|
|
[ < 11e partie | | thémas Motivation, Management & Besoins | catégorie Management | archivage automatique du billet sur la fascinante expérience personnelle de Jill Bolte Taylor | billet interactif, naviguez par mots-clés et réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre | ce billet est également accessible via http://tinyurl.com/les7management-qui-demotivent | 13e partie > ]
Sept classiques en entreprise
Et c'est reparti. Contexte : une soirée chez des voisins (ambiance personnelle). Et toujours la même question, pour le coup très pro : C'est quoi motiver ?
Je réponds par l'opposé : démotiver, c'est couper l'envie de bien faire, c'est saper l'envie de s'impliquer. C'est démobiliser, par les actes et par les propos (souvent juste par le ton).
Il y a une théma pour ça.
Encore et surtout, comme dans la soirée, je dis que démotiver, c'est :
1. Manager seulement par e-mail (ambiguïté et confusion des propos ; interactions figées, délayées dans le temps ; côté charnel et strokes minuscules [*] ; côté impersonnel, protocolaire et bâclé en revanche très fort), c'est le mail-management, froid, technique et... très en vogue,
2. Mobiliser ses collaborateurs tous de la même manière (par exemple de manière exclusivement cérébrale), c'est le management-tous pareils, lointain héritier de la pédagogie-tous pareils, prétendument équitable (en vérité maladroite, rigide et monobloc),
3. Répéter les consignes d'une seule et même manière, quitte à aller dans l'infiniment petit (croyance selon laquelle les détails précisent, vendent et renforcent un propos ; mythe du rabâchage comme moyen de faire adhérer), c'est le management-perroquet ou - pire - le management-je répète pour ceux qui n'ont pas compris,
4. Signaler seulement les erreurs, c'est le management-pas confiance ou management-je t'ai eu, et oublier les progrès, considérés comme normaux donc secondaires,
5. Imposer un coach (par exemple un ami du big boss) aux collaborateurs sentis comme faibles, c'est le management intrusif,
6. Dévaloriser un collaborateur au lieu de lui dire ce qu'il faut améliorer, c'est le management sardonique,
7. Négliger le management et croire que les gens le font très bien tous seuls, c'est peut-être le plus dangereux, qui fait naître une multitude de poches de management parallèles, où des petits chefs font appliquer leurs propres règles, parfois tacites (donc anxiogènes), parfois arbitraires, souvent proches de la jungle (les assertifs croquent les introvertis) - c'est le management-sans management voire management-débrouillez-vous (avec son corolaire pas le temps, sous entendu « pour ça »).
En conséquence de quoi, manager c'est adapter les ordres, les objectifs, les félicitations, les encouragements, les délégations, le ton des échanges.
Manager, c'est mobiliser les individus. C'est connaître ce qui les stimule en propre, pour couler ces aspirations puissantes dans une activité au jour le jour.
C'est s'adapter. C'est prendre un peu de temps.
C'est faire du bien...
Any comment?
__
[*] Par ordre croissant d'intérêt pour le collaborateur, il y a l'inexistant management fantôme (un manager... absent) ; le faible e-mail du boss ; le très correct coup de fil (déjà un peu plus sensoriel, donc adressé, donc intense, donc mémorisable) ; l'intéressant entretien informel, fût-il entre deux portes au calme ; le valorisant face à face avec regard chaleureux, amicale pression de l'épaule ou de la main. (Avec tact, discernement, respect.)
[ À la suite du grand Ken Blanchard, tout bon manager doit pouvoir dire que manager, ça prend une minute par jour et par personne, soit 40 minutes pour une PME d'autant d'individus : un scoring correct de ses activités permet au boss de dégager du temps pour ça - c'est vital ] Read More
|
|
|
|
[ < Le P'tit D - 8e partie ] Mon patron est un c.. - 9e partie [ 10e partie > ]
Petit démotivateur en goguette
C'est saisissant : le management conditionne tout. Le management est un lien dynamique [*], une relation. L'on va au travail comme on va voir quelqu'un. Que dire ? C'est comme ça.
Confirmation d'un de mes contacts, ce matin.
Elle : - J'en ai marre.
Moi : - Tu parles de ton travail ?
- Oui, mon patron est un caractériel.
- Je comprends, regardons ensemble. Mmh, la paie ?
- Entre moyenne et acceptable.
- D'accord. La sécurité ?
- Acquise, je peux me projeter.
- D'accord. Tu me parlais de ton patron...
- C'est un c... Quand je lui parle de mes problèmes sur le terrain, il tourne la chose à la plaisanterie. Et quand j'insiste, il estime que c'est par avance classé, vérouillé, en barrissant d'une grosse voix : De toute façon, ON VA PAS... S'ENERVER ! Un vrai coupe-jarrets, qui flambe tout dès l'entrée.
Verdict ? Une paie correcte, une sécurité garantie, une relative liberté (c'est moi qui l'ajoute), un produit dans le vent, mais un patron caractériel, qui rigole à grandes dents comme un âne du Rouergue et rabroue comme un instituteur végétalien perclus de goutte.
Usant.
Tout est au vert sauf l'essentiel : l'envie de travailler. Qui veut dépenser de l'énergie pour un c.. ? Autant remplir la bassine du pourceau avec des sorbets au vin de Chypre.
Un manager donne avant tout envie de travailler, ou de partir. C'est lui qui oxygène tout.
Un bon job, c'est un bon patron. Quelles sont vos expériences là-dessus ?
__
[*] Pour faire du management, il faut plusieurs personnes. Le management devient un bain qui entoure chacun et qui entoure tout le monde. Dans La Nouvelle Communication d'Yves Winkin (p. 294) lire le magnifique Ray Birdwhistell : « Il faut deux membres à la puissance n de l'espèce homo sapiens pour faire un seul être humain ». Parallèlement, mettre à profit le complexus d'Edgar Morin.
[ Qu'est-ce qu'un bon manager ? | Motiver, c'est quoi ? ]
|
|
|
|
[ << 7e partie ] P'tit D - 8e partie [ Des œufs d'ortolan pour le goret de service - 9e partie >> ]
Ah, que l'été vous revigore : vos batteries sont à bloc. Tout ce beau soleil vous gonfle les veines et vous donne des envies de meurtre. C'est décidé, ô dynamiques saisons : toutes les périodes conviennent désormais au P'tit D bien saignant que vous vous vantez d'être devenu - seul à seul avec les éléments, le pectoral bombé, le flux tendu à l'extrême. Vent tonique, tempête solaire ! Jubilatiooo ! comme le blatèrent ces mal-caressés de mystiques (humanistes maigrichons, pleurnichards, insectivores). Le P'tit D ? Ouaaah, vous l'êtes maintenant 24 h /24, 7 J /7 et 365 J /an (c'est important, ça, 365 J /an). Banzaï, la compagnie. Une boucherie vous attend !
21. Mmh, une belle douceur pour tout le monde. Qu'est devenu le p'tit pékin que vous avez viré ? Le diable l'emporte... Consacrez-vous maintenant à ses amis restants : le couperet, c'est vous qui allez l'incarner. Vous ? Non, pas si vite. Tss, tss. Une purge, ça se travaille, ça s'aiguise, ça se biseaute. Faites donc appel à Monsieur Loyal, l'incompétent notoire - en demande de rien et à qui, volontairement, on délègue absolument tout, de préférence les enclumes, les affaires de guerre et les patates brûlantes. Il tremble ? Très bien, une bonne démotivation, ça vient des tripes. Confiez-lui donc la mise en scène : Petit agneau empathique, tu vas me virer - sans dire que c'est moi - l'individu restant, là-bas. Pourquoi ? Parce que ! (C'est une suffisamment bonne réponse.)
22. Hahaha, vous avez bien rigolé... De quoi ? Il reste encore un fidèle au p'tit pékin, là-bas, au fond ? Un survivant, un fou, une belle tête de victime ? Celui-là, gardez-le bien au frais, comme un bon petit mojito. Vous le harcèlerez - ou mieux, ferez harceler - pendant des mois. C'est encore plus démotivant pour tout le monde.
Sûr qu'il triballera ses moignons souffreteux dans tous les services, après ça ;-)
|
|
|
|
Le petit démotivateur en dix points [ 2e partie >> ]
Je connais dix excellents moyens de saborder une équipe :
1. donnez un maximum d'avantages sociaux aux débutants, puis retirez-les leur petit à petit - dès qu'ils progressent, prétextant un impératif recadrage financier,
2. promouvez les plus méritants - dès que vous sentez qu'il leur manque seulement vingt à trente pourcents des compétences pour réellement réussir, puis - au moindre échec - rétrogradez-les, par exemple en les humiliant publiquement,
3. favorisez la promotion ' à la gueule du client ', privilégiant vos amis et limitant tous les autres, surtout s'ils sont professionnels et impliqués,
4. faites porter le chapeau de vos erreurs à vos subordonnés,
5. rappelez à une ordure de fautif - surtout s'il est sincèrement repentant - ses erreurs de juillet 1987, février 1995, octobre 1998, septembre 2000 et mars 2004, cela fait toujours plaisir,
6. insultez telle personne - en petit comité - surtout si elle est absente, si les mots sont crus et que les ' confidents ' sont des relais d'information notoires,
7. livrez les personnes faibles en pâture aux leaders spontanés, prédateurs autoproclamés, ' grandes gueules ' terrifiantes et autres caïds à la petite semaine, rodés à la flatterie avec les puissants et à la cruauté avec les menus gabarits,
8. inondez vos collaborateurs d'ordres divergents, incohérents et partisans, cela désoriente à souhait et dessine les axes d'amélioration les plus chaotiques qui soient,
9. nommez aux postes de gestion des ressources humaines (diplomatie, pédagogie, valorisation interpersonnelle) les personnages les plus controversés de l'entreprise et assurez-vous que les équipes décisionnelles soient bien composées d'individus différents, inconciliables, bouffis d'orgueil et rancuniers, c'est mieux pour la stratégie d'entreprise,
10. laissez bien pourrir une situation d'injustice et déléguez tout type d'arbitrage à un pauvre subordonné empathique, surtout s'il est bien ami - par ailleurs - avec les parties-prenantes du différend.
Comme remède à ce type de pratique, j'encourage - pour chaque cas - la mobilité professionnelle externe. Quitter le navire peut être salutaire. Une clé : préférer radeau ferme à bateau vermoulu...
Excellente soirée - Much love to you all.
[ Image (c) Despair.com | analyse transactionelle (AT) et collection de timbres | short introduction to motivational management [mwv] | Niccolò Machiavelli (1469-1527), magnifique manuscrit | un mémo très correct (Centre international d'agriculture, Wageningen - Pays-Bas) | Le Journal de Max | blog des RH ] Read More
|
|