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 Tracer les canaux de déversement - 2e partieSun 15 Oct 2006
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Imagination créative et cohérence de vie


Le désir s'engorge. Croyez-le ou non, mais ce beau capital énergétique qui nous anime peut faire une boule. Ou un sac de noeuds. Bref, quelque chose qui fait tampon - l'image qui me vient, ce sont ces boules de cheveux que l'on retrouve amalgamées, dans le siphon des lavabos. Ça bouche.

Il m'aura fallu attendre de "prendre une pelle" sur le plan professionnel (cf. vrac d'automne) pour me poser. Et là, les copains se sont révélés précieux. Flemming m'a décapé, mettant le doigt sur ma persona, ce personnage public vantard, qui ne me ressemble pas, et qui - nourri de superficialité - avait gagné sa vie propre. Jusqu'à m'étouffer. Ce spectre vide, cette coque énergétique, brouillait tous les signaux que j'envoyais. Résultat : des projets "à la force du poignet", laborieux, poussifs, très, très "méthode Couet". Finie l'énergie, finie l'impulsion, la ferme intensité, le laser chaleureux, charmeur et vrai (car convaincu) qui était le mien. Finie la ligne de mire. Bonjour brouillard...

Et puis il y a eu Guillaume, qui - hier - a très intelligemment mis le doigt sur mes contradictions. Avec délicatesse. Et là, que dire ? La boule a vécu un mini-séisme (agréable, en plus), je crois que la pelotte de laine sale commence à refaire du fil.

Un peu comme un bassin engorgé, d'où partent de nouveaux canaux, tracés dans la glaise, avec le doigt. L'eau se déverse dans les nouvelles travées. Petit à petit, elle charrie les boues et les feuilles décomposées, puis fait pression, et jaillit. Pour l'instant, la source d'eau claire fait chanter un joli filet frais. Pour l'instant, je l'entends qui frémit : c'est léger. Mais à l'instar du micro-nuage du prophète Elie, la vie (ma vie interne) m'annonce un orage.

Je veux dire merci. Je veux aussi vous inciter à re-consulter Kofi Yamgnane. Car les canaux de déversement du désir vicié, ce sont les percées imaginatives précises, les lendemains qui chantent et qui s'entrevoient déjà, conquis par l'esprit. Investis par l'âme. Poussés par les ressources de l'homme : l'imagination et l'envie.

La vie est une pulsion. La vie est un travail. La vie est un plaisir. N'est lourd que ce qui attend un "mieux"...

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 Psychologie - 4e partieTue 10 Oct 2006
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La vie est faite de caps, de montées en puissance, voire de cycles [1]. Bref, les choses changent. Tout le temps. C'est d'ailleurs l'une des certitudes [2] les plus universelles qui soient. Ou sinon, les choses se condensent dans un mauvais cycéon, elles font de bien vilains grumaux (relire Héraclite, philosophe du mouvement). Ce qui explique la stagnation, je pense, c'est la recherche en boucle de satisfactions 1, alors que la Nature nous a faits pour nous sortir de nous-mêmes (étymologiquement, exister) et nous projeter dans un minimum de satisfactions 2. Alors que dire ?

Ben, c'est Flemming Funch qui a une théorie sur le dégoût. Lors d'une séance de travail, je lui confiais que certains traits de personnalité me faisaient horreur, et tout le monde connaît ce sentiment de arf. Comme vous le savez, je pense, Flemming a longtemps travaillé comme psychothérapeute aux Etats-Unis [3]. Et il a bien roulé sa bosse. Il me disait notamment que l'horreur de certains comportements était une peur inconsciente de régresser, de rencontrer - cette fois-ci chez les autres - des comportements que nous avons plus ou moins bien passés, bref des traits du passé psychologique, de l'avant, de l'archaïque et du grossier. Sûr qu'il y a l'idée d'évolution là-dedans.

Sûr que la vie nous dégrossit. Et ce que nous rejetons, à l'instar de la bête (de l'Ombre) de Jean Monbourquette, c'est une version n-1... (ou n-x) de nous-mêmes.

Encore une fois, je crois que Flemming a raison... Et puis c'est la démonstration qu'il faut accepter en nous-mêmes les versions antérieures, hésitantes, en recherche. C'est une façon de mieux cohabiter avec (tous les) soi-même(s) et - du coup - d'accepter les défauts des autres. Et de mieux aimer son prochain, je rajoute.

Qui fait l'ange fait la bête, d'une part. D'autre part, il faut faire un sort à ce foutu perfectionnisme...

__

[1] Cf. notamment les logiques circulaires.

[2] Percy Bysshe Shelley disait : Seul le changement est durable.

[3] Il a même été traduit en... russe. Si ! J'ai vu les bouquins chez lui, c'est illisible.

[ Recherche d'excellence, pragmatisme, spontanéité et gentillesse sont - je pense - les remèdes au perfectionnisme | coaching | relire Le Baiser aux lépreux de François Mauriac, ainsi que les superbes travaux de René Girard | c'est Alexandro Jodorowsky qui parle du mépris des Blancs (j'ajoute des positivistes) à l'égard des cultures prétendument primitives - lire d'ailleurs le point de vue de David Nadeau-Bernatchez | le positivisme sous l'angle du philosophe des sciences Thomas Samuel Kuhn (1922-1996) | ah, ce vieux débat Apollon Vs Dyonisos - lire Nietzsche, ce qu'en dit l'Education nationale, ainsi que le sociologue Marcel Rioux | Kuhn, cétéki ? | Joel Peter Witkin, photographe catholique (à la Mauriac, quoique plus... libéral) des catégories humaines rejetées, mais acceptées par la lumière : 1. de son appareil photo, 2. de l'amour divin, par dessus tout ]  Read More