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 Cerveau fraieSun 8 Jun 2008
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Je dédie ce billet à Charly


Tout fraie. Tout ce qui vit. Tout se cherche et se fabrique un chemin simple et fonctionnel : un trajet utile. Un optimum de vie. Tout, je dis bien tout, se trouve en live un chemin bien senti, qui amène une satisfaction des besoins pour un effort le plus petit possible. C'est là le présent de la vie, c'est là son challenge aussi. C'est là le cœur intime des phénomènes, la matrice de la course et du tissu du monde. Faire et ressentir, c'est bien. Le faire en utilisant un minimum d'énergie, c'est prolonger la vie elle-même (notion d'écologie). C'est aussi prolonger la jouissance, tisser avec autrui, trouver plus encore sa place, et interagir avec le monde et avec soi.

Le système nerveux, pour commencer par une échelle micro, bref le cerveau fraie tout le temps. C'est ce que pressent très tôt Sigmund Freud (regardez). Notre appareil cérébral - dans son réseau neuronal existant (arborescence) - fabrique son chemin, son saut de synapses en synapses, chemin le plus direct vers la satisfaction, la libération, le plaisir (plus ou moins fin) d'une poussée qui se décharge. Le cerveau ? Un vrai GPS dans les chemins de campagne. À bon port et le plus vite, à bon port et au mieux. Le cerveau est un expert du rapport qualité-prix.




Fig. 1 - Neurons [En] -
Discovery Channel



Le groupe des hommes, ensuite, est comme ça. Se maintenir a un coût (efforts, compromis, régulations). Aller au delà de ce coût fait problème. Et aller trop en dessous ramollit la bonne tenue des relations. Danger dans les deux cas. Il faut donc une position la mieux réglée possible, en permanence. La communication interpersonnelle sert à ça : donner à chacun et à tous la quantité, la qualité de strokes qui encourage à rester partie-prenante du groupe. Un peu comme une garantie. Tout ça, tout en lorgnant sur ce que ça coûte en permanence. Il faut ici revoir ce qui touche au système pulsionnel animant la vie : pulsions de maintien (cf. homéostasie) et pulsions d'évolution, différemment rythmées, sur une fréquence vitale différente, beaucoup plus « degré 2 » (dépassement de soi, métamorphose). Tout un ballet de processus.

Ouais.

Alors le manager, il sait ça. Il le conçoit. Face à deux chemins groupaux, deux façons collectives de faire (la routinière et la profitable, la pauvre en gain et l'optimale), il sait conduire les individualismes et l'instinctive machine groupale vers un mieux. Tout le temps. C'est un pédagogue : il félicite tout ce qui va dans le bon sens (identification et pratique des optimums) ; il signale simplement les erreurs et sanctionne les fautes.

C'est un pilote des choses. Et c'est un stimulateur. Un guide, un leader. Il sait que les structures détestent changer, il sait où sont les percées individuelles et collectives, il sait les féliciter.

Il y met du sien.

[ Sur le management qui incite, favorise et encourage, revoir Kenneth Blanchard | les vidéos didactiques et gratuites de Canal U ]


 Réunions, réussir l'entameMon 28 Jan 2008
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La moëlle. Par son substantifique adjectif, cette matrice à cellules sanguines forme une expression-clé de notre langue. On doit la substantifique moëlle à François Rabelais (XVIe s.), probablement féru d'alchimie, expérimentation des essences (identités et finalités intrinsèques) du monde. Classe.

Et quelle idée ! Rompre l'os, casser les apparences, disjoncter les voies d'accès protocolaires pour enfourcher d'emblée la fulgurance et aboutir à l'intimité des choses. Aller à l'essentiel. Capter d'emblée la révélation, l'identité énergétique profonde, le micropanorama complet. Comme un noyau. Le truc ultime : l'essence. Avec, évidemment, toutes les implications (déductions, développements) déjà contenues. Aboutissements déjà figurés.

Voilà qui est puissant. Voilà ce que sait faire la dynamique symbolique (arborescence agglutinante, où le sens - la délivrance de ce qui importe - saute de mot-clé en mot-clé, de tag en tag), bref ce que sait faire la fulgurante plasticité de notre cerveau. Et, à travers ça, l'intuition, l'esprit de finesse de Blaise Pascal. Dans les mois ou années à venir, le travail de recherche sur les neurones canoniques, responsables de certaines intuitions, devrait accoucher d'un nouveau paradigme, d'un nouveau socle de connaissances sur la façon dont nous pensons-ressentons. Et imitons (cf. mimesis), bref adaptons les choses à notre sauce.

Bouleversements scientifiques (et managériaux) à prévoir.

Aujourd'hui, je veux vous parler du Batteur.

Ce personnage de fiction, issu de l'univers de l'éditeur américain de bandes dessinées Wildstorm, sait capter, interpréter et résumer le contexte informationnel où il se trouve. Le Batteur se pointe quelque part, ressent les flux bio-informatiques, socio-émotionnels (un peu façon champs morphogénétiques de Rupert Sheldrake) qui en partent ou s'y croisent (cf. tissage permanent du complexus). Puis il donne un mot-clé.

Il donne LE mot-clé, qui englobe et résume tout. Du coup, une entrée en matière se fraie, un angle se dessine.

Imaginez des réunions comme ça. Vous faites l'entame par une expression ou mot-clé : concentration et disponibilité (connectivité préparée) des cerveaux. Plus mémorisation par le tag initial.

Peu le font (quelques pasteurs américains peut-être). Moi, je vais le faire. Et de plus en plus.

Je sens déjà que le père de la cartographie mentale, Tony Buzan, avec son mot central qui génère ses propres frondaisons, me donne raison.

Et il y a comme une spirale (figure de la synergie) : une origine est posée, qui contient tout en substance, puis partent de là les développements (avec leurs conclusions, notamment d'actions à mener, traduites en plan-3QO2CP), puis un retour se fait, qui revient féconder le truc. Puis pause : on remet à la fois d'après.

Et la bonne nouvelle, c'est que les participants s'ancrent sensoriellement (cf. PNL) le mot-clé. Et peuvent le mémoriser, et le reconvoquer plus tard.

Un bon animateur doit pouvoir faire ça.

Be seeing you.

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[ Les fans d'épistémologie verront dans ce système un clin d'oeil au monde hermétique, où tout est préalablement contenu : manque juste l'animation (l'Esprit, plus exactement) pour susciter le mouvement, cf. Corpus Hermeticum | Dieu est un dynamicien de groupe | le meilleur, me dit-on | mes batteurs préférés, Matt Cameron, ex-Soundgarden (ici sur la tournée 2000 de Pearl Jam) et Danny Carey de Tool (ici confronté au grand Terry Bozzio ]