Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Tag: edward de bono

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 Pour la playa - 1e partieWed 24 Jun 2009
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[ < thémas Consultant & Bouquins | archivage automatique du billet sur Belleville et le fin' amor médiéval | 2e partie > ]


Chaîne de cellulose


Pour l'entreprise, vos auteurs préférés, c'est qui ? (Pour l'entreprise ou pour le plaisir, voire la plage : c'est selon.) Je vous en indique 26 - pour ma part -, vous en indiquez autant que vous souhaitez, en commentaire. (Ou sur Disqus.) Vous voulez bien, en faisant suivre : comme une chaîne ?

Let's go :)

Mes indispensables :

Robert Axelrod - Comment réussir dans un monde d'égoïstes [ #Théorie des jeux ]

Kenneth Blanchard & Spencer Johnson - Le Manager Minute [ #Management #Motivation ]

Daniel Cohen - Trois Leçons sur la société post-industrielle [ #Économie #XXIe siècle ]

Clay Christensen - The Disruptive Innovation Model [ #Stratégie ]

Antonio R. Damasio - L'Erreur de Descartes [ #Communication #Cerveau #Émotions #XXIe siècle ]

Sylvain Darnil & Mathieu Le Roux - 80 Hommes pour changer le monde [ #Ethique #Economie #XXIe siècle ]

Edward de Bono - Conflits, comment les résoudre & Réfléchir vite et bien (ici) [ #Communication #Dynamique de groupe ]

Stephen R. Covey - Priorité aux priorités [ #Organisation ]

Patrice Dubourg - La Process Com, découvrir et pratiquer [ #Communication #Dynamique de groupe ]

Milton H. Erickson - Ma Voix t'accompagnera [ #Communication #Cerveau ]

Alain Fernandez - L'Essentiel du tableau de bord [ #Stratégie #Qualité #Pilotage ]

Richard Fisch, Paul Watzlawick, John H Weakland - Changements [ #Communication #Sciences humaines ]

Alain Fustec & Bernard Marois - Valoriser le capital immatériel de l'entreprise [ #Stratégie ]

Nicolas Humeau - L'Abécédaire des managers et consultants [ #Conseil ]

Pierre Mercklé - Sociologie des réseaux sociaux [ #Réseaux #Théorie des jeux ]

Jean Monbourquette - Apprivoiser son ombre [ #Communication #Sciences humaines ]

Edgar Morin - Introduction à la pensée complexe [ #Sciences humaines #Complexité #XXIe siècle ]

Michael E. Porter - How Competitive Force shape strategy (Harvard Business Review) [ #Stratégie ]

Joël de Rosnay - Le Macroscope [ #Complexité #XXIe siècle ]

Dominique Tissier, Joëlle Levy Berger & Etienne Verne (d'après Kenneth Blanchard & Paul Hersey) - Management situationnel, vers l'autonomie et la responsabilisation [ #Management #Motivation ]  Read More


 Vrac de presqu'été - 18e partieFri 5 Jun 2009
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[ < 17e partie | thémas Absara, Coopération, Vrac, Zoodo & Jeux | billet interactif, commentez en cliquant sur le bandeau de son titre | 19e partie > ]


La poooorte !


Mille choses... Vous vous en doutez. Bon, par étapes. (Ok.) Je vous dis plusieurs trucs, qui vont venir comme une grappe [1] : on y va ?

1. Crème de violette, pour commencer. Que dire ? Au ralenti. Dans l'institution avec qui nous travaillons parfois, je sens une pause, comme un ronron. À l'envie d'innover, que nous aimions, nous voyons se substituer des choses... classiques. (Du calme.) À nous de convaincre ? ou de faire autre chose à la place (c'est-à-dire ailleurs) ? À voir. La bonne nouvelle, c'est qu'Absara fait des choses exportables. Transportables. Si c'est en lien avec le territoire, évidemment, c'est mieux. Pour autant, apporter des pratiques innovantes, de la vivacité, du format ouvert et producteur de valeur, ça peut se faire ailleurs.

(La vie est un torrent.)

2. Toulrezo.biz, ensuite. Absara prend une coloration internationale. Le groupe est en lien avec les réseaux économiques de plusieurs grandes villes. Tendance à venir : après l'intra pur et dur (qu'il fallait historiquement charpenter), les synergies inter-territoriales. Toulouse, évidemment, c'est bien. Mais Toulouse en circuit fermé... c'est fermé. La vocation de notre groupe, c'est d'ouvrir. Alors ça a du sens de cultiver les amitiés transfrontalières (mon père appellerait ça l'heterogenesis - c'est la synergie). L'économie, l'homme et l'action, c'est - en 2009 - mondial. Les connexions ? Quelque chose de dynamique et de normal.

Dans le même ordre d'idées, nous vous proposons de rejoindre la communauté Facebook d'Absara. Il existe aussi le groupe Toulrezo. Et, pour les amateurs de microbloguage en temps réel, il y a désormais le Twibe (Twitter, versant mini-réseau) pour Absara et Toulrezo : c'est ici.

Oui.

3. Ce blog, aussi. (Ouais.) Que jespère plus simple et plus intuitif. Les icônes remplacent les menus d'antan (certains me disent aimer). De plus, les liens montrent avec plus de force la relation entre Absara (communauté d'innovation en pratiques d'affaires), Crème de violette (un produit), et Toulrezo (à la fois produit et réseau).

Voilà.

4. Parlons de jeux maintenant. C'est quoi ? Les jeux viennent toujours parler d'intérêts. Et de territoires, fussent-ils virtuels (de jouissance - revoir besoins). Le grand Edward de Bono (voir théma) le dit clairement : à première vue, les intérêts des uns divergent de ceux des autres. Ils ont une nature polémique [2]. Les vues divergent. Mais, la bonne nouvelle, c'est que les vues, ça peut se changer. Ça peut s'associer (elles se ressemblent souvent). Edgar Morin le martelle depuis longtemps : en Occident, les pensées trient et divisent. La pensée dialectique, héritée des Grecs, fâche plus qu'elle assemble. Là où j'ai besoin de forces avec moi, je démobilise. Je vexe. Travailler devient dur. La communauté (force groupale), je l'effrite. Cf. syndrome Apollo.

Sortie : la pensée dialogique, qui combine, ressent, étudie au calme et mobilise les forces, les vues, les gens. Je m'appuie sur les autres. Et je convoque à peu près tout ce qui existe.

Là, je comprends.

Là, j'agis.

Les jeux sont un fait humain. Le plus gros, peut-être. C'est la friction de vues. À découvert, de manière tacite ou encore larvée, ou encore dans le secret de l'inconscient ou des quartiers généraux d'équipes. Les jeux ? Une discipline aussi. Qui étudie, eh bien, les jeux. Mots-clés : coopération, défection, intrigue, stratégie, Robert Axelrod, scénarios, gagnant-gagnant, donnant-donnant, Tragédie des communs, tactique, dynamique de groupe.

Oui.

5. Tout ça pour quoi ? Pour vous parler de la porte. C'est celle d'un établissement scolaire. Je vois ça, ce matin, et ça m'interroge. Vous savez ? Le sas est sécurisé et les gens se tiennent mutuellement la porte (question de politesse, cf. rituel). Si on pose les choses à plat, tout le monde (mettons 25 personnes) passent 30 secondes à tenir la porte à la personne d'après. Regardons les fruits : je perds 30 secondes, c'est-à-dire 0,5 minute multipliée par 22 jours ouvrés, multipliés par 11 mois de l'année. Je dépense à l'année 121 minutes à tenir la porte à quelqu'un de différent de moi. Soit 2 h et 1 minute. Que dire ? C'est grosso modo ce que dépensent annuellement 25 personnes. Le package ? Une cinquantaine d'heures en tout. De sorte que le collectif passe à l'année 50 heures à s'inter-servir, prenant pour cela 30 secondes par jour et par personne. Le gain ? Quand on me tient la porte, je gagne, voyons voir... les 10 secondes du digicode, les 5 secondes de l'ouverture de la porte (qui est lourde), les 3 de celle d'après, avec la manoeuvre de tout mon matos (3 secondes de plus). Bilan : je gagne 21 secondes.

Plusieurs seuils (c'est le cas de le dire) :

| Combien de fois est-ce que je tiens la porte ? combien de fois me la tient-on, à l'année ?

| Quel impact cette porte tenue a-t-elle sur mon moral et donc sur l'entame de ma productivité journalière ? voire sur ma collaboration éventuelle - et plus poussée - avec la communauté de ces teneurs de porte ?

| Combien de fois à l'année, par exemple sous la pluie, le fait qu'on me tienne la porte me délivre-t-il un gain supérieur aux 30 secondes (porte tenue plus longtemps, mise à l'abri rapide, etc.) ?

On le voit : si les rituels et la coopération émergent d'une situation groupale, c'est que - sur le long terme - ce que je perds, eh bien c'est comme avec les assurances : je le récupère amplement. C'est comme avec les mutuelles.

M'est avis que c'est positif. (M'est avis en outre que la question de la productivité d'une équipe se considère toujours à l'aune des jeux, de la communication, du management.)

Allez, je termine. Et puisqu'on évoque ces histoires de coopération, d'entraide - voire quand c'est plus spontané d'empathie -, c'est le moment de reparler de Zoodo. L'ONG familiale anime à présent deux centres de formation : alphabétisation de personnes handicapées à Ouagadougou, artisanat d'art et tourisme équitable à Bobo-Dioulasso. Et il y a, en plus d'un nombre croissant de familles (19 salariés, désormais), un gamin boiteux et un gamin aveugle. Je veux dire qu'ils peuvent espérer (nous allons tout faire pour), en clair ils vont pouvoir s'appuyer sur Zoodo. Oui. Mon père et ma belle-mère, de retour de Ouagadougou, sont passés nous voir mercredi et jeudi. Fatigue. Et troubles physiques (là-bas, il faisait 48°). Mais sérénité. C'est une bénédiction de recueillir, chaque année, les primeurs de leur voyage, là, en direct.


Agrandir le plan


Mes pensées vont à eux.

Une excellente fin de semaine à tous :)

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[1] Notion durandienne. Et une belle, que j'aime (très moderne). Revoir d'ailleurs l'important apport de la psychologie des profondeurs d'expression francophone (Charles Baudoin, Gilbert Durand, Georges Romey) aux sciences cognitives (cf. entre autres cerveau ou encore pensée latérale voire cartographie mentale).

[2] La polémique (importation de ferments de guerre, de division - cf. diabolos), est tellement culturelle que l'immense René Girard voit dans le conflit l'unique et bien triste moyen de bâtir des civilisations. Structurer, c'est se jalouser, c'est s'opposer... et c'est bien bête. Voilà un vieux réflexe. La cité devient le refuge contre la violence, mais elle provient de la violence. Et l'entretient parfois. (Souvent.) Cf. facteur Caïn.

[ Coopération, histoire de la carte grise | ah, rien à voir : salutations, Shirley ]


 Paris - 3e partieMon 19 Jan 2009
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[ < 2e partie | théma Paris | catégorie Divers | billet interactif, par mots-clés et postez vos commentaires en cliquant sur le bandeau de son titre | 4e partie > ]


(Pa)Nam(e) au fromage


Voyons voir. Hier, soirée à L'Entrepôt. Troupe d'improvisation : Les Carafes [1]. Leur plage ? Les troisièmes dimanches du mois. Sur place (local à la fois théâtre, bar, ciné, resto), chapardage du joli flyer de l'intriguant Surnatural Orchestra :




Fig. 1 - Surnatural Orchestra



What else? Visite, il y a 3 jours de l'agence de relations-presse NDRP conseil, à Neuilly.

Pro.

Ah, aussi, je mets aujourd'hui, et jusqu'à mercredi, mon baluchon chez B-Graphik :




Fig. 2 - Barbara, graphiste B-Graphik



Ce matin, visite au très beau musée Gustave-Moreau.

Inspirateur. (Forcément.) Au point, comme me le recommande mon amie toulousaine Martine, que j'ai extirpé mon carnet de croquis pour saisir du cracrabouilla [2] d'impressions sur le vif :




Fig. 3 - Leda Vs Jupiter



Et puis visite à la belle galerie de quartier Empty Brains, où certaines oeuvres me rappellent Thierry Carrier, dont j'ai un tableau.

Je termine en vous parlant d'Olivier Piazza (rendez-vous place de Clichy, brasserie Wepler). Intelligent [3]. Comme dans son blog. Le consultant parisien travaille sur le changement : il touche des axes comme la diversité ou le handicap en entreprise. Par ailleurs, son intérêt pour les modèles ouverts et les personnages porteurs (cf. Obama, leader inspiré), de même que son travail comme professeur à HEC, font de lui un intervenant tant concret que cultivé. Témoin - notamment -, son intérêt appuyé pour Jodo ou la Spirale dynamique de Clare Graves.

Bonne semaine !

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[1] L'excellent Manu, motion capturer dans le civil, puis Séverine - tiens, candidate en décembre dernier à Un Dîner presque parfait -, Kevin (leur prof de théâtre), une autre fille (mmh, Cathy ?) et un monsieur drôle et barbu, animateur à RTL2.

[2] Dixit ma descendance. L'est belle, la France !

[3] Olivier, le bouquin sur les haikus est Fourmis sans ombre. L'autre bouquin ? 80 Hommes pour sauver le monde. Quelques corrélats de tes approches ici, sur Torbert, Philips, Huntley, Loevinger. Et puis, encore et surtout, Flemming Funch. Ainsi que le décapant (!) Max Sandor.

[ Mmh, consultation du Comment avoir des idées créatives d'Edward de Bono : « Tout le monde [dans les entreprises, ndlr] devrait chercher à être créatif. [...] L'information est désormais un bien à la portée de tous. [...] La concurrence doit donc se faire sur la base de la création de valeur. » Création bien ficelée, s'entend. Et pourtant ! « Un homme marche dans la rue, commente de Bono. Soudain, un groupe de personnes s'approche de lui. On l'encercle, on s'empare de lui et on le ficelle. On lui tend ensuite un violon. Bien sûr, cet homme ficelé ne peut pas en jouer. Qu'allons-nous en conclure ? Que si l'homme était libéré de ses liens, il pourrait jouer du violon ? [...] Ce n'est pas parce qu'on tranchera la ficelle que l'homme deviendra violoniste. [...] Malheureusement [...] nous nous imaginons qu'en levant les inhibitions, on permet aux gens d'être créatifs ! [...] - Les - techniques [telles que le brainstorming] ne sont pas sans intérêt, mais elles reposent sur une approche très mauvaise », conclut l'expert international en pensée créatrice (cf. lateral thinking), notamment capable de guider les salariés d'une aciérie vers la génération de 21 000 idées en une après-midie ! | grosses performances aussi, nous dit de Bono, avec des enfants pourtant atteints de trisomie - classe (!) | tiens, là où je suis, on m'indique qu'il y a le grand illustrateur Bilal Bassal qui travaille à l'agence BrainSonic magic studio ]


 ChoisirMon 22 Dec 2008
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[ < thémas Décision, Pensée, Réflexion, Complexité, PCM, Edward de Bono, Gérard Collignon | catégorie Coaching | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]


Choisir c'est faire parler


Trois. Et même s'il y a des milliards de façons de décider, il y a peut-être trois fulgurances - trois chemins mentaux vifs - qui permettent de le faire proprement. C'est-à-dire de résoudre des choses.

Alors, on le sait, la décision, c'est le domaine du stratège, qui pense, imagine, constate, ressent et voit dans un contexte tendu. Et finalise son être (avec des priorités tout de même) vers un succès. Vers un mieux. Vers une position haute, ou solide. Tout ça au sein d'une creuset bouillonnant de rapports de force.

Gros boulot.

Edward de Bono, grand psychologue actuel, concret, consultant pour des organisation internationales, indique à quel point nous réfléchissons généralement mal (cf. éducation, institutions, conformations sociales, etc.). Son Réfléchir vite et bien décrit avec clarté comment fabriquer des solutions. Actions réalistes qui produisent du fruit [1]. Actions qui dépassent de loin la stérile Tragédie des communs. Actions utiles.

C'est simple et créatif. De Bono décroche encore une palme.

Décider ou se décider doit convoquer des forces (des capacités) et non les disjoindre, les mettre dos à dos, les faire entrer en dialectique [2]. Il est évident que chacun voit les choses différemment, avec son filtre à lui (son style, ses préférences). Comprendre que le malentendu est inhérent à tout ce qui anime un groupe est le point de départ, la base (cf. Conflits - Comment les résoudre, du même auteur). Alterner les points de vue, passer méthodologiquement par les différentes couleurs de l'arc en ciel, permet justement d'avoir un spectre complet, qui économise de l'argent, du temps, des procédures, et permet au leader d'avoir un arc décisionnel pratique et fiable (en même temps qu'il permet aux uns et aux autres de recevoir les feedbacks au travail, feedbacks psychologiques dont ils ont besoin).

Laissons le grand de Bono. Laissons un peu ça. Et reprenons du champ : je vous ai parlé de trois méthodes en gros, les voici.

La première est compliquée. Elle liste des éléments, les fait dialoguer entre eux, elle pèse le pour et le contre. Elle est rationnelle (ex. : choisir une voiture d'entreprise). Son intérêt ? Majeur pour des situations simples, où se combinent des valeurs en nombre limité, faciles à identifier (prix, look, performances, utilité, impact sur l'environnement, etc.). Outil emblématique : la liste-papier avec les plus et les moins. Un bilan (une addition, par exemple avec des coefficients) permet alors de trancher.

La seconde méthode est complexe. Elle marie beaucoup d'éléments qui, de plus, changent au fil des journées (tout peut fluctuer). Question possible : le choix d'un associé. Il y a tellement de choses à considérer chez Paul et chez Rémi (ambition, moralité, compétences, gentillesse, disponibilité, etc.), ces choses sont tellement fluctuantes et interactives (la situation de son fils rend parfois Paul taciturne), qu'il vaut mieux - dans l'appareil cérébral - écouter son propre hémisphère droit. Vous savez ? Celui qui voit les choses en général et dégage une impression (une intuition). Ici, la liste-papier devient vite un chantier. Soit vous la transformez en mind map, interactive et colorée, soit vous prenez le temps d'écouter les rapports de synthèse que vous fait votre cerveau droit (je trouve et ensuite je cherche). Outils recommandés : la discussion avec un proche, la méditation, le rêve nocturne, les loisirs décalés, qui amènent leur lot de digestion personnelle, d'écoute de soi, d'écoute des autres.

Il y a un troisième chemin. C'est le questionnement mental des facettes (des dynamiques) qui composent notre personnalité. Comme elles ont toutes une façon de voir le monde, et que tous ces styles ont une utilité (ce sont des ressources), chacune peut (doit) avoir voix au chapitre. À la suite de Taibi Kahler, ce père de la PCM, renforcé dans son modèle par les travaux de la Nasa, eh bien le psychologue français Gérard Collignon propose, en cas de questionnement aigu (ou qui dérange), de faire un « tour du propriétaire ». Dans une vidéo datant de 2000, Collignon recommande d'interroger à tour de rôle (dans sa tête) les six grandes tendances que nous avons tous en nous. La première statistiquement (pour une population occidentale) est celle qui fait la part belle aux sentiments, au bien-être avec les autres. C'est celle de l'Empathique. La seconde, par ordre d'importance, répond aux besoins du Travaillomane, qui recherche les faits, la maîtrise des objectifs et du temps. Il est rationnel. La troisième, c'est une vivacité, un amusement, une interactivité joueuse avec les autres : bienvenue au Rebelle. Quatrièmement, accueillons le Persévérant et ses impératifs de fiabilité, de conviction, d'engagement personnel, d'opinion, de morale. La cinquième tendance nécessite du calme, de l'introspection, de la recherche intérieure féconde et calme (imagination), en même temps qu'une date-butoir pour livrer enfin ce ressenti des profondeurs, nous avons là le Rêveur. Puis, pour terminer, place au Promoteur, qui recherche l'action, la séduction, le rapport de force, le défi changeant, le pragmatisme et cette piquante électricité qui fait ressentir la trépidante course de la vie.

Nous avons là un canevas riche. Avant de prendre une décision importante, je me demande :

| quel bien-être je peux envisager pour les autres et pour moi-même,
| quelles solutions concrètes (quels faits) peuvent venir se mettre en place au quotidien,
| quelle interactivité ludique je peux vivre avec mon environnement,
| quel type de conviction chez moi (et quel genre de fiabilité chez les autres) les choses peuvent garantir,
| quel contenu profond, quelles images peuvent découler,
| quels défis excitants telle ou telle option fait surgir.

Une impression, une force alimentée, une idée se fait jour. C'est quelque chose qui me ressemble : je peux y aller.

Je me sens bien.
__

[1] Ou, plus prosaïquement, qui ramènent les chiffres-terrain vers la ligne d'objectifs désirée (cf. résolution de problèmes).

[2] Revoir ce qu'Edgar Morin dit de cette opposition systématique entre un oui (thèse) et un non (antithèse), pressentis pour accoucher d'un oui mais (synthèse), coûteux en énergie, en débats, en fâcheries, en temps. À la dialectique, il préfère évidemment l'approche dialogique, qui vérifie s'il y a des et (éléments de conjonction, de coexistence logique, de synergie). C'est le fameux : c'est compatible, qu'on constate tous les jours.

[ De Bono, le site | Balayage intérieur - Une autre approche peut, par exemple, convoquer les quatre Moi d'Alexandro Jodorowsky (ici), qu'en pensez-vous ? | penser, c'est se situer soi-même dans un contexte ; réfléchir, c'est produire des solutions - c'est très voisin puisque se penser soi-même c'est en même temps se situer (envisager la topographie de l'être, la géographie environnante), donc ressentir les contingences, les frustrations, les amorces de solutions voire impulser les stratégies complètes ; cf. arc réactif de Charles Baudouin (1893-1963), psychanalyste et physiologiste humaniste transversal, pionnier, remarquablement riche et facile à lire ]


 Penser en roseThu 10 Jul 2008
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[ < thémas Cerveau, Cognition, Animus-Anima, Éthique, Paradigmes & Philosophie ; thémas Edward de Bono & Alexandro Jodorowsky aussi | catégorie Management-Sc. humaines | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

Quelqu'un parlait de pansement, de soin. C'est ça, oui. « Soigner », « prendre soin de... ». (Le nom du bonhomme ? Il m'échappe.) Ce que je retiens - c'est bien ça -, c'est que penser participe de la même idée, de la même racine que panser. La pensée, c'est un soin pour soi, comme un pansement. Ça fait du bien. Partir d'un point de vue malade (ou boiteux ou partiel) pour rétablir et/ou mieux faire, bref coller à un idéal. Idéal (totalisation) de soi-même et de son propre ethos, façon personnelle d'être au monde. Façon d'avoir son style à soi. Style sain, accompli, plein (en termes de potentiel - car c'est bien ça la santé, un accomplissement du maximum possible, accomplissement doublé d'un sentiment de bien-être). Aller bien ; intéressant.

Ouais.

Ainsi, perception, processus mentaux (patterns ou schèmes), style et créativité personnels, bref tout ça viendrait d'un soin. Un entretien continu, un respect, une hygiène - de soi à soi, de soi aux autres. Une bienveillance, une écoute pénétrante.

Un mieux.

Penser, c'est se faire du bien. C'est mieux faire avec et dans le monde. Avec les autres (cf. Gandhi et son idéal d'interdépendance, de connectivité - le religare latin -, de partage et de communication vécus comme une finalité, comme un bonheur en soi).

Mais qu'est-ce que penser ? Le pré carré de René Descartes ? sa chose à lui ?

Pardon pour les cartésiens. Pardon pour trois choses - je vous dis ça. Premièrement, Descartes c'est un génie certes, mais un génie qui prend le parti quasi exclusif de la cogitation (du cerveau gauche, pour reprendre un terme de communication). Parti-pris du tout rationnel qui, par définition, élude tout le champ des possibles, tout le fécond dialogue avec la fulgurance intuitive, le ressenti saisissant, la percée, l'engagement nerveux dans son ensemble. Eh oui, choisir (opter pour X plutôt qu'Y), c'est éliminer. On sait désormais [1] que l'esprit, pour faire un travail optimal (assembler, trier, choisir - cf. cognition), bref qu'il nécessite un recours permanent aux ressentis [2], à cette partie que Descartes soupçonne de troubler l'entendement du sage, de l'autonome, du lucide. Troisièmement, penser que l'on est parce que, présentement, on pense à notre pensée (récursivité - forme de preuve), c'est très occidental : il suffit de consulter les Asiatiques, pour qui être est d'une intensité (métaphysique, artistique ou nerveuse) beaucoup plus tangible (beaucoup plus vraie, c'est-à-dire productrice d'effets) qu'une spéculation. Qu'un reflet, qu'un détachement de soi regardant... le soi (distanciation rationnelle). Troisième point, Descartes est un produit, une fierté nationale, une nécessité, un choix culturel (une restriction ?) venant de notre propre culture. Et l'ethnocentrisme à tout va, c'est encore un choix. Partant, une fermeture. Certains (Auguste Comte en tête) se drapent dans la rationalité à tout crin pour dévaloriser les modes traditionnels (naturels) d'appréciation du monde. En découle une arrogance et une fermeture à l'Anima des peuples.

Alors Descartes, pfff.

Descartes ou plutôt l'usage bestiassou qu'on en fait.




Fig. 1 - L'enfer des certitudes -
« The Magic Number », (c) Escapista @ Flickr.com



Allons à présent vers ce que notre siècle compte de novateur.

L'esprit respire. Animus et Anima s'autorisent de somptueux renforcements mutuels : collaborent masculin et féminin [3], rationalité et créativité, organisation de l'esprit et affectivité, volonté de changement du monde (goût de l'intervention, pôle actif) et réceptivité (retour à soi, observation du réel, pôle passif - ce qu'Eric Berne nomme le besoin de retrait).

Une ambition bat pavillon. Interrogeons les grands Edward de Bono (efficience humaine) et Alexandro Jodorowsky (psychothérapie).

Vous venez ?

De Bono met la pensée scolaire, raisonnable et bien pensante, au rebut. Secteur antiquités. Son Réfléchir vite et bien prévient que « Souvent une hypothèse ou une explication nous convainquent uniquement parce que nous ne pouvons pas en imaginer d'autres. Un exemple classique est celui de la théorie de Darwin sur l'évolution des espèces. Elle est plausible, rationnelle et meilleure que toute autre. Elle est également impossible à démontrer. [...] Une partie de la théorie de Darwin est une tautologie [affirmation prenant appui sur elle-même pour se justifier, nda] : Si un organisme survit, c'est qu'il devait survivre. [...] De manière générale, analyse de Bono, ce sont les théories scientifiques satisfaisantes pour l'esprit qui constituent les plus grands obstacles au progrès. [...] C'est l'hypothèse de départ qui détermine nos perceptions et le genre de preuves que nous cherchons. [...] Alors, que faire ? questionne de Bono. Il faut simplement changer de registre [...] pour nous donner une vision plus large [plus complète] du problème. [...] L'explication [au sens classique, étroit du terme] est un domaine où l'on se laisse facilement prendre au piège de l'acceptable. »

Ce déplacement des angles de pensée, cette façon de faire feu de tout bois, pour élargir le faisceau des associations neuronales, porte un nom : le pragmatisme. Ou le lateral thinking, approche qui considère le cartésianisme comme une simple façon - parmi mille autres - de résoudre les problèmes de la vie. Souvent, partir de biais, et revenir enrichi de stimulations, de ferments, d'altérité, de paradoxes, amène la matière qui enrichit le problème, la dimension qui élargit la fenêtre de considération du monde. Traiter quelque chose de dilaté, d'ample et d'inter-relié, soulève des tas de possibilités qui - croisées dans des associations de soins - fabriquent du mieux. Nous nageons dans la systémique : le monde est un tissu qui mérite concentration, créativité, implication de tout le cerveau. Les a prioris ? Des parti-pris [4]. Penser, c'est juste être. Fort, vite et partout. De manière... bizarre. À l'instar de la vie foisonnante. À l'instar du chasseur qui rampe et barrit pour attraper la vivacité du monde ou du gibier.

Mimétisme... Adaptation. Ambition. Abandon des certitudes : ouverture. Et concentration.

Seul compte un résultat. Le mérite va aux audacieux. J'ajoute : à l'écoute d'eux-mêmes, de la réactivité du monde, du tempérament de leurs collaborateurs.

Ce pragmatisme est une richesse. J'en reviens aux Asiatiques. Il y a ces approches du zen où bien souvent le disciple philosophe, raisonne, cogite et masturbe son intellect. Surgit la gifle du maître, qui le rappelle à la réalité tangible du monde. Ce qui nous entoure a une densité, un poids et des effets majeurs sur notre physiologie, nos gestes et nos vies. Le mental est une échappée gazeuse. Une illusion. Percevoir en direct (éprouver avec la totalité de ce qu'on est) est une façon d'être. Une vérité naturelle. Le reste est logos, langage, artifice.

Pôvre, je dis bien pôvre Descartes.

La parole est à Jodorowsky. Sa rose est une illustration que je trouve majeure. Retrouvez-la, je vous le conseille, dans Cabaret mystique - Histoires spirituelles.

Il y a cette histoire de petite fille.

Lui apprendre à penser. Voilà ce qu'elle demande à son père, et lui, sage, lui parle d'une rose. Cette rose, elle est belle :

| selon les goûts personnels de la petite fille (d'autres préfèrent le jasmin),
| selon son ressenti du moment (dans huit semaines, elle peut en préférer d'autres),
| avec ce qu'elle en perçoit et avec les limites anthropologiques de sa perception-compréhension (examinons la rose de plus près, on y verra des pucerons, sans parler de la vie microbienne - potentiellement hermétique),
| à un moment donné de la vie de la fleur, prise dans un grand tourbillon transformatoire (jeudi, elle évoluera vers des tons marron),
| par rapport à d'autres roses (il en existe des centaines de sortes, toutes similaires et forcément différentes, mieux : uniques).

La rose est elle belle dans l'absolu ? Réfléchis. Et observe, conseille le papa.

Tout est mouvement. Tout est passage et tout est vie.

Penser, c'est garder cette ronde à l'esprit. C'est s'appuyer sur le monde pour, en son sein, trouver (inventer ? combiner ? considérer ?) du mieux.

Penser, c'est vivre [5]. Penser, c'est bouger.

Excellent mois de juillet.

__


[1] Cf. les angles du neurologue Antonio Damasio et, bien avant lui, de Blaise Pascal.

[2] Les traducteurs de l'anglophone Antonio Damasio rappellent à escient que feeling génère en français « affects », « émotions », « sentiments ». Ce terme-racine, fort pratique, est riche.

[3] La série d'expressions provient de Michèle Delcourt, graphologue experte (Historia - Thématique de mai-juin 2008, n° 113, sur Léonard de Vinci).

[4] Il y a ce discours du grand Jean-François Champollion (1790-1832), qui explique à ses pairs qu'ils ont eu tort. Pour eux, les hiéroglyphes égyptiens sont restés fermés parce que leur mode de pensée (ici, d'investigation) comportait un bridage. Ils présupposaient que le système d'écriture des Anciens codait un ensemble de sons OU un ensemble d'idées. La force de Champollion fut de s'en tenir aux faits vierges et bruts, de chercher, de recouper, de s'interroger et de découvrir que les dessins rendaient compte de sons ET d'idées.

[5] Se souvenir du grand Montaigne (1533-1592), pour qui penser allait de pair avec marcher ou monter à cheval.

[ Edward de Bono et son lateral thinking comme expression non plus de l'habitude, du frayage, mais de la vraie pensée, celle qui innove et traite à fond ]


 Le Métaprospecteur - 17e partieMon 18 Feb 2008
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[ < 16e partie | thémas De Bono, Profilage et Archétypes | catégorie Management | archivage automatique du billet sur la démarche bottom-up en organisation, en marketing, en management | mots-clés, permalien, ainsi que vos commentaires ]

Beaucoup. C'est la quantité d'angles par laquelle vous et moi pouvons aborder le travail du psychologue Edward de Bono. Mon préféré ? L'axe du Trickster (Maverick, lateral thinker), figure forte et mythologique, tellement présente dans le tréfonds des cultures, des groupes. Certes. Et puisque nous parlons mythologie [1], je veux vous dire à quel point le Chapeau bleu de Bono (le Métaprospecteur dirait Flemming Funch) me frappe. Je le trouve proche du maître de jeu, dans les jeux de rôle, et du narrateur détaché (Personnage principal), façon Melanie Anne Phillips et Chris Huntley, spécialistes de la fiction et des ressorts de la narration (cf. Dramatica Theory).

Le Chapeau bleu, m'expliquait Flemming en 2004, c'est quelqu'un qui plane au dessus des débats. En méthodologue, il suit la ligne de temps (planning), rappelle les enjeux et grosso modo le cahier des charges propre aux échanges. Il incarne la mémoire objective (les étapes, les seuils, les moments forts) de la vie du groupe.

Et parce qu'il est au dessus et même au delà (meta en grec) des défis immédiats, le Chapeau bleu inspire la distance, le sentiment de fiabilité, voire le respect.

Un autre nom, à mon avis, lui convient [2] : l'Ancien.

Oui.

Je repense au Panorama des profils. Vous serez d'accord, je présume, si j'y ajoute les apports de Phillips et Huntley.

Les voici :

[ Personnage principal (baromètre subjectif, référent déployant le fil narratif) | Protagoniste, Meneur de l'intrigue (élément moteur, sur qui et avec qui les événements surgissent) | Héros (rencontre des deux précédents, cumul des potentiels de narration et d'action) | Opposant (symétrique et adversaire du Protagoniste, comme un jumeau d'ombre) | Compère (assistant, ami) | Obstacle ou Individualiste ou Franc-tireur (élément moteur, parfois forte tête, perturbant - volontairement ou non - la progression du Protagoniste) | Rationnel (calme, sage et froid, parfois flanqué d'un boute-en-train pour faire des étincelles dans le récit) | Spontané (contrepartie du Rationnel) | Sceptique (critique) | Guide (maître) ]

Il existe une multitude de ces modèles, tous aussi passionnants les uns que les autres.

Be seeing you.
__

[1] Étude des interactions entre personnages fondateurs - imaginaires, ou symboliques c'est-à-dire fixant des règles psychosociales - des civilisations et des cultures.

[2] Le grand Georges Romey actualise la figure de l'Ancien par la dynamique du Vieillard ou de l'Étoile. Deux formes pour parler de l'accomplissement de soi : lâcher-prise, réalisation des potentialités, intégration de l'ambivalence des choses, ouverture au monde et placement confiant d'une personnalité dans un futur incertain.

[ L'Amérique n'a pas Thor, la nouvelle effrayante - et fascinante - de David Brin, à l'origine de la BD D-Day, Le jour du désastre - Les Mangeurs de vie | D-Day, un travail sur les archétypes et le magnétisme qu'ils exercent (attrait numineux, d'après Carl Gustav Jung) | la France découvre, bien naïvement, l'usage - pourtant culturellement ancré - que font les hommes politiques anglosaxons du storytelling (art narratif, ici rhétorique) | Flemming Funch et le théoricien d'art dramatique Georges Polti ]  Read More


 Le Métaprospecteur - 17e partieMon 18 Feb 2008
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Beaucoup. C'est la quantité d'angles par laquelle vous et moi pouvons aborder le travail du psychologue Edward de Bono. Mon préféré ? L'axe du Trickster (Maverick, lateral thinker), figure forte et mythologique, tellement présente dans le tréfonds des cultures, des groupes. Certes. Et puisque nous parlons mythologie [1], je veux vous dire à quel point le Chapeau bleu de Bono (le Métaprospecteur dirait Flemming Funch) me frappe. Je le trouve proche du maître de jeu, dans les jeux de rôle, et du narrateur détaché (Personnage principal), façon Melanie Anne Phillips et Chris Huntley, spécialistes de la fiction et des ressorts de la narration (cf. Dramatica Theory).

Le Chapeau bleu, m'expliquait Flemming en 2004, c'est quelqu'un qui plane au dessus des débats. En méthodologue, il suit la ligne de temps (planning), rappelle les enjeux et grosso modo le cahier des charges propre aux échanges. Il incarne la mémoire objective (les étapes, les seuils, les moments forts) de la vie du groupe.

Et parce qu'il est au dessus et même au delà (meta en grec) des défis immédiats, le Chapeau bleu inspire la distance, le sentiment de fiabilité, voire le respect.

Un autre nom, à mon avis, lui convient [2] : l'Ancien.

Oui.

Je repense au Panorama des profils. Vous serez d'accord, je présume, si j'y ajoute les apports de Phillips et Huntley.

Les voici :

[ Personnage principal (baromètre subjectif, référent déployant le fil narratif) | Protagoniste, Meneur de l'intrigue (élément moteur, sur qui et avec qui les événements surgissent) | Héros (rencontre des deux précédents, cumul des potentiels de narration et d'action) | Opposant (symétrique et adversaire du Protagoniste, comme un jumeau d'ombre) | Compère (assistant, ami) | Obstacle ou Individualiste ou Franc-tireur (élément moteur, parfois forte tête, perturbant - volontairement ou non - la progression du Protagoniste) | Rationnel (calme, sage et froid, parfois flanqué d'un boute-en-train pour faire des étincelles dans le récit) | Spontané (contrepartie du Rationnel) | Sceptique (critique) | Guide (maître) ]

Il existe une multitude de ces modèles, tous aussi passionnants les uns que les autres.

Be seeing you.
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[1] Étude des interactions entre personnages fondateurs - imaginaires, ou symboliques c'est-à-dire fixant des règles psychosociales - des civilisations et des cultures.

[2] Le grand Georges Romey actualise la figure de l'Ancien par la dynamique du Vieillard ou de l'Étoile. Deux formes pour parler de l'accomplissement de soi : lâcher-prise, réalisation des potentialités, intégration de l'ambivalence des choses, ouverture au monde et placement confiant d'une personnalité dans un futur incertain.

[ L'Amérique n'a pas Thor, la nouvelle effrayante - et fascinante - de David Brin, à l'origine de la BD D-Day, Le jour du désastre - Les Mangeurs de vie | D-Day, un travail sur les archétypes et le magnétisme qu'ils exercent (attrait numineux, d'après Carl Gustav Jung) | la France découvre, bien naïvement, l'usage - pourtant culturellement ancré - que font les hommes politiques anglosaxons du storytelling (art narratif, ici rhétorique) | Flemming Funch et le théoricien d'art dramatique Georges Polti ]  Read More


 Les Six Chapeaux pensantsSat 9 Feb 2008
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Parlons de Bono. Non, ce n'est ni un bonobo ni le chanteur de U2 : Edward de Bono est un psychologue [*], mondialement connu pour ses casquettes. Vous savez ? Les Français, souvent, disent : J'enlève la casquette de comptable pour reprendre celle de père de famille. Le langage admet qu'on puisse passer d'un état mental (intellectuel ou émotionnel) à l'autre, d'une couleur à l'autre.

Les Six Thinking Hats sont un très bon outil. La casquette jaune est celle de l'optimiste. La noire ? Celle du critique un peu paranoïaque, la blanche celle de madame ou monsieur-chiffres (factuel, documenté, précis), la verte représente la pensée créative, gratuite et jaillisante, la rouge est un épanchement de ressentis, d'impressions, d'émotions personnelles politiquement correctes ou non, la bleue caractérise le/la méthodologue, qui indique calmement où on en est dans le et dans le Comment (caps, reste-à-faire). C'est l'ami Flemming Funch qui m'a parlé de cet intéressant modèle en 2003. Et je l'aime (le modèle et l'ami).

All right?

Ce modèle est puissant car il recoupe et dynamise les profilages pointus de Taibi Kahler (PCM), de Carl Jung (introversion, extraversion), de Georges Gurdjieff (Ennéagramme). Peut-être. Encore et surtout, il met en couleurs et en couvre-chefs (il fixe visuellement) des états que tout le monde connaît. Des états tout autant que des profils. Je peux avoir un tempérament de base, ok. La bonne nouvelle c'est que le modèle me permet, en groupe, de prendre une autre casquette - quelle qu'elle soit - et de faire des jeux de rôle intelligents. De changer d'optique. De faire circuler, de compléter la pensée. Ou le projet.

C'est là que je veux en venir. De Bono survolé, parlons de projet. Instinctivement, en entreprise, on a tendance à faire parler l'optimiste (généralement à l'origine d'une idée qui l'enthousiasme), puis on passe l'idée au crible du pragmatique, parfois condescendant, parfois respectueux. Souvent coupeur plus que chercheur du mieux possible.

Résultat ? L'idée perd en énergie. Si le management est correct (tout le monde se sent sûr de sa place), de même que le rapport à l'innovation, alors l'idée simple peut devenir service ou produit. L'abstrait peut devenir concret. Mais en plus faible.

Qu'est-ce à dire ? Bien sûr je me réjouis quand ça accouche. Et quand le ou les porteurs d'idée jouissent de voir le prototype ou le plan d'actions là, comme ça, en vrai. Evidemment. Pour autant, c'est rare. Et pourquoi, me direz-vous ? Mmh, management c'est sûr. Mais aussi méthode. Il vaut mieux, je crois, mettre un gars critique en amont de l'idée, le plus tôt possible. Et que Grincheux-Réaliste ait ce vrai rôle, qu'il puisse l'incarner dès la sortie du tuyau des méninges. Comme ça c'est fait (pendant ce temps, le porteur-amorce s'isole, ou alors vous le préservez, l'encouragez à passer au plan B). Un Chapeau blanc-factuel pur et dur (les chiffres, les spécifications, les chiffres, le terrain, les chiffres, seulement les chiffres) note alors comment entrer dans le réel. Puis, juste après, vous confiez la mise en enthousiasme de l'idée à sa maman ou son papa des débuts.

Là on peut bosser. L'énergie est toujours là. Le passage par les autres casquettes peut avoir lieu : le carburant motivationnel de départ jouit d'un potentiel quasi intact.

Les chapeaux ? Sûrement faut-il tous les passer (hop, hop) mais il y a un ordre à ça. Pour conserver la pêche.
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[*] De Bono rime avec pensée créative et lateral thinking (pensée alternative, passant par d'autres - pour presque dire par toutes - les modalités mentales, les façons de voir le monde). Le saviez-vous ? De Bono est tout aussi pénétrant dans la résolution des conflits humains (ce qui sépare et déçoit). Ouais.

[ Mandrake, l'homme au(x) chapeau(x) magique(s) - J'ai le n°1 de le toute première édition française, côté 50 € je crois ]


 Contrôle et sensibilité - 3e partieTue 13 Feb 2007
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Contrôle et sensibilité
~ Le plomb et la grâce



Nous avons tous un métier. Mon métier [1] consiste, entre autres choses, à sortir les gens du perfectionnisme (je vous jure). La perfection est un piège : coûteux, usant, décevant. Le principe de réalité vient heureusement nous tirer du cauchemar, du toujours-plus. Rappel : le mieux est l'ennemi du plus. Plus, c'est quantitatif, c'est la même chose en davantage. Le mieux ? Un changement de système [2], un processus adapté, vivant. Une nouveauté plus fine.

Vous imaginez bien que le 20/80 est des outils atomiques le plus utile ici. Perfectionner, c'est perdre du temps, donc des clients et de l'énergie nerveuse. Donc de l'argent, donc de la vie pour votre entreprise. Bien faire, à l'inverse, c'est accepter de maîtriser la chose à 80 % (notion d'excellence, disjointe de la perfection), donc à fort taux, et puis... de la lâcher. Pour passer à autre chose. Pour amener le truc à son point culminant, je veux parler du point culminant réaliste. Là encore, 80 % c'est un bon taux. Vous changez, vous sautez sur un autre processus : vous gagnez un temps fou à chaque fois.

Parlons management. Comme moi, vous savez bien que le leader situationnel est un kangourou, un animal sauteur (cf. Kenneth Blanchard). Sitôt qu'il amène un collaborateur à la mâturité professionnelle sur une tâche précise, il passe vite à quelqu'un d'autre. Et d'un il se met en réaction par rapport au premier, et de deux il aide le plus fragile à croître. Résultat : deux collaborateurs évoluent au lieu d'un. Les 20 % qu'il a gagnés sur le numéro un deviennent un levier pour le second, les vases communicants s'inter-alimentent.

En outre, on le sait, terminer (achever) un travail jusqu'à l'extrême limite est ce qui prend le plus de temps, donc qui fait chuter la productivité ou la performance de manière drastique. Il faut rationnaliser et accepter qu'un autre vienne achever la chose en cours (ou vienne la surveiller, si on la laisse à 80 %). Vous, vous êtes un(e) boss, un(e) vrai(e) : vous priorisez, réalisez, engrangez de l'argent et dépensez intelligemment chaque minute [3] de votre temps.




Fig. 1 - Lâcher s'oppose à renoncer,
c'est mieux investir ce qui suit et ce qui croît



Je m'arrête ici. (Je relis.) Nous avons parlé de cette folle course à la perfection. Ce marathon est un des fruits du contrôle, du besoin de maîtrise. Ce besoin est humain, il est un fruit de la finitude humaine (look). Et c'est de ça que je veux parler : après la maîtrise, parlons de l'expressivité, cette polarité différente, qui rentre en dialogue puissant avec la maîtrise. Pour aller bien, il faut un mariage intelligent entre les deux.

En cela, le travail de Jean Monbourquette est splendide. De même que celui d'Alexandro Jodorowsky ou de don Miguel Ruiz. Réconcilier les deux grands besoins pour qu'ils accouchent d'une troisième voie [4] sereine, voilà un beau projet.

Il y a beaucoup à dire, alors je vous renvoie ici. Et vous laisse vous attarder sur un tableau des grappes de mots que vous pouvez trouver dans les livres. D'abord, les puissances de contrôle (1). Juste après, celles de l'expressivité (2). On y va :

1. [ Contrôle et structuration (Georges Romey), maîtrise, analyse, décisions, volonté, conatus, pensée cartésienne, esprit de géométrie (Blaise Pascal), cerveau gauche (PNL), animus (Carl Gustav Jung), yang (taoïsme), Juge (don Miguel Ruiz), état Parent (Eric Berne), Surmoi (Sigmund Freud) ],

2. [ Expression authentique et sensibilité (Romey), créativité, intuition, instinct, réceptivité, lâcher prise, synthèse, spontanéité, ressentis (feelings), pensée alternative (lateral thinking - Edward de Bono) ou systémique, rapprochements ou connectivité analogique, esprit de finesse (Pascal), cerveau droit (PNL), anima (Jung), yin (taoïsme), Victime (Ruiz), état Enfant (Berne), Ça (Freud) ].

Renoncer au perfectionnisme, c'est gagner du temps, de la motivation, de l'argent. C'est aussi plus d'efficience. C'est - pour terminer - s'ouvrir à l'expressivité, cette amorce, ce jaillissement continu des réalisations humaines. Ajoutez à cela de la structure (mettons un scoring) et vous gainez vos idées dans un corps (un plan d'actions) réaliste et sain.

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[1] Que dire ? J'aide les équipes à envisager les rapports de force avec un marché, les angles de pénétration commerciale, le suivi visuel (tableaux de bord simples, épinglés en grand), les actions à mener en priorité - compte tenu de leur impact (scoring), et le canal socioémotionnel avec lequel il faut parler à chacun des collaborateurs. Pourquoi ? Pour que chacun tienne dans la durée, j'aide le manager à parler clairement et à féliciter tout ce qui avance. Oui c'est de l'organisation (à visée stratégique) et du management (orienté motivation). Les gains ? Une plus grande liberté quant au temps (priorisations et redéploiements enfin possibles), un succès commercial patent (visible, suivi, "bichonné"), une cohésion des équipes dans la durée (le succès vient... des gens).

[2] A l'échelle des entreprises, il y a aussi des paradigmes, des socles plus ou moins cohérents de croyances, de conceptions (représentations, principes c'est-à-dire valeurs). Et ces socles sont à la fois des marchepieds vers un mieux. (C'est l'idée d'amélioration continue). Le mieux devient alors un plus. Certes, obtenir 25 % de taux de conquête commerciale, c'est davantage (et mieux) que 18 %. Il faut pour autant se dire qu'un seuil viendra (une nouvelle donne ou une usure) où le socle du départ va se crisper, devenir un dogme et étouffer la performance. Il faudra alors un vrai mieux, c'est-à-dire un changement qualitatif des perceptions et modes de travail. C'est toute la différence entre changement 1 (pareil, en plus - donc en bientôt limité) et changement 2 (nouvelles façons de faire, plus fines et davantage en phase avec ce tissu vivant - ce complexus - qu'est la vie). Sur les conceptions et les croyances, lire "Mojo d'entreprise" (ici) et "Vrac de janvier" sur les croyances limitatrices. C'est . Et puis, sur les changements, il y a une théma - et c'est vers cet article que je compte vous emmener, "Métamorphoses Vs modifications" : .

[3] Notamment en faisant du management, du vrai, qui booste les équipes. Cf. management-minute.

[4] C'est Marc Traverson qui va être content :-)

[ Image (c) Grevel @ Flickr.com | d'après l'étymologie, analyser c'est défaire des noeuds | la grâce, un contrepied à l'effort endémique de perfection | lire l'excellent boulot de Traverson sur la synergie | théma systèmes | théma cerveau | autre sujet - Absara.com, ces jours-ci, passe techniquement de 500 ou 600 lecteurs par jour à environ 100, lire les ratés du serveur allemand qui héberge ce blog, chez Flemming ]  Read More


 Hercule, hyperactif alternatif - 1e partieSun 10 Apr 2005
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Hercule, hyperactif alternatif - 1e partie [ Hercule et la valeur >> ]

Hercule, ci-contre moblogué depuis le musée Saint-Raymond de Toulouse, est un drôle de lateral thinker, de penseur alternatif. La solution qu'il trouve pour nettoyer les écuries d'Augias en est l'illustration. Comment - fameuse cinquième épreuve des pesants Douze Travaux - nettoyer l'accumulation de trente années de fumier ? Comment faire ce qui semble... infaisable ? Réponse : en trouvant une réponse saugrenue, originale et folle. Hors norme.

Cette épreuve d'écuries, même pour un demi-dieu, reste hors de portée : trop de travail. Un penseur conventionnel proposerait un nettoyage en bonne et due forme. Probablement une orgie de balais, pelles, huile de coude, etc. Avec des mois et des mois de labeur. Une horreur. Et que fait Hercule ? Par une espèce d'état second génial, il décide de détourner le cours de deux fleuves et de laisser l'eau puissante faire ce travail de titan. Un éclair de génie. Une solution à la mesure de l'épreuve : démesurée. Un problème fou ? Hercule mobilise la partie la plus intuitive de son cerveau. Seul un 'fou' (déconnecté des fonctions rationnelles classiques) pouvait trouver cette issue. C'est bien cela : le penseur alternatif va partout sauf là où on l'attend.

A éviter pour les problèmes simples. A sortir comme un joker (the fool en anglais) pour les points ardus. Une fois, bien sûr, qu'est enclenchée l'étape de résolution proprement dite [*]. Vous ne pouvez - de toute façon - pas résoudre un problème, disait Einstein, avec ce même cheminement intellectuel qui l'a engendré...





[*] Ce qui correspond à l'étape 3. suivante. En résolution (collective) de problèmes, le timing est toujours le même : 1. caractérisation (définition) du problème, 2. validation, 3. recherche des solutions, 4. sélection de la meilleure. S'ensuivent évidemment les modalités de mise en place (planning, CQQCOQP), voire les tests 'terrain' avant l'adoption. (Difficultés de changement ? Voir les changements culturels potentiels.) La mise en place calibrée, il est bon de recommander des dispositifs de vigilance (notamment culturelle) et d'amélioration continue (qualité).

[ Images (c) Jean 'Moebius' Giraud, Engin.umich.edu | un bel exemple de jeu latéral | Alexandre, penseur alternatif ? | Edward de Bono, fameux psychologue anglais et chantre du lateral thinking (voir aussi ) | Douze Travaux pour un héros | Hercule met de l'ordre | les écuries d'Augias, sens symbolique inattendu (merci, Hervé Delboy) | Lateral thinking, an Edward de Bono's academic lecture pdf, 1979 | jolie figure d'après le peintre néerlandais Maurits Cornelius Escher (1898-1972) | management de projet | mythologie - beaucoup de tricksters (see also here), marginaux facétieux, trouble-fêtes, joueurs de tours, sont des lateral thinkers ]  Read More


 Des sourires et des hommesSat 28 Aug 2004
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Psychosociologie, psychologie appliquée, management, motivation, organisation, communication interpersonnelle...

Les vocables sont légion, qui parlent d'individus, de groupes, de capacité à les faire vivre dans un système sous contraintes, comme par exemple le travail.

Mais quels sont les modèles scientifiques pertinents ? Lesquels fonctionnent le mieux ? Comment, plus largement, faire cohabiter des hommes au sein d'une aventure collective ? Peut-on être heureux en travaillant ?

Ci-après, une sélection de 12 ressources (sites, documents), qui abordent une partie des concepts à notre sens les plus opérants :

[ Communication, dynamique de groupe | La Process communication de Taibi Kahler, célèbre psychologue américain, en charge d'optimiser la communication entre spationautes | les team roles de Meredith Belbin | les six Chapeaux pensants d'Edward de Bono (En) | les douze catégories de Robert Freed Bales | le modèle du Village gaulois de l'excellent psychanalyste et consultant Yves Enrègle | encore Yves Enrègle ]

[ Management, motivation | La théorie des expectations (attentes) de Victor Vroom (En) | les différents facteurs de motivation de Frederick Herzberg (En) | le leadership situationnel de Paul Hersey et Kenneth H. Blanchard (En) ]

[ Organisation, qualité, méthodes, génie industriel | portail ]

[ Psychosociologie, sciences humaines | excellentes ressources bibliographiques universitaires, Montréal | l'ethnométhodologie, une approche de l'intersubjectivité ]

Si vous souhaitez en savoir plus sur les ouvrages de référence, contactez-nous.

Nous vous souhaitons une excellente mise à profit de tout cela !