Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Tag: boucle

Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux

 Ensiler ou s'enliser - 16e partieFri 18 Jan 2008
0 comments
picture

[ < 15e partie | thémas Réseaux et Gagnant-gagnant | archivage automatique du billet sur l'expression, spontanée ou non, de la réprimande professionnelle | catégorie du présent billet, Divers | mots-clés, permalien, commentaires | 17e partie > ]


Ce billet est un hommage à mon grand-père Marcel Bruel, homme des grands dépassements, homme de conviction, agriculteur | au fait, mon père est en Afrique, je l'embrasse


Toute activité (pérenne) demande de la prospection. Demandez aux cultivateurs : chouchouter le maïs qui monte et mûrit, c'est bien. Encore faut-il préparer la génération d'après. Et alors vient une boucle, et une exigence de présence sur tous les fronts, à tous les stades - forcément simultanés : ce qui monte un jour ira sous la bâche (ou mourra sur pied) et ce que vous semez déjà (et demain) finira par remplir le stock. Stock qu'il faut d'ores et déjà optimiser (tasser) et protéger des parasites, des voleurs, des animaux. Le supply chain management (optimisation de la chaîne logistique) et le management de la qualité, c'est pas les consortiums qui les ont inventés. Ce sont les agriculteurs, véritables entrepreneurs, dès la préhistoire (sans leur ingénierie du quotidien, vous et moi serions... des concepts).

Et ce maïs, au final, il va nourrir vos animaux, votre famille et vos clients (ce qui est la même chose puisque l'argent de ces derniers rutille déjà - ou se ternit si votre roue-boucle connaît des cahots).

Ok. Tout ça est important : la vie est comme ça.

Mouais.

Semer, c'est entretenir la boucle capable de régularité formelle, de continuité, de montée énergétique croissante (ce qui est mesuré s'améliore, estime Hervé Gougeon). Bref, améliorer, c'est impulser de la nouveauté, de la semaille. Tout le temps.

Mais notre siècle naissant, pourtant si stimulant, oublie parfois les bases. Je veux évoquer les réseaux. Qui est assez naïf, en leur sein, pour penser se passer de prospection ? En quoi la force démultipliée du réseau dispense-t-elle de prospecter ? Connaissez-vous des moteurs de 1 000 ch qui fonctionnent d'amour et d'eau fraîche ? ou de délégation permanente ?

Qui, de manière sensée, peut se figurer un monde cohérent sans prospection perso ?

Premier élément. Quand on intègre un réseau, on amène l'huile de coude avec. Un réseau offre puissance et vitesse (et circularité vertueuse) si et seulement si la transpiration sourd de partout. Ça nourrit et ça huile les rouages. Ça aide à se concentrer.

Le second élement est plus personnel. Et je veux vous demander votre avis. Quand je prospecte et que je sens quelque chose de superbe et de massif, je me protège. Qu'est-ce à dire ? J'ébauche toujours une solution de rabat. Mon tempérament enthousiaste et passionné me fait dépenser une énergie importante. Si, pour une raison x ou y, vient une déception, je veux déjà pouvoir enfourcher le destrier d'après. Au revoir tristesse, pour paraphraser Sagan.

La vie, c'est l'action.

Plus le débouché me botte, plus je construis le passage vers une sortie possible (prospection d'un autre débouché). Et je crois que ce travail s'envisage seulement pour les caractères impliqués. Quelqu'un de plus raisonnable (de plus posé), s'il fait ça, émousse son envie. Alors que pour moi, c'est une précaution vitale. Une prudence, adossée à une passion naturelle, à une mise de base déjà importante. De toute façon.

Ouais.

J'ai souvenance, lors d'un eurochampionnat de foot, d'un supporter anglais. À la télé. Son propos ? Je parie sur l'équipe adverse. Si c'est mon pays qui gagne, j'éclate de joie. Si ce sont les autres, je me console avec de l'argent.

C'est sage.

Et vous, alors : comment incubez-vous et comment extravertissez-vous vos projets ?

Tell me.
__

[ Marcel Bruel, théma ]


 Cognition et immobilier - 1e partieWed 20 Jul 2005
0 comments
picture

Cognition et immobilier - 1e partie [ 2e partie >> ]

En quoi l'immobilier peut-il nous renseigner sur le fontionnement de l'intellect ? Les esprits agiles vont immédiatement pointer le rapport de force, voire la mauvaise foi [1] ou même la fourberie qui anime les parties-prenantes : vendeur [2] et acheteur. Peut-être auront-ils raison. Indépendamment de la boutade, qui prête à sourire [3], c'est de cognition [4] que j'aimerais parler. Vous savez, ce processus intellectuel - conscient ou non - qui transforme un stimulus, simple signal, en information utile. C'est-à-dire exploitable : stockable, connectable à d'autres informations, mobilisable dès que l'occasion se présente à nouveau. C'est basiquement le cas du bambin qui, dès que le carillon du glacier retentit, accourt en direction du signal sonore, muni d'une pièce de monnaie. L'intérêt - conscient ou inconscient - est le maître-mot [5], le moteur absolu. Comme le disait Héraclite, tout est mouvement. Voyons en quoi l'achat d'un bien immobilier relève de la cognition et, plus généralement, de la notion de systèmes. A vos stylos, à vos sous-seings !

Vous vous souvenez sûrement (cela marche aussi pour les locations). Vous avez devant vous un appartement, 'bien de sa personne'. Vous avez avec vous Dédé, votre beau-frère qui travaille dans l'immobilier. Face à vous deux, le vendeur, autant dire l'adversaire. Quel est votre premier réflèxe, sitôt les salutations formulées ? De vous jeter - avec Dédé - dans l'analyse minutieuse, pièce par pièce, un carnet à la main, une loupe dans l'autre, de tout ce qui ne va pas. Vous passez tout en revue : la maçonnerie, la plomberie, l'état de la boiserie, l'électricité, l'emplacement du bien, du parking, de la cave, la proximité de l'école, du travail, des axes de communication, des commerces, etc. Un vrai travail de cerveau gauche. Tout y passe. Tout, tout, tout. Et là, après une heure trente de balisage aux rayons X (une escroquerie est si vite venue !), vous vous exclamez : Attendez, il faut qu'on fasse le point. Vous prenez congès, Dédé vous emboîte le pas et là, au calme, vous ressortez tout : Voyons : point A, ok. Point B, moyen. Point C, d'accord. Point D, à creuser. Point E..., etc. Vous faites un tri de ce qui vous semble positif ou non, dans chaque catégorie ou sous-catégorie. Exemple : l'exposition au soleil, le bruit du voisinage, l'état de la salle de bains, le montant des travaux, la tapisserie, le chauffe-eau, la tuyauterie, etc.

Vous remerciez Dédé, qui a bien joué son rôle d'analyste critique et pointu, et retournez chez vous. Là, vous discutez avec votre conjoint, coupez les cheveux en quatre, repassez tout au crible, vous énervez accessoirement, re-discutez et tout, et tout.

Visite d'après, avec votre conjoint. Bonjour, monsieur le vendeur. (Son sourire vous agace encore plus que la première fois). Vous analysez à nouveau tout, dans le moindre détail. Puis, vous ne savez pas pourquoi, au beau milieu d'une phrase (cette scène pourrait aussi avoir lieu chez vous, avec vos proches), vous faites un lapsus monumental : A combien nous reviendront les impôts locaux, une fois installés ? Trop tard : vous avez vendu la mèche ! Votre souhait d'acquérir l'appartement vient subitement de transparaître, malgré vous. Laissons de côté la psychanalyse et son interprétation des actes manqués. Du point de vue cognitif, que s'est-il passé ? Vous qui sembliez si prudent, si analytique, si regardant sur la moindre petite chose ?



C'est du côté de la cybernétique, discipline reine de la cognition, qu'il faut se tourner. Entendons nous : cybernétique égale capacité à piloter (en l'occurrence un navire, étymologie oblige). Même si le terme évoque ostensiblement la 'vie' des robots, c'est la mécanique du vivant qu'il faut retenir. La mécanique, qui étudie l'énergie et les mouvements - ici des processus intellectuels - permet de comprendre qu'il y a un va-et-vient de tensions et de régulations entre les idées. Des forces jouent. La cybernétique, science de tous les systèmes et des relations changeantes (dynamiques) entre les éléments qui les constituent, éclaire la complexité de manière providentielle.

Convoquons la figure de Norbert Wiener (1894-1964), citoyen américain, bachelier à... onze ans, brillant mathématicien, génie visionnaire. 1948 marque pour toujours la physionomie de la science [6] : la cybernétique prend son envol.

A suivre...
__

[1] Voir les solutions 'gagnant-gagnant' (cf. négociation et également le respect - obligatoire, en affaires ! - d'un partenaire, même bourru).

[2] La perception du vendeur, par autrui ? Tout un poème (voir Ceci et cela ).

[3] Un classique - Le sketch de Patrick Timsit sur les petites annonces immobilières.

[4] Pour Sylvain Dionnet, pédagogue et consultant scientifique à la Fondation archives Jean Piaget de l'université de Genève, on peut se donner pour définition de la cognition la capacité à organiser l'environnement en fonction de besoins individuels ou collectifs. L'activité de la cognition présente au moins deux caractéristiques majeures. Tout d'abord elle produit des organisations qui reposent conjointement sur des informations qui proviennent de l'extérieur et de l'intérieur de l'organisme qui en est pourvu. Ensuite, guidée par les besoins, elle est finalisée. Sans vouloir prétendre à l'hégémonie sur les autres organismes qui nous entourent, la cognition a trouvé chez l'homme une expression particulièrement sophistiquée. En effet, les organisations d'informations produites par l'activité cognitive sont conservées sous une forme communicable appelée connaissance et la capacité humaine de réflexion transforme les besoins en fins conscientes. Pour la psychologie, le comportement est une manifestation du fonctionnement de la cognition.

[5] Pour juger de toute la force de cet 'intérêt' - ici biologique, c'est-à-dire de survie (écologie) - l'éthologue, psychanalyste et neuropsychiatre Boris Cyrulnik rapporte, dans le passionnant Nourritures affectives que le castor, obnubilé par une foule de choses, est parfaitement insensible à l'acétone : en dépit d'un flair ultra développé, il ne le 'sent' pas (!) Explication : il n'a aucun besoin, à l'état naturel, de traiter le signal chimique (en passe de devenir une odeur) de l'acétone. Contrairement à l'homme, par exemple, qui le détecte, le décrypte et le stocke - en vue d'une exploitation future - dans son maillage neuronal. La cognition, il faut le dire, s'oriente en fonction de l'intérêt de chacun. Elle fait un tri, dès l'amont, de ce qui est utile... ou pas.

[6] Que cette science s'adosse aux disciplines dites exactes ou qu'elle se décline en une multitude de 'sciences molles' (économie, psychologie, sociologie, etc.), en prise avec l'humain (humain : ensemble très complexe de systèmes et sous-systèmes... fortement complexes, intrinsèquement et - à plus forte raison - dans la dynamique qui les relie entre eux).

[ Image (c) Medschool1.mc.vanderbilt.edu/brain_institute | le cerveau dans tous ses états (voir également ceci, relatif à la prise de décision collective, notamment en entreprise) | cognition | cognition et complexité | cognition, approche expérimentale | cognition et émotions - pour décrypter, s'approprier et exploiter la réalité | cognition et émotions, un dense maillage de relations dynamiques | cognitions située, distribuée, socialement partagée | cognition et anxiété sociale - très, très intéressant dans une perspective de management du changement | biographie de Norbert Wiener | Nuire à la bêtise, l'un des meilleurs blogs, outre Selfway.fr, que je connaisse - voir notamment la rubrique cybernétique ]