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 Business madrasa - 1e partieFri 16 Jan 2009
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Falafels, falsafa


Pantin. Vous connaissez ? Nord-est de Paris, commune ouvrière, commune bobo. J'y dors, j'y reste quelques jours. Contexte : un loft refait, petit, cossu (lot d'un grand ensemble). Du goût dans tout ça. L'on m'y dit plein de choses. Une baignoire a fui, dans le passé. Un premier artisan a composé, pour ça, un devis de 2 000 € : nécessité de faire venir un moteur pour pomper, intervention et Ah, je suis en ligne avec mon patron... qui vous rassure : il vous fait une fleur (!) et vous accorde un paiement 3 fois sans frais. Surréaliste. Un second intervenant a, lui, indiqué que les frais grosso modo s'élèveraient à... 1 euro, prix d'un simple joint.

Fou.

Je dors avec deux chats. Mignons. Et partageurs de poils : ma tenue noire en témoigne.

Bonne nuit de sommeil. Puis un ou deux métros. Je suis à Belleville, quartier sino-maghrébin. Ch'uis dans un taxiphone-Internet. Voyons voir : boucheries halal, magasins de cuit-vapeurs chinois, vêtements bon marché. Beaucoup de vie à l'entour : circulation de gens, conversations sur mobiles, commerces de tout. Plus prostituées chinoises quadragénaires, maquillées (façon enfarinade visagière et rehaussement du trait des yeux, des lèvres, des pommettes rosies), avec mini-sac à main, parfois un sac en plastique avec légumes qui dépassent (courses locales).

Et puis un grand resto, Le Président. J'y déjeune (mmh, dans 30 minutes) avec mon collègue hongrois. (Ah non, ce sera un resto thaï.) Puis nous entrons en discussion, à 14 h, avec nos partenaires. Ou futurs.

À voir. Parce qu'une entreprise est un ensemble humain, commercial, financier - il faut bien tout discerner.

Dernier truc : la motivation. Une entreprise internationale - implantée dans la région - anime ses cadres. Il y a, en gros, les exécutants et les vrais chefs de projet. Les premiers sont jeunes et (relativement) motivés. Les seconds dirigent, délèguent, attendent. Les premiers font beaucoup de choses. Les seconds semblent rêver de la retraite. Il y a un clash. Tous les indicateurs motivationnels sont au rouge. Et la direction locale, apparemment dépassée, achète du conseil relationnel, sous forme de séminaires légers, fondés seulement sur du volontarisme (orientation exclusivement incentives). Une résistance est là, qui bouche - on dirait - le regard. Pourtant, quelques actions dans le coeur de l'entreprise feraient le plus grand bien : entretiens, relevé des leviers motivationnels, étude de la valence, sociogrammes, modélisation d'actions managériales à l'année (feuille d'objectifs, tableaux de bord décisionnels, félicitations-minute pour re-booster le moral).

Mais l'entreprise, comme tout un chacun, dispose d'un libre-arbitre. Et intervenir à ce stade de démotivation prend du temps, demande de gagner les confiances et consomme - à l'arrivée - une forte énergie humaine.

Du taf.

Je change un peu et vous indique un magnifique ouvrage (anglophone) de Peter Watson : Ideas, A History, From fire to Freud. C'est ce libre-arbitre qui m'interpelle. L'on trouve dans cette somme magnifique (et accessible) un joli focus sur la pensée musulmane. La justice de Dieu, versant musulman (Antiquité tardive), s'exerce si et seulement si l'humain est libre. Totalement libre.

S'exerce ensuite - et le christianisme développe superbement ça - la Grâce. L'amour.

Be seeing you.
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[ Hier, dans l'idTGV (ouvert aux seules résas Internet), je me suis assoupi, songeant aux complexes culturels et architecturaux du monde musulman, du type social et intégratif (madrasa-mosquée-hammam, pour les ablutions) ; je devrais plutôt dire que ce sont les madrasas qui me sont venues, par invitation prégnante, à la faveur d'un demi-rêve ; un truc qui résonne et se travaille dessus - Ce motif, mêlé de ma fraîche lecture sur le libre-arbitre, plus une ou deux figures qui maintenant m'échappent, m'ont procuré un repos, un rafraîchissement cérébral, une synthèse psychique comparable à ce que les archétypes d'édifices, de centrations sur le Soi procurent en psychologie des profondeurs (cf. Carl Gustav Jung et sa tour de Bollingen ou Georges Romey, sur l'axe initiatique) | philosophes arabes | la falsafa, c'est le dialogue et la combinaison des philosophies grecque et musulmane - à l'instar des grandes synthèses de Maïmonide chez les juifs et de la scolastique catholique, mâtinées de philosophie classique | falsafa et monde contemporain, la belle contribution de Mustapha Cherif | intellect et sensibilité spirituelle, l'ultime synergie entre nos pôles cérébraux ? ]


 Contrôle et sensibilité - 3e partieTue 13 Feb 2007
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[ << Maîtrise à tout prix, l'usure du stress - 2e partie | temps commercial | théma perfectionnisme ] Contrôle et sensibilité - 3e partie [ Contrôle, orgueil, entêtement et pétage de plomb - 4e partie >> ]


Contrôle et sensibilité
~ Le plomb et la grâce



Nous avons tous un métier. Mon métier [1] consiste, entre autres choses, à sortir les gens du perfectionnisme (je vous jure). La perfection est un piège : coûteux, usant, décevant. Le principe de réalité vient heureusement nous tirer du cauchemar, du toujours-plus. Rappel : le mieux est l'ennemi du plus. Plus, c'est quantitatif, c'est la même chose en davantage. Le mieux ? Un changement de système [2], un processus adapté, vivant. Une nouveauté plus fine.

Vous imaginez bien que le 20/80 est des outils atomiques le plus utile ici. Perfectionner, c'est perdre du temps, donc des clients et de l'énergie nerveuse. Donc de l'argent, donc de la vie pour votre entreprise. Bien faire, à l'inverse, c'est accepter de maîtriser la chose à 80 % (notion d'excellence, disjointe de la perfection), donc à fort taux, et puis... de la lâcher. Pour passer à autre chose. Pour amener le truc à son point culminant, je veux parler du point culminant réaliste. Là encore, 80 % c'est un bon taux. Vous changez, vous sautez sur un autre processus : vous gagnez un temps fou à chaque fois.

Parlons management. Comme moi, vous savez bien que le leader situationnel est un kangourou, un animal sauteur (cf. Kenneth Blanchard). Sitôt qu'il amène un collaborateur à la mâturité professionnelle sur une tâche précise, il passe vite à quelqu'un d'autre. Et d'un il se met en réaction par rapport au premier, et de deux il aide le plus fragile à croître. Résultat : deux collaborateurs évoluent au lieu d'un. Les 20 % qu'il a gagnés sur le numéro un deviennent un levier pour le second, les vases communicants s'inter-alimentent.

En outre, on le sait, terminer (achever) un travail jusqu'à l'extrême limite est ce qui prend le plus de temps, donc qui fait chuter la productivité ou la performance de manière drastique. Il faut rationnaliser et accepter qu'un autre vienne achever la chose en cours (ou vienne la surveiller, si on la laisse à 80 %). Vous, vous êtes un(e) boss, un(e) vrai(e) : vous priorisez, réalisez, engrangez de l'argent et dépensez intelligemment chaque minute [3] de votre temps.




Fig. 1 - Lâcher s'oppose à renoncer,
c'est mieux investir ce qui suit et ce qui croît



Je m'arrête ici. (Je relis.) Nous avons parlé de cette folle course à la perfection. Ce marathon est un des fruits du contrôle, du besoin de maîtrise. Ce besoin est humain, il est un fruit de la finitude humaine (look). Et c'est de ça que je veux parler : après la maîtrise, parlons de l'expressivité, cette polarité différente, qui rentre en dialogue puissant avec la maîtrise. Pour aller bien, il faut un mariage intelligent entre les deux.

En cela, le travail de Jean Monbourquette est splendide. De même que celui d'Alexandro Jodorowsky ou de don Miguel Ruiz. Réconcilier les deux grands besoins pour qu'ils accouchent d'une troisième voie [4] sereine, voilà un beau projet.

Il y a beaucoup à dire, alors je vous renvoie ici. Et vous laisse vous attarder sur un tableau des grappes de mots que vous pouvez trouver dans les livres. D'abord, les puissances de contrôle (1). Juste après, celles de l'expressivité (2). On y va :

1. [ Contrôle et structuration (Georges Romey), maîtrise, analyse, décisions, volonté, conatus, pensée cartésienne, esprit de géométrie (Blaise Pascal), cerveau gauche (PNL), animus (Carl Gustav Jung), yang (taoïsme), Juge (don Miguel Ruiz), état Parent (Eric Berne), Surmoi (Sigmund Freud) ],

2. [ Expression authentique et sensibilité (Romey), créativité, intuition, instinct, réceptivité, lâcher prise, synthèse, spontanéité, ressentis (feelings), pensée alternative (lateral thinking - Edward de Bono) ou systémique, rapprochements ou connectivité analogique, esprit de finesse (Pascal), cerveau droit (PNL), anima (Jung), yin (taoïsme), Victime (Ruiz), état Enfant (Berne), Ça (Freud) ].

Renoncer au perfectionnisme, c'est gagner du temps, de la motivation, de l'argent. C'est aussi plus d'efficience. C'est - pour terminer - s'ouvrir à l'expressivité, cette amorce, ce jaillissement continu des réalisations humaines. Ajoutez à cela de la structure (mettons un scoring) et vous gainez vos idées dans un corps (un plan d'actions) réaliste et sain.

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[1] Que dire ? J'aide les équipes à envisager les rapports de force avec un marché, les angles de pénétration commerciale, le suivi visuel (tableaux de bord simples, épinglés en grand), les actions à mener en priorité - compte tenu de leur impact (scoring), et le canal socioémotionnel avec lequel il faut parler à chacun des collaborateurs. Pourquoi ? Pour que chacun tienne dans la durée, j'aide le manager à parler clairement et à féliciter tout ce qui avance. Oui c'est de l'organisation (à visée stratégique) et du management (orienté motivation). Les gains ? Une plus grande liberté quant au temps (priorisations et redéploiements enfin possibles), un succès commercial patent (visible, suivi, "bichonné"), une cohésion des équipes dans la durée (le succès vient... des gens).

[2] A l'échelle des entreprises, il y a aussi des paradigmes, des socles plus ou moins cohérents de croyances, de conceptions (représentations, principes c'est-à-dire valeurs). Et ces socles sont à la fois des marchepieds vers un mieux. (C'est l'idée d'amélioration continue). Le mieux devient alors un plus. Certes, obtenir 25 % de taux de conquête commerciale, c'est davantage (et mieux) que 18 %. Il faut pour autant se dire qu'un seuil viendra (une nouvelle donne ou une usure) où le socle du départ va se crisper, devenir un dogme et étouffer la performance. Il faudra alors un vrai mieux, c'est-à-dire un changement qualitatif des perceptions et modes de travail. C'est toute la différence entre changement 1 (pareil, en plus - donc en bientôt limité) et changement 2 (nouvelles façons de faire, plus fines et davantage en phase avec ce tissu vivant - ce complexus - qu'est la vie). Sur les conceptions et les croyances, lire "Mojo d'entreprise" (ici) et "Vrac de janvier" sur les croyances limitatrices. C'est . Et puis, sur les changements, il y a une théma - et c'est vers cet article que je compte vous emmener, "Métamorphoses Vs modifications" : .

[3] Notamment en faisant du management, du vrai, qui booste les équipes. Cf. management-minute.

[4] C'est Marc Traverson qui va être content :-)

[ Image (c) Grevel @ Flickr.com | d'après l'étymologie, analyser c'est défaire des noeuds | la grâce, un contrepied à l'effort endémique de perfection | lire l'excellent boulot de Traverson sur la synergie | théma systèmes | théma cerveau | autre sujet - Absara.com, ces jours-ci, passe techniquement de 500 ou 600 lecteurs par jour à environ 100, lire les ratés du serveur allemand qui héberge ce blog, chez Flemming ]  Read More


 Systémique... ta mère - 11e partieSat 9 Dec 2006
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[ < Tire-bouchons - 10e partie | besoins Vs attentes | névrose de groupe | permanence et changement ] Systémique... ta mère [ 12e partie > ]

Harmonie

<< Les groupes de pensée se comportent à la manière d'un individu névrosé : ils nourrissent un complexe de l'enceinte. Dans ces lieux clos où ne pénètre que celui qui présente les signes de l'appartenance, on oeuvre au maintien, cet oppresseur des énergies créatrices. [...] Mon propos [...] est un acte de foi dans les deux courants dont dépendent les choses de la vie : le besoin de permanence, qui pousse tout organisme à sa conservation, et la pulsion d'évolution, qui assure son devenir. Hors d'un équilibre entre ces deux fonctions, rien ne peut exister dans l'harmonie. >>

Georges Romey, ancien consultant en organisation, psychothérapeute érudit, il est - avec Jean Monbourquette et Gilbert Durand - certainement le meilleur néo-jungien d'expression francophone, intellectuellement proche - par ailleurs - de Carl Rogers et de l'approche psychoneurologique d'Arthur Janov



[ Rendez absolument visite à Mickal | le changement, toute une théma | les territoires | Adrel, ressource officielle pour le courant thérapeutique de Georges Romey, le rêve éveillé libre ]


 Au coeur du symbole - 1e partieSat 11 Mar 2006
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Au coeur du symbole - 1e partie [ Ernst Cassirer - 2e partie >> ]

Le symbole est une sorte d'atome : l'une des plus petites unités de compréhension humaine [1] et d'interprétation du monde (l'activité favorite de l'homme). Sa particularité ? Il peut être très petit, c'est-à-dire fonctionner comme un maillon élémentaire de tout un paquet (un essaim, un groupe) de pensée. Il peut aussi représenter un système à lui tout seul, doté de multiples connexions internes, à l'instar d'un macrocosme ou d'une minie-constellation de sens, qui se déploie par-delà l'individu ou le groupe humain qui l'a imaginé, comme doué de vie propre [2]. Son opposé, c'est le diable. Oui, étymologiquement, le dia (opposition, dispersion, division) bolos est un coupeur de cheveux en quatre qui - loin de se plonger dans l'analyse des choses - les disperse et les éclate en un nuage destructuré. Il les fâche. Le diable jette les choses hors d'elles-mêmes et arme les éléments sécessionnistes. L'unité se rompt : l'indépendance voile les coeurs, l'orgueil enfle, qui enfume - voire enflamme - et vend toute différence comme une opposition. Un fratricide [3] est à l'oeuvre. Allons du côté du symbole.

A l'opposé, symbole vient du grec 'symbolon', nous explique le philosophe Jean Lassègue, terme qui désigne un morceau de terre cuite [ndlr - syn veut dire avec] qui était partagé en deux et dont chaque morceau était conservé par deux familles vivant dans des lieux séparés : quand un membre d'une famille devait être reçu chez l'autre, poursuit cet érudit en sciences cognitives, il lui était possible d'exhiber le morceau manquant du 'symbolon' et de le recoller à l'autre, en montrant par là qu'il s'agissait bien d'un membre de la famille alliée. On héritait du 'symbolon', conclut-il, que l'on se transmettait à travers les générations. Le symbole est un 'vivre avec', c'est un pacte [4]. Que les familles (de gens ou de choses) soient voisines ou dissemblables, la réunion est donnée d'avance. Et gagnée.

Passionnant ? A l'évidence. Riche et bourré de ramifications. Je laisse à chacun le plaisir de rêver, en temps et en heure, aux bienfaits de la synergie humaine, de la complémentarité, de l'ajout de forces investies dans une finalité commune. Tout reste à faire. (Ouverture, gentillesse et pragmatisme font des miracles.)

Pour finir, faisons place au grand anthropologue [5] et sociologue Edgar Morin, spécialiste incontesté de la complexité : Au premier abord, la complexité est un tissu (complexus : ce qui est tissé ensemble) de constituants hétérogènes inséparablement associés. La complexité induit un grand nombre d'actions entre éléments d'un même système (actions de l'ordre de plusieurs milliards - donc imprévisibles), de sorte que sujet et objet se renvoient la balle en permanence : ce qui induit une action peut se trouver, à tout moment (et c'est la vie) impacté par cette même action, voire par une autre, en tant que partie-prenante dudit système. Tout, potentiellement, peut tout toucher. Tout le temps. La complexité a toujours à voir avec l'imprévisibilité, voire - nous dit Morin - avec le hasard. Ce qui pousse à la prudence et même à l'humilité (ouverture et lucidité bienveillantes) : si vous avez le sens de la complexité vous avez le sens de la solidarité. De plus, conclut le Français le plus visionnaire de notre temps, vous avez le caractère multidimensionnel de toute réalité.



Fig. 1 - Archetype, par le designer Marco Ganz


CQFD. Le symbole est une réunion dont le principe est durable, qui a lieu dans un tissu où tout, potentiellement, peut toucher à tout. Certes le logos (tri, identification et animation d'une unité de fond) est le bienvenu. A condition que l'esprit de finesse (l'intuition, selon Blaise Pascal - ici, approche idéale de la complexité) trouve tout aussi belle part que notre trop classique et finalement limité esprit de géométrie (logos sec et systématique).

Avec un autre anthropologue illustre, Gilbert Durand, gageons que la folle du logis (l'imagination, selon la formule maintenant dépassée de Sartre) a de beaux jours devant elle. Sa richesse et son épaisseur copient le réel. Et l'infléchissent parfois...

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[1] La PNL, par exemple, parle essentiellement de la façon dont nous structurons - de manière si typiquement humaine - le monde et ses phénomènes. Structuration qui passe par le langage (par les schèmes langagiers, préciseront les psychologues). Le langage ? Une structure à lui tout seul. Il faut voir en quoi les métaprogrammes neurolinguistiques façonnent l'image du monde et conditionnent les (ré)actions que nous y menons. Nous faisons le langage, qui nous conditionne en retour. Bel exemple de projection hors de nous, qui nous revient en plein visage.

[2] Pour comprendre l'autonomie les figures symboliques collectives (les archétypes), Carl Gustav Jung nous est, encore une fois, bien utile.

[3] Ici, mettre à contribution la façon dont René Girard parle de la violence comme fait fondateur de la civilisation : en cela Caïn tuant Abel marque notre espèce du triste sceau de la condition humaine, condamnée à répéter (bêtement) ses erreurs. Cf. violence mimétique et recherche de bouc émissaire, données anthropologiques désormais admises (quasi) unanimement.

[4] A la suite du psychiatre-psychanalyste américain Eric Berne), le psychanalyste et éthologue français Boris Cyrulnik rappelle que l'homme a inventé les rituels pour donner une forme (et donc consommer dans l'oeuf) l'énergie instinctive, par nature violente. C'est ce qu'a fait le Moyen-Age avec le sang bouillonnant de ses campagnes : les nobles, désormais maniérés, tenaient plus longtemps l'épée dans le fourreau.

[5] Superbe Introduction à la pensée complexe !

[ La PNL, un travail sur et à partir du langage | alliances et territoires | sur l'imagination qui infléchit le réel et bascule les rapports de force, lire quelle tactique l'homme politique Kofi Yamgnane utilise | idem avec les prophéties autoréalisatrices, selon William Isaac Thomas) | Agora.qc.ca, très belles ressources sur les symboles (entre autres choses) | cet article est dédié à Véronique P., que j'embrasse ]  Read More


 Vivre livreThu 8 Dec 2005
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Vivre livre [ 2e partie > ]

L'année s'achève. Quels sont les ouvrages qui vous ont le plus marqué(e) cette année ?

Quelques très bons auteurs dévorés ou re-dévorés par mes soins, cette année :

[ Jodorowsky | Moore | Durand | De Rosnay | Collignon | Romey | Cyrulnik | Jung | Ancelin Schutzenberger ]

[ Ceux que j'aimerais définitivement rapatrier chez moi ]  Read More


 Profils - 5e partie | Pro-feelSat 8 Jan 2005
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[ << Profils - 4e partie ] Pro-feel - 5e partie [ Profils - 6e partie >> ]


Attention, exceptionnellement, tout dans ce billet est soumis à la législation sur le (c). Citations autorisées, avec mention de l'auteur, mais reproduction commerciale interdite - Merci.


Le profilage se révèle passionnant. Comment Untel va-t-il interagir avec tel autre ? Comment travailler (ou faire travailler) ce groupe, avec sa culture et son mode d'organisation typiques ? Un challenge permanent. Un appel quotidien. J'y retrouve personnellement des éléments appris dans l'analyse transactionnelle et la programmation neurolinguistique. Mais bien plus encore. Voir d'ailleurs la mise à jour du panorama dédié. Aujourd'hui, je vous emmène autour de la Méditerranée et aussi un peu partout. D'accord ? Mais avant cela, fixons les choses.


1. Particularités

Entendons-nous : un profil, c'est quelque chose de rapide, qui relève du coup d'oeil. Et du coup de pinceau vif, bien appliqué, en temps voulu. Le profilage ? Un excellent rapport qualité-prix. Rapide et fiable (si bien fait !) Alors, bien fait, cela induit qu'il y a beaucoup de réflexion en amont. Merci aux chercheurs en psychosociologie (parfois un peu 'stars', surtout chez l'Oncle Sam) qui testent et développent les modèles. LEURS modèles. Bien caractérisées - observation fine, rigueur protocolaire, esprit de synthèse -, les lois qui caractérisent les profils a priori font la qualité des profilages, qui en découlent a posteriori. Tout le monde est content. Mais je te profile si et seulement si mon modèle est un modèle sérieux. Quasi scientifique, sous l'angle des 'sciences molles', en prise avec la complexité, la difficulté à prévoir. Bref, la matière humaine.

Autre chose, le profilage se distingue de l'analyse de caractère - hommage au génial monsieur de La Bruyère (1645-1696) - et même de la psychologie en général. Il s'agit d'un genre à part. Ecartons également cette cousine qu'est la psychanalyse, discipline unique (la plus profonde ?) de toute l'histoire humaine, où l'on écoute vraiment la totalité de ce que l'autre a à dire. Mais l'écarter, c'est se priver d'une source d'inspiration précieuse. Alors, gardons-la un instant. Nous verrons ensuite pourquoi.

Le profilage est une branche à part, qui prolonge la dynamique de groupe, cette psychosociologie des petits groupes. Comme elle, elle s'intéresse aux interactions humaines. Mais elle sert avant tout le quotidien.

Manipuler quelques modèles simples pour agir au mieux avec les autres. Tout est posé.


2. Profilage, grandes familles

Y a-t-il des grandes familles ? Bien sûr. Quatre d'entre elles semblent évidentes.

2.1 Profilage traditionnel

Bien avant Platon (427-347), la métaphysique combinatoire (alchimie), lecture spirituelle de la Nature et de son cours, invitait l'homme de bonne volonté à intervenir sur tous les règnes (y compris le sien propre) pour réaliser sa destinée d'accoucheur d'évolution. L'homme est un petit dieu. L'alchimie, son mode opératoire. Cette alchimie - si dense - découpait le monde en quatre instances métaphysiques simples : les Eléments. Le Feu, l'Air, l'Eau et la Terre contiennent chacun un couple précis de caractéristiques. De vrais matériaux pour le vivant, combinables à l'infini. C'est bien connu : une loi simple d'organisation (ici une quadripartition, la tetrasomia en grec) peut engendrer la complexité : le monde ou bien sa réplique, en plus petit. Ce qui est la même chose puisque dans ce système, tout est lié. Tout se vaut.

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, énonce d'ailleurs la superbe Table d'émeraude, empreinte de toute la poésie du Nil. Cet écrit synthétique et fondateur est quasi contemporain de Platon. A cette époque, l'analogie règle le monde. Faisons une pause. Et reprenons. Le microcosme humain (physique et spirituel) se comporte comme le macrocosme qui le surplombe et l'entoure. Les quatre Eléments se retrouvent en lui, qualifiés de tempéraments : sanguin, phlegmatique, bileux, mélancolique. Voilà notre première classification d'hommes.

Il y a là un modèle qui séduit Platon, puis - plus tard - Aristote : l'Artisan tourné vers l'action, le Rationnel versé dans la cogitation, l'Idéaliste établi dans la communauté humaine, le Gardien consolidateur des choses et conservateur par essence. Bien sûr, les médecins - qui étaient aussi métaphysiciens et donc alchimistes - soignaient les patients selon cette typologie, liée au comportement des fluides corporels, des humeurs. Dingue ? Oui, ça l'est. D'autant que Carl Gustav Jung (1875-1961), ô combien amoureux d'alchimie, se saisira de cette quadripartition de la communauté humaine pour mettre au point sa propre typologie. Je vous laisse le soin de retrouver dans le panorama cité plus haut ses nombreux héritiers. Un indice (eh oui, Yves Enrègle, que vous le vouliez ou non, vous en faites indirectement partie !) : ces modèles tournent toujours autour de quatre profils-pivots. Ou huit, le double.

Voilà pour la première famille, particilièrement féconde et fournie.



2.2 Profilage interactionniste

La seconde famille repose sur les interactions, ce tissu d'échanges que l'on peut noter - en tant qu'observateur - de manière rationnelle. Untel dit cela à l'autre, etc. Les échanges sont centrés sur la tâche ou bien sur l'interpersonnel, etc. Le chef de file de cette famille est incontestablement Robert Freed Bales, qui attache plus d'importance aux processus en jeu qu'aux personnes qui les initient. Le Quoi prime sur le Qui.

2.3 Profilage psychanalytique

Eh oui ! Certains le déplorent, mais Eric Berne, le père de l'analyse transactionnelle est un enfant - certes bâtard - du génial docteur Freud. C'est bien la psychanalyse qui lui a donné l'idée de mettre au point ses trois états du moi, déclinables jusqu'à sept. L'état parental correspond au Surmoi du modèle freudien, l'enfantin répond aux exigences du Ca (mince, la cédille !) Et caetera. Je vous étonne ? C'est pourtant le fil historique.

2.4 Profilage cognitiviste

La cognition désigne l'ensemble des processus intellectuels qui conditionnent la recherche, la compréhension, le stockage, l'activation et l'optimisation des informations par le cerveau. Cherchez dans le panorama ce qui vous semble relever de l'observation de conduites 'cérébrales'. Cela sent la synapse à plein nez. La logique et l'informatique, très orientées cognition, sont la piste de décollage de ce bel engin volant.


3. Conclusion

En guise de conclusion... je m'arrête ici. De toute façon, tout est dit. Et puis, Sylvie tient à partir pour le Tarn. Le temps passe. Ah, une idée pour agrémenter vos soirées d'hiver : allez donc sur le site sublime d'Hervé Delboy. L'appel de l'alchimie vous y emporte comme un torrent... C'est également le meilleur site conscacré à l'art d'Hermès. Demain, nous devons aider à un déménagement. Pff. A bientôt ! Salutations.


Excellent Jean Deleuvre (c) Editions Ramuel

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 Are you ESFJ or IITP?Sat 25 Sep 2004
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