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[ < thémas Morissette, Foi, Potentiel & Confiance en soi | catégorie Coaching | archivage automatique du billet sur déroutinisation, pointillisme et sentiment d'échec, façon François Dubet (sociologue) ]
Sortir de la comparaison, c'est s'engager en personne,
c'est donner aux qualités latentes la possibilité de s'exprimer enfin
Moïse ? Un de mes personnages préférés. Tout en doutes, au début : regardez, lorsque l'appel sur sa vie se fait majeur [ ndlr - épisode du buisson ardent ]. L'embarras de Moïse est manifeste. Parce qu'il a affaire au « connu » de sa vie, ce grand personnage... décline l'invitation. On dirait qu'il dit : « C'est pour quelqu'un d'autre que moi. » En l'occurrence son frère Aaron, d'après lui plus compétent [ plus extraverti, plus loquace ].
Face à l'appel, regrette Denis Morissette, la réaction de Moïse consiste à se mesurer au talent d'Aaron [...] Dans ce cas comme ailleurs, il y a une tendance humaine, éminemment malsaine : se comparer. [ Se voir par défaut. ] Il y a quelque sept milliards d'individus dans le monde, rappelle le spécialiste en relation d'aide, et vous trouverez tout le temps meilleur que vous. Ce qui importe, c'est de réussir personnellement : utiliser vos talents propres. Ce qui compte, estime le psychothérapeute, c'est de s'investir. Réaliser d'une part ce que vous avez, vous, d'autre part ce que vous possédez en germe. Avoir affaire au « connu » de sa vie force à se comparer, à voir les défauts, à trouver meilleur. Et donc à refuser l'offre [...]
À l'inverse, conclut Morissette, l'engagement fort [ courageux ] révèle les potentiels latents.
Denis Morissette, pasteur canadien, conférencier, spécialiste de la relation d'aide [2]
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[1] Profils - Voir le condensé.
[2] À l'instar des frères Linn.
[ Que t'importe... - Jésus, Jean 21:22 | s'inspirer mutuellement, ok - se comparer (pression stridente, à base de rivalités, d'inquiétudes et de creux), c'est mortifère à long terme | revoir René Girard et la jalousie - cf. défaillances, complexes et honte de soi (cf. Regard) | Et vous, qu'en dites-vous ? mmh ? | Burning Bush, earsaregood @ Flickr.com ]
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[ < 6e partie | thémas Confiance en soi & PCM | catégorie Management-Sc. humaines | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]
Partir gagnant fait toujours arriver quelque part
Naître gagnant ? Un classique. Le titre d'un ouvrage d'Analyse transactionnelle (AT) qui, depuis trente ans, fait autorité. Muriel James et Dorothy Jongeward y abordent les conditions personnelles d'un rapport à la vie confiant : ouvert, porteur de croissance.
Alors, ce titre, je le paraphrase et vous propose d'aborder avec moi le « partir gagnant ». La parole est au consultant Jérôme Lefeuvre (déjà salué), adossé au cabinet KCF et passeur - pour la France - du modèle Process Communication de Taibi kahler :
« Terry McGuire, le psychiatre de la Nasa [1] qui a fait le recrutement des astronautes » pendant son Âge d'or (années 1970), et aussi « sollicité Taibi Kahler pour créer l'Inventaire de personnalité Process Com, m'a confié [...] cette phrase que je n'oublierai jamais : Je n'ai jamais vu gagner quelqu'un qui partait perdant. Et même si en partant gagnant, - ce n'est - pas toujours gagné, ça reste la seule façon d'arriver quelque part. »
S'entraîner à la Process Communication au quotidien [2], mars 2008
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[1] Revoir cette histoire de syndrome Apollo.
[2] Très bon livre de Lefeuvre, concret, riche, enthousiaste et varié. Seuls points noirs : l'orthotypographie - bâclée - et la préface, paternaliste et altière, d'un autre grand de la Process Com. Quel besoin de la publier ? Elle dé-vend le livre.
[ Pour Jodorowsky, réussir c'est investir une innocence (un don complet de soi, une foi, libre et honnête), c'est travailler, c'est proposer de manière pratique un talent créatif personnel, utile aux autres et à soi (regardez) ] Read More
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[ < 5e partie | théma Confiance en soi | catégorie Coaching | archivage automatique du billet sur la zone de confort, la satifaction et l'instrumentalité des mesures motivationnelles | mots-clés, permalien, commentaires | Confiance en soi - 7e partie > ]
Beaucoup de professionnels se plaignent de toujours dire oui. Et ils se détestent après. L'expérience montre qu'un incitateur psychique [1] morbide (un driver) les pressurise : Fais plaisir. Sous son emprise [2], nous reléguons notre bien-être [3] mille lieux après celui d'autrui.
Dur. Les témoignages laissent passer amertume et mépris de soi.
Alors j'ai une proposition, qui est simple à mettre en oeuvre. Essayez-la : vous me direz, d'accord ?
La prochaine fois que quelqu'un (ou qu'une chose en vous) vous conduit à dire oui alors que vous éprouvez un non, dites... oui. Autorisez-vous à manquer d'à-propos, d'esprit, d'eccéité. De sorte que votre habituelle indulgence, vous la retournez sur vous. Puis, promettez-vous de dire non la fois d'après. Et si c'est en demie-teinte, recommencez la fois d'après encore.
Le renforcement positif de la demie-réussite de la fois numéro deux amorce un début de légère pompe à succès. Qui a toute l'énergie, ensuite, pour faire jaillir la satisfaction de soi en troisième lieu.
Vous réussissez juste un peu ? Imprégnez-vous de la réussite et du doux parfum d'indulgence et de soin à vous-même.
Hmm, tellement bon.
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[1] Morbide veut ici dire inconscient, limitateur, répétitif, à terme usant.
[2] Vous aurez reconnu le travail d'Eric Berne. Puis, plus tardif, celui de Taibi Kahler.
[3] Pourtant, Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lv 19 : 18), repris ensuite par Jésus, implique que l'on s'aime d'abord soi. Il y a réflexivité complète.
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[ < 2e partie | thémas Romey et Confiance en soi | archivage automatique du billet sur la parole donnée ] [ Catégorie Coaching | permalien, mots-clés et commentaires ]
Chez les adultes, et même (et surtout !) dans l'entreprise, il y a beaucoup de comportements qui ont poussé dans le terreau de l'enfance. Parlons futur et passé : c'est dans la psychothérapie d'expression française que je vous emmène aujourd'hui.
D'abord le futur. Certes le coaching permet-il de dévoiler les atouts présents et de construire les stratégies pour un futur individuel plus clair, plus épanouissant, plus concret. Ce qui fait dire à beaucoup [1] que le coach est un spécialiste du futur, des projections dans le temps (changement). Et l'expérience montre que ça marche, pour peu que certaines conditions soient là.
Parfois, et pour autant, il faut aller dans le passé. C'est là que le coach cède sa place à un autre spécialiste : le psychothérapeute.
Je veux vous donner un exemple de ce qui peut conditionner toute une vie, uniquement accessible par un travail psychothérapeutique : le regard parental.
Il y a Stéphane (exemple fictif), cet homme de 40 ans est doué. Il est brillant. Il travaille bien, se projette plus ou moins bien dans le futur (parfois des doutes le saisissent) : tout ou presque en fait un candidat à l'épanouissement, au moins professionnel. Il parait normal, et même plus que capable. Mais il y un trou. Ce trou, c'est un terrible trou de mine dans son autoroute personnelle vers le bien-être. Ce trou l'empêche de réussir : à chaque fois qu'un obstacle se présente, Stéphane échoue. Tout le monde le sait : Stéphane perd ses moyens (alors qu'il est brillant), ou alors il commet un terrible acte manqué, se « tire une balle dans le pied », fait une échappée folle, une sortie de route incroyable qui stupéfie tout le monde. Stéphane « pète les plombs ». Il stagne, échoue, déprime : quelque chose le bloque et le rabaisse. Quelque chose le maintient dans son état permanent non-accompli. Si ça continue, Stéphane va mourir dans l'œuf, il va mourir de tout le temps rester comme ça, usé par le temps, déprimé, cloué au tarmak.
Il y a certes les transactionnalistes (AT), certes les hypnothérapeutes ericksoniens ou les successeurs de géants de Palo Alto comme Gregory Bateson ou Paul Watzlawick, certes quelques psychiatres comme Jean Cottraux ou encore des psychosociologues lumineux comme le regretté Jacob Moreno ou Anne Ancelin Schützenberger. Bien sûr. Il y a encore les flamboyants inclassables tels que don Miguel Ruiz.
C'est sûr.
Mais lequel fait une analyse-terrain comme Georges Romey ?
Celui-ci ressaisit complètement le travail de Bateson en affirmant que la double contrainte (géniale découverte de la double bind) est une puissance opératoire majeure. Je suis un enfant qui ressent le regard parental comme faible : Papa et Maman me regardent peu [2], c'est donc que je suis digne de peu d'amour (peu aimable, dirait Taibi Kahler). Toute ma vie, je vais me conformer à ce premier regard (pourtant faible en strokes), parce qu'il est celui des géants qui m'ont accueilli et donné la vie. Impossible de passer outre, de contrevenir, de tuer cet état de fait. Tuer ce regard originel, ce serait tuer les porteurs du regard. Nul ne peut tuer ses parents.
Greffez sur ce complexe (au sens durandien de grappe vivante), greffez sur cette situation dynamique une faiblesse parentale. Je veux parler de l'enfant qui perçoit ses parents (à tort ou à raison) comme pauvres, malades, absents, faibles ou lésés.
Son impossibilité inconsciente de remettre en question le regard primordial s'augmente d'une impossibilité de faire mieux que le Couple. Cela rendrait, par comparaison, la situation parentale encore plus aiguë. C'est de l'optique : celui qui dépasse les retardataires de la vie les voit de plus en plus petits (donc pathétiques) dans le rétroviseur. Qui veut voir ceux qu'il aime, ceux qui lui ont donné les premières marques d'amour (même faibles), et puis - j'ajoute - ceux qui le protègent, comme de simples gens ?
Il y a là trois dimensions de souffrance, d'impossibilité. Elles s'interpénètrent et font une synergie : c'est le complexe. Le nœud vivant.
Stéphane a peut-être besoin d'un coach. Il a, encore et surtout, besoin de quelqu'un qui l'aide à réaliser que le psychisme tisse et se tisse autour de complexes, que lui-même est digne de son propre amour, que ses parents sont des humains comme les autres, que les parents souhaitent avant tout la réussite de leurs enfants (Dépasse-moi est beaucoup plus naturel que Partage ma condition), que le temps passe et qu'il se doit à lui-même d'être heureux.
Se réaliser c'est parfois passer par là. Le futur, c'est une projection de ce passé qui nous fait ici et maintenant : de vrais objectifs de changement, ce sont des guérisons.
L'imagination projective (façon Boris Cyrulnik), le travail (aimer et travailler, rappelle Freud), l'optimisme (la positivité, intramotivation forte ou confiance en soi des aventuriers Giacomo Casanova ou Cizia Zykë) et les bonnes rencontres (complexité mouvante, danse de la réalité façon Jodorowsky) font le reste.
Changer, c'est profond. Changer (en vrai), c'est juste aller mieux. C'est juste être. Suit alors le faire.
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[1] Merci Nathalie.
[2] Il y a une théma sur ce regard qui détermine tant de choses.
[ Le psychiatre, c'est un médecin spécialiste (bac + 10), qui travaille à rendre sa forme saine au système nerveux et aux représentations qu'il occasionne sur le bien-être de la personne, il utilise les thérapies qu'il souhaite (entretiens libres, entretiens dirigés, renforcements nerveux, thérapies de groupe, prescription de séjours en centres spécialisés, prescription de médicaments actifs sur l'activité nerveuse, donc les représentations, donc les comportements) | le psychologue (bac + 5) est une personne diplômée d'un master d'université en sciences humaines, catégorie psychologie (c'est une science, avec ses protocoles, son mode opératoire, son corpus, sa culture, ses visées) - il utilise les thérapies qu'il souhaite, sauf les médicaments, par définition réservés aux médecins | le psychanalyste est un représentant direct ou indirect de la découverte freudienne et de l'inconscient comme une structure autonome, discrète, dotée de sa propre logique et conditionnante du ressenti et du comportement humains (rêves, actes manqués, scénarios morbides, angoisses et souffrance psychique), il est nécessairement psychologue et formé pendant plusieurs années à l'école psychanalytique qui lui convient le mieux (Sigmund Freud, Jacques Lacan, Melanie Klein, Carl Jung, Wilhelm Reich, Alfred Adler) - particularité : le psychanalyste a conclu son parcours personnel en étant lui-même passé par le divan | le psychothérapeute est tout le monde ou n'importe qui, il y en a d'exécrables et d'arrivistes, certains autres sont des érudits dévoués, créatifs, intuitifs et efficaces ; certains sont affiliés à un courant, d'autres sont libres et disponibles à tout ce qui survient dans la vie du patient, certains sont des suiveurs - appliqués ou ternes -, d'autres de puissants pionniers ; je pense évidemment à Jodo | en coaching, les objectifs de la personne sont très souvent brouillés par cette histoire de regard originel, d'empreinte affective conditionnante | Romey apprend à voir les parents comme des êtres ambivalents : bons ET mauvais, aidants ET paralysants, marquants ET parfois faibles dans leur propre vie, facilitateurs ET castrateurs, parents ET amants entre eux, parents ET humains - c'est sortir du regard de l'enfant pour aller vers quelque chose de plus réaliste : la réalité devient multiple, donc praticable | ce qui rend la vie une et pleine, c'est par définition sa multiplicité chatoyante - nous rejoignons, cette fois-ci depuis l'inconscient, la représentation métaphysique de l'Un qui engendre le multiple, ce dernier renforçant l'unité de l'Un en l'augmentant, en le faisant parvenir à un plus haut degré de complexité donc de fonctionnalité peut-être, mais surtout de félicité et de jouissance à partager le lien, à cultiver l'amour (amour : liaison intense et pratiquée, connexion synergétique) ] Read More
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[ < Perfectionnisme et signe de Caïn - 4e partie ] Confiance en soi [ Savoir dire non - 6e partie > ]
Survivre à l'autocritique
Oui, c'est Pâques. Et je peux dire que le choix familial d'être restés à Toulouse est un bon choix. La météo donne des couleurs, du calme et du plaisir à la Ville rose. Et donc à nous.
Je regarde Dossier Scheffer sur France 5 et c'est passionnant. Outre la négociation conflictuelle (prise d'otages), l'émission aborde la résistance au stress et le profilage des policiers ou gendarmes d'élite. Jean-Louis Fiamenghi, le patron du GIGN, explique notamment que son corps d'intervention prend un grand soin à vérifier que les recrues font preuve de courage. Certes face au danger mais aussi face à l'échec.
Intéressant de voir cette déclinaison du courage : faire face pendant et faire face après, seul avec son envie d'abandonner ou de s'autosaborder.
La solidité mentale et opérationnelle est une vaillance sur le moment mais aussi une pugnacité. Une confiance en soi.
Persister, c'est s'aimer.
[ Le poids du Surmoi, d'après Juan-David Nasio | blog de policier | Nous avons des techniques de debriefing qui nous permettent de gérer, confie Jean-Louis Fiamenghi | autoriser les autres à avoir confiance en eux ] Read More
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[ << Ce qui dépend de nous - 1e partie ] Confiance en soi - 2e partie [ Les pieds dans le tapis - 3e partie >> ]
Facteurs motivationnels intrinsèques et extrinsèques
~ les ressorts de l'intra et de l'extramotivation
Emotionnellement parlant, il y a deux types de porteurs de projet. Les premiers ont intériorisé tous les compliments, toutes les marques de confiance et d'estime jadis adressés par leurs proches. Je dis jadis pour parler de l'enfance. Ces gens-là disposent d'un capital d'assertivité (affirmation de soi) et de foi en eux-mêmes qui les amène généralement loin [1]. Eh oui. Valoriser les enfants, en quantités intelligentes, c'est leur fournir le carburant qui leur permettra de persévérer dans un projet. Persévérer [2] en dépit : 1. du principe de réalité, tellement castrateur, 2. des critiques liées au balisage permanent des territoires humains, 3. du manque persistant de strokes, en cas de pénurie prononcée.
Et puis il y a les autres.
Les autres, ce sont ceux qui ont besoin de proches. Ils mettent à profit les strokes de leur entourage. Et c'est là leur moteur. L'on appelle cela : tirer sa motivation de facteurs extrinsèques, ici socioémotionnels.
C'est comme ça. Je sais que l'Education nationale encourage les appuis motivationnels internes (travail personnel important) et - côté externe - qu'elle confie le gros des strokes au bon vouloir des professeurs, encore trop souvent inconditionnels dans leurs remarques (cf. "Peut mieux faire", dans l'absolu).
L'idéal, c'est d'avoir les deux leviers. Des leviers sains et assumés. S'appuyer sur soi et sur les autres équivaut à avoir plusieurs colonnes dans sa maison.
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[1] Ils vont loin si tant est que le projet soit bon (voir ceci). Ou qu'ils en changent sitôt qu'il produit des fruits douteux. Parlons de ceux qui vont loin, justement. Napoléon Bonaparte avait tellement confiance en lui (merci à sa maman Corse) qu'il se fiait à son instinct en toute circonstance. Son ambition et son sens de l'observation (ressorts intrinsèques) lui suffisaient amplement. Pour être si autonome, du point de vue motivationnel, il faut - comme lui - être valorisé abondamment. Dès le plus jeune âge. Il était persuadé d'aller loin, dans tous les cas. N'importe où que ce soit. L'Histoire a d'ailleurs cristallisé ce trait mental dans une citation restée célèbre : Il ne va pas bien loin celui qui sait d'avance où il va. Ce qui plaide en faveur de l'impulsion interne, de la force désirante qui s'autosuffit. (Quand elle est mise en synergie avec une force d'adaptation et une capacité à engranger les expériences, comme chez Napoléon.)
[2] A l'instar du "père-haine" que le psychanalyste Yves Enrègle entend dans l'adjectif pérenne, il me semble que le persévère sonne comme un "père-sévère". (A relier d'ailleurs à la description que Taibi Kahler fait du profil du Persévérant.) Et vous, qu'en dites-vous ?
[ Les incitateurs (drivers) sont des injonctions parentales, passées en mode inconscient - donc constructrices de scenarii de vie ; ces incitateurs s'actualisent dans les épreuves et souvent se confirment voire se renforcent | l'expérience montre que les intramotivés ont tendance à trouver satisfaction dans les retours d'eux à eux (attention à la subjectivité, ou au syndrôme de la "tête de mule"), tandis que les extramotivés, en cas de coup dur, attendent souvent les confirmations d'un entourage parfois déconnecté (être proche émotionnellement, cela peut induire une certaine distance intellectuelle ou une saisie incorrecte - souvent à la baisse - des enjeux de celui qui, dans l'épreuve, demande des strokes) | l'on se souvient combien Françoise Dolto préconisait les marques d'affection claires et fréquentes, pour les enfants, afin de les rendre autonomes sur le plan affectif (et cognitif, donc intellectuel - l'on sait depuis Antonio Damasio combien les affects et les idées sont liés) | elle avait bien raison, Dolto - dire tout l'amour pour permettre à l'autre de "faire le plein" et de se détacher pour vivre une vie libre, c'est la finalité psychique absolue | ajoutez cette liberté à la créativité et à la présence au monde, dans son acception la plus grande, vous avez là le triptyque cher à Alexandro Jodorowsky, certainement le plus doltoïen des psychothérapeutes actuels, avec peut-être Jacques Salomé | à propos de l'assertivité, je me souviens qu'une Franco-Américaine expliquait sur France culture, il y a un an ou deux, que les petits Américains qui se cassaient la figure dans les parcs publics étaient encouragés par leur mère à recommencer leur défi physique, alors que les mères françaises réprimandaient systématiquement leur bambin pleureur - ah, la culture ! ]
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[ << Feedbacks - 1e partie ] Un retour ? Non merci. - 2e partie [ Trois petits singes faussement empathiques - 3e partie >> ]
L'entreprise est tout sauf un sanctuaire. C'est un lieu plus ou moins fiable, plus ou moins respectueux de l'autre, plus ou moins au fait de ses propres besoins.
Il y a plusieurs écoles, je sais. Vous êtes dans une démarche de repositionnement professionnel et une chouette entreprise, pourtant avenante, vous évince du circuit sans explication ? La tendance consiste alors à dire : 'Vas-y, demande-leur pourquoi ils ne te veulent pas. Leur avis est précieux.' Eh bien, je m'y oppose. Comment ? Pourquoi se couper d'un retour documenté, fort utile ? Je vous dis pourquoi.
D'abord ledit retour [*] est rarement documenté. Les mécanismes de choix de candidats relèvent de raisons propres à l'entreprise, à ses mécanismes internes, à ses doutes, son histoire, plus ou moins rationnels ou reluisants. Ensuite, la ligne motivationnelle d'un candidat lui est propre : se faire critiquer, même poliment, peut casser une dynamique. Le rejet, même gentil, cela fait mal. Surtout si vous en êtes à votre deux ou troisième rendez-vous. C'est-à-dire que la 'mayonnaise' du désir a monté : dure est alors la chute.
Alors quoi ? Mieux vaut, d'après moi, une illusion qui marche qu'une lucidité stérile. Restez comme cela (sauf contreperformance manifeste) et foncez : continuez à écouter les besoins des employeurs et taillez-leur une offre sur mesure. Il faut poursuivre.
Et un conseil : faites-vous conseiller par un nombre très limité de personnes. Parallèlement, rencontrez des entreprises, en permanence. Faites-vous du muscle. Vous absorberez les vues, les tics langagiers et le comportement (par mimétisme) de ceux que vous visez. Fréquentez-les. Les clubs valent de l'or pour cela. Et conservez, à côté de votre démarche, une bonne vie personnelle. Epanouissante. C'est à ceux qui vont bien que l'on ouvre les portes.
Gardez la foi. Tous mes encouragements. Toute ma chaleur à vous tous. A votre écoute s'il y a quoi que ce soit,
Lionel
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[*] Particulièrement quand l'entreprise vous a semblée bizarre, peu professionnelle, traversée de contradictions. Attention : nid à problèmes. Ecole de 'casse' en vue. Ne pas donner de perles aux pourceaux : passez vite à une autre expérience. Les bons employeurs vous attendent quelque part : volez prioritairement vers eux. Et, paradoxalement, autorisez-vous à louper un entretien. Mieux vaut être bon en permanence que 'parfaitement parfait' de temps en temps. La constance prime. Quoi d'autre ? Un entretien, c'est de la vente. C'est important.
Mille encouragements ! Amitiés sincères.
[ Confort émotionnel | attention, si vous souffrez d'une situation tendue, dévalorisante, qui vous a laissé un goût amer, parlez-en à un professionnel - certes le travail ne doit-il pas faire de mal, mais il en fait parfois (souvent) ] Read More
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Confiance en soi - 1e partie [ Intra et extramotivation - 2e partie >> ]
Tout dépend de toi, mon fils (ma fille). Vous connaissez le refrain : c'est dans le diamant que cette assertion semble gravée. La bonne nouvelle, c'est que tout succès comporte une double joie : 1. les avancées produisent le 'mieux' tellement escompté, 2. la fierté du self made man (woman), elle, s'illumine comme une flamme olympique. C'est l'extase. Réussir, c'est mettre en oeuvre ses compétences. C'est aussi conditionner les choses pour qu'elles reçoivent la trace de notre identité. Celui (celle) qui réussit devient la preuve vivante du Quand on veut on peut. Sexy, politiquement correct, enviable. Mais un peu court : que dire alors des échecs ? Un fruit du manque de compétences ? du manque de volonté ? Pire : du manque d'ambition ? Passons les choses au crible. C'est dans la cité grecque de Nicopolis [En], que notre parcours fait aujourd'hui escale.
1. Une estime de soi adulte
En matière de direction de vie, c'est la voix du philosophe Epictète (Ier s. ap. J.-C.), jadis égosillée dans la péninsule de Preveza [En], qui résonne le plus nettement. Un appel à grandir. Les croyances de l'enfance, les injonctions, les rêves se ré-évaluent à la mesure de ce qui a un sens, de ce qu'il est POSSIBLE de faire. Outre les fantasmes. C'est là toute l'essence du stoïcisme, qui traite l'individu en adulte. Quoi qu'il arrive, devoir et lucidité dominent : il faut faire ce qu'il y a à faire. Mais aussi faire ce que la réalité dicte, c'est le pragmatisme. Ce que je dois et ce que je peux faire, tel est le coeur du plan d'actions.
L'ambition, Epictète l'aborde sous l'angle de sa propre condition, tellement spéciale. Il est esclave. Un maître sadique lui cassera le pied [1], tandis qu'Epictète ironisera sur la situation. (Quelle maîtrise de soi !) Alors qu'est-ce que réussir ? Dans quelle mesure la confiance en soi a-t-elle un sens ? Lui prend les choses à la base : Il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous (voir ici). La croyance en la fortune [2], par exemple, est illusoire. Ce qui ne dépend pas de nous est sans force propre, esclave d'autrui. Une volonté étrangère, explique Epictète, peut nous en priver. C'est ce qui s'appelle se faire battre aux quatre vents : la fortune est de ce bois-là. Donner son énergie à ce qui dépend de l'extérieur - tellement chaotique - est une perte de temps et d'énergie, un danger pour la confiance en soi. Ce qui dépend de nous, estime l'esclave philosophe, ce sont nos actions, nos désirs, nos pensées. A l'inverse, ce qui ne dépend pas de nous ce sont les honneurs, la fortune, la mort [...] Bref, les choses qui sont le fait des autres et du chaos combiné (c'est la complexité, l'incertitude mouvante). Il faut donc savoir que seules les choses qui dépendent de nous peuvent être un bien ou un mal car il demeure en notre pouvoir d'agir sur elles. Le remède est simple : celui qui pense que seul dépend de lui ce qui relève concrètement de sa personne et que dépend d'autrui ce qui réellement dépend d'autrui, celui-là même ne se sentira jamais contraint à agir, jamais entravé dans - l' - action. Conclusion : bien détacher ce qui dépend de moi (de ma volonté, de ma sphère d'influence) des facteurs externes, eux qui - mal compris - peuvent me faire si mal. Je peux (et dois) économiser, et centrer, mon action, dixit Epictète, sur mes actions, désirs et pensées.
Il y aurait donc des déterminants externes et des facteurs internes, seuls leviers d'action véritables. Je peux envisager les zones dans lesquelles avoir confiance en moi. Le tranchant de l'estime de soi est sauf, lui qui s'exerce à bon escient.
2. La légitimité
Il est évident, par ailleurs, que je me sens confiant dans les zones où je me crois (à tort ou à raison) légitime. Ai-je le droit de faire cela : suis-je à ma place ? Un bon indicateur est le feedback (retour) que mon action suscite (pour savoir comment mettre à profit les feedbacks, voir ici).
3. Les signes de reconnaissance
Bien sûr. Si Napoléon rayonnait de confiance en lui, c'est parce que son entourage croyait en lui... et le lui disait. Tout autant que d'oxygène, j'ai besoin de strokes. Mon lien aux autres a un indicateur : les signes humains. L'homme est un support à contacts.
4. Conclusion
Si j'ai un problème de confiance en moi, je considère que : 1. tout ne dépend pas de moi, 2. les facteurs de valorisation à considérer sont (exclusivement) ceux où je peux faire du bien, actions, désirs et pensées, 3. la légitimité de mes actions est rigoureusement fondée, feedbacks à l'appui (beaucoup sont analysables et mesurables), 4. les strokes me viennent ou me viendront : l'activité humaine est un maillage de signes interpersonnels.
Courage. Courage et rationnalité...
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[1] L'on a beau dire, le management systématique - à l'époque - était des plus balbutiants.
[2] Réussite publique et professionnelle.
[ Images (c) Footprint.org, Knifeworks.com, Hb.co.nz, Surveysolutions.co.uk | billets sur le coaching | les chaises ]
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Feedbacks - 1e partie [ Un retour ? Non merci. - 2e partie >> ]
Exceptionnellement, le contenu de ce billet est (c) - Merci de votre compréhension
Les feedbacks sont les 'retours'. C'est-à-dire les informations (les données) et les contacts humains (signes interpersonnels) qui nous confirment que : 1. nous existons bel et bien, 2. nous collaborons avec des vis-à-vis qui nous reconnaissent (1) en tant que parties-prenantes du projet (2). Le projet ? La rencontre d'une équipe humaine et d'une activité finalisée : activité qui a un sens (3). Voyons quels types de retours sont des mines d'or pour la personne coachée. Quels feedbacks ont fait et font toujours 'tilt' dans sa vie ?
Un rappel. Les retours sont primordiaux (pour preuve, l'hospitalisme qui en guette les exclus). Quant à la motivation, elle repose en grande partie sur ces précieux signes.
Revenons au coaching. Regardons si certains feedbacks ont une résonnance particulière dans nos vies. Il y en a - c'est bien net - de trois sortes.
Les trois natures de retours
1. Le baromètre interne (de moi à moi). C'est ce que je pense et ressens de moi : Il y a des fois où j'existe et d'autres... moins, Jeudi dernier, mon travail me semblait bon, je me sentais bien. Subjectif et omniprésent (en moi, bien sûr).
2. Le retour humain (des autres à moi). C'est ce que les autres pensent de moi : Depuis que tu es à la compta, les choses ont changé, Quand tu fais une réunion dans la grande salle (4), les gens du fond n'y voient rien, Tes compétences sont indispensables. Intersubjectif et plutôt fréquent.
3. Le retour technique (de l'entreprise à moi). Rarement abordé. Pourtant salutaire. Ce sont les informations, les résultats, les mesures de performance. Il y en a de deux sortes (5) : les indicateurs quantitatifs (ex. : un chiffre d'affaires réalisé) et leurs corrolaires qualitatifs (ex. : une avancée notable). Dans le premier cas, l'objectivité règne (normalement). Et dans le second, c'est la subjectivité qui se taille la part du lion. Le retour technique ? Objectif. Subjectif. Particulièrement rare.
Remarque : le retour humain (2.) et le retour technique qualitatif (3.) se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Dans le premier cas, l'opinion provient d'un collaborateur ou d'un supérieur. C'est son point de vue. Dans le second, c'est la performance de l'entreprise qui génère un signal. Que le collègue vous transmet, à travers son propre prisme. Vous saisissez la différence ? Tout est dans l'origine : dans le fondement de ce que l'on vous dit. Et également dans le traitement : émettre un avis ou se faire l'écho d'une réalité factuelle, c'est le jour et la nuit.
(c) Investorrelations.co.uk & Hedra.com
Les traces
Dans mon paysage intérieur, se dessine la cartographie des retours qui m'ont marqués : baromètre interne, retours humains, retours techniques (6). Le profil de mes écueils (réels ou vécus comme tels) ainsi que mes lignes de force (7) apparaissent clairement. Je peux travailler là-dessus.
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(1) Dans ce sens-là, projet signifie basiquement production d'offre satisfaisant un ou plusieurs types de besoins.
(2) Attention - Une émission 'stratégique' de retours positifs, chez certains profils, peut dénoter une volonté de manipuler leur entourage.
(3) Il y a un sens pour tous et un sens pour chacun. Dans une entreprise, c'est au manager de vérifier que les visées de chacun sont compatibles avec le projet général.
(4) Vous avez reconnu la 'remarque conditionnelle' (voir ici et là).
(5) Aparté managérial - Les évaluations qualitatives sont plus subjectives que leurs équivalents chiffrés. Une impression - même bien caractérisée - a ce flou qu'un chiffre dissipe aisément. Concernant ledit flou, une bonne façon de rassurer les parties-prenantes est d'encourager le dialogue : Il me semble que vos résultats fléchissent un peu... Et de documenter au maximum cette impression : ...depuis février, pour ce qui concerne les achats de fournitures. [Une pause.] Qu'en dites-vous ? (Au sujet de la concertation qui valide, voir ici et là). A l'opposé du retour qualitatif, il y a le chiffre. Une précaution : 'habillez-le', donnez-lui de la chair, explicitez-le. Bref, donnez-lui une signification. Le pire : le chiffre qui ' cingle ', ' tombe comme un couperet ', frappe à l'aveugle, reste sourd et muet à la personne humaine. La panacée : le chiffre débriefé, prolongé d'axes d'amélioration en cas de besoin et de félicitations quand il est bon (pour l'entreprise, s'entend).
(6) Leur contribution est majeure, isolément. Une clé, toutefois : la mise en tension des uns avec les autres. Regardons : Et si nous mettions en vis-à-vis les retours techniques de l'entreprise et l'impression que vous avez de vous même ? Nous avons là un filon de coaching richissime.
(7) Génératrices de confiance en soi.
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