Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Tag: démotiver

Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux

 Motivation - 12e partieMon 23 Mar 2009
4 comments
picture

[ < 11e partie | Share/Save/Bookmark | thémas Motivation, Management & Besoins | catégorie Management | archivage automatique du billet sur la fascinante expérience personnelle de Jill Bolte Taylor | billet interactif, naviguez par mots-clés et réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre | ce billet est également accessible via http://tinyurl.com/les7management-qui-demotivent | 13e partie > ]


Sept classiques en entreprise


Et c'est reparti. Contexte : une soirée chez des voisins (ambiance personnelle). Et toujours la même question, pour le coup très pro : C'est quoi motiver ?

Je réponds par l'opposé : démotiver, c'est couper l'envie de bien faire, c'est saper l'envie de s'impliquer. C'est démobiliser, par les actes et par les propos (souvent juste par le ton).

Il y a une théma pour ça.

Encore et surtout, comme dans la soirée, je dis que démotiver, c'est :

1. Manager seulement par e-mail (ambiguïté et confusion des propos ; interactions figées, délayées dans le temps ; côté charnel et strokes minuscules [*] ; côté impersonnel, protocolaire et bâclé en revanche très fort), c'est le mail-management, froid, technique et... très en vogue,

2. Mobiliser ses collaborateurs tous de la même manière (par exemple de manière exclusivement cérébrale), c'est le management-tous pareils, lointain héritier de la pédagogie-tous pareils, prétendument équitable (en vérité maladroite, rigide et monobloc),

3. Répéter les consignes d'une seule et même manière, quitte à aller dans l'infiniment petit (croyance selon laquelle les détails précisent, vendent et renforcent un propos ; mythe du rabâchage comme moyen de faire adhérer), c'est le management-perroquet ou - pire - le management-je répète pour ceux qui n'ont pas compris,

4. Signaler seulement les erreurs, c'est le management-pas confiance ou management-je t'ai eu, et oublier les progrès, considérés comme normaux donc secondaires,

5. Imposer un coach (par exemple un ami du big boss) aux collaborateurs sentis comme faibles, c'est le management intrusif,

6. Dévaloriser un collaborateur au lieu de lui dire ce qu'il faut améliorer, c'est le management sardonique,

7. Négliger le management et croire que les gens le font très bien tous seuls, c'est peut-être le plus dangereux, qui fait naître une multitude de poches de management parallèles, où des petits chefs font appliquer leurs propres règles, parfois tacites (donc anxiogènes), parfois arbitraires, souvent proches de la jungle (les assertifs croquent les introvertis) - c'est le management-sans management voire management-débrouillez-vous (avec son corolaire pas le temps, sous entendu « pour ça »).

En conséquence de quoi, manager c'est adapter les ordres, les objectifs, les félicitations, les encouragements, les délégations, le ton des échanges.

Manager, c'est mobiliser les individus. C'est connaître ce qui les stimule en propre, pour couler ces aspirations puissantes dans une activité au jour le jour.

C'est s'adapter. C'est prendre un peu de temps.

C'est faire du bien...

Any comment?

__


[*] Par ordre croissant d'intérêt pour le collaborateur, il y a l'inexistant management fantôme (un manager... absent) ; le faible e-mail du boss ; le très correct coup de fil (déjà un peu plus sensoriel, donc adressé, donc intense, donc mémorisable) ; l'intéressant entretien informel, fût-il entre deux portes au calme ; le valorisant face à face avec regard chaleureux, amicale pression de l'épaule ou de la main. (Avec tact, discernement, respect.)

[ À la suite du grand Ken Blanchard, tout bon manager doit pouvoir dire que manager, ça prend une minute par jour et par personne, soit 40 minutes pour une PME d'autant d'individus : un scoring correct de ses activités permet au boss de dégager du temps pour ça - c'est vital ]  Read More


 Voiture-réalité - 10e partieTue 18 Nov 2008
0 comments
picture

[ < 9e partie | thémas Bon Manager & Motivation | catégorie Management | archivage automatique du billet sur GTD lite et la priorisation des tâches | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre | 11e partie > ]


« Trois trucs »


Une personne qui m'est chère conduit sa voiture. Je suis assis à côté. Concentrée sur la route, les yeux plissés, elle me dit :

- Mmh, vas-y répète : c'est quoi les critères du bon manager ?

- Essentiellement trois trucs. Est-ce que ton manager est 1. moral, exemplaire dans son comportement et impartial avec ses employés ? (Est-ce qu'il joue collectif ?) Ensuite [je compte sur mes doigts], 2. est-ce qu'il te félicite à chaque fois que tu réussis quelque chose ou atteins tes objectifs ? (Soyons fous, est-ce qu'il te dit à quel point il est content de bosser avec toi ?) 3. Pour terminer, est-ce qu'il est capable de discerner chez toi la faute, délibérée donc sanctionnable, de l'erreur, involontaire et que tu peux donc pallier avec un simple entraînement ?

- Attends, me répond la personne. Tu me demandes si mon boss est exemplaire, s'il a le courage (les c...) pour féliciter ce que je réussis. Et puis s'il module la pression qu'il me colle et sait voir en moi ce qui mérite d'être amélioré, poussé, encouragé ?

- C'est ça, réponds-je, les yeux braqués sur la file de voitures.

- Ok. Alors, premier élément, de 0 à 10, 0. Deuxième élément, 0 aussi. Et troisièmement, ben, 0.

- Tu te sens motivée ?

- De 0 à 10 ?

- Par exemple.

- 0. Je reste pour la paie...

- (Soupir.) Il y a là aussi trois trucs, qu'on voit souvent. Beaucoup de managers le deviennent [*] parce qu'ils sont, à la base, de bons vendeurs. Leur hiérarchie les récompense. Ou alors ils sont anciens, ils obtiennent de l'avancement. Ou alors ils sont intrigants et leur hiérarchie promeut un ami, qui - en plus - sait montrer du tempérament (sait jouer des coudes, plutôt).

- Dans le cas de mon boss, je note de 0 à 10, là ?

- Laisse tomber. J'ai une « vague idée ».

- Tu m'étonnes !

__


[*] La plupart des entreprises pensent que quelqu'un de bon (ou de capable, ou de déterminé - certains appellent ça motivé), bref qu'il suffit de quelqu'un d'un peu volontaire (ou qui connaît bien les us et coutumes du client ou de la « maison ») pour manager. Ce qui ressort des constats-terrain, c'est que le manager manque de formation : on le bombarde là, comme au combat. Et il vit la pression de sa ligne hiérarchique exactement comme il le faisait avant, comme subordonné. Il la subit. Donc il la répercute. Et en faisant ça, il stresse à haut niveau, donc se rigidifie. Ou, pire, il lâche tout (Débrouillez-vous entre vous - il existe une foule de scénarios de ce type). Revoir les drivers.

[ Il existe plein d'entrées possibles dans la galaxie du management, que ce soit en général ou en particulier. 1. Le leadership (gouvernance, soit autorité et modes de commandement opportuns), 2. la capacité à incarner, expliquer et entraîner le changement (influencer, faire envie, rassurer, garder le cap), 3. la compréhension des rapports de force (séduction, sujétion, coopérations conditionnelles) et enfin 4. le charisme (confiance en soi, complicité, foi aux autres, optimisme). Tout ça brûle de vérité. Mais pour les collaborateurs, le chef c'est avant tout celui qui motive et donne envie de sa bagarrer tous les jours, pour une cause (fût-elle égoïste) | le manager est avant tout un motivateur ]


 Voiture-réalité - 10e partieTue 18 Nov 2008
0 comments
picture

[ < 9e partie | thémas Bon Manager & Motivation | catégorie Management | archivage automatique du billet sur GTD lite et la priorisation des tâches | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre | 11e partie > ]


« Trois trucs »


Une personne qui m'est chère conduit sa voiture. Je suis assis à côté. Concentrée sur la route, les yeux plissés, elle me dit :

- Mmh, vas-y répète : c'est quoi les critères du bon manager ?

- Essentiellement trois trucs. Est-ce que ton manager est 1. moral, exemplaire dans son comportement et impartial avec ses employés ? (Est-ce qu'il joue collectif ?) Ensuite [je compte sur mes doigts], 2. est-ce qu'il te félicite à chaque fois que tu réussis quelque chose ou atteins tes objectifs ? (Soyons fous, est-ce qu'il te dit à quel point il est content de bosser avec toi ?) 3. Pour terminer, est-ce qu'il est capable de discerner chez toi la faute, délibérée donc sanctionnable, de l'erreur, involontaire et que tu peux donc pallier avec un simple entraînement ?

- Attends, me répond la personne. Tu me demandes si mon boss est exemplaire, s'il a le courage (les c...) pour féliciter ce que je réussis. Et puis s'il module la pression qu'il me colle et sait voir en moi ce qui mérite d'être amélioré, poussé, encouragé ?

- C'est ça, réponds-je, les yeux braqués sur la file de voitures.

- Ok. Alors, premier élément, de 0 à 10, 0. Deuxième élément, 0 aussi. Et troisièmement, ben, 0.

- Tu te sens motivée ?

- De 0 à 10 ?

- Par exemple.

- 0. Je reste pour la paie...

- (Soupir.) Il y a là aussi trois trucs, qu'on voit souvent. Beaucoup de managers le deviennent [*] parce qu'ils sont, à la base, de bons vendeurs. Leur hiérarchie les récompense. Ou alors ils sont anciens, ils obtiennent de l'avancement. Ou alors ils sont intrigants et leur hiérarchie promeut un ami, qui - en plus - sait montrer du tempérament (sait jouer des coudes, plutôt).

- Dans le cas de mon boss, je note de 0 à 10, là ?

- Laisse tomber. J'ai une « vague idée ».

- Tu m'étonnes !

__


[*] La plupart des entreprises pensent que quelqu'un de bon (ou de capable, ou de déterminé - certains appellent ça motivé), bref qu'il suffit de quelqu'un d'un peu volontaire (ou qui connaît bien les us et coutumes du client ou de la « maison ») pour manager. Ce qui ressort des constats-terrain, c'est que le manager manque de formation : on le bombarde là, comme au combat. Et il vit la pression de sa ligne hiérarchique exactement comme il le faisait avant, comme subordonné. Il la subit. Donc il la répercute. Et en faisant ça, il stresse à haut niveau, donc se rigidifie. Ou, pire, il lâche tout (Débrouillez-vous entre vous - il existe une foule de scénarios de ce type). Revoir les drivers.

[ Il existe plein d'entrées possibles dans la galaxie du management, que ce soit en général ou en particulier. 1. Le leadership (gouvernance, soit autorité et modes de commandement opportuns), 2. la capacité à incarner, expliquer et entraîner le changement (influencer, faire envie, rassurer, garder le cap), 3. la compréhension des rapports de force (séduction, sujétion, coopérations conditionnelles) et enfin 4. le charisme (confiance en soi, complicité, foi aux autres, optimisme). Tout ça brûle de vérité. Mais pour les collaborateurs, le chef c'est avant tout celui qui motive et donne envie de sa bagarrer tous les jours, pour une cause (fût-elle égoïste) | le manager est avant tout un motivateur ]


 Zone de confortThu 20 Dec 2007
0 comments
picture

[ < théma Motivation ] AddThis Social Bookmark Button [ Catégorie Management-Sc. humaines | permalien, mots-clés et commentaires ]

Exceptionnellement, cette contribution est sous (c) - Merci

L'homo œconomicus, en économie classique, est une métaphore : il est théorique. Vous trouvez ce comportement rationnellement égocentrique (et assumé comme tel) uniquement dans les modèles qui ont trait aux rapports de force [1] et aux interactions entre une offre et une demande établies (voir coopération conditionnelle). Pourquoi cet homo est-il abstrait ? Parce que son existence concrète est rarissime : l'on sait grâce à la psychologie que les stratégies mentales, par exemple pour atteindre un état de satisfaction [2], sont beaucoup plus subtiles et beaucoup plus inconscientes (plus chaudes) qu'un froid calcul formulable à haute voix. Le fameux « Là, j'estime rationnellement que c'est mieux pour moi, le rapport résultats sur efforts engagés m'est favorable », eh bien ce trajet-là, il relève de la pure sphère théorique. L'humain est beaucoup plus intuitif et complexe (interactif à l'intérieur de lui-même) que ça. De plus, et vous le savez, ce qui préside dans le cerveau, c'est la logique floue.

Alors que dire ? Déterminer pour soi une zone de confort (qui délivre une satisfaction tranquille), c'est du live et c'est un processus intuitif. Pour toutes les raisons que je vous ai indiquées. L'intuition ? Un ici-et-maintenant, une exploitation quasi instantanée du potentiel de tous les réseaux (particulièrement dans l'hémisphère droit, cette fabrique à images [3], ce creuset non-verbal) que nous avons dans la tête. C'est le fameux « Je trouve et ensuite je cherche » [4], c'est l'esprit de finesse pascalien.

All right?

Parlons de cette zone de confort. Nous l'avons vu, c'est l'intuition (appréciation et saisissements intérieurs) qui la détermine. Cette zone, c'est celle dans laquelle bon nombre d'employés s'installent [5], intellectuellement et émotionnellement. Autant dire motivationnellement (mise en mouvement naturelle, par répulsion ou par recherche de quelque chose). La zone de confort est bien une catégorie motivationnelle, qui touche ce qu'on cherche à faire et donc l'énergie qu'on met dans l'action A ou B, selon qu'elles sont plus ou moins implicantes, plus ou moins proches de l'optimum personnel de satisfaction [6].

En outre, la zone de confort est une zone-tampon, où l'on fait escale. En installation plus ou moins durable. Ici, tout est facile, c'est le compromis. On regarde ?

Antoine est un commercial à qui son manager demande de vendre 100 imprimantes professionnelles tous les 20 jours ouvrés. Par tranche de 10 imprimantes supplémentaires, il touche 5 % en plus. Mais l'effort pour générer 110 % de l'objectif lui « coûte » en moyenne 4 heures complémentaires par semaine. La perception de ce complément de travail, il la subit comme négative : c'est souvent le vendredi soir qu'il doit « cravacher » davantage. Exit le dîner coquin avec sa fiancée Béatrice. En termes de valence (de valeur subjective - cf. Victor Vroom), ces 5 % de salaire supplémentaire pèsent moins que les beaux yeux de Béa. Pour être précis : 5 % de bonus salarial (et surtout de travail) pèsent pour lui 2/10. Alors qu'un sourire de Béa obtient 9/10.

Sa zone de confort se situe à 100 % d'objectifs, au delà, l'insatisfaction amoureuse (éminemment subjective) guette. Et ce levier prévaut dans la vie d'Antoine.

Creusons un peu le cas. Il y a certes ce qu'Antoine apprécie dans la vie. Il y a aussi l'instrumentalité de ce qu'on lui accorde (Vroom, op. cit.). En l'espèce, c'est la confiance qu'a Antoine en Cécile, la responsable des paies. Celle-ci oublie une fois sur deux de lui payer ses primes (à cause d'un logiciel technologiquement dépassé) : il doit toujours aller perdre quarante minutes devant son bureau, pour réclamer ce que l'entreprise lui doit. Et ça le fatigue. Et ça l'humilie, il a l'impression d'avoir quatorze ans. Son entreprise, il la voit - à cause de Cécile - comme un tiroir-caisse sans cœur. Il a déjà signalé le problème pendant plusieurs mois : il ronge son frein, ça le démotive.

Instrumentalité de la récompense = 0,5/10. Crédibilité dans le rouge. Ethique en berne.

Travailler en plus, et surtout le vendredi, lui procure du stress. D'abord, la valence de la récompense la rend bien maigre (À quoi bon se péter ?). Ensuite, la boîte tient sa parole une fois sur deux. Au lieu d'une belle carotte, voilà ce que gagne le lapin :




Fig. 1 - Et là, la carotte, tu la sens... sur tes doigts ?
Image (c) RATP



Aller à la hausse coûte à Antoine du stress (de surcroît mal récompensé, à ses yeux - cf. valence), et en plus il risque une belle déception (instrumentalité proche de zéro). Résultat : il se maintient à « seulement » 100 % des objectifs (aller en dessous lui coûterait la tranquilité qu'il a avec Didier, son responsable commercial).

Aller plus haut ? Non merci. Descendre ? C'est dangereux. Antoine se vérouille en zone de confort : c'est là que son instinct lui montre qu'il est le mieux. Il s'installe dans sa zone-tampon, qui lui apporte une satisfaction raisonnable, un univers de performance qu'il maîtrise à fond (énergie, capacités, délais d'obtention : 10/10 - cf. expectation).

Même un excellent consultant en motivation peinera à l'en déloger : sûrement devra-t-il, en plus de l'analyse de ce qui fait avancer Antoine (ses leviers propres, à forte valence), signaler le problème du logiciel de Cécile et - peut-être - du montant ou de la nature des primes.

La zone de confort est un système à désamorcer, avec l'engagement de tous, y compris - et surtout - celui de la direction.

Pour défaire le nœud, il faut envisager plusieurs angles à la fois. Avec précaution : le bas de l'iceberg (au départ invisible) peut surprendre une entreprise, et lui faire peur. Les racines plus longues que prévues sont des causes fréquentes d'effroi. Creuser peut annoncer du travail... pour l'entreprise.

Hardi les gars.

Be seeing you.
__

[1] L'étude de ces rapports de force, avec tous les passages de seuil (caps chiffrés), est le propre de l'économie. En ça, la science économique se comporte intellectuellement comme la physique ou la mécanique, la systémique en plus (montées en charge, virements, interactions et synergies permanentes).

[2] Satisfaire, c'est résoudre une tension. En cela, la résolution des problèmes de l'entreprise (différence entre un souhait et le résultat mesuré de ses applications) est une démarche de satisfaction.

[3] Voir, côté Gilbert Durand, cette somme spectaculaire et passionnante (1963) sur l'imaginaire : Les Structures anthropologiques de l'imaginaire. Voir aussi tous les travaux d'Antonio Damasio sur le mélange et la circulation entre hémisphères, entre idées et sentiments, au sens classique. L'imaginaire est une fabrique permanente d'images, une fonction organique du cerveau, qui coiffe, nourrit, relaie, renforce et baigne tout autre processus, aussi intellectuel soit-il. L'on rejoint évidemment la combinaison (voire la mariage, quand tout est vécu dans l'acceptation et la stimulation réciproques) d'Animus et Anima : nous entrons là dans l'héritage de Carl Jung, héritage entre autres porté par l'excellent Georges Romey.

[4] L'intuition, c'est quand les choses font sens, font une impression soudaine, en utilisant l'autoroute d'un instinct bestial et/ou lumineux (d'un naturel). L'intuition est une efficience particulière, un rapport direct à la donne du monde (contexte, problèmes, solutions). Quand je suis intuitif, je suis disponible : je suis . Tout s'ouvre, en particulier mes potentialités latentes.

[5] L'expérience montre que le phénomène touche certainement 60 à 80 % d'employés.

[6] La force de maintien (homéostasie) recherche la satisfaction, souvent de courte durée (cf. instinct de conservation), dégradation entropique oblige. Alors que la poussée d'évolution (revoir Romey) recherche de plus hauts degrés de réalisation (changements de degré 2, hypercomplexité morinienne, symbioses à haut potentiel), processus nécessairement plus ardus car transformatoires. Et mâtinés, j'ajoute, de cette ambiance d'éternité (d'éternel présent, d'éternel rapport aux choses, de goût pour l'harmonieuse félicité) qui baigne le cerveau.

[ Un manager maladroit, c'est quelqu'un qui vérouille ses collègues dans leur zone de confort : l'entreprise a peur de progresser | je connais trois commerciaux de trois entreprises différentes qui font juste leurs objectifs, et c'est tout | les grandes théories de la motivation, un exposé du Toulousain Patrice Roussel (pdf) | oublier de féliciter (y compris pour les petites choses) et réprimander systématiquement (y compris pour la moindre erreur) : une belle façon de démotiver, d'encourager la zone de confort (ou de repli) généralisé - ceux qui s'en sortent alors sont les plus perfides (cf. leaders spontanés), les autres partent en arrêt-maladie ou démissionnent ]


 Mon patron est un c.. - 9e partieWed 30 May 2007
0 comments
picture

[ < Le P'tit D - 8e partie ] Mon patron est un c.. - 9e partie [ 10e partie > ]


Petit démotivateur en goguette


C'est saisissant : le management conditionne tout. Le management est un lien dynamique [*], une relation. L'on va au travail comme on va voir quelqu'un. Que dire ? C'est comme ça.

Confirmation d'un de mes contacts, ce matin.

Elle : - J'en ai marre.

Moi : - Tu parles de ton travail ?

- Oui, mon patron est un caractériel.

- Je comprends, regardons ensemble. Mmh, la paie ?

- Entre moyenne et acceptable.

- D'accord. La sécurité ?

- Acquise, je peux me projeter.

- D'accord. Tu me parlais de ton patron...

- C'est un c... Quand je lui parle de mes problèmes sur le terrain, il tourne la chose à la plaisanterie. Et quand j'insiste, il estime que c'est par avance classé, vérouillé, en barrissant d'une grosse voix : De toute façon, ON VA PAS... S'ENERVER ! Un vrai coupe-jarrets, qui flambe tout dès l'entrée.

Verdict ? Une paie correcte, une sécurité garantie, une relative liberté (c'est moi qui l'ajoute), un produit dans le vent, mais un patron caractériel, qui rigole à grandes dents comme un âne du Rouergue et rabroue comme un instituteur végétalien perclus de goutte.

Usant.

Tout est au vert sauf l'essentiel : l'envie de travailler. Qui veut dépenser de l'énergie pour un c.. ? Autant remplir la bassine du pourceau avec des sorbets au vin de Chypre.

Un manager donne avant tout envie de travailler, ou de partir. C'est lui qui oxygène tout.

Un bon job, c'est un bon patron. Quelles sont vos expériences là-dessus ?

__


[*] Pour faire du management, il faut plusieurs personnes. Le management devient un bain qui entoure chacun et qui entoure tout le monde. Dans La Nouvelle Communication d'Yves Winkin (p. 294) lire le magnifique Ray Birdwhistell : « Il faut deux membres à la puissance n de l'espèce homo sapiens pour faire un seul être humain ». Parallèlement, mettre à profit le complexus d'Edgar Morin.

[ Qu'est-ce qu'un bon manager ? | Motiver, c'est quoi ? ]