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[ < 12e partie | catégorie Méthodologie | thémas Outils atomiques et Coaching | permalien, mots-clés, commentaires ]
En contexte sophistiqué, on peut (dans l'ordre) penser causes, transformations et conséquences, simplement en les figeant. Elles sont linéaires et vectorisées. En contexte complexe, les lignes deviennent courbes ou tressées, les variables s'influencent mutuellement. Dur d'imaginer ce qui travaille sur quoi puisque tout le fait. On peut seulement imaginer des conclusions, des sorties possibles, par grandes familles logiques (heurs, bonheurs, malheurs). Et partir de ces fins pour les traiter. Quels genres de conséquences veut-on traiter ? La définition des moyens en découle.
Multiples sont les moyens d'aide à la décision. Et quand il s'agit de choses chiffrables, on reste dans la complication (composantes sophistiquées, mais stables, un instant figeables). Pour traiter ça, une feuille : avantages, inconvénients. Ou une calculatrice. Ou un tableau Excel, quite à prévoir des fourchettes (plus ou moins 5 %, etc.).
Or, sitôt que, par sa portée, l'imprévu est important, alors l'incertitude plane. Et les conséquences, comme pour une élection présidentielle, font oui ou non. C'est la réussite explosive ou l'échec cuisant, coûteux. C'est très vite et du très lourd. On nage alors dans la complexité, où des tas de variables jouent en direct et en permanence sur toutes et sur chacune d'entre elles : où les effets multiplicateurs sont amples et rapides (parfois soudains).
Une des choses à faire, c'est de prévoir des scénarios finaux. Si je réussis, si j'échoue, si c'est le statu quo, si c'est un troisième qui l'emporte, etc. Huit ou dix scénarios. Même farfelus, vus d'ici et de maintenant. Si Lionel Jospin avait envisagé les choses par la fin, je veux dire toutes les fins possibles, il aurait certainement planché sur un Ah oui, et c'est peut-être un voleur qui va surgir du bois - un gars comme la folle vie sait en prévoir - et ma poule aux œufs d'or peut s'envoler pour de bon. Tiré par les cheveux ? Pour Jospin, non. Pour vous et moi, non plus. Au pire, réactions en chaîne aidant, c'est une réalité. Au mieux, c'est une hypothèse de travail.
Reprenons le fil. Si vous nagez dans la complexité (ce qui est fréquent), modélisez des scénarios. Il y a le bon, le mauvais, le moyen (mitigé) et les farfelus. De là, vous déduisez les remèdes pour chacun (mes 10 mesures-éclair, mon retrait comme moine trappiste, ma négociation avec un opportuniste, ma création d'un nouveau collectif, etc.). Puis, et seulement à la fin de ces traitements, vous envisagez les moyens : timing façon 20/80, logistique, communication. Un 3QO2CP exhaustif (surtout quant au Qui) constitue une rampe solide.
Au final, si tout se brouille et qu'une impression de confusion (une des perceptions possibles de la complexité) vous colle un désarmant vertige, pensez à la glace de la salle de bains. Ou à son équivalent. Et quand vous vous rasez ou vous maquillez, qu'est-ce qui vous rend fier(e) ? amer(e) ? songeur ou songeuse ? en possession [*] de vos moyens ?
Si vous savez ça, vous savez ce qui vous procure de la satisfaction morale, professionnelle, amoureuse, intellectuelle et financière. Et ce qui vous dégoûte. De vous à vous. C'est un levier puissant.
Mon conseil : partir de ces impressions fortes et dérouler à partir d'elles le Tiens comment pourrais-je en arriver là ? Qu'est-ce qui pourrait me conduire à éprouver ça ?
Vous avez là vos pistes. Les grandes familles de scénarios se dessinent.
Égocentré ? Oui. Et réaliste : nous sommes le centre et la cible de nos propres émotions et, partant, des actions que nous faisons et dans lesquelles nous nous engageons. La complexité peut venir, nous savons qu'à l'arrivée, quelles que soient les scénarios qu'elle nous produit, nous ressentirons des émotions de base. Bonnes, mauvaises, moyennes ou inconnues à ce jour.
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[*] La PNL nomme État de ressources ce confort personnel, cette harmonie, rendue par des effets physiques (sensoriels) de maîtrise ou de sérénité.
[ Compliqué : sophistiqué, technique, décomposable en sous-éléments | complexe : interactif, global, mouvant, vivant, d'un seul tenant comme du tissu | je me souviens d'ailleurs que la Bible dit du manteau du Christ qu'il n'a pas de couture, les soldats romains sont obligés de le partager - un manteau sans couture, c'est une pièce d'un seul tenant, il est fort à parier que ce manteau de la condition humaine (ici du ressenti et de l'engagement) soit une figuration de la complexité, autrement dit de la réalité ] Read More
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[ << Trois petits singes - 3e partie ] Souffler le chaud... et le chaud - 4e partie
Moi, je fais souvent ça : quand je pense à quelqu'un que j'aime, ou avec qui j'ai bien travaillé, ou en qui je crois (il ou elle m'enthousiasme), je téléphone aussitôt. C'est comme un torrent d'affection qui doit sortir de moi.
Ce soir, c'est C., un client, qui m'a appelé. Spontanément : il pensait à moi. Quel bonheur ! Ma semaine chargée jusqu'à jeudi m'a rempli de neuromédiateurs à 110 %. Et je peux vous dire qu'en réaction, mon vendredi calme a été une longue redescente sur terre. Ce qui est rêche à vivre. Certains lecteurs connaissent-ils ça ? Une euphorie, un défi incroyable, une masse de choses folles et puis paf, plus rien. Ouah, à chaque fois je déguste.
Merci à C. : son appel de témoignage, chaleureux, spontané, vrai, m'a remis du baume au coeur. C'est presque dommage que le week-end arrive. Mais enfin, comme dit l'Ecclésiaste, il y a un temps pour tout.
Je parle souvent aux autres de façons de motiver. En voici une belle : un bon feedback fait du bien...
[ Motiver des troupes - 1 et 2 | tous les feedbacks du monde, comment ils fournissent une confiance en soi quand ils sont sincères (1 et 2), en quoi ils doivent être impérativement bien faits | le fait humain avance à grands coups de strokes | ah, autre sujet - AbsaraTV s'installe chez Gaspanik et Podemus ]
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[ << Feedbacks - 1e partie ] Un retour ? Non merci. - 2e partie [ Trois petits singes faussement empathiques - 3e partie >> ]
L'entreprise est tout sauf un sanctuaire. C'est un lieu plus ou moins fiable, plus ou moins respectueux de l'autre, plus ou moins au fait de ses propres besoins.
Il y a plusieurs écoles, je sais. Vous êtes dans une démarche de repositionnement professionnel et une chouette entreprise, pourtant avenante, vous évince du circuit sans explication ? La tendance consiste alors à dire : 'Vas-y, demande-leur pourquoi ils ne te veulent pas. Leur avis est précieux.' Eh bien, je m'y oppose. Comment ? Pourquoi se couper d'un retour documenté, fort utile ? Je vous dis pourquoi.
D'abord ledit retour [*] est rarement documenté. Les mécanismes de choix de candidats relèvent de raisons propres à l'entreprise, à ses mécanismes internes, à ses doutes, son histoire, plus ou moins rationnels ou reluisants. Ensuite, la ligne motivationnelle d'un candidat lui est propre : se faire critiquer, même poliment, peut casser une dynamique. Le rejet, même gentil, cela fait mal. Surtout si vous en êtes à votre deux ou troisième rendez-vous. C'est-à-dire que la 'mayonnaise' du désir a monté : dure est alors la chute.
Alors quoi ? Mieux vaut, d'après moi, une illusion qui marche qu'une lucidité stérile. Restez comme cela (sauf contreperformance manifeste) et foncez : continuez à écouter les besoins des employeurs et taillez-leur une offre sur mesure. Il faut poursuivre.
Et un conseil : faites-vous conseiller par un nombre très limité de personnes. Parallèlement, rencontrez des entreprises, en permanence. Faites-vous du muscle. Vous absorberez les vues, les tics langagiers et le comportement (par mimétisme) de ceux que vous visez. Fréquentez-les. Les clubs valent de l'or pour cela. Et conservez, à côté de votre démarche, une bonne vie personnelle. Epanouissante. C'est à ceux qui vont bien que l'on ouvre les portes.
Gardez la foi. Tous mes encouragements. Toute ma chaleur à vous tous. A votre écoute s'il y a quoi que ce soit,
Lionel
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[*] Particulièrement quand l'entreprise vous a semblée bizarre, peu professionnelle, traversée de contradictions. Attention : nid à problèmes. Ecole de 'casse' en vue. Ne pas donner de perles aux pourceaux : passez vite à une autre expérience. Les bons employeurs vous attendent quelque part : volez prioritairement vers eux. Et, paradoxalement, autorisez-vous à louper un entretien. Mieux vaut être bon en permanence que 'parfaitement parfait' de temps en temps. La constance prime. Quoi d'autre ? Un entretien, c'est de la vente. C'est important.
Mille encouragements ! Amitiés sincères.
[ Confort émotionnel | attention, si vous souffrez d'une situation tendue, dévalorisante, qui vous a laissé un goût amer, parlez-en à un professionnel - certes le travail ne doit-il pas faire de mal, mais il en fait parfois (souvent) ] Read More
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Feedbacks - 1e partie [ Un retour ? Non merci. - 2e partie >> ]
Exceptionnellement, le contenu de ce billet est (c) - Merci de votre compréhension
Les feedbacks sont les 'retours'. C'est-à-dire les informations (les données) et les contacts humains (signes interpersonnels) qui nous confirment que : 1. nous existons bel et bien, 2. nous collaborons avec des vis-à-vis qui nous reconnaissent (1) en tant que parties-prenantes du projet (2). Le projet ? La rencontre d'une équipe humaine et d'une activité finalisée : activité qui a un sens (3). Voyons quels types de retours sont des mines d'or pour la personne coachée. Quels feedbacks ont fait et font toujours 'tilt' dans sa vie ?
Un rappel. Les retours sont primordiaux (pour preuve, l'hospitalisme qui en guette les exclus). Quant à la motivation, elle repose en grande partie sur ces précieux signes.
Revenons au coaching. Regardons si certains feedbacks ont une résonnance particulière dans nos vies. Il y en a - c'est bien net - de trois sortes.
Les trois natures de retours
1. Le baromètre interne (de moi à moi). C'est ce que je pense et ressens de moi : Il y a des fois où j'existe et d'autres... moins, Jeudi dernier, mon travail me semblait bon, je me sentais bien. Subjectif et omniprésent (en moi, bien sûr).
2. Le retour humain (des autres à moi). C'est ce que les autres pensent de moi : Depuis que tu es à la compta, les choses ont changé, Quand tu fais une réunion dans la grande salle (4), les gens du fond n'y voient rien, Tes compétences sont indispensables. Intersubjectif et plutôt fréquent.
3. Le retour technique (de l'entreprise à moi). Rarement abordé. Pourtant salutaire. Ce sont les informations, les résultats, les mesures de performance. Il y en a de deux sortes (5) : les indicateurs quantitatifs (ex. : un chiffre d'affaires réalisé) et leurs corrolaires qualitatifs (ex. : une avancée notable). Dans le premier cas, l'objectivité règne (normalement). Et dans le second, c'est la subjectivité qui se taille la part du lion. Le retour technique ? Objectif. Subjectif. Particulièrement rare.
Remarque : le retour humain (2.) et le retour technique qualitatif (3.) se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Dans le premier cas, l'opinion provient d'un collaborateur ou d'un supérieur. C'est son point de vue. Dans le second, c'est la performance de l'entreprise qui génère un signal. Que le collègue vous transmet, à travers son propre prisme. Vous saisissez la différence ? Tout est dans l'origine : dans le fondement de ce que l'on vous dit. Et également dans le traitement : émettre un avis ou se faire l'écho d'une réalité factuelle, c'est le jour et la nuit.
(c) Investorrelations.co.uk & Hedra.com
Les traces
Dans mon paysage intérieur, se dessine la cartographie des retours qui m'ont marqués : baromètre interne, retours humains, retours techniques (6). Le profil de mes écueils (réels ou vécus comme tels) ainsi que mes lignes de force (7) apparaissent clairement. Je peux travailler là-dessus.
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(1) Dans ce sens-là, projet signifie basiquement production d'offre satisfaisant un ou plusieurs types de besoins.
(2) Attention - Une émission 'stratégique' de retours positifs, chez certains profils, peut dénoter une volonté de manipuler leur entourage.
(3) Il y a un sens pour tous et un sens pour chacun. Dans une entreprise, c'est au manager de vérifier que les visées de chacun sont compatibles avec le projet général.
(4) Vous avez reconnu la 'remarque conditionnelle' (voir ici et là).
(5) Aparté managérial - Les évaluations qualitatives sont plus subjectives que leurs équivalents chiffrés. Une impression - même bien caractérisée - a ce flou qu'un chiffre dissipe aisément. Concernant ledit flou, une bonne façon de rassurer les parties-prenantes est d'encourager le dialogue : Il me semble que vos résultats fléchissent un peu... Et de documenter au maximum cette impression : ...depuis février, pour ce qui concerne les achats de fournitures. [Une pause.] Qu'en dites-vous ? (Au sujet de la concertation qui valide, voir ici et là). A l'opposé du retour qualitatif, il y a le chiffre. Une précaution : 'habillez-le', donnez-lui de la chair, explicitez-le. Bref, donnez-lui une signification. Le pire : le chiffre qui ' cingle ', ' tombe comme un couperet ', frappe à l'aveugle, reste sourd et muet à la personne humaine. La panacée : le chiffre débriefé, prolongé d'axes d'amélioration en cas de besoin et de félicitations quand il est bon (pour l'entreprise, s'entend).
(6) Leur contribution est majeure, isolément. Une clé, toutefois : la mise en tension des uns avec les autres. Regardons : Et si nous mettions en vis-à-vis les retours techniques de l'entreprise et l'impression que vous avez de vous même ? Nous avons là un filon de coaching richissime.
(7) Génératrices de confiance en soi.
[ Coaching sur Absara.com | Piloter.org, le blog-référence des indicateurs techniques... avec un ton humain ]
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