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Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux

 Nu - 2e partieThu 23 Apr 2009
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L'innovation est un sport de combat


Je les hais. Et celle-ci plus que les autres. Les épreuves ? Elles balayent tout. (Les grandes, j'entends.) Mais même les petites : elles sapent ce qu'on sait, comment on s'est construit, ce qu'on recherche. Car c'est bien ça : les épreuves sont un enlèvement de ce qui nous rassure et nous fait jouir. Prenons une personnalité (le docteur Kahler explique sa construction très bien). Elle a des traits distincts. Dans la façon dont nous nous présentons au monde [1]. Dans la façon dont les figures d'autorité [2] nous élèvent (parents, fratrie, institutions). Dans la façon, enfin, dont nous vivons les choses et en tirons de la satisfaction : événements, tournures, expériences de confort [3] et de plaisir.

Ça nous modèle.

De sorte qu'un style émerge et se façonne. Untel lira, emmagasinera, interprètera et animera le monde à sa façon. Tel autre d'une autre. Ça fabrique des préférences (qui sont des façons de se placer, de jouir, de croire) et des limitations.

C'est là que je veux en venir.

L'épreuve pousse aux limites. Elle pousse à ce qui marchait un temps. Dans une aire donnée, connue, petite. Retirez-moi ce que j'investis, ce(ux) que j'aime, ce qui me rend heureux - dans ma façon d'être, selon mon tempérament [4] : je panique. Mon GPS patine. Tout devient flou, mes priorités se mélangent. Ce qui me semblait solide (moi, en fait, et mes représentations), tout ça s'effondre.

De là, deux attitudes. Soit je cherche à tout prix ce qui me rassure et me fonde (mes nourritures affectives, mes repères - en version coûte que coûte), soit j'innove : je cherche la légèreté, le zapping, le flux qu'on m'offre. Et je l'éprouve, pour vivre de nouvelles sensations [5]. Ou encore j'innove en vrai : je cherche ce que la vie contient de plus solide. Il y a du changement 2 dans l'air [6]. Et c'est stressant.

Pour les petites épreuves, je peux zapper. Pour les grandes, comme celle-ci, j'approfondis. Ou plutôt j'innove dans la profondeur : je cherche des certitudes plus solides encore. Des dynamiques plus basses, plus fondamentales. Plus vraies (au sens de valables) que ce que j'ai été.

Je bâtis ma maison, ma vie, sur le roc. Ou plutôt ma tente... Ou mon sac de couchage.

Quand je suis comme ça, les autres fréquences sourdes me parviennent : le cœur des éprouvés me parle. Non pas que je les recherche (je les fuis : mon empathie me les fait redouter - mon orgueil les rejette, comme autant de facteurs [7] déstabilisants). Et pourtant ! Ce sont leurs paroles qui disent la vérité : l'homme est fait pour éprouver. Du plaisir, qui est bon en soi, mais endort (la certitude repaît). Du plaisir, et des éboulements.

Moment de changer.

Moment de rechercher la Vie. Celle qui est plus vraie, plus forte, plus stable que moi.

Celle qui fonde, en profondeur, les bases de ce monde aimé.

Celle qui, enfin, motive. Même si elle dépouille, oblige à marcher à vif, oblige à traverser le ronron de la raison.

No choice. Et pourtant quelle grâce !

Si je ne souffrais pas, je serais statique. Et sûr de moi. Mon ventre serait plein.

Quelle bénédiction qu'il soit vide.

(Mais quelle épreuve, mes amis.)

Merci à tous les anges humains (en grec, les messagers) qui me soutiennent. Vous vous reconnaitrez : vos vies, vos sincérités, les risques que vous prenez sont un phare. Pour moi. Et à terme, je l'espère, pour les gens que je soutiendrai par mon témoignage.

Tout ce que je savais sur la vie est faux. (J'étais dans l'erreur.)

C'est très bien : je prends. Ça me dirige.

(Je m'étais paumé...)

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[1] Les enfants indirects de Françoise Dolto - comme Boris Cyrulnik - parlent d'un bain symbolique, de représentations, de paroles, d'investissements divers, de croyances et d'inconscient dans lequel le fœtus croît. Et s'édifie, de manière innée (c'est un pétrissage parental, littéralement avant la naissance).

[2] Sur l'éducation, voir théma Renforcements. Le Bravo ! et le Tu me déçois ! font le meilleur et le pire. Dans le registre intelligent, par exemple au travail, revoir l'encourageant Manager-minute.

[3] Le confort, c'est le sentiment de sécurité.

[4] Cf. Profils.

[5] Les process communicants parlent de changement de phase, d'exploration (a priori fructueuse) des autres étages de la personnalité. Ces ressources endormies regorgent, après tout, de trésors d'aventure, de satisfactions, de sensations nouvelles.

[6] Cf. métamorphose, ce phénomène que les géants de Palo Alto ont si bien étudié. (Leur probable plus grande réussite.)

[7] Ce sont les ferments du changement, qui bousculent et menacent l'équilibre d'un système. Relire Max Sandor.  Read More


 Ce que l'autre me coûte - Codes et territoires culturels, 4e partieFri 13 Feb 2009
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Hongrie-zonant


Toulouse. Et un groupe, là. Dans la rue. Gitans d'origine roumaine. C'est une famille qui discute. Ils parlent fort, c'est animé. Gestes, propos : tout est vivant.

Tout est « du Sud » (comme on dit chez moi).

J'ai souvenance du travail d'Edward Twitchell Hall, un grand. Le domaine ? Les territoires corporels, donc culturels (réglés par des codes : valeurs, conventions). Distance et espacement entre personnes... Qui varie selon les cultures. Yep. Il y a les Japonais, qui ont traditionnellement besoin d'espace. Si on prend les Tokyoïtes et si on considère le temps qu'ils passent dans le métro saturé, on souffre pour eux. Culture de réserve et de respect du champ corporel de l'autre (contacts réduits, réservés à l'intimité). Or, les Tokyoïtes se touchent, se frôlent, se compriment dans le métro. Un bien pressant socius. Mon analyse, c'est qu'un nombre massif arrive au travail stressé. Voire vidé, en lutte, en besoin de retrait (cf. AT). Donc : perte de compétence et de confort.

Oui.

Je revois les Gitans. Et je pense à la Hongrie, ce pays qui - parfois - les comprend si mal. Ou si peu. Xénophobie, repli, complications.

Et, parallèlement, j'entends le silence hongrois. Croyez-le si vous voulez : Budapest, la grande, est calme. Écoutez bien, vous avez les klaxons. Bien sûr. Écoutez maintenant les gens : c'est de l'air. Ils sont silencieux comme l'air. C'est impressionnant, les gens qui utilisent leur mobile... murmurent. Le métro ? Calme. La kinesthésie (pratique du toucher, ancrages sensoriels, cf. PNL), discrète à l'extrême.

Tout vit dans du feutre.

Une prof de hongrois me disait que l'âme de son peuple (culture intrinsèque), c'était de l'engagement solide, du parler-peu, du parler-vrai. Comme une gravité. Comme un silence qui pèse. Et signifie.

Il y a les codes, bien sûr. Il y a aussi le bain sémiotique. Tout ce qui touche les Hongrois est affecté, c'est sérieux. Profond. Important. Passionné. Porteur. Médié par du subtil. (Donc du lourd.)

Il faut décrypter ça... C'est du travail.

C'est de l'habitude.

Alors, la communication, quand elle vient d'Europe occidentale ou de pays latins, certains Hongrois la vivent en heurt. Je repense aux hordes d'Anglais, pour l'occasion extravertis. À Budapest, des bus entiers viennent déverser de joyeux buveurs de bière (l'été, cf. festivals). Et, le reste du temps, beaucoup de clients de prostituées viennent siffler les filles, en terrasse.

Dur.

Je termine en pensant que les Gitans d'Europe centrale ont des codes. Comme tout peuple. Il y a du il-faut et de l'interdit.

Parler fort est permis. Exprimer ses émotions, interagir aussi.

En Hongrie, au Japon et chez les experts-comptables, ce serait (et c'est peut-être) mal vu.

Affaire de codes.

La culture humaine est un formidable lieu de rencontre. C'est aussi un lieu d'éviction de l'autre.

Le genre humain est un territoire, avec ses prérogatives et ses us (clés d'entrée, clés de sortie du champ collectif).

Ouais...
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[ Qu'ils soient micro ou ici macro, les groupes humains sont des organismes vivants, pétris d'homéostasie, parfois électrisés d'envies (ou de besoins) d'évolution (dynamiquement, c'est le trajet entropique) ; revoir Georges Romey et son formidable travail sur les pulsions - théma Changement | Ce billet est le 900e du blog, merci de votre fidélité ! ]  Read More


 InternationalSat 27 Sep 2008
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« Plus importante que celle d'où on vient, il y a la question : Où est-ce qu'on se sent bien ? »

Wajdi Mouawad, émission Metropolis (Arte)


 Et pas seulement devant ma glace - 13e partieWed 6 Feb 2008
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[ < 12e partie | catégorie Méthodologie | thémas Outils atomiques et Coaching | permalien, mots-clés, commentaires ]


En contexte sophistiqué, on peut (dans l'ordre) penser causes, transformations et conséquences, simplement en les figeant. Elles sont linéaires et vectorisées. En contexte complexe, les lignes deviennent courbes ou tressées, les variables s'influencent mutuellement. Dur d'imaginer ce qui travaille sur quoi puisque tout le fait. On peut seulement imaginer des conclusions, des sorties possibles, par grandes familles logiques (heurs, bonheurs, malheurs). Et partir de ces fins pour les traiter. Quels genres de conséquences veut-on traiter ? La définition des moyens en découle.


Multiples sont les moyens d'aide à la décision. Et quand il s'agit de choses chiffrables, on reste dans la complication (composantes sophistiquées, mais stables, un instant figeables). Pour traiter ça, une feuille : avantages, inconvénients. Ou une calculatrice. Ou un tableau Excel, quite à prévoir des fourchettes (plus ou moins 5 %, etc.).

Or, sitôt que, par sa portée, l'imprévu est important, alors l'incertitude plane. Et les conséquences, comme pour une élection présidentielle, font oui ou non. C'est la réussite explosive ou l'échec cuisant, coûteux. C'est très vite et du très lourd. On nage alors dans la complexité, où des tas de variables jouent en direct et en permanence sur toutes et sur chacune d'entre elles : où les effets multiplicateurs sont amples et rapides (parfois soudains).

Une des choses à faire, c'est de prévoir des scénarios finaux. Si je réussis, si j'échoue, si c'est le statu quo, si c'est un troisième qui l'emporte, etc. Huit ou dix scénarios. Même farfelus, vus d'ici et de maintenant. Si Lionel Jospin avait envisagé les choses par la fin, je veux dire toutes les fins possibles, il aurait certainement planché sur un Ah oui, et c'est peut-être un voleur qui va surgir du bois - un gars comme la folle vie sait en prévoir - et ma poule aux œufs d'or peut s'envoler pour de bon. Tiré par les cheveux ? Pour Jospin, non. Pour vous et moi, non plus. Au pire, réactions en chaîne aidant, c'est une réalité. Au mieux, c'est une hypothèse de travail.

Reprenons le fil. Si vous nagez dans la complexité (ce qui est fréquent), modélisez des scénarios. Il y a le bon, le mauvais, le moyen (mitigé) et les farfelus. De là, vous déduisez les remèdes pour chacun (mes 10 mesures-éclair, mon retrait comme moine trappiste, ma négociation avec un opportuniste, ma création d'un nouveau collectif, etc.). Puis, et seulement à la fin de ces traitements, vous envisagez les moyens : timing façon 20/80, logistique, communication. Un 3QO2CP exhaustif (surtout quant au Qui) constitue une rampe solide.

Au final, si tout se brouille et qu'une impression de confusion (une des perceptions possibles de la complexité) vous colle un désarmant vertige, pensez à la glace de la salle de bains. Ou à son équivalent. Et quand vous vous rasez ou vous maquillez, qu'est-ce qui vous rend fier(e) ? amer(e) ? songeur ou songeuse ? en possession [*] de vos moyens ?

Si vous savez ça, vous savez ce qui vous procure de la satisfaction morale, professionnelle, amoureuse, intellectuelle et financière. Et ce qui vous dégoûte. De vous à vous. C'est un levier puissant.

Mon conseil : partir de ces impressions fortes et dérouler à partir d'elles le Tiens comment pourrais-je en arriver là ? Qu'est-ce qui pourrait me conduire à éprouver ça ?

Vous avez là vos pistes. Les grandes familles de scénarios se dessinent.

Égocentré ? Oui. Et réaliste : nous sommes le centre et la cible de nos propres émotions et, partant, des actions que nous faisons et dans lesquelles nous nous engageons. La complexité peut venir, nous savons qu'à l'arrivée, quelles que soient les scénarios qu'elle nous produit, nous ressentirons des émotions de base. Bonnes, mauvaises, moyennes ou inconnues à ce jour.
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[*] La PNL nomme État de ressources ce confort personnel, cette harmonie, rendue par des effets physiques (sensoriels) de maîtrise ou de sérénité.

[ Compliqué : sophistiqué, technique, décomposable en sous-éléments | complexe : interactif, global, mouvant, vivant, d'un seul tenant comme du tissu | je me souviens d'ailleurs que la Bible dit du manteau du Christ qu'il n'a pas de couture, les soldats romains sont obligés de le partager - un manteau sans couture, c'est une pièce d'un seul tenant, il est fort à parier que ce manteau de la condition humaine (ici du ressenti et de l'engagement) soit une figuration de la complexité, autrement dit de la réalité ]  Read More


 Zone de confortThu 20 Dec 2007
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Exceptionnellement, cette contribution est sous (c) - Merci

L'homo œconomicus, en économie classique, est une métaphore : il est théorique. Vous trouvez ce comportement rationnellement égocentrique (et assumé comme tel) uniquement dans les modèles qui ont trait aux rapports de force [1] et aux interactions entre une offre et une demande établies (voir coopération conditionnelle). Pourquoi cet homo est-il abstrait ? Parce que son existence concrète est rarissime : l'on sait grâce à la psychologie que les stratégies mentales, par exemple pour atteindre un état de satisfaction [2], sont beaucoup plus subtiles et beaucoup plus inconscientes (plus chaudes) qu'un froid calcul formulable à haute voix. Le fameux « Là, j'estime rationnellement que c'est mieux pour moi, le rapport résultats sur efforts engagés m'est favorable », eh bien ce trajet-là, il relève de la pure sphère théorique. L'humain est beaucoup plus intuitif et complexe (interactif à l'intérieur de lui-même) que ça. De plus, et vous le savez, ce qui préside dans le cerveau, c'est la logique floue.

Alors que dire ? Déterminer pour soi une zone de confort (qui délivre une satisfaction tranquille), c'est du live et c'est un processus intuitif. Pour toutes les raisons que je vous ai indiquées. L'intuition ? Un ici-et-maintenant, une exploitation quasi instantanée du potentiel de tous les réseaux (particulièrement dans l'hémisphère droit, cette fabrique à images [3], ce creuset non-verbal) que nous avons dans la tête. C'est le fameux « Je trouve et ensuite je cherche » [4], c'est l'esprit de finesse pascalien.

All right?

Parlons de cette zone de confort. Nous l'avons vu, c'est l'intuition (appréciation et saisissements intérieurs) qui la détermine. Cette zone, c'est celle dans laquelle bon nombre d'employés s'installent [5], intellectuellement et émotionnellement. Autant dire motivationnellement (mise en mouvement naturelle, par répulsion ou par recherche de quelque chose). La zone de confort est bien une catégorie motivationnelle, qui touche ce qu'on cherche à faire et donc l'énergie qu'on met dans l'action A ou B, selon qu'elles sont plus ou moins implicantes, plus ou moins proches de l'optimum personnel de satisfaction [6].

En outre, la zone de confort est une zone-tampon, où l'on fait escale. En installation plus ou moins durable. Ici, tout est facile, c'est le compromis. On regarde ?

Antoine est un commercial à qui son manager demande de vendre 100 imprimantes professionnelles tous les 20 jours ouvrés. Par tranche de 10 imprimantes supplémentaires, il touche 5 % en plus. Mais l'effort pour générer 110 % de l'objectif lui « coûte » en moyenne 4 heures complémentaires par semaine. La perception de ce complément de travail, il la subit comme négative : c'est souvent le vendredi soir qu'il doit « cravacher » davantage. Exit le dîner coquin avec sa fiancée Béatrice. En termes de valence (de valeur subjective - cf. Victor Vroom), ces 5 % de salaire supplémentaire pèsent moins que les beaux yeux de Béa. Pour être précis : 5 % de bonus salarial (et surtout de travail) pèsent pour lui 2/10. Alors qu'un sourire de Béa obtient 9/10.

Sa zone de confort se situe à 100 % d'objectifs, au delà, l'insatisfaction amoureuse (éminemment subjective) guette. Et ce levier prévaut dans la vie d'Antoine.

Creusons un peu le cas. Il y a certes ce qu'Antoine apprécie dans la vie. Il y a aussi l'instrumentalité de ce qu'on lui accorde (Vroom, op. cit.). En l'espèce, c'est la confiance qu'a Antoine en Cécile, la responsable des paies. Celle-ci oublie une fois sur deux de lui payer ses primes (à cause d'un logiciel technologiquement dépassé) : il doit toujours aller perdre quarante minutes devant son bureau, pour réclamer ce que l'entreprise lui doit. Et ça le fatigue. Et ça l'humilie, il a l'impression d'avoir quatorze ans. Son entreprise, il la voit - à cause de Cécile - comme un tiroir-caisse sans cœur. Il a déjà signalé le problème pendant plusieurs mois : il ronge son frein, ça le démotive.

Instrumentalité de la récompense = 0,5/10. Crédibilité dans le rouge. Ethique en berne.

Travailler en plus, et surtout le vendredi, lui procure du stress. D'abord, la valence de la récompense la rend bien maigre (À quoi bon se péter ?). Ensuite, la boîte tient sa parole une fois sur deux. Au lieu d'une belle carotte, voilà ce que gagne le lapin :




Fig. 1 - Et là, la carotte, tu la sens... sur tes doigts ?
Image (c) RATP



Aller à la hausse coûte à Antoine du stress (de surcroît mal récompensé, à ses yeux - cf. valence), et en plus il risque une belle déception (instrumentalité proche de zéro). Résultat : il se maintient à « seulement » 100 % des objectifs (aller en dessous lui coûterait la tranquilité qu'il a avec Didier, son responsable commercial).

Aller plus haut ? Non merci. Descendre ? C'est dangereux. Antoine se vérouille en zone de confort : c'est là que son instinct lui montre qu'il est le mieux. Il s'installe dans sa zone-tampon, qui lui apporte une satisfaction raisonnable, un univers de performance qu'il maîtrise à fond (énergie, capacités, délais d'obtention : 10/10 - cf. expectation).

Même un excellent consultant en motivation peinera à l'en déloger : sûrement devra-t-il, en plus de l'analyse de ce qui fait avancer Antoine (ses leviers propres, à forte valence), signaler le problème du logiciel de Cécile et - peut-être - du montant ou de la nature des primes.

La zone de confort est un système à désamorcer, avec l'engagement de tous, y compris - et surtout - celui de la direction.

Pour défaire le nœud, il faut envisager plusieurs angles à la fois. Avec précaution : le bas de l'iceberg (au départ invisible) peut surprendre une entreprise, et lui faire peur. Les racines plus longues que prévues sont des causes fréquentes d'effroi. Creuser peut annoncer du travail... pour l'entreprise.

Hardi les gars.

Be seeing you.
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[1] L'étude de ces rapports de force, avec tous les passages de seuil (caps chiffrés), est le propre de l'économie. En ça, la science économique se comporte intellectuellement comme la physique ou la mécanique, la systémique en plus (montées en charge, virements, interactions et synergies permanentes).

[2] Satisfaire, c'est résoudre une tension. En cela, la résolution des problèmes de l'entreprise (différence entre un souhait et le résultat mesuré de ses applications) est une démarche de satisfaction.

[3] Voir, côté Gilbert Durand, cette somme spectaculaire et passionnante (1963) sur l'imaginaire : Les Structures anthropologiques de l'imaginaire. Voir aussi tous les travaux d'Antonio Damasio sur le mélange et la circulation entre hémisphères, entre idées et sentiments, au sens classique. L'imaginaire est une fabrique permanente d'images, une fonction organique du cerveau, qui coiffe, nourrit, relaie, renforce et baigne tout autre processus, aussi intellectuel soit-il. L'on rejoint évidemment la combinaison (voire la mariage, quand tout est vécu dans l'acceptation et la stimulation réciproques) d'Animus et Anima : nous entrons là dans l'héritage de Carl Jung, héritage entre autres porté par l'excellent Georges Romey.

[4] L'intuition, c'est quand les choses font sens, font une impression soudaine, en utilisant l'autoroute d'un instinct bestial et/ou lumineux (d'un naturel). L'intuition est une efficience particulière, un rapport direct à la donne du monde (contexte, problèmes, solutions). Quand je suis intuitif, je suis disponible : je suis . Tout s'ouvre, en particulier mes potentialités latentes.

[5] L'expérience montre que le phénomène touche certainement 60 à 80 % d'employés.

[6] La force de maintien (homéostasie) recherche la satisfaction, souvent de courte durée (cf. instinct de conservation), dégradation entropique oblige. Alors que la poussée d'évolution (revoir Romey) recherche de plus hauts degrés de réalisation (changements de degré 2, hypercomplexité morinienne, symbioses à haut potentiel), processus nécessairement plus ardus car transformatoires. Et mâtinés, j'ajoute, de cette ambiance d'éternité (d'éternel présent, d'éternel rapport aux choses, de goût pour l'harmonieuse félicité) qui baigne le cerveau.

[ Un manager maladroit, c'est quelqu'un qui vérouille ses collègues dans leur zone de confort : l'entreprise a peur de progresser | je connais trois commerciaux de trois entreprises différentes qui font juste leurs objectifs, et c'est tout | les grandes théories de la motivation, un exposé du Toulousain Patrice Roussel (pdf) | oublier de féliciter (y compris pour les petites choses) et réprimander systématiquement (y compris pour la moindre erreur) : une belle façon de démotiver, d'encourager la zone de confort (ou de repli) généralisé - ceux qui s'en sortent alors sont les plus perfides (cf. leaders spontanés), les autres partent en arrêt-maladie ou démissionnent ]


 Pratique des retours - 4e partieFri 8 Dec 2006
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[ << Trois petits singes - 3e partie ] Souffler le chaud... et le chaud - 4e partie

Moi, je fais souvent ça : quand je pense à quelqu'un que j'aime, ou avec qui j'ai bien travaillé, ou en qui je crois (il ou elle m'enthousiasme), je téléphone aussitôt. C'est comme un torrent d'affection qui doit sortir de moi.

Ce soir, c'est C., un client, qui m'a appelé. Spontanément : il pensait à moi. Quel bonheur ! Ma semaine chargée jusqu'à jeudi m'a rempli de neuromédiateurs à 110 %. Et je peux vous dire qu'en réaction, mon vendredi calme a été une longue redescente sur terre. Ce qui est rêche à vivre. Certains lecteurs connaissent-ils ça ? Une euphorie, un défi incroyable, une masse de choses folles et puis paf, plus rien. Ouah, à chaque fois je déguste.

Merci à C. : son appel de témoignage, chaleureux, spontané, vrai, m'a remis du baume au coeur. C'est presque dommage que le week-end arrive. Mais enfin, comme dit l'Ecclésiaste, il y a un temps pour tout.

Je parle souvent aux autres de façons de motiver. En voici une belle : un bon feedback fait du bien...

[ Motiver des troupes - 1 et 2 | tous les feedbacks du monde, comment ils fournissent une confiance en soi quand ils sont sincères (1 et 2), en quoi ils doivent être impérativement bien faits | le fait humain avance à grands coups de strokes | ah, autre sujet - AbsaraTV s'installe chez Gaspanik et Podemus ]


 Un retour ? Non merci. - 2e partieSun 2 Jul 2006
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[ << Feedbacks - 1e partie ] Un retour ? Non merci. - 2e partie [ Trois petits singes faussement empathiques - 3e partie >> ]

L'entreprise est tout sauf un sanctuaire. C'est un lieu plus ou moins fiable, plus ou moins respectueux de l'autre, plus ou moins au fait de ses propres besoins.

Il y a plusieurs écoles, je sais. Vous êtes dans une démarche de repositionnement professionnel et une chouette entreprise, pourtant avenante, vous évince du circuit sans explication ? La tendance consiste alors à dire : 'Vas-y, demande-leur pourquoi ils ne te veulent pas. Leur avis est précieux.' Eh bien, je m'y oppose. Comment ? Pourquoi se couper d'un retour documenté, fort utile ? Je vous dis pourquoi.

D'abord ledit retour [*] est rarement documenté. Les mécanismes de choix de candidats relèvent de raisons propres à l'entreprise, à ses mécanismes internes, à ses doutes, son histoire, plus ou moins rationnels ou reluisants. Ensuite, la ligne motivationnelle d'un candidat lui est propre : se faire critiquer, même poliment, peut casser une dynamique. Le rejet, même gentil, cela fait mal. Surtout si vous en êtes à votre deux ou troisième rendez-vous. C'est-à-dire que la 'mayonnaise' du désir a monté : dure est alors la chute.

Alors quoi ? Mieux vaut, d'après moi, une illusion qui marche qu'une lucidité stérile. Restez comme cela (sauf contreperformance manifeste) et foncez : continuez à écouter les besoins des employeurs et taillez-leur une offre sur mesure. Il faut poursuivre.

Et un conseil : faites-vous conseiller par un nombre très limité de personnes. Parallèlement, rencontrez des entreprises, en permanence. Faites-vous du muscle. Vous absorberez les vues, les tics langagiers et le comportement (par mimétisme) de ceux que vous visez. Fréquentez-les. Les clubs valent de l'or pour cela. Et conservez, à côté de votre démarche, une bonne vie personnelle. Epanouissante. C'est à ceux qui vont bien que l'on ouvre les portes.

Gardez la foi. Tous mes encouragements. Toute ma chaleur à vous tous. A votre écoute s'il y a quoi que ce soit,

Lionel
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[*] Particulièrement quand l'entreprise vous a semblée bizarre, peu professionnelle, traversée de contradictions. Attention : nid à problèmes. Ecole de 'casse' en vue. Ne pas donner de perles aux pourceaux : passez vite à une autre expérience. Les bons employeurs vous attendent quelque part : volez prioritairement vers eux. Et, paradoxalement, autorisez-vous à louper un entretien. Mieux vaut être bon en permanence que 'parfaitement parfait' de temps en temps. La constance prime. Quoi d'autre ? Un entretien, c'est de la vente. C'est important.

Mille encouragements ! Amitiés sincères.

[ Confort émotionnel | attention, si vous souffrez d'une situation tendue, dévalorisante, qui vous a laissé un goût amer, parlez-en à un professionnel - certes le travail ne doit-il pas faire de mal, mais il en fait parfois (souvent) ]  Read More


 Feedbacks - 1e partieFri 18 Mar 2005
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Feedbacks - 1e partie [ Un retour ? Non merci. - 2e partie >> ]

Exceptionnellement, le contenu de ce billet est (c) - Merci de votre compréhension

Les feedbacks sont les 'retours'. C'est-à-dire les informations (les données) et les contacts humains (signes interpersonnels) qui nous confirment que : 1. nous existons bel et bien, 2. nous collaborons avec des vis-à-vis qui nous reconnaissent (1) en tant que parties-prenantes du projet (2). Le projet ? La rencontre d'une équipe humaine et d'une activité finalisée : activité qui a un sens (3). Voyons quels types de retours sont des mines d'or pour la personne coachée. Quels feedbacks ont fait et font toujours 'tilt' dans sa vie ?

Un rappel. Les retours sont primordiaux (pour preuve, l'hospitalisme qui en guette les exclus). Quant à la motivation, elle repose en grande partie sur ces précieux signes.

Revenons au coaching. Regardons si certains feedbacks ont une résonnance particulière dans nos vies. Il y en a - c'est bien net - de trois sortes.

Les trois natures de retours

1. Le baromètre interne (de moi à moi). C'est ce que je pense et ressens de moi : Il y a des fois où j'existe et d'autres... moins, Jeudi dernier, mon travail me semblait bon, je me sentais bien. Subjectif et omniprésent (en moi, bien sûr).

2. Le retour humain (des autres à moi). C'est ce que les autres pensent de moi : Depuis que tu es à la compta, les choses ont changé, Quand tu fais une réunion dans la grande salle (4), les gens du fond n'y voient rien, Tes compétences sont indispensables. Intersubjectif et plutôt fréquent.

3. Le retour technique (de l'entreprise à moi). Rarement abordé. Pourtant salutaire. Ce sont les informations, les résultats, les mesures de performance. Il y en a de deux sortes (5) : les indicateurs quantitatifs (ex. : un chiffre d'affaires réalisé) et leurs corrolaires qualitatifs (ex. : une avancée notable). Dans le premier cas, l'objectivité règne (normalement). Et dans le second, c'est la subjectivité qui se taille la part du lion. Le retour technique ? Objectif. Subjectif. Particulièrement rare.

Remarque : le retour humain (2.) et le retour technique qualitatif (3.) se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Dans le premier cas, l'opinion provient d'un collaborateur ou d'un supérieur. C'est son point de vue. Dans le second, c'est la performance de l'entreprise qui génère un signal. Que le collègue vous transmet, à travers son propre prisme. Vous saisissez la différence ? Tout est dans l'origine : dans le fondement de ce que l'on vous dit. Et également dans le traitement : émettre un avis ou se faire l'écho d'une réalité factuelle, c'est le jour et la nuit.


(c) Investorrelations.co.uk & Hedra.com

Les traces

Dans mon paysage intérieur, se dessine la cartographie des retours qui m'ont marqués : baromètre interne, retours humains, retours techniques (6). Le profil de mes écueils (réels ou vécus comme tels) ainsi que mes lignes de force (7) apparaissent clairement. Je peux travailler là-dessus.

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(1) Dans ce sens-là, projet signifie basiquement production d'offre satisfaisant un ou plusieurs types de besoins.

(2) Attention - Une émission 'stratégique' de retours positifs, chez certains profils, peut dénoter une volonté de manipuler leur entourage.

(3) Il y a un sens pour tous et un sens pour chacun. Dans une entreprise, c'est au manager de vérifier que les visées de chacun sont compatibles avec le projet général.

(4) Vous avez reconnu la 'remarque conditionnelle' (voir ici et ).

(5) Aparté managérial - Les évaluations qualitatives sont plus subjectives que leurs équivalents chiffrés. Une impression - même bien caractérisée - a ce flou qu'un chiffre dissipe aisément. Concernant ledit flou, une bonne façon de rassurer les parties-prenantes est d'encourager le dialogue : Il me semble que vos résultats fléchissent un peu... Et de documenter au maximum cette impression : ...depuis février, pour ce qui concerne les achats de fournitures. [Une pause.] Qu'en dites-vous ? (Au sujet de la concertation qui valide, voir ici et ). A l'opposé du retour qualitatif, il y a le chiffre. Une précaution : 'habillez-le', donnez-lui de la chair, explicitez-le. Bref, donnez-lui une signification. Le pire : le chiffre qui ' cingle ', ' tombe comme un couperet ', frappe à l'aveugle, reste sourd et muet à la personne humaine. La panacée : le chiffre débriefé, prolongé d'axes d'amélioration en cas de besoin et de félicitations quand il est bon (pour l'entreprise, s'entend).

(6) Leur contribution est majeure, isolément. Une clé, toutefois : la mise en tension des uns avec les autres. Regardons : Et si nous mettions en vis-à-vis les retours techniques de l'entreprise et l'impression que vous avez de vous même ? Nous avons là un filon de coaching richissime.

(7) Génératrices de confiance en soi.

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