clarté des visées et aussi le bonne ambiance collective de sécurité et d'émulation (aller loin, aller ensemble, dépasser les blocages naturels, tranquillement). Fournir les moyens intellectuels et socioémotionnels de la réussite.
Le management de la motivation est un management de la considération. Considérer, c'est stroker (marquer l'autre d'un signe), c'est montrer une attention [1], c'est démontrer, c'est donc prouver qu'il existe. Si donc j'existe, je peux me projeter dans le temps, estime le collaborateur. Il y a une place (une chaise) pour moi, je peux me mettre en mouvement, je peux agir (ici, exister, me mettre en dehors de moi) : je peux travailler, produire un fruit.
Je peux travailler si l'on me considère. Je peux travailler si l'on me regarde, je peux travailler si l'on me dit ce qu'il faut faire. Un bon manager respecte mon expertise dès que j'en ai une, me laisse de l'espace quand j'en ai besoin, m'aide quand je le demande. Je peux travailler quand quelqu'un de bienveillant me rappelle ce qu'il faut éviter, à temps, et me félicite à chaque fois que je réussis quelque chose. Même des choses petites. Il me stroke (système de signalement et d'ancrage) de bonnes choses.
Considérer quelqu'un, c'est lui fournir un ou plusieurs éléments de tout ça, en fonction de sa mâturité. Pour ça, Kenneth Blanchard a mille fois raison. D'une part pour le primat qu'il accorde [2] au contact individualisé (réprimandes-minutes, félicitations-minutes). D'autre part pour le régime communicationnel (intellectuel et émotionnel) qu'il différencie selon les besoins du travailleur en marche, du travailleur qui gagne en mâturité. A chaque personne [3], un régime différent. Pour seulement une minute par jour et par personne, rappelle le gourou du management. Investir dans l'humain, voilà la plus utile des façons de gagner le défi de la rentabilité durable.
Blanchard est puissant. Le regard du manager (du motivateur) est un regard de discernement. C'est aussi un regard d'encouragement : vous êtes capable du mieux, je vous le montre en reconnaissant vos réussites successives. Le regard du manager suscite un beau regard intérieur : un regard de tranquille lucidité, un regard de capacité, un regard d'amour propre, de sain respect de soi (par opposition au harassant perfectionnisme).
Je termine sur le magnifique travail de Jean-Marc Dupeux, aumônier général des prisons (bulletin audio) et fournisseur de regards bienveillants. Même un détenu (frappé, à tort ou à raison, d'ostracisme) peut changer son regard sur lui-même. Et donner ensuite le meilleur de lui-même.
Un bel espoir pour les équipes humaines.
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[1] Un tel signe est une protection. Cf. le signe de Caïn. Selon la Bible, Dieu protège et apaise, par opposition à l'accusation permanente, qui frappe, sape et détruit. Voir ceci. (Mmh, l'article de Wikipedia est bourré d'erreurs.)
[2] L'on sait, grâce à Michel Crozier, combien le manager français rechigne à rencontrer ses sbires.
[3] En outre, le consultant Bruno Dusollier explique à merveille quelle langue parler au profil psychologique que vous avez en face de vous.
[ Le regard est un discernement (A qui vais-je donner quoi ?), le regard sur l'autre est de toute façon un signe de reconnaissance, ce type de regard (s'il est bienveillant) amorce chez lui un amour propre tout à fait salutaire au travail, à nouveau le discernement fera de belles choses : la boucle est bouclée | communication - ce qui fait changer une personne | le psychothérapeute Georges Romey estime que la présence d'un regard parental (vrai ou supposé) chez l'enfant détermine une partie de sa future capacité à réussir (viser quelque chose de conforme à ses envies et puis l'atteindre) | le regard est un faisceau de vecteurs, qui bâtit un relief singulier : le regard parental, le regard ainsi construit chez l'enfant, les actualisations que font sur cette matière, dans ce système, le regard (supposé ou réel) des autres | l'oeil et la bague | symboles ] Read More
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Contrôle et sensibilité
~ Le plomb et la grâce
Nous avons tous un métier. Mon métier [1] consiste, entre autres choses, à sortir les gens du perfectionnisme (je vous jure). La perfection est un piège : coûteux, usant, décevant. Le principe de réalité vient heureusement nous tirer du cauchemar, du toujours-plus. Rappel : le mieux est l'ennemi du plus. Plus, c'est quantitatif, c'est la même chose en davantage. Le mieux ? Un changement de système [2], un processus adapté, vivant. Une nouveauté plus fine.
Vous imaginez bien que le 20/80 est des outils atomiques le plus utile ici. Perfectionner, c'est perdre du temps, donc des clients et de l'énergie nerveuse. Donc de l'argent, donc de la vie pour votre entreprise. Bien faire, à l'inverse, c'est accepter de maîtriser la chose à 80 % (notion d'excellence, disjointe de la perfection), donc à fort taux, et puis... de la lâcher. Pour passer à autre chose. Pour amener le truc à son point culminant, je veux parler du point culminant réaliste. Là encore, 80 % c'est un bon taux. Vous changez, vous sautez sur un autre processus : vous gagnez un temps fou à chaque fois.
Parlons management. Comme moi, vous savez bien que le leader situationnel est un kangourou, un animal sauteur (cf. Kenneth Blanchard). Sitôt qu'il amène un collaborateur à la mâturité professionnelle sur une tâche précise, il passe vite à quelqu'un d'autre. Et d'un il se met en réaction par rapport au premier, et de deux il aide le plus fragile à croître. Résultat : deux collaborateurs évoluent au lieu d'un. Les 20 % qu'il a gagnés sur le numéro un deviennent un levier pour le second, les vases communicants s'inter-alimentent.
En outre, on le sait, terminer (achever) un travail jusqu'à l'extrême limite est ce qui prend le plus de temps, donc qui fait chuter la productivité ou la performance de manière drastique. Il faut rationnaliser et accepter qu'un autre vienne achever la chose en cours (ou vienne la surveiller, si on la laisse à 80 %). Vous, vous êtes un(e) boss, un(e) vrai(e) : vous priorisez, réalisez, engrangez de l'argent et dépensez intelligemment chaque minute [3] de votre temps.
Fig. 1 - Lâcher s'oppose à renoncer,
c'est mieux investir ce qui suit et ce qui croît
Je m'arrête ici. (Je relis.) Nous avons parlé de cette folle course à la perfection. Ce marathon est un des fruits du contrôle, du besoin de maîtrise. Ce besoin est humain, il est un fruit de la finitude humaine (look). Et c'est de ça que je veux parler : après la maîtrise, parlons de l'expressivité, cette polarité différente, qui rentre en dialogue puissant avec la maîtrise. Pour aller bien, il faut un mariage intelligent entre les deux.
En cela, le travail de Jean Monbourquette est splendide. De même que celui d'Alexandro Jodorowsky ou de don Miguel Ruiz. Réconcilier les deux grands besoins pour qu'ils accouchent d'une troisième voie [4] sereine, voilà un beau projet.
Il y a beaucoup à dire, alors je vous renvoie ici. Et vous laisse vous attarder sur un tableau des grappes de mots que vous pouvez trouver dans les livres. D'abord, les puissances de contrôle (1). Juste après, celles de l'expressivité (2). On y va :
1. [ Contrôle et structuration (Georges Romey), maîtrise, analyse, décisions, volonté, conatus, pensée cartésienne, esprit de géométrie (Blaise Pascal), cerveau gauche (PNL), animus (Carl Gustav Jung), yang (taoïsme), Juge (don Miguel Ruiz), état Parent (Eric Berne), Surmoi (Sigmund Freud) ],
2. [ Expression authentique et sensibilité (Romey), créativité, intuition, instinct, réceptivité, lâcher prise, synthèse, spontanéité, ressentis (feelings), pensée alternative (lateral thinking - Edward de Bono) ou systémique, rapprochements ou connectivité analogique, esprit de finesse (Pascal), cerveau droit (PNL), anima (Jung), yin (taoïsme), Victime (Ruiz), état Enfant (Berne), Ça (Freud) ].
Renoncer au perfectionnisme, c'est gagner du temps, de la motivation, de l'argent. C'est aussi plus d'efficience. C'est - pour terminer - s'ouvrir à l'expressivité, cette amorce, ce jaillissement continu des réalisations humaines. Ajoutez à cela de la structure (mettons un scoring) et vous gainez vos idées dans un corps (un plan d'actions) réaliste et sain.
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[1] Que dire ? J'aide les équipes à envisager les rapports de force avec un marché, les angles de pénétration commerciale, le suivi visuel (tableaux de bord simples, épinglés en grand), les actions à mener en priorité - compte tenu de leur impact (scoring), et le canal socioémotionnel avec lequel il faut parler à chacun des collaborateurs. Pourquoi ? Pour que chacun tienne dans la durée, j'aide le manager à parler clairement et à féliciter tout ce qui avance. Oui c'est de l'organisation (à visée stratégique) et du management (orienté motivation). Les gains ? Une plus grande liberté quant au temps (priorisations et redéploiements enfin possibles), un succès commercial patent (visible, suivi, "bichonné"), une cohésion des équipes dans la durée (le succès vient... des gens).
[2] A l'échelle des entreprises, il y a aussi des paradigmes, des socles plus ou moins cohérents de croyances, de conceptions (représentations, principes c'est-à-dire valeurs). Et ces socles sont à la fois des marchepieds vers un mieux. (C'est l'idée d'amélioration continue). Le mieux devient alors un plus. Certes, obtenir 25 % de taux de conquête commerciale, c'est davantage (et mieux) que 18 %. Il faut pour autant se dire qu'un seuil viendra (une nouvelle donne ou une usure) où le socle du départ va se crisper, devenir un dogme et étouffer la performance. Il faudra alors un vrai mieux, c'est-à-dire un changement qualitatif des perceptions et modes de travail. C'est toute la différence entre changement 1 (pareil, en plus - donc en bientôt limité) et changement 2 (nouvelles façons de faire, plus fines et davantage en phase avec ce tissu vivant - ce complexus - qu'est la vie). Sur les conceptions et les croyances, lire "Mojo d'entreprise" (ici) et "Vrac de janvier" sur les croyances limitatrices. C'est là. Et puis, sur les changements, il y a une théma - et c'est vers cet article que je compte vous emmener, "Métamorphoses Vs modifications" : là.
[3] Notamment en faisant du management, du vrai, qui booste les équipes. Cf. management-minute.
[ Image (c) Grevel @ Flickr.com | d'après l'étymologie, analyser c'est défaire des noeuds | la grâce, un contrepied à l'effort endémique de perfection | lire l'excellent boulot de Traverson sur la synergie | théma systèmes | théma cerveau | autre sujet - Absara.com, ces jours-ci, passe techniquement de 500 ou 600 lecteurs par jour à environ 100, lire les ratés du serveur allemand qui héberge ce blog, chez Flemming ] Read More
[ << Trente ans - 1e partie ] Trente et un ans - 2e partie
Je suis, pardonnez-moi, obligé de mettre ce billet sous copyright
~ c'est comme ça (la la laah la)
Traces à mes enfants
Le Net repose sur des 0 et des 1, il a un côté fragile. Tout, y compris cette jolie chose qu'est Wikipedia, risque de mourir d'un coup. En vrai ? Oui et non. Mais théoriquement, les supports numériques sont plus éphémères que la pierre sculptée [1]. C'est ce qu'on appelle la finitude, je veux dire que si le Net était un système conscient de lui-même, il serait presque humain : conscient qu'entre la naissance et la borne ultime (la mort), il y a tout l'enjeu de l'amour [2], tout l'enjeu de l'accomplissement [3].
Parlons accomplissement, tiens. Je veux ici dire ce que je retire du travail : les lois qui marchent pour moi. Je vous les livre, et en même temps j'ai une pensée pour mes enfants. Enfants à qui je dis : Voilà du concentré, voilà des conseils. Alors je les donne. Chers vous tous, j'ai trente-et-un ans cette semaine [4] et je vous livre ici le plus profond de mon coeur, dans ce qui occupe ce blog : le plaisir et le discernement touchant au travail. Compléments commentés et personnels bienvenus. Il y a huit principes-éclairs. On y va ?
1. La portabilité - Savoir facilement changer de casquette (père ou mère, professionnel-le, ami-e, etc.) au sein d'une même journée, c'est gage de sérénité,
2. Le coeur - Savoir apprendre de tout le monde, en toute naïveté émerveillée, tout le temps,
3. La visée absolue - Considérer qu'on va mourir un jour pour occuper le maximum de son temps à être heureux, comme une tâche noble et sacrée,
4. Le discernement - Savoir où sont ses proches et leur faire plaisir le plus souvent possible, c'est gage de joie, c'est gage de paix,
5. L'information pure - Poser aux gens des questions, y compris basiques ou attendues, pour confirmer plutôt que supposer, c'est là une source claire pour s'orienter chaque jour,
6. Confiance en soi - Ecouter son intuition, donner le primat à l'expérience intérieure, à l'instinct, et attendre qu'une pulsation intime fasse vibrer quelque chose pour alors coiffer cette résonance d'un processus intellectuel, voilà qui rend heureux, voilà qui relève d'un appui sain sur soi, l'amour-propre devient jaillissant et solide,
7. Jouissance de soi - Se respecter, en corps, en âme, en esprit, pour allonger la longueur de ses jours et faire de soi-même un ami fiable,
8. jouissance du monde - Prendre plaisir à tout, y compris à la difficulté, voilà qui réjouit le coeur, la vie, le sommeil et les idées.
Bien sûr, je suis croyant. J'ai aussi plusieurs bons maîtres, que je mets dans le coeur de tout ça, puis dans une première couronne et enfin dans une deuxième couronne. Le coeur : Alexandro Jodorowsky, Charlie 'Tremendous' Jones, Don Miguel Ruiz. Je passe à la première couronne : Kenneth Blanchard, Taibi Kahler. Deuxième rang ? Françoise Dolto, Jean Monbourquette, les braves stoïciens et - versant asiatique - Tchouang Tseu ; ensuite Paul Watzlawick, Edgar Morin, Anne Ancelin Schützenberger.
Plus intimement, il y a les exemples de ma famille. Et de quelques amis, mais là, c'est mon jardin secret. Pour mes enfants.
Très bonne fin de week-end,
Lionel
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[1] Parlons de civilisations du passé. Connaissez-vous Jiroft ? Splendide et fou.
[2] L'amour, c'est le bon et beau lien, de soi à soi et de soi aux gens et aux choses.
[3] Ce qui est la même chose à mes yeux.
[4] Il existe une liste de cadeaux oscillant entre 4 et 60 €, ici.
[ << Stephen R. Covey, orateur motivationnel - 3e partie ] The Tremendous - 4e partie [ Le siège des besoins humains - 5e partie >> ]
Incroyable : la vie est faite de bonds, de passages, de seuils, de sauts, de sursauts, de fils conducteurs, de contaminations [*] et de surprises. Il s'agit pour moi, ce soir, d'une surprise. Incroyable, j'ai dit.
Ceux qui me lisent depuis deux ans connaissent mon amour pour la cohésion des équipes, le commandement, le charisme, l'animation et la motivation, bref le management. J'aime écrire là-dessus. Et j'aime être au contact des gens qui travaillent et leur faciliter la vie : leur faire gagner du temps, trouver ce qui leur fait envie pour rester ensemble, faire un bon boulot, survivre à la concurrence et s'accomplir. Tout ça, c'est pareil.
Oui.
Qui croyez-vous que j'aie rencontré ce soir ? C'est Charles T. Jones, ici à Toulouse. C'est un gourou du management. Un Américain, donc un vrai. Dans la Ville rose. C'est - tenez-vous bien - l'oncle d'un pasteur local que j'apprécie. (Oui, je suis chrétien.)
Charles - Tremendous - Jones est l'un des 20 meilleurs orateurs du XXe siècle (voyez-vous ça, avec Martin Luther King, etc.). Ce type est simple, direct, transparent et détendu. Il est normal. As you're a management consultant like me, I give you this, m'a-t-il dit. Et c'est une petite Bible : la sienne propre.
La vie est une succession de plein de choses, je vous disais...
Excellent week-end à vous - And best wishes to the Tremendous !
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[*] Capilarité des choses ou mise des phénomènes au diapason, d'après le psychothérapeute Georges Romey. Lire aussi le glossaire de la systémique, cette prise en compte de la complexité (complexité = art des "dominos", des impacts permanents réciproques des parties entre elles et sur un tout ; complication = sophistication, déclinable en catégories distinctes, hardues mais classables).
[ Charles T. Jones est un ami de Kenneth Blanchard | c'est un orateur vif et inspiré, mais aussi un bibliophile accompli (voir aussi ça) | ses indispensables | Ah, lire ! | << Les leaders sont - avant tout - des lecteurs. >> | << Tout le monde a un levier de succès et un mécanisme d'échec. Ce dernier se déroule automatiquement, - alors que - le levier de succès va de pair avec un but. A chaque fois que nous le définissons par écrit et que nous parlons d'un but, nous actionnons le levier de réussite. >> | LeeAundra Temescu et sa typologie des orateurs | à mon égard, un propos du Tremendous tout à l'heure : Ken Blanchard brought management to very basic things and France also needs basic things - c'est vrai | les strokes et l'authenticité (voyez absolument Babel, sur la profondeur et la fracas de la vie, mais aussi sur l'innocence et la spontanéité des hommes) ]
[ << Les indispensables - 8e partie ] Ethique et jeux psychologiques - 9e partie [ La main du collaborateur qui assassine | Grand panorama des incitateurs inconscients | Ethique - 10e partie suite >> ]
Prolongement de module
A mes étudiants. Mmh, nous avons beaucoup parlé des jeux [1]. Leurs caractéristiques les plus communes sont que les jeux :
1. empêchent de travailler,
2. font perdre du temps, de l'énergie et de l'argent,
3. détournent des vrais problèmes [2],
4. usent le moral et la motivation de tout le monde,
5. engendrent de la souffrance, notamment lorsqu'il y a désignation [3] d'un bouc émissaire.
Comment reconnaître un jeu ?
1. Il 'dépasse' ses protagonistes (source inconsciente, pour tout le monde),
2. les frontières entre Persécuteur [4], Victime et Sauveur sont floues - l'on peut être plusieurs choses à la fois car chacune des modalités est ambivalente (frontière ténue par exemple entre un Sauveur très, très vindicatif et un réel Persécuteur),
3. les rôles sont interchangeables - une Victime, à l'instar d'une fragile plante carnivore, peut tout à coup dévorer son Persécuteur, bien surpris. Allons plus loin : il y a même une course en rond, par bonds successifs, les 'joueurs' passant leur temps à changer de case, comme si - dans un western - voleur, diligence et shérif tournaient cosaque en permanence. Pour mieux brouiller la donne [5].
Un jeu ? C'est de la manip' à plusieurs. Tout le monde paye pour quelque chose qui lui échappe (une partie est consentante et délibérée, mais la plupart des enjeux réels sont inconscients). Quoi d'autre ? Le jeu pourrait bien relever du cristal d'Henri Atlan (formation collective optimale, efficiente, arrangée - autant dire figée) ou bien de l'insolite égrégore énergétique (cf. Gestalt).
Allez, les réprimandes du manager, maintenant. Justement, pour sortir du jeu du chat et de la souris. (Rajoutez-y le chien.) Et rentrer dans une vraie dimension de travail [7]. Comment remonter les bretelles d'un collaborateur ? Je le survole avec vous, les curieux pourront laisser un commentaire :
1. se calmer (la colère est bien mauvaise conseillère, qui fait perdre le Nord - la finalité -, vous flanque dans une situation de Persécuteur et tend à vous faire ressortir de biens vilaines collections de timbres),
2. faire taire le concert pseudo-informatif des 'blanches colombes', prétendûment choquées de la conduite de la personne fautive (leurs calomnies nourrissent un jeu, favorisent un travail de sape ou de lynchage ou de vengeance, pour des histoires de territoire - c'est comme ça que travaillent les leadersspontanés, qui dominent la cohue),
3. isoler la personne à 'recadrer', de manière discrète [6],
4. remettre l'individu à niveau, en termes de strokes - oui, remonter l'estime de soi [8] d'un pseudo-fautif va à contrecourant de l'esprit commun ; c'est vrai, sachez juste qu'un intellectuel sera en mesure de mieux vous répondre si vous commencez à lui rappeler qu'habituellement, il vous semble fiable et en maîtrise de son travail, un émotif-empathique, qu'il est aimable et apprécié en général, un créatif qu'il est vif et habituellement surprenant... en bien, etc.,
5. là, exprimer sa surprise, voire son indignation de la manière la plus sincère et la plus vraie qui soit (ça soulage) : Mais comment avez-vous pu faire ça ? Je ne comprends pas : j'apprends que... Il faut absolument que vous m'expliquiez, c'est anormal, cette affaire. Les mots me manquent, je suis choqué, outré, abasourdi... Allez, je vous écoute,
6. la personne, chargée - en étape 5. - de son quota de strokes peut ici parler librement (confort émotionnel opérant), c'est important. Ecoutez-la, intensément, sans l'interrompre. Jusqu'au bout,
7. lui dire alors ce que que vous attendez clairement d'elle (le 'plus jamais ça', le 'maintenant, il faut que vous fassiez ça, vraiment, je suis sérieux'),
8. offrir absolument une porte de sortie à cette situation tendue. L'entretien doit se terminer par une perche tendue, sous peine de créer un employé ivre de vengeance, donc ingérable. D'accord ? Je sais que je peux compter sur vous et que vous allez tout faire pour redresser la barre, je crois en vous marche bien. Donnez la garantie que sitôt la porte passée, vous effacez l'ardoise. Terminez calmement. Avec bienveillance. Avec chaleur, même. Et validez : On fait comme ça ?
J'ai souvent fait ça (durée totale : de cinq à vingt minutes au maximum, sous peine de tension, d'épreuve trop longue).
Eh oui, manager c'est aussi remonter des bretelles. C'est, encore et surtout, l'occasion pour tout le monde de 'jouer son meilleur tennis'. Donc de progresser. Le manager est un levier pour les autres. Un levier vivant : un ressort. Un catalyseur ? Oui et non. Plutôt un humain qui travaille. Et un humain qui ressent.
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[1] Lire le formateur en communication Giampaolo Possagno, p. 109.
[2] Problème = différence (de préférence chiffrée, quantifiée) entre une situation projetée, voulue, et la réalité obtenue. Synonyme de 'fossé à combler', par des solutions, selon un plan d'actions (lire Serge Moscovici et David Gleicher). Résoudre un problème, grâce : 1. au cerveau tout d'abord, 2. à la systémique, 3. à l'éthique décisionnelle, 4. aux groupes experts, correctement animés, ici ou là, 5. au management en général.
[3] Il faut ici relire les travaux de René Girard et d'Yves Enrègle (voir ici aussi).
[4] Ou Bourreau. Cf. triangle dramatique, ci-dessous.
[5] Cf. drama triangle rotation, according to Stephen Karpman [En].
[6] Aimer et travailler, des voies de réalisation saines, selon Sigmund Freud.
[7] Eh oui : si vous l'interpelez en public, le collaborateur se sent humilié, menacé, visé. Vous risquez d'en faire quelqu'un d'acculé. Un futur assoiffé de vengeance. (C'est le fameux Sun Tzu qui déconseille fermement d'acculer quelqu'un, sous peine de le voir se transformer en désespéré de la survie, beaucoup plus fort, donc dangereux, que vous.)
[8] Cf. Confort émotionnel, dans la barre de gauche du blog.
[ Image (c) Clinicaltools.com | le triangle dramatique de Stephen Karpman, situation de jeu par excellence, éminemment systémique | Qu'est-ce qu'un système ? | le bon manager, proposition de synthèse | l'entreprise, un lieu de jeux | un lieu de pouvoir | un lieu de casse et de tensions | revenons-en aux jeux, qu'Eric Berne, dans l'excellent Des Jeux et des hommes, caractérise comme suit : 1. deux, cinq joueurs, ou plus, 2. les mots comme monnaie d'échange, l'argent, ou certaines parties du corps, 3. type clinique hystérique, obsessionnel-compulsif, paranoïaque ou dépressif, 4. fixation orale, anale ou phallique, 5. dynamique contrephobique, projective ou introprojective, 6. structure masochiste, sadique ou fétichiste | 101 jeux au total, dont : Battez-vous, Ce brave Joe, Cette fois je te tiens salaud, Coincé, Courtisan, Critique, Dans mes bras, Donne-moi des coups de pieds, Ereinté, Gendarmes et voleurs, Heureux de vous rendre service, Imbécile, Indignation, Jambe de bois, Je n'en sors pas, J'essaie seulement de vous aider, Je vous l'avais bien dit, M. Tartenpion vous êtes formidable, On me laisse tomber, Pas de baiser, Pourquoi faut-il que ça m'arrive toujours à moi, Pousse-pousse, Psychanalyse, Regarde ce que tu m'as fait faire, Réglons son compte à Joey, Sans toi, Schlemiel-gaffeur, Travail en vacances, Tribunal, Vois si tu peux me faire cesser, Vous êtes d'une perspicacité peu commune, Vous ne pouvez rien pour moi, Vous voyez bien comme j'essaie, Voyez ce que vous m'avez fait faire, etc. | en anglais, ces expressions sont vivantes et fleuries | le jeu de poker à votre insu, d'après les joueurs professionnels Richard D. Harroch et Lou Krieger, c'est quand vous n'avez repéré aucun pigeon à la table (ça veut dire que le pigeon... c'est vous) | fourberies entre associés | sortir des jeux, grâce au psychosociologue français Jacques Salomé - système Sappe et méthode Espere | invalider le jeu, en donnant à l'autre : au pire 'un os à ronger', au mieux un signe de reconnaissance ciblé - cf. les travaux post-bernéens de Taibi Kahler | sortir d'un jeu, c'est parfois 'casser' le système en le recadrant complètement (PNL - A quoi cela ressemblerait-il si nous faisions autrement ?) ] Read More
[ << Éthique en boîte - 7e partie ] Les indispensables - 8e partie [ Ethique et jeux psychologiques - 9e partie >> ]
À mes élèves du Cefire - Un récapitulatif des quinze indispensables à lire, à dévorer :
Communication
8/9 Gérard Collignon, Comment leur dire - InterEditions
[ intérêt *** | simplicité *** | bon marché ** ]
7/9 Bruno Dusollier, Comprendre et pratiquer la Process communication (PCM) - InterEditions
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]
6/9 Jacques Salomé, Pour ne plus vivre sur la planète Taire - Albin Michel
[ intérêt ** | simplicité *** | bon marché * ]
8/9 Christiane Grau et Alain Metral, Aider à retrouver un emploi, La PNL au service de la réinsertion - Jouvence, coll. Trois Fontaines
[ intérêt ** | simplicité *** | bon marché *** ]
7/9 Richard Bandler & John Grinder, Les Secrets de la communication, Les techniques de la PNL - Les Editions de l'homme
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]
7/9 Roger Mucchielli, La Dynamique des groupes, Processus d'influence et de changement dans la vie affective des groupes - ESF éditeur, coll. Séminaires Mucchielli
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]
9/9 Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe - Points, coll. Essais
[ intérêt *** | simplicité *** | bon marché *** ]
Métaphysique
8/9 Alexandro Jodorowsky, L'Echelle des anges : un art de penser - suivi de 'Image de l'âme' - Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché *** ]
Anthropologie et psychologie
7/9 René Girard, Les Origines de la culture - Desclée de Brouwer
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché ** ]
8/9 Jean Monbourquette, Apprivoiser son ombre - Bayard
[ intérêt *** | simplicité *** | bon marché ** ]
8/9 Boris Cyrulnik, Les Nourritures affectives - Odile Jacob
[ intérêt *** | simplicité ** | bon marché *** ]
Ma formation - 1e partie [ Sur mon trente-et-un - 2e partie >> ]
Trente ans depuis janvier. Alors que dire ? Un homme [1] devrait faire des bilans et c'est ce que je fais. Je peux dire que je sais ce qui me plaît et aussi ce qui me déplaît. Pareil dans les comportements, les miens et ceux des autres. Et puis je sais où je veux aller et - par symétrie - ce qui me repousse. Ce en quoi je crois et ce que j'exclus... C'est important.
Je pense qu'un homme devrait aussi pouvoir reconnaître ce qui l'a constitué, inspiré, touché, bâti.
Ma formation intellectuelle, esthétique et morale, jusqu'à aujourd'hui, consiste - entre autres - en systèmes, auteurs ou personnages précis. J'en donne ici vingt, en vrac :
- la Bible m'apporte tout, particulièrement quand je me penche sur le sens premier (étymologique) des mots, le péché, la grâce, le salut, etc.,
- Gilbert Durand m'indique que l'activité humaine s'articule autour de trois grandes fonctions, la première élève et descend les choses, la seconde parle à l'intériorité et bâtit le dedans, la dernière donne un rythme, une répétition, une reproduction (salutaire) aux choses,
- Alejandro Jodorowsky me montre que le monde est un ensemble interprétable et interprété par l'homme, l'homme avec tout son arbitraire superbe, original,
- René Girard fait le pont (notamment historique - phylogénétique) entre nature et culture humaines, c'est passionnant,
- Edgar Morin (aussi important que jadis Pic de la Mirandole) synthétise magnifiquement le savoir actuel, il dépasse la description des choses en montrant le lien intime qui agite et structure les changements, bref la vie,
- Françoise Dolto réconcilie psychisme et corps, individu et lien familial, individualité spécifique et besoins de l'espèce,
- Anne Ancelin Schützenberger décrypte les petits inconscients groupaux, qui font transiter (sauter) l'information de symbole en symbole,
- René Arped Spitz démontre que la survie psychique et physique dépend de l'existence de rapports interpersonnels,
- Kurt Lewin décrit le va-et-vient entre individus et structures groupales, que ces structures soient perceptives ou encore morales,
- Taibi Kahler démontre que nous sommes tous un peu semblables, en proportions intérieures toutefois différentes, et que toutes nos composantes sont utiles - par ailleurs, tout chez l'homme travaille à l'obtention de signes de reconnaissance,
- Boris Cyrulnik a l'intelligence de convoquer l'ensemble des sciences humaines et cognitives pour parler de l'inconscient (ici affectif, cognitif et instinctif),
- Georges Dumézil dit bien que les peuples ont des structures mythologiques précises, qui façonnent leur imaginaire culturel et politique,
- Kenneth Blanchard indique fort à propos que la façon de parler à quelqu'un (c'est important) doit s'adapter aux contextes, par ailleurs un environnement stimulant consiste à surprendre ses parties-prenantes en flagrant délit de... réussite,
- Baruch de Spinoza estime que le monde n'a pas d'autre finalité que sa propre félicité - en cela, il fait du bonheur une fin en soi,
- Carl Gustav Jung décrit le mythe comme un lien puissant, dynamique, fascinant, entre nature et culture et aussi entre individualité et collectivité,
- Charles Bukowski écrit comme il parle, le plus simplement du monde,
- la sculpture des Cyclades et l'art du Ghandara me frappent et me stimulent par leur simplicité étrange (pureté et efficacité esthétiques),
- Martin Luther insiste sur la grâce plutôt que sur les efforts métaphysiques angoissés,
- Jean Moulin et Martin Luther King montrent que la persistance (bien orientée) est une vertu suprême,
- Jacques Bergier et Louis Pauwels [2], enfin, révèlent que la vérité n'est pas dans le corpus académique mais plutôt dans les rêves, dans le vivre-ensemble (socius) et dans les actes des hommes. Génies précurseurs.
Voilà.
Parlons de vous : qu'est-ce qui vous a formé(e) ?
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[1] Un humain.
[2] Merci à mon beau-père de m'avoir fait découvrir la revue Planète très tôt dans la vie. Read More
Riche est le management situationnel. Simple et cohérent [*] : fonctionnel. Kenneth Blanchard (voir ici) - aidé de Paul Hersey - est beaucoup lu. Appliqué ? Trop peu. (Jamais !) Et que dit le terrain ? Pas grand chose de bon : souvent le collaborateur débutant est lâché par ses pairs, son référent préférant se consacrer aux travailleurs chevronnés - si ! Penchons-nous à présent sur ce que ressentent les débutants que j'ai la chance (et le plaisir) d'écouter : la délégation tous azimuts, l'incroyable absence des supérieurs, sont des incitations à l'échec, à la cible loupée. Autant dire que lâcher un débutant, c'est le livrer aux cogitations, aux doutes, à la peur de flancher. La porte est tout près : traiter un novice comme un égal autonome, c'est le condamner à la férocité des critiques (le bouc émissaire se profile), à la violence des petits chefs, à la vindicte des supérieurs incapables de fixer des objectifs et d'évaluer - en vrai, de manière dynamique, avec la part d'anticipation nécessaire sur le moyen terme - le travail des sbires.
Mmh, des progrès à faire. Les supérieurs (ici hiérarchiques) évoquent, à des moments, le jambon supérieur...
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[*] Simple, oui. A décliner toutefois en fonction des profils individuels.
[ Un débutant, cela se cadre et se serre au corps - politiquement incorrect ? Pourtant vrai : à ce stade, la présence du chef, même forte, est une nécessité psychologique | implication du débutant | carotte et bâton, 1 et 2 | enseignement des strokes - au pire, mieux vaut sévérité et directivité extrême que... rien du tout | le bon manager, proposition | le bon manager produit clarté cognitive et magie | magie - la figure managériale de Merlin | management quotidien - les surprises d'une équipe | systémique - tiens, Agoravox reprend un article d'Absara, merci ! | salutations à mes stagiaires du Cefire ]
[ Kenneth H. Blanchard - Ressources Absara : 1.Apologie de la souplesse, 2.Hersey et Blanchard à l'assaut de la banlieue française, 3.Identifiez les leviers de motivation de vos collaborateurs, 4.Un bon manager, proposition de synthèse | Zap the gaps, résumé | Comment développer son leadership, chapitres entiers sur Selfway.fr, l'excellent blog d'Olivier Piazza | ce que Blanchard pense de l'influence | tiens, parlons de l'influence, oui : Dieu sait qu'il en faut aux managers | l'expert en management Richard Barret attribue à son Facilitateur (profil de manager) la capacité d'influence | autres profils | influence, l'apanage du manager dans la culture | l'influence d'après le grand psychosociologue Serge Moscovici et la persuasion selon le consultant en performance humaine David Straker | Moscovici (références) est le penseur des minorités persuasives, ces groupes qui parviennent à contaminer les attitudes d'une majorité par une ligne de conduite forte et cohérente : 1. se rendre visibles en permanence, occuper le devant de la scène tout le temps et partout, 2. condenser sa philosophie autour de quelques principes clairs, pragmatiques, faciles à identifier, faciles à retenir pour tout le monde, 3. faire preuve d'une solidarité totale à l'égard de chaque collègue du groupe (l'on songe à la Légion étrangère qui - par exemple - rapatrie systématiquement le corps des camarades tombés, au péril de sa vie), 4. faire preuve de tolérance à l'égard des valeurs de la majorité et montrer ainsi que le groupe minoritaire est un havre de liberté et de disponibilité à l'autre | Le réseau, lieu d'influence ? | la dynamique de groupe, discipline de l'influence par excellence | Emile Durkheim (1858-1917), le sociologue qui a démontré que l'individualité était perméable aux influences sociales, une préfiguration superbe de la complexité, du maillage serré - interdisciplinaire - dont l'humain se compose, selon Edgar Morin (version très, très claire) | L'organisation, foyer de névroses (part. 1, 2 et 3) ou tremplin vers le bonheur ? ]
Elles sont réactives, nos entreprises. C'est même ce qui les caractérise. Elles sont pragmatiques et tournées vers le gain d'argent, ce qui est sain. Le bémol ? Les querelles de personnes. Cartographier les relations et le socio-émotionnel en général est une gageure. Mettre les doigts dans ces histoires de rapports humains peut vous coûter... les doigts. (Aïe, les territoires.) Pourtant c'est dans l'humain que les entreprises ont à gagner : fidéliser, mobiliser, connaître et faire adhérer les troupes. L'union (mutualisation, synergie) fait l'efficience : elle mobilise les forces de chacun pour lui donner en retour la gratification qu'il attend (cf. strokes). Et chacun 'bosse'. L'union démultiplie les forces, tel un système gorgé de potentiels... compatibles. A condition de passer un peu de temps [*] là-dessus. Passons aux institutions.
2. Les institutions
Elles diffèrent complètement des entreprises. En quoi ? Elles sont fondées sur autre chose : l'argent n'y est plus souverain. Ce qui l'est, c'est la relation. La relation hiérarchique, bureaucratique, parachutée. Je m'explique : la verticalité domine. Des ingénieurs ou des stratèges conçoivent des choses, qui sont ensuite déclinées (déroulées) sur le terrain. Là où ce dernier avait voix au chapitre avec les entreprises, il passe souvent au rebut. La bonne nouvelle ? Il n'y en a pas. Si ce n'est la bonne volonté que les uns et les autres se donnent à produire des mouvements. Premier constat. Deuxièmement, les institutions - quand il s'agit de les rendre pragmatiques - freinent des quatre fers : l'homéostasie grippe les rouages. La verticalité est un credo, c'est une pensée magique, fédératrice, éternelle. Un peu comme un archétype. Ou une forme donnée a priori comme bonne. Et pourtant, l'on reconnaît un arbre à ses fruits. Là où la verticalité excelle en situation d'urgence (rapidité d'exécution, procédures pensées à l'avance, liens réduits à leur plus simple expression), elle devient un handicap quand il s'agit de vivre. C'est-à-dire de prendre des risques et de s'adapter. Bref, de faire un travail sain : de produire un plus ou un mieux.
Les institutions sont des squelettes. Les entreprises ? Des muscles. Il manque une moëlle épinière faite de gens. Des gens soucieux de résultats.
Je cherche l'homme, disait Diogène. Outre la lanterne, espérons que le philosophe ait emporté quelques provisions pour la route...
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Un bon manager, proposition de synthèse - 1e partie [ Satisfaire et frustrer, une synthèse | Druon fait sa mythologie - 2e partie >> ]
Mmh, compliqué. Qu'est-ce qu'un bon manager ? Une réponse façon Jacques Attali, l'éminence grise de François Mitterand, poserait que le bon management est une rencontre. Une rencontre entre un caractère d'exception (the right man - ou woman - diraient les psychosociologues américains) et une situation d'histoire : un contexte de préparation mentale, une disposition générale suscitant l'action. L'occasion fait le larron. Mais cette définition concerne avant tout l'aspect de chef opportuniste - au sens noble - voire de guide [1] collectif. Quid de la motivation des troupes, aspect pourtant essentiel ?
Souvenons-nous que la conduite des hommes prend souvent la forme d'un triangle : 1. la poigne du manager, 2. la pertinence de son projet, 3. sa qualité d'écoute [2]. Englobons ce talent d'écoute dans le large processus de mobilisation d'autrui. Soit la possibilité de reconnaître chez les autres certains leviers de motivation (par exemple les métaprogrammes [3]), de les couler dans une proposition d'action commune et de remporter ainsi l'adhésion intellectuelle et psychosociologique de l'individu concerné. Quatre qualités-clés se font tout naturellement jour : 1. avoir de la poigne, c'est-à-dire une ferme résolution (capable de faire face - y compris de la manière douce - à des heurts [4], à des imprévus, à des oppositions), poigne tendue vers l'accomplissement de quelque chose, 2. avoir un projet et être en mesure de le présenter clairement, en mettant l'accent sur tous les aspects positifs (y compris en termes de territoires individuels - même à l'échelle de votre personne, monsieur, madame, vous y gagnez), 3. savoir identifier les leviers de motivation propres à chacun, ou du moins aux principaux piliers (les prescripteurs) du changement ou de l'initiative, 4. être capable d'actionner ces leviers, pour les uns et pour les autres, même s'ils sont aux antipodes de votre propre façon de voir. Par exemple, valoriser quelqu'un régulièrement est étranger au mode de fonctionnement d'un manager qui est tout en force, tout en mérite, tout en abnégation (attention au syndrôme du chevalier autosuffisant, crispé, au-dessus de tout).
Pour rappel, la palette de qualités managériales admises par les grands cabinets de ressources humaines sont : 1. la conscience de soi (bien se connaître, surtout connaître ses seuils éthiques [5], grâce essentiellement à l'expérience et aux échecs passés), 2. la maîtrise de soi, 3. la motivation (notion à préciser - parlons plutôt de détermination), 4. l'empathie (oui, absolument !), 5. l'aptitude aux relations sociales (les disciples autoproclamés de Carl Gustav Jung qualifieraient ceci d'extraversion, cf. MBTI), 6. l'amabilité (j'appelle cela la capacité à respecter la personne humaine, couplée d'une bonne maîtrise du référentiel culturel - du contexte de normes et de valeurs - dans lequel l'acte de management a lieu), 7. la rigueur (c'est bien la moindre des choses), 8. l'ouverture à l'expérience (et pourquoi pas à l'évolution possible... des autres, c'est la délégation, la promotion, la reconnaissance professionnelle par l'extension des responsabilités d'autrui).
Si je rentre dans le détail, je m'aperçois qu'un bon manager fait preuve de : 1. sens de l'équité (il récompense les méritants, protège les faibles des forts, adapte la 'sévérité' des arbitrages à la capacité de chacun), 2. leadership et charisme (sait conduire des hommes, proposer des actions, séduire et fasciner les troupes), 3. 'intelligence' motivationnelle (sait personnaliser les signes de reconnaissance - les strokes), 4. aptitude à la dynamique de groupe (sait associer les bonnes forces entre elles, au bon endroit, au bon moment), 5. relationnel facile, extraversion, écoute attentive, intuition, 'sixième sens ' à fleur de peau, 6. exemplarité absolue.
Fig. 1 - Promethea, un bel archétype de la sagesse,
de la sensibilité personnelle et de l'expérience collective
(c) Alan Moore et Alex Ross
Ce qui m'amène à conclure qu'un manager est certes l'homme ou la femme de la situation, capable de savoir si ses collaborateurs, dans un contexte d'entreprise - par exemple une phase d'évolution -, ont besoin de ceci ou de cela. A un moment donné, s'entend. Le manager doit en outre savoir saisir le contexte interpersonnel (la mâturité de la personne, de même que son profil motivationnel) et groupal : la dynamique de groupe en direct.
Intègre, travailleur, extraverti, fin 'psychologue', tendu vers la réalisation concrète des choses (qualités intrinsèques), le manager réalise au quotidien une synthèse de ses propres aspirations, de celles de l'entreprise, de celles du groupe en temps réel, de celles des individus isolément.
Ce qui me fait dire que le manager est une locomotive et un acteur ouvert de la sphère éthique - l'éthique est une saisie intuitive ou analytique des enjeux contradictoires portés par les uns et les autres. C'est un systémicien. C'est un opérateur plongé dans l'entreprise et dans l'humain. C'est un homme ou une femme... en marche.
Mais un doute me saisit : le manager sait-il rire de lui-même ? Hum, hum.
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[1] Yves Enrègle et William Rockwell Torbert sont d'excellents théoriciens du leadership en tant qu'art de guider. Ajoutons-y peut-être Richard Barrett et son Sage visionnaire.
[2] Manier la carotte et le bâton, un art délicat - 1e partie, 2e partie.
[3] Les consultants Christiane Grau et Alain Métral, déjà cités, les identifient comme tels : 1. je tends vers ; je me retire de, 2. je peux faire ; je veux faire ; je dois faire, 3. je prends la main ; les autres le feront plutôt, 4. j'agis comme je veux ; j'agis en fonction des autres, 5. j'accomplis un vieux rêve, formulé dans le passé ; j'agis ici et maintenant, on verra bien ; j'ai des objectifs pour le futur, qui me poussent à agir, 6. je veux m'apanouir avant tout ; je veux influencer les choses et les gens ; je veux du lien avec certaines personnes et cheminer avec elles. Cette grille est tout à fait intéressante. Vous pouvez la compléter avec les apports de Paul Hersey et Kenneth Blanchard : 1. individu ne sachant pas, ne voulant pas, ayant besoin de directivité, 2. ne sait pas mais veut bien agir, besoin d'explications ou de formation, 3. sait faire les choses mais ne veut pas, besoin de rencontre - voire de confrontation - et de négociation, 4. sait et veut faire, besoin de prendre des responsabilités, d'évoluer, de saisir une promotion. Très utiles, en outre : les outils de Taibi Kahler et de la nébuleuse fort dynamique de l'école contemporaine de l'Ennéagramme. Ce qui donne, si on synthétise librement ces deux approches, des personnes en recherche de : 1. maîtrise intellectuelle, informations claires et retours rationnels sur le travail effectué (Travaillomanes et Perfectionnistes), 2. valorisations affectives, porteuses d'une bonne ambiance humaine, favorisant le sentiment d'utilité et l'épanouissement socioémotionnel de la personne, y compris dans l'aide aux autres (Empathiques, Altruistes, Médiateurs), 3. défis personnels, emprise sur les choses concrètes et sur les gens, sensations de dépassement de soi, voire de domination - même par le charisme et le charme -, besoin d'un management musclé, 'viril', pragmatique, favorisant le mérite et les actions de conquête (Promoteurs, Battants, Chefs), 4. respect des spécificités personnelles, de la spontanéité, du vrai Moi de la personne, en autorisant les actions profondes, libres, créatives, lentes ou - au contraire - très dynamiques et farfelues (mélange de Rêveurs et de ceux que René de Lassus qualifie de 'Moi, j'suis comme ça', c'est-à-dire grosso modo les Rebelles, les Romantiques et les Epicuriens), 5. attachement aux principes, aux valeurs, à l'éthique et aux repères moraux, qu'ils soient partagés de tous ou d'un(e) seul(e) (Persévérants, Loyaux-sceptiques).
[4] C'est le Talmud, écrit de sagesse juive, qui - dit-on - détache quatre façons de procéder face à l'hostilité : 1. la légitime défense, 2. le martyre, qui oscille entre la passivité et la non-violence à même de convertir les bourreaux, 3. la fuite, 4. la résolution par le dialogue. C'est, de mon point de vue, synthétique et lumineux.
[5] Un bon moyen de les envisager, c'est de cartographier ceci.
[ Un manager est quelqu'un capable d'impulser, de conduire et de faire aboutir le changement, notion inscrite dans la culture | Olivier Piazza commente le Manager minute et pré-publie une partie du dernier ouvrage de Kenneth Blanchard | hériter d'une équipe, les précautions | profils psychosociologiques - panorama | Umberto Eco et son mythe du surhomme | Promethea, un superbe travail sur les archétypes (En) | Je postule que la figure du manager actualise les spécificités de l'animus et de l'anima jungiens, qu'en pensez-vous ? ] Read More
Les quatre dimensions du profilage ou comment créer vos propres questionnaires - 1e partie [ Satisfaire et frustrer, une synthèse - 2e partie >> ]
Le management (en particulier quand il s'agit de cartographier la motivation des équipes) utilise bon nombre de filtres : beaucoup de modèles détachent un profil sommaire de vos troupes, individu par individu.
Mais les quatre axes à retenir, selon moi, sont les suivants :
1. Motivation générale. Qu'est-ce qui motive la personne dans la vie [1], tout registre confondu ?
2. Champs professionnels [2] privilégiés. Aime-t-elle plutôt prévoir, analyser voire modéliser les choses, ou bien les lancer, ou encore les réaliser elle-même, ou bien les contrôler, voire les améliorer ? Aime-t-elle faire elle-même ou faire faire ? Est-ce vrai dans le domaine intellectuel (les idées), dans le domaine technique (les chiffres, les processus), dans le domaine opérationnel (les actes), dans le domaine humain (les échanges, les signes de reconnaissance, l'attachement) ? M'est avis que le modèle du psychanalyste Yves Enrègle [3], particulièrement simple, peut être d'un grand secours pour commencer large.
3. Leviers de motivation socio-émotionnels. Un gros morceau. Il s'agit là du programme individuel de la personne, de son style, de sa grille de lecture du monde [5], de ses valeurs [4], de ses penchants intrinsèques. Autant dire de sa personne, au sens le plus intime (et inconscient, voire réflexe) du terme. Un conseil ? Combinez puis synthétisez librement les modèles - particulièrement opérants - de l'Ennéagramme et de Taibi Kahler. Cela peut donner des choses du type : aime (et déteste manquer de) maîtrise intellectuelle, aime les défis personnels ou encore l'aide égalitaire aux autres (sur un mode adulte-adulte, voire - vitesse supérieure - gagnant-gagnant) ou bien affectionne le fait de materner. Quelques autres ? Aime se retrouver en soi-même au calme. Ou encore aime jouir de la vie, sans contrainte, à toute vitesse, en permanence. Et caetera.
4. Modes de leadership à privilégier. Il faut revenir au modèle [6] de Paul Hersey et Kenneth Blanchard : le management situationnel. Pour nous en parler, en trois mots, je redonne la parole à Christiane Grau et Alain Métral : 1. celui qui débute a grand besoin de directivité, 2. celui qui sait peu mais veut bien progresser doit se faire expliquer les choses (notamment par de la formation), 3. celui qui sait mais ne veut pas ou ne veut plus [7] doit être fidélisé (ré-engagé, au moyen d'objectifs négociés). Enfin, 4. : celui qui sait faire et qui a envie de faire doit être laissé en paix, vous intervenez auprès de lui seulement s'il le demande. Ceci étant dit, où en est chacun de vos collaborateurs ?
Récapitulons : qu'est-ce qui enthousiasme votre collaborateur ? Quels sont ses modes comportementaux privilégiés, au travail ? Quel est son profil socio-émotionnel ? Comment aime-t-il (et comment a-t-il besoin [8]) être ou d'être guidé ?
A vos neurones. A vos jambes aussi, car vous devrez parcourir les services, questionner les gens et peaufiner votre questionnaire au contact de minies-populations test. Voire d'experts. Mais c'est un autre débat...
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[1] Souvenez-vous de l'anecdote qu'Eric Berne rapporte de ces salariés qui, immergés dans leur entreprise, se sentent écrasés et cotonneux. Une fois au bowling, entre copains, ils rivalisent d'enthousiasme et d'énergie (cf. Des Jeux et des hommes). Il y a là détection d'un déclic motivationnel fort. En l'occurrence en dehors de l'entreprise.
[2] Il faut envisager ici quels penchants la personne affectionne, dans un contexte de travail (sous semie-contrainte). C'est le psychosociologue anglais Meredith Belbin (voir également ici), qu'il faut - pour le coup - distinguer. Avec lui, son cortège de Priseurs, Concepteurs, Experts, Organisateurs, Propulseurs, Perfectionneurs, Promoteurs, Coordonateurs et Soutiens : des rôles d'équipe - typés 'entreprise' -, potentiellement indépendants de ce que les gens aiment faire 'dans la vraie vie' (cf. [1]).
[3] D'après Yves Enrègle, les équipes se découpent en polarités de réalisation, de guidage, d'organisation et de mobilisation. C'est le Village gaulois (si !) - Détails ici.
[4] Mieux que tout autre modèle de communication, c'est la programmation neurolinguistique (PNL) qui cartographie le mieux les grilles de lecture que nous jetons sur le monde : les métaprogrammes (ou filtres cognitifs induisant une action). Cela confine, à mon sens, à de la philosophie, au sens le plus élevé du terme. (Note - Sur le fécond dialogue qui se produit entre sciences humaines et philosophie, la vision d'Emmanuel Ferraguti est exemplaire.) Quelques métaprogrammes ? Les consultants Christiane Grau et Alain Métral les indiquent clairement. Il y a (p. 79) : 1. l'orientation (je tends vers ; je me retire de), 2. l'opérateur modal (je peux faire ; je veux faire ; je dois faire), 3. la modalité d'implication (je prends la main ; les autres le feront), 4. cadre de référence (j'agis comme je veux ; j'agis en fonction des autres), 5. rapport au temps (j'accomplis un vieux rêve, produit dans le passé ; j'agis ici et maintenant, on verra bien ; j'ai des objectifs pour le futur, qui me poussent à agir), 6. base de motivation (je veux m'apanouir avant tout ; je veux influencer les choses et les gens ; je veux du lien avec certaines personnes et cheminer avec elles).
[5] Qu'est-ce qui, outre l'éthique (version systémique), analyse le mieux les points de tension entre nos valeurs, à l'oeuvre tant à l'intérieur de nous-mêmes (cf. seuils) qu'en friction avec l'extérieur ? Ma réponse ? Rien.
[6] Je reprends une note importante, sur la motivation. (La voici :) Comme le pense le cadre RH d'une mutuelle belge (voir ce forum), l'on peut (doit ?) coupler le leadership situationnel au process communication management (PCM), qui analyse les motivations individuelles. La valeur ajoutée du PCM étant de considérer les canaux de communication comme un levier de management à part entière. Ce cadre estime donc qu'une application trop littérale du leadership situationnel [ndlr - primat de la mâturité sur les motivations intrinsèques] peut générer de véritables catastrophes. Prenons un exemple. N'importe qui, poursuit-il, peut se trouver à un moment donné en situation de - débutant - et avoir besoin de directives claires (compétence faible, focus sur la tâche). Ainsi, un manager formé 'à la hussarde' - pourrait-il - être tenté d'utiliser systématiquement un style directif, anxiogène et froissant pour environ... 85 % des managés. En plus de la maturité professionnelle, il faut aussi tenir compte du tempérament propre à chacun. Conclusion : lorsqu'on sait jongler avec les 'Voudrais-tu bien me faire cela pour demain ?' et les 'Faites-moi une proposition !' on a - déjà - fait un grand pas.
[7] Voir Les objectifs sont des contrats entre humains. C'est par ici.
[8] Ce qui est souvent la même chose, étant entendu que vos managés attendent de vous une cohérence face à leur situation (cohérence = clarté cognitive, prévisibilité des choses).
Cadeau, vous héritez d'une équipe ! - 1e partie [ L'entreprise s'invite à l'armée - 2e partie >> ]
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Nous l'avons vu : manager des hommes est chose ardue. Vous récupérez une équipe, jadis recrutée, formée, managée par un(e) autre ? Gare et re-gare : il y a des règles à respecter. Elles dépendent essentiellement des habitudes, des traces que votre aîné(e) a laissées chez vos nouveaux collaborateurs. Les très bonnes traces, comme les mauvaises [1].
Si votre fonction exige une exemplarité, un charisme magnétique et un leadership bien trempé (bref, une mise en avant très forte), j'ai un conseil à vous donner. Renseignez-vous sur le style (ou - mieux - les styles) de votre prédécesseur. Les résultats de vos actions peuvent, en effet, varier du tout au tout. Vous pouvez faire un four calamiteux comme exceller, tel un nouvel Alexandre.
En clair, quatre cas de figure apparaissent. Vous succédez à quelqu'un dont le management était :
1. plutôt entré sur la personne,
2. plutôt centré sur la tâche.
Vous avez logiquement quatre grands types de profils. Les voici, selon ma terminologie personnelle :
Exigeant | intérêt pour les gens | directif
Autoritaire | intérêt pour les tâches | directif
Humaniste | intérêt pour les gens | souple
Intellectuel | intérêt pour les tâches | souple
Le management situationnel étant, pour paraphraser Paul Hersey et Kenneth Blanchard, un recours à quatre styles différents, en fonction des impératifs de la situation. Vous me suivez ?
Voici maintenant ce que je vous recommande :
Contexte historique Exigeant [2] | soyez Autoritaire au début puis progressivement Exigeant
Contexte Autoritaire | soyez Autoritaire au début, puis situationnel (diversifié), en fonction des profils que vous managez
Humaniste | Exigeant au début, situationnel ensuite
Intellectuel | Exigeant au début, situationnel ensuite
Tout cela a un sens. Quand vous héritez d'un groupe à motiver (doté d'une culture), il faut impérativement profiter de l'effet de surprise que vous provoquez. Votre entrée en scène doit servir à asseoir votre autorité, votre capacité à mener des actions. A la suite de quoi, vous pouvez (devez ! - sauf culture 'Autoritaire' institutionnelle) à la fois dessérer l'étau et adapter votre style : 1. au degré de maturité de chaque managé (ordonner au débutant, convaincre l'habitué, faire participer le chevronné, déléguer à l'expert), 2. au profil motivationnel de chacun. Dans le second cas, c'est certainement Taibi Kahler qu'il faut re-convoquer.
Sachez donc valoriser le cérébral pour les résultats concrets qu'il apporte, montrez au sentimental empathique à quel point ses émotions chaleureuses (bien canalisées) donnent des couleurs au groupe, donnez des ordres clairs au rêveur perdu dans son 'cosmos' puis laissez-le trouver en lui les ressources intimes dont tout le monde a besoin pour cette mission délicate, lâchez le battant-fonceur sur de nouveaux défis excitants pleins d'adrénaline, de muscle et de 'gnaque', reconnaissez la fiabilité du loyal-idéaliste et faites remarquer à quel point ses principes rigoureux apportent un cadre salutaire au projet, enfin, stimulez ce profil 'enfantin' spontané, bourré d'énergie, d'idées, d'enthousiasme : mobilisez sa créativité sur des processus qui le demandent. Travaillomane (25% des effectifs en moyenne, d'après Gérard Colignon, voir également ici), Empathique (30%), Rêveur (10%), Promoteur (5%), Persévérant (10%), Rebelle (20%). Tout y est.
Dernier point : c'est l'excellent Management, paru aux editions Pearson education, qui me permet de conclure. Pour cette somme synthétique (très claire), l'intelligence émotionnelle du manager comporte tout un faisceau de qualités précieuses [3] :
1. la conscience de soi,
2. la maîtrise de soi,
3. la motivation,
4. l'empathie,
5. l'aptitude aux relations sociales.
A quoi le test chouchou des cabinets de ressources humaines de la planète, le fameux Big Five, ajoute : 6. l'amabilité, 7. la rigueur (application sur une tâche), 8. l'ouverture à l'expérience.
Un beau programme : du pain sur la planche, n'est-ce pas ? (Mmh, cette équipe, vous la voulez toujours ??)
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[1] Est bon tout management qui produit des fruits. Bref, qui motive les collaborateurs : 1. sens de l'équité (je récompense les méritants, je protège les faibles des forts, j'adapte la ' sévérité ' des arbitrages à la capacité de chacun), 2. leadership et charisme (je sais conduire des hommes, proposer des actions, séduire et fasciner les troupes), 3. personnalisation des signes de reconnaissance, 4. aptitude à la dynamique de groupe (voir ici) - je sais associer les bonnes forces entre elles, au bon endroit, au bon moment), 5. relationnel facile, écoute attentive, 'sixième sens' à fleur de peau, 6. exemplarité absolue.
[2] Vous l'avez compris : c'est bien de culture que nous parlons.
[3] Finalement beaucoup plus comportementales (relationnelles) que rationnelles.
[ Images (c) Netsoc.tcd.ie, Cdpdj.qc.ca & Pearson education | profils de dynamique de groupe | management | Absara.com et la motivation | je vous recommande en outre les ressources de la barre latérale ~ management | ~ motivation ]
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Apologie de la souplesse
Je suis motivé par ce qui me procure des strokes. Le constat est là. Mais Kenneth Blanchard, le père du Manager minute, est aussi à l'origine d'un management particulier, comprenez une façon de motiver les gens pour qu'ils se surpassent et aident l'entreprise à faire au mieux. Quel est ce management ? En quoi motive-t-il les gens ?
Bref rappel : dans les années 1970, Robert R. Blake(1) et Jane S. Mouton déterminent une première cartographie du management. Il s'agit du profil des leaders, caractérisé par deux axes. Le premier (abcisses sur le graphe) correspond à l'intérêt du manager pour la tâche, c'est-à-dire l'organisation et la prise en main de ce qu'il faut faire. Le second symbolise sa relation aux autres, l'intérêt pour les gens. De ces deux axes croisés (une matrice) surgissent quatre profils : le ' tâche faible - personnes faible ' est qualifié de laxiste désengagé, le ' tout-tâche et rien pour les autres ' est un individu à la fois persévérant, autoritaire et bourru, le ' tout-personnes er rien pour la tâche ' est une espèce de gentilhomme philanthropique, quant à celui qui combine à la fois le plus fort intérêt pour la tâche et le plus fort engagement interpersonnel, il est salué par les auteurs comme l'homme providentiel. Le meneur par excellence, le Team Leader, la perle rare. Il est fidèle à la tâche, aux objectifs, et il valorise les hommes. Quelle aubaine !
Kenneth Blanchard, aidé de Paul Hersey, se penche sur ce modèle et en cerne rapidement les limites. Tout d'abord, tout comportement constant, y compris celui du Team Leader, est une plaie (!) Le bloc de pierre, fût-il plaqué or, est l'antithèse du manager. Pourquoi ? Parce que manager des hommes implique que l'on s'adapte à eux. Telle population travaille mieux, et se sent plus motivée, au contact de tel manager, alors qu'une autre le trouvera détestable. Pour les mêmes caractéristiques, de surcroît. Les groupes sont éminemment pluriels. Deuxième idée : le vrai moteur managérial (la ressource énergétique) réside - tenez-vous bien - dans les managés eux mêmes. C'est une révolution copernicienne, où le manager idéalisé quitte sa position centrale de roi pour venir occuper... tout l'espace. Ou plutôt tous LES espaces humains, un par un. La culture du résultat ' long terme ' prévaut. Le manager se transforme en comète. Il devient vif-argent. L'idée d'efficacité se retrousse intégralement : le manager se fait gérant, manipulateur de ressources, spécialiste touche-à-tout du potentiel humain. Finie l'exclusive de tel ou tel style ! Tous constituent non plus une finalité mais plutôt une base mobile, qu'il faut parfaitement maîtriser. Le chef d'orchestre est un homme complet (2).
(c) Opedart.com
Non pas un, mais quatre management
Récapitulons. Premièrement, il faut maîtriser plusieurs styles. Deuxièmement, ce sont les managés qui font le manager (si celui-ci est attentif, habile et ouvert). Il y a encore un point : la maturité. Il s'agit de la maturité constatée. Où en est Untel dans sa capacité à bien gérer cette tâche ? Voilà le leitmotiv du manager situationnel. Tout part d'un constat. Or, la maturité s'entend exclusivement sur une tâche donnée. Pas sur une fonction. C'est bien simple : Untel, commercial, peut être excellent sur les visites à domicile et fragile sur la relance téléphonique. Dans le premier cas, son manager le considère comme un professionnel aguerri, dans le second, comme un débutant, au sens où il doit encore apprendre des choses (y compris certainement de lui-même).
Voilà le schéma. Untel ' débute ' ? Je suis directif, pour être clair. Ailleurs, il est plus à l'aise ? Je diminue la pression - à bon escient - et amorce la dimension relationnelle. Il se sent en confiance et peut ainsi monter en puissance. Et ainsi de suite, jusqu'à déléguer totalement et me mettre en roue libre : s'il a besoin de moi, il vient me voir. Ce qui, au passage, me permet de consacrer du temps à autre chose. Devinez quoi : les débutants, par exemple. Tout le monde s'y retrouve. Le temps - théoriquement - s'optimise.
Le manager situationnel voyage de manière opportune de l'autoritarisme - ou supposé tel - au pseudo-laxisme, en passant par le leadership tout-à-fond et la philanthropie empathique. La boucle et bouclée :
1. ordonnez au débutant (clarté cognitive - mode directif),
2. consultez le débutant devenu autonome (leadership ' complet ' - mode persuasif),
3. valorisez ce travailleur désormais chevronné, gonflé de confiance en soi (philanthropie - mode participatif),
4. laissez cet expert en paix et répondez-lui seulement quand il vous sollicite (réactivité - mode délégatif).
L'entreprise est une ronde : les individus tournent sur les tâches et passent à d'autres selon que leur maturité (et désormais les managers) les encouragent à le faire. De la tâche A, le managé débute sur B, bénéficie des apports situationnels de son manager (directivité, persuasion, participation, délégation) et entame sereinement C.
Première assertion : le bon manager situationnel, c'est celui qui rend ses collaborateurs autonomes et les fait passer de A à Z, en douceur, croissance individuelle oblige. Motiver, c'est faire évoluer autrui, dans : 1. le suivi (supervision, contrôle, conseil, disponibilité en cas de besoin), 2. le commandement (injonction, préconisation, information), 3. le mode relationnel (ton, signes de reconnaissance).
Manager, c'est également prêter attention à l'autre. A en croire le courant humaniste (friand d'Abraham Maslow), le dépassement de soi et la recherche d'absolu sont des moteurs universels. Il faut être prêt à écouter cela. Et à écouter l'inverse : quelqu'un peut affectionner la maîtrise de A... et jouir de A toute sa vie.
Manager, enfin, c'est anticiper. Je sens qu'Untel, très énergique, va se briser sur B ? Je recadre le projet avec lui. Un ambitieux qui se fracasse sur un écueil (tâche trop compliquée) est un démotivé en puissance. Et à l'opposé, une croissance individuelle régulière est une des clés de la motivation.
La valence
Cette partie consacrée à la motivation est la dernière. A notre stade, l'on dénombre cinq clefs d'or pour la motivation :
1. la raison, en proportion variable (choix ' pesés ', choix cohérents, satisfaction des besoins de clarté cognitive),
2. la satisfaction du besoin inconscient de strokes,
3. la réponse (exclusivement valorisante) que l'on fait aux drivers de chacun,
4. la conduite managériale situationnelle, calquée sur le degré de maturité des subordonnés,
5. ' l'esprit d'incubation ', qui promeut le managé seulement quand il est mûr, profit mutuel en ligne de mire.
Une sixième clé mérite d'être mentionnée : la valence. Si je suis capable, en direction d'autrui, 1. de générer des recommandations claires et précises, 2. de produire des signes de reconnaissance sincères, bien choisis, 3. de reconnaître en direct le driver qu'il me soumet, 4. d'adapter mon style à la maturité que je constate sur une tâche donnée, 5. de pousser hors du nid un oiseau ' fonctionnel ', il me manque encore quelque chose. Vous avez une idée ?
Il manque tout simplement la valeur (3) que le managé accorde à ma conduite quotidienne à son égard. Conquis, sceptique ? Enchanté, blasé ? Eh bien, c'est à vous de le déterminer : vous avez un pouvoir là-dessus.
Quelle valeur subjective votre collaborateur accorde-t-il à ce que vous faites ? Un conseil : dressez une liste de trente propositions variées, qui balaient tout ce que nous avons vu... et même plus. Exemples d'idées : Fournir au managé une information claire, en temps et en heure, Utiliser un mode de communication en phase avec son tempérament, Mettre à sa disposition un ordinateur portable, Lui donner un titre (intitulé de la fonction) avantageux (4). Listez tout ce qui vous vient à l'esprit, facteurs de satisfaction (5) et de motivation confondus, peu importe. Tout est envisageable, au regard de vos moyens, de ceux de l'entreprise et de la réalité culturelle de votre institution. C'est une démarche bienveillante, qui fournit des indications, d'accord ? Par ailleurs, la formulation doit être claire et neutre.
Concevez une échelle de notation : Tout à fait d'accord, D'accord, Plutôt pas d'accord, etc. Et laissez votre managé remplir le questionnaire. Vous comprendrez alors ce qui le pousse à se lever le matin pour vous rencontrer et faire son travail. Vous tiendrez le coeur de sa motivation, le faisceau de facteurs qui le mettent en mouvement. Généralisée à l'ensemble des employés d'un groupe, cette démarche dégage une cartographie motivationnelle complexe et intéressante. Vous avez là du matériel pour travailler.
Appliquons cette cartographie à l'individu lambda. Vous le connaissez un peu plus. Vous comprenez mieux ce qui le fait ' vibrer ', ce qui le sécurise, l'intéresse ou le valorise dans son travail. Combien de temps cela durera-t-il ? Proposez-lui de remplir le questionnaire tous les ans, et ainsi de suite. Vous aurez une cartographie ' fraîche ' de ses attentes.
Faites preuve de curiosité et d'attention. Gardez les oreilles et les yeux grands ouverts : tout le reste est affaire de tact. Et de bon sens.
(c) Lucnormandinillustration.com
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(1) Entre autres partisan de la bonne gestion des crises, qui rendent - de fait - les dirigeants modestes, créatifs et ouverts.
(2) Dans la réalité, les choses sont plus compliquées : les managers Hexagonaux sont encore recrutés sur une idée précise de tempérament. Qui plus est, de tempérament bien marqué. Les caméléons, pourtant plus pragmatiques, ont encore mauvaise presse. Il faut souvent recourir à une personne externe - en cas d'impasse - pour amener le management à prendre conscience de la richesse (et de l'intérêt sur le terrain : véritable argument de ' vente ') d'un potentiel souple et complet.
(3) Comme le pense le cadre RH d'une mutuelle belge (voir ce forum), l'on peut (doit ?) coupler le leadership situationnel au process communication management (PCM), qui analyse les motivations individuelles. La valeur ajoutée du PCM étant de considérer les canaux de communication comme un levier de management à part entière. Ce cadre estime donc qu'une application trop littérale du leadership situationnel [ ndlr - primat de la maturité sur les motivations intrinsèques ] peut générer de véritables catastrophes. Prenons un exemple. N'importe qui, poursuit-il, peut se trouver à un moment donné en situation de - débutant - et avoir besoin de directives claires (compétence faible, focus sur la tâche). Ainsi, un manager formé ' à la hussarde ' - pourrait-il - être tenté d'utiliser systématiquement un style directif, anxiogène et froissant pour environ... 85 % des managés. En plus de la maturité professionnelle, il faut aussi tenir compte du tempérament propre à chacun. Conclusion : lorsqu'on sait jongler avec les ' Voudrais-tu bien me faire cela pour demain ? ' et les ' Faites-moi une proposition ! ' on a - déjà - fait un grand pas.
(4) Cas vécu : une entreprise voulait exclusivement motiver ses employés en leur attribuant un titre ' ronflant '.
La motivation prendrait donc sa source dans deux registres de l'esprit : la raison et l'intuition. Ce qui motive est à la fois objectif... et subjectif, rationnel et émotionnel, langagier et pré-langagier. Ce que confirme le neurologue Antonio R. Damasio quand il établit que des sujets hadicapés dans le ressenti des émotions (lésions cérébrales localisées) peinent à se décider. La motivation bat de l'aile.
Dans ma décision de bouger, le poids des émotions est-il vraiment déterminant ? Bien entendu, semble répartir Eric Berne, psychiatre et père de l'Analyse transactionnelle (AT), modèle d'inspiration psychanalytique, voué à l'aboutissement des communications entre personnes. D'après lui, l'individu a besoin de signes de reconnaissance (depuis le retour objectif et froid sur son travail accompli jusqu'à la poignée de main chaleureuse, émotionnellement impliquante). Sans ces strokes (comprenez "coups" ou "caresses", selon qu'ils sont négatifs ou positifs), le sujet se désintéresse de son milieu, devient triste et désinvestit son action. Aimez-moi, frappez-moi, mais par pitié faites quelque chose : voilà le cri intime de l'homme. Pour me mettre en mouvement, j'ai besoin de l'attention des autres, je dois ressentir que mon existence et mon champ d'action trouvent une place dans votre univers. Mon intériorité a besoin de vous, faites-moi des signes.
Des signes ? C'est justement ce que Kenneth Blanchard et S. Jones, psychosociologues américains, conseillent au manager idéal (le célèbre Manager minute) de prodiguer en direction de ses collaborateurs. De l'aveu même de cet archétype de la mise en mouvement : Je suis un Manager minute [...] - car - il me faut très peu de temps pour obtenir d'excellents résultats de la part de mes collaborateurs. Voilà un personnage qui sait faire bouger les autres. Son secret : il émet des signes de reconnaissance ciblés, qui vous touchent en plein coeur. Son sourire serein rappelle l'un de ses credo : La meilleure minute dépensée, c'est celle que j'investis dans les individus. Désinvestissez l'individu et vous obtiendrez l'hospitalisme. C'est ce syndrôme que le psychiatre et psychanalyste René Arped Spitz relève dans son étude des bébés privés d'interactions affectives durant leur séjour hospitalier. Il y cotoie des nourissons dépressifs ou - pire - dans le "marasme", sorte de décrochage profond des fonctions psychologiques et physiologiques du sujet. Une vrai drame. Drame qui frappe certes les bébés, avides d'interactions structurantes, mais aussi les adultes : nous sommes des êtres de mouvement, nourris par les signes de reconnaissance. Les "strokes" sont le carburant de la motivation. Vous avez le moteur, la raison raisonnante ? Recevez le carburant psycho-affectif : tout en vous le réclame.
Témoin de ce besoin, le tableau que dressent le psychologue Taibi Kahler et le psychiatre de la NASA Paul Ware : six typologies d'individus, toutes tournées vers leur accomplissement propre, se nourrissant des interactions humaines. J'existe, me manifeste et déroule mon plan de vie en fonction des retours que je reçois en permanence. Les uns me stimulent, les autres me stressent : dans les deux cas, je suis un récepteur sensible, dynamique, unique. Ces typologies, ce sont les humains en général. Vous avez là les bases de la Process Communication (PCM), modèle de psychologie prolongeant l'AT. Cette dernière définissait des scénarios de vie, des trajectoires qui nous hantent, comme des programmes. Taibi Kahler en fait des drivers, des dispositions dynamiques qui visent - tant bien que mal - l'apaisement suprême : la délivrance de strokes, cette preuve de l'attention conditionnelle, gage de l'épanouissement de soi au sein des autres. De soi AVEC les autres. Si les signes de reconnaissance sont le carburant de la motivation, l'on peut dire qu'ils sont les conditions intrinsèques de la communication interpersonnelle. Mettez de la communication dans votre moteur : cette communication est le flux continu qui vous permettra - si vous avez de la chance - de déceler les strokes. Une bonne communication est une communication d'échanges de strokes.
Psychosociologie, psychologie appliquée, management, motivation, organisation, communication interpersonnelle...
Les vocables sont légion, qui parlent d'individus, de groupes, de capacité à les faire vivre dans un système sous contraintes, comme par exemple le travail.
Mais quels sont les modèles scientifiques pertinents ? Lesquels fonctionnent le mieux ? Comment, plus largement, faire cohabiter des hommes au sein d'une aventure collective ? Peut-on être heureux en travaillant ?
Ci-après, une sélection de 12 ressources (sites, documents), qui abordent une partie des concepts à notre sens les plus opérants :
[ Communication, dynamique de groupe | La Process communication de Taibi Kahler, célèbre psychologue américain, en charge d'optimiser la communication entre spationautes | les team roles de Meredith Belbin | les six Chapeaux pensants d'Edward de Bono (En) | les douze catégories de Robert Freed Bales | le modèle du Village gaulois de l'excellent psychanalyste et consultant Yves Enrègle | encore Yves Enrègle ]
[ Management, motivation | La théorie des expectations (attentes) de Victor Vroom (En) | les différents facteurs de motivation de Frederick Herzberg (En) | le leadership situationnel de Paul Hersey et Kenneth H. Blanchard (En) ]