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 Par foi, souvent - 3e partieFri 24 Jul 2009
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L'homme ne vivra pas que de business

(Anonyme)


La foi. Oui. La foi, la confiance, si différente de la religion (traditions). Tout ça dixit André Frossard (1915-1995).

L'auteur de Dieu existe, je L'ai rencontré, citant l'étrange Bernanos (1888-1948), rappelle que les convertis sont encombrants. Encombrants pour les institutions : religieuses, culturelles, sociales [1]. Les convertis ? Comme leur nom l'indique, ils transforment quelque chose : leur propre matière, eux-mêmes, leur coeur. Et ils attribuent ce changement fort (qui va jusqu'à baigner le monde, le reconfigurer à leurs yeux), eh bien ils l'attribuent à l'extérieur. À un agent qui les dépasse. En stature peut-être, encore et surtout en qualité : disponibilité, hauteur de vues, présence réelle au monde. Et, croyez-le si vous voulez, c'est un agent... qui les aime. C'est-à-dire qui prend le risque à leurs côtés. Et les soutient [2].

Le coeur, pour les convertis comme pour les autres, c'est la sensibilité, l'intimité qui perdure : c'est - pour citer l'Écclésiaste (et faire une boucle vers Don Richardson) - ce qui pressent l'éternité [3], cet état, ce vécu qui dépasse même la mort. Et ressemble donc à l'amour (voire se confond avec lui, ou procède d'une même source). L'éternité ? Le coeur la recherche, en mode actif ou par aspirations (plus ou moins conscientes, plus ou moins fructueuses - cf. recours aux idoles). Alors ce coeur, il va vers quoi ? Mmh ?

Le mien va vers ça, en dessous. Je veux dire que ces bouquins m'apportent des trésors :



Je leur ajoute La Croix et le Poignard (David Wilkerson), de même que The Incredible Power of prayer (anglais très simple à lire) de Roger J. Morneau. Reprenons Wilkerson (livre de ma fin d'adolescence) et ajoutons, côté témoignages, l'incroyable Miracle sur la rivière Kwai du vétéran Ernest Gordon (1917-2002), ouvert aux expériences les plus extrêmes. Une beigne. Digne de Papillon. Bouquin parallèle au film Le Pont de la rivière Kwai (mêmes faits).

Mention spéciale à Corrie ten Boom aussi. Son Dieu en enfer (The Hidding Place) - qui glace le sang - montre qu'on est loin (bien loin) de la guimauve. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment [4], après Ravensbrück, on peut trouver la force d'avancer ? (Bouquin sublime, bouquin ultime.) Le Rentrer chez soi d'Henri J.M. Nouwen [5] est un très beau condensé de théologie : logique, touchant et simple. On y comprend... tout. Il y a aussi, sur la question de la Trinité, le bel Évangile de Jean (individu qui a connu Jésus de son vivant), traduit par Jean-Yves Leloup. Une sage autorité (atypique, documentée) s'en dégage.

Le Business Unlimited de J. Gunnar Olson ? Affaires sans frontières, en français ? Il m'a « juste » aidé à vivre pendant 4 mois.

Allez, je finis avec L'Éternité dans leur coeur de Don Richardson. Livre-beigne aussi.

Mais ça, vous le savez ;)

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[1] Ce qui, anthropologiquement, participe du même socle, voire se maille dans les approches et se confond. Cf. idéal de transversalité, à l'instar de ce que font par exemple Edgar Morin, Boris Cyrulnik ou Joël de Rosnay.

[2] Dieu serait-Il Promoteur ? Persévérant ? Empathique ? Débat stérile, mais drôle et ouvert.

[3] Pour les chrétiens, la juste appréciation de l'éternité (sa juste canalisation, comme si c'était une aspiration, un besoin, voire une pulsion) passe par l'expérience, ici et maintenant (ou progressive), de la résurrection. Celle-ci donne sa pleine mesure à la vie. Elle lui fait passer un cran, la sort non pas de ses contingences (ici-bas, les épreuves et la frustration), mais de sa vanité. De son creux. De son à-quoi-bon. De sa solitude intrinsèque. Là, tout change : c'est beaucoup plus qu'un espoir, beaucoup plus que des modifications, c'est un royaume qui vient (comme dans le cas de Naaman ou de l'eunuque de Candace). Un nouvel ordre qui s'installe : une transformation (un réveil, cf. Degré 2). Qui ouvre au monde et au prochain (sorte d'horizontalité). Et qui ouvre à la Source de vie (verticalité stimulante). À l'explosion fraîche et vivante.

[4] Même si le contexte diffère du tout au tout, le pasteur palestinien Maron peut expliquer comment vivre. Le pardon personnel, en temps de guerre, il connaît bien.

[5] Nouwen exprime une lecture particulièrement proche de celle de Girard, pour qui la racine du mal humain, c'est la convoitise : jalouser l'autre. Ce mauvais Animus (peur de la perte) exerce un contrôle morbide sur autrui. (Revoir ce pauvre Abel.) Pour affaisser ce pouvoir (terme de Nouwen), Dieu choisit l'impuissance : il décide de détruire le leurre et sa logique... de l'intérieur.

[ Je suis protestant (2 % de la population française, l'un de ses berceaux, et 9 fois plus... en Corée du Sud), en même temps mes écrivains catholiques préférés sont Frossard et François Mauriac - de même que j'aime le photographe Joël Peter Witkin (eh oui - voici d'ailleurs mes photographes favoris, attention not safe for work, NSFW) | autre sujet - La grâce serait une synergie (rencontre, mélange énergétique) entre amour et liberté (Qu'en dites-vous ?) | l'amour, lui, pourrait être le carrefour vif entre contingences et liberté, c'est-à-dire risque volontaire (engagement) et dépassement de la mort (qui est repli, séparation, peur) : engagement, tiens, oui c'est ça - ou fidélité, ou attachement inconditionnel et confiance (Any idea, mmh ?) | who Nouwen was, video | Nouwen aidait les déficients mentaux | Corrie ten Boom, the museum | Ernest Gordon, personnage-choc pour le musicien Paul Adams | Bad Lieutenant, plus grand film sur la rédemption ? Interview de son réalisateur (inclassable) Abel Ferrara | j'en finis avec la convoitise - pour le pasteur toulousain Marc Sportiello (voir notamment ceci), la convoitise c'est la torsion (fantasmatique, cf. imagination ou cinéma intérieur - ou bien physique, avec passage à l'acte) du territoire, du droit, des prérogatives ou de l'objet de jouissance de quelqu'un (voir Ouriah - Urie le Hittite), c'est - dans la lignée de Girard - prendre à soi ce qui est à quelqu'un d'autre ; revoir les Chaises | la convoitise, c'est la même mécanique stratégique (de focalisation, de mise au point, d'investissement projectif, de ténacité désirante et active) que la foi, à ceci près que la foi se choisit un objet constructif, un agent d'extraversion : en dehors de soi | à présent, soyons fous avec un peu d'humour - j'aime, et vous ? ]  Read More


 Le temps c'est du talent - 9e partieMon 5 Feb 2007
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Du coeur, des minutes, des euros


Je me souviens que le grand Charlie T. Jones fait du siège des affects (le coeur humain) le siège des besoins. Les besoins sont avant tout, pour lui, affectifs. L'intellect étant bien davantage une machine à se projeter, à imaginer son action par des représentations, puis à amorcer des visées plus ou moins fructueuses. Et puis il y a René Alleau, le spécialiste français du symbolisme [1] et des sciences traditionnelles. Lui ramasse les besoins essentiels en une maxime : une maison et un nom. C'est formidable. La maison, c'est - pour l'individu - à la fois le territoire de prédilection ou terrain de jeu (de jouissance), ses racines (la filiation biologique, philosophique ou affective) et son statut socioprofessionnel ou sociofamilial (cf. les terribles chaises). Regardons la maxime, fixons le deuxième mot-clé : le nom. C'est l'identité, c'est qui je suis. Alleau fait de la maison quelque chose d'horizontal (un socius, un vivre-ensemble, un partage) et du nom, un pic éminemment vertical : l'identité isole. C'est dire que l'identité sélectionne des caractéristiques dans un grand ensemble (une famille), en tire un pinceau de lumière forte, écarte le reste, et met en relief une chose unique et cohérente : vous ou moi.

Mais ce n'est pas de ça que je veux parler. Je veux ici vous dire la sympathie naturelle que j'ai pour Jean (appelons-le comme ça), consultant chez le leader européen en la matière. Il a d'ailleurs participé - en tant qu'expert - à Crème de violette. Je reprends. L'homme fait un exposé, lors d'une rencontre d'affaires, il y a... mmh, deux mois ? J'ai pris des notes. Comme Henri Michaux, je me pense en moi-même que celui qui ne m'apprend rien : zéro. Là, c'est l'inverse. L'exposé, fort simple [2], est direct. Autant dire exploitable. Professionnels, ouvrez bien vos oreilles...

[ La suite >> ]

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[1] Les symboles, à la fois connaissances et représentations du monde. Look. Je reprends le fil : René Alleau est LE spécialiste universitaire - clair et savant - des sciences traditionnelles (cf. alchimie).

[2] Jean parle de développement commercial. Et son exposé précède celui d'un sous-traitant de Microsoft. C'est Jean qui reste le plus clair, son métier de consultant - surtout PME - lui donne une langue accessible à tous.

[ Pour rappel, Eric Berne estime que la maîtrise du temps - peut-être par connaissance de la finitude humaine - est une motivation fondamentale | à quoi Taibi Kahler répond : Oui, surtout pour les Travaillomanes, 25 % des Occidentaux ]