Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Tag: eustress

Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux

 Eustress et distress - 2e partieFri 22 Sep 2006
0 comments
picture

[ << 1e partie ] Eustress et distress [ 3e partie > ]

Purple rain. Il pleut, même dans la Ville à la violette. (Pff.) Mélancolie ? Moui. Alors je vous écris, avec un thème en prise avec l'objet du blog. Parlons communication interpersonnelle. Et comme angle, je choisis... le stress.

Depuis longtemps, j'interprète le stress comme un décrochage. Un peu comme si le flux socio-émotionnel, ou socio-intellectuel (bref, la pensée, les émotions), subissaient un cahot. Tout était fluide, vous étiez en possession de vos moyens : territoire, visées diverses, qualité de relations étaient là. Vous conférant une coulée dans le monde, un rapport pacifique. Un peu comme un projet (étymologiquement, une projection) rendu possible. Les choses étaient soient sures, soit claires. Et puis clang, le décrochage. Un décalage survient. Regardons-y de plus près. Convoquons pour cela le grand Eric Berne. En appui, les positions de vie, ces états passagers ou durables (parfois viscéraux quand ils sont cristallisés dans le tempérament) :

Premier point. Je suis ok et les autres et le monde sont ok. Traduction : ok, ok.

La survenue du stress, maintenant, la cassure. Scénario 1. Je ne suis pas (plus) ok, le monde - lui - l'est (ou le reste). Allons-y : ok, ok => pas ok, ok. C'est dire si le monde est bien et que moi, je suis en dessous des attentes des autres, y compris des miennes propres. (Pauvre de moi.) Scénario 2 : ok, ok => ok, pas ok. Les crétins ! Le monde est plein de geignards, alors que moi, je brille. (Je suis un prédateur.) Scénario 3 : ok, ok => pas ok, pas ok. Je suis nul et le monde est une cuvette de désespoir. (Rien ne va plus.)

Naturellement, ces séquences sont fulgurantes ou - au contraire - lentes et sous-jacentes, comme imbibant la personnalité. Auquel cas, il faut envisager de changer d'air. (Un système ouvert peut être changé de l'intérieur ou de l'extérieur.) Ou bien de transformer quelque chose, voire soi-même : charité bien ordonnée...

Voilou.

__



[ Pratique salutaire des strokes | intelligence émotionnelle | coaching | CdV 4.0, pour la première fois, présentait une experte en gestion du stress | autre sujet, les beaux travaux photographiques de Miss Aniela | venez au Printemps de septembre ]


 Eustress et distress - 1e partieMon 4 Oct 2004
0 comments
picture picture
<< C'est beaucoup, exliquent Lucie Dumoulin & Marie-Michèle Mantha, de l'association canadienne de veille sanitaire Réseau Proteus, grâce aux travaux de l'endocrinologue canadien d'origine autrichienne Hans Selye, menés au cours du XXe siècle, que l'on comprend les mécanismes biologiques du stress - ce qu'il a d'abord appelé le "syndrome général d'adaptation". Il a, selon elles, identifié le célèbre "fight or flight response" : ce qui se passe quand l'organisme monopolise ses ressources pour dominer la situation ou la fuir. C'est aussi à Hans Selye que l'on doit d'avoir choisi le mot stress (en anglais : tension mécanique) et de l'avoir imposé en français. Il appelait le bon stress "eustress" et le mauvais "distress". Par la suite, le biologiste français Henri Laborit a étudié ce qui se passe quand la personne ne peut ni dominer la situation, ni la fuir : ce qu'il a appelé l'"inhibition de l'action". Cette "paralysie situationnelle", a-t-il démontré, conduit précisément à des désordres neuro-psycho-immulogiques. Laborit est également célèbre pour avoir fait l'"éloge de la fuite", qui serait un recentrage de nos objectifs afin de sauver notre peau... de l'intérieur. Quant à l'Américain Richard Lazarus, on lui doit d'importantes études sur le stress psychologique et sur l'efficacité des moyens que les gens adoptent pour y faire face (coping).

>> Depuis les années 1960, des milliers de recherches ont été menées dans différents secteurs (l'immunologie, la cancérologie, la neuropsychologie, etc.) sur les multiples facteurs intervenant dans chacune des phases du stress, et sur les impacts du stress sur la santé. Il en reste pourtant encore beaucoup à découvrir, notamment sur les liens entre l'esprit et le cerveau, c'est-à-dire entre la psychologie et la physiologie. On a tendance à l'ignorer, mais les réactions de stress sont normales et utiles. Dans de nombreuses circonstances, on parle donc de "bon stress". On sait, par exemple, que le niveau de performance au moment d'une tâche est meilleur lorsqu'il y a une certaine dose de stress, car celui-ci permettrait de stimuler la motivation, de mieux juger les paramètres de la situation et de se préparer en conséquence. Plusieurs personnes, d'ailleurs, aiment cette excitation du stress et la recherchent - dans la compétition, par exemple.

>> Chez d'autres, moins chanceux, les réactions de stress sont si intenses ou si durables, même dans des situations courantes, que cela nuit à leur fonctionnement social et professionnel. Et chez certains, le système nerveux tarde à enclencher l'indispensable réaction de détente, même après la disparition de l'agent de stress.

>> Bref, il existe des "tolérants" au stress et des "intolérants", mais on pourrait aussi définir une troisième catégorie de personnes : les "accros" de l'adrénaline. Ce sont de gros travailleurs, des workaholics, des gens à la vie sociale intense qui courent sans cesse, mais qui ne voudraient pas se passer du stress, car il leur permet de se sentir "vivants". Or, celui-ci risque de les rattraper dans le tournant, comme en fait foi la fréquence des maladies cardiovasculaires chez ce type de personnes.

>> À noter toutefois que le stress ne dépend pas de l'intensité de l'action, mais de celle de la tension - puisqu'il y a des gens très actifs qui sont aussi très détendus alors que des gens peu actifs peuvent être très tendus.

[ Plus loin avec le psychanalyste toulousain Bernard Auriol et l'Unité de soins psychologiques (USP) du Nord | stress et drivers, d'après Taibi kahler ]