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Les réprimandes-minute sont un fiable outil de recadrage. Tout aussi efficient que les félicitations-minute, du même Kenneth Blanchard. Savoir réprimander est un art, que je vous brosse ici. La condition absolue étant de discerner s'il s'agit d'une faute ou d'une erreur. Il faut pour ça s'entretenir avec la personne. S'il s'agit d'une erreur, je vous renvoie au bel épisode de Thomas Edison.
La faute ? Là, ça diffère. Il faut la sanctionner comme prévu dans le contrat de travail ou dans le réglement intérieur. Mais avant ça, je recommande une mise au clair, au calme. Sinon, gare au tableau masochiste (décompensation morbide), gare à la triangulation Bourreau-Victime-Sauveur (Steve Karpman), gare à ce que Taibi Kahler décrit par ailleurs comme un scénario d'échec (voir notamment ce que donnent les profils Rebelle ou Persévérant s'ils se sentent acculés [1], soit potentiellement 20 et 10 % de la population).
Il faut réprimander selon quelques principes forts (cf. discernement). Et puis tendre la main en fin d'entretien, c'est déterminant. Trop de managers réprimandent sous le coup de la colère, en explosant. Ou alors froidement, méticuleusement (et intellectuellement), alors qu'il faut considérer la réprimande comme un contenu hautement émotionnel. Donc explosif, donc porteur de « sorties de route » définitives. Gare.
Gare aux Prud'hommes, gare aux croisades, gare à la culpabilité (la pire boule au ventre qui soit), gare à la démotivation des gens qui désapprouvent : nombreux sont ceux qui réclament une éthique serrée et finalement vous vouent aux gémonies parce que leurs amis « souffrent ».
C'est là qu'un manager doit avoir confiance en lui et en sa hiérarchie. L'autorité est reine. L'expérience ? Indispensable : c'est le moment de travailler les réprimandes avec un coach, bien à l'avance. Un coach qui se fonde tant sur le profil du manager que du collaborateur à problème. Et de celui du boss au dessus (cf. désengagement possible ou mécanisme de protection intellectualisant ou - pire - démarche machiavélique [2] ou alors inconsciente du Sauveur qui débarque comme un chevalier blanc).
Reparlons de la faute : réprimander puis tendre la main. Sanctionner puis montrer (en vrai) qu'un retour est possible. Possible ? Mieux : souhaité, désiré, voulu.
Comme - et c'est là que je veux en venir - le père du fils prodigue.
L'erreur est humaine. La faute aussi... Récupérer un fautif, c'est possible, je veux parler d'un fautif repenti.
Provoquer une repentance, c'est du management de haut vol. Puis, volontairement, prendre la personne en flagrant délit de réussite (pour renouer avec la vision lucide et bienveillante), c'est clairement une panacée.
Car celui à qui on pardonne (sous conditions de repentance, de contexte économique favorable et de profil psychologique sain), celui-là, il sait se montrer reconnaissant. Et donc dévoué. Un créancier avait deux débiteurs, expliquait Jésus : l'un devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l'aimera le plus ? Simon répondit : Celui, je pense, auquel il a le plus remis.
Ouais.
Be seeing you.
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[1] Lire Derrière chaque masque, une colère du très pédagogue Jérôme Lefeuvre [doc].
[2] Nicolas Machiavel (1469-1527) recommandait au prince de se servir de baronnets comme de fusibles, pour se maintenir. En contexte tendu, c'est comme en poker, si vous ne savez pas qui - à votre table - est le pigeon, c'est que... c'est vous.
[ La pire des armes, c'est le mépris (privation volontaire de strokes), cf. ostracisme | sur le discernement, relire le P'tit D | attention aux chefs qui sont dans la rationalisation ou le déni (Mais non, ça va ! Vous n'allez pas encore vous faire remarquer, Simone ?!) | les mécanismes de protection du Moi, gardiens de la représentation (réelle ou fictive) que l'on se fait de soi : forces de maintien, de cohésion, forces homéostatiques qui viennent en réaction d'un événement troublant, porteur de remise en question, de dislocation de l'image (rassurante et totalisante) que l'on se fait de soi | le psychisme, en proie à cette veille immunitaire, déplace la difficulté, fait « comme si » de manière instinctive, partielle, de courte visée : dans la hâte et malheureusement la cristallisation (inscription nerveuse durable) | principaux mécanismes de protection du Moi : refoulement (le souvenir aigu se dérobe à la mémoire et prend son assise dans une autre forme, immédiatement plus douce - quoique vrombissante, cf. Luc : Si eux se taisent, les pierres crieront), sublimation (la charge se coule dans des tendances « politiquement correctes », donc avouables), régression (retrait de l'investissement psychique dans des phases mieux connues en interne, plus archaïques - ex. boulimie), rationalisation (l'émotion revêt la brillance ou la froideur d'une spéculation rationnelle : elle semble perdre sa charge), projection (attribuer la gêne à d'autres personnes), identification (un exemple allant de soi - faisant autorité -, se dresse en fétiche protecteur, ou catalyseur-neutralisateur des tensions), refuge dans l'action (fuite en avant) ou dans la prévision à outrance (perfectionnisme et prudence à l'excès), imprécations ou vocifération (les tensions trouvent une voie d'expression par le déversement de la bouche), humour (distance ironique, pour dédramatiser voire dévaloriser une brûlante occurrence), folie (le psychisme reconfigure ses grands appuis fonctionnels pour s'adapter au traumatisme, il se tord plutôt que de transformer le plomb en or) | les mécanismes de protection du Moi composent le style de chacun (cf. drivers ou scénarios), ils s'apparentent d'ailleurs - d'après Jacques Lacan - à des figures de style, à des tournures, à des structures formelles (rhétoriques) quasi autonomes, employées en lieu et place des contenus transformatoires (perçus comme menaçants) | les Formes (Gestalt) sont des systèmes vivants, réactifs et conditionnants, comme telles elles sont des symptômes, des grappes de vie indépendantes quoique reliées entre elles (des complexes) | pour Sigmund Freud, les menaces intrapsychiques viennent de la conversion des poussées vitales (érotiques et agressives) en contenus psychiques trop bruts pour être assumés en direct, pour Georges Romey, les menaces viennent essentiellement de mécanismes qui soit étouffent l'ambition d'être soi-même (expressions d'un Animus-chape de plomb), soit qui permettent trop de fulgurances personnelles et déstabilisent ainsi un pacte secret de non-agression, de non-dépassement de l'idéal qu'ont vérouillé sur nous les figures parentales (cf. injonctions paradoxales de Gregory Bateson ou conformation au regard parental), dans tous les cas l'isolement et l'inaction guettent : le fait d'être soi-même (expression de l'Anima authentique, ou de l'Enfant spontané pour Eric Berne), bref être libre dans le rapport au présent (intense et plein), et aussi dans l'acceptation des risques possibles et de l'inéluctable mort, tout ce potentiel reste en simple amorce, séché sur pied - la vie devient visqueuse et rigide, l'étincelle blêmit dangereusement ]
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Beaucoup de choses. Je vous les relate fissa.
Un bravo, pour commencer, aux contributeurs de la communauté Mozilla (éditrice de Firefox). Une extension permet à présent d'organiser votre veille. Oui : que les sites soient, ou non, porteurs d'un flux RSS, votre Update Scanner - c'est son nom - vous indique dans un volet de Firefox lesquels parmi vos favoris ont un changement de contenu, en clair lesquels affichent des nouveautés (consultation possible hors connexion). Ces nouveautés se mesurent en nombre de caractères changés : en plus, en moins, en différent. Un seuil ? Par exemple 5 à 10 caractères changés (là c'est très sensible, l'alerte est fine). Ou 50 à 100 caractères : l'alerte est plus grossière, donc plus rare (grandes occasions). Vous réglez, pour chaque site, la sensibilité de l'alerte, via un curseur, comme sur une réglette.
Priceminister, ensuite. Comme six millions d'internautes, je suis membre de la plateforme française d'achat-vente à prix réduits (neuf avec remises ou occasions). Eh bien figurez-vous que d'y vendre des livres, des CD ou des DVD devient vite... une drogue. Les sensations sont excellentes : 1. vous virez vos cochonneries des étagères, 2. vous les vendez en trois clics. Sachant que l'étape 1,5 (ma préférée) consiste à optimiser le rapport efforts du paquetage (ou somme engagée pour sa confection) sur qualité du colis. Un plaisir (vous pouvez, en outre, personnaliser la correspondance : messages électroniques, prises de contact chouettes, petit mot dans le paquet). J'adore. Du coup, je guette en permanence si on m'achète des trucs.
Autre chose ? Ah, j'ai acheté - sur cette même plateforme - l'intégrale X Files. Ouah, c'est chouette. Et j'ai l'impression d'avoir dix ans de moins. (Mes proches en sont témoins : Un jour, dès que l'intégrale d'X Files sortira, j'me la f'rai péter.) Le pet a eu lieu. Ça plus les Troma qu'on m'a passés, je peux vous dire que les œuvres de genre me défilent d'vant les mirettes.
Fig. 1 - Troma, de grandes quantités de bon goût
Dernier truc ? Oui. Je trouve qu'on reconnaît un homme (ou une femme) à ses modèles. J'ai, pour mon compte, la constellation chrétienne (ici), de même qu'une foule d'autres choses. J'ai, encore et surtout, le grand Jodo pour me parler sur papier. Son "faire comme si... dans la vraie vie" met le jeu, le challenge et l'imagination en branle, il éclaire des voies inédites et permet, en fin de compte, d'atteindre de vieux rêves par des voies tout autres que celles qui nous semblaient bloquées (par des complexes). Cette audacieuse créativité, tellement simple (!), est à mon sens plus féconde que les apports, pourtant fournis, de la PLN. Contourner la montagne ou en triompher par un chemin inattendu me semble enthousiasmant, dingue et porteur. Et puis, dans un autre registre, j'aime chez cet homme le sens des réalités : [...] Avant d'entreprendre quoi que ce soit, il est capital de bien connaître le terrain. Ce principe, je l'ai appris de l'auteur du Traité des cinq roues, Miyamoto Musachi. Avant le combat, dit-il, il faut se rendre très tôt sur le terrain et en acquérir une parfaite connaissance. Mmh, rien qu'à eux deux, ces principes me semblent plus intelligents que des foules de spéculations invérifiables. "Faire comme si" pour voir ce que cet "autrement" génère de nouveau. Et puis s'imprégner des données du terrain. Là, tout le cerveau travaille. (La citation provient du Théâtre de la guérison.)
Je termine le vrac avec quoi ? Oui. Dernier jour de crèche pour une partie de ma descendance (ça se fête). Pour la première fois, cette semaine, nous sommes allés voir un film sur grand écran. Les Simpsons sont aussi drôles qu'à la télé. Pour ce qui est du dernier Disney (Ratatouille), pff, ch'ais pas. Ça me parle moins : j'espère en tout cas que ça chante pas (Le rêêve bleeeeeuuuu...).
Bon août à vous. Gardons le contact grâce à Twitter.
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