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[ < thémas Anthropologie, Livres, Paradigmes, Émergence & Complexité | | archivage automatique du billet sur l'agressivité groupale, le Triangle dramatique, le recours à un Mobilisateur-moins, ainsi que des trucs sur le leadership ou sur la civilisation telle que l'envisagent René Girard et André Bonnard | réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]
Pff, waow, etc. Ouais...
On le voit. À l'évolution linéaire des choses, comme une courbe qui croît, comme une globalité qui progresse, eh bien les sciences sociales et humaines préfèrent désormais le modèle du paradoxe ou du tissu [1]. Le monde ? Imprévisible et capricieux, tout juste bon à scénariser - Et encore. Modèle de joyeuse transversalité [2], où tout communique, où tout s'inter-contamine (capillarité), s'effiloche mutuellement (dominos, ruptures, cascades), où des choses enfin, en friction les unes avec les autres, en bref où des choses émergent. Viennent à la vie. Liées au flux, liées aux rencontres, aux sympathies [3] (procréation). Ces choses ? Idées ou faits. Ressentis, pensées, formes de vie. (Phénomènes.) Qu'on ait prévu tout ça... ou non. C'est réaliste et c'est proche de la vie, de sa façon d'innover, de bondir, de fabriquer, de combiner, de rejaillir partout. Comme un creuset magmatique. Comme un réseau de neurones. Un tissu d'étoiles. Ou comme un arbre gorgé de sève. Certes : puissant, continu, vif et sourd.
(Grosse théma là-dessus.)
Ok.
Dans le registre des ovnis, il y a un homme de poids. Que peu de gens lisent. Pourtant, son L'Éternité dans leur coeur (1981, Regal Books) est une bombe. Une stimulation fraîche et passionnante. Le champ : anthropologie et questions transculturelles (cross-cultural) (religions, représentations, identification de piliers, de principes humains communs - les « cages flexibles »). En France, ce type de recherches - fût-il empirique et simple à lire - reçoit des faveurs confidentielles. Témoin, l'accueil timoré des travaux à ciel ouvert antiparadigmatiques (pionniers, libres, perturbants, anti-consensuels) de Rupert Sheldrake, de Jeremy Narby, voire d'Alexandro Jodorowsky (savoirs traditionnels). Ces chantiers ? Résolument protéïformes et transversaux. Sacrément stimulants.
Que dire de Don Richardson ? Son travail, fondé sur les observations de plusieurs générations de missionnaires (dizaines de sources), développe des perspectives hallucinantes. Forcément riches. Et religieusement incorrectes. (Quel plaisir !)
Don Richardson
(c) Don Richardson & Carol Joyce
Je continue ici ? Non, je préfère vous recommander chaudement le bouquin. Et vous proposer de commenter à l'envi.
Excellente fin de semaine.
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[1] Côté francophone, cf. Joël de Rosnay ou Edgar Morin. C'est Reda Benkirane qui, de mon point de vue, fait l'état des lieux le plus avancé. Voir, en outre, et côté anglophone, l'étonnant Max Sandor.
[2] Je rappelle que l'érudition transversale était une vertu à la Renaissance (Jean Pic de la Mirandole, ici, ou Giulio Camillo, là). Comme le dit le sociologue François Dubet, l'hyperspécialisation occidentale (de même que l'organisation individualiste de la recherche - cf. Institutions), en clair toutes ces travées resserrées (quoique sérieuses et porteuses de fruits) contribuent à brouiller le corpus de connaissances tout autant qu'à l'enrichir... de chapelles. C'est particulièrement vrai pour l'homme, décortiqué médicalement, socialement, psychologiquement, économiquement, géographiquement, religieusement, etc. En ce siècle de défis (Edward de Bono le rappelle ô combien), il existe heureusement des initiatives, typiquement ouvertes, typiquement moriniennes, telles que celle-ci.
[3] Métaphore du fleuve, via Héraclite (IVe et Ve s. av. J.-C.). Cf. Fragments, pdf.
[ La religion ? On se souvient de la fascination que provoquaient au XXe siècle les travaux du grand spécialiste (et francophone) d'origine roumaine, Mircea Eliade (1907-1986) - Le meilleur panorama éliadien est peut-être celui du Cahier de L'Herne n° 33 (1978, pdf) ]
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Terminer les choses (tout boucler, faire le « taf »). Voilà le sens de Getting things done, expression anglophone qui désigne également la célèbre méthode d'organisation du travail et des tâches personnelles : GTD en abrégé. Méthode qui émane du consultant David Allen (résumé de son travail ici).
Un classique.
GTD montre une voie d'efficience individuelle : comment faire un maximum de choses utiles (que l'on caractérise à l'avance, c'est-à-dire que l'on stocke quelque part, ou bien que l'on expérimente en direct et que l'on juge prioritaires, en live ou en léger différé). Bref, comment exécuter les bonnes choses en un minimum de temps. Tous les jours. Et dans la durée (joli défi).
Ceux qui s'intéressent au management de projet savent que le temps est une ressource précieuse. Et rapidement rare (principe de Cyril Northcote Parkinson).
Oui.
Je vous propose - tenez-vous bien - ma propre version de GTD, qui se centre sur une partie de la méthode. Et c'est, du coup, infiniment plus simple. Méthode-maison ? Oui. Elle s'appuie sur des contributions que j'ai pu lire dans un ou deux bons blogs (oublié lesquels). Ça parlait de frigos. Alors j'ai prolongé l'idée et c'est maintenant dans cette théma de nourriture que j'ancre les choses. Ça me parle vraiment : c'est clair.
On y va ?
Freezer - Projets de long terme (rêves, pour un jour peut-être) : à mettre au congélateur.
Fridge - Choses pour le moyen terme (un jour prochain) : frigo direct.
Menu card - Choses à déployer sur le court-moyen terme : confectionner le menu (simple to-do list, mind map touffu, sagace Autofocus 4, Paretto resserré ou bien, carrément, retroplanning).
Pass-through - Choses trop compliquées à suivre ou bien qu'Ali, Béa ou Chloé peuvent, eux, facilement faire : dans le passe-plat (délégation).
Hoven - Choses à faire tout de suite (ça urge) : le four !
Kitchen trash can - Choses inutiles : poubelle de la cuisine.
Personal cookbook, the things that work - Choses terminées : dans le guide gastronomique (registre des actions finies, qui procurent satisfaction et sensation d'expérience), pour se faire du bien.
On peut même ajouter un joli pomodoro.
Une cuisine, mes amis. Une cuisine et sa promesse de bon dîner.
La mémorisation, vrai nerf de la guerre. Voilà, vous en convenez, qui devient possible...
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Modéliser, c'est créer une maquette du monde, y introduire des changements, voir comment le tout réagit et en déduire ce qui se passerait à plus grande échelle, par exemple dans le vrai monde. Toutes les sciences sociales et humaines s'y engouffrent : c'est passionnant. Mais un modèle, c'est quoi au juste ? Et qu'est-ce que déduction et induction viennent y faire ?
Un modèle, c'est un juste milieu entre pratique et théorie. C'est donc un ensemble de lois réalistes. Et liées les unes aux autres par une loi plus générale, un peu comme les pulsions érotiques et les pulsions d'agressivité, qui - on le sait - trouvent leur explication dans la vocation qu'a l'organisme à vivre, à subsister. Ok. Deux petites lois, même antagoniques, ont un socle explicatif commun [1] : une loi-mère.
Je parcourais l'autre jour l'excellent Langage silencieux d'Edward Twitchell Hall. Il y avait je crois quelques lignes sur ce fantasme bien connu du chercheur : chercher à expliquer un maximum de choses avec un minimum de concepts, un peu comme si tout était simple en fin de compte. Eh bien, le fait de pouvoir prédire des choses, c'est de la déduction, c'est du développement en cascade, lequel provient selon toute logique d'une origine, d'un amont. Commençons par là : induit celui qui remonte le cours des choses et trouve une cause commune à une collection de faits, de phénomènes au départ disjoints. Ex. : dans un désert, la trace d'huile toute fraîche ainsi que la fumée qui se déplace plus loin sont bien le fait d'une voiture qui passe par là. Vous faites le rapprochement tout de suite. Comme Sherlock Holmes, l'étude des faits nous amène à induire une origine commune chez certains d'entre eux. Une parenté. Là où la déduction opère, c'est quand l'apprenti détective que nous sommes se dit : bon alors si la voiture continue à rouler dans ce désert, l'essence va venir à manquer tôt ou tard, de même que les provisions du conducteur. Ca, c'est de la déduction. Compte tenu du fait qu'il y a là une voiture qui roule, j'en déduis tel et tel faits. La cascade se déverse pleinement.
Alors, un modèle, qu'est-ce que c'est ? C'est un ensemble de choses qui ont des propriétés. Ces choses (des parties-prenantes) obéissent à une finalité qui leur est propre, à un mouvement particulier, comme une cadence ou un rythme sourds [2]. Et la bonne nouvelle, c'est que l'ensemble de tout ça (le système) possède un comportement propre, comme animé de quelque chose de singulier. L'on pense tout de suite à une logique interne.
Un modèle, pour terminer, c'est quoi ? C'est un système miniature induit (formant le résumé, la matrice explicative réduite) de plein de lois, qui engendrent sous votre poussée (ou sous vos problématiques, les fameuses questions) des tas de comportements. Vous en déduisez alors ce qui se passerait dans la vraie vie, à une plus grande échelle.
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[1] Un logos.
[2] J'emploie la métaphore sonore à escient. Je me souviens, en 1998, d'un entretien avec Clément Ségault, l'ancien patron de la start-up Commedia France. Il me disait que pour prendre une décision ferme, il attendait d'entendre une mélodie dans sa tête, signe intuitif puissant que la mécanique de l'esprit aboutissait à quelque chose d'harmonieusement positif. C'est le type de poésie, d'intuition business en marche, que je m'explique à présent par la systémique. Clément travaille maintenant chez Cocciweb.
[ Induction, déduction ? Tout est merveilleusement dit dans Le Théâtre de la mémoire de Giulio Camillo) | la déduction découle de l'esprit de géométrie ; l'induction, de l'esprit de finesse - cf. Pascal) | quelques magnifiques réplicants | l'émergence, c'est quand un système - parcouru de quelques lois simples -, sitôt stimulé, s'anime (cf. les oiseaux de Craig Reynolds) | << Par vie, j'entends pouvoir évolutif >> Jean-Pascal Percheron ] Read More
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