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C'est comme Maslow (Abraham de son prénom). Laborit (Henri) est le fourre-tout des formateurs. Tout le temps ! On les entend (ou pire, on les lit et re-lit) tout le temps. C'est la solution de facilité, le plon-plon, le ronron, le degré zéro de la formation.
Je m'énerve rarement, mais là j'ai comme une bave aux lèvres. Rouge, mouchetée de vert.
Maslow, je le dis, le répète et le tatoue volontiers sur les fesses des intéressés, Maslow, c'est tout sauf la pyramide. Got it? Ça suffit avec la pyramide ! Où voyez-vous que Maslow, au demeurant bluffant, parle de pyramide ? Pourquoi hiérarchiser quoi que ce soit ? Nostalgie de la pyramide alimentaire ? des âges ? de Khéops ?
Une pyramide ? Un enfant de trois ans sait déjà que l'humain est plus riche et plus désordonné que ça. Notre espèce, en permanence, fait passer des tas d'impératifs avant les autres, quel que soit leur rang. C'est la vie qui veut ça, la contingence, la nécessité quoi. Vous croyez que les patterns marchent comme en informatique ? Le cerveau (pauvre Damasio !), vous le voyez comme une boîte à coucou ?
Fig. 1 - Ce qui ne pue pas rend plus fort
Laborit, maintenant. Que dire ? Ce type est un grand lui aussi, son travail est de qualité... Alors, pourquoi le caricaturer comme un singe ? Pourquoi répéter comme un ris de veau névrosé que l'homme est (oui madame) partisan du moindre effort et se drogue aux sensations de plaisir ? Pourquoi, surtout, penser qu'en conséquence il faut - qui plus est pour des actions de même portée ou de même urgence - faire d'abord les tâches désagréables pour laisser notre inclination naturelle terminer le job plaisant ?
Tout individu normalement constitué (quoique) sait - au travail - qu'Alban conserve son état d'énergie, et se l'auto-entretient voire le développe, en partant de l'agréable (c'est son entame à lui) pour finir sur du dur. Et que Brigitte, au contraire, préfère commencer par l'ingrat, pour s'en débarrasser. (Pour Christophe, c'est encore différent.)
Ben oui : Alban, Brigitte et Christophe - grand scoop devant l'Eternel - sont différents. (Waouw.) Parfois même, ils sont opposés. (Re-waouw.) Ils carburent à un mélange individuel, qu'il va falloir analyser. Eh ouais.
Fini, les modules tout prêts. Les prêt-à-penser, les trucs à repomper.
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Mille choses. C'est ce que j'ai envie de vous dire : ouais. Mes journées ? Longues. Et mes temps de connexion sont short. Alors je profite de ce moment pour vous communiquer chaleur, amitié, respect. C'est pour moi une fenêtre... J'espère que vous allez bien.
Dans la série des focus vifs et précis, je vous propose aujourd'hui de voir comment construire un plan de formation. Ça marche pour vos clients finaux, ça marche aussi pour l'interne (formation continue, etc.). Correctement caractérisé, ledit plan est simple à comprendre. Et simple à bâtir.
Pour les plans de formation, il y a comme un elevator pitch. Un truc rapide et précis : une mise en appétit. Je vous donne ma trame, toujours identique :
1. Un titre, parlant, percutant,
2. Le public (profil, métier, niveau de qualification et/ou d'expérience),
3. Contenu et timing (déroulement du module et nombre d'heures en tout, en incluant les pauses, soit nombre d'heures que les stagiaires - et leur hiérarchie - doivent investir),
4. Objectif (court) - Permettre aux stagiaires d'obtenir telle et telle connaissance en tant de temps (par ex. : tel et tel élément en 7 heures),
5. Finalité - Leur permettre de maîtriser telle liste de choses du quotidien pour, par exemple, améliorer tel ou tel aspect concret du travail dans l'entreprise.
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Certains bouquins vous marquent. Mes chouchous sont là. Et, petit, j'en avais déjà de favoris, que j'aime encore maintenant. Ou pas. Parmi eux, le très joli Les Étoiles de Compostelle d'Henri Vincenot. Au fil des pages, ce Castaneda bourguignon (si !) parle d'un apprentissage qui se fait en marchant. En circonvolutant. En billebaudant, pour reprendre un de ses termes.
Il y a déjà Montaigne, au XVIe siècle, pour parler de l'activation de l'intelligence par la marche et peut-être même par le cheval. Et vingt siècles avant lui, les Péripatéticiens devisaient avec les pieds.
Si on regarde ça, on s'aperçoit que le mouvement fait entrer des choses. C'est l'actualisation de contenus latents et l'ouverture à l'imprévu : la mise en disponibilité. Ça ressemble au fait de vivre.
Le marcheur s'ouvre au monde et à ce qu'il est, lui. Les jambes motivent (mettent en mouvement) la tête et le cœur, elles convoquent l'intériorité. Et elles extravertissent ça. Et le mélangent au monde et aux autres. Ça vous revient augmenté.
Alors, y a-t-il des méthodes de formation qui fassent marcher, au sens premier ?
Dans les faits, c'est difficile. Le pédagogue est coincé entre quatre murs. Mais il y a quand même une marche mentale, qui peut ressembler à de la promenade (se mener devant de soi, se projeter - dans des chemins ou passages, en espagnol). Promenade vigoureuse ou promenade posée.
Ouais.
Je veux parler du panorama direct : la carte mentale. Vous avez là un édifiant exemple :
Fig. 1 - Cartographie mentale ou heuristique (mind map)
Et ce paysage sur papier (ou tableau) obéit aux lois de formation, de rétention et d'augmentation de la connaissance par le cerveau. La cognition humaine passe par la constitution de faisceaux, de grappes, bref d'assemblages neuronaux en réseaux. En étoiles. En toiles d'araignée. En bouquets arborescents.
Fig. 2 - La géniale invention du psychologue britannique Tony Buzan
Cette promenade imaginaire (narration visuelle, et sonore puisque formateur et stagiaires échangent) fait fonctionner ce qu'on peut appeler par commodité les deux hémisphères cérébraux : pôle de l'analyse et pôle de la synthèse (voir ceci).
Marcher devient possible.
Ajoutez à ça le fait de déambuler dans une branche ou une autre de l'arbre, et de revenir autant que vous le souhaitez au tronc (idée centrale), vous avez là des passages et repassages à la hausse (pour apprendre à chaque fois plus) : une revisite du passé, mais en mieux, comme une circulation. Symbole de la danse (mouvement sur place). Symbole d'élévation et, pour ça, de lien avec une base. Symbole de synergie : chaque re-passage entraîne un plus, comme un anneau de ressort, qui - vu de haut - semble toujours passer par les mêmes points du cercle. Mais à chaque fois un cran plus haut. Ou un grain plus large.
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Donner une forme, éveiller une âme
Signe de la main, c'est ça : voilà que nous quitte le 587e billet du blog, le Vrac de janvier (j'aimais beaucoup). Par ailleurs, je veux absolument vous faire découvrir Joss Stone :
C'est fait. Parlons à présent pédagogie.
Mmh, est pédagogue, c'est-à-dire capable de bien former, l'individu qui anime (donne une âme) à des contenus :
1.vrais, fondés sur des expériences ou des modèles authentiques, opérants, sincères et assumés (exit charlatans ou compulseurs de manuels tout faits),
2. clairs et mémorisables longtemps, moi j'appelle ça marquants,
3. applicables rapidement, par exemple dès le lendemain. L'expérience montre qu'une pratique immédiate, in vivo, renforce la théorie. Elle l'ancre. Et les deux se nourrissent. C'est l'esprit des conseils-éclair de Crème de violette (look) : un conseil express a pour principal intérêt, outre son jaillissement fiable et immédiat, de vous mettre le pied à l'étrier. Vous rentrez chez vous et vérifiez la chose, c'est du concret.
Oui.
[ Splendide - Joss Stone's Son of a preacher man ]
Ma formation - 1e partie [ Sur mon trente-et-un - 2e partie >> ]
Trente ans depuis janvier. Alors que dire ? Un homme [1] devrait faire des bilans et c'est ce que je fais. Je peux dire que je sais ce qui me plaît et aussi ce qui me déplaît. Pareil dans les comportements, les miens et ceux des autres. Et puis je sais où je veux aller et - par symétrie - ce qui me repousse. Ce en quoi je crois et ce que j'exclus... C'est important.
Je pense qu'un homme devrait aussi pouvoir reconnaître ce qui l'a constitué, inspiré, touché, bâti.
Ma formation intellectuelle, esthétique et morale, jusqu'à aujourd'hui, consiste - entre autres - en systèmes, auteurs ou personnages précis. J'en donne ici vingt, en vrac :
- la Bible m'apporte tout, particulièrement quand je me penche sur le sens premier (étymologique) des mots, le péché, la grâce, le salut, etc.,
- Gilbert Durand m'indique que l'activité humaine s'articule autour de trois grandes fonctions, la première élève et descend les choses, la seconde parle à l'intériorité et bâtit le dedans, la dernière donne un rythme, une répétition, une reproduction (salutaire) aux choses,
- Alejandro Jodorowsky me montre que le monde est un ensemble interprétable et interprété par l'homme, l'homme avec tout son arbitraire superbe, original,
- René Girard fait le pont (notamment historique - phylogénétique) entre nature et culture humaines, c'est passionnant,
- Edgar Morin (aussi important que jadis Pic de la Mirandole) synthétise magnifiquement le savoir actuel, il dépasse la description des choses en montrant le lien intime qui agite et structure les changements, bref la vie,
- Françoise Dolto réconcilie psychisme et corps, individu et lien familial, individualité spécifique et besoins de l'espèce,
- Anne Ancelin Schützenberger décrypte les petits inconscients groupaux, qui font transiter (sauter) l'information de symbole en symbole,
- René Arped Spitz démontre que la survie psychique et physique dépend de l'existence de rapports interpersonnels,
- Kurt Lewin décrit le va-et-vient entre individus et structures groupales, que ces structures soient perceptives ou encore morales,
- Taibi Kahler démontre que nous sommes tous un peu semblables, en proportions intérieures toutefois différentes, et que toutes nos composantes sont utiles - par ailleurs, tout chez l'homme travaille à l'obtention de signes de reconnaissance,
- Boris Cyrulnik a l'intelligence de convoquer l'ensemble des sciences humaines et cognitives pour parler de l'inconscient (ici affectif, cognitif et instinctif),
- Georges Dumézil dit bien que les peuples ont des structures mythologiques précises, qui façonnent leur imaginaire culturel et politique,
- Kenneth Blanchard indique fort à propos que la façon de parler à quelqu'un (c'est important) doit s'adapter aux contextes, par ailleurs un environnement stimulant consiste à surprendre ses parties-prenantes en flagrant délit de... réussite,
- Baruch de Spinoza estime que le monde n'a pas d'autre finalité que sa propre félicité - en cela, il fait du bonheur une fin en soi,
- Carl Gustav Jung décrit le mythe comme un lien puissant, dynamique, fascinant, entre nature et culture et aussi entre individualité et collectivité,
- Charles Bukowski écrit comme il parle, le plus simplement du monde,
- la sculpture des Cyclades et l'art du Ghandara me frappent et me stimulent par leur simplicité étrange (pureté et efficacité esthétiques),
- Martin Luther insiste sur la grâce plutôt que sur les efforts métaphysiques angoissés,
- Jean Moulin et Martin Luther King montrent que la persistance (bien orientée) est une vertu suprême,
- Jacques Bergier et Louis Pauwels [2], enfin, révèlent que la vérité n'est pas dans le corpus académique mais plutôt dans les rêves, dans le vivre-ensemble (socius) et dans les actes des hommes. Génies précurseurs.
Voilà.
Parlons de vous : qu'est-ce qui vous a formé(e) ?
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[1] Un humain.
[2] Merci à mon beau-père de m'avoir fait découvrir la revue Planète très tôt dans la vie. Read More