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 Plaidoyer pour un humanisme économique, performant, gorgé de vieThu 9 Oct 2008
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[ < thémas Subprimes, Défection (théorie des jeux) & Argent | catégorie Économie | this post in English | billet interactif, bandeau de titre cliquable ]

Tout ça, c'est comme jouer, estime l'experte en mathématique financière Nicole El Karoui, présente aux Matins, ce jour-même sur France culture. Le problème avec l'activité économique, c'est qu'elle génère de l'argent. Et cet argent, quand on le touche, on a envie de faire comme dans un casino : le jouer. Il brûle les doigts. Le jouer ? Pour en obtenir plus. L'argent s'auto-génère. (C'est l'idée.) Argent augmenté de lui-même. Ou diminué, comme en ce moment.

Le marché de l'argent, tout le monde le sait, obéit aux mêmes lois que les marchés de l'économie classique. Mais il y a comme une membrane entre virtualité et réalité. L'économie de tous les jours concerne un objet physique - améliorateur du quotidien ou porteur de rêve - ou un service perceptible, dont on peut jouir. Exemples : textile, voiture d'occasion, heures de ménage, ingénierie informatique, etc. Liste infinie.

Et plus on demande une chose, plus cette chose devient désirable : son prix augmente. Les demandeurs, jusqu'à un certain point, acceptent de donner plus pour poser la main dessus. Et ceux qui offrent sont heureux : maintenir leur niveau de production (quand ils le décident, comme les producteurs de pétrole), ça maintient la rareté du bien. Ils font la moue, décidant de céder aux plus offrants. Avec un rapport de force favorable, ils augmentent leurs revenus.

Voilà, basiquement, comment les acteurs économiques s'y prennent pour augmenter mécaniquement les prix. En économie classique, on l'a vu. En économie financière c'est surtout la demande qui nourrit la vague de désir. En outre, l'argent [1] est plus volatil que les biens et services. Il s'en détache et prend une grande autonomie. Les transactions, il est vrai, sont fluides : un ordinateur de part et d'autre, une connexion, un arbitre plus ou moins vigilant, le tour est joué. Le système est comme ça. Il incarne un ordre social, symbolique et factuel, que tout entretient.

De sorte que l'échange a lieu. Façon live. De l'argent contre de l'argent : on mise sur la valeur présumée d'un paquet d'argent. (On mise avec... de l'argent.) Lui-même moyen et fin, il permet de juger (d'apprécier) et aussi de rentrer dans le circuit. De le grossir. De le rendre finalement consanguin. L'argent ? Moyen et fin d'un système vivant, où tout se contamine, en petit comité (opérateurs pointus).

Une mare, avec sa propre météo.

Résultat ? Des bulles. Celles du champagne quand le système croît en logique interne (il enfle). Il est plus vif que le marché traditionnel, dont il est l'excroissance et avec lequel il conserve seulement des points d'ancrage. On l'a vu. Tout monte et tout gonfle, généralement vite. Et tout a une fin : la bulle (symbole de fragilité, de paroxysme) explose. Les valeurs liées ? Elles décrochent. Un principe de réalité saisit les fêtards : les valeurs sont trop fortes ; elles sont virtuelles. Complètement en dehors des services rendus (facturés et payés) de l'économie classique, utilitariste, quotidienne.

Une gueule de bois débute.

Comme on commence à vendre, on continue à vendre. La valeur, fruit d'une demande qui touche à sa limite et d'une offre qui se met tout à coup à brader - pour encaisser l'argent et se retirer avant de mourir -, eh bien cette valeur baisse. Puis elle dévisse quand le vent de panique touche le gros des opérateurs de cette petite flaque systémique, où tout est lié (rumeurs, amplifications, passions humaines).

La bulle fait mal.

Je me souviens de celle de 2001. Des supports de presse écrite me commandaient des panoramas, des articles ciblés. Le marché financier (alors fort loin du marché réel, de celui des utilités-terrain, des factures encaissées en vrai, des fidélisations-client), ce marché grossissait, fort de lui-même.

Un ou deux avertis - pris de vertige [2] - s'en sont alors retirés, entraînant une panique (Waw, tu as vu ? Telle référence encaisse et s'en va : ça augure quoi ?). Les start-ups de l'époque sont devenues des start-downs : les fleurons de l'économie numérique ont vécu un réel décapage à l'acide. Résultat ? Les financements. Ceux qui injectent de l'argent dans le capital des entreprises ont pris peur (Et si ça s'écroule après ?). Les entreprises ont dû se développer sans cash. Ou mourir. Re-descente sur terre, peut-être. Tri par le vide, c'est sûr. Ralentissement économique et coup de frein, c'est certain.

C'est en ça que les financeurs font du mal ou du bien. C'est-à-dire majoritairement les banques.

Alors imaginez quand la crise vient d'eux...

L'Amérique, coutumière du Emprunter plus pour consommer plus, a usé et resucé le concept. Le banquier parie sur la solvabilité de son client. Il spécule, misant sur l'augmentation des capacités de sa cible. Or la cible - mal préparée à la compétition mondiale (cf. ouvriers, petits employés) - peine à joindre les deux bouts, elle décroche. Le banquier, déconcerté, mange son chapeau. Dès qu'un client vient le voir, il se méfie à outrance : les entreprises peuvent se rhabiller. Les acheteurs de logements aussi. Les opérateurs économiques investissent mal ou peu, perdent en compétitivité, en perspectives, en croissance - et dégraissent les postes et la masse salariale. De leur côté, les propriétaires de logements ont du mal à acheter autre chose, faute de prêts, ils doivent en plus baisser les prix du bien, pour coller à la crise. Et vendre.

Tout baisse.

Pour saisir ce que les groupes ont de systémique et de contaminant, mettre à profit la théorie des jeux. Les tendances groupales nous sauveront (écologie, synergies, benchmarking, tolérance et pragmatisme). Ou nous tueront (égoïsme effréné, soif de sécurité, obligation de moyens, mauvais arbitrages, idéologie, angoisse de tout et de son contraire).

Ce siècle-ci, et bien plus que dans l'économie, doit affronter ça. Se concerter ou mourir.

Je veux ici dire que les spéculateurs, quoique proches de l'économie classique (ils la suivent, l'anticipent et - malheureusement - l'influencent), sont aussi étrangers à l'économie réelle que le sont entre eux aéronautique et ikebana.

Certes l'État a-t-il un rôle : régulation, justice sociale, facilitation du libéralisme (cet accès autonome, et éclairé, à la connaissance, aux soins, à l'expression culturelle, politique et religieuse, au travail).

L'individu, lui aussi, a son mot à dire.

Le consommateur est roi [3] : choisir de donner son argent à des opérateurs minables, c'est dommage. Le placer, ou consommer, chez des gens responsables (producteurs bio, fonds de pension éthiques, PME locales, campus intégratifs, agents de développement des pays du Sud, opérateurs en R&D), ça c'est de notre ressort.

Tout est possible.

C'est ça la finalité du truc : faire du bien aux hommes. Générer de l'argent (et même beaucoup) pour ça. Pour sa communauté. Pour innover. Pour tirer les accidentés du bourbier. Pour jouir du temps terrestre avec les siens.

Pourtant optimiste (et confiant), je finis avec un trait de bile. Plus que ces quelques incompétents qui partent avec un golden parachute indécent, j'ai l'œil noir pour les spéculateurs qui, voyant le marché désenfler, se sont mis à jouer avec... les marchés du sol. L'Afrique a subi ce cynique déplacement, directement sur ses productions vitales (matières premières, denrées vivrières). Le coton, déjà mis à mal par les subventions américaines. Le cacao. Les productions agricoles, le marché des métaux. Tout ça a enflé comme une grenouille, privant les locaux des fruits de leur propre travail.

Tout est devenu cher pour eux.

La spéculation sur les médicaments (sorte d'actuariat sur les niches de malades à venir), ça, ça me crispe aussi. Le vol des molécules traditionnelles, patrimoine de beaucoup de peuples. Le saccage de la connaissance...

L'économie, la vraie, c'est heureusement tout autre chose.

Ce qui est triste c'est que la spéculation l'influence.

Gardons la foi.

(Et consommons responsables.)

Mieux : investissons dans ce qui le mérite.

Après tout, l'argent, c'est ce qu'on en fait.

Be seeing you.

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[1] Ce côté vif et frondeur, quasi insolent, l'argent le porte en lui depuis les origines. Les pièces de métal résistent au temps (les quartiers de bœuf, beaucoup moins), il est plus léger que les biens qu'il désigne, de surcroît quand les billets viennent symboliser des tas de pièces métalliques. Il passe facilement de mains en mains, il peut même donner la fièvre. Accumulation, spéculation (paris fumeux, déconnexion des appuis matériels, ouverture aux passions humaines). Quand viennent les transactions électroniques (cartes bancaires, virements par fax, via le Net ou le mobile ou la salle de marché), l'argent se fait concept. Il devient potentiel. Il perd tout, ou presque, de son substrat de symbole d'un truc réel. Il s'évapore et brûle les mains. Comme un vif-argent, ce métal fluide, mystérieux (connecté à l'intimité cachée) et capricieux que préside le dieu Mercure. L'Hermès farceur, autonome et rapide. Qui fait son passe-passe et joue des tours.

[2] Un simple ratio (c'est du bon sens) devrait permettre de savoir où un marché donné - quel qu'il soit - en est de sa bulle. Une fois visualisée la concentration, la densité et la dépendance des parties-prenantes sur une surface donnée, en clair le degré d'interdépendance (hypercomplexité) entre les opérateurs, il faut ramener la valeur financière constatée sur la valeur économique et stratégique des entreprises, seuls vrais indicateurs en somme (cf. les marges commerciales, le taux d'endettement, l'indépendance par rapport aux fournisseurs ou à la donne technologique). En clair : valeur spéculative / valeur réelle.

[3] Revoir Sam Walton.

[ Mamon est la personnification de l'appétit des choses, de la possession matérielle (Matthieu 6:24) | j'ajoute que Mercure, patron des échanges, campe la vivacité qui soit innove et change une donne (un paradigme), soit blouse les parties-prenantes | revoir l'ambivalence du Trickster | j'entends, dans le débat sur le Grenelle de l'environnement, que pour 1 euro réel, 30 euros virtuels s'échangeraient | Là où les guerres ou l'écologie laissent pantois, la crise va-t-elle souder (et faire grandir) l'Europe ? Quid de la discrète et pragmatique Chine ? | avec ses déboires en Afghanistan et en Irak, avec la montée des pays émergents et cette crise, l'Amérique ressemble à un empire sur le déclin | cette crise du capitalisme ressemble à à d'autres crises, consubstantielles au modèle, mais en plus grand car les places de marché et les relations interbancaires sont historiquement à leur plus haut degré de connectivité (force... et vulnérabilité, on le voit) | Cette crise ressemble à une crise de la valeur ajoutée : quel gain réel la spéculation apporte-t-elle ? Sur quoi la valeur se fonde-t-elle ? Si c'est sur la prévision continuelle du volume des transactions, ça connaît une limite ; si c'est sur un échange de bons procédés (création de commodité), ça fait davantage sens | le capitalisme s'en remettra (pour le meilleur ou pour le pire selon le point de vue), une fois la purge terminée - mais les changements (interconnexion oblige) pourraient être sociaux, spirituels ou politiques (paradigmatiques) ; à suivre | c'est peut-être dans les pays du Sud que les changements seront le plus perceptibles, à voir | relire Edgar Morin et sa fine analyse du monde actuel, dans Une politique de civilisation (1997, entretien) ]


 ExtraversionWed 24 Sep 2008
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[ < thémas International, France & Journal des entreprises | catégorie Économie | this post in English | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

« En France, moins de 5 % des PME exportent » -
Alain di Crescenzo, président de Destination international (JdE, juin 2008)
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[ Richesse nationale (entendu récemment) - À présent, les États-Unis, dans le PIB mondial, génèrent seulement 20 % ; la Chine, 15 % ; l'Union européenne pèse, elle, 14 % (pourtant, notre surface à 27 constitue le 2e ensemble humain de la planète) | passionnant IDH ]


 Vrac-télé (retour en France)Tue 2 Sep 2008
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[ < théma France | catégorie Économie | this post in English | archivage automatique du billet sur l'extramotivation | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

« Le libéralisme ? Les décideurs politiques s'en contentent quand l'économie va bien. En temps de crise, généralement - et c'est pragmatique - leurs faveurs vont au modèle de John Maynard Keynes [intervention décomplexée de l'État, nda]. »

Philippe Frémeaux, directeur de la rédaction d'Alternatives économiques (magazine C dans l'air, France 5)

[ « L'Espagne et l'Allemagne ont su, pendant les années de croissance, remplir leurs caisses. Résultat : ils peuvent à présent financer leurs politiques. Nous ? Non. [...] Quant à L'ISF, l'Espagne socialiste l'a supprimé. Par ailleurs, en Espagne, 100 € publics dépensés ont un poids beaucoup plus fort que nos 80 € résiduels. » Emmanuel Lechypre, rédacteur en chef de L'Expansion | « En France, au-delà de 4 000 € nets par mois, vous êtes considéré comme riche. » Jacques Marseille, professeur d’histoire économique à Paris-I | les profs d'économie de mes années-lycées (1990's) étaient politisés : Alter éco était leur unique source à penser - la bonne nouvelle, c'est que c'est une excellente revue, fine et autonome | rien à voir - j'aime bien ce truc ]


 Benchmarking nationalFri 23 May 2008
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[ < thémas benchmarking et France | catégorie Economie-Sc. sociales | archivage automatique du billet sur les voix mentales | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

Un pays est-il une entreprise ? Pff, non. Et pourtant : les entreprises, autrement plus prosaïques que les forces, la culture et les humanités qui composent un pays - et surtout le nôtre -, bref, les boîtes, elles y arrivent. Un, à se vendre. Deux, à gérer leur flouze. Trois, à s'adapter à la vie. Vous savez, ce principe de réalité dont parle la psychanalyse et que les Français, Persévérants au possible (sensibles aux grands principes), se figurent si mal.

J'aime [1] mon pays (Blaise Pascal, Jean Moulin, Monet & Schuman, Edgar Morin). Je dis simplement qu'il faut y aller maintenant. Cette génération de l'Après-Guerre nous pèse, qui proteste, ralentit, freine et bataille pour ses prérogatives.

Le salut passe à coup sûr par un benchmarking, une étude systématique et une adaptation de ce que tellement réussissent sous d'autres latitudes. Ligne de mire ? L'Europe du Nord : libérale, sociale, intelligente, harmonieuse et bien fichue. On a le droit d'y travailler, de s'y développer, de partager, d'agir, d'avancer : de vivre. Et de bien vivre. En harmonie avec autrui, c'est décisif. Pragmatisme (solutions), sens du travail (courage, allant), individualisme (liberté) et sens des responsabilités collectives (civisme, autodiscipline).

Donnant la parole à Robert Rochefort, directeur du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc - interview à Metro le 30 avril 2008), je hurle avec lui :

Au lieu de toujours se comparer au passé et aux Trente Glorieuses [2], on ferait mieux de regarder ce qui se fait aujourd'hui, ailleurs, pour lutter contre les mêmes problèmes conjoncturels. Nous sommes trop autocentrés, pas assez ouverts à la comparaison.

Comme beaucoup de Français, je trouve que le travail est plus naturel ailleurs. Je trouve, en parallèle, que la protection sociale, la culture et l'art de vivre chez nous sont uniques. Et nécessaires : je les adule.

J'aime le monde et j'aime la France. J'aime la vie. J'aime le mouvement.

Ouais.

Français, étrangers, comment vivez-vous votre pays ?
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[1] J'aime aussi ce que la France compte de métis (Giacomo Casanova, Alexandro Jodorowsky).

[2] Grosso modo les années 1940 à 1970. Période de reconstruction du pays et de modernisation industrielle (productivité alors bénéfique à l'emploi), en même temps qu'un relatif isolement international (je veux dire par rapport à maintenant). Période faste, de plein-emploi, donc de finances par l'impôt fortes, donc d'actions publiques possibles. Truc serein. Une parenthèse dans l'Histoire.


 Non madame, PIB n'est pas le nom d'un biscuit salé pour l'apéritifMon 7 Jan 2008
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[ < Théma France | archivage automatique de la contribution (importante) sur le planning en tant que levier de motivation ] AddThis Social Bookmark Button [ Catégorie Économie | permalien, mots-clés et commentaires ]

En seulement quelques années, le PIB de la France est passé du 4e... au 14e rang modial.

Bertrand Monthubert, mathématicien à Toulouse, président du collectif Sauvons la recherche
(interview sur Radio classique ce lundi 7 janvier au matin - mmh, 6 h je crois)

[ Pour que l'emploi progresse, il faut que la croissance du PIB soit supérieure à la croissance de la productivité du travail, estime le portail Educnet, or - j'ajoute - la productivité du travail française est une des meilleures au monde (devant l'Allemagne et même les États-Unis) | contraste - le temps improductif en France, le focus du Journal du Net | mmh, la productivité (mal managée, mal récompensée) est une source de distress | améliorer tout ça, ici ]


 La coupe est-elle pleine ? - 12e partieThu 13 Sep 2007
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[ < 11e partie ] [ Catégorie Économie | mots-clés, permalien, commentaires ] La coupe est-elle pleine ? [ 13e partie > ]

Au revoir, elevator pitch. De l'ascenseur, nous passons à l'ensemble qui le contient : l'immeuble ou la maison.

Ah l'immobilier ! Certes la crise des subprimes vient-elle d'outre Atlantique : c'est d'accord. Pour autant, il y a - en France - des tas de régions chères, où le marché reste et restera le même. Je le crois profondément. Une ville attirante, où les travailleurs continuent d'affluer pour s'installer (solde de population positif), eh bien cette aire est une mine d'or permanente. Au pire les prix vont-ils stagner un peu (et encore). Au mieux, les vendeurs vont-ils viser d'autres profils, plus élevés : je le crois davantage. Et donc, en théorie, tout peut rester cher. Pour longtemps.

Pour autant, il y a peut-être saturation. Je veux parler des ménages et de leurs moyens. Et alors, stagnation possible puisque les vendeurs touchent essentiellement - hors investisseurs - les familles (demandeurs de T3 minimum).

Je doute qu'un ménage moyen puisse rembourser, par exemple, plus de 800 à 1 200 € par mois : le marché peu à peu les exclut. La saturation vient sûrement du fait qu'un butoir mensuel est atteint. Regardons de près.

Voyons. Imaginons que vous ayez un capital de départ. Il vous faut emprunter :

120 000 € à 5 % pendant 10 ans ; vous remboursez mensuellement 1 300 €. Pareil à 15 ans : 950 €. À 20 ans : 800 €. Et à 25 ans : 700 € / mois.

Continuons : 150 000 € à 5 % pendant 10 ans ; vous remboursez mensuellement 1 600 €. À 15 ans : 1 200 €. À 20 : 1 000 €. À 25 : 900 €.

Maintenant, 200 000 pendant 10 ans : 2 100 € ; pendant 15 : 1 600 € ; pendant 20 : 1 300 ; pendant 25 : 1 200 €.

On augmente. 250 000 à 10 ans : 2 700 € ; à 15 : 2 000 € ; à 20 : 1 700 € ; à 25 : 1 500 €.

350 000 : 3 700 ; 2 800 ; 2 300 et 2 000 €. Et 400 000 : 4 200 ; 3 200 ; 2 700 et 2 400 € - là, c'est beaucoup.

En termes de seuils, je constate qu'un ménage moyen peut emprunter de 100 000 € à 250 000 €, sur différentes durées. Que dire ? Tout dépend de son capital de départ. S'il a un capital de 10 000, de 30 000, de 50 000 ou de 100 000 € (s'il vient de vendre son précédent bien par exemple), cela veut dire qu'il peut espérer acheter un bien oscillant entre 110 000 € et grosso modo 350 000 €.

Ce qui, selon que le m² coûte 2 000 ou 3 200 €, équivaut à :

[ 2 000 € le m²] : 1 T2 de 55 m² pour environ 1 000 € de mensualités ou 1 T4 de 100 m² pour env. 1 500 €.

[ 3 200 € le m² ] : 1 T3-T4 de 80 m² pour env. 2 000 € / mois ou 1 grand T4 de 110 m² pour env. 3 500 €.

Conclusion ? C'est vrai que se loger revient beaucoup plus cher qu'il y a 5 ans. Mon propre appart coûtait 1 200 € le m² (j'avais, il faut le dire, beaucoup marchandé). Sa valeur, maintenant : 3 000 € le m². J'en suis content mais c'est beaucoup trop. Jamais, en 2007, je ne pourrais faire vivre les miens dans mon quartier et ma superficie actuels.

Si mes évaluations tiennent debout, les vendeurs vont devoir considérer que les familles (cf. T3 ou T4) peuvent se permettre de dire oui à « seulement » 2 000 € le m², 2 500 maxi.

Peut-être les quartiers à 3 200 € le m² vont-ils baisser de 25 % en, mettons, 4 ans. Peut-être, encore et surtout, qu'ils vont attirer de plus gros cadres encore...

Dans une ville dynamique, j'opte pour le choix 2. Et vous ?

[ Simulateur en ligne | si les propriétaires des biens qui ont explosé sont modestes et qu'ils ont profité du boom sur ce premier bien pour y loger des locataires aisés et de leurs économies pour acheter un second bien, ils sont obligés - en cas d'incident de paiement - de supporter une grosse charge de coûts | il leur faut un réservoir de cadres ou de professions libérales, capables de payer une caution, parfois 1 000 € de loyer plus quelque 200 € de taxes et charges ]


 Régimes spécieux - 11e partieThu 13 Sep 2007
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[ < 10e partie ] [ Catégorie Économie | mots-clés, permalien, commentaires ] Régimes spécieux [ 12e partie > ]

L'a bon dos la République : l'Égalité de la devise semble partie faire un tour du monde par les Bahamas [1]. Pour la génération X ou Y, avoir une retraite par répartition relève de la croyance aux Walkyries, au Dahut, à la Montagne dorée, à Dora l'exploratrice, au syndicalisme gagnant-gagnant, aux places en crèche. Le tout cumulé.

Bon, entre deux insomnies par suite de progéniture encore engluée dans le rythme échevelé de feues les vacances, j'écoute le matin - selon que je change de pièce - France culture et BFM [2]. Et quoi ? Il y avait encore un petit 15 % des invités pour dire que ce qui est dit est dit : les régimes spéciaux sont contractuels donc figés, vérouillés. Et la réalité, bon sang ? Y a-t-il quelqu'un pour comprendre qu'elle est mobile et fluide ? que la vie bouge ? que tout ce qui respire change, interagit, s'adapte et génère ?

Amateurs d'adrénaline, faitez-vous des wiiz-wiiiz grâce à ce simulateur de pensions, que j'avais gardé pour la soif. L'est ici, c'est la maison qui régale.




Fig. 1 - À l'opposé, un bon Fantômas...
et ça repart


La solution ? Investir dans la pierre. C'est-à-dire disposer d'un CDI rassurant pour la banquier, repérer les affaires et pousser la porte du type qui incarne le bon sens près de chez vous. La retraite, pour ma génération, c'est nous qu'on-se-la-fait.

Je vous indique le lien vers Les Matins de France culture, présentement consacrés aux retraites. Invités : Raphaël Hadas-Lebel, président du Comité d'orientation des retraites et Bernard Brunhes, vice-président de BPI, cabinet RH. C'est... beaucoup plus calme que Fantômas, c'est .

Be seeing you.
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[1] Je pense même qu'à ce stade, elle parvient à pied par la Chine.

[2] J'ai dû faire partie des premiers à plébisciter la radio de l'économie. Puis, les pubs intempestives m'ont mangé la tête, comme dirait Cizia Zykë. À la suite de quoi, après des années, j'y reviens : je trouve que les réclames lénifiantes sur les warrants (prononcer « varan ») s'y font désormais plus rares. Et les Pouet-pouet asset-management sont plus espacés.

[ Âge-limite (moyenne) du départ en retraite dans l'Hexagone : 57 ans | très bon blog : Non à la dette !! | comment enregistrer une radio du Net : d'abord aller sur son site et trouver l'archive-son toute fraîche qui vous intéresse, ensuite... | truc de consultant - comment changer une donne groupale, par définition visqueuse (contraire de fluide), grâce à Pierre Moscovici et David Gleicher : exercez-vous ]


 Démoc(a)rtieMon 7 May 2007
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Alors que l'Hexagone exulte et pleure, le site de Libération donne un lien de la carte Google Earth qui pointe les géo-résultats électoraux. C'est ici :



[ Dossier Le Monde (9 mai) - Les douze attentes des Français, notamment en économie (pdf) ]  Read More


 Repères économiques - 10e partieThu 22 Mar 2007
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[ << En France, l'équivalent de Chicago est inscrit à l'Assedic ] Classe économique [ 11e partie > ]


Amis d'l'économie, bonjour !


Terre-à-terre. Voilà ce qu'est Olivier Pastré, chroniqueur des Matins d'Ali Baddou (France culture). Son champ : l'économie. Pastré est à la fois professeur de cette même discipline à Paris 8, président de la banque d'affaires tunisiennes IMM Bank et expert auprès du think tank français Le Cercle des économistes (dernière publication).

Son travail radiophonique est remarquable. Le bonhomme est synthétique et franc du collier. De plus, il organise son propos. Points noirs, points forts de l'objet étudié, pistes d'amélioration : c'est fluide et complet.

Je suis un grand fan de France culture, qui propose de beaux angles le matin (plus tard, c'est variable). Les invités y sont multiples (merci Ali Baddou), l'information, continue (zéro pub), les chroniqueurs ont du tempérament. Tout ce qu'il faut pour se lever du bon pied. Et apprendre des trucs.

Cette semaine, Pastré dit des choses essentielles. Sur l'Europe. Et sur les jeunes, dont je suis (je sais en outre que beaucoup de trentenaires lisent ce blog).

Je vous ai mis le contenu en ligne. Et m'éclipse en patins de feutre pour vous laisser ouïr :



[ Pour enregistrer le son radiophonique du Net, voici quelques technos (légales puisque les contenus sont avant tout diffusés sur le medium hertzien) : 1. CamStudio pour la saisie, 2. MediaCoder pour la conversion du fichier en AVI_optimisé (compression à 90 %), 3. une quelconque plateforme vidéo en ligne pour la mise à profit collective | archivage automatique - aujourd'hui, c'est l'article sur les valeurs qui s'y colle ]


 Marque et stratégie, positionner une offre - 6e partieTue 27 Feb 2007
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[ << Saga des couteaux Laguiole - 5e partie ] Marque et stratégie, positionner une offre - 6e partie [ Les trois qualités du stratège - 7e partie >> ]

Citation

Une marque vient avant tout parler de l'investissement technologique que fait une entreprise - Jean-Marie Dru, ancien HEC, 60 ans, patron de l'agence de publicité TBWA-France, auteur de La Publicité autrement et invité des Matins d'Ali Baddou (France culture, archives)

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[ Pêle-mêle - Dans vingt ans, l'économie de la Chine sera quatorze à quinze fois plus forte que la nôtre, assure Jean-Marie Dru | Ce sont d'abord les produits qui font le succès d'une entreprise | En marketing, toute offre contestataire et anticonformiste est une nouvelle offre, une innovation | Il y a en France un débat récurrent sur l'économie de marché alors que c'est un fait mondial, c'est comme l'Internet : dire qu'on est pour ou contre n'a pas de sens, je répète que c'est un fait | La seule chose à faire, en économie de marché, c'est d'une part de gagner la compétition et d'autre part de réguler les excès | le disruption ou l'art de briser les conventions pour redessiner un marché à son avantage | le cas désopilant de Low Stratéus ]

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 Repères économiques - 9e partieWed 14 Feb 2007
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[ << Repères économiques en Afrique - 8e partie ] Repères économiques - 9e partie [ L'Europe et puis la génération économiquement sacrifiée des trentenaires - 10e partie >> ]


Patrons, vitalité, dette publique


Je repense au 20/80 et à ce qu'en dit le consultant Jean-Luc Watine. Dans la même ligne, c'est Laurence Parisot, présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef) qui estime - en bonne diplômée de sociologie, certainement ouverte à la complexité - que de petits changements impactent beaucoup de choses en aval.

En changeant seulement quelques éléments, dit-elle sur France culture ce 14 février, on obtient beaucoup de solutions de déploiement, par exemple pour la France. Par ailleurs, si on parle d'économie, elle rappelle que le déficit de l'Etat continuant à progresser sur son rythme habituel, l'année 2015 verra le budget national intégralement dévolu au remboursement de la dette, notre taux d'endettement sera de... 100 %.

Mmh, c'est dans 8 ans. Un endettement de 100 %, c'est un frémissement glacial : les recettes de l'Etat, au lieu de servir aux écoles, aux hôpitaux, aux actions sociales, à l'Europe, à l'écologie, à la recherche et aux entreprises, serviront simplement à rembourser ce que nous dépensons si mal depuis 20 ans.

A voir, le blog sur le livre blanc de Florence Parisot, Besoin d'air.

Et puis ceci :



[ Enregistrer France culture depuis le Net | poids économique - Le Medef, signale Florence Parisot, dispose d'un budget inférieur à celui de l'association de consommateurs UFC-Que choisir | le Medef a donc beaucoup plus d'influence que de moyens financiers | quelques infos sur notre tissu national : seulement 2 % des entreprises hexagonales comptent plus de 500 salariés | dans les 30 pays les plus avancés, ces grands groupes regroupent moins d'un employé sur trois (source OCDE) | les PME françaises de 1 à 249 employés généreraient 60 % de la valeur ajoutée française (2002) | PME, les chiffres (2002) | en France, il y a autant de salariés qui produisent ou vendent des choses aux entreprises (secteur BtoB, 3,3 millions de personnes - c'est la taille de Chicago) que de chômeurs officiels, cf. emploi salarié des secteurs marchands (2005) | si la monnaie reste fixe et figée (enlevons l'inflation), le montant de services que facturent les entreprises, les cabinets et les indépendants aux entreprises, en 10 ans, a progressé de 60 % (2005) | Carrefour, La Poste et Sodhexo alliance emploient plus d'1 million de salariés, et c'est - dans l'ordre - Total, Carrefour et PSA Peugeot Citroën qui affichent les meilleurs chiffres d'affaires (250 milliards d'euros pour ces seuls 3 - c'est ce qu'a perçu l'Urssaf l'année dernière, c'est aussi - à la même période - le volume des échanges par carte bancaire sur les sites français d'e-commerce), regardons les résultats nets : le tiercé de la rentabilité donne ici Total, Sanofi-Aventis et Renault (2006) | Total, la cinquième compagnie mondiale a annoncé ce matin un bénéfice de près de 12,6 milliards d'euros en 2006. Un record absolu pour une entreprise française, estime Le Figaro (14 février 2007) | lire aussi Le Blog finance | Total et l'Erika (l'impact écologique, humain, économique), Total et AZF, Total et la pollution maritime ]  Read More


 Relocaliser - 7e partieWed 7 Feb 2007
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[ << Théma économie | délocalisations | Repères économiques - 6e partie ] Relocaliser pour gagner de l'argent - 7e partie [ L'économie... en Afrique - 8e partie >> ]


Retour au bercail des industries boomerang


Regard en arrière : oui, c'est le 10e article sur la systémique qui nous dit au revoir. Quoi d'autre ? Il y a deux billets en suspens, Motiver ses troupes (6e partie) et Le Temps c'est du talent (9e partie). Dès que c'est possible, je donne un tour définitif à tout ça, promis.

Parlons relocalisation. C'est l'inverse de partir : les industriels reviennent en France. L'édition du 7 février du journal de France 2 (20 h) fait un très beau focus sur les lignes de production françaises, qui déchantent de l'Asie et reviennent au sol natal. Eclairage.

Les ateliers chinois nous ont fait gagner 20 % de frais de production. Mais cette marge, le transport des marchandises nous l'a confisquée. A présent, en France, il nous suffit de gagner localement 10 % de productivité pour - au final - empocher un bénéfice d'autant.

Un directeur de chez Samas, fabricant hexagonal de meubles

[ Délocalisations, un mal si puissant ? | la France et les esprits chagrins | l'Hexagone, une grande économie ]


 Champagne !Wed 6 Dec 2006
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Bonsoir, France24 ! Peut-être es-tu amenée, dans les temps qui viennent, à diffuser dans la langue des 200 millions d'humains francophones ? Bienvenue à toi. Et longue vie.


France24
Vidéo envoyée par toulouse


Mmh, saisie "vide". Mais symbolique : ce sont parmi les premières minutes d'existence de la chaîne.

[ Le support (et l'âme) d'une culture : la langue ]


 Business pragmatismSat 23 Sep 2006
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Quote : In the US, you don't have to be professional. One's finality is to make money.



Flemming Funch, co-founder of Absara, entrepreneur, psychotherapist, agent for building and promoting new social (and/or information systems based) participatory systems
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[ Image (c) Absara & Thierry Vatelin ]  Read More


 Avantages du libre pour l'entreprise - 2e partieWed 6 Sep 2006
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[ << Avantages du libre pour l'entreprise - 1e partie ] Wind of change - 2e partie

Dés 2007, plus de 400 000 postes informatiques de l’administration centrale française passeront de Microsoft Office à son concurrent libre, OpenOffice. Cette migration vers la suite logicielle gratuite et communautaire est la plus importante réalisée au monde à ce jour. Entre le coût des licences et le coût humain, c'est une économie de plusieurs millions d'euros qui se profile. Avec, en prime, la promotion d'un esprit communautaire, tellement bénéfique aux affaires.

Source : Le Figaro du 5 septembre 2006

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Théma migrants et migrateurs :

[ Ce billet est le 500e ! | autre sujet : un article exclusif de votre serviteur pour le très enthousiasmant Enviedentreprendre.com - le thème, Motiver sans budget | retour à l'informatique - Absara et le libre | bien fameuses PSIL | pourquoi la consultation de ce blog est optimisée pour Firefox | intelligence collective | générer une synergie dans les services | les institutions et le changement, tout un défi ]  Read More


 Emploi fictif - 5e partieWed 14 Jun 2006
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[ << Flex-sécurité - 4e partie ] Emploi fictif - 5e partie [ Economie post-industrielle, décryptage - 6e partie >> ]

<< En cumulant tout ce que l'action publique déploie [*], un chômeur en France coûte en moyenne 30 000 euros à l'Etat. [ndlr - Au regard des résultats], il vaudrait mieux que ce dernier lui remette directement la somme et lui propose d'acheter son employeur avec. >>

Jacques Marseille, économiste
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[*] Les aides directes et indirectes. Incluse, la perfusion étatique de l'Assedic.

[ 30 000 euros, c'est le salaire mensuel du fonctionnaire le mieux payé de France | ou le prix d'une Audi A4 ]  Read More


 Optimisme - 3e partieMon 17 Apr 2006
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[ << Délocalisations - 2e partie ] Marre de la haine de soi - 3e partie [ Société post-industrielle, décryptage - 4e partie >> ]

Marre d'entendre tout et son contraire sur le prétendu déclin de l'Europe. L'Europe est un continent luxuriant : c'est un foyer de fraîcheur [1]. Les Droits de l'Homme y sont institutionnels. La mondialisation, un fléau ? Mais non, c'est le commerce déséquilibré, l'ethocentrisme et le piétinement de l'écologie qui grèvent tout. (Dramatiquement, d'ailleurs.) C'est-à-dire cet héritage décati de néopositivisme (ou plutôt de technique idôlatrique [2], coupée de l'homme et du vivant). Voilà ce qui me pose problème. Parlons de la mondialisation, cette planétarisation qu'évoque le grand Edgar Morin [3]. Oui, c'est ancien. Le mouvement même de l'humanité accouche de cela depuis des lustres [4]. Alors ne me parlez plus de pseudo-plaie et encore moins de donne nouvelle. La mondialisation, c'est une affaire vieille et c'est tant mieux. C'est le journaliste Eric Le Boucher, dans la livraison du 15 avril du Monde, qui l'indique : l'économiste anglais Angus Maddison [5], doté de quatre-vingts beaux printemps, envisage l'économie-monde depuis... l'empire romain. Les résultats de son interrogation ? A contre-courant de tout. Et le journaliste, une fois son carnet noirci, de détacher les deux grandes lignes-forces découlant de Maddison : 1. La désindustrialisation n'est pas la fin de l'histoire, 2. il faut repousser à toute force ce retour dans l'idéologie actuelle des idées mercantilistes anticommerce qui veulent qu'au fond les ressources soient limitées et qu'un pays ne puisse s'enrichir qu'aux dépens d'un autres. Bref que si Chine et Inde se développent, nous y perdrons forcément. L'avenir est noir, négatif, moins de richesses, moins de social, moins de tout. Nos enfants vivront plus mal que nous, etc. Tout cela est faux !

Dont acte.
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[1] L'indice de développement humain (IDH, données 2002) y est particulièrement fort.

[2] C'est Louis Pauwels et Jacques Bergier (cf. Planète - ici) qu'il faut remettre à profit.

[3] Lire La Violence du monde, co-écrit avec le controversé Jean Baudrillard [En]. L'avis du blog L'Ombre d'un doute.

[4] La Renaissance au moins.

[5] Une Interprétation quantitative de l'économie mondiale de l'an 1 à 2030, éd. OCDE. Un extrait [pdf].

[ Angus Maddison, article de L'Observateur OCDE (2001) | université économique néerlandaise de Groningen, la page de Maddison ]  Read More


 Emploi fictif - 4e partieMon 25 Jul 2005
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[ << 3e partie ] Emploi fictif - 4e partie [ Dépenses publiques et efficience - 5e partie >> ]

Chômage ce qu'on a essayé - France culture, émission Contre-expertise, de Brice Couturier : lundi 25 juillet, de 12h à 13h. Ce qu'on n'a pas encore essayé - demain, même station, même heure.

Passionnant ! Les langues se délient : l'économie se met à vibrer, sous l'impulsion : 1. d'études empiriques ('terrain'), 2. de points de vue réalistes. Une excellent bilan économique et social de trente années de crise. En tenant compte - naturellement - des idéologies du XXe siècle, sclérosantes pour la plupart, car limitées dans le temps (il faut une nouvelle grille de lecture au XXIe siècle, vite !) Une excellente synthèse de ce qui a marché en France. Ou pas.



Deux idées essentielles : 1. investir massivement dans l'éducation des enfants (plus tard, c'est plus cher et moins opérant, du point de vue de la stricte employabilité de tous), 2. les mesures Aubry ont certes bien marché, mais encore et surtout grâce au volet 'réduction de charges' qu'elles incluent. Des gens mieux formés, des charges plus légères. A quoi, selon les invités de l'émission, il faut ajouter 3. une flex-sécurité accrue, à la danoise.

Flex-sécurité : favoriser le retour à l'emploi, par la carotte (une bonne prise en charge sociale, un niveau de salaire satisfaisant) et le bâton (faire décroître les indemnités de chômage, au fil des refus). Entendons-nous : cela peut fonctionner - à mon sens - seulement si les conseillers de l'Anpe peuvent proposer des emplois ciblés. Car la grande tendance en France est de proposer des emplois d'électriciens à... des cadres en assurances.

Mmh, m'est avis qu'il faut réformer (moderniser) rapidement les institutions. Et travailler sur l'introduction de nouveautés, en tenant compte de la culture de notre pays. Qui est une force. Qui est une chape de plomb, aussi.

[ Image (c) Toothpastefordinner.com | actualité | culture et changement, en entreprise ]  Read More


 Emploi fictif - 3e partieTue 7 Jun 2005
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[ < 2e partie | 4e partie > ]

On le sait : les pays scandinaves ont le vent en poupe [1]. Prélèvements sociaux massifs (comme nous, c'est vrai) mais performances satisfaisantes (mmh, pas comme nous). Ils ont, en outre, le mérite de rassurer, contrairement - dit-on - aux remèdes utilisés Outre-Manche. Dont acte. Regardons ce que la France concocte et voyons ensemble ce que la presse dit des solutions favorisant l'emploi.



Où l'on reparle notamment de flex-sécurité, façon Le Monde : mouture d'hier, toute fraîche.

Tiens, un bon sujet pour le bac : la flexisécurité, serpent de mer ou innovation ? Vous avez cent jours...
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[1] Pour rappel, Flemming est d'origine scandinave. De même que le Toulousain Thomas Nicholls.

[ Image (c) Surtec.com | en ligne sur France culture, l'économiste Francis Kramarz (interviewé sur les salaires ici) explique la flex-sécurité | Le chômage, kesako ? | biographie de Tony Blair | 1999, un premier bilan des mesures Blair | six ans après | urgence économique - la Troisième Voie des sociaux-démocrates | blogs et UMP, voir Véronique Delvolvé | Disparités régionales - Qui travaille et qui chôme en Europe ? | travail et handicap | Europe - comparer les différents systèmes d'assurance chômage | l'Union et ses 9% de chômeurs | histoire du chômage européen ]  Read More


 Emploi fictif - 2e partieWed 6 Apr 2005
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[ < 1e partie ]

L'emploi, avec la sécurité, l'écologie, la culture et la santé, est un levier politique décisif : son orientation influence directement le moral des Français (voir également ici).

A noter : F. Boizard, blogueur affilié au Monde [1], attribue au démographe parisien Hervé Le Bras (HLB) [2] ce trait... vigoureux :



La France est désormais durablement décalée par rapport à ses voisins. Elle a une façon rigide de se gérer, avec des blocages plus persistants qu'ailleurs. En Allemagne, Schröder a engagé des réformes de fond, sur les retraites notamment. La Suède a réformé sa fonction publique : il n'y a plus de fonctionnaires à vie, et le chômage y est inférieur au nôtre. Les Danois ont mis en place un système pour faire entrer les jeunes sur le marché du travail avec une formation et un salaire - 80 % du smic - qui limite leur chômage. Nous, nous sommes fossilisés. Nous revenons à notre vieil étiage [3] de pays de rentiers. Je le vois sur la recherche. Le gouvernement comme le collectif Sauvons la recherche, qui lui est opposé, sont pathétiques. Il n'y a pas de réflexion sur les raisons pour lesquelles la recherche marche mieux en Allemagne ou en Angleterre, et les solutions proposées ne vont faire qu'accroître les blocages. Or, l'Europe sert justement à se comparer, et, dans cette comparaison, à trouver les voies pour progresser.

Qu'en pensez-vous ?
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[1] L'hébergeur aux dix-mille blogs... et plus.

[2] Directeur d'études en histoire sociale et démographie à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

[3] Etiage : baisse durable du niveau des eaux (sens économique).

[ Image (c) Hervé Le Bras | Liberté, destin, stratégies, un essai d'HLB | géographie, nouveau clivage gauche-droite | démographie, sujet citoyen sensible | HLB, bibliographie ]


 Emploi fictif - 1e partieMon 7 Mar 2005
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Emploi fictif - 1e partie [ 2e partie >> ]

Entendu sur France culture (animation Daniel Cohen) :

En France, chaque année, il y a vingt-cinq mille chômeurs supplémentaires, pour - tenez-vous bien - vingt-cinq mille embauches. Ce qui stabilise, depuis des lustres, le pourcentage de chômeurs à 10 % de la population active (*). Les licenciements économiques ? La cible majeure de toutes les ' politiques ' successives représente à peine un gros millier de cas par an. Soit... 4% des chômeurs. En matière d'économie, la France est un pays dogmatique.

Qu'en pensez-vous ?

(*) Ce qui signifie, selon la tendance au solde nul, que le chômage peut théoriquement décroître à 3 % s'il y a création massive de 1 000 000 d'emplois. Massive et soutenue, pour encourager la visibilité. Or, pour cela, il faudrait d'abord une croissance nationale au-dessus des 3,8 % enregistrés en 2000.

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