|
|
[ << Trente ans - 1e partie ] Trente et un ans - 2e partie
Je suis, pardonnez-moi, obligé de mettre ce billet sous copyright
~ c'est comme ça (la la laah la)
Traces à mes enfants
Le Net repose sur des 0 et des 1, il a un côté fragile. Tout, y compris cette jolie chose qu'est Wikipedia, risque de mourir d'un coup. En vrai ? Oui et non. Mais théoriquement, les supports numériques sont plus éphémères que la pierre sculptée [1]. C'est ce qu'on appelle la finitude, je veux dire que si le Net était un système conscient de lui-même, il serait presque humain : conscient qu'entre la naissance et la borne ultime (la mort), il y a tout l'enjeu de l'amour [2], tout l'enjeu de l'accomplissement [3].
Parlons accomplissement, tiens. Je veux ici dire ce que je retire du travail : les lois qui marchent pour moi. Je vous les livre, et en même temps j'ai une pensée pour mes enfants. Enfants à qui je dis : Voilà du concentré, voilà des conseils. Alors je les donne. Chers vous tous, j'ai trente-et-un ans cette semaine [4] et je vous livre ici le plus profond de mon coeur, dans ce qui occupe ce blog : le plaisir et le discernement touchant au travail. Compléments commentés et personnels bienvenus. Il y a huit principes-éclairs. On y va ?
1. La portabilité - Savoir facilement changer de casquette (père ou mère, professionnel-le, ami-e, etc.) au sein d'une même journée, c'est gage de sérénité,
2. Le coeur - Savoir apprendre de tout le monde, en toute naïveté émerveillée, tout le temps,
3. La visée absolue - Considérer qu'on va mourir un jour pour occuper le maximum de son temps à être heureux, comme une tâche noble et sacrée,
4. Le discernement - Savoir où sont ses proches et leur faire plaisir le plus souvent possible, c'est gage de joie, c'est gage de paix,
5. L'information pure - Poser aux gens des questions, y compris basiques ou attendues, pour confirmer plutôt que supposer, c'est là une source claire pour s'orienter chaque jour,
6. Confiance en soi - Ecouter son intuition, donner le primat à l'expérience intérieure, à l'instinct, et attendre qu'une pulsation intime fasse vibrer quelque chose pour alors coiffer cette résonance d'un processus intellectuel, voilà qui rend heureux, voilà qui relève d'un appui sain sur soi, l'amour-propre devient jaillissant et solide,
7. Jouissance de soi - Se respecter, en corps, en âme, en esprit, pour allonger la longueur de ses jours et faire de soi-même un ami fiable,
8. jouissance du monde - Prendre plaisir à tout, y compris à la difficulté, voilà qui réjouit le coeur, la vie, le sommeil et les idées.
Bien sûr, je suis croyant. J'ai aussi plusieurs bons maîtres, que je mets dans le coeur de tout ça, puis dans une première couronne et enfin dans une deuxième couronne. Le coeur : Alexandro Jodorowsky, Charlie 'Tremendous' Jones, Don Miguel Ruiz. Je passe à la première couronne : Kenneth Blanchard, Taibi Kahler. Deuxième rang ? Françoise Dolto, Jean Monbourquette, les braves stoïciens et - versant asiatique - Tchouang Tseu ; ensuite Paul Watzlawick, Edgar Morin, Anne Ancelin Schützenberger.
Plus intimement, il y a les exemples de ma famille. Et de quelques amis, mais là, c'est mon jardin secret. Pour mes enfants.
Très bonne fin de week-end,
Lionel
__
[1] Parlons de civilisations du passé. Connaissez-vous Jiroft ? Splendide et fou.
[2] L'amour, c'est le bon et beau lien, de soi à soi et de soi aux gens et aux choses.
[3] Ce qui est la même chose à mes yeux.
[4] Il existe une liste de cadeaux oscillant entre 4 et 60 €, ici.
Consultez tous les auteurs cités,
[ Jiroft et Richard Covington | Jiroft sur Arte | Jean 'Moebius' Giraud, belles dédicaces ] Read More
|
|
|
|
[ << Les meilleurs articles ] L'année commence bien !
Oui, l'année promet d'être belle : les indicateurs économiques de l'emploi et de la croissance sont en légère hausse. Les audacieux, par ailleurs rigoureux, ont des perspectives à développer, à faire valoir, à mettre en oeuvre - une fois les caractérisations (modèles, scenarii) et la dynamique humaine en marche. Oui. Que dire d'autre ? Ah, ImageShack, découvert grâce à l'excellent Protopage. Figurez-vous que ce service, en un clic, re-dimensionne, héberge, édite sous forme de code puis poste à distance les images que vous destinez à votre blog. Un véritable éditeur de thumbnails (miniatures pour le Web). Pratique et simple. Et gratuit. Profonds voeux de sérénité à tous : je souhaite à tous les talents qui lisent ce blog de se faire une place éclatante au soleil, à hauteur des espérances les plus ambitieuses.
Quelques fils annexes - fort divers - auxquels je réponds. 1. Oui, mon livre avance, même si le temps me passe à travers les doigts (ah, GTD !). 2. Aux questions sur le marketing en général : ce dernier s'appuie exclusivement sur une demande (y compris théorique, c'est-à-dire non approchée par un panel), jamais sur une offre. (Si c'est l'offre qui prévaut, cela s'appelle... écouler une marchandise.) Revenons à cette histoire de demande : vous avez déjà vu un producteur de cinéma financer une oeuvre de plusieurs millions de dollars sans être certain de récupérer sa mise (traduire par : sans être certain que la demande existe) ? A part Toscan du Plantier, je n'en vois pas :-) 3. Je me demande - à la place du mail - si je ne vais pas donner l'adresse de mon blog, pour inciter tous mes contacts à commenter, du moins quand le propos est non-confidentiel : l'on y gagne tous. Le mode interactif ouvert est opportun, qu'en dites-vous ? << Là, c'est le moment de commenter, justement ;-)
Amitiés chaleureuses et bises de nous tous ! Et sincères salutations à Daniel P., à qui je réponds par e-mail dès que je le peux : promis.
[ ImageShack ]
[ Le pack de l'entrepreneur - Donnez vie à vos idées | Pré-stratégie | Projet d'affaires | Management de projet, une trace à suivre | Organisez-vous | Comment fixer des objectifs | Modélisez l'environnement éthique 1 & 2 | Prenez de bons associés | Parlez de vous ! | Managez vos troupes 1 & 2 | Managez la culture | Optimisez votre souplesse | Fidélisez vos réseaux ]
[ Réseaux, le point de vue de Mopsos ]
Read More
|
|
|
|
[ << Quand le conseil va, tout va - 1e partie ] Sortir du conseil ? - 2e partie [ L'intervenant et ses multiples casquettes - 3e partie | Atouts de l'intervenant >> ]
Sortir du conseil. Se départir de la casquette, de la compétence d'expert. Museler les certitudes : écouter, faire confiance, se taire. Ressentir le groupe et le soutenir. Pour le consultant ? Un tour de force, qui demande de la concentration. Pour l'entreprise ? Un challenge tout aussi ambitieux : le conseil 'pur', dans l'Hexagone, docte et affirmatif, a la peau dure. Par opposition au conseil, comment se déroule la facilitation de prises de décision collectives ? Surtout, quels 'plus' pour les équipes ?
Faciliter, c'est s'appuyer sur les ressources tacites de l'entreprise. Les connaissances insoupçonnées. Les équipes ? Elles ont de leur structure une vision 'métier'. Par définition, elles connaissent les produits, les fournisseurs, les clients, les concurrents. Connaissance empirique, médiée par les gestes, par la pratique, par les réflexions quotidiennes. Vous voudriez laisser ce patrimoine sous le boisseau ? Surtout pas : c'est le système nerveux de l'activité. L'entreprise se connaît, qu'elle en soit consciente ou non, et cartographie - souvent très fidèlement - son environnement. Ce savoir enfoui, étonnamment précis, vaut à l'évidence de l'or. Mais qu'est-ce qui bloque ? Il s'agit, par des techniques d'animation, de sortir les connaissances des 'poches' à savoir. Des gens. Puis d'aider le groupe à caractériser, par lui-même, son problème [2]. Il convient, naturellement, de s'attacher aux données humaines, liées à la dynamique de groupe, au leadership, aux pratiques culturelles du groupe. La bonne nouvelle : le facilitateur, en dehors de la ligne hiérarchique, dispose d'un angle d'entrée original, d'une aura fraîche, d'une indépendance a priori. Sa légitimité le précède. Sur le terrain, c'est son tact, sa pugnacité et son attachement à la résolution pragmatique des choses qui le distingueront du consultant. L'animateur (facilitateur) met automatiquement les mains 'dans le cambouis' ou plutôt dans la complexité, la dynamique dense des hommes et de leurs échanges. Il part de l'entreprise humaine - du groupe - et l'interroge. Il l'anime. Il recueille ses points de vue, comme un enquêteur. Le consultant 'sait' à l'avance ; le facilitateur investit, teste, 'tâte', interagit. Il part du groupe, il revient au groupe. Il l'aide à définir le problème tel que vécu en interne (vente, organisation, management), puis à faire émerger les solutions. Puis à les sélectionner, de manière efficiente. Pour, au final, retenir de la démarche une feuille de route complète et précise (axes, étapes, timing). Une solution au problème. Par le groupe. Pour le groupe. Et donc pour l'entreprise. C'est légitime, ouvert, concret, réaliste. Jusque-boutiste.
C'est tout sauf du conseil.
__
[1] Il y a une décennie, Christian Blachas voyait le XXe siècle des services (cf. processus commerciaux) comme un puissant tryptique : proximité-humilité-humanisme. Signe des temps ?
[2] Problème : constat chiffré de la différence (frustrante ou à peine 'sensible') de la réalité, par rapport aux objectifs ou au rêve initial.
|
|
|
|
[ << 1e partie ] 10 bonnes façons d'être pragmatique - 2e partie [ Se sortir du piège d'un manipulateur proche | Vendre autrement - 3e partie >> ]
Chose promise, chose due. Je vous confie mes 10 principes.
1. Manger avec ses interlocuteurs. C'est très archaïque : il y a presque un côté animal derrière ça. La bonne nouvelle, c'est que ça marche au-delà des espérances. A table, beaucoup de choses se disent, s'échangent et se partagent. Vous percevez mieux ce qui fait vibrer l'autre. Est-il fiable ? sincère ? investi ? franc ? chaleureux ? Quelles sont ses passions ? A-t-il vraiment fait toutes ces choses ou bluffe-t-il un coup sur deux ? Vous touchez là à la finalité privée : vous entrevoyez ce que l'autre a 'dans le ventre'. Faites l'expérience : invitez un futur collaborateur ou associé à déjeuner. Beaucoup de choses se décantent (pour vous) à l'issue du repas. Choisir les yeux grands ouverts passe ici par les avoir aussi gros (aussi réceptifs) que le ventre. A digérer.
2. Adaptez-vous aux VIP's locales. Ces very important persons ont dans leur bagage le savoir-faire local, les usages, les clefs d'entrée. De plus, elles ont la 'langue' qu'il faut : le juste ton, les mots forts, les prédicats du jargon industriel ou commercial. Très, très précieux.
3. Aiguisez vos atouts. Certains excellent là-dedans. Je pense au chanteur de rap américain 50 cent. Son enfance est digne de Cosette, en plus stupéfiant. Mais le gosse était intelligent. Et fin observateur des démarches à succès. Que pensez-vous qu'il arriva ? Cet artiste doué, élevé à l'école de la vie, fit de ses trois ou quatre atouts des leviers surpuissants. Dans une interview sur MTV, il déclara que son succès tenait 'seulement' à (tenez-vous bien) : 1. la musculature de son torse (si !), 2. le changement de direction artistique après chaque disque, pour étendre l'amplitude commerciale au maximum, 3. la délégation de la marque '50 cent' à toute une armée de professionnels du marketing qui la déclinent à toutes les sauces, 4. la sélection impartiale (en parfait blind test, sans les pochettes) des groupes que le chanteur produit, il applique là la bonne vieille règle de la qualité. Sélectionner un contenu. Ce gars-là est génial : son exemple est plus parlant, à mon sens, qu'un cours de stratégie à la Harvard Business School.
4. Encouragez les autres à vous voir 'en tant que'. C'est Kofi Yamgnane qu'il faut écouter : Les Français votent pour vous si et seulement s'ils vous imaginent... en tant qu'élu. Ils ont besoin de se représenter la fonction et vous dedans. Ils vous "voient" à ladite place : c'est à cette condition seule qu'ils vous donnent leurs voix. Sa vie, de galères puis de succès, vaut celle de 50 cent. En plus altruiste, peut-être.
5. Ecoutez beaucoup. Et mettez-vous au diapason de ce qui se dit, particulièrement dans le cas 2. Ca fait travailler la tolérance, l'écoute active et l'empathie. En cas d'embarras [*]... souriez. Franchement, honnêtement. Gentiment. La finesse est une vertu, appréciée à la tablée des rustres comme chez les grands. L'on peut être intègre et chaleureux. Adulte et réservé. Classe et calme. C'est de la courtoisie : un classique. Je vous donne mon avis - l'on vous pardonnera d'être ambitieux, jamais d'être mal élevé.
6. Faites des cadeaux ! Les Japonais en raffolent, les Européens se les montrent à l'envi. C'est important, ça fait plaisir et ça ancre un bon souvenir (exemple... un bon repas, cf. 1.).
7. Ah, très important : soyez aimable avec tout le monde. Rien de plus arrogant que de saluer les nantis et de snober les petits. Une fois encore, le mufle a une espérance de vie limitée. Ce qui est bien normal.
8. Le discours vaut, lui aussi, son pesant de gibier gras. Conseil d'ami : écartez tous les Honnêtement, Déontologiquement et autres éléments creux, pseudo-éthiques, résolument mous du genou. L'éthique, ça se vit. Et encore, du mieux que l'on peut.
9. Comblez les besoins. Vous constatez qu'il manque un petit quelque chose dans un contexte donné ? Allez-y franchement : la meilleure garantie de réussite, c'est là où on a besoin de vous. Coût énergétique du pionnier : 100. Coût d'amélioration de l'existant : 25. CQFD.
10. Pour finir, le conseil le plus important qui soit. Jamais, je dis bien jamais, ne succombez à la calomnie. Untel vous donne des ulcères et vous fait pousser des pustules ? laissez-le s'écrouler de lui-même. Passez à autre chose. Le monde est suffisamment riche et beau pour avoir à y faire des choses. La justice ? Bof, coûteuse et usante. L'aventure, elle, est gratuite. Et excitante.
Avisé, chaleureux, simple et cool. Comme le dit Yoda, cette bonne ligne de vie tu respecteras.
__
[*] Il faut ici que je vous narre ce déjeuner d'affaires, tenu il y a quelque dix mois dans notre bonne Ville rose. Un interlocuteur, fort cultivé, développait habilement son point de vue, de manière rigoureuse et documentée. A ma tablée, un homme du terroir - très, très puissant - aspirait du pâté, du vin rouge et roulait ses yeux proéminents pour rythmer un quelconque mouvement intérieur, difficile à interpréter. Croyez-moi si vous voulez : cette notabilité rugueuse, quasi san-antonionesque, profita d'une rare pause dans la parlante de l'autre pour lancer - en direction dudit orateur - un massif Hé, il se touche l'autrrre ou quoi ? Gêne absolue, silence total. De mon côté, que fis-je ? Je souris. Sans plus. Aimablement. Puis - grâce au Ciel - un brouhaha touffu et rassurant revint tapisser nos existences pénibles, suite à ce sacrilège trempé dans le gros sang du boudin. L'honneur était sauf : je pus de nouveau vivre. Merci la maîtrise. Merci le sourire discret, classe et bien élevé : tiliiing ! Qué galère...
[ Image (c) Saveurs.sympatico.ca | Les carnets ? Ah, une belle histoire d'écrit, tenez : Un Cantique pour Leibowitz - Walter M. Miller | pour ce qui est des conseils sur l'entreprise, je vous recommande absolument ceci ]
|
|
|
|
[ << Tutti frutti ] 10 bonnes façons d'être pragmatique - 1e partie [ 2e partie >> ]
Cette introduction est fleuve : c'est à son terme seulement que les 10 façons d'être pragmatique se développent. On y va ? Mes proches le savent : je lis - en permanence - quatre-vingts livres, vissés au pied du lit, impossibles à ranger, gorgés de marque-pages, tabous, sublimes, éclairants, empilés, groupés selon des amas moléculaires hasardeux. Dans une montagne de registres : sciences humaines et sociales, théologie, mythologie, manuels, traités, BD. Tout me plaît. Ou plutôt, je teste un ouvrage une vingtaine de pages et s'il fait l'affaire, je le stoke à côté du lit. Sinon : get out! Mes livres ? Le premier qui s'en approche, je le mords : j'ai besoin de lire, j'aime ça, je ne peux m'endormir qu'avec un livre. Autre pendant : j'aime écrire, ou plutôt noter. Ma mémoire me faisant défaut - disons qu'elle est extrêmement sélective -, je conserve tout par écrit. A la base, je retiens deux types de choses, d'une part ce que j'affectionne et qui me mobilise tout entier, d'autre part ce qui est logique, ce qui s'enchaîne facilement et consomme, de fait, un minimum d'énergie. Tout le reste, je l'écris. Je note ainsi le contenu des livres (la substantifique moëlle) et aussi ce qui passe sur France culture ou à la télé. Ou encore ce qui me vient à l'esprit sitôt que je somnole. Des choses frappantes, des Bon sang, c'est évident ! Je crois que l'idée de noter des choses m'est venue avec Indiana Jones : je trouve fascinante l'idée qu'a son père de baliser sa quête érudite du Graal au moyen d'un carnet de notes. Le cinéma populaire, avec ses personnages archétypiques et colorés, est un verger pour l'âme. Moi, je note du tout-venant, comme une liste de commissions. J'extrais de ma pratique des choses simples. Seule condition : qu'elles fonctionnent. Si possible à fond. Je vous en soumets dix, notées à La Rochelle dans ma chambre d'hôtel. Tout est à l'emporte-pièce. >>
Tiens, voilà un beau 'pied-de-lit' -> [ Da Vinci's notebook | Table ronde ]
|
|