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 La pluieMon 27 Jul 2009
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Billet (c) - Merci


Blade Runner, ça vous parle ? Le film majeur de Ridley Scott (1982) exprime un regret, devenu mythique : J’ai vu tant de choses [...]. De grands navires en feu surgissant de l'épaule d’Orion. J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons cosmiques briller dans l’ombre de la Porte de Tannhaüser. Tous ces moments se perdront dans l’oubli, comme les larmes dans la pluie. [1].

Ce passage ? Dans ce que je connais, c'est ce qui m'évoque le plus le temps. Le temps qui file... Il y a plusieurs flux, je veux aujourd'hui parler du temps qui fait mal : il flétrit les choses et, comme dans le film, s'associe à la pluie. (Qui lave.) Ou aux larmes.

Tâchons d'en faire des larmes de joie. (Mouais.) Le temps est un outil : je prie ici qu'il nous apporte, à vous comme à moi, de grands moments de réalisation, de sérénité, de naturel, de joie.

(Big taf sur soi.)

Parlons de sept (beau nombre). Et faisons ressortir une motte de terre [2] : un truc.

Il y a, pour moi, sept sortes de temps. Plutôt : d'accomplissement du temps, de mâturité par rapport à ça. En clair, de degrés :

1. Tout louper, subir (temps de travail de degré 1 ou TT 1),

2. Parvenir, cette fois-ci, à régler les urgences (TT 2),

3. Accomplir TT 2 et - dans le même temps - boucler le tout-venant (TT 3),

4. Faire tout TT 3 en un temps moindre [3], et avec le temps qui reste (temps résiduel, TR), combler les retards (TR 1),

5. Réussir TR 1 et orienter à présent le TR vers ce qui est utile (constructif, prévoyant, agréable, épanouissant, reposant - TR 2),

6. Réaliser tout TR 2 et avoir, en plus, la liberté de pouvoir à l'avance lister les tâches utiles au TT (TR 3),

7. Maîtriser TR 2 et profiter, en TT, de la liberté de pouvoir lister les choses utiles... pour le TR (créativité, loisirs, repos, etc.). Ce qui confine au luxe. Nous avons là le stade TR 4.

Voilà.

Mille choses, évidemment, découlent de ça.

En premier lieu la nature des temps. On le voit : TT et TR sont à part. Tout simplement parce que, pour la plupart des gens, le jour, la semaine ou l'année comptent des temps séparés, qui alternent (Il y a un temps pour tout...). Ces deux temps ? Ils s'inter-nourrissent et c'est leur force. Ils se complètent. Particulièrement dans les hauts degrés : TR 2, 3 et 4. Il y a là une complémentarité, une synergie qui augmente. Il faut ici regarder les seuils quantitatifs (nombre d'heures). Le TR, d'abord nul (TT 1, 2 et 3), ensuite capable de « seulement » combler les retards (TT 4), pour enfin permettre d'organiser (optimiser, rendre plus utile) le TT, en bref ce TR apporte une qualité progressive au travail. Il y a un lien direct entre sa quantité (en heures) et - si le management est au rendez-vous - la bonne marche du collectif. Le TR est le résultat d'une bonne organisation, il est aussi le ferment qui va servir à l'améliorer. Donc une future cause. Comme une plus-value que l'on génère et que l'on ré-injecte en continu, pour alimenter la croissance : innovations, motivation, résultat net, etc.

Un collectif efficient peut, d'expérience, compter jusqu'à 20 % de tâches mûres dans son portefeuille d'activités, c'est-à-dire touchant à TR 1, 2, 3 et 4. Super-efficient ? Celles-ci se centrent sur TR 2 à 4, qui deviennent des activités de management (préparation, décisions, pro-action). Alors que les étapes TT sont des activités de gestion (réaction, suivi, ajustements).

On le sait tous : il faut de tout pour faire un ensemble riche, solide et plein de ressources. Les étapes TR sont certes décisives (elles fabriquent l'utilité, la valeur). Pour autant, les étapes de gestion (TT) sont nécessaires. Mieux : ce sont elles qui font face au quotidien, aux imprévus, à la vie (forcément brusque, changeante et floue). Elles sont le coeur du dispositif d'entreprise, forcément vital, forcément insuffisant dans une situation de compétition.

Quoi d'autre ?

Première étape pour ce billet, que je vous propose d'enrichir de vos commentaires.

Be seeing you.

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[1] Script complet de Hampton Fancher et David Peoples [ En ]. Ce magnifique murmure de Roy Batty, chef des Réplicants, l'acteur Rutger Hauer l'aurait partiellement écrit.

[2] Je suis dans la théma de l'agriculture, en ce moment : look.

[3] C'est l'efficience : je fais ce que j'ai prévu. Et en plus, j'économise des hommes (nombre d'heures ou de minutes, potentiel de motivation), et/ou du temps de calendrier, et/ou de l'argent (budget). En clair, les ressources pour faire un travail.

[ Philip K. Dick (1928-1982) au cinéma | Rutger Hauer's memoirs | l'encyclopédie Blade Runner - mon conseil, l'histoire des tatouages ; par ailleurs, ceux qui découvrent à peine le film ont intérêt à retarder au maximum la lecture sur Rick Deckard (c'est mieux pour l'histoire) | belles photos rares | Sean Young, glamour... et drôle | beauté iconique, penchant vénéneux (fragile, tordu, vibrant), gigantesque potentiel (contrarié, enfoui, certainement lumineux - quasi rédemptoire) : autant de bonnes raisons pour voir un jour Sean Young encore une fois chez un très grand, comme par exemple David Lynch ? qu'en pensez-vous ? | pour entrer dans l'univers des screen used props ]  Read More


 Contrôle et sensibilité - 3e partieTue 13 Feb 2007
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Contrôle et sensibilité
~ Le plomb et la grâce



Nous avons tous un métier. Mon métier [1] consiste, entre autres choses, à sortir les gens du perfectionnisme (je vous jure). La perfection est un piège : coûteux, usant, décevant. Le principe de réalité vient heureusement nous tirer du cauchemar, du toujours-plus. Rappel : le mieux est l'ennemi du plus. Plus, c'est quantitatif, c'est la même chose en davantage. Le mieux ? Un changement de système [2], un processus adapté, vivant. Une nouveauté plus fine.

Vous imaginez bien que le 20/80 est des outils atomiques le plus utile ici. Perfectionner, c'est perdre du temps, donc des clients et de l'énergie nerveuse. Donc de l'argent, donc de la vie pour votre entreprise. Bien faire, à l'inverse, c'est accepter de maîtriser la chose à 80 % (notion d'excellence, disjointe de la perfection), donc à fort taux, et puis... de la lâcher. Pour passer à autre chose. Pour amener le truc à son point culminant, je veux parler du point culminant réaliste. Là encore, 80 % c'est un bon taux. Vous changez, vous sautez sur un autre processus : vous gagnez un temps fou à chaque fois.

Parlons management. Comme moi, vous savez bien que le leader situationnel est un kangourou, un animal sauteur (cf. Kenneth Blanchard). Sitôt qu'il amène un collaborateur à la mâturité professionnelle sur une tâche précise, il passe vite à quelqu'un d'autre. Et d'un il se met en réaction par rapport au premier, et de deux il aide le plus fragile à croître. Résultat : deux collaborateurs évoluent au lieu d'un. Les 20 % qu'il a gagnés sur le numéro un deviennent un levier pour le second, les vases communicants s'inter-alimentent.

En outre, on le sait, terminer (achever) un travail jusqu'à l'extrême limite est ce qui prend le plus de temps, donc qui fait chuter la productivité ou la performance de manière drastique. Il faut rationnaliser et accepter qu'un autre vienne achever la chose en cours (ou vienne la surveiller, si on la laisse à 80 %). Vous, vous êtes un(e) boss, un(e) vrai(e) : vous priorisez, réalisez, engrangez de l'argent et dépensez intelligemment chaque minute [3] de votre temps.




Fig. 1 - Lâcher s'oppose à renoncer,
c'est mieux investir ce qui suit et ce qui croît



Je m'arrête ici. (Je relis.) Nous avons parlé de cette folle course à la perfection. Ce marathon est un des fruits du contrôle, du besoin de maîtrise. Ce besoin est humain, il est un fruit de la finitude humaine (look). Et c'est de ça que je veux parler : après la maîtrise, parlons de l'expressivité, cette polarité différente, qui rentre en dialogue puissant avec la maîtrise. Pour aller bien, il faut un mariage intelligent entre les deux.

En cela, le travail de Jean Monbourquette est splendide. De même que celui d'Alexandro Jodorowsky ou de don Miguel Ruiz. Réconcilier les deux grands besoins pour qu'ils accouchent d'une troisième voie [4] sereine, voilà un beau projet.

Il y a beaucoup à dire, alors je vous renvoie ici. Et vous laisse vous attarder sur un tableau des grappes de mots que vous pouvez trouver dans les livres. D'abord, les puissances de contrôle (1). Juste après, celles de l'expressivité (2). On y va :

1. [ Contrôle et structuration (Georges Romey), maîtrise, analyse, décisions, volonté, conatus, pensée cartésienne, esprit de géométrie (Blaise Pascal), cerveau gauche (PNL), animus (Carl Gustav Jung), yang (taoïsme), Juge (don Miguel Ruiz), état Parent (Eric Berne), Surmoi (Sigmund Freud) ],

2. [ Expression authentique et sensibilité (Romey), créativité, intuition, instinct, réceptivité, lâcher prise, synthèse, spontanéité, ressentis (feelings), pensée alternative (lateral thinking - Edward de Bono) ou systémique, rapprochements ou connectivité analogique, esprit de finesse (Pascal), cerveau droit (PNL), anima (Jung), yin (taoïsme), Victime (Ruiz), état Enfant (Berne), Ça (Freud) ].

Renoncer au perfectionnisme, c'est gagner du temps, de la motivation, de l'argent. C'est aussi plus d'efficience. C'est - pour terminer - s'ouvrir à l'expressivité, cette amorce, ce jaillissement continu des réalisations humaines. Ajoutez à cela de la structure (mettons un scoring) et vous gainez vos idées dans un corps (un plan d'actions) réaliste et sain.

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[1] Que dire ? J'aide les équipes à envisager les rapports de force avec un marché, les angles de pénétration commerciale, le suivi visuel (tableaux de bord simples, épinglés en grand), les actions à mener en priorité - compte tenu de leur impact (scoring), et le canal socioémotionnel avec lequel il faut parler à chacun des collaborateurs. Pourquoi ? Pour que chacun tienne dans la durée, j'aide le manager à parler clairement et à féliciter tout ce qui avance. Oui c'est de l'organisation (à visée stratégique) et du management (orienté motivation). Les gains ? Une plus grande liberté quant au temps (priorisations et redéploiements enfin possibles), un succès commercial patent (visible, suivi, "bichonné"), une cohésion des équipes dans la durée (le succès vient... des gens).

[2] A l'échelle des entreprises, il y a aussi des paradigmes, des socles plus ou moins cohérents de croyances, de conceptions (représentations, principes c'est-à-dire valeurs). Et ces socles sont à la fois des marchepieds vers un mieux. (C'est l'idée d'amélioration continue). Le mieux devient alors un plus. Certes, obtenir 25 % de taux de conquête commerciale, c'est davantage (et mieux) que 18 %. Il faut pour autant se dire qu'un seuil viendra (une nouvelle donne ou une usure) où le socle du départ va se crisper, devenir un dogme et étouffer la performance. Il faudra alors un vrai mieux, c'est-à-dire un changement qualitatif des perceptions et modes de travail. C'est toute la différence entre changement 1 (pareil, en plus - donc en bientôt limité) et changement 2 (nouvelles façons de faire, plus fines et davantage en phase avec ce tissu vivant - ce complexus - qu'est la vie). Sur les conceptions et les croyances, lire "Mojo d'entreprise" (ici) et "Vrac de janvier" sur les croyances limitatrices. C'est . Et puis, sur les changements, il y a une théma - et c'est vers cet article que je compte vous emmener, "Métamorphoses Vs modifications" : .

[3] Notamment en faisant du management, du vrai, qui booste les équipes. Cf. management-minute.

[4] C'est Marc Traverson qui va être content :-)

[ Image (c) Grevel @ Flickr.com | d'après l'étymologie, analyser c'est défaire des noeuds | la grâce, un contrepied à l'effort endémique de perfection | lire l'excellent boulot de Traverson sur la synergie | théma systèmes | théma cerveau | autre sujet - Absara.com, ces jours-ci, passe techniquement de 500 ou 600 lecteurs par jour à environ 100, lire les ratés du serveur allemand qui héberge ce blog, chez Flemming ]  Read More


 Ma formation - 2e partieSun 21 Jan 2007
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Je suis, pardonnez-moi, obligé de mettre ce billet sous copyright
~ c'est comme ça (la la laah la)



Traces à mes enfants

Le Net repose sur des 0 et des 1, il a un côté fragile. Tout, y compris cette jolie chose qu'est Wikipedia, risque de mourir d'un coup. En vrai ? Oui et non. Mais théoriquement, les supports numériques sont plus éphémères que la pierre sculptée [1]. C'est ce qu'on appelle la finitude, je veux dire que si le Net était un système conscient de lui-même, il serait presque humain : conscient qu'entre la naissance et la borne ultime (la mort), il y a tout l'enjeu de l'amour [2], tout l'enjeu de l'accomplissement [3].

Parlons accomplissement, tiens. Je veux ici dire ce que je retire du travail : les lois qui marchent pour moi. Je vous les livre, et en même temps j'ai une pensée pour mes enfants. Enfants à qui je dis : Voilà du concentré, voilà des conseils. Alors je les donne. Chers vous tous, j'ai trente-et-un ans cette semaine [4] et je vous livre ici le plus profond de mon coeur, dans ce qui occupe ce blog : le plaisir et le discernement touchant au travail. Compléments commentés et personnels bienvenus. Il y a huit principes-éclairs. On y va ?

1. La portabilité - Savoir facilement changer de casquette (père ou mère, professionnel-le, ami-e, etc.) au sein d'une même journée, c'est gage de sérénité,

2. Le coeur - Savoir apprendre de tout le monde, en toute naïveté émerveillée, tout le temps,

3. La visée absolue - Considérer qu'on va mourir un jour pour occuper le maximum de son temps à être heureux, comme une tâche noble et sacrée,

4. Le discernement - Savoir où sont ses proches et leur faire plaisir le plus souvent possible, c'est gage de joie, c'est gage de paix,

5. L'information pure - Poser aux gens des questions, y compris basiques ou attendues, pour confirmer plutôt que supposer, c'est là une source claire pour s'orienter chaque jour,

6. Confiance en soi - Ecouter son intuition, donner le primat à l'expérience intérieure, à l'instinct, et attendre qu'une pulsation intime fasse vibrer quelque chose pour alors coiffer cette résonance d'un processus intellectuel, voilà qui rend heureux, voilà qui relève d'un appui sain sur soi, l'amour-propre devient jaillissant et solide,

7. Jouissance de soi - Se respecter, en corps, en âme, en esprit, pour allonger la longueur de ses jours et faire de soi-même un ami fiable,

8. jouissance du monde - Prendre plaisir à tout, y compris à la difficulté, voilà qui réjouit le coeur, la vie, le sommeil et les idées.

Bien sûr, je suis croyant. J'ai aussi plusieurs bons maîtres, que je mets dans le coeur de tout ça, puis dans une première couronne et enfin dans une deuxième couronne. Le coeur : Alexandro Jodorowsky, Charlie 'Tremendous' Jones, Don Miguel Ruiz. Je passe à la première couronne : Kenneth Blanchard, Taibi Kahler. Deuxième rang ? Françoise Dolto, Jean Monbourquette, les braves stoïciens et - versant asiatique - Tchouang Tseu ; ensuite Paul Watzlawick, Edgar Morin, Anne Ancelin Schützenberger.

Plus intimement, il y a les exemples de ma famille. Et de quelques amis, mais là, c'est mon jardin secret. Pour mes enfants.

Très bonne fin de week-end,

Lionel

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[1] Parlons de civilisations du passé. Connaissez-vous Jiroft ? Splendide et fou.

[2] L'amour, c'est le bon et beau lien, de soi à soi et de soi aux gens et aux choses.

[3] Ce qui est la même chose à mes yeux.

[4] Il existe une liste de cadeaux oscillant entre 4 et 60 €, ici.

Consultez tous les auteurs cités,

[ Jiroft et Richard Covington | Jiroft sur Arte | Jean 'Moebius' Giraud, belles dédicaces ]  Read More