Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Tag: constantes

Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux

 Le bonheur, une fin en soi - 1e partieTue 7 Oct 2008
0 comments
picture

[ < thémas Psychologie & Bénéfices secondaires | catégorie Management | this post in English | archivage automatique du billet sur l'art de discerner vers qui déléguer des prérogatives, des honneurs, des remontées de bretelles, des angoisses | billet interactif, bandeau de titre cliquable | 2e partie > ]

Tout un courant. Prometteur : en croissance, depuis sûrement une quinzaine d'années. Je veux parler de la psychologie positive. Son objet ? Envisager l'individu comme une machine (un système) à aller bien. Par opposition à l'angle classique, psychopathologique, qui prend le genre humain (et l'étudie) par ses troubles. Ce qui ressemble à la charrue qui grille une politesse aux bœufs.

Chez l'homme, la téléologie (caractérisation des finalités de la vie, de la direction des efforts), en clair la téléologie s'oriente d'elle-même à la hausse : tout pousse l'individu à aller bien. Comme un programme en lui, fondé sur des constantes (les invariants). C'est donc légitime que la psychologie positive cherche à identifier les ressorts positifs. Et les questionne.

Commençons. Et parlons du psychisme versant sombre. On le sait, les bénéfices secondaires sont des installations intermédiaires (parfois durables), où le psychisme tire un suc, profite d'un relatif état de confort. Comme le dit la théorie des jeux, les gains sont optimaux - et c'est agréable - sitôt qu'ils excèdent les efforts demandés (engagés). L'intériorité, et sa formidable économie, peuvent alors « planter les sardines ». S'installer. S'endormir. Et souffrir, quand l'opportunité de rester comme ça se termine - car tout passe. Focalisé sur son acquis, le psychisme peut négliger, auto-censurer, voire nier le désir, cette saine poussée vers la procréation, l'inventivité, l'ethos authentique, la félicité. Ici, l'homéostasie pèse, étouffe et fabrique un ressenti morbide. La transformation, régime intrinsèque de la vie, patine et s'arrête.

Blam.

La téléologie envisage certes cette force (ambiguë) qui trouve les meilleurs compromis, les meilleurs rapports qualité/prix. Car coûteuse est la vie. Et limitée dans le temps.

Bien sûr.

Pour autant, la téléologie fait des visées de long terme, qui transcendent les états de satisfaction intermédiaires. Elle se projette dans une réalisation du potentiel humain. Sur le terme, et au quotidien (eccéité, intensité, joie d'être soi-même, plaisir du vivre-ensemble, disponibilité, profit de ce qui se présente). Tout ça en simultané. Tout ça dans une profondeur du ressenti qui confine à l'éternel présent. (À l'éternité.)

Au bonheur.




Fig 1. - L'homme, une architecture vivante ?



Tout ça pour quoi ? Pour dire que la psychologie positive s'approprie un champ longtemps réservé à la philosophie, à la mystique, aux institutions symboliques et idéologiques (sociales, religieuses, politiques).

Ce champ ? Celui de l'épanouissement. Vaste et profond. Mobile. Paradigmatique au possible (perméable à l'idéologie). Et pourtant vierge et natif : universel. Anthropologique. Au cœur énergétique de l'homme. Certes l'homme est-il singulier. Certes la feuille du chêne - quoiqu'unique - ressemble aux autres feuilles de l'arbre.

Ouais.

Psychologie positive ? Une affaire à suivre...

(Mmh.) Des idées ?
__

[ L'excellente contribution de Jean Heutte | la psychologie positive s'intéresse à l'individu qui va bien et - par l'investigation - (re)découvre les vertus qui favorisent un bien-être durable | la téléologie (fait humain, élan vital, aménagement psychique en continu) mêle sûrement les forces d'homéostasie et d'entropie tout autant, sinon plus étroitement, que les pulsions de vie (état d'alerte, voire de conquête et d'épanchement) et les pulsions de mort (relâchement) | pour savoir ce qui va mal, il est intéressant de se demander ce qu'aller bien veut dire (aller bien, par exemple en PCM, c'est obtenir des sensations ciblées) ou, plus prosaïquement, quels sont les besoins humains et comment ils se mélangent (allant à l'infini) dans chaque individu ; de la même manière qu'il y a des milliers de façons pour les mêmes sortes d'atomes de former des combinaisons, réactives et mobiles (complexes) | la psychologie positive ressemble à une anthropologie, elle-même proche de la recherche des besoins (qui définissent une nature) | curieux matérialisme, qui considère l'homme comme une combinaison d'atomes, plus ou moins animés d'un principe de complexification (grotesque, si on en croit Stephen J. Gould et sa mise en valeur des bactéries, stationnaires à l'extrême) - l'homme peut tout autant se vivre comme une flamme, comme une intentionnalité, une Gestalt sensible et poétique (capable de faire des symboles, d'expérimenter des ressentis), une perception en mouvement, une recherche de transcendance, une envie de synthèse totalisante, etc. | trouver un référentiel de ce qui va bien, c'est sortir du regard réducteur (sociocentré) avec lequel on examine ce qui va mal - c'est, encore et surtout, une façon d'utiliser le cerveau dans son plein potentiel, cerveau qui fonctionne avec des affirmations, des choses positives, dites et désignées (et non leur contradiction, leur symétrique, cette apophasie à la petite semaine) | le représentant le plus connu de la psychologie positive est Martin E.P. Seligman, suivi de Mihaly Csikszentmihalyi ; il y a aussi - selon moi - les grands thérapeutes humanistes (optimistes pragmatiques) tels qu'Abraham Maslow, Milton Erickson, Alexandro Jodorowsky, Georges Romey, etc. | Seligman, histoire d'un déclic | le Positive Psychology Center | mmh, les belles photos d'/ivan | Tiens, que pensez-vous de l'écopsychologie ? ]


 Psychanalyse et management - 7e partieTue 23 Oct 2007
1 comment
picture

[ < 6e partie ] Psychanalyse et management [ Catégorie Management-Sc. humaines | mots-clés, permalien, commentaires | 8e partie > ]

Exceptionnellement, ce billet est (c), je le dédie à Flemming et à Nadia

Alors bien sûr, je pourrais dire que j'ai la pêche alors que l'horloge tape 3 h 34 du matin et que du gros m'attend demain. Je pourrais dire que la totalité de ma progéniture dort sereinement la nuit, en permanence, nous permettant à tous de récupérer notre saine énergie. Je pourrais dire aussi que la peine à retrouver un seuil de 1 000 lecteurs quotidiens est un épiphénomène et que le beau temps, par la même occasion, va durer jusqu'à janvier. Enfin, je pourrais dire que c'est le courage, la pugnacité, l'allant et l'envie d'aventure qui vont pulser ma journée de demain (de dans-trois-heures).

Naturellement, tout ça est fake.

Et je crains que les nuits blanches, pour cause de rythme enfantin chaotique, stressé, austère (les professionnels auxquels nous confions nos enfants - à en croire la bronca autour de Guy Môquet - évoquent davantage un coup de trique idéologique qu'un organisme souple, dévoué, pragmatique et sain), bref je crains que cette vie folle ne soit vraiment... folle. En dépit du bon sens, et pour tout le monde.

C'est pourtant bien, pour moi, le moment d'être présent. D'être calme et plein (ou vide, estiment les bouddhistes). Serein. J'ai un nouveau local depuis hier, au 5 de la rue Raymond Sommer (champion du monde automobile dans les années 30). Je pense y faire un pot très bientôt. Mon dispositif commercial, avec ça, change et s'étend : je l'étoffe et le systématise. Les ramifications humaines qui partent de ce projet boosté sont plus solides que jamais, il y a là une jolie machine à jouir.

Pour autant, et ce sont les confidences de beaucoup de gens cette semaine, l'entreprise est tout sauf un palais paisible. Façon Taj Mahal, jardins... C'est, tout à l'inverse, un lieu de frictions, d'intrigues et de rapports de force brûlants. Je me saisis pour ça du fil tissé ici. Plus que jamais, Freud et sa notion de horde, de convoitise et de violence primordiale sont actuels. Le maître autrichien gagne - encore et encore - à être appliqué en dynamique de groupe, par exemple aux côtés de Taibi Kahler (croyez-moi).

Mais je veux aussi dire qu'un Kenneth Blanchard intelligemment utilisé (bien compris) fait des miracles. Ses clarifications et ses félicitations-minute sauvent tout. Il faut se souvenir que Paul Hersey, l'un de ses proches collaborateurs, a donné à l'ensemble une tournure pédagogique, de mise constante à portée d'autrui. Bref, ce sont des choses qui inspirent et stimulent : ce sont des choses qui m'aident.

Alors quoi ? J'ai envie de dormir, c'est sûr. J'ai aussi envie de vous parler de la galaxie Carl Jung pour finir. Je fais vite. Reparlons de Georges Romey, son successeur officieux comme je l'appelle. Vous vous en souvenez : pour lui, le monde psychique comporte - entre autres choses - quatre grandes constantes. Le besoin de maintien des choses, la poussée (pulsion) d'évolution, ainsi qu'Animus et Anima. Pour ces notions jungiennes, je vous renvoie ici. L'idée m'est venue de me pencher sur les quatre ressorts que peuvent alors former les couples [Animus-maintien], [Animus-évolution], [Anima-maintien], [Anima-évolution]. C'est riche : la mise en tension génère des arborescences entières.

Je ramasse mes premières pistes et vous les condense ici : l'Animus élabore les principes et les priorités de vie (ce qui compte), les hiérarchise et suit attentivement leur application. Il protège, sécurise et prolonge la vie. L'Anima, de son côté, écoute les processus inconscients et rappelle la nécessité de ressentir des stimulations, des climats. Il perçoit la donne en un instant et adapte les choses avec naturel et fluidité. Il actualise.

C'est une amorce. Je la crois féconde (commentez-la, c'est volontiers). Et maintenant je retourne dormir.

God bless...

[ Je lis la Grammaire de l'imagination du réjouissant et pourtant ancien Gianni Rodari, écrivain et pédagogue dans la mouvance de type Freinet | Pourquoi de telles approches ne sont-elles pas un standard ? ]  Read More