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[ << 2e partie ] Da Vinci star - 3e partie [ Replica mundi - 4e partie >> ]
Leonardo ingénieur, Leonardo artiste, c'était connu. Leonardo héros (malgré lui) de fiction ésotérique [1], c'est relativement nouveau. Leonardo inspirateur de managers ? Voilà qui vaut le détour : tout le monde, à l'évidence, rêve d'avoir un tel esprit. Sa pensée, conforme à l'idéal renaissant [2], est une arborescence lumineuse. Et le secret dudit génie nous est dévoilé... depuis peu. Si ! C'est le consultant en organisation Michael J. Gelb qui vend la mêche. La clé du mystère ? Dévoilée par l'excellent Petillant.com, le portail des techniques de créativité professionnelle. A vrai dire, Da Vinci utilisait sept leviers. Bienvenue, chers amis, dans l'univers secret du Maestro. L'esprit entreprenant peut désormais compter sur :
1. la curiosité, qui permet de tout investir avec énergie,
2. la dimostrazione, qui découle de l'expérience et met à profit ce qui est intégré,
3. la sensazione, épiphanie des sens, qui enrichit l'expérience (à mettre en parallèle avec la notion moderne de cognition),
4. le sfumato, procédé artistique qui superpose diverses couches de peinture, assouplit les contours et brouille le rendu pour le rendre vaporeux, suggestif, prétexte au vagabondage de l'imagination et donc à la créativité,
5. l'arte-scienza, attitude de dialogue entre hémisphère gauche et hémisphère droit, logique et imagination, esprit de géométrie et esprit de finesse,
6. la corporita, recherche de grâce, de consensus, de finesse et d'harmonie,
7. la connessione, qui met en évidence l'interconnexion des choses, l'interdépendance, bref l'aspect systémique des ensembles.
Tout est là : une approche analytique et synthétique du monde. Cogitation et intuition fond un fécond produit. Le cerveau, au sens complet, est à la fête.
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[1] Très, très bon marché.
[2] Lire à ce sujet l'insolite et fascinant Giulio Camillo (1480-1544).
[ Cerveau | cartographie mentale | les ressorts de la complexité, de l'or pour les entreprises | l'éthique, approche complète des enjeux | la systémique - véritable discipline cérébrale - analyse autant qu'elle approche | énumération - sept, un nombre riche ]
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Hercule, hyperactif alternatif - 1e partie [ Hercule et la valeur >> ]
Hercule, ci-contre moblogué depuis le musée Saint-Raymond de Toulouse, est un drôle de lateral thinker, de penseur alternatif. La solution qu'il trouve pour nettoyer les écuries d'Augias en est l'illustration. Comment - fameuse cinquième épreuve des pesants Douze Travaux - nettoyer l'accumulation de trente années de fumier ? Comment faire ce qui semble... infaisable ? Réponse : en trouvant une réponse saugrenue, originale et folle. Hors norme.
Cette épreuve d'écuries, même pour un demi-dieu, reste hors de portée : trop de travail. Un penseur conventionnel proposerait un nettoyage en bonne et due forme. Probablement une orgie de balais, pelles, huile de coude, etc. Avec des mois et des mois de labeur. Une horreur. Et que fait Hercule ? Par une espèce d'état second génial, il décide de détourner le cours de deux fleuves et de laisser l'eau puissante faire ce travail de titan. Un éclair de génie. Une solution à la mesure de l'épreuve : démesurée. Un problème fou ? Hercule mobilise la partie la plus intuitive de son cerveau. Seul un 'fou' (déconnecté des fonctions rationnelles classiques) pouvait trouver cette issue. C'est bien cela : le penseur alternatif va partout sauf là où on l'attend.
A éviter pour les problèmes simples. A sortir comme un joker (the fool en anglais) pour les points ardus. Une fois, bien sûr, qu'est enclenchée l'étape de résolution proprement dite [*]. Vous ne pouvez - de toute façon - pas résoudre un problème, disait Einstein, avec ce même cheminement intellectuel qui l'a engendré...
[*] Ce qui correspond à l'étape 3. suivante. En résolution (collective) de problèmes, le timing est toujours le même : 1. caractérisation (définition) du problème, 2. validation, 3. recherche des solutions, 4. sélection de la meilleure. S'ensuivent évidemment les modalités de mise en place (planning, CQQCOQP), voire les tests 'terrain' avant l'adoption. (Difficultés de changement ? Voir les changements culturels potentiels.) La mise en place calibrée, il est bon de recommander des dispositifs de vigilance (notamment culturelle) et d'amélioration continue (qualité).
[ Images (c) Jean 'Moebius' Giraud, Engin.umich.edu | un bel exemple de jeu latéral | Alexandre, penseur alternatif ? | Edward de Bono, fameux psychologue anglais et chantre du lateral thinking (voir aussi là) | Douze Travaux pour un héros | Hercule met de l'ordre | les écuries d'Augias, sens symbolique inattendu (merci, Hervé Delboy) | Lateral thinking, an Edward de Bono's academic lecture pdf, 1979 | jolie figure d'après le peintre néerlandais Maurits Cornelius Escher (1898-1972) | management de projet | mythologie - beaucoup de tricksters (see also here), marginaux facétieux, trouble-fêtes, joueurs de tours, sont des lateral thinkers ] Read More
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Esquisse d'organisation - suite
Le génie industriel, qui vise l'efficience dans la conduite des processus, découle historiquement de préoccupations humanistes, progressivement éclipsées par l'engouement technique du XIXe siècle. A quoi la pression concurrentielle donnera un tour économique majeur.
Pendant longtemps, le management a considéré la centration-tâche comme un impératif absolu. Seule l'école des Relations humaines d'E. Mayo (1880-1949) a pu rendre aux hommes le statut de générateurs de croissance. Il faudra attendre plusieurs décennies et la synthèse géniale de K. H. Blanchard (1939 - ) et P. Hersey pour donner aux ressources humaines le rôle d'origine de la richesse et de cible de la stimulation managériale.
D'ailleurs, depuis l'année 2000, la norme ISO 9001 - référence absolue en matière d'efficience - accorde au management, aux côtés de l'amélioration continue, le rôle de levier du génie industriel. Pour ce standard universel de la qualité, le management des parties-prenantes assure directement "l'efficience, l'efficacité, l'économie [...], l'écologie, la sécurité, la fiabilité, la compatibilité et l'interopérabilité" dont les entreprises ont besoin.
L'actualité rappelle combien la science (au sens classique de connaissance) se diffuse en ce début de XXIe siècle. Pour témoin, le slogan des incontournables journées de la certification du 14 octobre : "Les normes qui connectent le monde".
Gageons que le grand Léonard, un demi millénaire plus tôt, n'aurait pas désavoué un tel universalisme...
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Da Vinci coude - 1e partie [ Da Vinci coude - 2e partie >> ]
Esquisse d'organisation
A l'évocation du mot "génie", l'imaginaire convoque immédiatement la figure étincelante de Léonard de Vinci (1452-1519). Or, un génie peut s'épanouir dans... le génie. Comprenez les activités de conception, de support et d'excellence. Même si l'histoire associe au Maestro des activités de génie militaire, tournées vers l'art (expertise) du combat, c'est le génie industriel (c'est-à-dire l'organisation) qui dévoile Léonard sous un jour inédit.
Quel lien y a-t-il entre l'Homme de la Renaissance et le génie industriel ? Quel sens moderne cette activité recouvre-t-elle?
"Pour certains, explique l'Ecole des mines Albi-Carmaux (EMAC), c'est Léonard de Vinci - étudiant - la manière de pelleter la terre qui introduisit cette notion" de génie industriel. Il faut ici rappeler pourquoi De Vinci symbolise à ce point l'homme total. Il utilise - avec quel brio ! - les ressources de son hémisphère cérébral droit, idéal pour les arts, ainsi que son équivalent gauche, spécialisé dans l'étude minutieuse des faits. C'est précisément dans cette activité de décryptage pragmatique que Léonard surprend. Sa vision de l'homme au centre du monde, actif et maître des choses, l'amène à se pencher sur la façon d'optimiser la triade physionomie-outil-rendement. C'est-à-dire, en langage moderne, données humaines, moyens (supports) et contraintes. Nous sommes à la racine de l'ergonomie. Cette science psychologique étudie l'adéquation entre : 1. comportements, besoins, 2. environnement technique et humain, 3. contraintes de résultat. De Vinci ergonome ? Plus : son art de pelleter, tant fait de matière grise que d'huile de coude, préfigure le génie industriel.
Si l'ingénieur actuel échappe à l'idée d'humaniste découvreur, c'est qu'il conçoit et optimise... des processus de fabrication. Le génie industriel consiste alors à "maîtriser simultanément les flux physiques et les flux d'information, dans une démarche d'intégration des fonctions de l'entreprise", selon l'EMAC. Il s'agit bien de management, au sens d'utilisation optimale des ressources. Pour tout dire, une telle vision découle d'une part de l'organisation scientifique du travail (OST) de Frederick W. Taylor (1856-1915), d'autre part d'un contexte d'hypercompétition à la fin du XXe siècle, où le thème du management industriel fait un tabac (cf. colloque franco-québécois de Marseille sur le génie industriel, 1981).
Les plus enthousiastes font toutefois remonter la notion moderne de génie industriel au père de l'économie classique, Adam Smith (1723-1790), déjà convaincu que la division du travail (rationnalisation) conditionne la croissance. Au plan de la modélisation mathématique (optimisation industrielle - seuils techniques et économiques), l'on retient communément l'austère Charles Babbage (1791-1871), professeur de mathématiques à Cambridge. Mérite induit : il s'interroge sur la notion de conflit direction-employés. L'on touche à la dimension psychosociologique, voire politique, du travail.
Quelques autres pionniers du génie industriel : le couple Gilbreth (Franck et Lillian), instigateur de l'approche Time-and-motion, qui décompose le nombre de mouvements corporels nécessaires pour accomplir une tâche au mieux. Dans cette mouvance, citons Ralph M. Barnes (1900-1984), auteur d'une thèse en 1933 sur l'"Etude des temps et des mouvements", puis professeur émérite d'administration des affaires à la célèbre Université de Californie. Harold B. Maynard a également voix au chapitre : il fonde en 1934 son propre cabinet d'organisation industrielle. Quant à Henry L. Gantt, nous le connaissons déjà : son diagramme est au génie industriel ce que la boussole est à la navigation.
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